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Mar 27 Nov 2018 - 19:32
Assise sur le bord de la falaise, j’observais avec recul le village en contrebas qui se réveillait peu à peu. Le Soleil commençait à se lever et ses premiers rayons réchauffait déjà l’air qui m’entourait. Voir les habitants d'Iwa s’agiter à leur occupations, préoccupés par leur vie et leurs soucis, était un spectacle fascinant. Les enfants qui jouaient avec insouciance attiraient particulièrement mon attention, certains presque de mon âge, tous confrontés indirectement à une vie rude et impitoyable. Les solides défenses du village les protégeaient du chaos qui sévissait dans ce monde, mais cela n’était jamais suffisant. Un parent, un ami, un camarade, tous finissaient par perdre leurs proches lors des guerres qui scarifiaient l’humanité depuis toujours. Fallait-il les confronter à l’horreur des hommes pour leur apprendre à s’en défendre ou essayer de préserver leur innocence autant que possible ? Il s’agissait là d’une question dont seuls les ignorants prétentieux pouvaient se vanter d’avoir la réponse.

La chaleur du plumage de Yuusuo qui m’enveloppa d’une de ses ailes me sortit alors de mes pensées.

— Tu es bien songeuse aujourd’hui, dit-il d’une voix amicale et rassurante. Quelque chose occupe ton esprit ?

Me blottissant contre lui, je restai murée dans mon silence. J’étais bien incapable de mettre le doigt sur ce qui me préoccupait. Les mois qui précédaient avaient apporté leur lot d’épreuves et d’horreurs desquels je n’avais pu sortir indemne. Des nombreux stigmates récoltés, les plus douloureux ne pouvaient être révélés aux yeux d’autrui et bien que le temps se disait être le meilleur des remèdes, le repos n’était pas un luxe dont je pouvais me permettre d’abuser. Je m’étais déjà laissée aller par le passé et j’en avais tiré un enseignement qui restait encore véridique, attendre les bras croisés face aux difficultés n’apporte rien de plus que de la honte.

Un cri perçant retentît soudain dans le ciel. Levant les yeux dans sa direction, j’aperçus Koda chevauchant fièrement un immense faucon d’ébène. Yuusuo retira alors aussitôt son aile d’autour de moi pour venir s’incliner dans leur direction. Voyant sa persistance, j’en fis de même. Le faucon noir m’était étranger, mais la réaction de mon mentor suffisait à me faire comprendre qu’il ne s’agissait pas du premier faucon venu.

Mon oncle et sa monture se posèrent alors à quelques mètres de nous dans un calme impressionnant. L’animal était au moins deux fois plus grand que Yuusuo et semblait pourtant n’avoir aucune difficulté à manœuvrer dans les airs avec minutie.

— Bonjour à vous deux !
S’écria Koda en descendant du dos du rapace. Hisa, je te présente Takakuro, chef du clan Kyuushuu.

— Nagamasa Hisa, la trancheuse de braconniers, c’est un plaisir de te rencontrer. Le sauvetage de Karyuudo a fait beaucoup de bruit au sein de notre communauté, je me dois te remercier.

Ce titre me fit sourire, bien que je le trouvais légèrement exagéré, il aurait pu être bien pire.

— C’est un honneur de faire votre connaissance,
dis-je en me relevant. Après tout ce que vous avez fait pour moi, c’est plutôt à moi de remercier le clan Kyuushuu.

Takakuro se mit alors à rire en faisant signe à Yuusuo de se relever également. C’était un spectacle fascinant, voir un être aussi impressionnant se montrer aussi convivial. J’avais encore du mal à m’habituer à la carrure de mon mentor, alors faire face à quelqu’un d’encore plus imposant et d’avoir une conversation amicale avec lui me laissait une sensation d’émerveillement. Koda se rapprocha alors de moi avant de me prendre dans ses bras sans prévenir. Cela fut pour moi tout aussi agréable que surprenant, s’il était souvent chaleureux avec moi, cela faisait bien longtemps qu’il n'avait pas agit ainsi.

— J’ai appris ce qu’il s’est passé lors de ta dernière mission,
me dit-il d’un ton particulièrement désolé. Je me suis dis que quelques jours de vacances nous feront le plus grand bien. Ne t’inquiète pas pour les détails, j’ai déjà l’autorisation du village.

Ma relation avec mon oncle n’était pas simple. Figure paternelle alors que j’avais déjà un père, mentor alors qu’il ne m’enseignait plus, il avait assumé de nombreux rôles différents pour mon bien. Après mon obtention du bandeau, il s’était volontairement éloigné pour me laisser me découvrir le métier par moi-même. Lorsque la vie me mit à l’épreuve, il fut là pour m’aider à me relever et maintenant que je commençais à me sentir submergée par mes émotions et leurs dissonances avec la réalité de ce monde, il m’offrait une chance salvatrice de m’évader quelques temps.

Incapable de lui répondre, je me contentai de resserrer l’emprise de mes bras autour de lui de lui. Si la maîtrise de ses émotions était enseignée chez les Samouraïs comme les shinobis, je ne fus en mesure de retenir mes larmes. Durant quelques secondes, j’oubliais les conflits, les guerres et la violence. J’oubliais les ennemis de Tetsu, de Kiri et de Wasure. J’oubliais les morts, l’horreur et la cruauté.

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Dernière édition par Nagamasa Hisa le Ven 18 Jan 2019 - 23:05, édité 2 fois
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Ven 14 Déc 2018 - 12:08
Ce fut donc ainsi que nous quittâmes le village d’Iwa à dos de faucon pour nous diriger vers l’ouest du pays. Koda se révéla particulièrement chaleureux avec moi, me rappelant l’époque où j’étais entraînée par mon grand-père et qu’il se contentait d’être l’oncle sympa. En bannissant d’emblée les discussions concernant notre métier de shinobi, nous parvînmes à obtenir une bonne humeur constante. C’était une tâche plus ardue pour moi qui avait bien plus de mal et moins d’expérience pour gérer mes émotions. Il ne s’agissait pas d’oublier ou de nier la réalité, simplement de prendre un peu de temps pour s’en distancer, prendre du recul sur les événements.

