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Arnaques, crimes et botanique [ft. Saigo]


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Dim 16 Déc 2018 - 18:40
Yûgure, une nuit d'automne 200. La lune perçait à travers les nuages, pailletant les rues boueuses de reflets argentés. Elle se trainait sur la cime des toitures délabrées, réfléchissant la pâleur d'un horrible sépulcre. Après vingt-cinq ans de guerre civile, qui pouvait encore habiter ce monde mort ? L'air putride qui vous prenait aux tripes et s'imprégnait dans vos vêtements, la pois noirâtre et humide qui courrait à l'intérieur des habitations... . Shisei ne l'avait plus ressenti depuis les guerres claniques de son enfance, et il se l'infligeait à nouveau, voilà un mois maintenant, à la recherche d'informations sur un gang ayant émergé récemment aux alentours de la cité. Un groupe qui semblait rebattre les cartes d'un jeu dont personne n'avait vraiment les règles, et dont les gangs déjà établis au milieu de tout ce chaos profitaient pleinement.

La lueur s'estompait alors qu'il s'enfonçait toujours un peu plus profondément dans la crasse et la noirceur humaine. Un grognement résonna dans une ruelle adjacente, un râle étouffé, comme un gargouillis que l'on couvrait de ses mains, ou de celles d'un autre... . La mort rôdait ici-bas plus qu'ailleurs et fauchait sans distinction d'âge, de sexe ni de rang.


Une dépouille déboula devant lui, propulsée hors d'un bar miteux d'où sonnaient les tumultes d'une rixe. La silhouette vint se fracasser contre un mur en pierres avant de chuter bruyamment au sol. Shisei remarqua un arc de cercle rouge barré d'un trait vertical tatoué sur la nuque, le mon du Shinkiji, les petits nouveaux du quartier, des gamins survivants de l'horreur, aussi cynique que dangereux, à l'image de tout ce que vous pouviez trouver ici et qui vivait assez longtemps pour se rassembler en un agrégat discordant, hautement instable, sinistre, aux dents acérés et aux griffes aiguisées, en bref un groupe prêt à vous tailler la jugulaire à l'entente du doux tintement des pièces dans votre poche.

Des meubles qui se brisent, quelques lâches qui s'échappent la queue entre les jambes. Ca gueulait sévère à l'intérieur alors que Shisei apparaissait dans l'ouverture de ce que fut très certainement une porte. Plusieurs hommes encadraient leur proie, des chiens enragés cherchant l'ouverture pour bondir à la gorge du loup solitaire, au milieu de clients déjà comateux ou trop éméchés pour s'extirper de l'altercation.

-"T'es son renfort, connard ?" L'un des enragés s'était retourné vers le kumojin et sans même attendre de réponse, se jeta sur lui, poing armé. Le coup fut suffisamment violent pour décrocher un morceau de dent à Shisei et l'introduire, bien malgré lui, dans la castagne. Le second coup n'eut pas le temps de l'atteindre, et fut stoppé net par un coup de pied latéral du trentenaire. La balayette envoya le sauvage au sol et le bruit que fit son crâne contre les lattes du parquet siffla la fin de la soirée pour celui-ci et le début des hostilités pour le Suzuri.

La confusion flotta un court instant dans la pièce, atmosphère éphémère où chacun se jaugeait, cherchant à comprendre qui était avec qui. Mais l'hésitation s'évapora lorsque le groupe se divisa pour tenir tête aux deux adversaires et, sans autre sommation, chargea sur ses deux fronts.

Spoiler:
 

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Lun 17 Déc 2018 - 20:43


Quelques minutes avant que le Kumojin, Suzuri Shisei, ne pénètre dans le bar...

