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L'abus est père de danger [RAIZEN]

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Jeu 13 Déc 2018 - 13:09
Il était tard, beaucoup trop tard. Une heure à laquelle les innocents et saint d'esprits dormaient déjà profondément, rêvant une énième fois de choses qu'ils n'auront ni n'accompliront jamais. Saigo n'était pas vraiment de ce genre, bien plus du style à perdre son temps et déambuler dans les rues à la recherche d'activités fort peu recommandées. L'ex-mafieux marchait plutôt droit étant donnée l'heure tardive et les quantités d'alcool qu'il avait ingurgité, il se redressa même un peu plus, fier de cette capacité pourtant futile à combattre et encaisser l'alcool. Il s'agissait donc d'un combat, entre lui, cette substance et la lune. Qui de Saigo ou des ténèbres se coucherait en premier pour laisser place à un soleil aussi bienvenu qu'un sommeil réparateur? Une chose était certaine, le jeune homme ne comptait pas perdre.

Ce fut avec cette motivation inébranlable qu'il pénétra dans un des derniers bars encore ouvert, à la bordure extérieure du village de Kumo, loin du centre et de ses quelques activités mondaines ennuyantes. L'action avant un grand A se déroulait toujours dans les endroits les plus reculés comme celui-ci. La saleté se protégeait en se terrant dans les recoins, en s'éloignant de la lumière et des endroits peuplés. Saigo n'était pas un shinobi de Kumo depuis bien longtemps et c'était ainsi qu'il passait la plupart de ses nuits depuis son enrôlement, à errer et découvrir l'envers de cette ville aux premiers abords de perfection; mais aux relents familiers de pourriture, comme dans toutes les grandes villes semblait-il. À croire que son pays natal, avec toute sa crasse et décadence lui manquait, qui l'aurait cru? Surement pas lui...

Le jeune homme fut agréablement surpris par ce qu'il découvrit en poussant les portes de cette bâtisse. Une fumée âcre lui prit immédiatement le nez, rapidement suivi par cette odeur rance bienvenue, ce mélange typique de transpiration, de vomi séché et d'alcool renversé, tout comme à la maison! Un grand sourire vint élargir, adoucir son faciès anguleux et ses yeux se mirent à bruler d'une lueur nouvelle, ressuscitée, la vraie soirée pouvait enfin commencer. Il s'effondra au bar écrasant son poing sur la table et s'esclaffa aisément au dessus du brouhaha:

- Salut les gueux! Qui me paye un verre? J'ai plus un rond!

Etait-ce une provocation? Affirmatif.
Etait-ce la manière dont devrait se comporter un genin de Kumo? Absolument pas.
Un calme de mort venait de s'abattre sur la scène...



@Meikyû Raizen
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Dim 16 Déc 2018 - 2:36

Raizen n’était pas du tout le plus grand nostalgique. Au contraire, il était plutôt du genre à se concentrer sur le futur. Or, rien ne l’empêchait de faire un point sur un moment du passé en allant dans un lieu symbolique. Ainsi, le tout expliquait sa présence dans ce fameux bar, lieu dans lequel il avait rencontré le précédent Raikage. Maintenant Jonin, il se souvenait avoir un jour proposé au Metaru de l’affronter trois mois plus tard par simple plaisir, mais aussi pour avoir la chance de mettre la main sur ce livre en avant-première.

Avec un peu plus de recul, il voyait la réalité d’une manière totalement différente. Les décisions du passé n’étaient que de pâles souvenirs qui étiraient un sourire sur ses lèvres. Observant les alentours, il faisait aussi son devoir, s’assurant que l’ambiance dans le bar demeurait intéressante et pacifique. Or, comme dans tout lieu de beuverie, il y avait toujours une personne en particulier qui décidait d’entrer et d’y établir sa loi. Ce genre de personne était typiquement connu comme étant les fléaux des soirées. Ayant généralement peu d’empathie face à la plaie qu’ils pouvaient représenter pour les autres, ils fuyaient bien souvent une réalité qu’ils étalaient sans aucune pression pour écraser le bien-être commun.

-Dans ce genre de cas, tu as toujours la possibilité d’aller de l’autre côté du comptoir et faire la vaisselle pour obtenir suffisamment d’argent pour te payer un verre.

Se tournant en le regardant de manière sincère, Raizen ne dégageait aucune crainte et hostilité. Au contraire, il était excessivement serein, ce qui pouvait très bien déstabiliser les gens ne le connaissant pas. L’être humain réagissait de trois manières différentes : il fuyait, luttait ou encaissait. Dans le cas suivant, Raizen était en parfaite confrontation et il ne ressentait littéralement aucune gêne à ce sujet.

-Avec un peu de chance, si tu sais utiliser le suiton, tu pourras l’utiliser pour faire la vaisselle plus rapidement ou pour avoir de quoi boire.

Voici comment il fallait joindre l’utile à l’agréable.

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Dim 16 Déc 2018 - 17:07
Un mec gaillard tatoué venait d'ouvrir sa gueule brisant le silence de plomb, il transpirait la confiance en soi et la condescendance. Saigo le détesta au premier regard, au premier mot qui sorti de sa bouche, il le détestait même largement avant de l'avoir rencontré, c'était une certitude. Du coup il l'ignora d'abord, ce genre de gars au complexe de supériorité considérait le silence comme le meilleur des mépris, autant le provoquer selon ses règles et s'amuser un peu. Il se saisit au même moment de la pinte d'un des ivrognes à moitié mort et la bue d'une traite, un geste magnifique, rapide et net, pas une goutte ne fut gâchée. Cependant le verre qu'il tenait dans les mains se fracassa contre l'accoudoir alors qu'il tentait de le reposer, de nombreux éclats fusèrent dangereusement dans la pièce. L'un vint se figer dans sa paume qui se mit doucement à pisser le sang, il n'y fit pas plus attention, la douleur était bienvenue, dégrisant quelque peu ses pensées. Était-ce un acte délibéré ou une mauvaise manip d'un gars qui ne voyait ni ne pensait plus très clair? Chacun avait sa propre interprétation, mais son sourire machiavélique ne laissait aucun doute... il se retourna alors vers le robuste énergumène, parvenant à afficher une moue contrite mais dont les yeux pétillant de malice venaient gâcher un peu plus cette tentative d'excuse déjà miteuse.

- Je crois bien qu'il ne restera pas grand-chose de la vaisselle si je passe derrière, mon beau... Mais par contre...

Il se jeta par-dessus le bar d'un mouvement félin, inattendu. Bien qu'engorgé de produits illicites jusqu'au cou, son corps n'était que rarement sujet aux contre-coups de l'alcool, seul son esprit délirait, se détériorant exponentiellement au nombre de litres qu'il ingurgitait. Écartant les bras tel un artiste finissant son numéro il éclata de rire, le jet de sang qui s'échappait de sa main vint peinturlurer les pauvres clients dans un arc de cercle artistique. Quelques cris et insultes retentirent, l'ambiance semblait électrique, au bord de l'explosion, une colère presque palpable dirigée vers notre protagoniste englobait la scène. Ni une ni deux, un petit coup d'épaule dans le barman, Saigo se saisit de la caisse qu'il envoya valser dans les airs, billets et pièces s'éparpillèrent dans la salle en ce tourbillon de bonheur tangible appelé argent.

- Ce soir c'est moi qui régale bande de bâtards!

Ce fut la débandade de morue et la brandade de rue. Les coups se mirent à pleuvoir aussi dru et surement que la pluie de tunes s'abattait sur les malheureux, lesquels se démenaient corps et âme pour récupérer une part du gâteau, ou plutôt, de sa recette. La scène était pitoyable et l'instigateur, notre bon et valeureux Saigo, s'en réjouissait, mais ce qui l'intéressait vraiment n'était nul autre que la réaction du rigolo tatoué.
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Mer 19 Déc 2018 - 3:51

Se levant lentement de manière tout à fait décontractée, il laissa aisément paraître son brassard qui le liait à la police du village.

-Que cherches-tu à fuir exactement ? Oh et ne pense pas que j’ai oublié ce que tu viens de faire. Pour moi, ça ne vaut pas la peine de préciser que tu vas finir par ramasser tout ce qui a été lancé et tout nettoyer.

