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Les ombres de notre passé. [Tenzin]


Mar 4 Déc 2018 - 18:17

Les ombres de notre passé.

Le cimetière … Je viens trop souvent ici pour mon propre bien, je crois. Je le connais mieux que personne, je crois. Je commence à faire connaissance avec les autres tombes, tellement je les croise. De nuit, de jour, avec ou sans brouillard, peu importe. Le cimetière est un peu ma deuxième maison, c’est l’endroit où je viens le plus souvent. Je suis là au moins une fois par mois, parfois plus quand je vais mal. Je m’y rends toujours armée d’un gros bouquet de fleurs, de toutes les couleurs. Moeka les aimait bien colorés, les bouquets. Elle me demandait tout le temps d’en faire de magnifiques en cristal. J’ai du mal à tailler dernièrement. Du mal à faire quoi que ce soit avec mon cristal, si ce n’est me battre. Quelle horreur, hein ? Une si belle profession, détruite par les aléas de la vie. M’enfin.

J’entre, je marche. Je vais jusqu’à la tombe de Moeka et dépose mon bouquet. Même routine. Rien ne change. C’est rassurant. Je m’assois tranquillement et je ferme les yeux. Il fait bon, aujourd’hui. Que vais-je pouvoir lui raconter ? Qu’est-ce qui s’est passé de nouveau, dernièrement ? Pas grand chose, hein ? Toujours cette routine, qui ne change jamais. Litanie d’un être incapable de faire le deuil. Certains pourraient me trouver faible, nulle, ou trop sensible. Je ne sais pas. À vrai dire, je m’en fiche. Je sais que je devrais changer, grandir, améliorer les choses, mais … Mais non. J’aurais l’impression d’oublier Moe, de la laisser sur le côté et de la malmener. Autant dire que … Non. Pas possible.

Je souris. Moe ne doit pas me voir mal. Je viens la voir pour la première fois ce mois-ci, si je suis triste elle m’en voudra. Je soupire longuement avant de prendre la parole pour de bon.
« Salut, Moe. »
Les fleurs sont si belles, aujourd’hui. Le Soleil est haut dans le ciel et diffuse une chaleur douce et agréable, qui pourra me permettre de rester longtemps. Je joins mes genoux contre ma poitrine et pose la tête dessus.
« Je vais bien, aujourd’hui. J’ai décidé de m’investir un peu plus dans mes taches de ninja. Je travaille dur pour devenir de plus en plus forte. Je ne taille toujours pas, j’en suis désolée. J’essaye, mais tout ce que je touche casse. Je n’ai plus la patience de faire de belles choses … J’arrive seulement à faire des armes, à la limite. Mais pour une joaillière qui est censée faire de très belles créations, ça fait tache. »
Je hausse les épaules. Tombée si bas, si bas. Incapable de faire des fleurs, incapable de faire de belles sculptures. Maman et papa ne m’en veulent pas, c’est déjà ça. Mais Moe serait triste. Peut-être que ça ira mieux avec le temps. Enfin, on me dit ça depuis des années maintenant et ça ne va toujours pas mieux. Est-ce que le problème, au fond, c’est moi ? Qui sait ?
« Je m’y remettrai quand ça ira mieux, je pense. »
Un sourire mélancolique étire mes lèvres. Aller mieux … Je n’attends que ça, d’aller mieux.
« Bientôt, j’espère … »
Un bruit attire mon attention. Quelqu’un ? Il n’y a jamais personne à cette heure-ci, normalement. Le cimetière est désert, c’est pour ça que je viens précisément maintenant. Je tourne la tête. Je connais cette silhouette. Je l’ai déjà vu. Qu’est-ce qu’il fait là ? Hum. Il m’a vue. Nos regards se sont croisés brièvement, mais il m’a vue. Là. Au cimetière. Il a vu que je ne suis pas si forte. Que je suis vulnérable. Il m’a vue, moi, Ema, pour de vrai. Comment faire ? Je ne peux pas fuir, ce serait pire. Alors quoi ? J’attends ? Je vais à sa rencontre ? Je le frappe jusqu’à ce qu’il s’en aille ? Non, non, il va me battre. Je crois qu’il s’appelle … Ten … Tenshin ? Tenzin ? Tenzin, ça m’a l’air bien ! Je crois que c’est ça.

Je me redresse, époussette mes vêtements et lui souris de mon mieux. Difficile de sourire sincèrement dans un tel contexte. Disons que celui-ci est doux, mélancolique aussi. Il est gentil. Il a l’air gentil. Peut-être qu’entrer comme ça dans ma sphère ne le transformera pas en être plein de pitié ? J’espère. Oh, dieu, j’espère.
« Je vois rarement des gens ici … Tenzin, c’est ça ? On s’est rencontrés au grand combat, la dernière fois. »
Faire un pas. Juste un pas. Et prier de toute mon âme.
Spoiler:
 
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Mar 4 Déc 2018 - 21:58
Mes pieds m'avaient mené au cimetière, en cette agréable journée ensoleillée. Pourquoi ? Je ne savais pas très bien. Je m'étais laissé emporté par le vide et des pensées doucement nostalgiques, m'aventurant sur ce terrain si neutre et pourtant porteur d'espoirs disparus. De futurs avortés. De rêves arrachés, et réduis à l'état de cendres. D'une volonté de fer qui n'avait pu être brisée, malgré les essais de celui qui était à présent notre ennemi. Si je ne savais pas ce qui m'avait motivé à venir ici, mon corps quant à lui n'hésita pas une seule seconde. Mes pas me menèrent à un bout du cimetière. J'aurais du venir il y avait des mois, mais je ne m'étais pas senti le coeur de se faire cependant. Depuis Tetsu no Kuni...

Je m'accroupis alors devant la tombe que j'étais venu visité ce jour. Ce n'était autre que la tombe de Sakuya-chan, une jeune eisenin qui avait perdu la vie des mains du Shogun. Tout comme Musashi, même si les circonstances étaient un peu différentes. Le samouraï n'avait pas eu droit à une tombe, cependant je savais pour avoir surpris certains que nous lui rendions tous hommages à notre manière. Cependant, je n'étais pas venu voir cette kunoichi qui était venue avec nous. Une Kunoichi que j'avais intégré à la traque de Yoshitsune, notre précédent Tsuchikage qui avait lui aussi perdu la vie là bas. Si j'avais refusé son aide, peut-être serait-elle encore en vie aujourd'hui. Peut-être serait-elle à l'heure actuelle en train de s'entraîner à son maniement du fûton ou de son art ninja. Un serrement horrible vint étreindre ma poitrine, me plongeant dans une douleur sourde de tristesse infinie. Une larme coula le long de ma joue, alors que le poids de mes pêchés et de ma faiblesse m'accablaient en cette magnifique journée. Une goutte, puis une autre, puis encore une autre. Qu'on ne s'y trompe pas, je ne faisais qu'arroser le sol de mes larmes pour qu'y pousse un magnifique parterre de fleurs. J'avais acheté un bouquet de fleurs en route que je déposai sur la tombe de cette jeune pousse. Mes dents grinçaient, de culpabilité, de frustration, de colère. Contre moi-même et contre celui qui avait prit ses vies.

