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Bonne conclusion [Tenshi]


Mar 18 Déc 2018 - 16:40
« Notre établissement vous offre ce repas, Yondaime. »

Le vieil homme, gérant de l’enseigne, avait encore du mal à croire que le Tsuchikage lui-même était venu ici pour commander un repas. Pourtant, ce n’était pas une première. Simple dans la grande partie de son comportement, l’homme qui gouvernait pourtant Iwagakure no Satô ne s’était jamais considéré comme un homme qui enverrait autrui lui chercher à manger ou faire quoique ce soit qu’il n’ait le temps de faire.

Après un sourire, le Borgne sortit de son habit quelques billets qu’il posa sur le comptoir. Sa main, dorénavant libérée, s’en alla tirer le sac qu’on lui avait donné. Avant que le chef ou un cuisinier ne prenne à nouveau la parole, leur client s’était déjà retourné.

« Chaque travail mérite salaire. Et puis, ce repas n’est pas pour moi… »

Si ceux qui avaient préparé ce riz au curry avaient pu se demander à qui il était destiné, ils ne purent qu’y réfléchir et essayer de deviner, le Kage s’étant déjà enfoncé dans le brouhaha des ruelles Iwajines. Evitant les regards et salutations des passants, l’Ombre pensait à ce qu’il allait faire. Dire qu’il s’était décidé serait un euphémisme, tant il avait eu le temps de réfléchir à ce qu’il s’était passé, et pour le futur…


Des salutations suffirent pour que les quelques gardes de la prison laissent à leur chef le couloir qui l’intéressait. S’ils resteraient attentifs du reste, c’était bien seul qu’ils l’avaient laissé marcher jusqu’à la dernière cellule à avoir été remplie.

Ce fut tout simplement que le Yondaime Tsuchikage apparut face à la cellule de Sainan Tenshi, dans un état de fatigue important. Pourtant, il semblait impossible pour le chef Iwajin de considérer son interlocuteur comme vaincu, de quelque manière que ce soit.

La réciproque était plus compliquée. Pour Tenshi, certains détails et changements par rapport à son ancien leader n’avaient pu être ignorés. Tout d’abord, le bras gauche du Bakuhatsu manquant à l’appel et témoignant d’un handicap important pour celui qui était censé avant tout être un chef militaire.

C’était presque d’égal à égal que les deux hommes allaient converser. L’un était terriblement fatigué, l’autre privé d’une partie de lui-même. Mais surtout, toutes les entraves de l’ancien prince Chôkoku avaient été retirées, sur ordre préalable du Tsuchikage.

« J’ai perdu un bras en mission. Déjà que la paperasse était longue à faire… »

Un trait d’humour que l’on pouvait parfois prêter à cet homme si on le connaissait bien. Mais c’était d’autant plus surprenant de le voir en de telles circonstances.

Le Borgne se pencha pour poser son sac. Il en sortit, d’une main bien entendu, le plat de riz au curry avant de se relever. En faisant attention de le faire passer entre les barreaux de la cellule sans pour autant en renverser, il attendit que Tenshi vienne s’en emparer. S’il ne le faisait pas, il n’aurait qu’à le poser au sol.

« C’est encore chaud. Comme les braises de l’incendie que tu as déclenché. »

Ce n’était pas une pique, mais une piqûre de rappel. Si Tenshi pensait que la visite du Yondaime allait être amicale ou une bête tentative de persuasion ou quoique ce soit du genre, il se trompait. Il était important de lui faire comprendre au plus vite. Mais cette entrevue en elle-même signifiait forcément quelque-chose.

« Depuis que j’ai été nommé à la tête d’Iwagakure no Satô, beaucoup m’ont prêté des accusations et des doutes sur tant de sujets. Pourtant, personne n’a été capable de tirer la bonne conclusion. »

Il soupira.

« Tu dois ressentir ça. Certains pensent que tu as tenté d’attaquer un point important pour Iwagakure no Satô, alors que les arbres repoussent plus vite que la confiance. Certains pensent que tu voulais déclencher une guerre contre Iwagakure no Satô, te pensant assez bête pour avoir tenté d’affronter ton ancien village seul et doutant de la loyauté que tu lui portes. Là encore, aucune bonne conclusion n’a été tirée. »

Le Tsuchikage se pencha à nouveau pour ramasser son sac, vide, qu’il broya sous ses doigts pour le faire assez petit. Il le rangea à l’intérieur de son vêtement tout en se relevant.