Un de ses sous-fifres est en sang, gravement blessé à ses pieds, entrain de pleurer et baragouiner dans sa barbe et sa mâchoire brisée des paroles incompréhensibles. Cela énervait Saigo au plus haut point, encore plus parce qu'il n'était aucunement responsable de l'état du malheureux, pour une fois. Du coup cela voulait dire que quelqu’un d'autre sévissait sur son territoire, quelqu’un suffisamment con pour s'en prendre à un de ses gars, ou alors complètement ignare des règles et de ce qui se tramait dans le coin. Le jeune homme ne savait pas trop lequel des deux scénarios était le pire, mais le savoir ne changerait pas grand-chose à la conclusion de l'histoire, il y aura des morts, et très rapidement. Personne n'insultait ni n'attaquait le jeune loup solitaire sans répercussion. Saigo ne pouvait se permettre de laisser le ou les responsables s'en tirer, l'équilibre du pouvoir à Yugure était beaucoup trop précaire pour qu'il puisse fermer les yeux face à un affront de cette envergure. Puis ne pas agir, signifiait perdre en popularité et soutien, les chiens galeux en quête de pouvoir ne seraient pas longs avant de frapper à sa porte, pensant avoir poussé une paire de couilles à l'annonce d'un Saigo devenu laxiste. Bien qu'étant l'un des types les plus balèzes et respectés de la pègre, il s'agissait d'un monde de lâches et d'opportunistes, laisser entrapercevoir ne serait-ce qu'une brèche dans la coque du navire qu'était sa réputation et c'était le naufrage, la noyade assurée, de centaines de personnes qui comptaient sur lui pour les protéger.

Saigo n'était pas un homme bon, mais il avait le sens des responsabilités et une fierté aussi grande que la plus haute des montagnes de Kaminari, ce pays lointain qu'il ne connaissait que de nom. Du coup jamais il ne pardonnerait une telle bavure. Il s'accroupit pour se mettre au niveau de la victime et lui saisit la tête par les cheveux, le forçant à lui montrer une direction vers la scène. Aussi faible qu'apeuré le type mit ses dernières forces pour murmurer, cette fois-ci de manière intelligible, quelques mots et pointer du doigt une des rues principales du carrefour. Parfait, sans un mot le mafieux lui tordit le cou, d'un geste net, efficace, presque miséricordieux. Les yeux du blessé n'étaient pas encore vitreux que des gueux sans honneur ni loi se jetaient déjà sur lui à la recherche de quelconques objets de valeur, le dépouillant de tout, jusqu’à son caleçon. Saigo était déjà loin, mais se doutait du sort réservé au corps de son ancien subordonné, à vrai dire il tolérait ce genre de comportements sur son territoire, il les encourageait même, un homme n'emportait et n'emporterait rien dans sa tombe si ce n'était ses rêves brisés.

Le bruit et les gens qui fuyaient le guidèrent au fur et à mesure qu'il se rapprochait de la zone chaude. Un endroit qu'il fréquentait souvent, chaleureux selon ses termes et ou il n'y aurait normalement jamais du avoir de grabuge. Le propriétaire était un homme respectable, qui payait ses dettes et était suffisamment fort pour dissuader quiconque de commettre quelconque vilenie dans son enceinte, mis à part aujourd’hui semblait-il. Quelque chose devait lui être arrivé et cette pensée pessimiste mais par trop réaliste ne manqua pas de finir de mettre Saigo hors de lui. Il cracha sa cigarette sur le corps d'un mec inconscient, face contre terre, probablement mort étant donné la trop large tâche de sang dans son dos.

Quelques abrutis étaient entrain de commettre sur son territoire, chez lui, l'impensable et l'irréparable. Saigo vit rouge et fracassa la porte du bar d'un puissant coup de pied, le plan était simple, fracasser tout ceux qui bougeaient et poser les questions aux survivants, s'il y en avait.
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Lun 17 Déc 2018 - 23:46
En général, dans un récit, c'est le dénouement qui compte. Ce n'est pas tant la manière dont on vit que celle dont on meurt qui importe. Et bien sûr, plus que toute autre chose, ce sera sur ce que l'on a accompli avant sa mort que l'on sera jugé. La troupe qui se foutait joyeusement sur la gueule dans ce bar en était le parfait exemple. Le jugement semblait déjà rendu et pour cause, la vie restait dure avec les crétins. Alors crétin pour crétin, il valait peut-être mieux en être un d'envergure. Chose sur laquelle le Suzuri, soyez-en assurés, excellait sans mal.