-Je suis désolé Sakuya. Yoshitsune et Musashi, je m'excuse aussi d'avoir été si faible. Mais je vous promets que je ferai tout mon possible pour vous venger...

Me relevant, j'essuyai les larmes qui avaient coulé le long de mes joues en un mouvement de manche. Je pris une profonde inspiration avant d'expirer tout l'air dans mes poumons de manière lente, les yeux clos. Je les ouvris ensuite et je pris le chemin inverse. J'avais été laconique, certes, mais ces quelques mots révélaient tout mon désir et tous mes objectifs pour l'avenir. Devenir plus fort pour ceux qui m'étaient chers. Ne plus avoir à subir leur perte devant mes yeux, aussi impuissant face aux évènements qu'un nouveau né face à un adulte. Sur le chemin du retour, je ne pus m'empêcher d'entendre la voix d'une jeune femme. Elle me parut légèrement familière, même si je n'arrivais pas encore à mettre un doigt dessus, mais mes pas se voulurent si légers que je doutais qu'elle m'ait entendu. Je ne surpris que la fin de son monologue, avant d'intentionnellement faire du bruit en marchant afin de ne pas la surprendre. Elle m'entendit arriver et tourna alors la tête vers moi, et je la reconnus immédiatement. Je l'avais rencontrer la dernière fois, sur le terrain de combat. Une jolie demoiselle aux cheveux roses, qui m'avait paru un brin farouche la dernière fois. Mais ici, dans ce cadre, son expression avait quelque chose de fragile. Avant qu'elle ne se reprenne en se relevant, alors que je m'approchais. Elle m'aborda alors, et je lui souris doucement à mon tour.

-Oui, je me rappelle très bien. Ema, si je ne me trompe pas ?

Un sourire sincère et doux. Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète du fait que j'avais vu son visage. Et j'espérais par ailleurs que les traces de larmes avaient désormais déserté mon visage.

-En effet, je suis venu à cette heure-ci espérant n'y trouver personne...Je suis venue voir...une amie tombée au combat à mes côtés.

Je grinçai des dents, serrant la mâchoire à ce souvenir à nouveau. Puis prenant une inspiration, je me forçai à reprendre un sourire forcé. Je regardai la tombe devant laquelle elle se trouvait, et distinguai le nom de Moeka. Avec, un magnifique bouquet tout frais, incroyablement coloré et beau. Un petit sourire étira mes lèvres, et je hochai la tête d'un air qui aurait pu paraître satisfait si on se connaissait mieux.

-C'est un bouquet d'une exceptionnelle beauté. Cette personne a eu de la chance de vous avoir connu de son vivant...Elle devait vous être chère.

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Mer 5 Déc 2018 - 2:50

Les ombres de notre passé.

Des cheveux longs et bleus, une silhouette que je n’avais pas pu distinguer forcément correctement la dernière fois. Il a l’air adorable. Je ne sais pas pourquoi, mais le fait qu’il se souvienne de moi et les raisons de sa présence ici permettent à mon cœur affolé de se calmer. Il a l’air vraiment gentil, calme, patient. Il a l’air différent. De toute façon, mon masque est tombé, il m’a vue réellement. Il a vu ce que je cache derrière cette folle envie de me bagarrer, derrière la rage de vaincre qui m’anime. Il a vu mon jardin secret. Moe. J’ai l’impression d’être entièrement nue, mais … Mais lui aussi, au fond, non ? Parce qu’il est venu plus ou moins pour les mêmes raisons que moi, la perte d’un être cher, dans des circonstances déplaisantes … Nous voilà tous les deux hors de nos coquilles, face à une réalité difficile, terrifiante.

Je réponds à son sourire par un sourire tout aussi doux. Peut-être que je ne dois pas avoir peur ? Il complimente le bouquet derrière moi, ce qui m’arrache une grimace. La mimique délicate s’efface et je baisse les yeux. Moeka … Je serre les dents de mon mieux, retiens les larmes au plus profond de mon être. Il ne doit pas trop voir, pas tout voir, pas découvrir. Il sait que je suis ici pour une raison triste, mais pas plus, pas plus, pas plus … Non … Je décide de prendre la parole, de me battre contre un mutisme qui deviendrait gênant pour lui. J’avale les larmes qui me menacent de toutes mes forces et fais de mon mieux pour esquisser un sourire. Mélancolique, maladroit, mais sourire quand même. C’est important.
« Vous ne vous trompez pas, c’est bien Ema. »
Encore un effort. Ne pas perdre pied, ne pas se laisser abattre, ne pas tomber. Regarder le précipice, là, sous mes pieds, puis relever la tête. Savoir que mon prochain pas sera sur une dalle, puis une autre. Je ne vais pas tomber. Pas aujourd’hui, pas encore.
« Il faut croire que nous avons tous nos histoires tristes, finalement … Je suis sincèrement désolée pour vous et votre amie. »
Je me tourne vers la tombe de Moeka. Elle aussi, elle aussi est partie brutalement. Si jeune. Trop jeune. Petit ange aux ailes arrachées, brisées par les aléas d’une vie trop violente. Je me mords l’intérieur de la lèvre pour ne pas craquer, perdue entre profonde colère et tristesse infinie. Je ferme les yeux un instant, calme le flot d’émotions qui remonte. Je ne dois pas craquer. Surtout, ne pas craquer. C’est le seul mot d’ordre. C’est important. Je ne peux pas lui montrer ça. Il n’est pas venu ici pour voir ça. Ce serait irrespectueux. Tenir bon. Pour lui, pour elle.
« Merci. »
Il tombe d’entre mes lèvres comme une pierre dans une mare. Il a eu du mal à sortir, mais il est sorti. Je me recule légèrement, dévoilant le nom et les dates de Moeka. Née en 190, décédée en 201. Onze ans. Onze petites années, pas une de plus. Fauchée par un mercenaire. Enfin, fauchée … Les images me reviennent. Je ferme les yeux, mords ma lèvre plus fort. Du sang remplit ma bouche. Je respire longuement.
« Nagareboshi Moeka. »
Mes mains remontent instinctivement sur mes bras, comme si je cherchais, je ne sais pas … du réconfort ? Quelque chose comme ça, oui … Quelque part. En moi. La part de Moeka enfouie au fond de mon être, qui subsiste, subsiste, mais ne parvient pas à m’amener jusqu’au deuil.
« C’était ma petite sœur. Un jour, alors que nous récoltions des fleurs, nous sommes tombées sur un groupe de mercenaires … Et ils ont pris sa vie. Ils ont décidé de me laisser survivre, je ne sais pas pourquoi … Pour laisser un message, peut-être ? Je n’ai jamais compris. Je n’ai jamais su. »
Le poids de mes souvenirs m’écrase les épaules avec une force inconnue, qui pourrait me faire tomber si je ne tenais pas tant à rester debout. Pourtant, après l’avoir dit, bien que j’en souffre, j’ai l’impression … que ça va mieux. Que c’est moins difficile à porter. Comme si une autre main, en plus de celle de Moe, me tirait doucement vers la lumière. J’inspire profondément.
« J’ai décidé de devenir une ninja pour pouvoir empêcher d’autres horreurs de ce type. Pour que d’autres familles n’aient pas à subir la perte d’un être aussi cher. »
Toutes les failles en moi me menacent. Elles sont là, elles me fixent. Mes propres ténèbres, prêtes à surgir et m’engloutir pour de bon. Je dois rester forte. Pour elle, pour lui. Ne pas tomber. Marcher la tête haute, droite.
« J’ai encore tellement à apprendre … Et tellement d’autres choses à faire. »
Je regarde mes propres mains, puis la tombe. Mon deuil, mon propre deuil. Que je n’ai pas fait en deux ans. Quelle plaie, hein ? J’inspire de nouveau, dépose mes prunelles émeraudes sur Tenzin. Je … J’en ai trop dit, non ? Peut-être beaucoup trop dit ? D’un coup ? Je rougis brutalement et ai un léger mouvement de recul.
« Pardon, je ne voulais pas t’… vous embêter avec mes histoires. Tu … Enfin, vous … Vous êtes sûrement ici pour vous recueillir, pas juste entendre une histoire comme la mienne … Je … »
Je bute. J’en ai trop dit. Trop dit. Je suis rouge pivoine. J’ai envie de fuir. De me mettre à courir, là, puis partir. Partir loin, ne plus jamais ressurgir. Qu’est-ce qui s’est passé pour que je parle tant, hein ? Pourquoi ? Je ne comprends pas. Je bute encore. Je réfléchis. Mes joues doivent être aussi roses que mes cheveux. Quelle plaie.
« Je suis désolée. »
Comme un cheveu sur la soupe. Ça tombe, comme ça, je le dis, parce que je ne sais pas quoi dire de plus. Puis je baisse les yeux. Je regarde le sol. Une catastrophe.
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Mer 5 Déc 2018 - 17:00
Lorsqu'elle constata que j'étais là, j'observai chez Ema un air gêné. Mais après lui avoir offet un sourire doux, elle me rendit ma grimace d'une manière assez maladroite, bien que touchante. Elle resta un moment sans rien dire, surement se demandait-elle ce qu'elle devait -pouvait- dire. Pour une raison que j'ignorais, peut-être parce que je me sentais proche de la demoiselle aux cheveux roses à cet instant, j'étais resté, attendant patiemment qu'elle parle. Je ne la brusquai pas, ne voulant pas lui donner l'impression de la presser. Elle répondit enfin, me confirmant qu'en effet, je ne me trompais pas sur son prénom. Un sourire satisfait vint s'ajouter à l'expression de mon visage qui se voulait aussi rassurante que douce. Elle releva ensuite la tête, semblant contenir ses émotions, avant de pointer une zone qui faisait mal : nous avions tous nos histoires tristes. Je hochai la tête, perdant un peu de l'éclat de mon sourire en repensant à tout ce que j'avais perdu. Tout ceux que j'avais perdu.

