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La légende du concombre de mer [PV Sentetsu Chiaki]


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Dim 16 Déc 2018 - 18:22
An 195
Shitaderu, Kaminari no kuni

Il était une époque où Shitekka ne s'appelait pas Shitekka, et où son titre de Kirijin était loin d'être acquis. À ce moment-là, le membre de la tribu Urumi n'avait que douze ans et n'avait jamais participé ou subi le conflit qui s'étendait à l'ensemble du territoire de Mizu no kuni. Loin de la voie des ninjas, celui qui à l'époque dut endosser le nom peu flatteur de Kakura fit toutefois l'expérience de découvrir le don qui sommeillait en lui. Digne d'une crise de puberté, du haut de ses douze ans, l'apprenti-chasseur fut surpris de découvrir son ascendance maternelle se manifester en la présence du Shikotsumyaku. À l'issue d'un entrainement au tir à l'arc qui avait débordé, sous l'impulsivité d'un fils désirant faire ses preuves devant son père, son pouvoir s'était éveillé.

Conséquence d'un tel éveil, son humérus, cubitus et radius fusionnèrent pour former une impressionnante flèche d'os. Si la performance paraissait incroyable, le résultat lui fut plus… mitigé. L'enfant Urumi avait manqué sa cible, le projectile squelettique se plantant à la place en profondeur dans l'écorce d'un arbre à proximité. Quant à son bras, privé de sa charpente, il se retrouva avec la souplesse d'une limace, au grand dam de son possesseur.

Suite à cet incident, le Kaguya fut forcé de porter une sorte d’attelle faite de morceaux d'écorce. Face à l'inefficacité des traitements du chef du village, à base de prières, fumigations et autres cérémonies spirituelles, le village dut statuer sur le sort du bras de l'enfant mi-Urumi mi-Kaguya. En l'absence de sa mère, Aya, alors occupée pour le compte de son clan, il paraissait difficile de trouver une solution concrète pour aider Kakura. Difficile également de compter sur le soutien local. L'archipel était encore déchirée par des luttes perpétuelles entre les clans et des groupes organisés de brigands profitant du chaos ambiant. Il fallait alors se tourner vers le reste du Yuukan.

En tissant des liens commerciaux avec divers groupes via le troc, certains Urumi eurent vent de l'existence d'une cité en avance sur son temps, et qui ne cessait de faire des bonds en matière d'innovation. Nichée au cœur des montagnes, la cité de Shitaderu était renommée pour sa science, ce qui ne laissa pas les Urumi indifférents. On décida alors d'organiser une expédition en espérant que les hommes de science de là-bas pourraient aider l'enfant au bras serpentin. Grâce à quelques contacts, une poignée d'hommes et de femmes, parmi lesquels le futur Shitekka et son père Shakushain, purent embarquer dans un navire à destination de Kaminari no kuni.

Dans ce territoire montagneux où les cimes côtoyaient la nuée, la troupe d'aborigènes parvint finalement à arriver à Shitaderu. Là, au prix de discussions complexes entre une ethnie basant leur médecin sur des rituels religieux et le pôle mondial de l'innovation médicale, Shitekka put finalement obtenir une opération l'aidant à la repousse de ses os perdus.

* * *

Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis l'opération. Troquant son attelle de fortune pour une attelle de bandages, Kakura avait retrouvé l'usage de son bras jusqu'à présent pendant le long de son corps. S'il avait passé les derniers jours dans un lit d'hôpital, la plupart de ses parents eux s'étaient installés en périphérie de la ville dans un camp provisoire. Seul Shakushain était resté sur place pour veiller sur son fils.

Bien que les Urumi étaient habitués à troquer avec d'autres peuples, jamais ils ne s'étaient aventurés aussi loin de leur terre pour un des leurs. Par conséquent, Shitaderu était un cabinet de curiosité à grande échelle pour ces êtres de la forêt. Chaque réveil pour Kakura était l'occasion de découvrir un monde dont il ne s'était jamais douté. Mais en tant que convalescent, c'était également l'occasion de suivre son état par les professionnels de santé de l'établissement où il se reposait.

