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Les bienfaits du tricot [Ft. Shimi]


Mer 26 Déc 2018 - 21:31
Ces derniers temps, le clan Metaru tout entier dégageait une indescriptible jubilation. Et la raison de toute cette gaieté n’avait aucunement rapport avec un quelconque évènement belliqueux. Ni même avec un banquet ou une grande fête alcoolisée. Cette affolante excitation était particulièrement marquée chez les femmes du clan qui n’avaient cessé de rêver de parler, parler et encore parler. Dans une incroyable continuité, était revenu sur la table, la même nouvelle. Celle d’un avènement prématuré, mais hautement désirée. Un enfant. Oui. Un enfant venait de voir le jour au sein de cette famille connue pour ses penchants combattifs. Et les yeux de toutes les mégères brûlaient à l’idée de pouvoir l’observer ne serait-ce qu’une seconde. Il n’était donc pas rare de les voir roder près de la maison de la maman pour espérer rencontrer ce nouveau-né.
Bien entendu, Nora aussi apprécierait beaucoup admirer l’innocence de ce nouveau-né. En effet, qu’il était agréable d’observer une existence ignorant les guerres fracturant ce monde. Toutefois, l’ex-vagabonde préférait attendre. En aucun cas, elle ne souhaitait abuser de ‘’sa position’’ pour avoir un quelconque privilège. De plus, il valait mieux laisser les affamées du clan se bousculer jusqu’à ce qu’elle puisse avoir la possibilité de contempler le nourrisson. A ce moment-là seulement, elle prendrait évidemment le temps de le saluer, si bien sûr sa mère, Itagami le permettait. Sachant que cette même mère était la cousine de son fiancé, il ne devrait y avoir aucun problème.

Et pour célébrer cette naissance, il était obligatoire de prévoir un cadeau. Puisqu’Itagami lui avait offert un magnifique collier pour ses fiançailles, l’ex-moniale lui était redevable et se devait au moins de couver ce deuxième enfant d’un divin cadeau. Mais que lui offrir exactement ? Elle ignorait le sexe et même le nom de l’enfant. Il fallait donc être ingénieux et prévoir un cadeau qui irait aussi bien à une fille qu’à un garçon. Ses moyens financiers étaient pratiquement ‘’illimitées’’, mais elle ne souhaitait pas abuser de la fortune de son fiancé. Pour Itagami et son enfant, elle souhaitait quelque chose de simple, mais qui caractérisait tout le respect et la gentillesse qu’elle avait pour cette femme.
Elle eut alors une idée. Une idée bête et méchante, mais qui pourrait convenir à la naissance d’un enfant. Un accoutrement. Mais pas n’importe quel accoutrement. Un accoutrement qu’elle aurait cousu main avec amour et patience. Un pull. Des gants. Un bonnet. Le tout en laine pour parer aux rugueux hivers et confectionné par ses soins pour accentuer la pureté artisanale du cadeau. Ainsi, elle allait pouvoir mettre en pratique les cours de tricot que les mégères du clan lui avaient forcé de prendre. Et d’une certaine manière, il s’agissait d’un bon entraînement dans le cas où, dans le futur, son fiancé déciderait enfin de lui faire un enfant…

« J’aimerais porter son enfant… » rêvassa-t-elle au milieu d’une nature caressée par une petite bise.

Sur le coup, un rire idiot puis un retour tout panique à la réalité. Plusieurs coups de tête à gauche et à droite. Puis un profond soulagement. Personne ne sembla remarquer ou entendre ce moment gênant. Seule, assise dans un parc vert du village, elle savait que peu de personnes (voire aucune) pourrait se moquer de ce court moment de faiblesse. Et Dieu merci, son fiancé ne l’avait pas vu ainsi, en train de baver à l’idée de porter son enfant. Pour n’être aperçue, dérangée ou critiquée par les femmes claniques, elle s’était en effet réfugiée au bord de cette petite aire boisée, entourée d’urbanisme. Dans cette quiétude tant recherchée, elle arriva ainsi lentement, mais sûrement, à manipuler ses baguettes métalliques pour former les bribes d’un bonnet de laine. Dans quelques temps, sûrement quelques heures, elle aura fini le premier de ses cadeaux… A condition de n’être dérangée par personne, bien sûr !
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Jeu 27 Déc 2018 - 17:30
Tu avais toujours adoré apprendre de nouvelles choses. Tu avais toujours aimé attraper un livre à l’aide d’un escabeau, l’ouvrir et caresser les pages du bout des doigts, les tourner, les lire, les dévorer (au sens figuré). Tu appréciais comprendre les choses, savoir comment les faire et les transmettre ; c’était ta petite passion, l’une des choses pour lesquelles tu vivais. Et à présent, tu recherchais une nouvelle chose à apprendre.

Tu te baladais un peu partout dans Kumo, observant tes alentours avec ton habituel sourire : que souhaitais-tu apprendre ? Dis-moi, mon petit souffle de vie. Souhaitais-tu apprendre à vendre, fabriquer, préparer ? Quel verbe te conviendrait le mieux aujourd’hui ? Pâtisser, cuisiner, marchander ? Non.

Tricoter.

Le tricot ne t’avait jamais véritablement intéressé – jusqu’à maintenant. Tu trouvais bien sûr les créations qui en ressortaient magnifiques, comme à peu près tout ce que tu voyais, mais bouger les aiguilles en un rythme presque musical ne semblait pas pour toi. Pourtant, là, tout de suite, tu souhaitais apprendre. Tu souhaitais devenir maître d’orchestre à ton tour. Et cette envie t’était venue en voyant quelqu’un d’autre tricoter.

Il s’agissait d’une jeune femme, assise sur un banc dans un parc, avec de quoi tricoter dans les mains. Tu t’étais aussitôt approchée, aussi doucement que possible pour ne pas l’effrayer (ça allait donner l’effet inverse, tu t’en rends bien compte ?), et avais raclé ta gorge.

« Excusez-moi ? avais-tu commencé de ta voix doucereuse. Est-ce que… est-ce que vous savez tricoter ? »

Lorsque tu souhaitais apprendre quelque chose, tu devenais immédiatement plus calme et moins bruyante. Tu souhaitais sans doute concentrer toute ton énergie sur l’apprentissage en question, plutôt que de la dépenser inutilement en riant et criant.

Ta queue-de-cheval se balançait doucement au rythme du zéphyr ; une mèche blonde manqua d’atterrir dans ton œil.

