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Le tintamarre clinquant du fer et du métal | Combat ft Metaru Shuuhei


Mer 5 Déc 2018 - 11:36
De l'eau avait coulé sous les ponts depuis le tournoi des Genins et, en bien triste solitaire, Nobusuke avait continué de réaliser de menues missions au gré des demandes afin de s'accaparer le prestige nécessaire pour pouvoir être libéré de ses gonds thérapeutiques. Sous les conseils avisés de son psychologue, il continuait de fournir les efforts attendus afin de palier à la dislocation de sa sensibilité, s'acharnant à creuser dans le fond de son âme pour trouver le trésor caché de l'empathie, ce que d'expérience il n'avait jamais réellement connu, et que pourtant il se devrait un jour de revendiquer pour rejoindre le rang serré et très étroit de la normalité. En l'absence de cette option pourtant fondamentale pour cultiver le patriotisme et la loyauté, rien ne pouvait garantir qu'il ne sombrasse pas dans une certaine forme de démence, à l'aune d'un plaisir à peine dissimulé pour la contemplation de la souffrance des autres. Dépourvu de cette empathie, il envisageait encore difficilement de pouvoir devenir un sujet stable, bienveillant envers les autres et soucieux de diffuser une image relativement illustre de lui-même.

Pourtant, le psychologue notait d'admirables progrès. Si d'aventures le petit spectre noir ne laissait jadis que quelques bribes de confidences forcées, il s'avérait que ces derniers temps, compte tenu de son irrésistible désir de pouvoir s'exprimer sur la scène pugilistique, il concédait de plus en plus de terrain à la bataille de l'esprit qu'il livrait face à celui qui, responsable de son évolution idéologique, tentait désespérément de décortiquer les contours subliminaux de son subconscient. La libidineuse fascination de son sujet pour les obscénités de la guerre trouvait désormais certaines causes sur lesquelles l'architecte du comportement tentait de faire fondre le fer, comme pour mieux le reforger. Ce n'était pas un hasard si, d'une certaine manière, la vie avait fait de ce gamin un Satetsu. Tel le fer dont il était l'hôte et le forgeron, il pouvait être fondamentalement transformé avec un peu de chaleur humaine - pour peu que celle-ci soit assez vive pour faire fondre la matière.

En ce jour malheureusement, le comportement de Nobusuke allait, de nouveau, poser problème. S'il avait avancé de quelques pas dans l'éducation à la moralité et à l'empathie, il lui arrivait de reculer par grands bonds. En l'occurrence, dans un calme religieux, il avait décidé par un beau matin printanier de polir ses réflexes en vagabondant sur le terrain d'entraînement. Là, seul au milieu d'un désert humain, il avait joué avec les ombres de sa limaille de fer, articulant et désarticulant ce monstre magnétique vibrant dans l'atmosphère, comme un nuage noir augurant le malheur sur le village de Kumogakure, reptile polyforme et volatile en mouvement, se transformant tantôt en épée, tantôt en essaim, tantôt en filaments. Tel un chef d'orchestre, le quidam au penchant sociopathe s'amusait à faire danser cette masse profane, capable de broyer, de cisailler et de dépecer, aussi vrai que cela ne demandait pas plus d'efforts que de faire un clin d'oeil. Ainsi le spectre dansait-il avec son propre prédateur, dans une valse obscure et morbide, se laissant guider par une étrange débauche suicidaire.

Il était étudié, sans le savoir, par un autre homme dont il avait eu quelques échos par le passé, faisant allusion à quelques actes de bravoure, mais qu'il n'avait jamais eu la chance de côtoyer. Le hasard avait voulu que par la force des circonstances, l'homme avait manqué cette rencontre qui, semble-t-il, allait jouer un rôle primordial dans la psychée moribonde du macabre maître de la créature volante et blasphématrice dépourvue de vie mais irradiée par une aura électrique. Cependant, les sens de la recrue blafarde n'étaient pas encore assez affûtées pour sentir l'approche de ce preux guerrier du passé, aussi vrai qu'ils étaient surtout accaparés par une autre forme de vie, plus banale et discrète, remuant dans les taillis.