Ce jour-là ne fut guère différent des autres. Afin de suivre le bon rétablissement de son bras, l'hôpital de Shitaderu avait affecté un docteur auprès du Kaguya. Ce dernier n'allait pas tarder, et Kakura s'était préparé à sa venue. Cependant, son médecin attitré lui ne semblait toujours pas accoutumé à son patient atypique, puisqu'il toqua une nouvelle fois pour annoncer son arrivée. La porte était restée ouverte toute la nuit. Au kotan, les Urumi ne fermaient jamais leurs maisons, ne craignant pas d'intrusion. Dans un élan de claustrophobie, Kakura et Shakushain avaient alors laissé la porte grande ouverte. Malgré la politesse du médecin qui annonçait son arrivée, la réaction de Shakushain fut teintée d'invraisemblance.

— Bonjour ! Vous pouvez rentrer, vous savez. Au même moment, il se tourna vers son fils. Aeyam, Ciyene.
Tandis que son fils était assis confortablement dans son lit, le patriarche au fort accent lui se tenait installé sur une chaise. Pour passer le temps, il sculptait des idoles dans un os de baleine avec son couteau de chasse. Ces figurines pouvaient avoir un usage religieux comme commercial, Shakushain anticipant déjà son retour à Mizu no kuni. Mais pour l'heure, il devait se plier au diagnostic du docteur qui débarquait dans la chambre afin de se lancer dans quelconque projet.

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Mar 25 Déc 2018 - 18:15

La légende du concombre de mer.

Petite Chiaki, toute petite. Du haut de ses dix ans, la gamine se passionne déjà pour les arts médicaux et écoute avec une très grande attention tout ce que se disent maman et papa à l’heure du repas. Son père, Takeshi, a décidé de l’emmener à l’hôpital il y a quelques semaines, pour commencer son apprentissage de la médecine. Pour la familiariser avec le terrain. Aujourd’hui est un jour spécial, Chiaki le sait ! Ils ont reçu un patient étrange, qu’ils ont dû opérer après la perte de son os. Le Yuukan est vaste et composé de très nombreuses anomalies, anomalies qui attirent toujours très très fort les médecins de Shitaderu. Un homme qui a les os qui repoussent, c’est quand même pas banal.

Takeshi s’est emparé du dossier très rapidement pour s’occuper du suivi de cet étrange patient. Chiaki court partout comme l’enfant qu’elle est, mue par une excitation aussi scientifique que juvénile. L’étrange déséquilibre entre l’enfance et la maturité trop grande, déjà présente chez une petite fille de dix ans. Son père lui tient la main jusque dans le long couloir qui mène à la chambre du patient. Il la lâche quand ils arrivent sur le pas, pour ne pas paraître trop étrange aux yeux de cette famille déjà étrange.

Chiaki arrive, cachée derrière la jambe de papa. Il frappe à la porte. Une porte ouverte. Étrange, dans un hôpital où tous les patients cherchent à obtenir un peu d’intimité. Néanmoins, il ne peut pas commenter. Ce n’est pas son rôle. Il se contente d’entrer lorsque le patriarche le lui indique, à côté de quelques autres mots qu’il ne comprend pas mais ne prend pas le temps de relever. Un sourire gêné étire ses lèvres, pendant qu’il pénètre dans la pièce. Une petite tête brune apparaît alors, aux côtés de son papa. Pas de sourire sur son visage, seulement deux joues rougies par un intérêt aussi fort que son embarras. Petite Chiaki, toute petite.
« Bonjour, messieurs Urumi. »
Le professionnalisme de Takeshi revient au galop, à toute puissance. Il regarde son dossier, puis regarde le jeune garçon dans le lit. Il est à peine plus âgé que sa propre petite et il souffre déjà d’une telle anomalie. Le monde est plein de phénomènes vraiment particuliers. Le médecin hoche la tête en parcourant le dossier des yeux.
« Comment vous sentez-vous aujourd’hui, Kakura ? »
Chiaki se trouve à côté de son père, elle regarde, observe, apprend. C’est une journée nouvelle, une forme de stage pour les plus jeunes. Une façon de s’intégrer, de découvrir. La petite brune ne parle pas, se contente simplement de balader ses prunelles émeraudes un peu partout. Ce jeune garçon est très particulier, quand même. Il lui manque un os. C’est une histoire bizarre ! Mais on ne peut pas lui en vouloir d’être malade, quoi qu’il ait. Dans un élan de maturité, la petite fille joint ses mains derrière son dos et se met bien droite, à l’instar de son papa. Comment va le patient, aujourd’hui ? Première question. C’est noté !