« Je me demandais… est-ce que vous pouvez m’apprendre à tricoter ? osas-tu demander. Si ça ne vous dérange pas, bien sûr ! »

Et te voilà en train de rougir, toute timide d’un seul coup, de triturer tes doigts et de baisser la tête vers le sol.

Pathétiquement adorable.
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Ven 28 Déc 2018 - 17:15
Sur le coup, Nora ne prononça rien. Pas même un son. Elle était tout simplement choquée qu’une personne soit réellement intéressée par le tricot. A vrai dire, l’ex-moniale n’avait pas appris cet art avec plaisir. Ou du moins, elle ne gardait pas un merveilleux souvenir de son apprentissage. En effet, sous la grande insistance des les mégères du clan, elle avait jadis dû porter une attention très particulière à cet univers. Sans rentrer dans les détails, la formation ne fut pas un long fleuve tranquille, mais une maîtrise sommaire fut heureusement acquise au bout de ce long tunnel. Quelques frissons la parcoururent lorsqu’elle se souvint de toutes les atrocités qu’elle avait autrefois dû surpasser. Il n’y avait pas à parler de traumatisme, juste de fantômes récurrents. Et puis, il fallait voir le bon côté, le tricot allait enfin lui servir, enfin… il fallait d’abord s’occuper de cette jeune fille aux yeux pétillants de curiosité :

« A ton âge, je ne pense pas que ce soit une technique qui… » suggéra l’ex-moniale avant de stopper net ses dires.

Les yeux de cette gamine avaient un quelque chose de mystique. Quelque chose qui fascina Nora. Elle avait en effet les yeux d’une femme innocente ne connaissant nullement les dangers de ce monde. Mais au-delà de cette pureté, elle put également desceller à travers ses pupilles un éclat brillant de culot. Sans même la connaître, l’ex-vagabonde pouvait affirmer que cette fille avait l’âme curieuse, presque suicidaire. A l’avenir, il ne serait guère étonnant de la voir devenir un rat de bibliothèque ou une aventurière risquetout. Pour l’heure, Nora souhaitait lui faire comprendre que le tricot n’était pas vraiment une technique intéressante à apprendre pour son âge. Mais il n’y arrivait tout simplement pas. Les yeux de la petite fille étaient tout simplement trop pressants, trop avares en savoir.

« Disons qu’apprendre à tricoter ne serait pas vraiment utile à ton âge… » reprit-elle en essayant de la convaincre gentiment que l’apprentissage du tricot n’était pas franchement utile. « Ce genre de techniques convient plus à des femmes déjà promises à quelqu’un ou attendant un enfant. » ajouta-t-elle ensuite pour appuyer son argumentaire.

Il était normal que des femmes comme Itagami ou Nora soient dans l’obligation de s’intéresser à de tels rudiments. Effectivement, quel époux ou quel enfant ne serait pas ravi de recevoir un vêtement soigneusement confectionné par une femme aimante et amoureuse ? Un instant de flottement et une vérité choquante la traversa… « A moins que… » s’interrogea-t-elle avec une malice propre à ses vieux jours. La petite blondinette serait donc promise à quelqu’un. Etonnant ! Même si l’ex-vagabonde ignorait l’âge de la petite, elle pouvait sans aucun doute affirmer que la blondinette était très jeune. Trop jeune pour être impliquée dans un mariage arrangé. Il devait sûrement s’agir d’une amourette passagère ou d’un ami intime avec qui la barrière sentimentale était instable.

« Comment s’appelle ton petit copain ? Celui à qui tu veux offrir un cadeau tricoté ! » demanda-t-elle sans se soucier d’une quelconque indiscrétion.

La curiosité sembla dévorer l’ex-moniale. Qui était l’homme qui bénéficierait de ces futures créations ? Etaient-ils déjà en couple ou s’agissaient-ils seulement d’un début d’amourette ? S’étaient-ils déjà embrassés sur la bouche ? Le nombre de questions qu’elle se posait était Dans sa tête, elle s’imagina une succession de films à l’eau de rose. Si à son âge, l’insatiable blonde était d’une beauté renversante, Nora n’osait même pas imaginer le succès qu’aurait la petite fille, une fois l’âge maturité atteinte. Maintenant déjà, elle avait une adorable bouille. Rien d’étonnant à ce qu’elle ait déjà du succès auprès de la gente masculine. Tout le contraire de Nora à son âge…

« Tu es tellement mignonne ! Tu dois avoir de nombreux prétendants malgré ton jeune âge ! Alors, qui es l’heureux élu ? Je suis à ton écoute ! » demanda-t-elle avec l’excitation d’une mégère friande de potins. Si Nora prenait souvent la peine de ne s’intéresser aux affaires confidentielles de son fiancé, elle pouvait toujours se permettre de porter une attention particulière aux troubles amoureux d’une petite fille…
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Ven 28 Déc 2018 - 19:01
N’étais-tu pas un peu trop jeune pour apprendre à tricoter ? Quoi, tu te préparais déjà à avoir un mari, des enfants, des petits-enfants ? Oh. J’avais oublié. Lui. Ton sensei, ton sauveur, ton béguin. Tu souhaitais sûrement lui préparer un cadeau fait maison, te connaissant ; si seulement il le refusait, que je puisse voir la douleur sur ton adorable visage potelé. Si seulement il pouvait te faire comprendre qu’il ne t’aimera jamais, parce que tu es mineure et horriblement agaçante.

Et face à toi, la jeune femme tentait de te dissuader ; bien tenté, mais non. Tu n’allais pas abandonner de sitôt, encore moins alors que si tu faisais le choix de tricoter, c’était pour Yahiko-sensei. Les joues moins rouges, tu relevas la tête et fixas la femme avec une nouvelle détermination. Tu allais apprendre le tricot, coûte que coûte, pour faire un bonnet à Yahiko-sensei !

« Ce n’est pas grave ! S’il vous plaît, apprenez-moi ! », t’exclamas-tu en plaquant tes mains l’une contre l’autre.

Tu étais prête à utiliser n’importe quel moyen pour réussir ; tu devais apprendre le tricot. C’était vital. Ce n’était plus seulement ta curiosité, celle qui te faisait plonger le nez dans tes livres, tenter des expériences, te poser mille et une questions : c’était pour quelqu’un. Quelqu’un que tu appréciais, que tu aimais. C’était pour quelqu’un de cher à tes yeux. Et pour cela, tu étais prête à tout.