Koda avait l’habitude de garder secret ses capacités et ses activités, à tel point que je n’avais jamais rencontré quiconque ayant déjà participé à une mission avec lui. Je n’étais pas assez naïve pour penser que c’était facile pour lui de passer outre les difficultés, mais son assurance constante me laissait perplexe. À l’écouter, tout semblait laisser penser qu’il vivait une petite vie paisible avec sa famille, mais sa seule puissance démontrait qu’un nombre impressionnant d’épreuves avaient croisé sa route.

Alors que nous avions volé pendant plusieurs heures et que nos montures se reposaient quelques peu, j’évoquai un sujet avec Koda qui m’intriguait depuis des années.

— Je me demandais, cela fait un moment que mon père et toi êtes en froid, mais je sens bien qu’il y a quelque chose de plus derrière tout cela.

— Je me doutais bien qu’il allait bien falloir évoquer le sujet un jour ou l’autre. Comme tu le sais, ton père était un grand samouraï, la fierté de la famille. C’était avant la mort de ton grand-père. On te l’a déjà dit, mais il est décédé lors d’une mission pour le clan, ce que tu ignores c’est que ton père participait également à cette mission et que c’est son orgueil qui a conduit l’opération à l’échec. Fier de ses nombreuses victoires, il commençait à douter de la possibilité pour lui d’échouer dans ses entreprises et il devint imprudent. C’est cette imprudence qui coûta la vie à notre père et qui infligea une blessure au tien. Il n’était plus le même à son retour. Dévasté par son échec, la mort de son père et sa blessure, il remit en doute tout ce qui faisait de lui ce qu’il était. À l’époque nous étions très proches et je ne pouvais lui reprocher tout cela, mais son état s’est empiré. Il dévia de la Voie petit à petit, d’abord en arrêtant de s’entraîner, puis avec l’alcool. Comme tu étais là et que tu montrais déjà un grand potentiel, je ne pouvais le laisser t’enfoncer avec lui dans une spirale d’autodestruction. J’ai donc essayé de le confronter, de le pousser à réagir, mais plus rien ne l’intéressait, alors je lui ai fais une proposition. Je le laissais vivre comme il l’entendait et en échange, il me laissait m’occuper de ta formation sans interférer. Et comme tu dois t’en douter, il a accepté. C’est donc pour cela que nous sommes en froid, je ne peux accepter ce qu’il est devenu, mais j’ai perdu le droit de le confronter à ce sujet.

M’attendant à une lointaine querelle familiale, je fus abasourdie par les propos de Koda. Si l’origine des maux de mon père n’était pas surprenante, c’était surtout la décision de mon oncle de me faire passer avant sa relation avec son frère qui me touchait.

— Et ma mère ? Pourquoi elle n’a pas réagit à tout cela ?

Si je gardais de très bon souvenirs de ma mère qui s’était toujours montrée aimante avec moi, elle s’était effacée avec le temps, devenant peu à peu froide et fantomatique. Incapable de tenir tête à son mari, incapable de regarder sa fille dans les yeux, incapable d’exister en dehors de sa maison.

— N’en veux pas trop à ta mère Hisa, elle est celle qui a le plus souffert de tout cela. Du jour où elle a rencontré ton père jusqu’à sa blessure, elle n’a cessé de le placer sur un piédestal. C’était son héros, celui qui lui avait sauvé la vie, celui qui avait sauvé son village. Depuis elle ne cesse d’espérer revoir un jour l’homme qu’elle aimait tant, mais je vois bien qu’elle s’en veut profondément de te voir au milieu de tout cela. Tu ne dois pas probablement te rappeler de tout, mais avant ces événements tragiques, vous formiez une famille magnifique qui rayonnait à travers l’ensemble du clan Nagamasa. Il te faudra faire des efforts pour éviter que ce passe ne te définisse pas, mais ne va pas penser une seconde que tu n’ai pas aimée ou soutenue. Le clan sera toujours derrière toi.


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Mer 26 Déc 2018 - 9:03
Ne voulant pas user les faucons trop longtemps, nous les avions congédiés au bout de deux journées durant lesquels nous avions déjà parcouru presque la totalité de notre trajet. Notre destination était un chalet au bord d’un petit lac à l’Ouest de Tsuchi dont Koda avait obtenu les clés auprès d’un ami. Perdu au milieu des montagnes et des forêts, nous ne risquions pas d’être dérangés et c’était bien là l’objectif. Du repos et du recul étaient tout ce dont j’avais besoin.

Malgré la certitude derrière mes mots et l’assurance dans mes gestes, je savais bien que cette confiance était fragile. J’avais toujours été quelqu’un de déterminé et téméraire, mais ces deux traits ne faisait pas bon ménage avec un esprit fragile, incapable de mettre de la clarté dans ses propres pensées. Comme beaucoup d’autres, je mettais cela sur le compte de mon jeune âge, mais cela n’était pas suffisant. Cela faisait désormais plus de neuf mois que j’avais obtenu mon bandeau et que j’enchaînais les missions. Je ne pouvais me permettre d’accepter mes problèmes sans chercher à les résoudre. Ma crainte était la possibilité que seul le temps fût capable de régler cela, alors que je ne risquais pas de dépasser l’adolescence si je ne faisais pas de progrès. Si j’étais prête à perdre la vie à tout instant, cela nécessitait de ma part une certitude dans le bien fondé de mes actions. C’était là la seule façon d’accepter le malheur et l’échec, mais cette certitude semblait bien fragile avec le temps.

Je réalisai alors que ce voyage allait être également l’occasion pour moi de poser mes questions philosophiques à quelqu’un avec plus de répondant que de l’encre sur du papier. Même si Koda ne m’entraînait plus, il restait mon mentor et il se trouvait être l’un des derniers Samouraïs en qui je pouvais encore placer ma confiance.