En route pour d’autres aventures !
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Jeu 27 Déc 2018 - 21:40
Lorsque le docteur Sentetsu déboula dans la pièce, le calme paisible du futur Shitekka se changea en une sorte de timidité. Malgré son contact avec le corps médical de l'hôpital, l'enfant Urumi n'était d'ordinaire pas habitué à la présence des hommes du Yuukan. Il avait grandi avec sa famille, les membres de son kotan, et quelques rares contacts avec l'extérieur. Ce nouvel environnement, cette culture différente, cette langue étrangère… tout ce chaos déstabilisait l'enfant de la nature qui restait peu enclin à coopérer. Ainsi, lorsque le médecin tenta d'initier le dialogue en s'intéressant à l'état de son patient, ce dernier eut du mal à répondre, se contentant d'un maigre:
— …ku=sieye.
Face à la réaction de son fils qui fuyait le contact visuel et s'enfonçait dans ses draps, Shakushain se leva et déposa sa sculpture sur la table de chevet. Ses yeux décochèrent un regard sévère comme une flèche en plein cœur dans les pupilles ambrées de son enfant, tandis qu'il vint saisir son poignet - celui qui n'avait pas besoin de rétablissement - pour le tirer plus en dehors de ses draps.
— Somo Kakura, tanpe yuukan-itak itak no anukanno ye.
— Eee… le patient se tourna finalement vers le docteur, et lança d'une voix plus audible Ku=yayapapu, je vais mieux, merci beaucoup. Mon bras continue de me faire mal à l'intérieur, surtout au niveau de la chair. Mais moins qu'avant.
Il était évident que le retour inopiné d'os dans un espace qui s'était accoutumé à leur absence pouvait causer quelques désagréments. Les douleurs musculaires, voire articulaires, en étaient la preuve parfaite. Suite à son opération visant au retour de ses os, le Kaguya en devenir connut une période de convalescence, au cours de laquelle il connut essentiellement le repos. À mesure que les structures calcifiées se raccordaient à nouveau au reste du bras, l'enfant put par la suite reprendre des activités plus normales, comme marcher, se nourrir seul, etc. La venue du docteur Sentetsu servait désormais à s'assurer que le rétablissement du jeune Urumi se poursuivait dans le bon sens.

À cet effet, Shakushain et les siens se voulaient reconnaissant envers leurs hôtes. Les kamuys n'étaient parvenus à guérir Kakura, et le miracle apporté par le corps médical de Shitaderu méritait des remerciements. Le paternel se redirigea vers sa place originelle et sous sa chaise, se saisit d'un sac de toile. Il en dévoila le contenu, ses paumes jointes formant un panier remplies de boulettes cuisinées par d'autres Urumi. Le chasseur s'avança alors vers le docteur, et s'abaissa à ses genoux pour présenter les beignets à sa fille, dont il avait remarqué la présence quelques instants plus tôt.