Elle me remercia ensuite du compliment que j'avais fait sur les fleurs qu'elle avait apporté, et un nouveau sourire étira mes lèvres. C'était normal. Ces fleurs étaient d'une grande beauté, avec des couleurs qui étaient plus nombreuses et variées que je n'en avais jamais vu sur des tombes. Ema se recule alors un peu ce qui fit remuer ses longs cheveux roses, me laissant voir entièrement les inscriptions qui résidaient sur la tombe sur laquelle elle était venue se recueillir. Nagareboshi Moeka, qui était décédée à l'âge bien trop jeune de onze ans. Cela ne fit que me raviver le souvenir de Sakuya, qui n'était que de un an l'aîné de la jeune Moeka à l'âge où la Faucheuse était venue la récupérer. La kunoichi se mordit la lèvre, signe extérieur visible de la lute intérieure qu'elle menait. Cependant, elle poursuivit et me raconta l'histoire de celle que j'appris être la soeur de mon interlocutrice. Une histoire triste, qui avait laissé la jeune demoiselle dans l'incompréhension. J'écoutais attentivement, me rapprochant alors de la demoiselle pour me mettre à côté d'elle, le regard posé vers l'avant.

Elle me parla ensuite de ses motivations pour devenir shinobi, qui étonnamment ressemblaient énormément aux miennes. Devenir fort pour ne plus que ce genre de choses arrivent. Elle semblait motivée, consciente des efforts qu'il lui restait à faire, mais ne semblait pas pour un sou découragée. Une femme forte, chez qui la peine n'était pas à prendre en pitié, mais à accepter avec douceur. Elle releva alors ses yeux verts émeraudes dans les miens, et je plongeai mon regard azur dans le sien. Elle rosit alors, s'excusant de manière maladroite sur son discours. Je secouai la tête, d'un air gentil, pour lui signifier qu'elle n'avait nullement besoin de s'excuser pour cette raison. Regardant alors à nouveau vers le ciel, laissant une brise venir nous bercer avant de répondre.

-Tu peux me tutoyer, Ema. Moi aussi je veux devenir plus fort. Je n'ai pas pu protéger mon amie qui n'avait que douze ans...Et elle n'était pas la seule à perdre sa vie ce jour là, à Tetsu no Kuni. Je n'ai rien pu faire pour sauver la vie de mon autre ami, samouraï. Je n'ai rien pu faire pour empêcher mes parents d'être enlevés il y a maintenant sept ans... Mais depuis, je m'entraîne encore et encore, pour devenir plus fort et ne plus perdre ceux qui me sont chers. Ne plus avoir à porter le fardeau de ma faiblesse...

Un sourire triste cette fois-ci vint étirer mes lèvres. Mon coeur serré rendait ma respiration légèrement plus difficile. Ces souvenirs étaient aussi douloureux que rageants. Mon impuissance était absolument intolérable. Et je m'étais promis de devenir plus fort. Et j'oeuvrais chaque jour pour cela.

-Je suis bien placé pour savoir ce dont tu parles. Et je respecte la volonté dont il faut s'armer pour se relever et poursuivre, et s'améliorer. Quelque part, nos motivations sont très similaires...

Toutes ses pensées nostalgiques me ramenèrent à la période où j'avais du errer de Kaze à Tsuchi, et ensuite à l'intérieur du Pays de la Terre. Où j'avais fait la rencontre de Tsuki. Ma chère Loutre, qui m'était venue en aide et que je portais dans mon coeur jusque là. Cette pensée me redonna le sourire. Et à vrai dire, pour une raison qui m'était inconnue, Ema me rappelait mon amie d'enfance. Mon sourire s'étira un peu plus, empreint d'une douceur nouvelle.

-Tu me rappelles une amie chère, que je n'ai pas vu depuis bien longtemps. Puis tournant mon regard vers la jeune et ravissante demoiselle, je lui souris gentiment. Devenons plus fort.

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Jeu 6 Déc 2018 - 18:19

Les ombres de notre passé.

Il est le miroir que je n’aurais jamais cru croiser dans ce monde. Sa voix douce, ses paroles, son histoire, ses sourires … Il me fait penser à moi, en plus fort. Il semblerait qu’il ait réussi à remonter la pente du deuil, malgré le fait qu’il ait vécu beaucoup plus que je n’aie vécu moi-même. Il est si fort, il ne se cache pas. Peut-être que, finalement, j’ai eu de la chance de le croiser ici ? Que cette rencontre est une aubaine et non une malédiction ? Il est compréhensif, il accepte que je le tutoie. Il brise la glace plus vite et simplement que n’importe qui. Il y a une sorte de … feeling ? Quelque chose qui me relie à lui, quelque chose de fort. Qui ne me donne pas envie de partir en courant ou lui cracher à la figure. Il est différent. Plus doux ? Je lui souris gentiment. Non, cette fois je n’ai pas envie de m’enfuir à toutes jambes. C’est rassurant et perturbant à la fois.

