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[05. Kiri] Pensées et décision


Mer 12 Juil 2017 - 23:42
Le combat du Grand Dojo est terminé, et Raonaka Ao, Conseiller du Daimyô, rentre dans ses quartiers à Kiri, attendant le rapport médical de la vieille Benten...

Voici les règles et indications à suivre :
  • Lorsque c'est à votre tour de poster, vous disposez de 36h pour répondre ;

  • Une seule fois durant tout l'événement vous pourrez demander un seul et unique délai de 12h ;

  • En cas de non-respect des délais, vous serez exclu de l'événement ;

  • Respectez les règles présentes dans notre Système de combat.

Règle(s) spéciale(s) pour ce groupe :
  • Aucune.

Merci de respecter l'ordre de post suivant :
Raonaka Ao
O'Dui S. Benten
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Mer 12 Juil 2017 - 23:44
Lorsqu’il marcha du Grand Dojo jusqu’à ses quartiers, Raonaka Ao se satisfaisait d’avoir au moins réussi à cacher son agacement envers Gattsu. Peut-être était-ce quelque-chose de courant dans la Seigneurie, de ne pas tolérer l’irrespect, mais c’était encore plus présent chez le Conseiller personnel du Daimyô. Pourtant, il avait été missionné pour faire part de la volonté de ce dernier, et avait annoncé que c’était quelqu’un de fort et d’utile pour le village qui devrait être élu. Le combat avait dévoilé de forts potentiels, mais si jamais c’était ce Gattsu qui était élu, Kirigakure no Satô ne douterait-il pas de l’intégrité de cette nomination ? Certains ne se demanderaient pas comment un Conseiller pourrait avoir voté pour quelqu’un qui lui avait parlé ainsi ?

Il y avait bien une chose que le Conseiller voulait éviter : c’était que sa décision ne fasse une forte polémique, et qu’on puisse aller jusqu’à remettre sa décision en cause. Mais pourtant, Gattsu était sans doute le plus fort d’entre eux. Mais il n’était certainement pas le plus utile pour le village, mais fallait chercher l'utilité publique ?

Fuji Asura était sans doute le plus équilibré de tous. Certes, il y avait des choses qui n’avaient pas trop plu à celui qui s’était fait arbitre de son combat, comme par exemple le fait qu’il ait à répondre aux invectives d’un de ses adversaires. Il semblait bon partout, mais pour reprendre une pensée qu’il avait déjà eue auparavant, un Mizukage ne devait-il pas avoir un domaine où il frôlerait l’excellence ? Mais au final, c’était surtout au niveau du leadership que les doutes du Conseiller à son encontre prenaient réellement forme.

Ah, si seulement il n’avait reçu aucune blessure et démontré un peu plus de choses : le doute ne se serait pas installé chez Ao même si pour d’autres raisons, il savait pourquoi il l’élirait ou non.

Kaguya Idaina avait légèrement séduit le Conseiller – même si ce critère ne la ferait jamais élire – et elle avait un potentiel certain. C’était sans doute elle qui représentait le mieux l’esprit Kirijin et Mizujin. Mais si personne n’avait remporté ce combat, il était impensable qu’il nomme la seule qui avait réellement perdu.

Mais il ne doutait pas qu’avec de l’entraînement, elle deviendrait l’un des plus grands atouts du village…

Hattori Yasuhito était celui qui l’avait le plus dérangé. Non pas dans un mauvais sens, mais plutôt dans ce qu’il avait démontré durant le combat. Le Conseiller espérait un ninja fort, et il devrait nommer un utilisateur du Genjutsu, créant ainsi une contradiction entre physique et illusionnisme ? Pourtant les résultats étaient là, Yasuhito était fort, à sa manière. Et s’il fallait réellement désigner un vainqueur, on pouvait considérer que c’était lui, car il avait mis hors d’état de combattre la Grande Kaguya. Mais sa fourberie dérangeait, et le fait qu’il ait été touché aussi.

Mais de tous, Yasuhito semblait avoir la mentalité la plus proche de celle d’un dirigeant. Mais être Mizukage n’est pas seulement affaire de politique.

