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Lun 3 Déc 2018 - 13:02
Un genou au sol, le sabreur muet fait de son mieux pour ne pas s’écrouler sous la fatigue, mais il arrive à se tenir sur son bokken qui lui sert de support. Devant lui, des bretteurs en kimono allongés sur le tatami, neutralisés. Grimaçant de douleur, ils n’arrivent plus à se relever, la puissance des coups de bâton ayant suffi à les mettre à terre et hors d'état de nuire. L’entraînement avance, peut-être devrait-il passer au niveau supérieur en demandant de combattre cinq adversaires à la fois. Le but de la session d’aujourd’hui est d’apprendre à manier le sabre de telle façon à ne pas tuer, pour cela il doit pratiquer le combat sur des cibles réelles, qui se déplacent et qui peuvent attaquer. Une bonne chose que certains de ses confrères aient accepté de le rejoindre pour l’aider à progresser sur cette voie. Cette idée ne lui est pas venue par hasard. Non, elle procède d’une nécessité urgente de mieux se contrôler. Car si la voie de la force nous apprend à mieux abattre nos ennemis, seule la voie du contrôle de soi nous empêchera de nous perdre nous-même.

Lors de sa dernière mission dans l’antre des pirates de l’homme-requin, lui et ses clones avaient procédé à un massacre en règle dont il garde encore le souvenir douloureux. Sa lame s’était nourrie de leur sang alors qu’il aurait très bien pu leur demander de se rendre au départ. Ce qu’ils n’auraient probablement pas fait. Malgré tout, il ne leur a pas laissé le choix et a préféré l’attaque surprise au règlement pacifique. Le souffle haletant, la bouche grande ouverte de façon à récupérer de l’oxygène… Tirant son sabre de sa ceinture, il plonge son regard dans sa lame, dans laquelle il peut voir son propre reflet… Un masque, sans émotion, derrière lequel on peut deviner le visage d’un homme plein de honte. Il se sent devenir celui qu’il a toujours rejeté, petit à petit. Son frère sûrement aurait approuvé ce qu’il a fait ce jour-là, pragmatique comme il est.

C’est pourquoi il doit apprendre à maîtriser sa propre force. Car s’entraîner pour devenir plus fort est une chose, savoir canaliser cette force en est une autre. Se battre à l’arme blanche peut s’avérer problématique quand on souhaite laisser le moins de séquelle possible sur un ennemi que l’on veut épargner. Contemplant de nouveau le tranchant de son sabre, Saji tourne son poignet. De la lame se réverbèrent les rayons de lumières qui se déposent sur elle et éclairent à leur tour la combinaison noire ébène du sabreur. Mais ce n’est pas tant cette rutilance qui fascine le manieur de Baransu, mais plutôt la beauté du hasaki. Jamais émoussé malgré les nombreux entailles infligées à ses ennemis, son sabre légendaire l’a accompagné dans ses nombreuses aventures à travers l’archipel puis à Kiri. Une rotation de la poignée lui permet maintenant d’admirer le dos de la lame, le mune. Hasaki ou mune. La voie de la violence ou la voie de la paix. Il doit apprendre à vivre avec cette responsabilité.

Il claque sa lame dans son fourreau et se relève lentement en se tenant sur son bokken. Il se rend compte qu’il doit redoubler d’effort pour arriver au bout de ses convictions morales, et que sa rédemption pour le sang qu’il a fait verser sera difficile à nettoyer. Maître, si seulement vous étiez encore à mes côtés pour me rappeler les principes qui peu à peu s’effacent de mon esprit. Cette confrontation perpétuelle à la violence ont fini par m’affecter, finalement en quoi suis-je différent de mon frère ? Ou d’un vulgaire criminel ?

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Lun 3 Déc 2018 - 15:02
Le sang me salit les doigts, m’enveloppe de sa puanteur, de sa souillure qui vient pénétrer les pores de ma peau. La marque de ma honte, le signe de mon impuissance, le reflet d’une âme embourbée dans le déni de ses propres fautes. Les gouttes de sang ruissellent le long du casque du sabreur, debout sous un ciel écarlate. A ses pieds, le niveau du liquide rouge monte au niveau de ses chevilles, pour atteindre ses mollets. Il baisse la tête pour voir de nouveau son reflet. Celui-ci prend aussitôt le visage de son frère, qui le regarde comme toujours de cet œil méprisant. Sont-ils si différents finalement ? Il relève la tête, et la pluie n’est plus.

De retour à la réalité, dans la salle du dojo. Les bruits des sandales piétinant le bois du parquet résonnent dans la salle. Un de ses adversaires s’approche à grand pas pour asséner un coup de taille. Saji pivote pour esquiver de justesse l’attaque descendante, réplique avec coup de bokken au niveau du ventre, mais l’arrête juste au niveau du tissu. Son adversaire qui s’apprêtait à recevoir un coup de plein fouet se fige, ferme les yeux puis les ouvre constatant que le sabreur masqué ne l’a pas frappé. En situation réelle, il se serait fait éventrer. Avec beaucoup de concentration, Saji a réussi à bloquer son mouvement, ce qui signifie qu’il aurait pu tout aussi bien réduire la force du coup. Chaque jour il devient davantage maître de lui-même. Se redressant, Saji lui tapote l’épaule et lui fait signe de se mettre sur le côté pour que ses camarades tentent aussi leur chance.

Cette fois, un bretteur de chaque côté, garde haute, lame levé. L’homme masqué fait une roulade en avant et se tourne pour isoler l’un des adversaires. La charge est rapide. Sa lame en bois percute la poignée de sa cible qui lâche son arme. Le second bretteur arrive par derrière mais ses bruits de pas le trahissent, Saji se retourne et effectue une parade. Sautant dans les airs, il frappe violemment sur la lame de son adversaire qui recule sous la force de l’impact. De nouveau sur ses appuis, le sabreur masqué charge avec davantage de férocité. Au même instant, Saji et son adversaire effectuent un coup transversal, faisant s’entrechoquer leurs lames. L’avantage du métal sur le bois donne raison à son partenaire d’entraînement qui découpe le bokken, laissant Saji avec un bout de bois raccourci. Il manque de se faire trancher le cou par surprise et se baisse in extremis, sentant la lame lui effleurer le haut du crâne. Il se rapproche, et saisit à deux mains le poignet de son adversaire pour effectuer une projection au sol.

Sa respiration s’accélère, il profite d’un instant de pause. Saji fait un signe en direction de l’un des bretteurs sur le côté qui lui envoie un bokken de rechange. Il l’attrape et se met en garde, se préparant à intercepter l’attaque des deux adversaires restants. Les voilà qui viennent vers lui, lâchant un kiai au moment de frapper chacun d’un côté. Le chuunin effectue un coup horizontal ample pour parer les deux coups à la fois. Faisant montre de sa célérité, il enchaîne immédiatement avec un coup de balayette sur l’un pour le faire chuter et un coup de pommeau au ventre sur l’autre. Les deux tombent presque en même temps. L’entraînement s’achève sur la défaite de ces deux derniers combattants. Saji jette son bokken au sol, marquant la fin du combat. Il se penche en arrière pour laisser respirer ses poumons. Il salue tous ses confrères sabreurs ayant accepté de le rejoindre aujourd’hui. En espérant qu’avec cette dernière session, il finisse par corriger ses erreurs. Que plus jamais quelqu’un ne tombe sous sa lame.

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