Je pose mes yeux sur lui, un contact oculaire que je soutiens pendant un instant, qui me fait d’abord sourire, puis rougir. Je ne suis plus gênée, cela dit. Je ressens une forme de douceur, de bienveillance envers Tenzin. Il a traversé des événements horribles, il a perdu une amie qui avait plus ou moins l’âge de Moe, il a perdu sa famille, mais aussi d’autres personnes à Tetsu no Kuni. Il dit « ce jour-là » … Il parle probablement du coup d’état. Coup d’état qui a coûté la vie à notre ancien Tsuchikage et encore d’autres personnes dont je ne sais rien. Cette histoire a été à la tête de toutes les rumeurs pendant des semaines et, encore aujourd’hui, certains continuent d’en parler. Je me demande comment ça a été, là-bas. Je me demande aussi comment il sort la tête de l’eau qui le menace. Il est vraiment, vraiment plus fort que moi.
« C’est vraiment difficile, oui. Se dire qu’il faut continuer, que ces gens ne sont pas partis pour que, nous aussi, nous partions. Nous ne pouvons pas rendre les armes, pourtant, parfois, ce serait tellement plus simple … »
Je baisse les yeux, réfléchis. Un sourire étire mes lèvres à la mention de son amie. Il m’associe à une figure importante. Si vite ? C’est agréable. J’inspire lentement, puis mêle de nouveau mes prunelles aux siennes. Cette dernière phrase me paraît être une forme de promesse. Un accord passé entre lui et moi.
« Oui. Ne lâchons rien. Pour toutes ces personnes qui nous ont quittés. Pour tous ceux qui n’ont pas eu le temps de grandir. Nous serons leurs espoirs et façonnerons un avenir à l’image de ce qu’ils auraient pu espérer. »
Regain de confiance, de force, d’espoir. Nous ne pouvons pas abandonner. J’hésite un instant, hésitation qui se remarque dans le mouvement de ma main qui n’ose pas aller se poser sur son bras. J’essaye, mais rien n’y fait. Je ne parviens pas à établir un contact supplémentaire. Il est peut-être trop tôt ? Je rougis, détourne le regard.
« Je t’admire, je crois. Tu as une force mentale qui me dépasse. »
Quelque chose s’est déclenché en moi. Un blocage qui se défait progressivement. Il mettra probablement du temps, mais Tenzin a réussi à passer au travers de ma carapace. Il a vu ce qu’il y a en-dessous. Il le comprend. Il l’a vécu. Je crois qu’il n’existe pas d’être plus proche de moi ici. Du moins, je ne l’ai pas encore rencontré, mais j’en doute. Je hausse doucement les épaules. Peut-être peut-il savoir, au fond ? Il ne fuira pas. Il restera, il est déjà resté. Alors … Peut-être …
« Je n’ai jamais réussi à faire le deuil de Moeka. J’ai l’impression que c’est de ma faute. Que je n’ai pas pu la sauver. Je viens ici tous les mois, parfois plusieurs fois … »
Je soupire et pose mes prunelles sur la tombe de ma petite sœur. Moeka …
« C’est comme si … Comme si faire le deuil allait me l’enlever. Comme si je ne pouvais pas le faire, parce que j’allais l’oublier. Je l’ai déjà perdue une fois, deux ce serait … ce serait insupportable. »
Je ne peux pas. Je ne veux pas. Je suis dos au mur et je ne peux pas avancer. Je soupire longuement.
« Je suis bloquée, je crois. »
Je souris, gênée, et hausse les épaules. Je suis bien plus faible que lui, j’ai encore beaucoup à faire avant d’atteindre sa force mentale. Mais … Peut-être qu’au fond ce n’est pas si mal. Dans nos malheurs, peut-être parviendrons-nous à nous tirer mutuellement vers le haut, jusqu’à atteindre l’invincibilité ?
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Ven 7 Déc 2018 - 18:34
Elle posa alors en retour ses yeux dans les miens, soutenant mon regard quelques instants en me rendant mon sourire tout en couvrant ses joues d'un rose ténu. Cela ne semblait plus être l'origine d'un quelconque malaise cependant et son regard ne me renvoyait que gentillesse et bienveillance. Un sentiment réconfortant qui me fit adoucir mes lèvres un peu plus. Elle prit la parole, exprimant alors ce que j'avais ressenti tant de temps auparavant. La difficulté de continuer à avancer, de faire un pas puis l'autre, alors que tu avais l'impression que ton monde s'était écroulé et tout autour ne restait plus que les ténèbres. Relever la tête hors de l'eau et continuer à avancer, ne pas se laisser aller à l'oubli du repos éternel. Elle sait de quoi je parle. Elle n'a peut-être pas vécu exactement la même chose que moi, mais nos expériences sont suffisamment similaires pour que je puisse voir dans ses yeux le reflet de mon malheur.

-Tellement plus simple, en effet...

Mais si injuste pour ceux qui nous aimaient, qui nous avaient aimé. Ils n'était certainement pas prêts à nous laisser les rejoindre. Ce n'était pas ce qu'ils voulaient pour nous. La kunoichi aux cheveux roses baisse alors la tête pour réfléchir, jusqu'à ce que je l'interrompe une nouvelle fois et que son sourire me rassure à nouveau. Elle lève les yeux sur moi, et acquiesce à ma requête, comme une douce promesse pour nos êtres chers partis trop tôt. Les mots qu'elle prononce ensuite sont si justes, et si profonds, que je ne puis retenir un frisson et lever mes yeux au ciel avec un soupir et un hochement de tête d'accord. Je remarque cependant discrètement la main de la jeune fille qui s'arrête à mi-chemin de mon bras, hésitante, avant de se raviser. Alors, je rapproche mon épaule de la sienne et vient doucement les faire se toucher par un contact assez léger pour qu'il ne soit pas totalement intrusif, mais significatif tout de même. C'est à ce moment qu'elle prend la parole, admirant -disait-elle- ma force mentale. Je fronçai les sourcils légèrement avant de continuer à écouter ses paroles.

Elle me relata donc la difficulté qu'elle avait à faire son deuil, et le fait que malgré les deux ans qui étaient passées, elle n'avait jamais pu entamer ce processus douloureux et solitaire. Un processus qui lui donnait l'impression d'abandonner sa soeur une seconde fois, non-contente d'avoir dû supporter sa perte la première fois. Mon regard s'adoucit, et à travers mes prunelles azurées si expressives, on ne pouvait que constater le reflet du chagrin d'Ema. Son regard émeraude se posant tristement sur la tombe de la jeune Moeka. Elle évoqua son blocage, son incapacité à faire face aux évènements de la meilleure manière qu'il était préférable de faire. Et cette fois-ci, j'appuyai de manière plus franche mon épaule contre la sienne, signe non seulement de mon soutien, mais de réconfort. Avais-je fait mon deuil...? Qui sait. Le doute me taraudait toujours, sournois sentiment qui me tourmentait bien plus souvent que mon esprit le désirait.