Fusillant les gens dans la pièce du regard, aucun d’entre eux n’osa s’accaparer d’un quelconque billet. Bien qu’il n’aimait pas se servir de sa réputation, il savait qu’il était dans une trinité parfaite de respect : il était policier, Héro de Kaze, mais aussi le récent champion du tournoi ayant eu lieu à Kaze. Sa réputation n’était plus à faire et il n’était pas nouveau dans ce bar. Au contraire, c’était bien un des seuls endroits où il pouvait dire être plus ou moins connu à Kumo.

-Si tu veux, on peut en discuter autour d’un verre ou à l’extérieur, ça ne fera qu’accélérer ce qui risque de se produire.

Étant assez tranchant dans ses propos, mais très calme. Il tentait du mieux qu’il le pouvait de jauger la personne à qui il avait affaire. C’était une manière pour lui de déterminer quel type de comportement il devait adopter pour mieux le cadrer et atteindre son objectif final qui était inconnu. Après tout, n’importe quel policier aurait déjà tenté de l’arrêter ce qui n’était pas forcément son cas actuellement.

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Ven 21 Déc 2018 - 18:34
Un rabat-joie, un tue fête, le type aux allures de badboy n’était autre qu’un membre de la police du village. La manière dont la clientèle venait de descendre d’un écran, de passer de chiens enragés à petits chiots apeurés démontrait de la réputation et de l’importance du policier. Une petite voie dans la tête de l’ex-mafieux lui murmurait de se calmer, il n’était plus à Yugure, il n’était plus un criminel, il commençait une nouvelle vie à Kumo, il ferait mieux de prendre ses cliques et ses claques et de s’en arrêter là pour la nuit, au risque de passer pour un lâche. Mais les habitudes avaient la vie bien trop dure et les paroles du gaillard autoritaire firent mouches, en plein centre d’une fierté par trop bancale. Son sourire s’était agrandi mais son humeur joviale avait évolué vers une teinte beaucoup plus sombre, aussi surement que l’atmosphère du bar venait de perdre quelques degrés.

Le trouble fête se saisit d’une bouteille de rhum en fin de vie sur le bar, il fit couler le liquide de feu le long de sa gorge assoiffée. Le calme de mort qui régnait à présent déteignait avec la tempête qui avait bien failli exploser. Un seul homme était responsable de ce changement, le regard d’une seule personne avait été suffisant pour calmer cet attroupement de fanfarons en colère. Saigo savait devoir se méfier de l'énergumène mais son excitation prenait largement le dessus sur la raison, il n’était même pas certain que sobre notre Saigo aurait évité l’affrontement. Il venait de tomber sur un poisson trop gros pour lâcher prise et en tant que pécheur/pêcheur, il ne comptait surement pas abandonner avant de le tirer hors de l’eau, ou de casser la ligne en essayant. Même si le fil risquait bien d’être sa propre vie en cet instant.

- Allons-y alors !

Il était impossible pour le jeune homme de rejeter une telle invitation, un défi ni plus ni moins et cet étranger connu de tous semblait l’avoir bien compris. Les yeux luisant autant d’impatience qu’imbibés d’alcool, il se dirigeait vers la sortie d’une démarche lourde mais aucunement empotée. Saigo n’avait pas répondu à sa première pique, les démons qui le pourchassaient étaient invisibles mais beaucoup trop réels et il n’avait aucunement envie d’en discuter. La seule chose qui l’intéressait pour le moment était d’écraser ses phalanges contre un punching bag digne de ce nom, et si le sac en question rendait les coups, l’ex-mafieux ne pouvant qu’en être encore plus heureux.

Alors qu’il attendait le tatoué à l’extérieur, un petit groupe de spectateurs commençait à s'agglutiner malgré l’heure tardive, les nouvelles circulaient vite entre les quelques bars encore ouverts. La populace nocturne étant attirée par ce genre d’évènements insolites aussi surement que des mouches à merde sur une flaque de bière.
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Sam 22 Déc 2018 - 20:07

Surpris de voir à quelle vitesse le trouble fait avait décidé d’obtempérant, le Meikyû en faisant indirectement l’analyse qu’il cherchait possiblement un défouloir ou une échappatoire. L’attention était aussi quelque chose qui semblait lui manquer bien qu’il en avait pour son argent. En effet, tout le monde s’était amassé à l’extérieur, observant la scène avec attention.

Soupirant, Raizen savait pertinemment qu’il allait devoir être très politique dans sa manière d’aborder les choses. Bien qu’il ne se souciait aucunement de sa réputation, dans le cas suivant, il devait malheureusement représenter la police. Portant fièrement l’emblème de cette institution autour de son bras gauche, la moindre de ses actions risquait d’être associée à l’autorité.

-J’imagine que tu n’as pas envie de te faire humilier publiquement, mais je vais quand même le faire puisque c’est mon devoir.

S’étirant légèrement malgré tout comme s’il était préparé à une autre éventualité, il poursuivit :

-Alors, si tu le veux bien, tu peux prendre le temps de nous expliquer ce qui t’a motivé à faire autant de merde et surtout t’expliquer à la population.

Marquant une pause alors qu’il le fixait, les chances pour qu’il opte pour cette option étaient excessivement faibles, voire même nulles.

-Sinon, tu peux aussi essayer de régler ça par les poings, mais dans les deux cas, tu vas mal finir.

Affichant cette fois-ci un sourire assez vicieux, l’aura de Raizen se transforma d’un seul coup, laissant place à un individu beaucoup plus mesquin et observateur. Si son adversaire n’était pas aveugle, il verrait aussitôt qu’il n’était pas un policier commun. Au contraire, il pensait chacune des paroles qu’il avait prononcées et était vraiment prêt à le mettre hors d’état de nuire.

-Mais bon, tu peux aussi t'excuser et t'éviter une double humiliation.

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Mar 25 Déc 2018 - 17:48
Saigo écoutait le type parler sans y trouver pourtant le moindre intérêt, incapable de se concentrer sur ce flot de paroles aussi rapide qu'interminable. Il tentait plus qu'autre chose de se concentrer pour garder une vision claire et ne pas se mettre à tanguer. Il lui fallait un peu plus d'alcool, sons corps essayer de se sevrer et ce n'était absolument pas le moment. D'un geste rapide il arracha une bouteille des mains d'un des soulards venu apprécier le spectacle. Le regard noir de Saigo dissuada le gueux d'en faire toute une histoire. Alors qu'il buvait au goulot à s'en noyer l'estomac, il sentit un léger changement dans l'atmosphère. Le policier avait fini de parler et paressait plus que jamais prêt à répondre aux attentes du jeune homme, tandis que les spectateurs impatients de voir couler le sang hurlaient des encouragements des plus douteux, entre menaces et insultes. Une haine dirigée directement et uniquement contre lui se rendit-il compte.

Il haussa les épaules et éclata d'un rire sincère devant ce constat et retira sa veste noire qu'il balança contre un panneau d'affichage, il n'était pas question qu'il mette de sang dessus. Il écarta les bras, jetant la bouteille vide dans la foule et respira un grand coup, remplissant ses poumons et nourrissant son cerveau embrumé d'une bouffée d'oxygène bienvenue. Saigo se sentait mieux, beaucoup mieux alors que la brise nocturne venait rafraichir son corps bouillant et chatouiller ses vieilles cicatrices.

L'ex-mafieux croisait enfin le regard de son adversaire de fortune et sentit quelque chose qu'il avait presque oublié. Cette excitation morbide, cette certitude de se savoir dans la merde, il ne s'agissait aucunement de peur, le jeune homme avait trop souvent frôlé la mort pour n'avoir appris à l'aimer comme il se doit. Pourquoi réagissait-il ainsi? Il repensa à l'une des rares phrases du type qui était miraculeusement parvenue à percer la barrière mentale que formaient les effets néfastes de l'alcool.

S'il fallait donner une réponse, cela serait qu'il avait besoin de ça, que c'était la seule manière pour lui de se sentir vivant, en évoluant en marge de la société, en se sentant haï et en donnant aux autres la chance de le faire, d'agir contre lui en conséquence. Saigo s'accrochait à cette violence, à ce besoin de tout foutre en l'air comme un moustique se brûlait sur la flamme d'une bougie. Il n'était plus chez lui, il n'avait plus à se battre et cette paix permanente le rendait fou, presque anxieux. Le jeune homme torturé n'avait plus aucun moyen de relâcher cette pression chaotique, cette folie sordide qui l'habitait depuis sa plus tendre enfance. Alors que les démons de son passé n'étaient que plus bruyants dans ce calme et ordre sociétal, Saigo, par instinct de survie, n'avait d'autres choix que de chercher à retrouver la présence de la Mort, cette mère égoïste, ne serait-ce que pour l'effleurer de la main.