Il soupira une fois rentré dans ses quartiers. Etait-ce toujours les deux Kirijins, Arukisa et… Suiatsu, qui étaient chargés de la surveillance ? Dans tous les cas, il n’avait pas besoin de sortir cette nuit. Non, il n’attendait plus que le rapport médical et donc la venue de Benten la Seringue. Et si Ao avait déjà pris sa décision, nul doute qu’il verrait une utilité à la partager avec l’une des kunoïchi les plus âgées du pays.
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Jeu 13 Juil 2017 - 0:43
Ao n'avait pas quitté les lieux que Benten, agacée d'accomplir une tâche qu'on ne lui avait jamais dévolue depuis l'obtention de son premier grade universitaire, jeta un œil balayeur et hâtif sur les plaies les plus visibles des quatre shinobis alignés. Sa mémoire était telle que les informations accumulées d'un corps à l'autre n'étaient pas simultanément jetées sur du parchemin, sous forme de notes, mais inscrites dans sa tête. La vieillesse n'étiolait ni son intelligence, ni sa puissance de sauvegarder les données pourtant éparses qu'un organisme blessé renferme. Et ainsi acheva-t-elle son office, soulevant un bras, tâtant une gorge, survolant de la pulpe du doigt une plaie vive.

Un ninja médecin n'était pas qu'un érudit des plantes, de la matière humaine et des soins ; il était, surtout, un professionnel de l'urgence, au sens où ses diagnostics ne pouvaient qu'être brefs mais précis. À peine l’œil saisissait-il une donnée qu'aussitôt le médecin devait en tirer un bilan définitif sur l'état du sujet et la solution médicale à lui apporter.

Il n'y avait donc aucun mystère à ce que la plus vieille de la profession (qui avait d'ailleurs participé à l'élaboration du métier) se présentât au conseiller dans le quart d'heure qui suivit son ordre. Elle ignora les deux jeunes Kirijins postés à l'entrée des Quartiers résidentiels, par un désintérêt habituel qu'elle vouait aux humains âgés de plus de 8 ans.

Vint Ao. Toujours le même physique de statue animée par quelque jutsu interdit. Qu'il y eut dans le pays un personnage aussi influent mais incontrôlable, sans faille psychologique ou intime, pas même une affaire de mœurs ou une dette d'argent à résoudre, inspirait à la Seringue le sentiment si rarement éprouvé par elle de l'angoisse. Pas l'angoisse du garçonnet dans le noir, qui ignore quelle figure monstrueuse l'observe – mais l'angoisse de l'incertitude, l'angoisse d'une main qui ne trouve aucune prise à un objet, et doit renoncer à le saisir. En un mot : ce que Benten ne dominait pas devenait objet de crainte. C'est la saveur de ce sentiment (et surtout le souhait de vite s'en soustraire) qui lui fit aller au vif du sujet sans sacrifier aux politesses usuelles ; son pied se posa au-delà du seuil que sa bouche était déjà ouverte :

-De 1 à 5, le niveau de gravité maximale n'est atteint par personne. Même la petite Kaguya n'a subi que des séquelles légères. Quant aux autres : une épaule entaillée sur 8 cm mais peu profonde, une hanche engourdie sans symptômes singuliers […] Bref. À l'écoute de mon compte-rendu, ils semblent plutôt sortis d'une nuit d'ivresse que d'une lutte pour le pouvoir. Aucun n'a de pied dans la morgue.

Elle avait insisté sur le dernier mot, parce que l'envoyé spécial du Daimyô savait, lui aussi (quoique tout ce qui se disait sur Benten n'était jamais passé de l'état de rumeur à l'état de vérité) : qu'elle avait été l'une des dirigeantes de l'ombre des bandits sous leur règne ; qu'elle s'était faite une réputation de soigneuse redoutable à force de renvoyer au front des adversaires que les Yuki pensaient avoir vaincu la veille ; et que si elle avait finalement trahi les siens et rejoint Kiri, ce n'était que pour mieux achever le projet morbide qui devait abolir sa laideur.
Elle développa donc son propos, soucieuse de signifier à Ao que même à 85 ans, on peut avoir un projet d'avenir étalé sur la décennie suivante :

-J'aimerais être la seule de notre petite assemblée à avoir un pied dans la morgue. J'aimerais même y avoir les deux, si vous voyez ce que je veux dire ? Mais les Kaguya occupent tous les services de l'Hôpital depuis que nous en avons rédigé les statuts. Il n'y a pas un placard à plantes où ils n'aient un œil ouvert. Et cette situation met de grandes intelligences, dont la mienne, au service d'intérêts privés et claniques. Je ne sache pas que notre maître (car je suis sa servante autant que vous) ait permis l'apparition de Kiri pour que des bandits à bandeaux remplacent ceux qu'ils avaient pour mission de détruire ?