Ainsi, près du terrain d'entraînement, le troisième protagoniste était là, fasciné par ce monstre nuageux se courbant sous les ordres muets du danseur noir, épousant méticuleusement la gestuelle de l'artisan. Il avait glissé sa tête entre deux feuilles écartelées, de sorte à braquer son regard sur le danger, et ses deux grandes oreilles trônant sur le sommet de son crâne étaient tournées vers cet étrange spectacle. Le lièvre était alerte. Guettant dans sa cachette naturelle les moindres gestes de cet intrus sur son territoire, reniflant l'odeur particulièrement nauséabonde de l'homme mélangée à celle, encore plus rebutante, du fer, il se tenait prêt à déguerpir. Et il avait bien fait. Lentement, la limaille de fer commença à se condenser, obéissant à des mains et des courbes qui, jusque-là amples et fluides, guidées par l'ouverture spirituelle, semblaient à présent se rigidifier, comme pour devenir plus sèches, plus musclées, plus stressées. Tel le fer dont il était l'hôte et le forgeron, l'artiste pouvait être considérablement transformée, devenant tantôt le parangon de la grâce, tantôt celui de la mort.

Les particules de fer se dressèrent bientôt comme une armées de flèches noires en suspend. Il braqua sa main vers sa cible : aussitôt, toutes ces flèches se précipitèrent sur le pauvre lièvre, insensibles et meurtrières.


Dernière édition par Satetsu Nobusuke le Jeu 6 Déc 2018 - 12:17, édité 1 fois
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Mer 5 Déc 2018 - 23:14
Le tintamarre clinquant du fer et du métal


- « C’est pas un peu trop pour un pauvre animal ? »

Ma voix s’était élevée avec douceur alors que je fis mon apparition à seulement quelques mètres derrière le jeune brun. Après l’avoir observé pendant un moment, je fusai vers sa cible au moment clé pour la sauver des multiples lames qui comptaient la planter sèchement. D’ailleurs, j’avais ladite cible dans les bras et je la caressais tendrement. Un lièvre. Très beau d’ailleurs. Un animal qu’apprécieraient surement les jeunes pousses de mon clan. Somme toute une belle trouvaille. Terrorisée, la bête se recroquevilla presque dans mes mains, mais je me mis à lui caresser lentement la tête tout en sifflotant, ce qui eut pour effet de l’attendrir lentement mais surement. Je n’étais certes pas l’homme le plus doux du monde -et j’avais même un passif de chasseur-, mais l’attaque du gosse devant moi n’avait pas trompé mon œil avisé : Elle était malsaine. Meurtrière. Sans aucune volonté louable. Le cœur de la ville n’était pas propice à la chasse. La présence du lièvre ne constituait pas non plus un motif valable d’entrainement. Bien trop faible pour. Toutefois, mon constat accablant n’allait pas me pousser à sermonner le gosse. Je n’étais ni de sa famille, ni son tuteur et encore moins son sensei, sans compter que mon rôle de kage n’était que du passé.

- « Tout doux… Tout doux… »

La bestiole finit par se calmer définitivement. Elle ne tremblait plus. Il fallait dire que mon aura était plutôt apaisante, même si elle pouvait être totalement oppressante et agressive. Ce n’était certainement pas les habitants du pays du feu qui diraient le contraire. Mais alors que je pensais de plus en plus à ramener le lièvre chez moi, je vis quelques-uns de ses semblables postés pas très loin et qui devaient certainement l’attendre. Je me penchai aussitôt vers le sol pour y poser le rescapé qui effectua de petits bonds rapides pour rejoindre les siens. Des couinements se firent entendre avant que la portée ne s’éloigne rapidement de l’endroit après m’avoir jeté un bref coup d’œil. Une manière de me remercier sans aucun doute. J’eus un bref rire en haussant les épaules. C’était tant pis pour Kuu-chan et les autres gosses Metaru qui auraient surement apprécié la bête, mais j’aurai certainement le temps et le loisir de leur chercher un autre animal de compagnie. L’idée était définitivement bonne et un présent de ma part leur ferait surement plaisir avant un éventuel départ du village. Sur cette pensée, je finis par fouiller mes poches pour me chercher une clope. C’était systématique et à vrai dire, j’en profitais avant de retrouver ma fiancée.