« S’il vous plaît ! C’est… c’est pour quelqu’un. »

Ça suffit à rendre la femme folle de potins ; elle demanda comment s’appelait ton petit-ami, ce à quoi tu rougis brutalement. Tu venais juste de t’imaginer en couple avec Yahiko-sensei… et c’était trop pour ton petit cœur. Ce dernier battait de plus en plus vite dans ta cage thoracique, faisant grimper le sang à ton visage. Avec difficulté, tu bafouillas :

« Je… je… Ce n’est pas pour mon petit-ami… Enfin, je veux dire, hm, je n’en ai pas ! Mais… c’est pour quelqu’un d’important, et, euh, enfin… »

Tu triturais de nouveau tes doigts, gênée comme jamais. Tu ne pouvais pas dire exactement que c’était pour ton sensei, ou tu passerais pour quelqu’un d’étrange. Mais depuis quand ça te dérangeait ? Depuis que tu tentais d’agir normalement devant Yahiko-sensei, de lui faire croire que tu n’étais pas aussi bruyante que ça, aussi maladroite ? Mais chérie, c’est précisément ce que tu es.

« C’est un garçon que j’aime beaucoup…, expliquas-tu avec hésitation. Mais il ne le sait pas, et… et j’ai envie de lui offrir un cadeau, pour qu’il n’ait pas froid l’hiver… Un bonnet serait bien… du coup… » Tu pinças les lèvres. « Il n’y a rien à raconter. » Un petit rire. « Mais… ça lui ferait plaisir. Et j’ai envie qu’il soit heureux. »

Tu finis avec un léger soupir ; ni triste, ni heureux.

« Alors, vous pouvez m’aider ? », demandas-tu avec espoir.
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Lun 31 Déc 2018 - 0:48
« Un garçon que tu aimes beaucoup donc… » rêvassa-t-elle avec un sourire idiot.

L’égo de Nora était flatté. Terriblement flatté. Et ce n’était guère parce qu’une jeune fille toute mignonne la sollicitait pour un quelconque apprentissage. Mais bien parce qu’elle avait eu le nez creux. Son désir de tricoter était bel et bien alimenté par la présence d’un homme dans sa vie. La petite préférait tout de même garder une certaine ambiguïté autour de ce fameux garçon. Ce qui laissait à l’ex-moniale, la possibilité de laisser libre cours à son imagination. Et bien évidemment, elle ne s’en priva pas une seconde. Quelle était son âge ? Quelle était la couleur de ses cheveux ? N’était-ce qu’une attirance innocente ? Avait-elle besoin de connaître le tricot pour séduire cet être ô combien chanceux ? Les réponses manquaient, mais ces innombrables mystères la firent littéralement saliver. Décidément, les mégères du clan Metaru déteignaient sur elles…

« Désolé… je me suis égarée un moment ! » se secoua-t-elle à au moment où la gêne montait crescendo.

Très honnêtement, l’ex-moniale semblait désormais en manque d’arguments. Elle ne trouvait quoi lui dire pour la dissuader. En effet, les secondes défilants, elle cédait petit à petit face au regard puissant de la petite fille, mais elle avait du mal à le lui avouer. De la fierté ? Rare évènement que voilà. Elle, qui cherchait constamment à être modeste n’arrivait pas à accepter cette défaite. Ou du moins, elle avait besoin d’un peu temps pour accepter cette fatalité. Car oui, tout portait à croire qu’il faudrait enseigner l’art du tricot à cette gamine. Elle n’était pas têtue au point de la faire patienter plusieurs heures, mais ces quelques secondes de soupir étaient un doux réconfort avant de s’atteler à cette lourde tâche.

« Bon allez, viens approche-toi ! » lui ordonna-t-elle tendrement. « Assieds-toi là ! » lui précisa-t-elle en dégageant une place sur le banc.

Puisqu’il fallait mettre la main à la pâte, autant mettre tout le monde dans de bonnes conditions. Et pendant qu’elle laissait son élève temporaire s’installer près d’elle, Nora retira de son sac, plusieurs paires d’aiguilles à tricoter. Il y en avait de tous les types. En bois, en fer et même en bambou. La première mission que Nora s’était donnée était de lui présenter l’équipement qu’elle allait devoir utiliser. « Pour commencer, les aiguilles ! » précisa l’ex-vagabonde pour suppléer ses actes. Et sur ses paroles d’introduction, la demoiselle des sables pointa les aiguilles en sa direction et rajouta un petit complément d’information. « Comme tu peux voir, tu peux en avoir de plusieurs types et les dimensions peuvent également être variables. Les plus courtes font une vingtaine de centimètres et les plus longues peuvent atteindre une soixantaine centimètres. »

Sans frimer, elle ne garda qu’une paire d’aiguilles en fer et rangea les autres. Puis dans un mouvement presque naturel, elle les fit tournoyer entre ses doigts. Dans chacune de ses mains tournoyaient une aiguille en fer d’environ 25 centimètres. La rotation était fluide et marquait une certaine maîtrise le doigté ainsi que dans le poignet. Et comme si cet effort était d’une facilité déconcertante, elle se tourna vers son élève et lui déclara « Il n’y a pas de meilleures baguettes que d’autres ! Il s’agira surtout d’une question de préférences. Pour ma part, j’utilise des aiguilles en fer. Elles sont plus lourdes que des aiguilles en bois ou en bambou. En revanche, si tu es une habituée des senbons, ce ne devrait pas être un problème ! Il faudra simplement t’habituer au diamètre plus large des aiguilles à tricoter… » l’informa-t-elle pour qu’elle ait les cartes en main lors de sa décision finale.

Et sur ses paroles instructives, Nora empoigna sévèrement ses baguettes. D’un regard furtif, elle scruta les environs pour y trouver une cible de choix. Un arbre entouré de buissons et disposé plusieurs dizaines de mètres. Le moment qui suivit fut rapide et technique. D’un mouvement rapide et tonique, Nora se leva et balança violemment les deux aiguilles en fer en direction de l’arbre. Et alors que la première s’encastra directement dans l’écorce de l’arbre, la deuxième se dirigea dans le buisson positionné juste devant l’arbre. La deuxième aiguille était censée faire mouche et alors qu’elle traversait les feuillages de la broussaille, un « OUHHHHHHHH » résonna douloureusement dans tout le parc. Nora n’eut même pas le temps de se demander quelle était la raison du problème qu’il se révéla de lui-même. Un homme qu’elle ne connaissait pas et qui souffrait le martyr à cause d’une aiguille plantée dans son postérieur « Je suis désolé, mamzelle. Je vous espionnerai plus, c’est promis… » Hurla le voyeur en courant à tout allure vers l’hôpital. Une situation bien cocasse que voilà, mais qui ne manqua de faire doucement rire la jeune Nora.

