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La sauvageonne et le renard (Yamiko)


Dim 25 Nov 2018 - 0:41
La nuit avait commencé à prendre ses droits sur le village de Kumo. Les fêtards avaient sortis le bout de leur bouteille alors que les commerçants fermaient boutique pour laisser place aux lieux de beuverie. Parmi ce festival de divers personnages, Kumonosu se frayait un chemin à la recherche d’une enseigne particulière. Il avait eu le renseignement un peu plus tôt dans la journée alors qu’il recherchait une source de revenus complémentaire. Il en avait besoin pour du matériel supplémentaire pour son don si particulier.

De plus, le service était une notion qu’il avait dans la peau. Il avait apprécié ses quelques années de majordome à servir de riches maîtres. Notamment de par leur source de savoir nichée dans la bibliothèque du manoir. Mais au-delà de ça il avait pris goût à se rendre utile. Certains pouvaient y avoir un déshonneur, un manque d’amour-propre. C’étaient là deux notions que Kumonosu ne prenait pas en compte pour mener sa vie. Il y avait des valeurs dans ce monde qu’il jugeait inutiles et dont il ne s’empêtrait pas. Il voyait en ce genre de métiers une opportunité en or. Celle de pouvoir mieux comprendre la nature humaine.

Le fait d’être à l’écoute et au service des autres lui permettait d’observer à loisir les actes et réactions de chacun. C’était un exercice passionnant auquel il avait pris plaisir dès l’enfance. Lorsqu’il était encore tout petit et trop timide pour s’exprimer en présence des adultes, il s’amusait à observer et deviner la suite des évènements. Ce petit jeu avait quelque peu changé depuis mais le principe restait le même. Rester en retrait à observer était le meilleur moyen d’apprendre à connaître les gens pour déceler parfois le mensonge chez certains. Ce qui n’était pas une maigre récompense.

Il tourna pour se retrouver dans une ruelle un peu à l’abri de la cohue nocturne qui gagnait les quartiers dédiés à ce genre de divertissement. Il s’était attendu à trouver l’enseigne là-bas mais il se retrouvait dans un quartier beaucoup moins guilleret. Un petit groupe de jeunes baguenaudait à leurs occupations. Kumonosu n’y prêta guère attention, excepté lorsqu’il fut interpellé par l’un d’eux :

- Dis donc guignol c’est pas très prudent de te balader ici tout seul. Pourrait t’arriver des problèmes.

Une lame s’extirpa des tissus de la manche du jeune homme, alors que ses camarades se massaient autour de leur cible. Imperturbable, le Marionnettiste sortit un petit bout de papier de sa poche pour le brandir sous le nez de celui qui lui avait adressé la parole :

- Je cherche ce bar, vous pourriez m’indiquer où il se trouve ?

- Je crois que t’as pas compris à qui tu avais à faire toi…

Le jeune fit quelques pas, son surin bien en main, sous les faciès enjoués de sa bande. Un reflet bleuté illumina les visages de Kumonosu et de son agresseur qui semblait prêt à en découdre. Sa lame quitta sa main pour se balader sous son nez, stoppant net la course du jeune garçon effaré. Son petit couteau se baladait, s’approchant dangereusement de sa gorge puis de ses yeux avant de continuer son ballet inquiétant. Le spectacle instaura un silence mortuaire dans l’assistance. La lame se mouvait en même temps que le doigt de Kumonosu qui exhiba à la vue de tous ce dont il était capable. Il franchit les derniers pas le séparant de celui devenu sa proie :

- Où puis-je trouver cet endroit ?

Tout tremblotant, le gamin leva un bras timide pour désigner un endroit un peu à part qui se trouvait plus loin. Le Marionnettiste suivit le geste pour identifier sa destination avant de fixer de nouveau son œil azuréen sur celui qu’il tenait en joug.

- Merci pour votre sollicitude.

Et la lame siffla jusqu’au pantalon de son interlocuteur. Il se retrouva caleçon à l’air, à moitié sanglotant sous le coup de la peur. Ses collègues prirent la fuite. Il tenta de suivre le mouvement mais trébucha dans les restes de son pantalon. Kumonosu relâcha son attention pour laisser le surin choir au sol.

Lorsqu’il arriva dans le fameux bar « Chez Chikamaru », il put constater que sa population n’était pas si différente que la petite troupe d’apprentis bandits au dehors. Son accoutrement bourgeois attira bien des regards mais il n’y prêta aucune attention. Il se dirigea instinctivement vers le comptoir pour interroger poliment l’homme qui se trouvait derrière.

