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Jeu 6 Déc 2018 - 13:22
Bureau des missions a écrit:


La loi du plus fortOn nous a récemment rapporté qu'un gang de petites frappes s'amuse à terroriser les femmes du village. Ils les agressent, parfois sexuellement, leur volent leurs biens et les humilient sur la place publique. Vulnérables, elles n'ont d'autre choix que se plaindre à la milice locale. Vous avez donc été mandatés pour leur régler leur compte et faire cesser ces agissements. Attention cependant à bien respecter deux règles : toute effusion de sang inutile vous sera sanctionnée et si vous avez besoin de recourir à une très forte dose de violence, assurez-vous de ne pas le faire en public.

Trouver le gang
Mettre fin à leurs agissements
[Important] Ne pas causer d'effusion de sang inutile
[Important] Ne pas faire preuve d'une trop grande violence en public





Tout en marchant dans les rues de Kumo, Saigo relisait silencieusement le parchemin qu’il tenait entre les mains, s’occuper de petites racailles? À croire qu’il était de retour à Yûgure, bien que chez lui, sur son territoire, jamais il n’aurait laissé les choses en arriver là. Il fallait cependant l’avouer, Kumo était beaucoup plus grand que son ancien terrain de jeu et son enrôlement récent dans les troupes du pays ne lui avait pas encore permit de se renseigner sur la manière dont la pègre gérait l’envers de la ville. Peut-être n’y avait-il même aucune organisation illégale, sinon ce genre d’incidents aurait déjà été résolu depuis bien longtemps. Une pensée qui lui mit la puce à l’oreille, des poux sur les cheveux et de la poussière dans l’œil, des miettes entre les dents, tout ça tout ça. Les cases semblaient s’encastrer parfaitement en un petit puzzle fort bien ficelé. Il ne put s’empêcher de faire la comparaison entre son ordre de mission, les villages cachés et son passé dans la pègre. La manière dont ce gouvernement faisait les choses, éliminer les nuisibles, protéger les intérêts d’un tel, semblait beaucoup trop proche de ce dont il avait l’habitude. Etait-ce le cas partout dans le monde? Les sociétés humaines, quelques soient leurs origines et revendications fonctionnaient-elles toutes de la même manière ? Saigo n'avait aucune réponse à cette question et il s'en branlait, du moment que les choses allaient dans son sens. Il se devait de penser à sa propre personne, à son évolution personnelle avant de pouvoir même envisager de réfléchir sur le sujet, il n'était pas un révolutionnaire, du moins pas encore... Puis le jeune homme n'avait probablement ni la matière grise ni la volonté de s'attarder vraiment sur le sujet, sans même parler de l'empathie nécessaire...

Il froissa l'ordre de mission dans son poing, y insuffla un peu de chakra et manquant de peu le crâne d'un passant l'envoya s'écraser contre une benne à ordures, celle-ci fut trouée par l'impact du projectile. Petit sourire aux lèvres il continua sa route faisant fi des regards outrés que certains citoyens au courage fuyant lui lançaient. Ce nouveau pouvoir qu'il possédait était fort utile, mais il ne le contrôlait pas encore, de la même manière Saigo faisait des efforts, non de son plein gré, il s'agissait uniquement d'une des clauses épineuses de son contrat. En tant que Kumojins il se devait de se comporter de manière civilisée, même s'il galéjait encore un peu avec la définition et le sens de ce mot. Pour tout dire, il était même plutôt content que les ordres de cette mission soient aussi explicites, à peine avait-il lu les premières lignes qu'il s'était déjà imaginé fracasser ces couards sur la place publique histoire de faire passager un message. L'ancien Hijin devait vraiment se rentrer dans le crâne que bien que similaires en de nombreux points, les problèmes d'ici étaient pour la plupart réglés avec le moins de violence possible et surtout, dans l'ombre. Perturber la paix et le calme semblait porter atteinte à l'image que le peuple pouvait se faire du gouvernement en place, il fallait faire gaffe à l'équilibre des forces, la réputation et bla bla bla... Il n'avait écouté qu'à moitié lors de son dernier cours de géopolitique.

Saigo arrivait enfin au point de rendez-vous, une fontaine avec la sculpture d’un petit gosse entrain de pisser se trouver au milieu de la place, il s’agissait des quartiers de la classe ouvrière. Les harcèlements avaient lieu dans les alentours d'après les témoignages et le jeune homme devait retrouver ici son partenaire pour la mission. Non pas qu’il avait besoin d'aide, Saigo avait toujours travaillé en solo, peut-être que ces gras du bide de gradés lui avait refourgué un chien de garde histoire de le tenir à l'œil? Pourquoi pas, ce genre de truc lui faisait ni chaud ni froid, seul hic était qu'il n'avait pas le droit de briser les crânes de ses collègues et concitoyens, même si ceux-ci agissaient de manière "nuisible" à ses yeux. A Yûgure il était juge, juré et bourreau, ici il était simplement au boulot, chaque chose en son temps... Il l'avait décidé, il était maître de ce nouveau destin, personne ne l'avait forcé à recommencer une vie tout en bas de l'échelle sociale. Cela ne lui servait à rien de s'attarder sur le passé...