— Tenez, acceptez ces friandises en gage de remerciement pour l'aide que les vôtres ont apporté à mon enfant. Nous les appelons Torepshito. Ce sont des gâteaux faits à partir de farine de bulbe de lys. D'habitude nous ajoutons des œufs de saumon avec, mais nous n'en avons pas trouvé dans les environs… alors à la place nous avons rajoutés des argouses, le tout trempé dans de la sève de bouleau. Mon fils en raffole à vrai dire, j'espère qu'il en sera tout autant pour votre fille !
Il n'était pas courant que la recette des torepshito soit modifiée. Encore moins pour une version sucrée. Pourtant cette modification était du goût de Kakura, qui appréciait ces sucreries entre deux repas.

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Dim 30 Déc 2018 - 0:44

La légende du concombre de mer.

Le langage est une barrière terrifiante. Il suffit que deux personnes parlent une langue différente pour que tout dialogue soit interrompu, voire impossible. Chiaki regarde avec des yeux ronds comme des billes les deux personnes qui échangent. Qu’est-ce qu’ils se disent ? D’où vient ce dialecte ? Et, surtout, la question fatidique : pourquoi ? Pourquoi parler dans une autre langue s’ils savent parler celle employée dans cet hôpital ? Chiaki penche la tête, plisse les yeux, puis croise les bras. Son père, quant à lui, n’a pas pipé mot. Il a patiemment attendu que le jeune garçon lui réponde, même si cela lui a pris du temps et s’il a fallu, selon ce qu’il en comprend, qu’il lui lance un regard accusateur. Bon. Peu lui importe, si le patient va bien il n’y a aucune question à se poser ni remarque à faire. Sa fille le comprendra avec le temps.

Il hoche doucement la tête. Apparemment, tout va bien. Les douleurs sont toujours présentes, mais ça progresse bien. L’arrivée du père de l’enfant, avec ses beignets, surprend un peu Takeshi, qui le regarde avec un très grand intérêt. Chiaki, bien moins contrariante, se saisit d’un beignet avec un très grand appétit. Cette petite est capable d’ingurgiter une folle quantité de nourriture sans ciller, sans avoir mal au ventre. Sa faim apparaît en fonction de ce qui lui est proposé. Là, son estomac a fait toute la place possible et imaginable pour pouvoir accueillir les beignets. De la farine de lys avec des arbouses et … Oh, peu importe. La gamine prend le mets et croque dedans, à pleines dents. Un sourire enfantin, plein de bonheur, étire ses lèvres. Elle finit sa bouche, puis prend la parole.
« Merci monsieur ! Ils sont vraiment très bons vos beignets ! »
Et voilà comment les Urumi ont gagné le cœur de la petite Chiaki. Une main paternelle se dépose sur sa tête, caresse ses cheveux. Il hoche la tête lentement, en signe de respect.
« Merci beaucoup. »
Il laisse son enfant aux mains du père Urumi, tandis que ses yeux parcourent de nouveau le dossier médical. Les opérations et différentes manipulations qu’il a traversées sont toutes consignées dans ce Graal des docteurs. Takeshi acquiesce plusieurs fois pour lui-même, puis relève la tête.
« Vous prenez bien les médicaments qui vous ont été prescrits ? Si vous le faîtes, vous aident-ils ? Ou préférez-vous que je vous donne autre chose ? »
Petite Chiaki prend son beignet et décide de se déplacer un peu. Elle se détache de son père et approche doucement le patient. Ses prunelles émeraudes scrutent, examinent, analysent. Tout un processus. Son sourire ne l’a pas quittée et elle s’essuie distraitement le bord des lèvres pour y enlever les restes du beignet. Gourmande, mais bien élevée. Elle écoute attentivement la suite de l’examen, intriguée. Son cerveau travaille comme jamais, il note toutes les informations données par son père, toute la marche à suivre. Parce qu’il ne faut pas oublier que, plus tard, Chiaki veut faire comme papa ! Ou comme maman, peu importe. Elle veut travailler à l’hôpital, ça, c’est une certitude.
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Lun 28 Jan 2019 - 23:45
Dans la chambre d'hôpital, l'ambiance était au beau fixe. Bien que Shitekka n'était pas le plus enjoué, les friandises apportées par son paternel avait su apporter du baume au cœur, tant pour le docteur que pour sa fille. Cette dernière attira l'attention de Shakushain. Son sourire plein de vie le força à échanger un regard avec elle. Ses pupilles luisaient d'un éclat de jade, et son visage ingénu ne faisait que renforcer son innocence juvénile. Pourtant, pour Shakushain, cette innocence candide tranchait avec le standard urumi. Dans cette société patriarcale polygamique, peu à peu, les femmes se couvraient de tatouages à différents stades de leur vie. Il était donc commun de retrouver au kotan des femmes dont les mains étaient parcourues d'arabesques circulaires s'entremêlant dans le charbon de jais ayant servi à la création. Mais le tatouage le plus marquant, peut-être même le plus dérangeant restait celui agrandit au fil des années autour des lèvres. Chaque femme se voyait taillader le contour des lèvres, avant que la plaie ne soit recouverte d'un pigment charbonneux qui marquait à jamais le pourtour d'une teinte aile-de-corbeau. En ce sens, la petite Chiaki dérogeait de loin au standard urumi.