- Bien le bonsoir cher monsieur. Je me nomme Kumonosu et je suis à la recherche du gérant de cet établissement. Pourriez-vous me mettre en relation avec lui ?

Alors qu’il avait entamé le dialogue, son instinct lui signala un regard posé sur lui. Il prit compte de l’information sans pour autant interrompre sa phrase. Il avait bien compris dans quel genre d’endroit il était mais il ne comptait pas se laisser impressionner. Comme en témoignait sa prestation dehors.

Citation :
@Metaru G. Yamiko

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Lun 26 Nov 2018 - 16:06
>> Dure journée on dirait ?

Tu prends le temps de vider d’une traite le verre de saké que Chikamru venait de te servir puis de reposer le récipient vide sur le comptoir avant de fixer le gérant de l’autre côté du bar d’un regard éreinté.

>> J’en ai plus que marre de vivre dans ce village …

C’était la première fois que t’émouvait de la sorte. Tu n’étais pas du genre à te plaindre quand bien même quelque chose ne te convenait pas mais, après avoir passée des jours en dehors de Kumo pour une mission plus que rasante pour toi qui était une femme d’action et de prime sous le commandement d’un jonin qui prenait un plaisir manifeste à te donner des ordres ineptes, tu avais plus qu’assez d’être une kunoïchi au service d’un Village Caché. C’était dans ce moment-là que la vie que tu menais avant te manquait cruellement.

Cette époque où tu pouvais faire à ta convenance était à présent loin derrière toi. Tu pensais qu’avec le temps, tu finirais par excepter ton statut de kunoïchi au service du Village Caché des Nuages mais tu devrais te rendre à l’évidence que jamais tu ne t’y ferais à ta nouvelle vie.

Tu avais intégré Kumo dans l’objectif de devenir plus forte afin de réaliser ton véritable dessein. Un projet qui te pousserait à quitter Kumo pour retrouver ta liberté. Tu ne comptais repartir qu’une fois avoir acquis assez de puissance mais pour la première depuis ton arrivée, l’idée d’abandonner avant même d’atteindre ton objectif t’effleurait l’esprit.

>> Je ne sais pas exactement ce que tu projettes de faire mais je lis dans ton regard que tu veux tout laisser tomber. Ça serait bête d’abandonner maintenant, ne crois-tu pas ?

Cet homme avait le don de lire en toi comme dans un livre ouvert.

Les propos de Chikamaru estompent peu à peu le doute qui t’animait. Tu lui donnais raison. Tu étais déjà allée trop loin pour abandonner maintenant ; d’autant plus que tu n’étais pas encore assez forte pour espérer atteindre ton but. Il était certain qu’avec ta puissance actuelle, tu pouvais espérer te faire une place au sein de la pègre, le monde d’où tu venais et où tu comptais revenir, mais tu avais encore si peu de chance de faire tomber cet homme qui avait démantelé ton ancienne organisation et qui t’avait forcé à fuir ton monde comme une lâche.

Tu descends un second verre que le gérant se presse de remplir de nouveau avant d’aller s’occuper des autres clients. Tu te retrouves alors seule face au récipient rempli de liquide pervers que tu fixes d’un regard perdu alors que tu essayais de mettre un peu d’ordre en ton for intérieur. Déconnectée, tu ne reviens dans la réalité que lorsque qu’un jeune homme aux cheveux blancs demande à discuter au gérant de l’établissement. Tu le fixes, se demandant ce que cet être bourgeoisement vêtu voulait bien au vieux Chikamaru. Tu n’aimais guère épier les conversations mais, piquée d’une curiosité frivole, tu tends les oreilles pour écouter leur causerie.

>> C’est moi-même. Si t’es là pour le travail alors joue quelque chose et après on discutera.

Tout en parlant, Chikamaru avait désigné du regard un piano aussi piteux que son établissement lui-même dans un coin. Tu avais remarqué que celui-ci traînait là depuis quelques jours.

D’apparence l’instrument était en mauvais état mais celui-ci fonctionnait encore correctement d’après le vendeur. Ce dernier savait pertinemment qu’il valait mieux éviter de truander le vieux alors cela devrait être la vérité. Selon lui, le piano serait juste désaccordé et Chikamaru avait préféré le laisser ainsi ; désirant savoir si celui qu’il engagera pour y jouer saura l’accorder lui-même …

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Mer 28 Nov 2018 - 19:36
Ce fut l’entretien d’embauche le plus rapide de l’histoire. Inexistant à vrai dire. On parlait plus d’un soir d’essai en l’occurrence. Ceci dit ce n’était pas pour déplaire au Marionnettiste qui ainsi ne perdait pas de temps inutilement. Même s’il voyait mal l’intérêt d’un piano dans ce genre d’endroit. Si l’instrument se trouvait là c’est qu’il devait bien y avoir une raison. Fort heureusement le Kumojin avait été initié au solfège lors de ses vagabondages. Il s’était par la suite exercé sur quelques instruments et notamment le piano.