Saigo sortit son paquet de cigarettes, la place était bondée, impossible de trouver le type avec qui il devait faire équipe. En toute sincérité il n'avait pas vraiment cherché non plus, mais à quoi bon vu qu'il n'avait absolument pas retenu le dossier du concerné, simplement qu'il s'agissait d'un adolescent "pas comme les autres"... Hum... Saigo s'alluma une clope et escalada le terre-plein de la fontaine, il sortit son engin et se vida tranquillement la vessie dans un râle de plaisir aux côtés de la petite statue. Beaucoup trop de bières hier soir pensa t-il en remarquant que ses abdos s'étaient doucement voilés. Déçu, il reporta son attention sur la foule, avec la hauteur qu'il venait de prendre peut-être aurait-il un peu plus de chance de trouver ce maudit gamin.

@Satetsu Nobusuke
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Mar 11 Déc 2018 - 11:17
Depuis plusieurs nuits, il ne dormait plus très bien. Dans la pénombre de son lugubre appartement, il s'était enfoui dans une forme de solitude mélancolique liée à l'absence d'horizon. Son destin ne semblait pas être tracé de la bonne manière. Harcelé par les entretiens psychologiques, il devait sans cesse affûter ce personnage qu'il n'était pas, mais qui devait exister pour le bien de sa personne. Tel un ascète, il travaillait religieusement dans la réalisation de sa propre existence, avec une rigoureuse volonté de s'inonder dans une sphère de pureté. Mais cette sphère-là, contrairement aux idées courantes, n'avait rien de facile ou de chaleureuse : elle était froide, parfaitement lisse et dénuée de crevasses. C'était une bulle d'eau fragile et sans consistance, capable d'exploser au moindre choc. A l'intérieur de cette bulle, il étouffait. Il lui suffisait pourtant de tambouriner dedans, de la griffer avec ses ongles ou de hurler - comme il voulait le faire - pour qu'elle éclate : mais il était bâillonné par sa propre torture de l'âme.

Ce matin-là, il s'était affairé sans faire de zèle, les yeux cernés et le teint très pâle, comme d'ordinaire. Il sortît de la pièce sombre et plissa les yeux devant la lumière du jour, trop vive pour lui : animal taciturne et ténébreux, il n'aimait pas être inondé de couleur. Cette vérité était visiblement incarnée dans son accoutrement : en marchant, il traînait un squelette habillé d'un uniforme noir. Il ne tarda pas à s'engouffrer dans les quartiers de misère et à se mélanger à la foule. Avec une attitude aussi discrète et monotone que la sienne, difficile de le remarquer.

Après avoir contourné les angles des bâtiments en esquivant toujours les regards et les corps en mouvement, il arriva à la sculpture où, pour une nouvelle fois, il rencontrerait un partenaire de mission avec lequel il effectuerait sans doute les choses dans les règles de l'art. Il était loin de se douter, à présent, quel genre d'associé il allait se faire : probablement plus coloré, ce compagnon n'en demeurait pas moins aussi foncièrement mauvais que lui. C'est ce que le lugubre Nobusuke constata en observant le ripoux outrageux pisser dans la fontaine publique, imitant tudesquement le bonhomme de pierre. Cet énergumène mal embouché, en vertu de son comportement qui, en dehors de son impertinence, montrait qu'il était manifestement à la recherche de quelqu'un, ne pouvait être que cet allié avec lequel, vraisemblablement, il ne s'ennuierait pas. Cet hasard de circonstances le fit sourire. Il était toujours accompagné de quelqu'un qui contrastait parfaitement avec lui : soit le shinobi était rempli de lumière, soit il était extraverti. Tout ce qu'il n'était pas.

Avec toute la sobriété qui le caractérisait, le petit être aux idées noires et macabres se glissa comme un fantôme dans la foule dont il entendait les jurons alambiqués goulument employés par la faune locale, qui ne voyait décidément pas d'un bon oeil une telle agitation. Entre les protestations intimes des bigotes vieillissantes et les plaisanteries malveillantes des beaufs adipeux, il approcha en recueillant avec espièglerie toutes les phrases volatiles. Le sourire aux lèvres, il aborda l'homme dressé sur la fontaine.

--- Bonjour. Saigo, je présume ? Je suis Nobusuke, enchanté de faire votre connaissance. Très belle imitation, au passage.

Fit-il en ne camouflant pas le petit air malin dont il venait de maquiller son visage. Au bout d'un long périple de solitude, il avait le sentiment d'avoir enfin trouvé quelqu'un avec lequel il s'entendrait sur quelque chose : la mort des autres.
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Mar 11 Déc 2018 - 17:41
Il le sentit arriver bien avant qu’il ne le vît. Une aura sombre, similaire à la sienne en bien des égards, mais ne tenant courageusement, inutilement à ses yeux, que par un fil sociétal au-dessus de ce gouffre appelé démence. De quoi cet esprit corrompu avait-il peur? Probablement de lui-même et de ses excès... Dans cette foule, parmi ces hommes et femmes lambdas se trouvait un être étrange, une créature peu commune pour une ville devenue aussi civilisée et paisible. Cela ne faisait aucun doute pour l'ex-mafieux, cet énergumène en approche ne pouvait être que son nouveau partenaire.

La curiosité prit le dessus sur son flegme quotidien, il n'avait pas ressenti de présence similaire depuis quelques mois maintenant, à vrai dire depuis qu'il avait quitté les égouts de ce monde, ce pays nommé Hi, sa chère patrie qu'il aimait tant, cette terre putride aux relents nauséabonds d'espoir. Mais savait-il vraiment ce qu'aimer voulait dire? Le jeune homme se persuadait que oui, il s'agissait à ses yeux de ce sentiment impossible à refouler, qui vous attirait toujours plus profondément, une sensation impossible à refouler qui reprenait toujours le dessus, aussi facilement qu'une prostituée expérimentée faucherait un client bien dodu. Cette définition était probablement plus proche de l'obsession que de l'amour, mais expliquer cette triste nuance à Saigo était aussi simple que de trouver une femme de joie à la retraite sans MST.