« Un châtiment t’attend dehors, que certains espèrent absolu. Mais la vérité est que personne d’autre que moi n’en décidera. Aussi, j’aimerais profiter de ce moment pour que nous parlions et tirions ces bonnes conclusions. Raconte-moi ton histoire, explique-moi quelles sont tes motivations. Et je ferai de même. »

Personne à Iwagakure no Satô n’avait cherché ni trouvé le sens réel des actes de Tenshi.
Personne à Iwagakure no Satô ne pouvait se douter de ce que préparait Kyôshirô.
C’était un point commun pour deux personnages dont l’influence sur la cité de la Roche était bien plus grande que ce qu’on pouvait croire…

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Ven 21 Déc 2018 - 15:19

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Lun 31 Déc 2018 - 14:41
« Bien, même si tu ne m’as peut-être pas tout dit, te voilà bien plus vrai qu’avant. Cela fait du bien. A mon tour… »

C’était dans un calme et silence olympiens que le Tsuchikage avait écouté le prisonnier, qu’il considérait d’ailleurs toujours comme tel dans ses pensées malgré le fait qu’il l’avait fait libérer de toutes ses proches entraves. Oui, il était indéniable que Sainan Tenshi s’était dévoilé bien plus en ce moment qu’à n’importe quel autre. Et même si, comme susdit et pensé, ce n’était peut-être pas toute la vérité ou un étalage complet de ses ambitions, c’était enfin à un véritable homme que le Borgne se sentait dialoguer. Il n’était plus ce personnage pitoyable qui avait joué un rôle dans son bureau il y a des mois.

Ce n’était peut-être rien, mais le fait que le désormais shinobi indépendant ait accepté le repas du Yondaime appuyait ce climat de « confiance » dans cette recherche de la vérité. Les deux hommes souhaitaient abattre leurs masques, car ils se savaient proche d’un point de leur Histoire et de celle d’Iwa. Et toute la question était de savoir si ce point serait final ou d’orgue...

« Tu as bien plus réfléchi que beaucoup ici. Et tu as vu juste sur certains points. Je n’ai pas peur de Tetsu no Kuni, je n’ai pas peur de mon clan natal. Si Iwagakure no Satô s’attaquait au Fer, nous l’emporterions sans nul doute. Mais au prix de combien de vies ? Et surtout… »

Son regard, soutenu par son seul œil visible, se fit plus sombre.

« … ce serait tourner le dos à notre seul véritable ennemi. Iwagakure no Satô lui-même. »

Il esquissa un sourire.

« Là est toute l’erreur que certains dans ce village ont faite le jour de ma nomination. Ils ont pensé que je pouvais être un traître, un faible. Aujourd’hui, ils pensent que la perte de mon bras m’empêcherait de gouverner. Mais pourquoi n’ont-ils pas pensé que je pourrais être l’inverse ? Quelqu’un de suffisamment fort ou d’intelligent ou d’expérimenté pour les surprendre dans leurs plans rebelles ? »

Son rictus disparut.

« La rébellion se préparant dans l’ombre dont tu parles, non seulement je sais qu’elle existe, mais je sais déjà comment la mater. »

Le Tsuchikage poussa un long soupir, lourd de sens et surtout plein de souvenirs dont il était le seul possesseur.

« Lorsque le frère du clan le plus fermement opposé à Tsuchi no Kuni est entré dans l’armée puis la garde personnelle du Daimyô, comment crois-tu qu’on m’a accueilli ? Ce que certains pensent me faire découvrir, je l’ai déjà affronté, et je l’ai déjà emporté. Ces idiots qui fomentent contre moi privilégient une légitimité par le sang, la nationalité ou l’ancienneté. Est-ce ces critères qui définissent un bon chef ? Non. Un bon chef se distingue par ses actes, quelque soit son origine ou les préjugés qu’on peut lui prêter. »

L’Ombre de la Terre regarda vers le sol. Il écarta les minuscules débris alentours du pied et se laissa doucement tomber à genoux. Mouvement symbolique d’une discussion qui allait toujours se faire plus personnelle et révélatrice.

« Nagamasa Yoshitsune était un homme et un Kage respectable. Mais il n’a pas hésité lorsqu’il eût vent de ce qu’il se passait sur ses terres natales, à Tetsu no Kuni. Je ne vis que pour Tsuchi no Kuni et ainsi pour Iwagakure no Satô. Et mon premier objectif a toujours été de déceler qui, au sein même de notre capitale militaire, n’était pas digne de confiance. Je ne suis pas arrivé à la Roche en pensant qu’il n’y aurait ni traîtres ni vautours comme un enfant à qui l’on fait croire que la paix éternelle peut exister, conclut-il en paraphrasant son interlocuteur. »

La main droite, s’il y avait encore besoin de préciser vu le handicap du Yondaime, se leva. L’index pointa en direction de Tenshi.

« Si je t’ai fait quitter le village, c’était bien pour voir si ton insubordination était due à un désaccord que je pourrais respecter ou parce que tu faisais partie de ces chiens qui fomentent en secret et qui font passer leurs intérêts avant ceux d’Iwagakure no Satô, de notre pays et peut-être, de tout l’intérêt commun. Tu m’as dit à l’instant m’avoir utilisé, je pense que nous sommes quittes, Tenshi. »

Son index se referma et sa main disparut dans son large habit.