Nous finîmes donc par arriver au chalet sans péripéties. Si la bâtisse, sobre et rudimentaire, n’était pas très impressionnante, le paysage qui l’entourait me coupa le souffle. Le printemps avait complètement saisi ce bout de nature le rendant verdoyant et regorgeant de vie. Je compris alors aussitôt le choix de mon oncle de nous faire venir ici, cela semblait effectivement être le lieu idéal pour s’éloigner de tout conflit pendant un temps. Le lieu n’était pas en parfait état, mais ce n’était pas un problème, surtout avec Koda se proposant de s’en occuper. J’allais donc me charger de nous quérir à manger. Ma connaissance des fruits sauvages était cependant trop limitée, j’étais donc limitée à la chasse. Connaissant sa passion pour cette activité, j’invoquai Yuusuo pour m’assister.

Cela me permit également, une fois sur son dos, d’avoir une vue sur l’ensemble de la région. Bien que toujours au pays de la Terre, c’était bien la première fois que je mettais les pieds sur ces terres. Je pus apercevoir quelques villages alentours et une ville à l’horizon, mais surtout la forêt et les montagnes à perte de vue. Tout ce territoire m’était inconnu, mais il avait l’avantage certain d’être tellement enfoncé dans les terres du pays qu’il était inconcevable d’y avoir le moindre conflit international. Avec le climat chaotique dans lequel le monde s’était plongé, cela pouvait se montrer particulièrement salvateur.

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Mer 2 Jan 2019 - 18:01
Perchée au dessus de la cime des arbres sur le dos de Yuusuo, mon champ de vision s’étendait bien au delà de mes capacités visuelles. Cela ne posait cependant aucun souci puisque ma monture était parfaitement capable de trouver une proie à ma place. Au final, je n’apportais pas la moindre utilité dans cette quête de nourriture, mais cela avait au moins l’avantage de nous entraîner tous les deux aux vols en duo. Si mon poids d’enfant n’était pas une grande charge pour le rapace, le moindre de ses virages se retrouvait affecté par celui-ci.

— Regarde en contrebas, à deux heures, le long du ruisseau.

Tournant mon regard vers ses indications, j’aperçus une magnifique biche qui se baladait dans la forêt. C’était une proie idéale pour nous, capable de nous restaurer pour la journée.

— Bien joué, allons la cueillir !

— Pas de précipitation petite humaine, un chasseur se doit d’attendre le moment idéal. Tu ne voudrais pas qu’elle s’enfuisse ou se blesse toute seule. De plus, si elle te voit arriver, elle risque de paniquer et sa viande sera moins bonne. Une fois lancés, nous autres avons bien du mal à changer de direction, chaque piqué doit être réfléchi.

Je réalisai alors mon manque de réflexion sur le sujet. Yuusuo était un faucon puissant et expérimenté, chassant pour se nourrir, l’un des meilleurs d’une espèce située tout en haut de la chaîne alimentaire. Il n’avait jamais acheté sa nourriture au marché, il ne cueillait pas de fruit lorsqu’il était fatigué et ne pouvait compter sur des techniques de conservation de la nourriture pour survivre l’hiver. Sa vie était rythmée par la chasse. Ce qui n’était qu’un passe-temps amusant pour moi était l’essence de son être.

Me terrant dans le silence, je l’observai planer au dessus de sa proie. Son regard plongé en contrebas, analysant le moindre des mouvements de sa cible. Me demandant ce qu’il cherchait à déceler, je compris aussitôt lorsque la biche arrêta sa course pour s’approcher du ruisseau. Yuusuo arrêta aussi de dessiner des cercles dans le ciel pour s’orienter vers elle.

Je m’accrochai alors fermement, me doutant bien de ce qui allait suivre. Cela ne se fit pas attendre. Dès que l’animal plongea sa tête dans l’eau pour s’abreuver, Yuusuo piqua dans sa direction. Il ne nous fallut alors que quelques instants pour traverser la distance qui nous séparait de la proie. Je compris alors aussitôt ce qu’il voulait dire plus tôt. La vitesse de la descente amplifiait le moindre de ses mouvements. La biche nous entendit arriver et sortit la tête de l’eau pour s’enfuir. Toute la beauté du piqué était cependant que sa trajectoire dépendait justement d’un mouvement de fuite de sa part. Si elle s’était contentée de rester immobile, elle aurait eu la vie sauve.

Lorsque Yuusuo se redressa pour reprendre de l’altitude, l’animal se débattait déjà entre ses serres. Un simple coup de bec eu alors raison d’elle, lui perforant le crâne sans difficulté. L’animal n’était pas bien gros, mais il était bien suffisant pour nous nourrir pour la journée. Je tapotais alors la tête de ma monture en guise d’affection et de remerciement, n’ayant au final était qu’une observatrice et un fardeau.

— Ne te prends pas la tête pour ça Hisa, tu n’as pas besoin d’être aussi performante pour la chasse. Ce n’est pas ton rôle, sans compter que cela serait assez vexant pour moi et puis...

Voyant qu’il s’arrêta au milieu d’une phrase, je cherchai du regard ce qui avait bien pu attirer son attention.

— Y’a deux humains à onze heure, à environ quatre kilomètres d’ici. Je ne vois pas très bien d’ici, mais leur comportement semble assez étrange.

Il m’était tout simplement impossible de voir autre chose que des arbres à cette distance, mais je faisais confiance à Yuusuo pour ne pas se tromper.

— Rapprochons nous, je suis curieuse maintenant.

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Ven 11 Jan 2019 - 21:48
Tandis que je récupérais la biche des serres de Yuusuo pour l’attacher à côté de moi sur son dos, il se dirigea vers les humains qu’il avait trouvé sous l’impulsion de ma curiosité. En soit, ce n’était pas tant leur présence en ces lieux qui était étrange, il ne s’agissait pas non plus d’une région abandonnée, mais si Yuusuo trouvait leur comportement étrange, cela valait bien le coup d’aller y jeter un œil. Cela me permit également d’observer la région environnante, me situant ainsi les villes et villages à portée de vue.