« On va faire un petit jeu ! Prends deux aiguilles, celle que tu veux. Si tu arrives à toucher le même arbre avec tes deux aiguilles, on poursuivra l’apprentissage. D’accord ? » lui proposa-t-elle avec excitation. De quoi retarder l’échéance voire carrément l’annuler. Ce genre de petits exercices pouvait rendre un apprentissage plus amusant. Et puis, qui sait ! Si par mégarde, elle décochait une aiguille sur un voyeur caché, elle pourrait s'enticher d'un nouveau rire...
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Lun 31 Déc 2018 - 12:41
Tu acquiesças à la constatation de la jeune femme, qui affichait le même sourire idiot que toi. Oui, tu l’aimais beaucoup, ce garçon, cet homme ! tu étais amoureuse de Yahiko-sensei, et il méritait le meilleur bonnet tricoté possible pour l’hiver. Tu tenais à réchauffer ses oreilles comme il fallait ; que tu étais innocente et pure dans ton amour, ma Shimi, ma chérie, mon souffle de vie. Et tu ne te doutais même pas que face à toi se trouvait une commère, une femme qui adorait tout entendre sur ta vie amoureuse (inexistante, soit dit en passant). Tu ne te doutais de rien, tu te contentais de rosir, un sourire vraiment stupide aux lèvres. Si elle savait ! qu’il était bien plus âgé que toi, qu’il était ton professeur, que tu n’avais qu’un stupide béguin pour lui ! Peut-être trouverait-elle ça moins mignon, plus effrayant ; ou peut-être l’inverse, après tout je n’ai jamais compris les femmes. En quoi la folie amoureuse qui te guettait pouvait être adorable ? C’était répugnant, dégoûtant, tout sauf mignon.

« Oh, ce n’est pas grave ! J’étais aussi perdue dans mes pensées ! », expliquas-tu avec un petit rire gêné, une main grattant l’arrière de ta tête.

Allait-elle finalement se décider à t’apprendre le tricot ? Tu l’espérais sincèrement ; tu pouvais toujours trouver quelqu’un d’autre, ou aller à la bibliothèque pour chercher un livre sur l’art de tricoter, mais tu sentais que cette femme était la personne. Tu ne savais pas vraiment pourquoi, mais tu savais que c’était elle qu’il fallait aller voir. C’était stupide, vraiment, mais c’était comme cela que tu le ressentais.

Et elle finit par te dire de venir t’asseoir à coté d’elle. Un immense sourire éclaira ton visage rond, tandis que tu t’inclinais plusieurs fois de suite en disant « Merci, merci ! ». Tu courus presque jusqu’au banc ; une fois tes fesses posées dessus, elle t’expliqua la différence entre les aiguilles. Tu regardais celles en bambou avec des étoiles dans les yeux : tu avais toujours aimé le bambou, sans vraiment savoir pourquoi. La matière, la couleur, l’odeur t’attiraient. Tu te voyais déjà avec de petites aiguilles en bambou entre les doigts, en train de tricoter avec amour le bonnet rouge et blanc de Yahiko-sensei.

Je crois que je vais rendre mon repas pendant que tu apprends ; surtout, ne fais pas attention à moi.

« C’est tellement intéressant… », ne pus-tu t’empêcher de marmonner en écoutant la jeune femme t’expliquer les différentes tailles des aiguilles.

Tu te régalais, métaphoriquement parlant. C’était presque aussi bon qu’un gâteau saupoudré de sucre. Et même si tu n’avais jamais utilisé de senbon, tu sentais que tu saurais manier les baguettes à la perfection ; de quoi être la parfaite femme au foyer pour Yahiko-sensei— STOP. Tu t’arrêtes tout de suite ! Je te laisse deux minutes pour vomir et voilà que tu penses à te retirer dans une maison pour y faire le ménage et la cuisine pour le restant de ta vie ! Non, non, non ! Nous sommes une femme forte et indépendante ! Et ne me dis pas qu’une femme au foyer peut aussi être forte et indépendante, tu sais bien que je suis trop bornée pour écouter ces… balivernes !

Les gosses, j’vous jure.

Notre attention fut de nouveau captivée lorsque la tricoteuse (j’aime ce surnom.) envoya sévèrement ses baguettes en direction d’un pauvre arbre qui n’avait rien demandé. Il ne faisait que pousser là ! Au mauvais endroit, au mauvais moment, comme on dit. La première aiguille s’enfonça dans le l’écorce du tronc (ouille.), tandis que la seconde alla dans le buisson à côté ; avait-elle raté ? Dis-moi que oui, que je puisse me moquer !



Disons que oui, et non ; je m’explique : un homme n’est pas censé sortir d’un buisson en se frottant douloureusement le derrière. Si j’étais toi, je n’énerverais pas la tricoteuse. Apparemment, l’homme l’espionnait ; et la tricoteuse rit, d’un rire qui, dans cette situation, était maléfique. Une goutte de sueur glissa le long de ta tempe. Tu la tenais désormais en plus grand respect qu’avant. Cette femme était une kunoichi, et une kunoichi talentueuse, qui plus est.

Un petit jeu ? Oh, non. Elle allait te tuer. Cours ! Cours pour ta vie, pauvre folle ! Les femmes et les enfants d’abo— Non, pas les femmes ! Les hommes et les enfants d’abord ! Aaah, c’est le Titanic ! L’iceberg, évite l’iceberg ! Noooooooo—

« Je vais essayer ! », t’exclamas-tu avec joie en attrapant avec douceur deux aiguilles en bambou.

Tu les mis entre tes doigts, serras fort, visas l’arbre, et lanças.

Du moins, c’est ce que tu voulais faire. Les aiguilles restèrent accrochées à ta main, vacillant doucement. D’accord, pensas-tu, moins de force ! Il fallait les serrer juste assez pour avoir une prise ferme, mais pas trop fort non plus au risque qu’elles ne restent « collées ».

Deuxième tentative. Tu les remis entre tes doigts, serras juste assez à tes yeux, visas l’arbre, et lanças.

Les aiguilles tombèrent dans l’herbe.

« Ça compte pas, ça compte pas ! t’empressas-tu de rire tout en ramassant les aiguilles. Je recommence ! »

Plus de force dans le lancer. D’accord. Petit à petit, pas à pas ; tu allais bien finir par y arriver !

Des millions d’essais plus tard, tu les remis une énième fois entre tes doigts, serras juste assez fort, visas l’arbre, et lanças juste assez fort.

Les aiguilles allèrent se planter !... à côté de l’arbre. Bon, c’était un début !