Difficile de cloper en sa présence. Carrément impossible même.

- « J’ai toujours trouvé le satetsu intriguant. A la fois proche et éloigné du kinton. Comme si les manipulateurs de ce kekkai étaient nos cousins lointains, quelque chose comme ça ! Qu’est-ce que t’en penses, Nobusuke ? »

Le fait que je connaisse son prénom devait l’avoir surpris. Oui, parce que je connaissais par cœur toutes les personnes qui faisaient partie de notre armée. Pas de quoi s’en vanter ceci dit. Je finis par avoir un petite exclamation de surprise avant de sortir une clope d’une des poches internes de mon kimono gris métallique qui n’était pas sans rappeler la majesté du kinton, tout en faisant écho à la capacité du gosse. Lui et moi (pour ne pas dire tous les Metaru) étions quasiment pareils ; même si à l’heure actuelle, j’étais un peu hors de course, compte tenu de la perte temporaire de mon pouvoir. Je portai la cigarette à mon bec et l’embrassai à l’aide d’un briquet en métal que j’avais fabriqué moi-même. Les vestiges d’un passé glorieux : Celui du meilleur forgeron de toute l’histoire des Metaru. Un titre que je comptais bien récupérer un jour. Après avoir profité de ma première bouffée en portant un regard vers le ciel grisâtre, j’eus un soupir de plaisir. Le vent qui se levait par à-coups était également annonciateur de pluie. Bonne nouvelle pour la plupart des cultivateurs du village. La récolte allait surement être bonne. Mais alors qu’un éclair zébra le ciel et qu’un tonnerre gronda juste après, je lui fis un bref signe de la main droite sans équivoque.

- « J’vais remplacer le lièvre du coup… Fais voir ce que tu vaux, gamin ! »

Une invitation qui ne se refusait décemment pas.
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Jeu 6 Déc 2018 - 11:59
L'apparition de l'ancien Raikage fut providentielle pour le jeune lièvre dont le coeur, tambour battant, semblait rebondir à l'intérieur de sa poitrine, symptôme d'une forte anxiété que le Metaru parvint bientôt à exorciser par son aura naturelle et sa force protectrice. L'homme dont la chevelure glissante faisait manifestement paysage avec l'hiver glacé ne se priva pas, après cette irruption splendide, de poser les bases d'un échange presque paternaliste : il ne faisait preuve d'aucune animosité à l'égard du petit spectre noir qui, pourtant, s'attendait à être sermonné pour avoir été si impitoyable envers ce pauvre animal. Paisiblement, il attendît que le rongeur se calmasse, le couvant comme s'il s'agissait de son propre enfant : jamais Nobusuke n'avait été confronté à de tels élans de tendresse de l'homme à l'animal. Ses yeux s'écarquillèrent pour traduire sa stupéfaction, et ses mains tombèrent à côté de ses hanches, impuissantes. En berçant la bête, le Metaru avait endormi le monstre de fer.

Ainsi fut-il de la première rencontre avec le Nidaime, qui s'inscrivit dès lors dans le cerveau du Satetsu comme un fidèle protecteur de la nature, paisible et enthousiaste, s'immisçant dans un printemps brumeux, doux comme une neige chaude. Si tenté que cela soit possible.

Puis, suivant la logique des choses, l'homme relâcha la pauvre bête et face à cela, Nobusuke sentît monter en lui une sorte de courroux brutal : bouillonnant dans ses veines, le venin du ressentiment s'éleva comme un spectre lugubre, visage de colère et de représailles latentes. Bien que rassuré de ne pas être devenu l'ennemi d'un si terrible shinobi, il lui en voulait de lui avoir volé sa proie : quel toupet pour un homme qui, sans doute, n'avait rien à envier techniquement parlant au jeune Genin. Le petit spectre noir en garderait trace aussi, dans une mémoire qui se voulait remplie d'incertitudes et de déboires. Pire encore, retournant le couteau dans la plaie, Shuuhei continua de nourrir l'échange avec cette bonté qui mettait si mal à l'aise le psychopathe juvénile : tant de générosité et de courtoisie jetait un trouble dans son esprit et, épousant subtilement cette comédie, une voile de nuages gris brouilla à la fois le ciel comme la pensée du jeune homme à la peau blafarde. Le Nidaime identifia une sorte de proximité entre les maîtres du fer et ceux du métal : c'était on ne peut plus vrai, à quelques différences près, mais Nobusuke avait toujours eu le sentiment d'être si proche et en même temps si loin de cette cousinade. Les Metaru constituaient une formidable famille. Lui, il était seul. Etranger parmi ceux à qui il ressemblait tant : un coucou dans un nid d'hirondelles. Il était définitivement en proie au doute, écartelé par des idées antagonistes, secoué par l'hétérogénéité biscornue du coeur qui fait que quand on se rapproche des gens, on s'en éloigne considérablement.