— On dirait un enlèvement, je vais augmenter ma cadence.

Ma paisible excursion chasse venait d’être complètement brisée par cette phrase. Il était toujours possible que ce ne fut qu’un malentendu et que nous ne foncions que vers un fou rire, mais j’avais peu d’espoir. L’essentiel était que nous n’avions désormais pas d’autres choix que d’intervenir.

Au bout de quelques longues secondes, je finis également par distinguer le mouvement qu’il suivait. Un homme chevauchait un cheval galopant le long d’un sentier forestier. D’abord surprise que cela ne coïncidait pas avec les propos de Yuusuo, j’aperçus finalement qu’une seconde personne était accrochée à l’arrière du cheval, probablement inconsciente. Si cela ressemblait effectivement à un enlèvement, je ne pouvais en avoir la certitude et attaquer directement le cavalier.

Yuusuo arriva bien vite sur la position du cavalier, volant à hauteur d’homme une dizaine de mètres derrière lui. Notre présence fut bien vite décelée par le cavalier qui continua sa course en jetant des regards inquiets dans notre direction.

— Je suis une kunoichi d’Iwa, arrêtez-vous si vous n’avez rien à vous reprocher.

Voyant qu’il ne réagissait pas, je fis signe à Yuusuo de le dépasser et de ralentir, me permettant ainsi de sauter de son dos devant la course du cavalier. Un souffle Futon fut alors suffisant pour effrayer sa monture et la pousser à s’arrêter. L’homme sauta alors de son cheval dans ma direction, sortant son sabre en plein vol.

D’un geste assuré, je venais parer l’arme de mon assaillant avec mon katana avant de le désarmer avec mon wakizashi. Il recula alors aussitôt de quelques pas avant de se jeter au sol en guise de soumission.

— Ne me tuez pas, je vous en supplie ! Je ne faisais ça que parce qu’on m’y a forcé !


M’avançant méfiante vers le cheval, je le contournai en restant constamment face à lui. Après avoir vérifié que la jeune fille attachée sur le cheval était en bonne santé, je récupérai ses liens et m’approchai de son ravisseur.

— Je vais vous attacher, faites le moindre mouvement suspect et je vous tuerais sans la moindre hésitation.

— Tu pourrais aussi l’éliminer directement, y’a aucun témoin dans la zone.

— Non ! Je vous en prie ! Arrêtez-moi, j’irai en prison, je me tiendrai correctement, ne me faites pas de mal !


Surprise par une telle proposition, je regardai Yuusuo, cherchant à voir s’il disait cela pour s’assurer de la coopération de criminel ou s’il était sérieux. Incapable de déceler ses émotions sous ses traits de rapace, je me contentai d’attacher l’homme avec les liens que j’avais récupéré.

— On va l’emmener avec la fille à la ville la plus proche et ils s’en occuperont.

J’étais exaspérée. Bien que la situation se fût bien résolue, me retrouver confrontée à un crime à peine arrivé en vacances était déprimant. Le prisonnier se fit alors particulièrement calme tandis que Yuusuo le saisit de ses serres et que nous décollions vers une ville que j’avais repérée plus tôt.

Il ne nous fallut pas bien longtemps pour atteindre la caserne de la ville et pour expliquer la situation aux gardes présents. La fille fut prise en charge et le criminel mis dans une cellule. Nous pûmes alors retourner au chalet pour enfin nous occuper de cette biche.

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Jeu 17 Jan 2019 - 11:41
Après cette mésaventure, je rentrai aussitôt avec Yuusuo. Koda avait déjà fini de remettre de l’ordre dans le chalet et avait même eu le temps de récupérer du bois pour se chauffer. Nous commençâmes donc à préparer la biche, ou tout du moins la moitié qui nous en restait après avoir laissé Yuusuo repartir avec la part qu’il méritait largement. Pendant que nous nous appliquions à cette tâche, je racontai à un Koda intrigué les événements qui nous avaient retardés.

— C’est difficile de te reprocher d’avoir épargné quelqu’un se rendant en implorant ta pitié, mais cet événement est étrange. Un enlèvement au milieu de la forêt par un bandit solitaire capable de se battre qui abandonne à la première difficulté n’est pas aussi commun qu’on pourrait penser. Surtout que d’après ton récit, il avait l’air bien content de se retrouver derrière les barreaux. Quelque chose me dit que cette affaire est plus profonde que cet incident, surtout que tu m’as dis qu’il s’était défendu en disant qu’on l’avait poussé à agir.

— Tu penses que j’aurais dû enquêter un peu plus ou directement l’éliminer dans la forêt comme Yuusuo le proposait ?

— Tu aurais pu l’interroger sur l’identité de ceux qui l’auraient contraint à agir, mais les gardes de la ville seront probablement aptes à s’occuper de cela. Quant à ta merci, tu es la seule à pouvoir décider de cela, n’écoute pas les autres à ce sujet et fait ce qui te semble le mieux en chaque instant. Dis toi simplement que le sens de la Justice résidant dans un cœur comme le tien est bien souvent plus efficace que n’importe quel système judiciaire.

Je restai alors stoïque face à ces paroles, cherchant ce qu’il cherchait à me faire comprendre. Mes enseignements se trouvaient bien souvent contradictoires sur ce sujet. J’avais appris à ne pas achever un adversaire désarmé, mais également à imposer une justice absolue à travers mes sabres. Comment pouvais-je décider de la mort d’un individu ? Le village m’avait apprise que cela ne devait arriver qu’en cas de nécessité, mais il s’agissait à nouveau de conditions subjectives.

— Prendre une vie n’est pas un acte anodin, la seule certitude qui en découle est qu’un mort n’est capable d’apporter ni bonté ni cruauté dans ce monde. Épargner quelqu’un c’est lui laisser une seconde chance.