Il approcha du meuble pour l’inspecter. Il n’était pas au mieux de sa forme, loin de là. Lorsqu’il ouvrit le capot qui protégeait les cordes, il put remarquer que certaines étaient manquantes. Son œil valide se tourna vers le propriétaire du lieu. Il l’avait bien eu. Sortir un son potable de cette épave relevait du défi. Cela tombait bien car Kumonosu avait justement une idée pour remédier à ça. Trois des cordes n’étaient plus à leur place, elles avaient sautées ou étaient tout simplement absentes. Refermant le toit de l’instrument, il partit s’installer à la place censée être la sienne.

D’un mouvement mécanique il renvoya en arrière le bas de sa veste. Elle était trop courte pour se prêter à l’effet escompté mais c’était plus par habitude que par nécessité. Il prit place et déjà certains regards observaient son petit manège. Les habitués de l’endroit devaient se demander ce qui se tramait car il y avait belle lurette que le piano n’avait pas craché une note correcte. Kumonosu n’y prêta aucune attention, se concentrant sur les touches. Il repéra bien vite celles associées aux cordes qui n’étaient pas opérationnelles. Il plaça un doigt sur chacune et concentra son chakra à l’extrémité. Un léger filament bleuté se distingua et se fraya un chemin entre les touches blanches et noires pour rejoindre le cœur de l’instrument. Les fils de chakra prirent place là où les cordes devaient être. Restait à voir si la musique n’en serait pas altérée. Il allait en avoir le cœur net.

Déjà les premières notes s’enchaînèrent et le piano toussota timidement une mélodie. Pour une oreille experte, c’était loin d’être idéal mais pour des novices, comme il devait y en avoir énormément ici, la musique devait apparaître excellente. L’alcool aidant en prime. La qualité sonore discutable n’empêcha pas le Marionnettiste de poursuivre afin d’entamer les notes d’une musique qu’il avait apprise il y a quelques années. Cette dernière lui revint à l’esprit sur le coup sans qu’il s’en rende compte.




Il y avait normalement une partie « chant » que Kumonosu eut la décence de ne pas massacrer. Il était déjà conscient de la faible qualité de sa prestation, il ne tenait pas à tout faire rater. Il observa le propriétaire qui soutenait son œil bleuté. Puis du mouvement attira l’attention à l’entrée. Un remue-ménage qui venait de la rue et qui commençait à s’insinuer jusque dans le petit boui-boui.

Une bande de plusieurs gaillards se pointa, l’air éméché et prêt à en découdre. Un deuxième groupe semblait se distinguer derrière eux. Sans s’arrêter de jouer, Kumonosu reconnut les gamins qui avaient tenté de l’intimider dehors. Il continua sa mélodie, fredonnant sereinement l’air dans sa tête. Un des bœufs qui avait débarqué croisa le regard du Marionnettiste. Il attrapa par l’épaule un des petits tremblotant derrière lui. Le jeune homme acquiesça vivement et la brute se dirigea tête baissée vers le Kumojin. La musique ne s’arrêta pas pour autant. Le grand gaillard arriva au niveau du piano et interrompit grossièrement le musicien :

- Eh toi d’où tu t’crois permis d’t’en prendre à plus ptit que toi ! Viens te battre avec un gars d’ta taille si t’en as.

La musique continuait et Kumonosu ne répondit qu’en fixant intensément son opposant, ses doigts continuant à se balader sur le clavier. Il ne restait plus que quelques notes, il espérait secrètement pouvoir finir avant que tout ceci dégénère. Il savait que le propriétaire le regardait et attendait une réaction de sa part. S’il devait travailler ici, il devait montrer qu’il était capable de s’occuper de la viande soûle. Celle-ci semblait faisander depuis déjà plusieurs heures et il était temps de la battre pour pouvoir la cuisiner et la déguster. La parfaite désinvolture de Kumonosu semblait faire effet plus rapidement que prévu.

Ce fut in extremis qu’il retira ses doigts du clavier lorsque le couvercle retomba lourdement dessus. Le malotru l’avait attrapé de sa lourde main pour tenter de lui écraser les phalanges. Essayer de prendre de vitesse un marionnettiste sur le mouvement de ses dextres était un défi intéressant mais impossible pour une brute pareille. Kumonosu se leva donc pour faire face à l’agresseur.