Le visage aussi sombre que rayonnant d'une rage primitive, il bondit sur son adversaire.

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Mar 25 Déc 2018 - 18:24


Soupirant, il voyait son adversaire charger vers lui, sans avoir aucune once de logique dans sa manière de l’approcher. Il pouvait le voir et le sentir, ce n’était qu’une personne en quête d’un moyen de rager ou plutôt de s’acharner. Vu la manière dont il se comportait, il n’était aucunement en mesure de pouvoir faire quoi que ce soit afin de s’aider lui-même. Au contraire, il était bloqué dans une boucle continue dans laquelle il était forcé de boire, combattre et provoqué pour vivre quoi que ce soit.

Or, Raizen ne comptait pas lui donner ce plaisir. S’il aurait été pertinent qu’il s’impose dès le départ en arrêtant le combat le plus tôt possible ou qu’il le laisse tout simplement se faire plaisir en le frappant, le Meikyû préférait utiliser la situation à son avantage pour faire littéralement ce dont il voulait. De ce fait, il concentra du chakra fuuton à ses pieds, l’utilisant ainsi pour se propulser alors que son adversaire chargeait vers lui. Utilisant ce dynamisme pour bondir par-dessus lui et par le fait même poser son pied sur sa tête, il se retrouva en sens opposé du cercle, ayant esquivé la charge mal placée de son adversaire.

-Écoute, je ne suis pas venu pour faire un combat de rue, ce qui semble être visiblement ce que tu cherches. Malheureusement, je pense qu’il vaudrait t’en prendre à toi-même et affronter tes vrais problèmes au lieu de t’en prendre aveuglément aux gens.

Ne se souciant aucunement du lynchage émotionnel qu’il lui renvoyait en plein visage, le jonin osa même sourire sur le moment, signe pertinent qu’il se foutait ouvertement de blesser. Au contraire, il voulait lui faire prendre conscience que personne n’avait à lui servir de défouloir, non, personne.

-Ensuite, si tu veux m’utiliser comme défouloir, amuse-toi. Par contre, il faudra le mériter, ce qui n’est pas tout à fait bien parti.

Sourire provocant et parole crue, il ne conservait aucun moyen pour calmer son adversaire. Au contraire, il s’attendait plutôt à ce qu’il s’énerve pour le surprendre au moment où il s’en attendrait le moins.


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Mer 26 Déc 2018 - 17:35
Le type venait de disparaitre de son champ de vision et Saigo sentit une soudaine pression sur le haut du crâne qui ne manqua pas de le déstabiliser dans sa charge. Il glissa sur quelques mètres et se rattrapa in extremis en s'appuyant sur deux trois zigotos qui étaient en train de se fendre la poire devant le cirque. Deux, trois baffes plus tard il revint au centre du cercle, faisant une nouvelle fois face à son adversaire du soir, une belle trouvaille pensait-il en hochant de la tête. Manquait plus qu'à faire en sorte de le titiller suffisamment pour que le policier devienne sérieux.

Le bonhomme tatoué semblait étrangement à la fois réticent et enclins à participer à son jeu. Ses yeux et son sourire laissaient apercevoir une personnalité de bagarreur, de petit amoureux de la violence, mais son attitude sous entendait que monsieur avait des valeurs et un certain standing. À croire que son statut et son pouvoir lui étaient montés à la tête. Il s'agissait d'un gueux important à Kumo, sinon il n'y aurait pas eu tant de spectateurs, et d'après la confiance en soi et l'estime qu'il avait de lui-même, Saigo aurait été prêt à parier que le gaillard était probablement l'un des types les plus puissants du village. Savoir cela ne découragea pas l'ex-mafieux mais au contraire le rendit un peu plus impatient de voir de quoi il était capable, comme un gamin s'apprêtant à ouvrir, déchirer, son cadeau de Noël. Il voulait du sérieux? Il voulait voir un Saigo au sommet de son art bancal? Alors soit!

Sans attendre une seconde de plus il repassait à l'attaque, il se promit de lui donner une petite démonstration de ses capacités, ignorant totalement le gouffre qui les séparait, non pas qu'il aurait agit différemment s'il l'avait su. Il chargeait à nouveau, cette fois ci beaucoup plus rapidement, une attaque frontal quasi identique à la première mais qui cachait quelque chose. Saigo était un pro du corps à corps, il ne se laisserait pas avoir une seconde fois par son petit tour.

Du chakra raiton dans son poing gauche destiné à engourdir l'adversaire, il s'apprêtait à feinter cette attaque du haut du corps pour faucher les genoux de son adversaire d'un coup de pied circulaire à la puissance décuplée, la véritable attaque, sournoise et inattendue. L'enchainement était simple mais dévastateur, un crochet du gauche suivit d'un middle kick droit dans la foulée, usant de la rotation du haut du corps pour enchaîner rapidement les deux dans un mouvement parfaitement exécuté.



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Jeu 27 Déc 2018 - 5:40

L’art de la provocation était quelque chose d’assez naturel chez le Meikyû. Aimant naturellement jouer avec les gens, les tester pour voir de quelle manière ils réagissaient une fois poussés dans leurs retranchements, il n’eut aucun mal à faire ce qu’il venait de faire, poussant ainsi son adversaire à faire des actes prématurés. Comme un livre dont il connaissait déjà toutes les pages du chapitre, il aperçut son adversaire foncer vers lui ce qui n’était pas surprenant. Après un tel geste, il y avait généralement deux possibilités : soit l’adversaire y allait d’une puissante frappe à distance ou il chargeait à l’aide d’une puissante frappe au corps à corps. Ce genre de réactions étaient inscrites dans le guide du nouveau combattant énervé qui n’aimait pas se faire remettre à sa place. Le choix entre les deux dépendait plutôt du style de combat dans lequel l’adversaire était confiant ce qui lui donnait ainsi des renseignements sur son style de combat.

De ce fait, l’adversaire utilisa une charge qu’il avait anticipée. Or, le fait d’être en position de visualiser en avance les attaques de l’adversaire le mettait en bonne posture pour réagir. Activant ainsi son sceau de guerre, il attendit que son adversaire arrive à son niveau avant d’opter pour une brève esquive. Dommage, il était beaucoup plus rapide que lui et la situation le mettait en parfaite position pour anticiper le premier geste de l’adversaire. Autrement, ça se serait bien passé. Du moins, c’est ce qu’il pensait, car malgré tout, l’adversaire suivit sa combinaison d’un naturel déconcertant, à l’aide de sa jambe pour venir la fauchée. Dès lors, il fut trop tard pour Raizen qui par vitesse avait esquivé la totalité de la première attaque. Il fut, au contraire forcé d’encaisser le choc qui fut plus lourd que prévu. Par chance, en esquivant la première attaque, il s’était baissé au cas où celle-ci était plus étendue, lui permettant d’utiliser une seconde technique en position compacte pour venir étouffer une bonne partie du kick.

Malgré tout, il devait avouer que le coup de pied était excessivement lourd, plus que ne l’aurait prévu. Cet enchainement aussi était intéressant, comme quoi il avait beau être prévisible, mais il était tout de même imprévisible. Son style de combat lui faisait même penser au sien à ses débuts.

-Pas mal du tout comme combinaison. Par contre, tu es encore trop lent et prévisible. Si tu veux, on peut rejeter ça sur la faute de l’alcool.

Dit-il alors que le coup de pied l’avait balayé à une distance raisonnable pour réengager les hostilités. Malgré tout, le Meikyû ne faisait rien, se contentant de discuter en attendant le prochain assaut de l’adversaire. Il allait le frustrer plus qu’il ne l’avait jamais été par le passé.

-Ah et je tiens aussi à mentionner que tu as volontairement attaquer un agent de la paix, ce qui est inadmissible. Les conséquences seront d'autant plus sévère, mais ça tu le savais déjà. Par contre, clément comme je suis, puisque tu m'as à peine touché, je peux presque dire que le coup était impulsif et influencé par l'alcool si jamais tu décides de rebrousser chemin maintenant.

Évidemment, il ne s'attendait pas de cela de son adversaire. Or, c'était de son devoir de lui proposer une alternative.