Bien que les mots de mon oncle étaient teintés d’évidence, l’entendre les prononcer était étrangement déstabilisant. Je n’avais jamais eu l’occasion de voir Koda en mission, je n’avais donc pas d’exemple d’application de ses enseignements en conditions réelles. C’était bien là tout le problème de mes convictions, les certitudes idéologiques s’écroulaient bien vite lorsque confrontées à des dilemmes réels.

— La Voie qui t’est destinée est difficile et remplie de doute. Ce n’est cependant que comme ça que tu pourras agir comme il le faut. Méfie toi de ceux incapables de remettre en question leurs décisions et de ceux qui se complaisent dans la facilité. C’est un fardeau que notre clan et moi-même t’avons imposée et qui saura faire de toi une kunoichi sans égale dans ce monde.


— Ce fardeau me semble bien léger lorsque tu es là.

Je souriais niaisement pendant qu’il tapotait ma tête avec affection. J’eus alors une idée qui pouvait me permettre de faire la paix avec ma décision tout en me donnant l’opportunité de travailler avec Koda.

— Que dirais-tu de retourner en ville ensemble demain pour vérifier que cela n’était pas une erreur ? On est censé être en vacances, mais ça ne risque pas de durer bien longtemps.

— Bonne idée, quelque chose me dit qu’il y a plus dans cette affaire qu’un simple enlèvement.

La suspicion de mon mentor m’inquiétait légèrement, mais son sourire suffisait à me retirer toute anxiété. Cela nous permit de profiter de notre repas dans la bonne humeur.

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Ven 18 Jan 2019 - 23:09

Après une nuit des plus calmes, nous prîmes donc la direction de la ville voisine où j’avais déposé le criminel. Nous fîmes d’ailleurs à nouveau appel au clan Kyuushuu qui semblait bien coopératif en présence de mon oncle. Notre arrivée en ville ne fut donc pas des plus discrètes. Si celle de la veille avait déjà fait parler d’elle, la présence du faucon d’ébène était bien plus remarquable. Par respect pour l’ordre qui semblait régner dans cette ville, nous descendîmes de nos montures à l’entrée de la ville avant de marcher jusqu’au poste de garde.

En entrant à l’intérieur, j’aperçus les visages qui m’avaient accueillie la veille. Ceux-ci changèrent étrangement d’expression en me voyant à nouveau, accompagnée de Koda. Ce dernier s’approcha d’eux directement.


— Ma nièce vous a apporté deux personnes hier,
leur dit-il en sortant son bandeau d’Iwa, nous aimerions avoir une conversation avec eux pour éclaircir cette affaire.

Les visages anxieux qui nous regardaient en silence se décomposèrent rapidement tandis que celui qui semblait être le responsable des lieux avança avec hésitation vers mon oncle.

— Vous pourrez trouver la jeune fille à l’hôpital, trois rues plus loin. Quant au suspect, il a été récupéré par mon supérieur.


Un ton d’hésitation se faisait entendre dans le timbre de sa voix tandis que le visage habituellement souriant de Koda devint bien plus sérieux.

— Hisa, va à l’hôpital pour questionner la victime, je vais aller chercher ce supérieur. On se retrouve tout à l’heure.


Son ton avait subitement changé, m’indiquant que ses suspicions s’étaient renforcées. S’il était vrai que le comportement des gardes était assez étrange, les deux transferts ne me semblaient pas si inhabituels. Je m’exécutai malgré tout sans rien dire. Après tout, nous étions venus pour connaître le fin mot de toute cette affaire.

L’hôpital ne fut pas bien difficile à trouver. D’une taille modeste, il semblait tourner à pleine régime. Je me rendis directement au guichet d’accueil pour me renseigner sur la localisation de celle que je cherchais avant de me diriger vers la chambre qui me fut indiquée. En ouvrant la porte de cette dernière, je n’y trouvai qu’un lit vide et un désordre ne pouvant qu’indiquer qu’une seule chose, un conflit avait éclaté à l’intérieur.


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Lun 28 Jan 2019 - 18:59
Devant les vestiges de ce qui ressemblait à un second enlèvement, je ressentis une douleur profonde. J'avais fait l'effort d'arrêter le premier pendant mes vacances et je me retrouvais à faire face à l'incompétence des autorités locales. Si je ne pouvais être sûre qu'il s'agissait du même crime, cela restait l'option la plus probable. Si je m'étais contentée de faire mon travail, je ne pouvais m'empêcher de ressentir une part de responsabilité dans ce qui venait d'arriver.

J'entendis alors un bruit de verre brisé à travers la fenêtre. Curieuse, j'y passai la tête avant d'apercevoir deux hommes atterrir en bas du bâtiment. L'un d'eux portait la jeune femme dans ses bras. Sans réfléchir, je traversai également la fenêtre qui ne pouvait s'ouvrir suffisamment pour laisser une personne passer. Les deux hommes ne manquèrent pas d'entendre également mon passage. Après un léger moment d'hésitation, ils se mirent à courir à travers une ruelle pour m'échapper. Si ma première pensée fut de prévenir Koda ou les faucons, je n'avais pas de moyen de le faire sans perdre trop de temps. Je me lançai donc à leur poursuite.

Ils m'entraînèrent ainsi dans plusieurs petites ruelles en essayant de me semer. J'étais cependant bien trop rapide pour leur permettre de réussir. Les passants nous regardaient passer avec un mélange de curiosité et de crainte tandis que nous traversions la ville à vive allure. Lorsque la distance qui nous séparait fut suffisamment faible, je concentrai du chakra dans mes jambes pour accélérer temporairement ma vitesse. Alors que je n'étais plus qu'à quelques mètres de mettre la main sur ces malfrats, je m'arrêtai brutalement, comme stoppée par un mur invisible. Les deux hommes s'arrêtèrent alors également avant de se retourner en affichant un grand sourire sur leur visage. Malgré tous mes efforts, mon corps refusait de bouger, même lorsque j'essayais de reculer. Si je ne pouvais savoir avec certitude la cause de ma paralysie soudaine, je me rendis rapidement compte que mes possibilités de réaction étaient inexistantes. Je n'étais en mesure ni d'exécuter un Kai ni de briser un fuinjutsu sans être capable de bouger mes bras.