Saigo n'eut pas à attendre longtemps avec que la bête ne se dévoile devant lui, sous les traits soignés, fatigués, également couturés par endroits, d'un jeune garçon avenant. Le sourire que le gosse fit à Saigo était pur et authentique, il aurait été effrayant pour quiconque et encore plus malsain pour une personne connaissant les penchants du garçon. Ce regard d'une perversité innocente et ce sourire trop amicale en disait long sur sa santé mentale. Son introduction, pourtant banale aux yeux du monde, ne venait que confirmer ce que l'ex-mafieux ressentait depuis quelques minutes. Il se sentit presque flatté de voir ce gamin se montrer sous son vrai jour. Ce genre de rencontre pour les gens de leur espère était semblable à un chien se laissant renifler le cul par son congénère, la tentation d'établir un terrain de confiance et d'en apprendre plus, avant de montrer les crocs...

- C'est compliqué à dissimuler n’est-ce pas?

Il lui rendit un sourire, un mix de bienveillance et de violence avec une goutte de nostalgie. Le jeune homme parlait des pulsions meurtrières, de cette excitation morbide que lui même avait mis des années à comprendre, dompter, plutôt que d'essayer de contrôler. En l'observant Saigo ne pouvait que se remémorer de son propre état mental au même âge, il se savait avoir été chanceux, vivre en pleine anarchie l'avait aidé à grandir à sa manière, son pays avait été son défouloire, son terrain de jeu, son laboratoire et sa prison. Serait-il encore en vie s'il était né dans un pays comme kaminari? probablement pas comprit-il en voyant l'état piteux actuel de Nobusuke.

Saigo, sa besogne terminée, referma sa braguette et sauta d'un geste souple pour revenir sur la terre ferme. Il tira une nouvelle tafe de sa clope fraichement entamée et reporta son attention sur le môme, lui offrant une clope au passage. Il se sentait l'âme charitable devant tant d'inattendu, il rendrait aujourd’hui un grand service au petit Nobu, et à lui-même à l'occasion, de la même manière qu'il aurait aimé avoir quelqu'un pour lui donner quelques conseils à l'époque. Cette journée promettait d'être lourde en rebondissements. En parlant de choses qui rebondissent, le jeune shinobi eut un éclair de génie, il était grand temps de se mettre au travail.

- Tu t'es déjà déguisé en femme Nobu? Fais moi confiance, j'ai une idée!

Il ne put s'empêcher de regarder sa proie d'un air sadique et plein de fougue. Il n'y avait q'un taré pour demander à un autre cinglé de lui faire confiance, et ce dès le deuxième échange de phrases.
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Mer 12 Déc 2018 - 10:16
L'entrée en matière fut courte et surprenante. Après une petite marque d'ironie, Saigo descendît de son piédestal de défroqué et proposa une clope à son compatriote, ce que ce dernier accepta volontiers, bien que n'ayant pas l'habitude de s'adonner à ce genre de plaisirs éphémères. En avalant sa première bouffée de nicotine, Nobusuke eut un réflexe pulmonaire nonchalant qui l'obligea à tousser tout de go, le faisant passer pour un "bleu". Pourtant, il continua d'écouter religieusement son acolyte, tout en le découvrant de la tête au pied. Un grand gaillard au regard de braise habillé d'un squelette strié de muscles nerveux. Une teigne, songea-t-il. Un lascar un peu plus vieux que lui qui, malgré sa jeunesse, imposait de fait son autorité par son allure rebelle et son assurance dégoulinante. Sans être intimidé - tout du contraire, il était plutôt enjoué à l'idée de pouvoir travailler avec un tel impudent - le petit spectre noir détraqué n'en demeura pas moins docile et fondamentalement enclin à suivre les lubies de son aîné.

Il avala une nouvelle bouffée de cancer avant de délier ses lèvres pour prendre la parole. Ses yeux reptiliens ne souffraient aucune forme d'émotion ou de sensibilité. L'adolescent n'était autre qu'une enveloppe vide pleine de poison et de lames de rasoir. Rien qui, en soi, ne semblait attirer la sympathie. Pourtant, étrange spécimen, il suscitait l'intérêt de tous ceux qu'il avait croisé jusqu'ici, souvent quand il prenait la parole, comme à présent.

--- Homme ou femme, peu m'importe, tant que je baigne dans leur sang.

Il suffisait d'une seule personne pour que les braises reprennent vie et que ressuscitent les flammes voraces. Tous les efforts du psychothérapeute ne valaient rien face à ce genre de situation : Saigo, par son charisme débordant, déliait naturellement tous les verrous de la vertu. Associer Nobusuke à cet énergumène n'avait rien d'une bonne idée : c'était un pari aussi fou que celui de faire cohabiter une poule et un renard dans la même cage, en les laissant mourir de faim. On savait les risques encourus. Peut-être était-ce un test ? Cela n'avait rien d'impossible mais, dès les prémisses de la mission, tout se tournait déjà vers l'expression névrosée d'un spectacle de violence.