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Jeu 27 Déc 2018 - 17:42
L'assaut de Saigo se sombrait par un échec mais les cris et beuglements de joie bestiale qui retentirent alors que Raiken reculait sur plusieurs mètres ne purent que l'encourager à continuer son petit numéro. C'était la première fois depuis son enrôlement qu'il affrontait un shinobi, à vrai dire, il s'agissait très probablement de son tout premier duel, si l'on pouvait appeler cela ainsi. Son état d'ébriété n'était plus à remettre en doute, la petite pique du policier en était clairement la preuve. Saigo était galvanisé, par l'alcool, par ce gaillard autoritaire et par la foule en délire. un trio dévastateur, tant de facteurs qui lui permirent d'ignorer la proposition pourtant censée de son adversaire de cesser les hostilités avant qu'il ne soit trop tard.

La populace de gueux criait encore plus fort, de vrais encouragements cette fois-ci, certains semblaient même prendre le parti du mauvais petit canard. De l'argent passait entre les mains, quelques têtes opportunistes s'occupaient de prendre les paris et très vite un petit business se mit en place. La foule voulait voir du sang couler et la seule autorité présente semblait encline à répondre à cette attente. Saigo éclata d'un rire joyeux et leva une nouvelle fois les bras en englobant la foule dans son geste.

- On ne peut pas s'arrêter là, il faut leur donner ce qu'ils méritent! Puis aussi bourré que je suis, je me souviens t'avoir entendu dire qu'il fallait que je paie pour ce que j'avais fait non? Et bah voilà!

La peuplade voulait de l'action, un spectacle digne de ce nom, l'ex-mafieux allait leur en donner et avec un plaisir sadique. Sa nature agressive et provocatrice était à présent incontrôlable et l'agent de la paix, sans le savoir, participer par sa présence et son charisme à l'ébullition de ce climax. Saigo était une bête alpha, un loup solitaire et sans meute qui foulait le territoire d'une créature qui essayait de l'intimider, de le calmer et de contrôler. Il était impensable pour le jeune homme de mettre sa fierté, son ego, de côté. Sans parler de la joie qu'il tirait de cette soirée imprévue mais tellement recherchée et par trop provoquée.

Il se saisit d'une petite fiole d'alcool vide qui venait de rouler à ses pieds, tombée des mains d'un ivrogne en pleine crise de tétanie. Un sourire carnassier aux lèvres, il concentra son chakra dans l'objet, puis dans son bras. Ses muscles contractés à leur paroxysme, il envoya dans un lancé surpuissant la bouteille vers le policier, qui, rendue flou par la vitesse, perça l'air et la distance dans un bruit particulièrement désagréable et inquiétant. Si Raiken évitait, le missile de fortune ferait des ravages dans les rangs d'abrutis derrière lui. Comment allait-il réagir? L'inconscience de Saigo devenait dangereuse.


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Jeu 27 Déc 2018 - 18:11

La situation commençait à perdre en contrôle. Or, Raizen ne pouvait dire ne pas aimer ça. En théorie, il aurait rapidement terminé le combat s’il n’y avait pas autant de gens. Pourtant, il devait se retenir, sachant que se laisser aller risquait de briser une bonne partie de la zone dans laquelle il était. Malgré tout, vu les paris et l’animation de la foule, il devait trouver un moyen de calmer le tout et de se faire respecter. Autrement, ce combat allait probablement se retourner contre lui.

C’était l’heure de fermer les livres et de calmer cette agitation de la foule. Après tout, il n’avait pas été éduqué chez les bisounours...

-Il y a des moyens différents de payer pour un geste.

Voyant le projectile venir vers lui à une vitesse assez élevée, Raizen termina ses mudras qui avaient pour but de le protéger, mais aussi de repousser tous les gens autour de lui. Malheureusement, il ne pouvait ni encaisser cette attaque, ni l’esquiver sachant que quelqu’un d’autre en recevrait les frais. Puis, contre toute attente, la fiole fut désintégré, mais perça tout de même une partie de la défense du Meikyû qui fut forcé d’utiliser de nouveau son bras en position compacte pour limiter les dégâts.

Au même moment, tous furent repoussés sur les côtés par l’impressionnante bourrasque de vent tandis qu’il essuyait les débris qu’il avait essuyés sur son corps.

-Et payer n’implique pas forcément de la douleur physique, il y a bien des douleurs plus fragiles, comme ton orgueil par exemple

Effectuant quelques mudras, il fit apparaître 3 clones de sa propre personne qu’il envoya simplement vers l’adversaire pour tenter de l’appréhender. Il avait besoin du nombre pour pouvoir mieux réagir, mais surtout et avant tout pour dénaturer le centre d’attention de son opposant.

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Dim 30 Déc 2018 - 7:35

La bourrasque le propulsa également sur quelques mètres alors qu’il observait, de ses yeux plissés par les rafales, son attaque se faire rapidement désintégrer. Les quelques débris qui parvinrent jusqu’au policier ne furent pas assez puissant pour percer ses défenses impressionnantes. Dans un juron Saigo revint au centre d’un cercle fraichement nettoyé et beaucoup plus grand, les spectateurs prenaient à présent leur distance mais ne comptaient pas abandonner les lieux pour si peu. L’ex-mafieux quant à lui était du même avis que la populace, le show était bien trop beau pour s’arrêter aussi vite et il ne s’avouait pas encore vaincu. Bien que sa respiration était cependant devenue roque et que son rythme cardiaque avait significativement augmenté. A tel point que Saigo sentait dans ses oreilles les battements sourds de son cœur, tentant sans relâche de pomper du sang pour ses muscles, aussi rapidement que son organisme ralenti par l’alcool pouvait lui permettre.

Ce rapide constat lui fit comprendre qu’il ne tiendrait plus très longtemps et il ne manqua pas d’afficher une grimace de dégout envers sa propre faiblesse. Ses réserves de Chakra étaient élevées pour un shinobi de son niveau mais son triste état physique ne manquerait pas de l’handicapé et de lui en bloquer tout accès lorsqu’il en aurait vraiment besoin. S’étant dissipé quelques instants il revint au moment présent et fut surpris de voir plusieurs silhouettes identiques s’approcher de lui, le regard sombre, ce fourbe de policier venait de profiter de ses quelques moments d’inattentions pour contre-attaquer. Au nombre de trois, oui parce que Saigo s’était concentré pour les compter, elles l’entouraient, lui coupant tout repli et semblaient bien décidées à lui faire mordre la poussière. Voir la tronche du gaillard tatoué en triple ne manqua pas de provoquer un sursaut de colère supplémentaire chez Saigo, qui avait déjà du mal à gérer un seul visage aussi hautain et condescendant. Vla qu’il devenait s’en taper trois de plus avec le même air de supériorité.

Du coup, une idée des plus excessives se révéla à lui dans un éclair de génie ingénu ou plutôt de folie furieuse. Très fortement inspirée d’une bête sauvage, qui acculée, tenterait le tout pour le tout. C’était un peu la situation dans laquelle Saigo se trouvait, son adversaire était beaucoup plus puissant que lui et il n’avait aucune échappatoire. L’ex-mafieux n’était pas du genre à fuir ses responsabilités ou à se débiner à la moindre opportunité, il irait jusqu’au bout de cette soirée, ou qu’elle puisse le mener. Puis il s’amusait tellement que l’issue du combat lui importait peu, tout comme les crimes et dommages collatéraux qu’il avait probablement déjà commis et s’apprêtait à commettre.

Il s’accroupit rapidement et se releva dans un même mouvement circulaire, jetant une nouvelle fois des petits cadeaux dans les airs de ses deux mains, en direction des clones de plus en plus proche et du policier en retrait. La première partie du plan était d’aveugler, perturber la vision de son adversaire, le genre de truc bien relou que de progresser dans un nuage de poussière. Puis il laissa libre cours à sa rage, une discipline qu’il maitrisait à merveille même complètement éclaté. Il envoya l’intégralité de la force et du chakra qu’il lui restait dans deux attaques simultanées, deux coups de poings dévastateurs, identiques et à quelques fractions de seconde d’intervalle. Non pas dirigée vers quelqu’un mais vers le sol, vers la terre à ses pieds. L’impacte serait terrible, le terrain se lèverait et se fractureraient, le but étant de créer un séisme sur plusieurs mètres dont l’épicentre était Saigo.