Il faudrait révéler ici l'ancienneté de leurs discussions privées pour que chaque intonation, chaque mot-clef qui faisait saillie dans leurs discours, chaque allusion fussent accessibles à un lecteur nouveau ou à un observateur dissimulé dans une pièce voisine.

Car les deux personnages s'étaient échangés leurs avis sur l'identité du Shodai depuis longtemps. Depuis que le Daimyo avait transmis à Ao ses critères de sélection. Depuis, enfin, que le conseiller était apparu à travers les échafaudages de Kiri. Il avait été reçu – coutume et politesse obligent – par tous les anciens du village. Dont Benten.

-Vous savez ce que je veux.

Elle ne l'avait d'abord pas apprécié à leur première rencontre (pour toutes les raisons susdites) – et quoiqu'elle avait sans cesse essayé de lui trouver une faille pour l'asservir plutôt que de répondre à ses interrogations, elle avait fini par lui dévoiler ses projets les plus secrets. Pour quelle raison ? Nul ne le saura : avait-il usé de menaces ou de rouleaux scellés dont lui seul avait eu connaissance ? ou l'avait-il seulement convaincu de lui ouvrir son cœur après avoir fait connaître l'importance de sa venue ? Toujours était-il que la vieillarde jugea bon de tout dire : JE SUIS LAIDE – JE N'EN PEUX PLUS DE MOI – JE VEUX QUE CES PUTAINS DE MANIEURS D'OS NE DIRIGENT PLUS L'HÔPITAL – J'AI BESOIN DE LA MORGUE, DONNEZ-MOI LA MORGUE, LA MORGUE – OU LA MORT ! Et elle s'était jetée au sol dans un épanchement de larmes dont les ruisselets, en les imprégnant, firent glisser ses bandelettes et découvrirent au regard du conseiller quelques zones du visage brûlé, décharné et vieilli de la Dame des Brumes.

Vous ne saurez jamais ce qu'ils s'étaient dit après cela. Vous saurez seulement que, quelques jours plus tard, les deux mêmes silhouettes qui devaient décider du destin de Kiri étaient à nouveau unies, achevant de réaliser le pacte qu'ils avaient noué dans les larmes de Benten.

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Ven 14 Juil 2017 - 0:37
A peine entra-t-elle que la Mamie Seringue commença à étaler le bilan médical des quatre combattants. Des blessures superficielles, une sortie de nuit d’ivresse plutôt qu’une vraie bataille : des mots qui rappelèrent s’il y en avait besoin le déroulement quelque peu surprenant de cette lutte de pouvoirs. Et c’était bien l’un des problèmes majeurs qui avaient entraîné un changement de choix pour le Conseiller.

Mais s’il aurait pu croire – ou espérer – que Benten eut décidé de donner quelque conseil ou avis concernant la nomination dont il était question, elle s’attarda seulement sur ses intérêts plus… personnels. La morgue, encore et encore. Dès leur première et seule précédente rencontre, Ao avait déjà remarqué que le médecin cherchait quelque-chose de précis, et le fait de ne pas disposer de la section « morgue » de l’hôpital allait à l’encontre de cet objectif.

« Cela fait quelques temps maintenant que je sais ce que vous voulez. Et je sais également qu’avoir la mainmise sur la morgue découle d’un intérêt bien personnel,sans doute loin des normes de la médecine. Aussi je serai prêt à faire en sorte de vous obtenir ce que vous convoitez, sous deux conditions. »

L’homme se décida enfin à s’asseoir. Debout depuis longtemps maintenant, il venait tout juste de remarquer son besoin de souffler. Et c’est ce qu’il fit, avant de reprendre son intérêt pour Benten, ainsi que le fil de la conversation qu’il avait avec cette dernière.

« La première, c’est que jamais vos activités à la morgue ne devront directement aller à l’encontre des intérêts de Kiri. Travaillez sur autant de techniques effroyables que vous le voulez, tripatouillez autant de cadavres que vous le désirez, mais que cela n’entache pas la réputation du village ni son organisation. »

Il esquissa soudainement un sourire.