L'homme qui ne tenait pas la jeune femme s'approcha alors de moi avec confiance. Alors qu'une rage inaperceptible m'envahissait, il poussa sa main sur mon cou, soulevant mon visage comme si j'étais une vulgaire marchandise.

— On dirait bien que c'est celle qui a fait perdre du temps à notre opération. Elle est bien jeune et semble en pleine santé, cela sera largement suffisant pour nous permettre de nous rattraper.


Le deuxième homme s'approcha alors également pour me scruter davantage. J'essayai de garder le calme dans mes pensées malgré mon manque de contrôle complet de la situation, mais ce n'était pas chose aisée. Prête à agir à tout instant, j'étais cependant incapable d'agir avant d'être libérée de ma paralysie. Totalement impuissante face à deux criminels, une peur viscérale s'empara rapidement de mon esprit. Après tous ces combats, les épreuves et les entraînements que j'avais endurés, ma vie ne tenait plus qu'au bon vouloir de ces criminels. J'avais passé ma courte vie en suivant des préceptes stricts pour ne pas avoir de regret à ma mort, mais me dire que cela allait arriver à cause d'une erreur de jugement m'était insupportable. Mes seuls espoirs étaient désormais de les voir faire une erreur ou de voir Koda venir à ma rescousse. Cela n'allait pas être bien difficile de remarquer ma capture, mais dans une ville de cette taille, cela risquait de lui prendre du temps que je n'étais pas sûre d'avoir.

L'homme qui tenait la jeune femme dans ses bras le regarda attentivement avant d'acquiescer.

— Prends-la, mais fais attention.

L'autre homme se tourna alors vers moi avec un sourire. À quelques centimètres à peine de moi, il me dévisageait comme si j'étais désormais un objet, une marchandise. Lui-même ne paraissait pas méchant, son visage souriant était même plutôt charmant. Il était encore jeune et semblait n'avoir pas connu de combat, mais son regard vidé de toute empathie trahissait sa nature. Il sortit alors une seringue de sa sacoche avant de soulever ma manche. Je perdis alors rapidement conscience tandis qu'il m'attrapait dans ses bras.

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Jeu 31 Jan 2019 - 10:48
Une violente douleur me fit surgir de mon sommeil. Un courant intense d’électricité avait traversé mon corps, me faisant retrouver mes esprits instantanément. J’ouvris les yeux pour me découvrir enchaînée au sol. Une femme se tenait devant moi et me fixait du regard avec impatience. Mon premier réflexe fut de porter ma main à ma ceinture pour y retirer mon katana, mais celui-ci m’avait été retiré. Je réalisai alors aussitôt qu’on avait échangé mes vêtements par une tenue blanche rudimentaire. Essayant de garder mon calme, j’observais rapidement le lieu où on m’avait emmenée. Les parois rocailleuses laissaient penser à une cave, une mine ou une grotte. D’autres personnes étaient également enchaînées, toutes étaient des jeunes femmes habillées de blanc. Le grand nombre de gardes armés qui les côtoyaient me firent comprendre la situation dans laquelle je me trouvais.

— C’est bon ?
Demanda la femme à mes côtés. T’es de retour parmi nous ? On m’a dit que tu étais celle qui avait arrêté un de mes hommes hier, tu dois te sentir bien fière de toi. Kone, viens ici !

Encore confuse par mon inconscience et la situation, je gardais le silence en regardant le dénommé Kone s’approcher. Je réalisai alors rapidement qu’il s’agissait de l’homme que j’avais arrêté la veille.

— Non !
S’écria-t ’il en riant à mon égard. Je vous en prie, ne me faite pas de mal ! Ah mais putain, qu’est-ce que tu as été conne, c’est pas possible.

S’il m’était impossible de ne pas m’énerver face aux moqueries venant de l’incarnation de mon manque de jugement, je réussi toutefois à garder le silence en me concentrant sur la recherche d’un moyen de m’échapper. J’avais déjà remarqué qu’il m’était impossible de concentrer mon chakra, j’étais donc dans l’incapacité d’utiliser le ninjutsu. Sans savoir si cela venait d’un fuinjutsu ou d’un poison, la moindre tentative de fuite ne pouvait que se solder sur un échec.

La femme frappa alors le sommet de la tête de Kone qui s’écrasa violemment contre le sol. Le bruit de l’impact me laissa rapidement penser que quelque chose s’était brisé pendant l’impact.

— Ce qui n’est pas possible c’est ton incompétence,
déclara-t-elle avec calme, je t’ai simplement demandé de me ramener une fille et t’as réussi à impliquer deux shinobi et la moitié de la ville. Heureusement qu’on a été là pour rattraper tes conneries, sinon c’est toi que j’aurais vendu.

Ces mots confirmèrent les doutes que j’avais commencé à avoir, il s’agissait bien d’une organisation qui enlevait des jeunes femmes pour les revendre. Malgré le fait que j’étais au courant de l’existence de telles entreprises, expérimenter de mes propres yeux cet ignominie au sein même des terres de Tsuchi était différent. Il ne me restait maintenant plus qu’à attendre de savoir s’ils comptaient m’exécuter ou me vendre avec les autres. En m’exhibant ainsi la force qu’elle était capable de déployer sans faire le moindre effort, la femme me démontra l’inutilité de toute tentative de fuite dans mon état actuel.

— Hakumo ! Mets la petite dans le trou, puis tu me débarrasseras ce connard du sol.