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Dernière édition par Saigo le Dim 30 Déc 2018 - 16:56, édité 1 fois
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Dim 30 Déc 2018 - 16:29


Envoyant ses clones à la charge, le Meikyû était curieux de voir comment son opposant allait réagir tandis que celui-ci semblait visiblement faire usage d’une supercherie pour se défaire de ses clones. Dès lors, il fit son chemin et entama un coup de poing visant le sol. Connaissant ce mouvement pour avoir une technique de niveau supérieur faisant la même chose que ce qu’il essayait de reproduire, le Meikyû eut un léger sourire avant d’opter pour une esquive mélanger à un bond.

Concentrant ainsi son énergie Fuuton dans un simple saut pour pouvoir esquiver le choc lié à ce tremblement de terre, Raizen s’assura d’atterrir derrière son adversaire afin de le prendre par surprise. Dès lors, il entama une clé de bras assez simple alors qu’il venait de poser un sceau sur lui visant à le restreindre au niveau du bras.

-Si tu bouges, je ne te promets rien. Il y a 3 gaillards qui me ressemblent qui disent n’avoir aucune gêne à te donner un violent coup de jus si jamais tu te débats.

Souriant tandis qu’il s’attendait à une réaction assez violente de son adversaire, il espérait intérieurement qu’il se calme puisque la suite n’allait pas être plaisante s’il jouait les durs...

-Sinon, ce n’était pas mal comme technique. Même si j’ai déjà vu mieux, il va par contre falloir que tu t’excuses à la population pour ce tremblement de terre.

Son style de combat ressemblait beaucoup au sien. Or, il n’était pas là pour lui dire comment utiliser sa force. Avant tout, il devait apprendre à maîtriser sa personnalité.

-C’est quand tu veux pour les excuses.

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Jeu 3 Jan 2019 - 18:12
Un premier haut le cœur suite à sa propre attaque, son tremblement de terre avait fait autant de dégâts aux alentours qu’à son propre corps dû à ses jambes flageolantes sous l’effet de l’alcool. Incapable de résister avec sa tête qui tournait et cette terre qui tanguait, Saigo s’effondra sur le sol le temps que les secousses cessent. Alors qu’il ne se relevait qu’à peine, il sentit une soudaine pression sur son bras, incapable de le déloger de derrière son dos. Que lui arrivait-il ? Se l’était-il coincé dans sa chute ?

La voix grave et pleine d’assurance qui parla beaucoup trop prêt derrière lui ainsi qu’une nouvelle pression sur son poignet suffit à lui faire comprendre la cause de sa soudaine immobilité. Ce maudit policier venait de lui jouer un petit tour des moins agréables. Alors que sa Némésis du soir continuait à parler, Saigo le regard flou et les pensées tout aussi embrumées, cherchait un moyen de se tirer de cette situation plutôt critique. Les clones étaient toujours là, prêts à lui rosir le système nerveux tout aussi surement que leur original dans son dos. Il tenta de se débattre un peu, mais la prise du type était beaucoup trop forte, aussi imperturbable que le ton de la voix de son propriétaire.

Un second haut le cœur, Saigo était épuisé, son souffle était roque et ses jambes tremblaient encore dangereusement du choc de sa dernière attaque, à cela venait s’ajouter son incapacité à réfléchir de manière structurée. Il était impossible pour lui penser à quoi que ce soit qui puisse l’aider, mais il ne voulait pas abandonner, beaucoup trop têtu et abruti par toutes ces substances ingurgitées. Les petites menaces ne l’aidèrent pas à se calmer, au contraire, même s’il ne les comprenait que trop bien, bourré comme il l’était, il ne mettrait jamais sa fierté de côté pour admettre sa défaite et s’excuser. Il était déjà difficile en tant normal pour lui et son esprit compétitif, narcissique, de faire face à ses propres faiblesses. Dans la situation actuelle, le faire était impensable.

Son chakra était proche de l’épuisement et sa lucidité au bord du gouffre. Il se força à se calmer, à relâcher ses muscles et à prendre quelques longues respirations pour une ultime tentative. Sans que cela soit voulu, ce calme soudain pouvait surement induire en erreur le policier, qui pourrait penser que le criminel s’avouait enfin vaincu. Saigo ne comptait cependant aucunement là-dessus, cette supercherie ne lui était même pas venu à l’esprit. Il s’agissait au contraire de la dernière action d’une bête acculée, folle et blessée, qui lutterait jusqu’au bout. Il utilisa ses dernières ressources, ses dernières réserves de chakra et d’énergie pour tenter de s’esquiver de l’entrave dans un sursaut de puissance inespérée, improbable.

Troisième haut le coeur. Avait-il réussi ? Il ne le saurait jamais, au même moment, plusieurs éclairs de douleurs le foudroyèrent, infimes, presque invisibles, il sentit l’intégralité de son corps se tétaniser. À cette soudaine douleur s’ajoutait son état de faiblesse drastique et sa tentative de fuite qui venait de lui supprimer ses dernières forces. Il sombrait alors dans l’inconscience tout en expulsant de ses entrailles les excès du soir, dans un puissant geyser de sang et de liquide gastrique.

La fête était finie…

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Sam 5 Jan 2019 - 4:06


Se débattre était un comportement normal pour un causeur de trouble se faisant attraper, surtout quand l’usage d’alcool était impliqué. Réduisant drastiquement leur inhibition et leur doute pour exécuter certaines actions contrevenant à la loi, ceux-ci étaient les plus dangereux, ce qui impliquait forcément qu’il devait prendre des précautions particulières. C’est justement ce qu’il fit en impliquant tous ses clones, exécutant plus d’un seul sceau en plus de l’immobiliser physiquement.

Calmant la foule, la suite avait été brève. Il avait ramené l’homme en question dans une salle au poste. Le mettre dans une cellule ? Ça ne faisait pas partie de ses plans. Au contraire, il l’amena plutôt dans une salle d’interrogatoire dans laquelle il était menotté. Ayant perdu conscience due à l’usage de l’alcool, le Meikyû attendait que celui-ci se réveille pour lui poser des questions. En attendant, il analysait lentement un dossier contenant des informations sur l’homme. Bien souvent, les gens oubliaient à quel point la police pouvait avoir plusieurs informations, notamment sur leur identité. Le plus difficile était toujours d’utiliser un point d’identification, fait qui ne fut pas du tout difficile grâce aux pièces d’identité que celui-ci portait. Chaque détail comptait et les indices d’identifications étaient toujours les bienvenues. Lorsqu’il y avait récidive, les chances de trouver n’étaient qu’amplifiées.

-J’espère qu’à aucun moment tu as cru que tu pourrais avoir le luxe de me dormir au visage... J’ai d’autres chats à fouetter...

Fixant avec intensité le personnage avant de le réveiller en faisant beaucoup de bruit, Raizen se devait d’aller au travers de cette entrevue sans y perdre son temps.

-Alors Saigo, qu’est qui t’a fait mal tourner ?

C’était une question brève et simple, mais qui allait ouvrir la discussion sur bien des choses. Après tout, l’homme était en salle d’interrogatoire au lieu d’être en cellule en plus de ne pas être attaché. Or, il était peu suggéré de tenter quoi que ce soit pour surprendre le Meikyû. Après tout, il avait plus d’un tour dans son sac.

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Sam 5 Jan 2019 - 22:01
Toujours le même rêve, Saigo était dans une prairie à feu et à sang, il courait nu ou plutôt bondissait tel un lièvre satanique, un sourire aux lèvres de boucher découpant son jarret de jambon. Chacun de ses pas écrasait impitoyablement multitudes d'escargots et souris vertes, dans un bruit écœurant, presque maladif pour quiconque en témoignerait, mais qui semblait exciter notre jeune homme comme jaja. L'ex-mafieux lui se réjouissait de ces craquelures et de cette bave ensanglantée qui venait l'éclabousser amoureusement à chacun de ses bonds majestueux. Des licornes enflammées à la peau craquelée, vérolée, de laquelle s'échappaient des torrents de pus, couraient autour de Saigo en un cortège honorifique, en un sacrifice dévoué à la grandeur de cet homme. Peut-être que ce soir parviendrait-il à atteindre la deuxième étape de cette aventure féeriquement dégueulasse.

Mais une étrange cacophonie semblait le tirer sans aucune pitié de sa torpeur, de son rêve bien aimé. On appelait son nom, au loin, très loin. La voix familière, peu amène, qui résonnait dans sa tête fit disparaitre toutes ses petites créatures fantastiques pour ne laisser que néant. Saigo ouvrit finalement les yeux, l'un après l'autre, dans un râle de douleur et d'agonie. Il ne put s'empêcher de lâcher un rot qui perdura plusieurs secondes duquel s'ensuivit une grimace de dégout.