-Tu sais...pendant plusieurs années après la disparition de mes parents, je n'ai pas pu faire mon deuil. D'ailleurs je ne sais toujours pas si le mien est achevé, aujourd'hui...Le soir quand je ferme les yeux, la journée quand le soleil brille, mes regrets reviennent comme si ils ne m'avaient jamais abandonné. C'est pour cela que je me bats. Pour ne jamais les oublier, pour devenir assez fort pour honorer leur mémoire. Avec le temps, ce sentiment s'apaise un peu, et nous permet de respirer un peu mieux...Mais disparaît-il seulement ?

Je pris une courte pause, soupirant de manière assez discrète pour que les Yeux d'Emeraude ne s'inquiètent pas. Puis je tournai mes yeux bleus que je plongeais une nouvelle fois dans les siens, avant de lui sourire doucement, et je portai mon poing à son coeur, touchant de mes phalanges distales le haut de sa poitrine sans pour autant toucher ses seins.

-Je sais que tu as cette force en toi, toi aussi, d'avancer. Il n'y a pas de mal à être bloqué, et je comprends ce sentiment...Mais Moeka ne sera jamais oubliée, car elle vivra à tout jamais dans ton coeur. Et j'ai la certitude que, quoi qu'il se passe, tu continueras de penser à elle.

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Dim 9 Déc 2018 - 19:02

Les ombres de notre passé.

Contact. Il m’écoute, acquiesce, répond, réagit. Il est là, plus présent que personne n’a pu l’être jusque-là, et voilà maintenant que son épaule heurte doucement la mienne. Je ne sais pas si je dois fuir ou rester, j’hésite, puis je ne bouge plus. C’est un juste retour des choses quand on sait que j’ai voulu poser ma main sur son bras auparavant. Quand je mentionne mon incapacité à faire le deuil de Moeka, son épaule heurte la mienne plus fort, elles sont maintenant collées l’une à l’autre. Enfin, plutôt … Nous sommes collés l’un à l’autre. Son épaule contre la mienne. Puis il décide de parler, coupant court à toutes les émotions qui se bousculent en moi. Je peux réfléchir convenablement sur autre chose. Penser à autre chose.

Je le comprends. Je ne le comprends que trop bien. Toutes ces sensations de perte, cette impression que ça ne va pas mieux, que ça ne progresse jamais … Tout ça, je le sais. Je le vis tous les jours. On ne sait jamais s’il disparaît. On a l’impression qu’il s’apaise, se calme, mais il est toujours là. Nos ténèbres menacent toujours de nous engloutir, de nous emmener avec elles dans les tréfonds. On pense avoir rejoint la lumière et, au pire moment, ça nous attrape et nous plonge de nouveau six pieds sous terre. Je comprends alors les raisons de sa bataille, je comprends aussi que je vais passer par-là et que je n’ai pas à m’en vouloir de faire preuve de faiblesse. Je ne suis pas si mal lotie, après tout, si ?

Ses mains se posent sur ma poitrine, juste avant les seins, juste au-dessus. Je rougis brusquement, puis fais de mon mieux pour me calmer. Ça va trop vite, trop vite. Ses yeux dans les miens. Je veux fuir, je veux me mettre sous terre et ne plus jamais en sortir. Mais il y a ses mots, sa douceur, sa gentillesse. Moeka vivra toujours en moi. Il a raison. Moeka ne s’en ira jamais vraiment, au fond. Elle sera toujours là. Là où sa main est posée. Dans mon cœur. Moeka subsistera toujours dans ma mémoire, dans mon esprit. Je lui souris. En fait, il a peut-être besoin de ce contact, pour que ses mots fonctionnent mieux. Pour qu’ils atteignent leur cible. J’attrape ses doigts du bout des miens et les maintiens à la même place.
« Oui … »
Je mêle ses prunelles aux siennes, les émeraudes à la rencontre des saphirs.
« Oui. Si elle devait disparaître, après tout, ce serait déjà le cas. »
Je prends mon courage à deux mains. Ses doigts, que je tenais jusque-là, finissent entremêlés dans les miens, doucement, sans trop les serrer. Mon cœur s’accélère brusquement. Je ne sais pas trop ce que je fais, j’ai toujours envie de partir en courant, mais je ne peux pas me le permettre. Je dois tenir bon. Il ne me fera pas de mal. Tout ira bien.
« Personne ne disparaît jamais, finalement. Nous perpétrons leurs existences en vivant pour eux. Alors, au fond, même si nous avons du mal à nous remettre de leur disparition … Nous ne pouvons pas simplement nous laisser engloutir. Nous devons avancer. Nous souvenir qu’ils sont là, qu’ils ne partiront pas tant que nous continuerons de rester, de les honorer. »
Je serre un peu plus sur sa main, embarquée par mes pensées. Nous ne pouvons pas perdre, définitivement pas. Nous sommes l’espoir. C’est rassurant.
« Merci, Tenzin. »
Je ne le quitte pas des yeux, je ne lâche pas sa main. On dirait que mon cœur va exploser, pourtant pour le commun des mortels il ne se passe pas grand chose. Je suis si faible, au fond. Je ne dois pas me laisser happer. Garder mon calme. Tenir bon.
« Je sais … Je sais que toi aussi tu as la force de passer à travers toutes ces épreuves. Que tu sauras honorer la mémoire de tous ceux qui t’ont quitté et de protéger au mieux tous les autres. J’ai foi en toi. »
Je baisse les yeux, inspire profondément.
« Tu es déjà très fort. »
Pour avoir percé ma coquille, avoir vu ce qui se cache sous la brute bagarreuse que je suis. Mais je ne peux pas dire ça. Alors je me contente de relever les yeux et de lui sourire.
« Je suis contente que tu sois venu ici, finalement. Les circonstances de notre rencontre sont très tristes et inhabituelles, mais … J’ai l’impression que tu es la meilleure rencontre que j’aie faite jusque-là. »
Battements de cœur surpuissants, qui font trembler ma poitrine. Je vais défaillir. Je serre doucement les dents, pendant que mes joues rosissent de nouveau. Ne pas faiblir, ne pas se laisser happer. Tout ira bien.
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Lun 10 Déc 2018 - 0:49
Bien que je la sentis légèrement hésiter, elle ne se retira pas du contact de nos deux épaules l'une contre l'autre. Quant à mon poing qui vint se poser au dessus de sa poitrine, là où son coeur se trouvait, elle devint la seconde d'après rouge pivoine. Une couleur qui semblait ironiquement contraster avec son teint capillaire rosé. Elle se raidit, et je pus sentir son pouls s'accélérer grandement à mon contact. Et pendant un instant, j'eus peur d'en avoir trop fait. Peur de l'avoir brusqué, ce que je craignais depuis le début. Mais alors que je m'apprêtais à retirer ma main, mes paroles semblèrent la calmer, la rassurer. Elle semblait s'ancrer petit à petit dans ce que je disais, jusqu'à ce que mon poing sur son torse ne fus plus si dérangeant que cela. Ses joues restèrent tout de même d'une teinte écarlate soutenue, mais l'expression de son visage se fit moins paniquée. J'hésitai tout de même à retirer ma main, lorsque la sienne vint l'envelopper et la maintenir en place. Et jusqu'à présent, je ne m'étais pas rendu compte que ce compte m'avait paru autant pour elle que pour moi-même. Au contact de ses doigts, quelque chose en moi s'apaisa soudainement.