Il suffisait d'une seule personne pour que les braises reprennent vie et que ressuscitent les flammes voraces. Les deux Genins passèrent presque une heure à déguiser Nobusuke, qui se prêta généreusement au jeu. Chose troublante, cette transformation lui plaisait. Il n'attachait pas vraiment de sens à ce qu'il faisait, occupé seulement par un rêve glacé dans lequel des geysers de sang inondaient son corps. S'il fallait devenir une femme pour pouvoir réaliser ce sombre dessein, alors, peu ou proue, il désirait en devenir une au plus vite. Saigo ne semblait pas cacher le malin plaisir qu'il avait à maquiller le jeune Nobusuke, mais le bizutage était encore un concept trop large pour le psychopathe-né. Il était le parfait nihiliste détaché de toute forme de promotion de sa personne, inconscient, parfaitement déculturé. Tout ce qui qui aurait pu secouer quelqu'un dans sa déontologie ne s'appliquait pas à ce splendide spectre de l'éthique : ce n'était rien d'autre qu'une marionnette tranchante, un chien fou.

Aussi, le soir venu, une fois bien habillé, Nobusuke fut envoyé en éclaireur dans les rues désertes de ce quartier de la malchance, bastion du désoeuvrement. Déguisé comme il l'était, il était plutôt séduisant, d'autant que ses traits juvéniles avaient quelque chose d'androgyne, si bien qu'il était difficile de pouvoir déceler le garçon qui se cachait derrière son maquillage. Il avança en se remémorant la journée passée avec Saigo : il avait bien ri, chose qui arrivait rarement. Il appréciait ce dur à cuir, mais s'il n'aurait pas dit non à l'idée de l'étriper, désir qu'il exprimait instinctivement envers toute personne qu'il côtoyait, aussi proche soit-elle. Pour autant, ce jour n'était pas encore arrivée : avant que l'étranger de Hi ne finisse exsangue, il y avait d'autres clients. Certains, d'ailleurs, se déclinèrent dans la nuit. Au gré des pas du travesti blafard, des ombres se détachèrent des murs et des ruelles, et commencèrent à le suivre. Le shinobi ne tarda pas à comprendre qu'il était traqué par ses prédateurs, en vertu de quoi il décida de bifurquer, quittant la route principale pour s'enfoncer dans un cul-de-sac. Il fut rigoureusement suivi par une horde de crevards en rut, dont pas un ne semblait soupçonner la supercherie, ni la présence d'un autre vaurien, plus redoutable qu'eux, qui n'allait pas tarder à faire parler ses dix phalanges.


Dernière édition par Satetsu Nobusuke le Dim 16 Déc 2018 - 9:37, édité 1 fois
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Jeu 13 Déc 2018 - 11:03
La réponse affirmative et pleine d'espoirs sanglants du jeune Nobu ne put que faire éclater de rire notre Saigo de bien bonne humeur. Il venait de trouver un poulain, un camarade de classe comme on en faisait plus, il en était à présent intimement persuadé. Les quatre cents coups seraient transformés en huit cents démentiels, ou en un seul incommensurable, à deux ils feraient de grandes choses, de l'art même, et tout cela commençait par la transformation du joli minois quelque peu abîmé de l'adolescent.

Ils prirent la route du quartier voisin sans plus attendre, le jeune homme savait exactement ou les mener pour cette première étape des plus ludiques. Les passants s'écartaient d'eux avec vivacité et frayeur, comme s'il émanait du duo une odeur putride et nauséabonde, mais ce qu'ils dégageaient était beaucoup plus profond, puissant et sombre, comme si leur brève alliance avait fait fusionner, décupler, cette aura d'excitation propre aux chasseurs sur le point d'abattre une proie, jusqu'à la rendre presque visible et tangible. A cette ébullition morbide venait s'ajouter un sourire beaucoup trop innocent qui rentrait en inéquation complète avec leur regard, l'un froid de tueur, l'autre de braise. Le yin et le yang de la mort, le duo voguant à contre courant de la foule formait une scène dont la beauté était tout aussi désagréable et éphémère que la vie d'un vulgaire moustique.

C'est ainsi qu'ils pénétrèrent dans le quartier des plaisirs, l'endroit de Kumo que Saigo connaissait le mieux et ou petit à petit il tentait de se reconstruire un réseau semblable à celui qu'il possédait à Hi no Kuni, les habitudes avaient la vie dure... Il fit pénétrait le jeune Nobu dans un des bordels les plus réputés de la ville, au décor épuré, d'une propreté méticuleuse et à l'odeur de roses, de jeunes femmes en robes et petites tenues blanches, portaient mets et breuvages aux quelques clients se prélassant dans des divans de soi. L'endroit respirait le calme et la pureté, un jeu de rôle parfaitement orchestré par les gérantes et mécènes. Saigo fit un léger signe à une femme d'une beauté féline et capricieuse, sa préférée, avachie langoureusement sur l'un des canapés. Son visage s'illumina d'une joie sauvage et elle s'empressa de les rejoindre dans un déhanché dangereusement provocateur.

- Ça mon pote, c'est une créature comme on fait plus! Ne t'en fais pas, t'auras rien à payer!

Un petit clin d'oeil complice et l'ex-mafieux reporta son attention sur la jeune femme. Après sourires enjôleurs et quelques messes basses que Nobu ne put entendre, ils furent conduits dans une des nombreuses chambres de la demeure. Elle prit bien soin d'eux, peut-être un peu trop sachant qu'ils y restèrent beaucoup plus longtemps qu'escompté. Mais lorsque le duo ressortit dans les rues, ce n'était plus un adolescent à la peau cadavérique qui l'accompagnait mais bien un petit bout de femme des plus charmantes, n'était-ce le regard de mort qu'il lançait, inchangé et malheureusement inchangeable. Saigo ne se faisait pas trop de soucis là dessus, il faisait déjà noir et leurs cibles ne verraient ce détail que lorsqu'il serait bien trop tard pour elles...