« J’ai réussi à les planter ! dis-tu en pointant les aiguilles du doigt. C’est presque ça ! »

En espérant que la tricoteuse ne s’était pas endormie face à ta nullité.

_________________
Did you know
THAT I LIKE YOU?
TELL ME NOT TO LOVE YOU THIS MUCH

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Ven 4 Jan 2019 - 17:07
Non seulement, le spectacle fut divertissant, mais il arracha un sourire rieur à la jeune fiancée. Alors que Nora avait prévu de refuser son enseignement en cas d’échec, la prestation de la candidate laissait l’ex-moniale perplexe. Cette petite bouille essayant inlassablement était bien trop mignonne pour être un tant soit peu critiquée. De même, qu’il était dur pour la jeune femme de rester indifférente face à cette jeunesse persévérance. Pas un instant, la blondinette n’avait abandonné. Et même si le résultat escompté était loin de ses espérances, la participation de cette jeune énergique méritait au moins d’être récompensée. Un soupir et la demoiselle des sables prit un air interrogé et rétorqua donc aux jacassements de l’adolescente :

« Comment ça, ‘’C’est presque ça’’ ? Regarde bien ! » Nora lui pointa alors l’arbre du doigt. Et pendant que la blondinette la quittait du regard pour aller observer l’arbre, l’ex-moniale en profita pour jeter furtivement deux aiguilles en bambous. Ces dernières vinrent alors s’encastrer dans l’arbre. « C’est bien toi qui as planté ces deux aiguilles en bambous dans l’arbre, non ? Moi j’ai seulement été une spectatrice de tes beaux lancers… » affirma-t-elle très exagérément. Ses lancers furtifs furent très peu discrets. D’ailleurs, Il était fort probable que la petite ait entraperçu les baguettes avant qu’elle ne se plante à moitié dans l’arbre. De toute façon, elle avait forcément entendu le son frissonnant des aiguilles perçant le vent vers le malheureux conifère. Il ne fallait pas se voiler la face. Le mensonge était évident, mais permit d’amorcer efficacement la suite des évènements.

« Allez ! Va récupérer les baguettes pendant que je prépare de la laine ! » l’invita-t-elle à faire en attendant que tous les préparatifs soient mis en place. En fait, il y avait juste à sortir quelques pelotes de laine. Et à la rigueur, décider quelle couleur de laine. « Tu travailleras avec de la laine blanche uniquement ! » La prévint-elle pendant qu’elle ramassait les aiguilles. Pour une débutante, il n’y avait pas besoin de s’attaquer à des mélanges de coloras différents ou à la création de motifs complexes…

Pour le moment, Nora voulait simplement qu’elle range toutes les aiguilles éparpillées ça-et-là dans le parc. Si un administratif ou tout simplement un agent fédéral voyait les dégâts non négligeables qui avaient été causé à ce pauvre conifère, elles auraient toutes les deux de sacrés problèmes… Mais un tel scénario avait peu de chances de se produire. Même s’il faisait jour, les policiers ne venaient que très rarement surveiller ce parc. Elle faisait donc appel à sa bonne étoile pour qu’aucune personne indésirable ne vienne les embêter. Et surtout pas au moment où la pauvre petite était en train de retirer toutes les aiguilles du parc. Et soyons francs, la milice ne râlerait pas trop pour les dommages subies par ce pauvre arbre. Ils avaient d'autres chats à fouetter que réprimander les idiots dégradants les espaces publics de la ville.

« Euh, excuse-moi petite, je travaille pour la police de Kumo ! Un kumojin se serait fait agresser dans le parc par une jeune fille avec des baguettes, est-ce que tu n’aurais pas des infor… » entendit-elle soudainement alors qu’elle fouillait des babioles dans son sac. Un sursaut immédiat puis un rassurement immédiat. Elle n’était pas la personne interloquée. Cependant, elle grimaça tout de suite après, lorsqu'elle aperçut la petite fille justement en train interpelée par un homme dont la tenue correspondait bien à celle de la milice du village. Une inattendu tragédie que voilà et qui ne sembla guère s'arranger « Je crois plutôt que tu vas devoir m’expliquer ça petite… et il y a intérêt que tu sois convaincante ! » haussa-t-il brusquement d’un ton en pointant du doigt de vilaines preuves matérielles. Que dire si ce n’est qu’elle accablait évidemment son destin en tenant des aiguilles dans ses mains.

En tant que mentor, il était du devoir de Nora de régler ce malentendu. Grâce à ses relations, elle pouvait faire disparaître ce problème en un clin d’œil, mais était-ce marrant de renvoyer Monsieur l’officier comme ça ? Puisque Nora avait pu être première spectatrice de l’odieuse persévérance pouvant animer la blondinette, elle était désormais curieuse de voir comment elle pourrait réagir face à cette situation pour le moins inattendue. Diplomatiser avec l’officier ? Frapper l’officier ? S’enfuir sans rien dire ? Balancer le véritable coupable, Nora ? Jouer le bouc-émissaire ? Les innombrables finalités possibles rendaient cette situation excitante… Et dire qu’elles n’avaient toujours pas commencé à tricoter quoi que ce soit. Que le destin pouvait être facétieux…
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Ven 4 Jan 2019 - 18:36
Tu persévérais, encore et encore, sans jamais t’arrêter. Tu ne pouvais juste pas ne pas réussir. Tu sentais au plus profond de toi cette envie de gagner, de tout rafler, d’avoir une récompense – cette envie qui venait de moi. Tu ne voulais plus seulement faire plaisir aux autres ; tu voulais te faire plaisir à toi. Tu voulais sourire pour toi, rire pour toi, faire tant de choses pour toi. Tu voulais gagner, encore et encore, sans jamais t’arrêter. Alors tu continuais ; tu lançais ces aiguilles à cet arbre qui n’avait rien demandé. Et je te félicite pour ça, ma Shimi, ma chérie, mon souffle de vie : je te félicite au lieu de te blâmer, parce que tu ne lances plus avec un objectif altruiste en tête. Tu vises avec un objectif égoïste.

Lorsque tes aiguilles se plantèrent à côté de l’arbre, tu jacassas que « c’était presque ça ». Ce à quoi la jeune femme te pointa l’arbre et te montras… deux aiguilles, parfaitement plantées dans l’écorce (tu n’étais pas sûre, mais n’était-ce pas elle qui les avait plantées ? Oh, peu importe ce que tu avais vu ou entendu, tu étais bien trop heureuse).

« C’est… c’est moi qui aie fait ça ? », osas-tu demander avec une petite voix.