Il prit la parole en sous-pesant chaque mot, et le timbre de sa voix timide ne manqua pas de trahir cette complexité de l'âme.

--- Enchanté. Vous êtes... le Nidaime ?

La réponse à cette question s'imposait d'elle-même : le charisme de l'homme venait du pouvoir qu'il avait possédé un jour et cette étrange atmosphère lui rappelait celle, écrasante, de Reiko. Les Metaru n'étaient pas tous de cette trempe : ces deux-là se distinguaient naturellement d'entre tous.

Il n'eut pas le temps de répondre à la question de ce dernier que le tonnerre frappa comme un signe du destin. Symétriquement, Shuuhei se mît dans une posture de défi et invita, de la main droite, à une confrontation. Nobusuke recula d'un pas. Il était plus qu'intimidé par la situation et en même temps, il ne semblait pas avoir le choix. Il ne parvint pas à sortir un mot : comme quoi la seule renommée d'un homme suffit parfois à lui offrir une certaine forme de victoire. Pour autant, il fit l'effort de se reprendre et de ne pas se résigner à cette défaite qui se figeait en face de lui comme une créature glacée, arborant une armure de métal. Non. Il devait affronter ce trouble jeté dans son âme et survivre. Pour une fois depuis le début de sa vie, on lui proposait quelque chose de sérieux : c'était une opportunité à saisir et à ne manquer sous aucun prétexte. Pour une fois depuis le début de sa vie, on le provoquait, et il pouvait y aller sans retenue. En bousculant le quidam, le Metaru avait réveillé le monstre de fer.

Composant une sorte de symphonie silencieuse du bout des doigts, Nobusuke fit s'élever ce dernier. De ses poches, des particules de fer suivirent le courant magnétique et se dressèrent dans le ciel comme une ombre fantomatique et glaçante. Ses deux mains dansaient face à lui, faisant se tortiller cette entité funeste. Mais le piège n'était pas là.

--- Je... je suis assez d'accord avec vous. Le fer et le métal sont, dans le fond, comme une même famille. Mais le clan Metaru est grégaire, et ceux qui le composent ont tissé des liens de solidarité forts, à l'image d'un métal admirablement soudé. C'est là la différence avec ceux qui manipulent le fer : nous sommes foncièrement divisés, comme toutes ces particules volatiles. Jamais, nous ne nous mélangeons. Nous suivons la règle de l'éparpillement, dans notre vie comme dans nos techniques.

Ses mains se refermèrent. Les particules se condensèrent pour former une colonie d'aiguilles noires vibrantes, comme si un essaim d'abeille se soulevait. Cette armée vrombissante en colère était prête à se jeter sur le Nidaime. Le Satetsu tira sa main gauche vers lui.

--- C'est grâce à cette règle qu'on se trouve toujours là où on nous attend pas.

Dans le dos du Nidaime s'était soulevé un autre monstre de particules de fer. Plus discret, plus épars, ces dernières s'étaient laissées porter par un courant magnétique dirigé par la main gauche du Satetsu : ainsi, faisant croire qu'il dirigeait un seul essaim avec ses deux mains, il en maîtrisait en fait deux et il tenta de jouer sur l'effet de surprise pour parvenir à ses fins. Là était le piège. Prélevant ces particules sur les flèches qui avaient servi à attaquer le lièvre, il fit revivre la chose sous forme de barreaux noirs qui se précipitèrent dans le dos de Shuuhei pour l'immobiliser ; tandis qu'en face, impitoyable, le Satetsu commandait aux abeilles noires de transpercer son adversaire.

HRP :
 
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