Nos prunelles se plongent l'une dans l'autre, et je crois voir dans ses yeux le reflet de nos âmes tourmentées, des ténèbres qui nous menaçaient. L'obscurité qui, au contact de sa main, reculait au fond de mon être pour se lover dans un endroit où il ne menacerait pas de ressortir. Pas aujourd'hui en tout cas. Je lui souris à mon tour, rendant perceptible dans ce rictus le soulagement et le réconfort que m'apportait cette proximité. Elle prend alors la parole, partageant alors les mêmes pensées qui m'habitaient, et écoutant consciencieusement ses mots je hochai à chacun d'entre eux. A chacune de ses phrases, qui n'étaient que plus exactes. Et alors que ses dires font écho en moi, elle entrelace ses doigts avec les miens. D'abord surpris, j'écarquille légèrement les yeux sentant le feu me monter aux joues. Il y avait fort à parier qu'à mon tour, j'avais prit la teinte d'une tomate bien mûre. Mais je n'en avais pas honte, j'avais été surpris, mais agréablement, et je refermai à mon tour doucement mes doigts sur les siens. Mon regard s'adoucissant en même temps que ce geste. Elle me remercia, et me dit à nouveau que j'étais fort. Qu'elle avait foi en moi. Je souris à pleine dents avec les deux yeux en arc de cercle.

-J'ai foi en toi aussi, Ema. Et j'ai hâte de voir quelle fantastique kunoichi tu deviendras. Je me tiendrai à tes côtés, alors.

Elle pointa du doigt le fait que cette rencontre s'était faite dans des circonstances qui auraient pu être plus joyeuses. Et elle avait entièrement raison. Mais cela aurait-il été la même chose ? Surement pas. Quelque chose me disait que cette rencontre avait toute son importance dans la suite de nos aventures, et j'étais persuadé que c'était quelqu'un de bien veillant qui m'avait guidé aujourd'hui à me repentir sur la tombe de mes amis défunts.

-Les circonstances sont tristes en effet, mais quelque chose me dit qu'il y a une raison à cela. Et je n'ai pus que mieux apprécier l'Ema que j'ai devant moi. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi, et je doute que je rencontrerai quelqu'un comme toi de si tôt. Alors...disons que je me sens apaisé.

Je serre légèrement ses doigts qui sont encore entre-mêlés aux miens. Et un sourire sincère vint éclairer mon visage.

-Je n'aurais pas pu être plus heureux de faire ta connaissance...

Je laisse alors nos mains quitter sa poitrine, et descendre vers le sol. Mais je refuse de la lâcher encore. Pas maintenant. Bien que j'avais remarqué qu'elle se raidissait au contact physique, je m'accrochais au sien comme les ténèbres reculaient en mon for intérieur.

-Ta présence est agréable...Mais je n'ai pas envie de t'incommoder...Tu me sembles un peu...rouge ? terminai-je avec un sourire taquin.

Je faisais le malin, mais il n'y avait pas si longtemps j'avais été de la même couleur.

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Jeu 13 Déc 2018 - 1:10

Les ombres de notre passé.

Deux tomates dans un potager. Elles ont la même couleur, la même vivacité, ces mêmes caractéristiques qui les rendent terriblement appétissantes. L’une des deux rougit bien plus vite que l’autre, atteint sa maturation pendant que l’autre prend le temps, jusqu’à exploser et devenir une magnifique tomate à son tour. On pourra dire ce qu’on veut, cette rencontre au cimetière a le don d’être haute en couleurs. Ema s’enterre petit à petit dans le rouge, pendant que Tenzin la rejoint au fur et à mesure de leur échange. Il la complimente, la recouvre d’espoir, puis … il lui fait cette promesse. Quelque chose de simple, de lancé, comme ça, mais qui a un tel impact. Le cœur d’Ema donne l’impression qu’il va brutalement exploser, tous les signes le lui communiquent. Sa poitrine cognée par son cœur, la rapidité des pulsations, leur violence … Oui, d’ici quelques minutes elle sera à terre, du sang s’échappant de ses narines. Il n’y a aucune chance qu’elle y survive. Aucune. Ou alors peut-être ?

Ema se ressaisit, fait de son mieux pour ne pas défaillir, mais bon dieu c’est difficile. Elle inspire profondément, garde les prunelles noyées dans l’océan des iris de Tenzin. C’est compliqué, mais ça va aller. Oui, hein ? La descente aux Enfers – ou l’ascension au Paradis – se poursuit avec les mots du jeune homme. Il ne lâche rien, la précipite droit dans le précipice. Mais cette chute est si délicieuse, si douce. Ça fait peur, comme ça, vu d’en haut, c’est sûr. Pourtant … Il n’y a que des émotions positives qui résonnent en elle. De la joie ? Quelque chose d’assez étrange, que la rose parvient difficilement à identifier, mais … C’est vraiment bien. Alors elle se contente de lui sourire, toujours aussi rouge qu’une tomate.

La pression entre leurs doigts se raffermit davantage, cette fois du côté du jeune homme. Le cœur d’Ema manque un battement, avant de reprendre sa course effrénée. Il la serre. Il est heureux de l’avoir rencontrée. Elle est unique. Elle comprend. Elle est différente. Leurs mains descendent progressivement mais ne se quittent pas. Par réflexe, ou pour n’importe quelle autre raison que la rose ne s’explique pas, sa main exerce une pression légèrement plus forte sur la main de Tenzin, qu’elle maintient davantage. Pour ne pas qu’il parte, peut-être ? Partira-t-il, seulement ? Probablement pas … Il lui a fait comprendre qu’il était heureux de l’avoir rencontrée, qu’il n’aurait pas pu trouver quelqu’un d’autre de similaire … Et il lui a dit. Il lui a dit plus tôt qu’il serait là, plus tard. Quand elle sera devenue une « fantastique kunoichi ». Y repenser fait bondir son cœur. À force il va vraiment finir par quitter sa poitrine.