Leur plan machiavélique en place, Saigo se mit à suivre la belle Nobusukette du haut des toits, félicitant au passage leur professionnalisme et engouement mutuel, bien que biaisé et contre nature, pour la mission, ou devrait-il dire, le meurtre? Il n'avait plus ri de cette manière depuis fort longtemps, sans parler de son impatience à voir le sang enfin couler, il se sentait aussi chaud qu'un puceau sur le plot de départ d'une nouvelle vie pleine de vices.

Leurs proies ne furent pas longues à mordre à l'hameçon et en quelques minutes son collègue était parvenu à les leurrer dans une merveilleuse impasse, silencieuse à point et loin de toutes activités en ce milieu de soirée des plus propices à une séance de décadence. Ils coupèrent toutes retraites à nobusuke et se mirent à rire, sifflant la petit donzelle apeurée contre le mur et échangeant entre eux quelques commentaire salaces sur la suite prévisible des événements. De vrais champions du mal, Saigo s'apprêtait à sauter dans le tas en grand prince charmant quand une soudaine idée vint l'immobiliser. Un sourire carnassier aux lèvres, il s'agenouilla sur le rebord d'un lampadaire, s'alluma une clope et se détendit dans un souffle de fumée, fin prêt pour admirer le spectacle en contre-bas.

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Ven 14 Déc 2018 - 23:54
Quel imbécile il pouvait être en ayant placé sa confiance en Saigo. Alors même que les quatre hommes s'approchaient sournoisement de lui, leurs yeux luisant dans la nuit comme des diamants fauves, Nobusuke réalisa qu'il serait seul à devoir tenir tête à ces impudents qui, l'air de rien, trompés par la supercherie de l'adolescent aux traits androgynes, bavaient déjà à l'idée de déchirer sa robe. L'associé du petit spectre noir, espiègle protagoniste empli de vilénie, attendait nonchalamment que l'histoire vire au rouge. Derrière l'écran de fumée qui s'élevait depuis l'extrémité de sa cigarette, il s'abritait du point de vue juridique : l'idée était la sienne, peut-être, mais la réalisation ne lui serait pas imputable. Saigo avait déjà trempé dans des affaires louches par le passé, lorsqu'il sévissait encore à Hi no kuni. Il y avait tout lieu de croire qu'avant de récidiver dans l'enceinte de Kumogakure, il voulait prendre la température de l'endroit.

Nobusuke eut un mouvement de recul en constatant que plus le temps passait, et plus l'inévitable semblait enclin à se produire. Ce malheureux retrait, l'air de rien, renforça l'assurance de ses persécuteurs qui, observant la crainte de la victime, accélérèrent derechef le pas, comme pour gagner du territoire. Le ninja baissa alors la tête, l'air abattu. Il laissa les monstres s'approcher sans opposer de résistance. L'un d'eux, jubilant de voir que la victime, prostrée, ne semblait pas vouloir se défendre, lâcha un rire gutturale avant de laisser s'échapper quelques paroles de circonstance.

--- Eh bien, ma jolie. Tu me sembles bien triste ! On peut t'apporter un peu de réconfort, si tu veux bien !

Le goujat chercha le rire de ses acolytes et ces derniers ne tardèrent pas à le lui adresser. Tous quatre, fieffés pervers, étaient convaincu d'être dans leur droit. Quelle plaisanterie.

--- Malheureusement, messieurs, j'ai un problème. De type sanguin, je précise.

Les quatre hommes échangèrent un bref regard. Croyait-elle, la pucelle, que cela les rebuterait ? Cela fait une paire d'années qu'ils avaient commencé à transgresser les règles de la séduction et, pour chaque vierge effarouchée qu'ils avaient pu déflorer, le sang n'avait certainement pas été un problème. Alors, une énième fois, ils sauraient se montrer pragmatiques.

--- Oh, mais si ce n'est que ça, ce n'est pas un problème ! Il en faut plus pour nous décourager, ma jolie !

Un silence s'installa. Ce moment semblait comme suspendu du monde, à l'écart de toute civilisation. Un face à face transcendant et détaché au sein duquel la victime ne pouvait que se sentir encore plus seule. Nobusuke eut une vague idée de ce qu'avaient pu ressentir les victimes.

--- Vous ne semblez pas comprendre.

Ils demeurèrent interloqués par cette soudaine répartie.

--- Comprendre quoi ?

Le gamin releva la tête et laissa s'échapper un large sourire, dont la langoureuse étendue avait un quelque chose de... carnassier.

--- Ce n'est pas de ce sang-là que je parle ! C'est du vôtre !

Ainsi, en l'espace de quelques secondes, la nuit calme et muette se transforma en scène de martyr. Des cris d'horreurs déchirèrent le silence aussi brutalement que des gerbes d'hémoglobines se répandirent à tout va dans ce cul de sac. Funeste et bestial, le carnage qui s'ensuivit ne montra aucune sorte de retenue : secoués par une épouvantable créature de la nuit, les quatre malfaiteurs comprirent trop tard que le glas venait de sonner pour eux.