La femme de Shakushain, également. Il se rappela alors d'Aya Kaguya, une guerrière au caractère bien trempé, qui pourtant avait su ouvrir son cœur au chasseur Urumi. Loin de sa crinière d'opale et de son regard perçant, la bouille séraphine de Chiaki lui fit pourtant repenser à celle avec qui il partagea des moments uniques, loin de son quotidien de chasseur-cueilleur.

Au même moment, la visite du docteur Sentetsu se poursuivit. D'un ton presque paternaliste, il s'occupa de vérifier si son patient prenait correctement son traitement. Suite à son opération, Kakura devait depuis prendre matin, midi et soir des comprimés pour la douleur et des antibiotiques. Un rythme de prise spécial pour un enfant habitué à deux repas par jour chez lui, lorsqu'à l'hôpital les infirmières lui en apportaient un troisième supplémentaire au matin. L'observance étant déjà mise à mal par cet ajout trouva une nouvelle problématique en la réponse donnée par le convalescent:

Oui, Sentetsu-nispa. Je les prend comme vous me l'avez demandé, trois fois par jour, même si j'ai du mal le matin. Par contre, c'est normal que ces galets ont un goût pas bon quand je croque dedans ?
Si un kamuy de la galénique existait, il se serait alors très certainement apposé une main sur le visage en soupirant. L'ignorance de l'aborigène transpirait dans l'innocence de ses propos. Le concept de comprimé n'existait pas dans son vocabulaire quotidien, et celui du médicament était assez confus. La médecine Urumi était surtout à base de fumées, de prières chantées et de danses rituelles. Bien loin des pratiques standardisées et scientifiques des ingénieurs de Shitaderu. Shakushain profita de ce blanc laissé par la réponse surprenante de son enfant pour poser une question qui brûlait sur ses lèvres.
Monsieur Sentetsu, dans combien de temps mon fils pourra quitter cet endroit ? Je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité et qui plus est, j'ai bien peur que les gens de votre bourgade ne sont pas habitués à notre présence dans les environs.
Sans parler de xénophobie directe et affirmée, Shakushain soulevait par là la question de la méfiance des citadins à l'égard des siens. La petite escouade d'Urumis s'était en effet installée en périphérie de la Citadelle, cherchant le refuge de la forêt. Certains passants avaient pu observer ces hommes à la pilosité imposante, et ces femmes aux tatouages exotiques. De quoi en inquiéter et intriguer certains.

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Lun 11 Fév 2019 - 22:03
La légende du concombre de mer.