Et là. Là ! Il lance la taquinerie. La petite blague. Ema gonfle les joues et, si ses joues avaient pu être plus rouges, elles auraient pris une teinte au-dessus. Sa réaction est directe, incontrôlée, elle vient droit du fond du cœur. La rose serre davantage la main de Tenzin et vient doucement heurter son épaule avec la sienne. Elle initie le contact.
« Ce … Tu … Tu n’es pas mieux ! »
Un rire nerveux s’échappe d’entre ses lèvres. Les couleurs redescendent légèrement pendant qu’elle rit. Ema se calme doucement, puis caresse la main de Tenzin avec son pouce. Ses prunelles fuient les siennes pendant que le flot d’émotions revient.
« Je suis vraiment heureuse de t’avoir rencontré ici, Tenzin … »
Les caresses sont délicates, plutôt lentes. Ema exerce de petites pressions sur sa main, avec ses doigts, sans même s’en rendre compte. Elle le serre davantage, de temps en temps. Une poussée de courage émerge au fond de son être et éclate, suffisamment pour que les émeraudes reviennent à l’assaut des saphirs.
« J’avais très peur, au début. J’aimerais que les gens ne me voient pas comme ça. J’ai … J’ai l’impression d’être faible. Je suis une ninja, pas une pleurnicharde … Et puis … »
Ema se mordille l’intérieur de la lèvre, hésite.
« Je ne veux pas que les gens sachent pour ma petite sœur. C’est … personnel. Ils n’ont pas besoin de savoir ce genre de choses, ça ne les avancera à rien quant à moi. »
Les rougeurs sur ses joues sont toujours présentes, mais elles s’accompagnent désormais d’étoiles dans ses yeux.
« Mais toi … » Ema inspire profondément. « Tu n’es pas pareil … » Son cœur accélère. Sa main serre doucement celle de Tenzin. « Tu comprends. »
Un sourire finit par se frayer un chemin parmi les joues rouges, le cœur qui va exploser et les émotions trop nombreuses qui la submergent. Un sourire sincère.
« Je n’aurais pas pu être plus heureuse non plus de faire ta connaissance, Tenzin. Et je ferai de mon mieux pour être à la hauteur des espoirs que tu places en moi. »
Une promesse implicite, renvoyée à la première personne qui l’a lancée. Une façon de sceller cette prévision pour de bon.
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Jeu 13 Déc 2018 - 16:36
Il aurait été difficile de dire qui de nous deux avait la plus belle teinte écarlate. Avec un peu de chance, je pouvais m'estimer heureux perdant, mais pour l'unique raison que je ne pouvais voir moi-même la couleur de mon visage. Auquel cas je pouvais mettre ma main à couper que je n'aurais pas été si certain de ma victorieuse défaite. Mais cela avait-il la moindre importance ? Pas pour moi. Dans d'autres circonstances j'aurais pu avoir honte de montrer un tel émoi devant quelqu'un qu'au final je ne connaissais à peine. Mais ce n'était pas le cas. Pas le moins du monde. J'avais d'ailleurs l'étrange sensation d'être bien plus à ma place ici que je ne l'avais été ces derniers mois. Trouvant dans ces prunelles d'émeraude un réconfort que peu de choses étaient parvenus à m'apporter jusqu'à présent. Lorsque nos doigts entrelacés descendirent lentement, la pression qu'elle exerçait sur eux se raffermit. Et je crus déceler dans ce geste une demande implicite, non formulée mais non moins éloquente. Le sang afflua un peu plus au niveau de mon visage, avant de reprendre une teinte plus rosée accompagnée d'un sourire affirmatif qui voulait simplement dire "Je ne vais nul part".

Une valse d'émotion, une danse écarlate, tel était l'ordre du jour. Mais alors que l'air se remplissait d'un sentiment qui m'était encore indéchiffrable, je pris la liberté de lui lancer une vanne. Et sa réaction, aussi immédiate que spontanée, ne put que m'arracher un rire sincèrement amusé. Ses joues gonflées, et cette hésitation tout à fait innocente n'étaient que plaisance à mes yeux et mes oreilles. Son rire rejoint le mien tout aussi immédiatement, et ces sons joyeux s'entremêlèrent pour former une mélodie réconfortante en mon coeur.

-Je plaide coupable, Mme.La-Juge, me rendis-je alors en rigolant toujours.

Mais alors que le rire nous détend tous les deux, et ramène un peu notre visage vers sa couleur d'origine, je sens le pouce d'Ema glisser sur ma main en une caresse légère et fort agréable. Immédiatement, je sentis les muscles de mon corps se relâcher, se détendre, et de manière totalement irréfléchie, mon pouce se mit à son tour à décrire de petits mouvements circulaires sur sa main. Paradoxalement, malgré cette sensation relaxante que je ressentais, mon coeur accélérait sa cadence et je le sentis résonner dans ma poitrine. A mon tour, je détourne le regard, ne sachant pas très bien ce que j'étais en train de faire ou ce qui était en train de se passer. Mais la voix de la Rose fit mes yeux renouer avec son visage. Un sourire doux, sans une mot, car je lui avais déjà dit ces mêmes phrases auparavant. Et ses yeux de cette belle couleur verte se rabattent sur moi à nouveau, plongent en moi, tandis que le son de sa voix me transperce, m'attrape dans ses filets.

-Faible ? Je ne l'ai pas pensé une seconde en te voyant. Et seuls ceux qui sont aveugles ou ignorants ne peuvent voir la force qui se cache derrière nos pas... Ils s'en rendront compte bien assez tôt.

Cependant, je comprenais parfaitement les raisons qui poussaient Ema à taire ses souffrances, à les cacher au monde. Car c'étaient ses blessures, mais aussi sa petite soeur, son bijou précieux à elle, son intimité, son jardin secret. Et iétait normal qu'elle ait envie de sauvegarder tout ça du regard accablant des autres. Mais pour elle, j'étais différent. Je n'étais pas comme les autres.. Quelques mots qui me firent frissonner tant le réciproque était parfaite. Suite à cela, elle tenta de m'expliquer certaines choses et dis qu'elle était était plus que heureuse d'avoir fait ma rencontre ici. Je hochai la tête à mon tour.

-Je pense exactement la même chose que toi, Ema...

Je me rapprochai un peu plus d'elle jusqu'à ce que nos bras soient collés. Et elle rajouta ensuite qu'elle essayerait de son mieux d'être à la hauteur que je voyais pour elle, mais pour cela, je ne me faisais pas beaucoup de soucis. Lui souriant à pleine dent.

-Et ce jour-là, je serai à tes côtés. Je deviendrai plus fort.


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Sam 15 Déc 2018 - 17:38

Les ombres de notre passé.

Un frisson court le long de son échine. Un long frisson, qui la fait presque trembler. Cette petite main qui s’agite, qui caresse la sienne comme elle peut le faire. Le contact qui trouve une réponse et trouble complètement Ema. Une inspiration rapide caractérise cette surprise, qui se calme aussitôt. Ce geste, si petit, provoque un réconfort gigantesque chez la jeune femme, qui décide de ne surtout pas rompre ce contact. Tenzin a sur elle un effet apaisant, inconnu, incompréhensible. Peut-être plein d’autres effets encore, que la rose ne parvient pas totalement à saisir en l’état. Tant de choses qu’il lui faut apprendre, comprendre, voir. Tant de choses qui la dépassent. Des choses qui finiront par s’éclairer, petit à petit, au fil du temps.

Ses paroles font vibrer le cœur de la demoiselle, qui, de nouveau, perçoit les choses différemment. Tenzin la tire vers le haut. Encore et encore, à travers les ténèbres qui la dévorent, il apparaît et attrape sa main pour la ramener vers la lumière, vers lui. Sa main serre davantage la sienne pendant qu’elle hoche doucement la tête. Il n’y a peut-être pas de faiblesse, mais l’inverse. La force de se relever, de revenir, de continuer. La force de faire fuir les ténèbres. La voilà, sa raison de se battre. La force nécessaire. Voilà toutes les choses qui lui manquaient. Elles sont là. Incarnées en une seule personne, qui lui permet, sans s’en rendre compte, de reprendre la route, sur le bon chemin. Moeka ne sera jamais oubliée, elle sera la raison pour laquelle Ema ne lâche rien. Vivre pour elle, pour faire de ce monde un monde meilleur. Tenzin lui a rappelé ces valeurs oubliées, noyées par les ténèbres.