Frappes, esquives, coups en traite. Ils savaient se battre, Shisei et son corps tuméfié leur accordaient volontiers cela. Quant à la proie inconnue, elle leur rendait coup pour coup avec la détermination sanguinaire d'un destructeur né. Les opportunistes auraient dû sentir l'aura assassine qui s'extirpait des crocs du loup solitaire, ils auraient dû entendre son grognement meurtrier et s'enfuir comme des hyènes conscientes de leur infériorité. Mais leur stupidité les aveugla d'une confiance suicidaire. Confiance qui les poussa à l'erreur lorsque l'un des couteaux se logea dans le bras du Kumojin. Le visage déformé par la haine, il attrapa au cou l'homme de sa main valide avant que ses tatouages ne courent le long de son bras, ne débordent par ses doigts et ne peignent son faciès d'une malédiction définitive. La détonation d'un sceau explosif fut la dernière chose qui traversa la tête du malheureux, avant que des morceaux de chairs et d'os ne mouchettent les habits du Suzuri.

Un visage qui se décompose et rien n'est plus jamais pareil. La fête est finie. Pas de remède, pas de plaie à panser, simplement la mort, froide et directe.

Le second vit sa jambe se dérobait sous son pas, dévissant sur une flaque d'encre, avant que le liquide noirâtre ne s'engouffre dans sa bouche et ne remonte ses entrailles, l'étouffant dans un râle agité de remous. Un autre lui faisant face entendit les craquements de son propre crâne sous les coups déchaînées du trentenaire, transformé en fanatique et possédé par une indicible virulence; quand, à l'autre bout du bar, achevé par l'inconnu, couinait dans un dernier souffle de lâcheté l'ultime abrutis du Shinkiji.

-"Putain." Cracha Shisei, debout au milieu du carnage, haletant, alors qu'il reprenait doucement ses esprits et un semblant de raison. Il en restait probablement encore un vivant, une âme à rattraper, in-extremis, pour lui faire regretter de n'avoir su plonger à temps dans l'abîme des oubliés.

Le Suzuri sortit du bar pour y revenir quelques secondes plus tard, avec le corps de celui qui s'en était vu éjecté quelques instants plus tôt sur l'épaule, et le jeta sur une chaise. Avant de s'assoir de l'autre côté d'une table qu'il venait de remettre en place.

À la première lueur de vie, au soubresaut d'une paupière qui tremblote timidement, Shisei décocha une claque sèche et violente au survivant, une corde de rappel pour le ramener plus vite à lui et l'aider à ouvrir les yeux. Son regard se porta sur le chien fou dont il ignorait le nom -et dont il se foutait royalement. Et il comprit.

L'interrogatoire serait plus douloureux et plus lent qu'escompté.

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Jeu 20 Déc 2018 - 13:12
Son "pote" le barman était crevé contre un mur, les membres écartelés et cloués à la verticale par ce qui semblait être des pieds de chaise, le mafieux ne s'y attarda pas plus, préférant analyser ses adversaires. Si le vieux Beber c'était fait avoir, il n'y avait rien d'autre à faire que de dépecer les responsables en son honneur, même si ce vieux goujat avait probablement autant d'honneur que ces petites merdes qui venaient de lui faire la peau. La boys band des bas fonds était en train de fracasser les têtes des quelques clients ayant voulu jouer aux héros, ce qui surpris grandement Saigo, il n'aurait jamais cru voir les types de son quartier se liguer un jour contre une menace extérieure. Il en ressentit presque un petit sentiment de fierté, presque, parce que, complètement inutiles, ils étaient en train se prendre la rouste de leur vie et ça Saigo ne pouvait le tolérer.