Lorsque Nobusuke s'arrêta de trancher, il avait les mains pleines de sang et les cadavres de ses délateurs baignaient dans une marre de sang. On avait détaché le chien fou. Désormais, plus rien ne l'arrêterait.
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Sam 15 Déc 2018 - 13:51


L'homme vil qu'il était se régalait du spectacle mais possédait de réelles raisons derrière ses agissements douteux, presque lâches d'un point de vue extérieur. La première était qu'il voulait jauger la force de l'ado, autant physique que morale. Saigo avait rencontré un nombre écœurant de pseudo-tueurs, d'êtres aussi peureux que laids à n'agir que dans l'ombre et en nombre, à ôter la vie de leurs cibles sournoisement, silencieusement, uniquement lorsqu'il n'y avait aucun risque de dérapage, puis à se pavaner fièrement dans les rues comme étant les prochains prophètes des ténèbres. Saigo ne supportait ce genre de rigolos et cette petite expérience semblait propice à la découverte d'un nouvel allié, ou ennemi. Comment le gosse allait-il réagir face à l'imprévisible, une fois acculé et sans personne pour l'épauler ni le protéger? Une question qui intéressait l'ex-mafieux, l'aura du petit Nobu était effectivement différente des autres, très proche de la sienne même, dans son obscurité éclatante. Mais le noir possédait bien des nuances lorsque l'on s'y connaissait un peu...

A priori et d'après les bruits appétissants, les choses se passaient parfaitement bien et rentraient dans ses prédictions, quoi qu'elles en débordassent peut-être même. Saigo n'avait plus eu de vision sur la scène depuis le début des hostilités. Au même moment, il s'était laissé tomber en silence derrière les quatre mousquetaires déters pour se positionner au-devant de l'intersection, leur tournant ainsi le dos. Les ordres de la mission étant sa deuxième raison de laisser le gamin gérer solo au fond de la ruelle et s'amuser à sa place. Comme deviné et malgré le fait qu'ils se soient enfoncés profondément dans les rues adjacentes, quelques passants avaient été attirés par les bruits étranges. Saigo, tous signes ostentatoires de son appartenance à l'Armée dissimulés, reprit avec plaisir son vieux rôle de criminel histoire de tenir éloigné les quelques gueux trop curieux.

Dans une grimace surfaite de colère, le buste relevé, les bras et jambes écartés, la tête penchant légèrement sur le côté, il intimait à chaque passant de continuer leur route à grand renfort de gestes obscènes, de menaces et d'insultes. La rue perpendiculaire déjà peu fréquentée se retrouva complètement déserte en une poignée de minutes. Satisfait de son travail et n'entendant plus un bruit, il revint vers l'obscurité, vers Nobusuke, le silence de mort s'alliait parfaitement avec l'odeur de fer et de sang qui venait lui chatouiller les narines alors qu'il s'enfonçait plus profondément. C'est alors qu'il le vit, entre deux rayons d'une lune dissimulée par des nuages aussi sombres que le regard de son collègue. Gorgé d'un sang qui n'était le sien il se tenait "paisiblement" au-dessus d'un carnage digne d'une fresque satanique. La première image qui lui vint en tête fut celle d'un mixeur à cuisine, dont Nobusuke était la lame tournoyante et les cadavres les ingrédients broyés, déchirés, déchiquetés. À cette pensée Saigo éclata d'un rire joyeux et applaudit respectueusement.

- Merveilleux! T'y es vraiment pas allé de main morte mon salaud! J'aurais aimé voir ça!

Dit-il en se penchant pour saisir la main coupée d'un des malheureux poireaux et la secouer dans les airs en lui faisant coucou avec. C'était un vrai bordel, il y en avait partout, jusque sur les murs. Comment allaient-ils nettoyer tout ça? Au même moment une goutte lui tomba sur le nez et il se mit à pleuvoir, très légèrement d'abord, puis avec un peu plus d'assistance, la providence. Saigo loucha alors sur la bouche d'égout et les morceaux d'humains éparpillaient un peu partout.


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Dim 16 Déc 2018 - 9:58
Après avoir fait le guet, Saigo réapparût comme de rien, visiblement époustouflé par la performance du chien fou. Les deux Genins piétinaient dans une marre de sang après que les corps eussent été dépecée par la folie meurtrière du quidam qui, sans le comprendre, avait subi une poussée de pulsions morbides, vague reflet d'une peur viscérale de se voir humilié ou mis à mal. D'une certaine manière, on aurait pu mettre ça sur le compte de la légitime défense : mais au regard du carnage et de l'ardeur que le garçon avait mis à la tâche, cela n'avait plus rien d'une volonté de survivre. C'était un massacre sans nom, conscientisé et exagéré, une sorte d'exutoire de ses désirs les plus malveillants. Un quadruple homicide volontaire.

Pourtant, chose curieuse, le garçon responsable de cette violence demeurait formidablement docile. Figé dans l'horreur, il écouta attentivement les paroles du félon qui l'avait abandonné. C'était la première fois qu'il était félicité de cette manière, surtout pour un crime aussi grave. Pourtant, quelque chose contrariait le petit spectre noir. Il n'était pas encore foncièrement redescendu de son état de transe et, tandis que Saigo s'amusait avec les morceaux découpés des cadavres, l'envie lui vint de couper la tête du croque-mort. Tandis que la pluie tombait, il observait son compagnon avec un air trop gourmand pour que cela puisse sembler naturel et dénué de mauvaises intentions. Tel un chat regardant les trajets d'un gibier, à l'affût de la moindre faille, Nobusuke continua de contempler Saigo quelques secondes durant, avec une lourde insistance. Il ne bougea pas et finît par prendre la parole.