Le langage du jeune garçon perturbe légèrement la petite fille, qui ne comprend pas d’où viennent toutes ces particules, tous ces petits mots. Ils ne parlent pas la même langue, Kakura vient d’un endroit lointain … Mais est-ce que tout le monde parle comme ça, en-dehors de Shitaderu ? Non, non … Chiaki secoue doucement la tête. Elle essaye tant bien que mal de ne pas fixer l’enfant sur le lit d’hôpital, mais il est tellement différent qu’il lui est difficile de déplacer son attention. Quand il s’exprime, cela finit d’achever la gamine, qui comprend que ce Kakura ne vient définitivement pas du même univers qu’elle. Des « galets » qui n’ont pas bon goût, hein ? La brune sourit avec un très, très grand amusement.
« Ce ne sont pas des galets ! On appelle ça des médicaments. Et généralement, non, c’est pas bon. »
Chiaki se surprend à répondre à la place de son père, qui ne dira rien à ce sujet. Après tout, une enfant qui explique à un autre enfant, peu importe l’origine de ce dernier … Peut-être que le message passera mieux ? Cela lui permet de se tourner directement vers Shakushain, le père du petit Kakura. Il a l’air … Mal à l’aise ? Comme si quelque chose le tracassait. Le regard des autres ? Toujours une belle barrière, surtout quand les étrangers ont une telle apparence et de telles coutumes. Il serre le dossier contre sa poitrine.
« Eh bien … Nous aimerions garder votre fils en observation encore une journée ou deux, je dirais. Un os, ce n’est pas rien, à réparer … Alors, certes, Kakura récupère vite et bien, mais nous ne pouvons nous permettre de le laisser partir sans être certains que tout ira bien, vous comprenez ? »
Un petit bruit attire son attention. Sa fille s’est déplacée et est revenue vers eux. Chiaki, curieuse à l’extrême, qui est toujours terriblement intriguée par tout ce qui l’entoure. Cette fois, la brune se place comme une personne plus humaine, moins portée sur la science. Peut-être que ces personnes ont besoin de cette patte enfantine, qui tire la situation vers l’état psychique et non l’état physique.
« Vous vous sentez pas bien à Shitaderu, monsieur ? »
La gamine joint ses deux mains dans son dos et penche doucement la tête. Ses prunelles émeraudes s’agrippent aux yeux du patriarche Urumi avec une innocence démesurée. Candeur enfantine mêlée à une curiosité déjà bien trop développée.
« Les gens sont méchants avec vous ? »
Mais elle retombe toujours sur ses pattes. Après tout, à dix ans, les choses sont rarement davantage que blanches ou noires. Elles sont bicolores, c’est tout. Mais au fond … Est-ce que les gens sont méchants avec les Urumi ? Cette question reste une vraie interrogation. Takeshi ne dit rien et attend, aussi suspendu aux lèvres de leur interlocuteur que son enfant. Lui aussi, est curieux. Il ne peut pas le montrer autant que Chiaki, ceci dit.

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Sam 20 Avr 2019 - 23:11
Le décalage culturel continua de faire son office. Shitekka, alors perdu dans une cité dont il ignorait tout, dans un pays inconnu, dans un bâtiment qui lui était étranger, se voyait recevoir des soins. Si les shamans du kotan s’adonnaient à une forme plus traditionnelle de médecine, cette dernière restait bien archaïque en comparaison avec les moyens que se donnait la capitale de l’innovation technique. Il y avait un côté futuriste à cet hôpital, quelque chose qui dépassait les connaissances actuelles du jeune Urumi. Et dans cet environnement inédit, son vocabulaire yuukanjin peu développé lui attira les foudres de la jeune Sentetsu, débordante d’énergie.
« Ah… des médicaments… ok… essaya de mémoriser le jeune convalescent. »
S’il avait expérimenté l’adage qui disait que l’amertume d’un remède traduisait son efficacité, il n’en restait pas moins surpris de la vivacité de son interlocutrice. C’était certainement la première fois qu’une Yuukanjin s’adressait à lui de la sorte. Habituellement, il faisait l’objet de la curiosité maladive des passants, qui le considérait avec autant d’estime qu’une bête de foire. Entre sa tenue atypique, son langage unique et les coutumes de son peuple, tout était réuni pour susciter la bizarrerie. Mais c’était avec des yeux d’enfant ingénu que Chiaki observait le Kaguya en devenir, et non de citadin hautain. De quoi relâcher la garde du sauvage Shitekka.