Il attendit donc patiemment que le dernier des incapables soit mort ou inconscient avant de passer à l'action à son tour. Histoire de mettre les choses en place et de leur souhaiter la bienvenue, le jeune homme commença par leur rentrer dedans, sans autre forme de procès, portant une table devant lui comme engin de siège, la vitesse et la force de sa course lui permit dans le même mouvement d'en faucher deux et de leur écraser, l'un la trachée de son pied, l'autre les couilles d'un genou en manquant de tomber. Il finit sa progression en s'écrasant contre le bar dans un nuage de poussière et fracas assourdissant.

Le reste ne fut que chaos, barbarie, d'effusions de sang et d'os broyés, cassés, d'autant de lamentations que de cris de rage et de râles d'agonie. Saigo était au centre de cette cacophonie sordide et riait tel un dément. Lorsque le tourbillon de mort prit fin seul son rire persistait encore, accompagnant l'âme des récents défunts vers un autre monde encore plus cruel. Il reprit ses esprits en allant derrière le bar à la recherche d'une bouteille encore intacte, en quelques secondes il mit la main sur un whisky d'Iwa, une rare trouvaille qui ne manqua pas de lui remonter le moral déjà en belle ascension suite à cette petite échauffourée. Il s'accroupit confortablement sur le tas de corps ensanglantés et but une longue gorgée avant de se tourner vers la suite de son problème: un daron aux allures de chérif qui semblait plus ou moins savoir ce qu'il se tramait et un survivant du carnage. Cependant l'adage "l'ennemi de mon ennemi est mon ami" ne fonctionnait pas tellement avec le caractère de Saigo, du coup il fixa longuement le vieux moustachu, lui laissant le temps d'installer son prisonnier avant de l'interpeller.

- Du coup t'es qui toi? Et ce ramassis de dégénérés?

Sans équivoque, le mafieux n'était pas du genre patient, encore moins lorsqu’il y avait des règlements de compte sur son territoire et qu'il n'en savait strictement rien. La seule raison pour laquelle l'étranger était encore en vie était son aide, bien qu'inutile, et le tatoué ferait mieux de lui en donner rapidement une autre.

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Jeu 20 Déc 2018 - 19:01
Sueur, sang, gerbe et excréments... ce trou à rats puait plus que d'ordinaire, au point d'afficher une grimace contrariée sur le visage de Shisei, qui se sentait clairement trop rouillé pour toutes ces conneries. L'exercice venait de lui échauffer chaque muscle, alors il s'étira pour dissiper une gêne naissante remontant son dos et, bras tendu, se saisit d'un couteau fiché dans la dépouille encore chaude d'un ancien client. Un hurlement de douleur sortit du prisonnier définitivement réveillé alors que l'arme cloua de toute sa hauteur sa main à la table.

-"Pas bougé." Susurra Shisei à son prisonnier. Quelques claques méprisantes suivirent ces paroles, au rythme des gémissements du malheureux, comme une pause administrée de force lui permettant de rejoindre le bar et de répondre à la question posée.

-"Je suis Shisei, et j'veux récupérer le produit que leur patron m'a volé à Yu." Il marqua une pause pour réquisitionner l'un des rares verres encore intact et en apprécier le contenu... son ancien propriétaire ne l'en tiendrait certainement pas rigueur. De la piquette qui gratte et qui tache. Du tord boyau. Exactement ce dont il avait besoin pour détendre ses vieux muscles et nettoyer ses cordes vocales. "Faut croire qu'y'a pas qu'à ma came qu'ils en veulent..." Des plantes hallucinogènes avaient bien été dérobées à la frontière nord de Yu no Kuni par un nouveau gang en transit vers Yugure. Cette seule information suffit aux Suzuri et leurs Anciens pour y envoyer Shisei tâter le terrain, un habitué de ce genre de mission et facile à sacrifier si nécessaire, un soldat qui acceptait sans rechigner sa propre condition de pion.