Un homme s’approcha alors de moi pour me saisir. Si mon corps ne s’était toujours pas remis et que je ne me sentais encore incapable d’utiliser mon chakra, ils n’avaient pas pris la peine de restreindre mes mouvements. Je n’allais donc pas le laisser me toucher sans résister. Le taijutsu était loin d’être ma spécialité, mais c’était tout ce qu’il me restait. Ainsi lorsqu’il essaya d’attraper mon bras, j’esquivai rapidement avant de saisir son poignet et de frapper son coude pour l’handicaper. Au moment de l’impact, je réalisai que je ne possédais même pas assez de force pour rendre cela efficace. L’homme souleva son bras et moi avec, je lâchai aussitôt son poignet, mais il fut tout aussi rapide et me frappa d’un coup basique dans le torse. Ce coup pourtant basique réussit à me couper le souffle complètement et avec, les forces qu’il me restait.

Silencieux, imposant et efficace, ce Hakumo n’avait aucune difficulté à me soumettre physiquement. Je sentais de lui qu’il ne portait aucune considération envers moi, me traînant sur le sol comme une marchandise sans valeur. Je ne ressentais cependant chez lui aucun désir de cruauté et aucune colère, seulement la lassitude de faire un travail qui l’ennuyait. Il ouvrit alors une trappe au sol avant de me balancer à l’intérieur sans un mot.

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Mar 5 Fév 2019 - 10:15
Après une chute de quelques mètres, la seule source de lumière qui me restait se referma derrière moi. Le trou dans laquelle je me retrouvais était exigu et humide, faisant penser plus à un puits qu’à une cellule conventionnelle. Sans aucune vue sur l’extérieur, plongée dans le noir, j’étais comme privée de mes sens.

J’essayai tout d’abord par escalader la paroi pour essayer d’ouvrir la trappe de l’intérieur. Ce ne fut pas une tâche aisée, les prises n’étant pas bien nombreuses et l’obscurité rendant le tout bien plus complexe. De plus, l’escalade n’était pas un domaine dans lequel j’étais douée ayant plus l’habitude d’utiliser mon chakra pour franchir ce genre d’obstacles. Au bout d’une vingtaine de minutes d’efforts, je finis par atteindre la trappe pour réaliser qu’il m’était impossible de la faire bouger.

J’étais donc condamnée à rester dans cette geôle à attendre que le destin décide de mon sort. Je n’avais pas l’intention d’abandonner, mais mes options étaient bien trop limitées. Au bout d’une heure de frustration et d’excitation, je finis par me calmer et m’installer le plus confortablement qu’il m’était possible afin de méditer. Bien que je n’avais jamais eu l’occasion d’en faire l’expérience, j’avais lu ce que des conditions pareilles pouvaient faire sur l’esprit d’un individu. Je me doutais que cela n’allait pas être une situation agréable pour autant, mais garder un esprit sain était une priorité.

Immobile au fond du trou, il m’était possible d’entendre des bribes de ce qui se déroulait au dessus de moi. Si ce n’était pas suffisant pour distinguer des phrases ou récupérer des informations intéressantes, cela me permettait au moins de m’accrocher à des stimulus sensoriels.

Dans un état méditatif, il m’était difficile d’ignorer les pensées négatives qui envahissaient mon esprit. Ma situation catastrophique n’était due qu’à mes propres erreurs de jugement dont j’étais visiblement incapable d’éviter tant elles s’enchaînaient en permanence à la moindre de mes décisions. Koda et les faucons étaient les seuls en mesure de m’apporter assistance et je savais bien que malgré ma responsabilité dans cette situation, ils allaient déployer les efforts nécessaires pour y parvenir. Je les savais puissants et déterminés, mais le nombre de soldats présents au dessus de moi était suffisant pour calmer n’importe quel shinobi trop téméraire.

Je restais assise en tailleur au fond de ma cellule, immobile et concentrée, pendant des heures avant d’être sortie de ma méditation par un vacarme étouffé par la trappe au dessus de ma tête. Le grand bruit sourd fut vite suivi par des cris de détresse qui me laissèrent penser que les secours étaient arrivés.

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Ven 8 Fév 2019 - 10:31

Incapable d'avoir la moindre vue de ce qu'il se passait au-dessus de moi, je ne pouvais que spéculer avec le peu de bruit qui m'atteignait. Les cris de panique laissèrent rapidement leur place à des bruits d'impacts en tout genre, indiquant qu'un combat de grande ampleur avait lieu.

La situation m'était totalement insupportable, je savais Koda en grand péril à cause de moi, mais je n'étais pas en mesure de lui apporter la moindre assistance. Chaque bruit que j'entendais me déchirait le cœur, sachant que cela pouvait très bien être celui de trop pour mon oncle. Il avait beau être le shinobi le plus compétent qu'il m'avait été donné de voir en action, les personnes qu'il affrontait n'étaient pas un simple groupe de bandit sans contrôle de leur chakra.

Durant plusieurs dizaines de minutes, l'intensité de l'affrontement chuta peu à peu, me laissant dévastée. Je ne me sentais même plus la force de connaître son issue. Puis le silence retomba, une absence de bruit mortelle et pesante. Quelques secondes après, la trappe qui me séparait de la liberté s'ouvrit, laissant passer la lumière du jour qui m'aveugla aussitôt.

— Hisa !

En entendant la voix de Koda, mon anxiété disparue aussitôt et un grand sourire s'afficha sur mon visage. Lorsque la vue me revint, je réalisai qu'il n'était vraiment pas dans un état correct. Je sautai aussitôt hors de ma cellule malgré l'engourdissement qui avait commencé à s'emparer de mes jambes.

La vision qui s'offrit alors à mes yeux me fit tressaillir d'horreur. Koda était gravement blessé et le bâtiment était dévasté. Des dizaines de cadavres parsemaient un sol recouvert de débris, d'impacts et de sang.

— Il faut t'amener en urgence à l'hôpital !


Je n'avais aucune compétence médicale, mais je n'en avais pas besoin pour me rendre compte qu'il se trouvait dans un état critique. Il me saisir alors par l'épaule, m'immobilisant dans ma panique. Un sourire visiblement douloureux se dessina sur son visage tandis qu'il me tirait vers lui avec difficulté.