Tenzin, qui lui ressemble. Qui pense pareil. Qui la comprend et se sent compris. Son cœur manque un battement. Il en manque un second, puis un troisième quand son bras touche le sien. Il lui sourit, lui rappelle qu’il sera là. La promesse du futur. Un futur où Tenzin sera présent, suivra ses pas. Il deviendra plus fort, lui aussi, et ils se tiendront côte-à-côte face au reste du monde, un monde qui verra que leur deuil n’est pas une faiblesse, qu’il est aussi celui qui les a rendus plus fort. Ema serre un peu plus la main de Tenzin et une nouvelle force éclot en elle, suffisamment grande pour qu’elle ait le courage de la lâcher pour le prendre dans ses bras, tout entier.

Leurs corps désormais collés l’un à l’autre, le jeune homme peut probablement percevoir la vitesse des battements du cœur d’Ema, qui sont plus affolés que jamais. Un affolement paradoxal, tant la rose se sent bien dans cette position. Les bras autour de sa nuque, elle niche sa tête au creux de son cou, un sourire sur les lèvres. Si elle le pouvait, elle resterait là des heures entières, sans bouger, sans rien dire. Mais il faut dire quelque chose. Cette fois, il y a quelque chose à dire. Pour les promesses, pour sa présence, pour tout.
« Merci, Tenzin. »
Deux mots, tombés du bout des lèvres. Deux mots qui brisent le silence, juste un instant, avant de lui rendre ses droits. Ema va chercher encore un peu de courage au fond d’elle pour remonter la tête et déposer un baiser chaste sur la joue de Tenzin. Les rougeurs sur ses joues explosent, son cœur se met au marathon, mais elle l’a fait. Elle a mis au jour cette petite étincelle qui fait du bruit en elle. Ce hurlement sourd qui nécessite d’aller au bout de ses pulsions, de cette envie candide et pourtant énorme pour Ema. Sa tête revient au creux de son cou, nichée pour un instant. Ne jamais partir est tentant, mais il le faut, non ? La rose émet un petit rire, avec une joie et une nervosité partagée. Maintenant qu’elle a atterri là, s’en défaire est dur parce qu’elle y est bien, mais surtout parce qu’il va falloir lui faire face. Bon. Perdu pour perdu …
« Je resterais bien là encore longtemps, mais … »
Ema se détache lentement, à contrecœur. Encore une fois, elle va chercher au plus profond de son être le courage pour regarder Tenzin, pour confronter son regard. Mais ses prunelles émeraudes fuient, trouvent refuge dans le sol à plusieurs reprises.
« On ne … On ne deviendra pas forts en ne faisant rien, hein … ? »
Aller au fond des choses. Le regarder. Le regarder. Trouver le courage pour, enfin, le regarder. Ce n’est pas si compliqué, après tout. Elle réessaye. Le contact est établi, mais il est défait aussitôt. Ema déglutit et se force. Cette fois, ses émeraudes se rivent aux saphirs de Tenzin, qu’elle ne lâche plus. Si elle fuit, c’est fini. Elle partira en courant. Mais, et maintenant, qu’est-ce qu’elle doit dire ?
« On doit encore faire plein de choses … »
Est-ce que c’est bien, ça ? Peut-être, peut-être pas. Ema creuse encore, pioche dans ses dernières réserves de courage.
« Mais on se reverra et on deviendra plus forts ensemble. »
La dernière phrase est sortie très vite, plus vite qu’elle ne l’aurait voulue. Balancée dans un souffle, elle n’a pas pensé à ce que cette affirmation sous-entend, ni si Tenzin est d’accord avec elle. En théorie, oui, mais … Et si en fait non ? Les idées se mélangent, s’emmêlent, se bousculent. Tout va trop vite, elle ne sait plus quoi dire.
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Sam 15 Déc 2018 - 19:36
Elle ne s'écarta pas, laissant nos bras collés l'un contre l'autre pendant un instant. Mes mots semblent avoir touché une corde sensible, et j'en suis plus que heureux quand je constate que cette corde n'est pas celle de la tristesse ou de la colère, mais bien de la volonté et de la détermination. Elle serra un peu plus ma main, et un petit sourire ne put s'empêcher de naître sur mes lèvres. Mais avant que je ne sache exactement ce qui allait se passer, la Rose s'écarta légèrement de moi pour ensuite passer ses bras autour de ma nuque, et venir m'enlacer. D'abord surpris, je ne tardai pas à lui rendre son câlin et à mon tour, passer mes bras autour de son corps. C'était une sensation agréable, que je n'avais jamais connu auparavant, et qui faisait battre mon coeur plus rapidement que ce que je croyais. Mais ce n'était pas gênant, bien au contraire. Un sourire tendre apparu sur mon visage, franchement ravi que la kunoichi et moi nous entendions si bien. Et alors que son visage était enfoui dans le creux de mon cou, quelques mots s'en échappèrent. Un remerciement, auquel je répondis par ma joue collée contre le haut de sa tête.

Elle relève alors la tête, et pris de surprise, je ne sus comment réagir face à ses lèvres posées sur ma joue, en un geste innocent. Mes joues prirent une teinte rouge soutenue, mais ce n'était que parce que je n'avais pas l'habitude de ce genre de marques d'affection. Et lorsqu'elle posa à nouveau son visage dans le creux de mon cou, je déposai un baiser sur le sommet de sa tête, tout aussi innocent, gage d'affection et de protection. Mais vint l'heure de se séparer, de reprendre chacun possession de nos corps et de quitter cet endroit. Je ne savais pas combien de temps était passé depuis que nous nous étions enlacés, je n'avais pas compté, mais cet instant apaisant m'avait semblé si court que je ne pus que soupirer lorsque la séparation se fit. Ses émeraudes vinrent rencontrer mes yeux de la couleur du ciel, mais ses magnifiques prunelles se détournèrent rapidement vers le sol. Et ses mots ne firent qu'accentuer mon sourire jusqu'à ce qu'un petit rire s'en échappe face à sa nouvelle tentative échouée.

-En effet, il faudra bien qu'on se bouge un peu pour atteindre nos objectifs, hein ?

Ses iris finissent par plonger à nouveau dans les miens, et un regard doux vint les accueillir. Comme elle venait de le dire, nous devions encore faire beaucoup de choses. Et nous n'allions reculer devant rien pour se faire. Un sourire joyeux étira de nouveau mes lèvres, au même moment où une phrase à toute vitesse sort des lèvres d'Ema, la lâchant comme si elle avait peur de la retenir plus longtemps. Ou avait-elle peur de la réponse. Je hochai la tête avec le même air amusé et joyeux, presque taquin, avant de lui répondre.

-Oui, on se reverra bientôt, et on deviendra plus fort ensemble.

Il était à présent l'heure de partir. Je fis marche arrière d'abord à reculons, lui faisant un coucou de la main tout en souriant sincèrement, puis je me retournai et repris mon chemin. Quelque chose me disait, et j'en étais certain, que nous ne tarderions pas à nous revoir. Et j'étais content d'avoir fait une telle rencontre en ce jour qui m'avait vu lever si triste. Une rencontre qui avait illuminé ma journée, qui m'avait apaisé. J'avais hâte de revoir cette kunoichi qui me comprenait certainement mieux que bien de ceux que j'avais rencontré jusqu'ici.

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Les ombres de notre passé. [Tenzin]

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