Accoudé au bar, le pion contemplait les restes du spectacle, à commencer par ceux de celui qui fut, très certainement, le propriétaire du lieu, crucifié au mur... en plusieurs parties bien disjointes. Son regard s'arrêta sur le loup solitaire, un client qui savait se défendre ? Peu probable. Son attitude, sa posture, son assurance. Il transpirait le mafieux confiant , soit parce qu'il possédait des talents pour se savoir en toute sécurité, soit parce qu'il était "chez lui"... voire les deux.

-"Ca te dit quelque chose le gang du Shinkiji ? Parce que j'suis sûr que Jean-Louis Pas d'Bol, attablé là-bas, pourrait résoudre ce mystère." Le malheureux pointé du doigt luttait silencieusement pour retirer le couteau profondément ancrée dans le bois de la table et libérer sa main endolorie.

À cela, Shisei sentit très nettement qu'il n'était pas le bienvenu, et le serait probablement jamais. Pour autant, il espérait pouvoir faire concorder les objectifs du mafieux au sien pour obtenir l'identité de celui qui se cachait derrière ce nouveau gang et, pourquoi pas, jauger de la dangerosité qu'il représentait. En d'autres termes, déterminer si ces abrutis qui gisaient au sol venaient d'amorcer la première étincelle d'une guerre de territoires.

-"J'peux lui arracher quelques aveux, avant que tu ne le déchiquettes ?" Le prisonnier était condamné. Question, séquestration, réponse puis mort. Inutile de tourner autour du pot à lui promettre l'impensable.

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Sam 22 Déc 2018 - 21:49
Le moustachu venait de lui répondre de manière correcte, franche mais sans forcément trop en dévoiler. Juste assez pour piquer la curiosité de Saigo et de le motiver à continuer la conversation. Son envie de le dépecer venait de s'envoler et prenant le temps d'analyser les paroles du dénommé Shisei, il se permit une nouvelle descente d'alcool dans le gosier. Il n'avait de toute manière pas grand choix, ce vieux punk était un guerrier accompli, malgré sa rage et son moment de folie lors de l'affrontement il n'avait pas manqué d'apercevoir cette magie noire et cette aisance à castagner du larron. Saigo n'était clairement pas sûr de sortir indemne d'un duel avec lui, il valait mieux s'en faire un allié, même provisoire, et à vrai dire il se prit même à apprécier les méthodes du trentenaire, directes, violentes et sans états d'âme. Puis l'appât du gain était toujours aussi appétissant, peut-être que le mafieux aurait quelque chose à gagner de toute cette histoire.

Le gang du Shinkiji? Il s'apprêtait à répondre que ce nom ne lui disait absolument rien quand un souvenir lui revint en tête, lors de la dernière réunion avec les autres leaders des quartiers adjacents. L'un d'entre eux avait mentionné un gang externe à la pègre, complètement autonome qui commençait à grandir dangereusement. Des rumeurs à propos de jeunes complètement drogués et sous l'emprise de stimulants pour mener à bien leurs méfaits. En jetant un coup d'œil de dégout sur les cadavres autour de lui il ne put que faire le lien entre cet attroupement de sauvages et ces Shinjiki. Ils étaient donc arrivés jusque chez lui.

- Ouais, ça me parle vite fait. Et ça me plait pas du tout.

Il se leva de son trône de chair morte et s'approcha du prisonnier, il finit le fond de sa bouteille d'une traite et la lui fracassa sur la tête sans autre forme de procès. Il lui attrapa sa chevelure ensanglantée et lui ramena la tête en arrière d'un geste brusque qui manqua de lui rompre quelques vertèbres. Alors que le malheureux était encore sonné par le coup, il ne put que fixer d'un regard apeuré la main de Saigo et la bouteille brisée se rapprocher dangereusement de son visage. Ce fut avec un sourire sadique et des yeux on ne peut plus sérieux que le mafieux prit la parole.

- Tu vas crever, c'est une certitude mon pote, par contre tu peux encore choisir comment. Je te promets de te rompre le coup rapidement si tu réponds aux questions du Punk, sinon tu te démerdes avec lui et sa magie noire.