--- Nous devons effacer les preuves.

Fit-il en toute impunité, en laissant planer un silence qui, vague reflet d'une profonde réflexion sur la situation, était rempli de doutes. L'ambiance devint glauque, autant que ce moment suspendu et lent, au cours duquel il était impossible de savoir comment le chien fou allait réagir.

--- Puis-je vous considérer comme une preuve ?

Dans sa façon de parler, une aura malsaine se dégageait de lui. Qu'est-ce qui le retenait de dépecer Saigo, également ?
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Lun 17 Déc 2018 - 19:03


Saigo sifflotait en s'affairant à la tache, il venait d'ouvrir la bouche d'égout prenant bien soin de ne pas se "tâcher" en parlant de ça. Sa clope terminée, tout comme l'inspection du carnage et des bouts de corps éparpillés à tout-va, il se mit à les balancer un par un dans le trou d'évacuation. Les morceaux étaient suffisamment petits pour que l'ex-mafieux n'est à les recouper, puis avec la pluie et le torrent d'eau qui gagnaient en intensité sous leurs pieds, les chances de boucher les canalisations étaient proches de zéro.

Alors qu'il se saisissait d'un morceau de jambe et d'une tête, il se rendit compte que cette routine lui avait presque manqué, cette agréable soirée lui rappelait par beaucoup son ancien métier, chose qu'il n'aurait jamais cru possible et qui le rendait étrangement nostalgique. Puis il avait oublié ce sentiment, ce quelque chose de gratifiant qui vous prenait au cœur, d'apaisant dans le nettoyage, la satisfaction d'un travail bien fait également, même s'il n'avait quasiment rien branlé ce soir-là. Une pensée qui le fit se tourner vers son partenaire de crime, toujours immobile, il semblait observer avec gourmandise et insistance notre Saigo, ou bien s'agissait-il de la "viande" qu'il tenait entre les mains?

- Ah? t'as faim? C'est ton genre de délire petit coquin?

Pourquoi pas, qui était-il pour juger des gouts et des couleurs. Sans parler que dans son enfance, Saigo avait dû lui-même passer par des moments et pratiques aussi extrêmes. L'ex-mafieux n'y avait cependant jamais pris aucun plaisir, mais il en connaissait bon nombre à avoir sombré dans ce vice. Du coup il se promit d'en garder un bout de côté pour Nobu avant de se remettre au boulot. Il avançait vite, avec une rapidité et un professionnalisme qui démontraient d'une vie passée à effacer les preuves, mais il s'arrêta soudain, la ruelle à moitié nettoyée. Le gamin se foutait-il de sa gueule?

- Et qu’est-ce que tu crois que je suis en train de foutre?

Il venait de parler tout en se relevant pour faire face au petit qu'il trouvait subitement bien ingrat. Que lui arrivait-il? Puis il comprit, au même moment ou Nobusuke déblatérait sa deuxième sentence pleine de mauvais sens bienvenus. Le gamin avait du courage, il était complètement fou a lié mais Saigo ne pouvait s'empêcher de saluer cette bravoure des bas-fonds. Il éclata de rire, une mélodie puissante et sincère avec une note moqueuse, bordel que cette soirée lui faisait du bien!

Il jeta d'un geste rapide, presque impatient, sa veste noire sur un conteneur rouillé et se tint les bras grands ouverts à quelques mètres devant lui. Ainsi positionné, torse nu, Saigo affichait fièrement ses cicatrices et ce désir malsain, partagé, complètement inutile, de faire gicler un peu plus d'hémoglobines en cette nuit déjà délicieusement fructueuse.

- Essaie donc mon grand!

Il n'y avait aucune peur en lui, aucun regret, aucune hésitation, seul un plaisir sadique presque sexuel d'avoir enfin trouvé une proie qui le comprenait. Une créature rare, magnifique, qui était prête à se sacrifier pour atteindre cette osmose interdite et autrement inaccessible...


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Lun 17 Déc 2018 - 20:48
Le plus musclé des deux kumojins ne tarda pas à comprendre où désirait en venir le Satetsu. Il répondît au défi tacite par la positive, en enlevant simplement sa veste, symbole d'une volonté de se battre à nu. Soit. Le petit spectre noir devait également apprendre à essuyer des coups et faire la démonstration de son mordant, autant que celle de son tranchant. Il imita son antagoniste. Qui aurait pu croire que cet allié de providence, cet homme paradoxalement lâche et admirable, ce Saigo de malheur splendide comme un lion, serait tantôt le compatriote propice, tantôt l'ennemi imprévu ? De fait, le récent meurtrier avait découvert lors de cette mission celui qui, de tous ceux qu'il avait pu côtoyer, était à la fois le plus proche et le plus lointain de lui. C'était un autre genre de psychopathe, d'une autre dimension, d'une autre allure. Si l'enfant noir était pourvu d'une immoralité inexpugnable, le gangster imprévisible était doué d'un toupet sans égal. Chacun, à sa manière, était plus terrifiant que l'autre.

Ils ne tardèrent pas à se heurter dans une violence inouïe. Le petit Nobusuke fit parler toute sa rage, rossant le diable autant que possible, accusant les phalanges de Saigo contre ses pommettes, ses arcades et sa mâchoire. Bientôt, à force de frapper et d'être frappé en retour, il se sentît faillir, et pourtant, il ne cessa d'envoyer ses deux poings dans l'espoir d'écraser ce félon détrousseur de cadavres. Le visage tuméfié, au bout d'une bonne vingtaine de coups qu'ils s'étaient tous deux échangés, il commença à être acculé : de par sa carrure et son expérience, Saigo prenait l'ascendant. Ses mains plus lourdes enchaînaient le quidam sans trêve. Aussi, mesurant le danger, Nobusuke finît par le saisir, et par lui mordre le bras. Les deux hommes, torses nus, étaient prêt à tout et, ne souffrant d'aucunes barrières d'empathie, ils continuèrent de se torturer pendant de longues minutes.