— C'est trop tard Hisa, me dit-il d'une voix qui commençait déjà à faiblir, personne dans cette ville n'est en mesure de me sauver. Ne laisse pas cet événement détruire tes efforts, poursuit ta Voie et impose-toi sur ce monde.

Les larmes aux yeux, j'essayai de me dégager de son emprise pour l'emmener à l'hôpital, mais la détermination dans sa poigne me dissuada d'insister.

— Je suis tellement désolé Koda, laisse-moi t'aider, je ne peux pas vivre avec cela sur ma conscience !


— Tu n'as pas le choix, tu devras surmonter cette épreuve et celles qui suivront sans moi. Si tu veux racheter tes erreurs, vis pour notre famille, vis pour le clan, vis pour le Bushido, puis comme moi, tu pourras mourir pour tout cela.


Comprenant que je ne pouvais rien faire d'autre qu'accepter la réalité, je m'écrasai au sol, saisissant mon oncle dans mes bras.

— Tu diras à ma femme et ma fille que j'ai fini par trouver ce que je recherchais et que j’en suis désolé. Maintenant va, laisse un homme mourant accueillir sa nouvelle voie, et n’oublie pas de continuer de te battre pour tes convictions, qu’elles qu’en soient les conséquences.

Mes bras accrochés autour de lui, je ne me sentais pas en mesure de le lâcher et de partir ainsi. Ce fut finalement Takakuro dont je n’avais même pas remarqué la présence qui me tira de ma propre emprise. Je tentai instinctivement de lutter tout d’abord avant de réaliser qu’il était également dans un état déplorable. Lâchant mon oncle, je le vis alors s’éteindre peu à peu, affichant son sourire habituel. Cette paix qu’il arborait sur son visage à l’article de la mort était magnifique. Même dans ses derniers moments, il arrivait à m’enseigner la Voie en la représentant dans ce qu’elle avait de plus pur. Un guerrier qui venait de connaître sa dernière victoire au sein d’un sacrifice altruiste et qui accueillait la mort avec sérénité, laissant les regrets loin derrière lui. C’était là une vision telle que je n’en avais jamais eu, comme une révélation qui ouvrit une idée en moi. Au chevet d’un proche mourant, entourée de corps déchiquetés dans un entrepôt servant au trafic d’humain, je compris ce que j’avais passé tant de temps à ignorer. Des hommes bons parcouraient ce monde et se battaient pour le sauver en permanence tandis que d’autres l’exploitaient à leurs propres fins. Au-delà d’un simple manichéisme puéril, au-delà de toute notion de bien et de mal, il s’agissait là de faits. Chaque acte avait ses conséquences et par respect pour Koda et ce qu’il représentait, il était grand temps pour moi d’affronter celles-ci.


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Mar 12 Fév 2019 - 19:30
Ce fut les larmes aux yeux que je m’éloignais d’un Koda mourant à la recherche d’autres survivants au sein de l’entrepôt. L’état de la plupart des corps que je croisais démontrait la violence de ce qu’il s’était passé. Récupérant le sabre d’un cadavre, j’achevai un par un les combattants qui semblaient respirer. Après tout ce qu’il s’était passé en ces lieux, seules les victimes de ce trafic méritaient mon aide et ma clémence. Malheureusement, elles n’avaient pas toutes la chance d’être épargnées comme moi de l’intensité des combats. Certaines avaient pu s’enfuir tandis que d’autres gisaient au sol avec le reste.

Je réussis toutefois à en libérer quelques-unes, chacune marquée par l’horreur qu’elles avaient traversée. Je finis également par mettre la main sur le Daishō qui m’avait été offert par mon grand-père et mes vêtements, me permettant de quitter cette tenue qui symbolisait encore mes erreurs et le coût monstrueux qui les accompagnait.

En soulevant une énième trappe au sol, m’assurant toujours de ne pas laisser de prisonnière à un sort pire que la mort, je tombai nez à nez avec tout un groupe de personnes. Il s’agissait de criminels qui avaient probablement fui le combat en se cachant ici. Un haut de cœur m’atteint aussitôt. Complètement entassés les uns sur les autres dans une cellule à l’odeur d’urine répulsive, ils semblaient même incapables d’en sortir seuls. Celui qui se trouvait au-dessus des autres souleva sa tête dans ma direction, me jetant un regard suppliant. Je lâchai alors une poignée de parchemin que j’avais trouvé dans les vestiges avant de refermer la trappe.

Je retournai ensuite voir Koda sans prêter attention au vol de la trappe provoqué par la détonation. Les longues minutes qui nous séparaient de notre conversation avaient été suffisantes pour lui permettre d’emprunter sa nouvelle voie. Soulevant son corps avec délicatesse, je le déposais sur le dos de Takakuro.

— Est ce qu’il a réglé les problèmes de cette ville qui ont mené à tout cela ?


Je voulais évidemment parler de la corruption de la police qui avait rendu mes efforts précédents inutiles. Une simple erreur judiciaire ne pouvait suffire à justifier tout cela.

— Oui, il a été plutôt expéditif dès qu’il a appris ta capture. Ça devrait faire du bruit, mais avec ce qu’il s’est passé ici, personne ne devrait le lui reprocher réellement.


La voix teintée de tristesse du chef des faucons était profonde et puissante, me rappelant un peu celle de mon grand-père. Après tout ce qu’il s’était passé, je réalisai que ma famille venait de perdre à nouveau une de ses figures les plus émérites et que je venais de perdre mon oncle, mentor et protecteur. Mes pensées allèrent ensuite vers sa fille et sa femme, vers la dévastation que cela allait leur causer. Je tombai à genoux devant Takakuro avant d’éclater en sanglots.

Aucun mot ne pouvait soulager ma peine, mais la chaleur réconfortante de l’aile noire qui me recouvrit me fit toutefois réaliser que je n’étais pas seule pour autant. Même au village, je m’étais faite des amis sur lesquels je pouvais compter.

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