Toi, Kamijiyū Shimi, tu avais réussi à planter deux aiguilles dans un arbre ? En les lançant seulement, comme des senbons ? Tandis que je te criais que c’était impossible, tu fermas les poings avec une mine ravie ; tu venais de prendre un peu plus confiance en toi (une confiance inutile, car basée sur de faux faits). Cesse d’être naïve, cesse de lui faire plaisir, et écoute-moi ! Tu es nulle au lancer d’objets, alors… cesse !

Je t’en prie, cesse d’être comme ça.

« Oui, senpai ! », rétorquas-tu lorsqu’elle te dit de ramasser les aiguilles gisant au sol.

Tu fis un petit signe militaire puis, avec un rire, te hâtas à récupérer les outils. Tu tentais de faire vite, t’imaginant déjà fabriquer toutes sortes de choses, comme des pulls, des gants, des pantalons, même ! Oh, tu pourrais faire des vêtements pour tes poupées et peluches ! Magnifique ! (Je vais vomir.) Bien sûr, tout serait blanc au début, mais justement, ce n’était que le début ; plus tard, tu pourrais faire des choses des couleurs de l’arc-en-ciel, tu en étais certaine.

« Hm ? »

En entendant quelqu’un te parler, tu tournais la tête (tu étais actuellement en train de tenter de retirer les dernières aiguilles de l’écorce de l’arbre. Des aiguilles plein les mains, tu fixas avec les sourcils haussés le policier face à toi. Ton visage perdit quelques couleurs en entendant ce pourquoi il était là ; ton visage se fit complètement pâle lorsqu’il t’ordonna de t’expliquer. Tu déglutis, jetas un coup d’œil à la tricoteuse, au policier, aux aiguilles dans tes mains, à l’arbre, au buisson où se trouvait anciennement le voyeur. Tu… qu’étais-tu censée faire ?

« Je… je… Je n’ai pas… »

Face à toi, le policier commençait à s’impatienter ; tu l’entendais taper du pied. Balance-la, voyons ! Personne ne t’en voudra ; c’est elle l’adulte, c’est à elle de te protéger et de gérer.

« Je ne voulais pas… enfin, justement ! Je n’ai rien… f-fait ? »

Roh, laisse-moi prendre les commandes. Respire, ça va aller, et écoute-moi. Enfin, à moitié ; on ne veut pas te faire passer pour une bipolaire.

Les aiguilles toujours dans les mains, tu respiras profondément et fermas les yeux un instant. Ça va aller. Tu peux le faire. Maintenant, bluffe-le !

« Je suis désolée, monsieur, commenças-tu. J’essaie d’apprendre à tricoter, et j’ai pensé que faire cet exercice serait bien pour m’apprendre à tenir les aiguilles. » … ou dis une moitié de vérité. Après tout, pourquoi pas ? « C’est alors que j’ai lancé mes aiguilles, et… »

Tu savais comment perdre les gens ; il suffisait de beaucoup parler. Et c’est ce que tu fis durant les cinq prochaines minutes, à parler, encore et encore, à décrire chacune de tes actions. En face, le policier commençait presque à piquer du nez.

« … et c’est là que, surprise, j’ai encore raté ! Les aiguilles ont atterri dans ce buisson, là, et un homme en a jailli ! Il a avoué qu’il nous observait, la dame et moi, et… et c’était en fait un pervers ! », réalisas-tu avec une inspiration horrifiée.

Tu es douée pour mentir à moitié, tu sais ?

« Je suis vraiment désolée, monsieur le policier, je ne voulais pas blesser cet homme… j’espère que vous me pardonnerez ! »

Tu t’inclinas, la tête penchée vers l’avant. Non, tu n’étais pas désolée. Par contre, tu espérais vraiment qu’il te pardonnerait.

« Euh…, commenças le policier. Ça va pour cette fois, mais ne recommence plus ! Et attention aux arbres ! »

Il partit en marmonnant quelque chose à propos de pipelette, tu ne compris pas trop…

Avec un sourire, tu saluais le policier et retirais joyeusement les aiguilles de l’arbre (enfin). Tu retournais ensuite vers la tricoteuse.

« C’est bon, on peut continuer ! »

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Dim 13 Jan 2019 - 22:32
Machiavélique. Tout simplement machiavélique. Derrière ses airs mignons et innocents, la jeune blondinette avait déjà compris l’emprise qu’une jeune fille pouvait avoir sur les hommes. Alors qu’à son âge, Nora était encore un garçon manqué peu reluisant, son élève était déjà capable de jouer sur la corde sensible de ses victimes. Dans quelques années, l’ex-vagabonde ne serait guère étonné de voir ce bout de femme frêle, se transformer en gracieuse femme faisant rêver l’esprit de tous les hommes. La petite fille avait également cette dose de culot rassurante. A l’avenir, elle ne serait pas non plus le genre de femmes dociles se laissant faire par les plus odieux mâles. Et qui sait, peut-être sera-t-elle-même celle à tenir la culotte dans son couple ?

« Mentir de la sorte à un policier… à ton âge en plus ! » soupira-t-elle en faisant littéralement un facepalm. Elle n’en revenait tout simplement. Après l’avoir vu à l’œuvre, Nora était certaine que la petite avait tout ce qu’il fallait pour devenir une femme fatale plus tard. La beauté innocente. L’audace maladive. « Ce n’est pas bien du tout ! » répondit-elle sévèrement en lui faisant toutefois un clin d’œil malicieux. La demoiselle des sables ne comptait même plus le nombre de fois qu’elle avait abusé de son minois pour obtenir ce qu’elle désirait. Si être en couple avait atténué cette fâcheuse tendance, elle ne pouvait ignorer cette part peu glorieuse de son passé. « Tu aurais pu me dénoncer, tu sais. Je ne l’aurais pas mal pris ! » préféra-t-elle rajouter pour s’afficher comme un professeur juste… Nora aurait dû rajouter que sa simple présence aurait renvoyé le policier chez lui. Un privilège bien particulier…

Il était maintenant temps de parler travail. Ou plutôt de tricot. La petite n’avait abordé la jeune brune que pour cette unique raison. Il était grand temps de la récompenser après ses efforts physiques. Après une longue expiration ennuyée, Nora entra enfin dans le vif du sujet. « Regarde attentivement mes mouvements ! » Lui précisa-t-elle sur un ton didactique. Elle sortit tout d’abord ses baguettes métalliques et lui montra comment elle les tenait. Et d’un mouvement presque répétitif, elle produisit dans le vent, les mouvements qu’elles effectuaient pour créer des mailles en tricot. D’abord lentement, pour qu’elle puisse voir avec minutie, la position de ses doigts, puis la manière avec laquelle elle tenait puis bougeait ses aiguilles.
« Voici comment je tiens et bouge mes aiguilles pour réaliser des mailles de laine ! » imagea-t-elle en arrêtant brutalement de tricoter dans le vent. En apparence, cette démonstration pouvait paraître effrayante en apparence, mais Nora tenait simplement à ce son élève d’un jour contemple une maille de laine. « Tu n’es absolument pas obligé de tenir tes baguettes comme je le fais. En fait, tu peux même tenir le fil de la manière qui te plaît. A toi juste de trouver la position dans laquelle tu arriveras le mieux à le faire. Les personnes qui m’ont apprise à tricoter les tiennent dans des positions très différentes par exemple. » rigola-t-elle pour la rassurer d’une quelconque difficulté. Pour être encore plus pédagogue dans son enseignement, Nora eut une idée lumineuse.