- C’est bon il t’en ai poussé une paire ? Ça me donnera quelque chose à couper.

Ni une ni deux il sortit un grand couteau de sa ceinture. L’œil aiguisé du Marionnettiste avait déjà fait une analyse de l’endroit. Il aurait pu utiliser la même tactique que tout à l’heure mais ce serait une répétition, par conséquent un peu ennuyeux. Il n’eut besoin que d’un doigt pour attraper une bouteille qui se trouvait quelques tables plus loin sur le côté. Le récipient valdingua pour venir s’écraser sur la tempe du colosse. Ce dernier gémit sur le coup, tournant la tête pour essayer de distinguer la source du choc. Un instant d’inattention que le Marionnettiste mit à profit pour utiliser ses cinq doigts pour pouvoir soulever le tabouret qui se trouvait à leurs côtés. Encore une fois les fils de chakra furent bien utiles dans la manœuvre. Ils firent voler le siège vers la nuque découverte du gaillard qui termina au sol, assommé.

La scène dissuada ses confrères de se joindre à la partie. Mais ils restèrent sur leurs positions, tétanisés. Kumonosu fit quelques pas pour les rejoindre, alors qu’ils commençaient à déjà à sortir leurs armes, sans grande conviction. Il s’adressa au premier en tête à qui il tint poliment un petit discours :

- Pourriez-vous aller ramasser votre ami là-bas ? Il nuit à la bonne salubrité de l’endroit. Aussi je vous saurais gré de bien vouloir quitter l’établissement sans quoi je me verrais dans l’obligation d’insister.

Ce ne fut pas le cas. La bande était déjà en train de se disperser pour fuir avant que ce qu’il considérait comme un gringalet ne fasse encore usage de sa magie noire. Les yeux ivrognes avaient toujours du mal à distinguer les fils chakratiques de nuit. Tout ce bocson avait attiré quelques curieux dont certains avaient décidé de passer une pinte ou deux ici. Au cas où de nouvelles histoires intéressantes interviendraient pour les divertir. Kumonosu épousseta le bas de sa veste où un peu de poussière s’était déposée avant de se diriger vers le bar. Sous l’œil inquisiteur de son propriétaire, il se présenta à lui pour se poster à côté d’une dame occupée à boire.

- Je suis navré pour cet échauffé. Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous aider ?

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Ven 30 Nov 2018 - 14:36
Le mystérieux jeune hommes aux cheveux blancs venait à peine de jouer une note que tiques en fixant Chikamaru d’un regard glacial.

>> Ne me dis pas que tu veux l’engager pour nous casser les oreilles tous les jours !?
>> Seulement quelques jours par semaine.
>> As-tu demandé l’avis de tes clients ?

Effectivement, comme toi, les habitués de l’établissement n’étaient surement le genre à apprécier la mélodie d’un piano pendant qu’ils essayaient de se détendre à leur façon devant leurs verres d’alcool.

>> Ce qui n’apprécieront ne viendront pas … A vrai dire, cela m’arrangerait que certains ne viennent plus.

Tout en parlant, le vieil homme avait fixé un groupe qui était en train de foudroyer du regard le malheureux pianiste qui jouait à présent un air que tu ne connaissais pas.

Chikamaru avait beaucoup changé dernièrement. Tu avais remarqué qu’il se montrait de plus en plus raisonnable et tolérait de moins en moins les écarts de conduite, à ton plus grand déplaisir qui appréciait son côté mauvais homme. Et voilà qu’il jouait à un homme à fleur de peau en engageant un musicien dans son établissement

>> Alors ça sera sans doute la dernière fois que je vienne.

Tu t’étais exprimé sereinement car en réalité tu ne comptais pas déserter cet endroit que tu étais parvenue à beaucoup apprécier avec le temps, et sans doute grâce à son propriétaire. C’était le seul lieu dans Kumo où tu te sentais bien et ce n’était pas un pianiste qui va t’y déloger. Et puis, tu étais certaine que celui-ci ne ferait pas long feu.

>> Tu oserais priver le vieil homme que je suis de ta compagnie ? Et tu priverais tous ces braves de la seule présence féminine ici.