« J’ai ma réponse, tu n’as pas été d’accord avec moi car tu n’avais pas toutes les cartes en main. Et même si dans le futur tu aurais encore des désaccords, tu saurais m’en faire part. Honnêteté et loyauté envers nous-mêmes, notre village et notre pays : voilà tout ce que je cherche. Le dialogue et la confiance s’occuperont de nous mettre d’accord sur nos divergences… »

Le Tsuchikage posa sa main sur son genou et s’appuya pour se relever. Son handicap, à savoir la perte de son bras gauche, lui rappelait encore que certains mouvements banals ne l’étaient plus.

« Comprends-tu ? Je n’ai jamais révélé mes réelles intentions quant à Tetsu no Kuni parce que la plus belle des stratégies ne vaut rien si l’ennemi est prévenu par des traîtres. Ma priorité consiste à voir en qui je peux avoir confiance et à stopper un possible coup d’état avant qu’il ne commence. Ce n’est qu’ensuite que nous pourrons poursuivre nos actions. Et si tu veux tout savoir… »

Sa voix se fit soudainement plus soutenue, comme s’il n’y avait aucune once d’hésitation dans ce qu’il allait dire.

« … nous n’allons pas simplement obtenir justice à Tetsu no Kuni, nous allons le conquérir. »

Il soupira, repensant à son entrevue avec les Byakuren.

« Ce n’était pas mon objectif initial. Mais lors de cette mission qui m’ôta mon bras, j’ai compris que les Seigneurs, comme tu l’as dit, ne sont pas aussi respectables et qualifiés pour gouverner n’importe quel pays. Assassiner le Shogun ne serait que pure vengeance si derrière nous laissions son pays aux mains de n’importe qui. Nous organiserons nous-mêmes le futur du Fer une fois que nous l’aurons débarrassé de ses irresponsables chefs.
Maître Tsuchikage ! »

Kyôshirô se retourna. Un des gardes de la prison se tenait à l’entrée du couloir. Il tenait une lettre.

« Vous avez reçu une missive importante de la part d’un de vos Conseillers.
Apporte-la moi, répondit-il. Merci. »

Il l’ouvrit. C’était cette chère Toph, qui parlait de ce coup d’état. Quelle ironie de timing.

« Encore une nouvelle personne en qui je peux avoir confiance… »

Le Borgne rangea le courrier à l’intérieur de son habit.

« Bien ! Je te propose de devenir mon Bras droit, Tenshi. Aide-moi à m’assurer de dissuader ou de mater cette rébellion qui gronde et à mener l’action punitive à Tetsu no Kuni. Aide-moi à affronter les ennemis potentiels de notre pays. Et si les mois ou années à venir ne chassent pas les idées de guerre totale que tu as, alors tu seras libre de revenir sur cet accord et de partir accomplir ce que tu crois être juste. »

Toujours dans sa franchise et simplicité accoutumées, le Bakuhatsu reprit.

« Ta franchise, ton attachement à ce pays, ce village et ton esprit seront utiles à notre nation. Bien sûr, en étant mon Bras droit, tu ne pourras plus jamais attenter à ma vie… Mais si tu agis honnêtement et dans l’intérêt de la Terre et de la Roche, le jour où je me retirerai de moi-même ou que je mourrai au combat face à nos ennemis : alors là, tu seras sûrement le candidat le plus à même de me remplacer. »

Le Yondaime chercha alors quelque-chose dans son vêtement. Il en sortit une seconde plus tard une clé. Il ne fallut même longtemps pour comprendre qu’il s’agissait de celle de la cellule de Tenshi. Il la lui jeta aux pieds.

« Je voue ma vie à ce village et à son pays. Si tu veux en faire autant, et que tu crois que je peux être un homme digne d’être à leurs têtes, retrouves-moi à mon bureau. Je préviendrai les gardes. Mais je te laisse aussi les autres choix… »

Il tourna les talons.

« Tu peux décider de sortir et de t’en prendre aux gardes : tu seras tué sur le champ. Ou tu peux aussi rester dans ta cellule et attendre le châtiment qui t’es promis. Connaissant ce cher Senkû, j’imagine que ce sera spectaculaire et public… »

Déjà à l’autre bout du couloir, le Tsuchikage conclut et adressa un ultime regard à celui qu’il ne reverrait peut-être jamais.

« J’espère entendre le reste de ton histoire, Sainan Tenshi. Mais dans tous les cas, tu m’auras appris beaucoup, jeune prince. »

Sur quoi il s’engagea dans l’autre couloir et prévint les gardes du choix laissé au prisonnier. Le reste appartenait à Sainan Tenshi…

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Bonne conclusion [Tenshi]

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