« Pour l’instant, tu n’as qu’à imiter les gestes que je réalise. Au fil des mailles que tu créeras, tu trouveras la position dans laquelle tu préféreras tricoter. » ajouta-t-elle sur un ton compatissant.

Très lentement, elle commença à s’exécuter. Chaque geste était réalisé de manière millimétrée et était souvent accompagné d’une petite explication intéressante. Pourquoi mettre sa pelote ici ? Pourquoi garder une certaine longueur de fil à cet endroit ? Les yeux pétillants de la petite était attentive et en un clin d’œil, elle réalisa sa première maille. Pas la plus dure me direz-vous puisqu’il s’agissait seulement d’entourer l’une de ses baguettes avec le fil de laine. La partie se corsait ensuite. Pas trop non plus. Tout était une question de doigté. Dans une vitesse que la petite pouvait suivre sans problème, Nora effectua tous les gestes qu’il fallait pour créer les mailles suivantes. Et pour que la petite s’imprègne idéalement de ces gestes, Nora guida ses mains pour qu’elle découvre comment réaliser une maille. Et ainsi, après plusieurs minutes de dur labeur, elle put se rendre compte du résultat qu'elle devait obtenir. Plusieurs mailles, tout simplement...
Les mouvements maintenant enregistrés dans sa tête « Allez, à ton tour maintenant ! », elle la laissa appliquer toute seule les gestes qu’elle lui avait enseignés. Et pendant ce temps, Nora s’attela au tricotage de son carreau de laine. Sans soucier de la progression de son élève, elle continua à sa vitesse son ouvrage. Si la petite blondinette avait une question, elle consulterait Nora. Etant toutes les deux sur le même banc, elle n’aurait pas à parcourir une grande distance pour l’interroger. De même, la jeune fille pourrait la questionner s’il y avait le moindre problème… En fait, une question ? Nora en avait bien une. Après plusieurs minutes où seul le tricot s’ébrutait entre elles, une question fusa. Une question toute bête « Parle-moi de ce garçon que tu aimes beaucoup… Je suis curieuse ». Un grand sourire illuminait ses lèvres. Le même sourire que celui des mégères affamées de potins…
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Sam 19 Jan 2019 - 19:04
Pouvais-tu réellement être si machiavélique, derrière ces airs purs et innocents ? Non. Du moins, j’en doutais ; car après tout, ce n’était qu’un jeu pour toi, quelque chose que tu faisais pour t’amuser. C’était peut-être cela, qui rendait le tout magnifique, si délicieusement fourbe : cette envie de t’amuser, de jouer avec les autres, avec ce pauvre policier qui ne faisait que son travail. Au final, si ; tu étais sûrement machiavélique. Oh, tu allais bel et bien être magnifique, plus tard ; d’une magnifique fourberie. Je m’en lèche les lèvres d’avance.

QUOI ?! Comment ça, mentir ? Tu n’avais pas menti, tu avais juste détourné la vérité ! Il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu’un vieux pervers vous avait espionnées, mais tu pouvais au moins faire semblant de ne pas savoir. Et voilà que toi, les joues roses d’une gêne incompréhensible à mes yeux, tu baissais la tête pour marmonner des excuses. Il faut dire que face à son soupir, tu commençais à comprendre que ce que tu avais fait était mal (mais non ! C’était pour ta survie dans ce monde de brutes, bon sang !). Et pourtant, lorsque tu osas relever les yeux, tu vis la tricoteuse te faire un clin d’œil.

Aussitôt, un sourire vint éclairer ton visage.

« Je n’aurais jamais pu vous dénoncer, madame. », dis-tu sincèrement.

Gentille. Pure. Innocente.

Vivement que je puisse te souiller.

C’est à ce moment que l’heure d’apprendre commença (enfin, après tout, tu ne l’avais abordée que pour cela). Sans même t’asseoir à côté d’elle, tu te rapprochas pour mieux observer ses mouvements. Tu fixais ses mains, fascinée : comment faisait-elle pour être aussi gracieuse ? Tu avais déjà vu ta mère tenter de tricoter, sans succès ; ce qu’elle faisait ressemblait à un combat, plutôt qu’à une danse. Alors que là… là, nous étions toutes deux impressionnées. Elle pouvait impressionner et tuer avec ses aiguilles. C’était une danse martiale, mortelle, captivante. Tu écoutais toutes les instructions qu’elle te donnait, les notais dans un coin de ta tête, te demandais encore et encore comment ; juste comment ; elle faisait.

Actuellement, tu n’étais plus la Shimi adorable qui n’avait aucun ami. Actuellement, tu étais une élève, prête à apprendre et qui était concentrée sur son professeur. Fais ça pour lui. Fais ça pour nous.

Tu t’assis alors près d’elle, et mis tes baguettes en bambou de la même manière qu’elle avait mises les siennes. Tu l’imitais, comme elle t’avait dit de le faire. Tu étais une bonne élève. C’est ainsi que vous vous retrouvèrent à faire vos mailles, les siennes parfaites, les tiennes beaucoup moins, même si tu tentais désespérément de parfaire tes mouvements. Tu n’avais qu’une seule chose en tête, et ce n’était plus Yahiko-sensei : non, c’était bien plus important. C’était son cadeau, celui que tu devais lui offrir. C’était ton objectif, lui faire un bonnet pour l’hiver, pour qu’il puisse tenir ses oreilles au chaud, peut-être même qu’il pense à toi. Que tu étais naïve.

Comment ? Parler de lui ? Ton visage devint complètement rouge. Rien que de penser à lui faisait battre ton petit cœur, te donnait envie de t’éventer, te faisait respirer plus rapidement.