Effectivement, tu étais la seule femme à venir régulièrement en ce lieu que tes congénères préféraient éviter à cause de la présence des hommes mal élevés en son sein. Toi-même tu t’étais heurtée à de problèmes - surtout d’ordre sexiste - lorsque tu avais posé les pieds pour la première fois ici mais tu avais su remettre tes harceleurs et agresseurs à leur place avec peu d’effort. Tu leur avais fait comprendre rapidement que tu savais gérer des hommes de leur espèce. Et depuis, ils te laissaient en paix et certains te craignaient même. La plupart se contentaient de t’observer au loin alors que quelques-uns faisaient parfois preuve d’audace en venant te parler de la pluie et du beau temps. Mais, généralement, c’était Chikamaru ton compagnon de bavardage. Ta place était au bar, près du Vieux, pendant que l’unique serveur s’occupait des clients éparpillés dans la salle. Le vieil homme venait discuter avec toi dès qu’il le pouvait, comme présentement tout en surveillant son probable futur pianiste qui en découdrait avec des soulards.

>> Il se débrouille bien le petit … Je crois bien que j’ai dégoté une perle.

Tu gardes le silence face au rapport que te faisais Chikamaru alors que, le dos tourné vers la scène de bagarre qui tu pensais être banale donc ne t’intéressait aucunement, tu continuais de boire tranquillement au milieu des raffuts qui avaient remplacé le son du piano. Des bruits qui t’étaient plus familiers.

>> Le petit doit être un shinobi.

Un shinobi ? Soudainement intéressée, tu te retournes enfin mais la bataille était terminée. Tu as pu voir juste des hommes fuir comme des lâches. Tu te remets alors à boire alors que le jeune pianiste se dirigeait vers vous. Il se place sur un tabouret qui se trouvait à ta gauche avant de présenter ses excuses au Vieux.

>> Ne t’en fais donc pas pour ça. C’est chose courante ici. D’ailleurs, tu devrais t’y habituer si tu veux postuler et … les casses seront retenues sur ton salaire.

La règle de la maison qui était « qui casse, remplace » s’appliquait aussi bien aux clients qu’aux employés.

>> Alors, tu postules ? Au vu de ta prestation, tu es plus que qualifié pour le poste … J’ai juste une question à te poser : t’es un shinobi ? …

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Dim 9 Déc 2018 - 18:15
La petite joute avait à peine fait transpirer le Marionnettiste. Un affrontement inégal géré en quelques mouvements et seulement quelques minutes, voire secondes. Une telle prestation avait dû convaincre la clientèle prompte à la bagarre mais également ceux qui auraient pu ne pas apprécier son rapide passage au piano. Kumonosu se moquait éperdument de leur avis. On lui avait demandé de jouer et il s’était exécuté. Mais son petit règlement de compte avait dû mettre la puce à l’oreille à son potentiel employeur. Alors qu’il était revenu vers lui pour s’excuser de ce remue-ménage, il lui avait alors expliqué grossièrement les règles à respecter. Rien de plus normal pour un entretien d’embauche. Le plus original était sa question sur le fait qu’il soit shinobi ou non.

Le Marionnettiste ne répondit pas tout de suite. Même si ce ne fut moins d’une minute, il mit à disposition ce court laps de temps pour réfléchir. En quoi était-ce un problème pour le vieux barman de lui confier un poste s’il était déjà shinobi ? Un problème administratif de cumul de postes ? Impossible puisqu’il n’était pas rare de croiser certains collègues du Kumojin qui s’arrangeaient pour arrondir leur fin de mois. Problème moral ? Une vieille querelle avec un shinobi pouvait avoir suscité la méfiance, voire la haine, chez le propriétaire du boui-boui éponyme. D’ailleurs son établissement ne semblait pas peuplé de beaucoup d’entre eux sinon le petit incident aurait été maîtrisé avant même qu’il ne commence. Ou bien ils n’en avaient rien à faire. Aux mines patibulaires des habitués, ce genre de rixes était monnaie courante donc cette dernière supposition semblait la plus plausible. Toujours est-il que Kumonosu préféra jouer franc-jeu avec celui qui pourrait être amené à lui reverser un salaire mensuel prochainement.

- En effet je suis également shinobi. Mais je suis à la recherche de revenus complémentaires. Aussi avant de vous confirmer ma candidature, j’aurais aimé parler de rémunération. Combien offrez-vous pour un poste en tant qu’homme à tout faire ici ?

Alors qu’il écoutait la réponse de son interlocuteur, il ne put que remarquer la demoiselle qui se trouvait à côté d’eux. Difficile de la louper dans ce milieu essentiellement masculin. Pourtant elle semblait siroter ses verres en toute quiétude. Ce qui en disait long sur le caractère de cette femme. Elle arborait une plastique de rêve qui devait en faire baver plus d’un ici. Mais elle n’était pas entourée d’une foule de prétendants. Elle devait savoir se faire respecter ici. Un esprit en fer trempé. Le genre qui intriguait Kumonosu.

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La sauvageonne et le renard (Yamiko)

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