« La seconde, c’est que vous deveniez Shodaime Mizukage. »

Ao prit une pause, pour laisser à Benten le loisir de digérer l’information, ou plutôt la demande directe qu’il lui avait posée. Lorsqu’il jugea que c’était bon, il se justifia. Après tout, il savait qu’il devait le faire, car il bousculait quelque peu les évènements.

« Personne ne m’a convaincu, et pas seulement parce que leur lutte n’était pas aussi flamboyante que prévu. Je n’attends pas des gradés Kirijins qu’ils hésitent à s’affronter entre eux pour progresser, ni qu’ils se manquent de respect. Et pourtant, c’est de cela dont il a été question ce soir. Finalement, et c’est ce que je craignais, Kiri a besoin d’un dirigeant fort non pas dans sa force brute mais dans sa capacité à se faire respecter, et à faire évoluer la mentalité et la capacité de ses hommes. Vous avez ce potentiel en vous. »

Sans l’avoir explicitement entendu, Ao savait que si Dame Seringue avait voulu jouer un rôle dans la nomination du Shodaime, ce n’était pas spécialement pour le devenir mais pour avoir assez d’influence afin de disposer de la morgue. En devenant elle-même la dirigeante du village, elle pourra disposer de ce qu’elle veut. Mais de plus, sa nomination possédait de réels avantages pour le village qui masqueraient ses inconvénients, en plus de paraître logique ou au moins compréhensible aux yeux des autres gradés. Et c’était tout ce dont le Conseiller avait besoin.

« Kiri est déjà un village fort, avec des shinobis robustes. Guidez-les de par votre expérience, pansez leurs blessures lorsqu’il le faudra, faites les efforts politiques nécessaires, et je vous promets deux choses : l’appui en termes de fonds et de supports pour que vos activités à la morgue restent secrètes ; ainsi que la possibilité, si vous le souhaitez, de nommer un Nidaime dans les mois à venir. »

En cela, les conditions semblaient bonnes pour les deux partis. Mais en bon homme politique qu’il était, Raonaka Ao en rajouta une couche.

« Pour l’instant, le plus important est qu’il y ait une tête d’expérience pour Kiri. Pour le reste, vous ferez comme bon vous semble, que ça aille vers une gouvernance sur le long terme ou une recherche rapide d’un successeur. »

Bien entendu, il y avait des interrogations qui pouvaient naître chez Benten. Par exemple, si elle pouvait comprendre ou croire que l’arrogance de Gattsu avait été éliminatoire, tout comme le manque de force de la Kaguya l’avait été ; pourquoi n’avait-il pas nommé les deux autres qui semblaient pourtant être bien bâtis pour le rôle ? Des interrogations finalement secondaires… car c’était bel et bien le Shodaime Mizukage qui avait été nommé à l’instant : O’Dui S. Benten.

Spoiler:
 
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Ven 14 Juil 2017 - 18:41
Shodaime.
Le mot avait rebondi dans sa tête comme la formule d'un genjutsu. Rien pourtant ne trahissait dans sa silhouette l'effet d'une émotion intense. Elle demeurait roide, presque rocheuse, inexplicablement indifférente à la deuxième exigence du conseiller. La première était une évidence : ne pas nuire au village, ne pas le souiller du sang des innocents qu'elle dont elle aurait à ouvrir le ventre et à fouiller les tripes, en grattant comme un chien en quête d'un os. Sa tension artérielle avait d'ailleurs légèrement haussé à l'écoute de la première réponse favorable d'Ao : la morgue était l'étape décisive et nécessaire à la poursuite de son nindô macabre. Et elle l'obtenait. Enfin.