Son paternel vint prendre la relève par la suite. Soucieux des interrogations de ses invités, il tâcha de répondre formellement à Shakushain quant au temps nécessaire à son fils pour récupérer de son opération. Les deux Urumi n’avaient en effet aucune notion de temps pour pareil procédé, tant il leur était aussi inconnu qu’extraordinaire. Le chasseur se contenta alors d’acquiescer à l’explication du docteur. Il tenta bien de mettre des mots à joindre à ce geste, mais fut interpellé dans sa démarche. Les deux perles de jade de la petite Sentetsu frappèrent Shakushain. Impossible de se soustraire à cet éclat d’innocence qui suscita la sympathie du patriarche Urumi. La jeune Chiaki parvint à décrocher un sourire de ce dernier, presque forcé à sa demande.

« Oh, ce n’est rien, tu sais petite. Disons que… notre maison nous manque. »
Il était difficile de trouver les mots, surtout quand ils devaient être simples pour correspondre à une enfante. Si le grand barbu à la peau mate faisait fi des interactions de son peuple avec les habitants de la Citadelle, il préféra mettre l’accent sur le mal du pays. Ici, dans les montagnes surélevés de Kaminari no kuni, son île de Saroruncasi lui manquait. Un autre détail le chiffonnait également. Mais pour en faire part, l’aborigène de Mizu préféra s’en remettre à une mise en scène. Son dévolu se jeta en premier lieu vers sa progéniture.
« Ciye. Ekoytak ani tan matkaci yan. »
Invitant son enfant à converser avec la petite Chiaki, Shakushain se dirigea ensuite vers le médecin, désirant lui révéler l’objet de ses soucis les plus actuels. Deux discussions se formèrent alors : vers l’entrée de la chambre entre les deux adultes, alors que Shitekka essayait timidement d’aborder la brune pleine de vie.
« Alors, euh… ton père c’est lui le shaman du village ? Pour Shitekka, cette position sociale était l’équivalent le plus proche de ce que représentait le docteur Sentetsu à Shitaderu. Lui aussi il parle avec les esprits ? En tout cas il doit avoir beaucoup de travail ici, tellement c’est grand… »
Dans son kotan, son village où il avait jusqu’à présent toujours vécu, c’était sa huci, sa grand-mère qui occupait la fonction de tuskur. Elle conduisait les cérémonies religieuses, transmettait à l’oral les textes anciens aux nouvelles générations et constituait le relais principal entre l’Ainu et le Kamuy-moshir, respectivement les domaines des hommes et des dieux. Il était par conséquent loin d’imaginer que dans d’autres cultures, les fonctions religieuse et médicale étaient séparées au nom de la science.

Pendant ce temps, Shakushain décida d’entrer dans le vif du sujet.

« Je m’excuse d’insister mais… cela fait plusieurs jours maintenant que d’autres guérisseurs sont venus rendre visite à mon fils. Vous avez toute ma confiance si vous me dites que Ciyehe doit rester deux jours de plus. Mais j’ai bien l’impression que ces gens-là ne sont pas venus pour s’occuper de mon fils… D’où mon souhait de partir d’ici au plus vite. »
Malgré son inquiétude, Shakushain jeta un coup d’œil à son enfant. Un léger sourire se dessina à nouveau sur son visage, alors qu’il observait Kakura en train d’essayer maladroitement de sociabiliser avec la Kaminarijin.

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