« Je… je l’aime beaucoup, c’est tout. Il n’y a rien à savoir, t’empressas-tu de dire. Enfin… il est beau. Et il est plus grand que moi, et ses cheveux sont blancs ; sauf que ça ne le vieillit pas du tout, ça lui donne juste un air… plus mature. Et il est très gentil. Il m’a déjà réconfortée lorsque ça n’allait pas, et… et c’est peut-être pour ça que je l’aime. Parce qu’il prend soin de moi. » Tu te concentrais sur tes mailles. « Il fait attention à moi, et… et ça me fait bizarre. Je n’arrive pas vraiment à l’expliquer, juste… Je l’aime bien, et je ne veux pas qu’il attrape froid cet hiver. »

Tu lâchas un soupir heureux. Il te rendait heureuse.

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Aujourd'hui à 1:26
« Tu l’aimes beaucoup ce garçon, dis-moi… » sourit-elle à ses propos en adoptant la tête exagérée des adoratrices de potins.

S’intéresser aux histoires croustillantes des autres n’était pas trop le dada de Nora. Pendant le mandat de Kage qui avait vu Metaru Shuuhei au pouvoir, jamais elle n’avait eu la désobligeance de se fouiner dans les affaires de son fiancé. Elle n’en avait tout simplement pas la légitimité. De plus, connaître ce genre d’informations top secrètes pouvait s’avérer plus dangereux qu’autre chose. Cependant, connaître les détails sensationnels d’une vie classique ne la dérangeaient pas du tout. A force d’écouter les potins de toutes les mégères du clan, elle y avait naturellement pris goût. Et aujourd’hui, sa pauvre petite apprentie semblait condamnée à être harcelée de petites questions ‘’sensibles’’. Dommage qu’aucun être compatissant n’était présent pour la réconforter. Seul un regard immensément curieux était posé sur sa frimousse.
Il faut dire que sa petite bouille digne d’une tomate mure avait de quoi la faire chavirer. Sans même prononcer le célèbre nom, elle savait que la petite était la victime de ce légendaire syndrome. Ah l’amour ! Une émotion primaire et pourtant difficile à définir concrètement. Peut-être que blondie appréciait le tricot à un stade que Nora ne soupçonnait guère. En revanche, l’ex-moniale était pratiquement certaine que cette envie de tricot était un tant soi animé par son petit cœur battant a chamade. Le sourire de Nora était grand. Elle avait littéralement des étoiles dans les yeux. Tout en tricotant une écharpe, elle avait trouvé une attraction des plus plaisantes. Mais l’âge assez jeune de son élève était à prendre en compte. Inutile de brusquer les choses…

« Ne sois pas stressée… » ria-t-elle avec légèreté sans intention d’accabler la petite de toute moquerie. Pour la rassurer davantage de quoi que ce soit, Nora posa même sa main sur la tête de son élève. Une tête angélique égaya alors son faciès. Depuis un petit moment, la dame des sables rêvait de caresser cette chevelure aux pigments si chatoyants. Et sans surprise, elle ne regretta pas ses quelques secondes à côtoyer la douceur d’une crinière solaire. « Tu vas louper tes mailles si tu perds ta concentration... » revint-elle à la réalité telle la professeure qu’elle devait être à cet instant… Quand on sait que Nora était celle qui l’avait perturbé en posant cette malaisante question, on pouvait effectivement dire que l’hôpital se foutait de la charité…

Merci Dieu, Nora en avait conscience et pour se faire pardonner, elle décida de lui attraper les mains pour les guider une nouvelle fois dans le maillage. Une compensation qui paraissait être la bienvenue tant son élève avait encore besoin d’apprentissage. Pour une personne tout juste initiée, trouver ses repères pour tricoter n’était pas chose simple. Où doit se mettre les baguettes à un instant T ? « Et là, tu fais ça ! » répondit-elle de manière brouillonne en exécutant la réponse avec les mains de la petite. Où doit se mettre l’index à un instant T ? Avec un enseignement kinesthésique, la petite fille pouvait s’imprégner de chaque mouvement à effectuer. Les jeunes personnes préféraient s’instruire grâce aux expériences plutôt qu’avec de longs monologues philosophiques.

« C’est de nouveau à ton tour. » lui sourit-elle en laissant s’exercer une seconde fois. De son côté, Nora retourna presque logiquement au tricotage de son bonnet. Une minute. Deux minutes. Trois minutes. Les créations avançaient. De temps à autre, l’ex-moniale pointait le bout de son nez et lui montrait comment réaliser des manœuvres assez complexes à l’image de la maille inverse. En effet, dès qu’elle eut fini sa première ligne de mailles, la maille inverse était entre autres utilisée pour débuter une nouvelle ligne maillée. En soit, elle n’était pas plus compliquée à réaliser qu’une maille classique. Seulement, la petite devait s’habituer à une nouvelle série de gestes, ce qui n’était pas forcément une partie de plaisir. L’ex-vagabonde la laissa donc assimiler cette manipulation qu’elle réalisa ensuite avec brio. Ensuite, il fallut recommencer une nouvelle ligne de mailles, plus courtes cette fois-ci. « Chaque nouvelle ligne réalisée sera plus courte que la précédente. Ainsi la totalité des lignes devrait former un dôme à la fin… incroyable n’est-ce-pas ? » Papota-t-elle tout en tricotant.

Evidemment, il devait être dur pour la petite fille de se concentrer sur les paroles de son enseignante tout en tricotant convenablement. Aussi, elle la laissa à sa production, pendant n minutes. Puis n+1 minutes plus tard, sa langue se délia ‘’involontairement’’ et une nouvelle discussion très rose s’ouvrit. « Au fait… je suis d’accord avec toi ! un homme avec les cheveux blancs dégagent souvent une certaine maturité... et ça fait vraiment très joli ! » affirma-t-elle joyeusement en gardant une effrayante vitesse de tricotage. Et sans s’en rendre compte, elle s’égara du but premier de la discussion. « Ceux de son fiancé sont justement d’une magnifique blancheur… » rêvassa-t-elle bête, les baguettes désormais à l’arrêt. Un vif rougissement la ramena alors sur Terre brusquement. Quelques beuglements plus tard, elle réussit finalement à formuler sa phrase « Il… Il s’appelle comment ce jeune garçon que tu trouves si beau ? Je ne connais pas beaucoup de garçons avec des cheveux blancs… » et elle repartit de nouveau coudre comme si poser cette question fut d’une facilité déconcertante…
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Les bienfaits du tricot [Ft. Shimi]

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