Mais un mot, par la suite, avait rebondi dans sa tête comme la formule d'un genjutsu : Shodaime. Sa tension s'était figée comme brisée dans l'élan qui la hissait vers l'extase du plan accompli. Benten, d'instinct, avait deviné aussitôt qu'elle devenait l'objet d'une stratégie plus vaste, qu'elle n'était plus le sujet de sa petite intrigue biographique, mais en était arrachée pour apparaître sur la scène du monde. Et la question, plus que le mot de Shodaime, vibra dans sa tête dans une sorte d'alarme : « Que veut-il ? » Depuis que Kiri devait se donner une Ombre, Benten avait pris soin d'avoir une place dans la périphérie de l'Histoire, là où elle s'observe discrètement mais ne s'écrit pas. Elle avait ainsi eu un premier échange avec Ao quelques jours plus tôt. Puis elle avait accompli ses travaux ordinaires de renseignement et mobilisé ses propres sources pour avoir quelque donnée sur les motifs d'Ao – sans succès. Et elle avait fini par obtenir un siège à l'étage du Dôjo, à une place qui l'émulait, parce qu'elle était spectatrice du destin de la Brume, et l'effrayait, parce qu'elle était ici à la demande d'un personnage insaisissable, qui semblait l'inclure dans ses plans.

Être incluse dans les plans d'un autre, c'était, pour Benten, comme sentir se refermer sur soi les serres d'un aigle plus intelligent. La sensation lui était insupportable ; elle avait pourtant accepté chacune des requêtes du conseiller : son invitation à assister à la lutte, sa demande d'un avis puis un compte-rendu médical.

Et voilà qu'il lui offrait le titre suprême du premier village militaire au monde. Ainsi Benten était-elle moins tourmentée par la violence émotive de l'offre que par l'angoisse de ne pas percevoir le jeu d'Ao et du Daimyô des Brumes. Y avait-il dans l'Archipel quelqu'un de plus dangereux qu'elle ? Un meilleur tisseur d'intrigues que celle qui avait su dominer les bandits et survivre à la grande répression ? Paradoxe amusant : au moment précis où Benten devenait l'un des premiers personnages du monde, elle sentit se dissoudre en elle la certitude d'être invincible.

Le titre qu'on lui donnait, et Ao le confirma très vite, semblait être une laisse plus qu'un sceptre.

La voix d'Ao vrombissait en échos successifs et n'était intelligible que par mots-clefs. Tandis qu'elle éprouvait la sensation d'être vulnérable pour l'une des rares fois de sa vie, Benten dressait une oreille aux conditions du conseiller. Élever ses hommes, les aguerrir, maintenir la force de Kiri, mettre ses talents médicaux au service de ses troupes – et elle obtenait le secret sur ses recherches privées, un droit de regard sur la nomination de son successeur, le soutien financier et logistique du Daimyô. Le chef serait donc couronné dans les gradins et non dans l'arène. Pour une raison que Benten ignorait. Pour une raison qui l'angoissait et lui occupait l'esprit plus que tout.

Si elle-même n'avait pas un plan, elle aurait refusé la proposition d'Ao par instinct de survie.
Mais elle aussi avait un plan.

-Les rapports de force qui structurent Kiri ne me permettront pas d'imposer ma ligne sans un soutien plus large du Daimyô. Son argent et son aval ne suffiront pas à soumettre les Kaguya et les Yuki à une vieille inconnue sans soutien. Ils interpréteront ma sélection comme la mise en place d'une marionnette ou l'ascension dangereuse et illégitime d'une sorcière. À la moindre décision que je prendrai, j'aurai face à moi des puissances anciennement établies, solides et réputées dans l'opinion du village. Vous me menez à ma perte sous la promesse d'un prestige éphémère. J'ignore votre intention réelle – et je m'en moque ; mais si votre intention peut réaliser la mienne, pourquoi ne pas s'aider l'un l'autre ? Sa voix, aussitôt, se raidit et vibra sévèrement dans l'air. Vous avez des conditions ? J'ai les miennes. Nos intérêts peuvent se nouer, mais pas au prix de ma vie. Je ne tiens pas à disparaître dans une révolution de palais. J'EXIGE que le Daimyô installe au cœur, autour, partout dans le village ! des troupes. J'EXIGE que ses meilleurs hommes soient désormais ma garde personnelle. J'EXIGE qu'il me soutienne militairement. ET J'EXIGE qu'au moindre pic d'os, au moindre éclat de givre, au moindre sabre dirigé contre moi, J'EXIGE qu'il déchaîne les troupes mises à ma disposition, J'EXIGE qu'il sacrifie ses jouets ninjas, J'EXIGE qu'il noie tout Kiri dans le sang s'il le faut !
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[05. Kiri] Pensées et décision

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