- Putain ça chlingue!

Que lui était-il arrivé pour que son haleine pue autant? La question était simple et Saigo s'apprêtait à éclater de rire sous les quelques effets encore persistants de l'alcool quand il remarqua enfin l'endroit ou il se trouvait, ses yeux s'habituant doucement à la forte luminosité de la pièce. Son humeur changea subitement et son regard s'assombrit avec perplexité.
Qu'est-ce qu'il foutait là? Cette deuxième question était beaucoup plus complexe. Le trouble fête tenta tant bien que mal de se souvenir de sa soirée mais sa mémoire était aussi vide et sombre qu'un trou de cul ayant lâché la sauce. Il se concentra alors sur la question de son geôlier aux allures de badboy dont tant la voix que le faciès étaient par trop familiers.

Ne manquant pas de sentir la paire de menotte qui lui entravait les poignets, des souvenirs lui revinrent par bribes mais la plupart de la soirée restait dangereusement floue, sans parler de ce mal de crâne qui lui intimait d'y aller mollo. Un énième bar dans une ruelle reculée, deux-trois blagues, une confrontation, rien de bien méchant ni d'extra-ordinaire pour une période de beuverie. Saigo lorgna alors son interlocuteur, cherchant à comprendre l'ampleur de la merde dans laquelle il s'était lamentablement vautré.

- Déjà t'es qui mon beau salop et comment tu connais mon nom?

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Dim 6 Jan 2019 - 6:26

Ignorant totalement le comportement de Saigo, le Meikyû trouvait cela désolant que quelqu’un s’amuse à lui faire perdre du temps de la sorte sans avoir une seule once de gêne. Si on veut, c’était une représentation pertinente de ce qu’il catégorisait comme étant un manque de prise de conscience. Or, il n’était pas son père, ni sa mère non plus. De ce fait, il ne comptait en aucun cas s’attarder à un cas de figure qui ne semblait pas vraiment s’attarder à la moindre chose outre son propre petit nombril.

Ne pas réaliser la position dans laquelle il était était une chose, mais manifester beaucoup d’arrogance en tentant d’imposer ses propres questions en interrogatoire en était une autre.

-Puisque je n’ai pas juste ça à faire et que tu n’as pas répondu à ma question, laisse-moi te rafraichir la mémoire avec ta sentence.

Soupirant longuement avant de déposer une feuille sur la table, il espérait que celui-ci saurait lire.

-Pour avoir dérangé la paix dans un bar, fait un saccage, s’être accaparé de biens sans payer, avoir provoqué un agent de la paix, l’avoir attaqué, troublé la santé publique, mais surtout pour avoir été insoucieux, tu seras et resteras en garde à vue pendant deux jours, le temps que tu réfléchisses. Si jamais ce n'est pas encore clair, je suis Raizen Meikyû, membre de la police de Kumo et aussi celui que tu as attaqué.

Il devait se compter chanceux. Ce genre de comportement aurait pu lui valoir une sentence de plusieurs semaines, voire même de quelques mois. Or, Raizen s’était arrangé pour qu’il ait une sentence sur mesure qui saurait le rendre plus consciencieux.

-En temps normal, vu la lourdeur du dossier, tu aurais du écoper de plus, mais en contrepartie, tu auras l’honneur et le privilège de faire du bénévolat pour les 2 prochains mois dans le bar que tu as saccagé.

Souriant légèrement, le Meikyû ne lui donnait pas vraiment le choix, se contentant de se charger de ce genre de cas avec vitesse et précision. Après tout, il avait d’autres choses à faire et celui-ci lui avait déjà fait perdre assez de temps.

-À ta sortie, tu auras une caution qui te sera attribuée, qui sera uniquement payable grâce à ton bénévolat. As-tu des questions pertinentes avant que tu sois amené à ta cellule et que j’aille vaquer à mes occupations ?

Se tournant légèrement, c’était sa dernière intervention avant de quitter. Si celui-ci s’amusait à jouer le clown, il en serait le seul perdant. Après tout, Raizen n’avait aucun mal à ignorer les gens de ce genre. Pour avoir été légèrement ainsi à certains moments de sa vie, il avait rapidement compris qu’agir de la sorte ne menait à rien. C’était une belle expérience une fois, mais quand ça en devenait un mode de vie, ce n’était que stupide. Était-il en conflit avec sa propre vie ? Peut-être. Or, ce n’était en aucun cas son problème, surtout lorsque lui-même n’en prenait pas conscience.

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Dim 6 Jan 2019 - 18:08
Pour le coup, le monologue du tatoué venait de lui rentrer dedans aussi certainement qu'un genou en pleine poire. Son regard avait perdu toutes étincelles d'ébriété pour n'afficher plus qu'une fatigue sobre et attentive. Sa situation était encore pire que ce qu'il ne pensait, continuer à jouer au con ne lui apporterait que plus d'emmerdes et Saigo ferait mieux de faire gaffe à sa prochaine réponse. Il lécha échapper un soupir de résignation, non pas à la peine qu'il venait d'écoper mais envers lui même et son incapacité à se gérer.

L'ex-mafieux ne comprenait pas sa propre attitude, ses excès, ses actes de violence gratuite et ses besoins d'adolescent perdu en quête de reconnaissance. Que lui arrivait-il? Depuis son arrivée à Kumo, depuis son enrôlement, il perdait le contrôle comme jamais depuis des années. Il n'avait jamais eu besoin de se montrer au grand jour, de faire le pitre et de provoquer sans raison. Ses précédents désirs, bien qu'aussi violents et sombres, étaient en général réalisés inconsciemment et ce dans le silence et l'anonymat, très souvent par nécessité dans son ancienne ligne de métier. Saigo regarda alors le policier droit dans les yeux et se mit à parler d'une voix roque mais claire.

- Tu n'es clairement pas une assistante sociale mais les informations que tu as sur moi ne te disent peut-être pas tout. Pour la sécurité de vos citoyens, je ne pense pas que cette sentence soit une très bonne idée.

Il n'essayait pas de se débiner et il ne s'agissait aucunement d'une menace mais bien d'un constat, Saigo venait de se rendre à l'évidence qu'il était incapable de se canaliser, de se contrôler après une certaine période "d'inactivité" comme s'il lui manquait en permanence quelque chose, similaire à la dose d'une drogue, dont il ne connaissait ni le nom, ni la substance. Etait-ce le mal du pays, le manque de responsabilité, le calme, la paix, une énergie emmagasinée depuis trop longtemps, une propre santé mentale défaillante ou un esprit sadique qui le poussait à la dégénérescence? Peut-être un mélange de tout cela, il n'en avait pas la moindre idée et se doutait que l'homme en face de lui puisse lui donner de quelconques réponses, mais peut-être avait-il une solution plus adéquate.

- Que faites vous de vos éléments les plus perturbateurs à l'armée ou dans les forces de l'ordre? J'en sais rien mais foutez moi dans un trou avec une troupe de tarés ou tabassez moi tout les petits matins. M'éloigner du monde est la meilleure chose à faire pour le moment.

Saigo venait de parler avec sincérité et pour une fois d'une voix absente de toute fierté, de toute autorité. Ceci n'était qu'un conseil, probablement inutile, démesuré et allant bien au-delà du salaire du Policier. Continuer à parler avec Saigo signifierait aller encore un peu plus loin et dépasser son rôle de simple gardien de la paix, quoi que...







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Dim 6 Jan 2019 - 18:40

Observant le jeune homme, il était devenu très clair qu’il était tourmenté par quelque chose dont lui-même n’était pas forcément conscient. Le plus étrange dans toute cette histoire était sa manière de vouloir mettre en garde le Meikyû contre sa propre personne tandis qu’il tentait indirectement d’obtenir un emprisonnement à longue durée. Se considérant comme étant un fléau de la société, il cherchait indirectement une punition, une forme de douleur afin de pallier à un mal beaucoup plus grand.

N’étant pas psychologue, Raizen avait tout de même un arbitrage assez important à faire. Celui d’insérer socialement quelqu’un qui n’était pas prêt ou celui de lui infliger une sentence qui ne serait pas optimale et qui ne l’aiderait pas du tout.

Soupirant alors qu’il déposa son dossier sur la table, il enleva les menottes de Saigo avant de venir s’asseoir devant lui. Le fixant avec attention, le membre de la police opta pour l’approche de l’écoute.

-Je vais donc répéter ma première question dans ce cas : comment en es-tu arrivé là ?