Bientôt, le plus jeune des deux combattants se retrouva étendu sur le sol, après une énième droite qui le fit flancher. Harassé par un effort qui ne lui était pas fondamentalement familier, la tête remplie de boursouflures, il resta là, profondément libéré de toutes ses pulsions. Cela lui faisait un bien fou. En essuyant une telle rouste, il était parvenu à exorciser tout ce qu'il y avait de mauvais en lui : ses désirs irrépressibles de violence, de sang et de souffrance. Ne pouvant bouger, il fit descendre ses iris fauves, peu visibles sous ses paupières gonflées et bleuies, pour les poser sur Saigo, ce pénible frère de névrose. En le fixant, il prononça des mots à peine audibles, s'évadant d'un timbre fébrile.

--- Je crois... que j'ai eu mon compte... Reste à...

Il toussa et une gerbe de sang jaillît de sa gorge, glissant sur la commissure de ses lèvres.

--- ... trouver une excuse pour explique tout ça.

Il ne pouvait rien faire de plus. Il laissa à Saigo le soin de poursuivre. Cette mission était terminée pour lui.


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Mer 19 Déc 2018 - 13:15
Le combat était une thérapie, la violence un médicament. A chaque cout qu'il envoyait ou recevait, Saigo était par intermittence le psychologue et le client. Il savait que Nobusuke ressentait la même chose, cependant pour quiconque extérieur à la scène, ce spectacle était d'une sauvagerie aussi bestiale qu'inhumaine dans son excès. Personne ne pouvait comprendre, même eux peinaient à appréhender cette synergie destructrice qui semblait accroitre à chaque torgnole. Cet échange d'émotions, pour l'un refoulées depuis trop longtemps, pour l'autre emmagasinées quotidiennement était tout autant une danse mortelle qu'une discussion de l'âme.

L'ex-mafieux riait comme un dément, fracassant poings, coudes et genoux sans discrimination contre le corps sec et frêle de l'adolescent. Lui-même recevait de belles attaques, sa bouche avait le gout du sang et ses côtes semblaient étrangement douloureuses, sans parler de ses jambes flageolantes qui ne tiendraient plus très longtemps. Saigo savait devoir activer la cadence s'il voulait réussir à mettre à terre cette teigne aussi dur que du cuir de baleine carnivore de Kiri. Coup de pied latéral, crochet du gauche, uppercut, un enchainement simple mais tellement efficace, qu'il réitéra à l'opposé, balançant dans le lot quelques variantes, tant un coude à l'arcade, qu'un jab rapide et déstabilisateur. Le bourreau qu'il était ne comprenait pas comment son collègue tenait encore debout, mais il ne pouvait qu'en être exalté et honoré. Une lueur de respect et de joie meurtrière apparut dans ses yeux alors que le gamin le mordait jusqu'au sang. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de se défouler autant, de laisser libre cours à cette hargne génétique, inutile et gratuite. Saigo n'aurait jamais pensé trouver quelqu'un qui l'accepterait, cette colère, cette haine, et ce avec tant de panache et d'envie.

Ils perdirent toute notion du temps et continuèrent à se tabasser, encore et encore, en un ballet magnifique de rage, en une offrande quasi-religieuse, en un spectacle à dame la mort. jusqu'à ce qu'un des coups de Saigo ne fit plus que fendre l'air. L'adolescent avait subitement disparu et ce fut en reprenant difficilement ses esprits de cette rage aveuglante qu'il le vit, à quelques mètres de là, allongé sur le dos, entrain de baigner dans un mélange appétissant de pluie, de boue, de merde et de sang.

- Ah putain que ça fait du bien! Merci petite merde!

Saigo n'était clairement pas du genre à remercier quelqu'un et il venait à sa manière d'offrir au gamin toute l'étendue de la sympathie que son esprit tordu possédé. Le souffle court, les épaules lourdes, il savait cependant n'avoir besoin de rajouter quoi que ce soit. Leurs poings avaient parlé, leur cœur avait crié, partageant une connexion que mille mots ne suffiraient à expliquer. Alors que Nobu se la coulait douce et sombrait doucement dans son propre royaume de licornes démoniaques, Saigo se remettait à siffloter un air fort nostalgique de sa terre natale et à nettoyer la ruelle d'un entrain nouveau.


Ne laissant aucune trace du carnage qui venait de se dérouler en plein coeur de Kumo et portant Nobusuke sur une de ses épaules, il quittait enfin cette ruelle devenue chère à son coeur, un sourire paisible aux lèvres.

Rapport de mission a écrit:

Mission accomplie. Tous les objectifs ont été respectés, le gang ne sévira plus jamais. Nous les avons convaincus de quitter le pays dans les plus brefs délais. Notre conclusion étant que les prisons de Kaminari n'avaient aucunement le besoin de s'engorger un peu plus d'êtres aussi pathétiques et ridicules. Zéro effusion de sang, zéro violence, mis à part un petit entrainement joyeux entre le Private Nobusuke et moi même. Rien d'autre à signaler.

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