Saigo venait-il de faire preuve de bonté? Si c'était le cas ce n'était absolument pas le but recherché, il était pressé, énervé et ne supportait pas de perdre du temps. Dans le prolongement de cette idée il n'était pas non plus du genre à faire souffrir des pleutres inutilement ou à torturer des personnes sans défense, même s'il s'agissait de la pire des raclures. N"y voyant pas d'intérêt, l'on pourrait presque dire qu'il était du genre "juste", à sa façon... Certaines personnes pouvaient aisément prendre ça pour de la miséricorde, il fallait avouer que la différence était minime, mais si cela pouvait aider Saigo à avoir un caractère un peu plus humain aux yeux des autres, alors ce n'était pas plus mal. Un serviteur de la mort avait toujours besoin d'alibis.
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Sam 5 Jan 2019 - 13:01
Marché conclu. Shisei s'attabla en face du prisonnier qui commençait à piquer du nez. "Hey, mon p'tit Jean-Louis, on reste avec nous." Deux claques sèches vinrent rebondir sur sa joue, comme un rappel à la réalité. Il emmitoufla le visage du martyr de ses deux mains pour forcer leur regard à s'ancrer l'un à l'autre.

-"Les règles sont simples. Je pose une question, tu réponds. Concis, efficace, personne ne perd son temps et tu augmentes tes chances de ne plus souffrir. Tiens, on va prendre un premier cas assez simple. Quel est le nom de ton boss ?" Un gargouillis remonta d'entre les entrailles du prisonnier pour finir en un cracha sanguinolent sur la cuisse du Suzuri. L'un des sceaux tatoués sur l'avant bras de Shisei scintilla et disparut. Une fraction de seconde plus tard, sa paume venait briser le nez du malheureux, d'un mouvement étonnamment lent. "Tss tss... Jean-Louiiis. Tu déconnes là. Bon, je descends la difficulté d'un cran mais fais un effort. Allez. Ton nom. C'est quoi ?"

-"Tora !" Couina-t-il entre deux lamentations douloureuses, sa main encore libre plaquée sur ce qui restait de son nez.

-"Ah, tu vois quand tu veux. On progresse c'est bien. Attention, Tora, je vais augmenter la difficulté, sois bien attentif aux mots que je vais employer. Où... avez-vous... mis... mes... herbes ?"

-"Dans ton cul !" C'était prévisible. Le tatouage réapparut sur l'avant-bras du trentenaire et s'évapora dans un nouveau scintillement, alors que son poing s'abattait sur le genou de Tora. Le bruit distinctif d'un craquement résonna dans la pièce, accompagné d'un gémissement de douleur.

-"Dernière chance, mon p'tit Tora. Même question. Où est mon herbe ?"

-"On l'a séparée en deux ! Hmpf... Y'a une caisse dans le quartier de la vieille ville, dans une ruine de meunier."

-"Et la seconde ?" S'impatienta Shisei. Le tatouage venait déjà de réapparaître sur sa peau, prêt à briller une troisième fois.

-"Au nord. La frontière... Yu...Yugure !"

-"La rivière ?" Tora acquiesça de la tête, toujours une main plaquée sur son visage ensanglanté.

" Parfait !" Enjoué, le Suzuri se releva d'un bond, tout en récupérant le kunai planté dans la seconde main du prisonnier. "Il est tout à toi. Comme j'ai l'impression que t'es à la maison, et en remerciement de l'accueil... son regard balaya les décombres de bois et de chairs dispersés autour d'eux, ...je te laisse le paquet de la vieille ville. Le second est sur ma route de toute façon. Deal ?" Il ne pouvait s'occuper des deux zones, et son instinct le poussait vers le stockage au nord, certainement plus important car moins sujet aux vols de la cité de Yûgure. Laisser de la drogue à cet homme s'avérait certainement le meilleur compromis à cet instant.

Leurs chemins devaient se séparer ici.

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