Lui redonnant une chance supplémentaire de s’expliquer, Raizen cherchait à comprendre la source de son mal. Pour avoir lui aussi traversé de nombreuses situations, il désirait voir s’il pouvait l’aider d’une manière ou d‘une autre.

-Et réalises-tu réellement ce que tu demandes ?

Raizen avait déjà une idée de ce qu’il ferait. Toutefois, il laissait à l’homme la place pour pouvoir exprimer ce qui avait influencé ce qu’il était maintenant. Le tout ne servirait que de double confirmation pour quelque chose dont il était déjà certain.

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Lun 7 Jan 2019 - 17:57
Alors que le policier lui enlevait les menottes, Saigo eut pour la première fois depuis leur rencontre un sentiment d'appréciation, de reconnaissance, peut être même s'agissait-il de la naissance d'un nouveau respect qui dépassait la dimension de la force et du pouvoir. Le jeune homme se massa les poignets, plus par démangeaisons que réelle douleur et observa l'homme nommé Raizen s'asseoir en face de lui. Ses questions aux premiers abords simples étaient extrêmement complexes pour Saigo, qui de base ne supportait pas de parler de lui ou de plonger dans son propre esprit, dans son passé et dans ses émotions. Il se demandait rarement "pourquoi", préférant agir en fonction de ses désirs plutôt que de chercher à comprendre leurs origines.

Un lourd silence prit place, presque gênant, mais qui n'était pas désagréable pour l'ex-mafieux. La communication avec les autres n'était pas un problème, c'était avec lui-même que ça partait en couille, il prit donc le temps de trouver ses mots, pour réussir à déblatérer quelque chose de compréhensif, de sensé, à propos du merdier qu'était sa tête et son attitude depuis des mois.

- Je suis en cage ici, je n'ai jamais été aussi libre de ma vie et pourtant je me sens enfermé, toute cette "joie", cette "paix" me dégoute, ce calme permanent me rend malade. Cette vie paisible, c'est pas pour moi.

Il s'arrêta quelques secondes, chercha dans ses poches son paquet de cigarettes et s'en grilla une impunément avant d'en proposer une au policier tatoué. Il se laissa aller sur sa chaise, reprenant la parole dans un nuage de fumé flottante.

- Imagine-toi avoir passé l'intégralité de ta vie dans le noir et soudainement tu te retrouves au grand jour, aveuglé par une lumière omniprésente. Le noir c'est la violence, la guerre, le tumulte et l'action permanente, la lumière c'est tout le reste.

Dit-il en englobant de ses bras ouverts la pièce, l'extérieur et le village tout entier. Pourquoi se lâchait-il ainsi? Saigo lui même n'avait pas vraiment de réponse, les résidus d'alcool lui déliaient peut-être la langue, le fait qu'ils étaient à huis clos jouait surement, ou bien encore le caractère froid, pragmatique du policier qui ne trahissait aucun jugement.

- Ouais, c'est moi qui ai choisi ce changement, c'est ça le pire. Je pensais pouvoir contrôler mes pulsions mais je pense que là dessuite je ne vaux pas mieux qu'un louveteau au milieu de moutons et de chiens. Et je me suis mis moi-même la corde au cou!

Il eut un léger rire, presque nerveux suite à sa dernière phrase avant de reprendre une expression neutre, l'ex-mafieux ne disait ni ne dévoilait tout, mais ces quelques phrases laissaient échapper déjà beaucoup trop d'information selon ses critères. il n'eut ni le courage ni la motivation de lui expliquer la cause, la tragédie à Yugure, et la raison de ce changement de vie, son désir de pouvoir. En parler à voix haute signifiait admettre qu'il avait un jour dans sa vie "aimé" et "chéri" la vie d'autrui. Saigo était encore bien trop aveugle et faible psychologiquement pour se l'admettre.

Dans un nouveau nuage de fumé il hocha imperceptiblement la tête, ne voyant aucune nécessité à répondre de manière explicite à la dernière question par trop rhétorique du policier. Ses yeux brillaient cependant d'une curiosité presque malsaine d'où perlait un soupçon d'espoir infantile. Qu'allait-il lui proposer?

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Mar 8 Jan 2019 - 3:19

Écoutant attentivement le jeune homme, Calypso commençait à comprendre de plus en plus d’où venait son mal. Si à la base il avait cru avoir affaire à quelqu’un dans sa phase de rébellion, il se rendait compte que la situation était beaucoup plus problématique. Bien souvent, en tentant d’aller vers le bien, les gens finissaient par ne plus s’y retrouver, comme si à long terme les ténèbres qui entouraient leur vie avaient fini par tacher leur existence et leur âme. C’était comme si les individus affectés étaient devenus conditionnés à faire du mal. Telle une confrontation directe entre le bien et le mal, le contraste était bien plus qu’éclectique, perturbant ainsi chaque personne impliquée dont le principal concerné en premier lieu.

En bref, cette situation était néfaste et clairement inconfortable. Raizen comprenait donc à qui il avait affaire. Étrangement, cette situation lui faisait plus ou moins penser à un mélange de plusieurs histoires qu’il avait entendu. Lui-même ayant du mal à se retrouver dans la réalité qu’il vivait, Raizen trouvait cette histoire assez fascinante. Or, d’un point de vue externe, il était toujours plus facile d’y voir et lire certaines anomalies ou plutôt failles. En choisissant un endroit paisible, cet homme avait fait un choix et qu’il le veuille ou non, à un moment donné, il s’était donné pour objectif de fuir cette réalité.

-Ne te vend pas aussi facilement. Je trouve que tu es difficile avec toi-même Saigo.

Lui souriant, le Meikyû était en partie captivé et fasciné par cette personne qui déviait totalement ce qu’il avait cru comprendre de lui.

-Tu sais, évoluer dans un milieu et en sortir fait peur à tout le monde. Nous sommes comme ça. Que le milieu dans lequel nous avons évolué soit tout blanc et coloré ou qu’il soit rempli de violence comme ça a été ton cas, l’inconnu fait bien souvent peur parce qu’on ne s’y retrouve plus. Même si on cesse de souffrir.

Faisant un parallèle avec le sentiment que vivaient bien souvent des gens captifs finissant par s’attacher à leur bourreau, Saigo n’était pas bien différent.

-Tu as fini par été captif d’une réalité dangereuse et au final, tu t’y es attaché malgré tout. Pas facile de se défaire de son bourreau dans ce genre de situation, surtout quand la prison dans laquelle tu es enfermée te suit constamment.

Posant soudainement sa main sur son front, le Meikyû précisa son geste :

-C’est là dont tu es prisonnier si tu veux mon avis.

Reprenant sa position, il croisa ensuite les bras :

-Une fois que tu seras sortie de cette prison, tu pourras décider ce qui te convient, mais pour le moment, tu n’es pas en mesure de choisir puisque tu es encore sous l’influence de ce à quoi tu t’es habitué.

Lâchant ouvertement ses paroles, il hésita à conclure, mais préféra attendre, tentant de voir de quelle manière il allait répondre. Frustration, injures, tristesse, joie, toutes ses réponses étaient des possibilités auxquels il s’attendait.

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Mar 8 Jan 2019 - 22:17
Les paroles de Raizen résonnaient étrangement autant qu’elles différaient avec ses propres pensées. Saigo ne savait pas trop comment réagir face aux conclusions de son interlocuteur, des conclusions faites suite à une vie et à des expériences que l’ex-mafieux n’avait jamais vécu. Peut-être y avait-il entre eux un mur imaginaire, un gouffre infranchissable, une incompréhension basée sur deux vies diamétralement opposées. Ou alors peut-être étaient-ils simplement deux esprits proches ayant trouvé une réponse différente à la même question. La réalité était qu’il ne comprenait pas la moitié de qu’il lui racontait, par manque de maturité ou de bonne volonté, peut-être bien que Saigo se complaisait, inconsciemment, dans son rôle de victime, passant de bourreau à condamné, et de condamné à juge et juré. Trouvait-il un certain réconfort dans ce cercle vicieux qui l’empêchait d’évoluer en tant qu’être humain ? Avait-il vraiment le pouvoir à l’intérieur de lui de changer les choses ? Le voulait-il seulement ?

Une chose était cependant certaine, le regard du policier ne dissimulait aucune malice et ne transmettait aucun doute à son auditeur. Cet homme tatoué savait de quoi il parlait, et les mots qui sortaient de sa bouche semblaient sortir autant du cœur que d’un esprit réfléchi. Saigo était suffisamment éveillé pour se douter des malheurs et épreuves qu’un homme comme lui avait surement traversé, mais sa faible intelligence émotionnelle l’empêchait de ressentir une quelconque compassion. Le jeune homme avait cependant compris une chose, c’est que perdu comme il était, il ne pouvait plus se permettre de cracher sur les leçons qu’on essayait de lui inculquer, sa quête de pouvoir passait avant tout. Il écrasa son mégot sous son pied et répondit d’une voix aussi perplexe qu’énergique.


- Je n’ai pas peur de l’inconnu, bien au contraire, je pense que j’ai peur de savoir qui je suis. Du coup je crois que tu as raison, je ne veux pas sortir de cette prison.

Jusqu’à maintenant sa vie dans les bas-fonds ne l’avait jamais autorisé ni laissé l’opportunité de se questionner sur sa santé mentale, sur l’être vivant qu’il était, l’humain ou bien même l’enfant troublé qui se cachait derrière cet égo surdimensionné, derrière ce masque de violence.

- Parce que tu parles de prison mais je ne me suis jamais senti aussi libre que dans la douleur, la violence et le combat, je ne me suis jamais senti aussi vivant qu’en caressant la mort.

En crachant ces derniers mots il comprit qu’il avait tort, qu’il se mentait à lui même. Non pas de manière fondamentale mais qu’il se cachait une petite part de vérité. Le fait était qu’il aimait le contact humain, le regard des autres, les bras d’une femme, mais l’admettre signifiait accepter qu’il avait besoin d’autrui, non pas pour survivre mais pour vivre. Un contraste que Saigo commençait doucement à appréhender, avec écœurement, liant tout ces besoins avec le terme de faiblesse. Venir à Kumo lui avait offert des possibilités, des chemins, des futurs qu’il n’aurait jamais imaginé, peut-être bien qu’il avait peur, peur de sa propre évolution malgré son désir de pouvoir.

- « Les chaînes de la liberté »

Saigo, enfant, avait lu cette phrase sur les morceaux calcinés d’un livre abandonné. Ces quelques mots venaient de sortir de sa bouche par inadvertance mais ne pouvaient pas être mieux tombés. Il comprit au même moment que la première étape vers la clé de ses maudites chaînes, quelque soit ce qu’elles gardaient prisonnier, était de s’en remettre à quelqu’un d’autre. Ce fut donc pour la première fois de sa vie qu’il demanda l’avis d’un tiers.

- Que crois tu que je devrais faire ?
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Mer 9 Jan 2019 - 5:07

Souriant alors qu’il voyait que son discours avait un effet sur Saigo, le Meikyû ne put s’empêcher d’être fasciné par l’échange qu’ils avaient. En partie, il savait que celui-ci mentait sur certains points, notamment sur celui de se sentir en vie lorsqu’il frôlait la mort. Pour être quelqu’un qui prenait son plaisir dans les apprentissages les plus drastiques, il savait toutefois que cette intensité avait une limite. La mort étant contre-intuitive, trop la tenter revenait à se tirer une balle dans son propre pied ou plutôt à s’enchainer à quelque chose qui n’avait aucun sens. Or, il préféra ne pas lui mettre cela en plein visage, du moins pas maintenant.

Le Meikyû s’attarda plutôt à la phrase qu’il murmura par inadvertance. Comme un réflexe, certaines paroles pouvaient sortir des lippes d’un individu, représentant plus ou moins ce qu’il ressentait ou vivait réellement. Dès lors, la dynamique changea drastiquement. On aurait presque dit qu’il se donnait une chance à lui-même, acceptant l’aide ou du moins l’opinion d’un autre individu que sa propre personne.

-Tu as déjà commencé Saigo.

Dit-il avant de se lever.

-C’est comme si on demandait à un aveugle ce qu’il pense de l’environnement. Il te dirait qu’il est bien comme il est tout simplement parce qu’il ne connaît pas la différence. Un jour, on m’a dit que tout est une question de position par rapport à la situation. Dans ton cas, si tu restes enfermer dans ton trou, c’est normal que tu puisses finir par l’apprécier même si tu ne l’aimes pas vraiment. On est tous des humains, au final on s’attache à des choses qui ont du sens et à d’autres qui ne font pas de sens. Quand on ne connaît que la violence, on finit par s’attacher à quelque chose qui ne nous fait peut-être pas forcément du bien.

Pointant la lumière qui illuminait la salle, il poursuivit :

-Donc, tout ce que je te demande, c’est de lever la tête et de sortir de ton trou, c’est ce que je pense que tu devrais faire, à commencer par laisser les gens t’aider.

Lui tendant la main, pour voir de quelle manière il réagirait, il était curieux de voir à quel point il était caché dans un gouffre.

-Sinon, tu es libre d’être esclave de ta propre situation.

Faisant une grimace, il venait de réutiliser l’inverse du paradoxe qu’il avait prononcé :

-Ça sonne mal hein...

Comme quoi une double opposition n’était jamais logique et qu’il fallait revoir une situation si jamais cette possibilité faisait surface. Or, accorder la vue à un aveugle était un dilemme surtout quand celui-ci risquait de remettre en question tout ce qu’il avait vécu jusqu’à présent.

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Jeu 10 Jan 2019 - 10:07


Ce type se foutait-il ouvertement de sa gueule?! fut la première réaction qui l'anima, la première pensée, un excès de colère et de haine incontrôlable, ressortit aussi soudainement que le jet de pus d'un abcès qu'on éclaterait avec suffisamment de pression. "C'est de lever la tête et de sortir de ton trou" Une phrase qui pour Saigo n'avait aucun autre sens que d'être de la pure provocation, ou s'il y en avait un, qui était beaucoup trop complexe pour qu'il puisse le saisir. N'était-ce pas ce qu'il était en train de faire depuis tous ces mois? Sortir sa putain de tête du trou? Ce type pensait-il que c'était aussi simple? Ne venaient-ils pas tout deux de parler de son incapacité à gérer tout ce merdier? Ses poings se contractèrent sous l'effet de la colère mais il parvint in extremis à ne pas retourner la table et se jeter à la gorge du policier. Un contrôle de soi inattendu qui témoignait de sa soudaine évolution psychologique, aussi brève qu'inconsciente cependant bien réelle.

Puis il y eut cette main tendue, calleuse, forte et accueillante, qui chamboula l'intégralité de ses conclusions hâtives et faussées. Saigo se permit une grande respiration, prenant le temps de fixer cette main et d'imaginer toutes les implications dissimulés derrière ce geste et de ce que Raizen attendait de lui. Rendre la poigne l'enchainerait à l'inconnu, à un futur qu'il n'aurait jamais envisagé, mais comme le policier le disait si bien, n'était-il déjà pas esclave et ce de son propre plein grès? Il se rendit rapidement compte qu'il n'avait rien à perdre, à saisir cette main, il n'avait même probablement pas le choix. Qu'elles étaient vraiment ses autres alternatives? Que lui arriverait-il s'il refusait cette aide aux airs ingénu mais probablement calculatrice et réfléchie? Rien d'autre qu'une suite d'événements fâcheux et incontrôlables, dictés par un alter égo alcoolisé et bancale, qui le mènerait droit au mur et vers une mort certaine.

Saigo se dit qu'il ne voulait pas de cette vie, cette éventualité l'écœurait aussi certainement que sa propre faiblesse et son incapacité à évoluer seul. Puis il y avait une autre vérité que l'ex-mafieux peinait encore à accepter, celle que toute sa vie à Yugure, quand on se penchait sur le sujet, le jeune homme s'en était souvent remis à différents groupes et entités supérieures pour survivre et évoluer socialement. S'il se saisissait de cette main maintenant, ou était la différence mis à part que pour une fois, il le faisait sciemment? Peut-être retrouverait-il un semblant de contrôle sur son passé, ses habitudes et ses impulsions. Cet homme lui permettrait peut-être même de faire face à ses démons et faiblesses. Il s'agissait d'un pari ou tant l'enjeu que le gain n'était enfaite rien d'autre que sa propre vie. Une pensée agréable...

- Si je suis aveugle, il me faudra une canne.

Enfin en accord avec lui-même, il serra dans un sourire entendu, malin, l'avant-bras de cette main, tant en un signe de respect que d'acceptation d'un contrat dont il ne connaissait aucune règle.


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L'abus est père de danger [RAIZEN]

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