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Découvrir les lieux [Shimazu Aomine]


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Lun 31 Déc 2018 - 16:28
Zô se tenait devant les bâtiments de l'hôpital. Il n'entrait pas, pas encore. Quelque chose d'indicible le repoussait, le tenait à l'écart de ces lieux. C'était à la fois une répulsion et ... une étrange attraction. Comme une affinité malsaine qui l'aurait poussé à franchir ces portes. Il était mal à l'aise. Une odeur de médicaments -odeur qui lui était si peu familière, à lui qui avait grandi au beau milieu de Hayashi no Kuni- flottait dans l'air. Pas un son ne faisait frémir la brise, comme si tous les oiseaux évitaient l'endroit. Seule, une corneille, sur une branche morte. Le silence résonnait du grondement muet du haut bâtiment. Zô n'avait jamais vu d'hôpital. Il n'était jamais entré dans un hôpital. Et il redoutait ce qu'il allait trouver à l'intérieur. Cris, corps, sang ? Autant de choses qui étaient appelées à devenir son quotidien, maintenant qu'il était un soldat de Kiri ...

Il avait résolu le matin même de venir visiter les locaux de l'hôpital. Ses journées étaient encore suffisamment peu chargées pour qu'il puisse se permettre ces excursions dans le village. D'abord, sa motivation était venue d'une réflexion tout à fait rationnelle: s'il devait être blessé au cours d'une mission, il valait sans doute mieux qu'il sache où on lui procurerait des soins. Mais, en chemin, alors qu'il se rayait un passage dans la foule des marcheurs insouciants, un autre sentiment lui était venu. C'était une curiosité, qu'il n'avait pas soupçonnée jusque là. Il avait étudié quelques ouvrages de médecine renfermés dans la bibliothèque de son père, mais ne s'était jamais vraiment intéressé à la discipline, n'ayant eu que les récits rapportés par les quelques auteurs qu'il avait fréquentés pour illustrer leurs théories. Il ignorait encore tout de l'horreur de la blessure, de la vision du sang ruisselant, des maladies les plus douloureuses. Mais, après tout, c'était peut être aussi pour ça qu'il avait quitté les siens: pour voir par ses yeux ce qu'il avait l'impression que les livres ne faisaient que lui cacher.

Sans doute pourrait-il trouver dans cet hôpital les exemples les plus parlants de toutes ces théories et de tous ce maux, qu'il n'avait jusque-là croisé qu'à travers quelques lignes écrites. Naîtrait-il une vocation de cette rencontre ? Il ne pouvait le dire. Mais ça ne lui semblait pas impossible. Pour une raison qui ignorait lui-même, la curiosité qui lui avait fait hâter progressivement le pas sur son chemin lui semblait particulièrement lancinante. Etait-ce parce qu'il s'apprêtait à aborder des rivages presque tout à fait inconnus ? Parce qu'il se plongeait dans les ténèbres des contrées qu'on ignore encore ? Ou bien ...

Mais depuis qu'il était arrivé devant les portes de l'hôpital, il n'avait pu bouger. Il restait figé, à moitié effrayé par les lieux, et à moitié effrayé par lui-même. Il lui semblait que son coeur battait beaucoup plus vite que de raison, qu'il allait bientôt se décrocher. Quel sentiment pouvait bien l'emporter ainsi ? Quelle excitation suffisamment grande pouvait bien lui faire craindre à ce point cet endroit ? Et précisément pourquoi ressentait-il cette excitation-là ? Il porta à ses yeux sa main droite, qui était prise d'un léger tremblement. Il le réprima en serrant le poing. Il ne pouvait pas rester comme ça indéfiniment. Il fallait qu'il sache. Qu'il apprenne quels secrets renfermaient ces portes. Il le désirait ardemment. Il en avait besoin. Il inspira longuement. Et pénétra dans l'hôpital.

Il en traversa les corridors pendant un long moment. Son regard ne restait pas immobile une seule seconde. Il observait frénétiquement tout ce qui passait à portée de ses yeux, malades comme remèdes. Il avait frissonné, d'abord, en voyant les premières horreurs: hommes mutilés, ou couverts de plaies purulentes pas encore refermées, grand brûlés dont la peau était devenue comme une armure de chairs cramoisies et fondues. Mais peu à peu, son esprit avait commencé à s'adapter à toutes ces visions, jusqu'à n'éprouver plus qu'une forme d'indifférence purement scientifique. Zô ne voyait plus dans ces maux, aussi graves soient-ils, que des phénomènes médicaux. Il commençait à reconnaître certaines pathologies, à associer les symptômes qu'il voyait à des lignes qu'il avait lues. Et il s'étonnait lui-même de la soudaine froideur de son regard. Ou plutôt, il la redoutait.

Il finit par s'arrêter sur une chaise laissée dans un hall. Il s'assit et plongea son visage dans ses mains. Son coeur ne battait plus la chamade. Il était redevenu calme. Mais, loin d'en être soulagé, Zô craignait ce calme soudain. Pourquoi s'était-il adouci, ce pouls si furieux quelques instants auparavant. Il aurait dû battre plus que jamais devant tant d'horreurs ! Il aurait dû lui crever la poitrine et percer sa peau, alors qu'il voyait de ses propres yeux les pires sévices que des corps pouvaient subir ! Mais il s'était assoupi ... Zô frissonna à nouveau. Ses mains s'étaient remises à trembler, légèrement. Une infirmière vint poser une main amicale sur son épaule, et lui demanda s'il avait besoin de quelque chose. Il ne lui répondit que vaguement, mais ce fut assez pour l'éloigner.

Finalement, releva la tête. Ses tremblements s'étaient un peu calmés. Son esprit était un peu plus clair. Sans qu'il le remarque, quelqu'un s'était assis à côté de lui. Il se sentit aussitôt gêné de s'être montré si affecté, et, comme pour se justifier, il entama la conversation:

"Etrange, cet endroit, non ? C'est la première fois que je rentre dans un hôpital ... Ca vous remue les tripes ..."

Il fut interrompu par un frisson.
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Lun 31 Déc 2018 - 19:05
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Quotidiennement je me rendais à l'Hôpital, c'était devenu une habitude fréquente que je pris depuis tout jeune, dans des camps improvisés dans le pays. Les guerres intestines, les rivalités claniques et la criminalité étaient omniprésentes sur les terres saintes de l'Eau et aucun Mizujin dépassant la dizaine d'années ne peut prétendre ne jamais avoir vu la guerre ni même le sang couler dans les ruisseaux. C'était un dessin triste pour les hommes mais profondément curatif pour Mère, qui à cette époque me faisait parvenir ses directives chaque jour en Son seul dessin. Je le reconnais, il m'arrivait bien encore de sourire à l'entendre maudire par ses chuchotis les quelques égarés sur un petit chemin en bord de mer, pour que la mort inattendue mais inévitable frappe comme le tonnerre.

En ces temps je ressentais encore une pointe de douleur dans ma poitrine, la douleur de perdre et celle qui me rappelait que malgré mon ascendance divine je n'étais encore aux yeux de Mère qu'un fils terrestre. Certes pour quelques peuplades isolées nous sommes encore considérés comme des demi-dieux, des esprits puissants et en perpétuelle communication avec l'autre monde, mais aujourd'hui il devient bien plus rare que d'espérer par un simple regard, faire naître cette même crainte à qui croiserait notre chemin. La mort nous accompagnait sans nécessairement semer ses graines stériles et empoisonnées, mais lorsqu'elle le faisait personne n'était à l'abri d'être une de ses cibles. Nos offrandes variées voyaient ainsi êtres composées de frères, de sœurs, d'enfants comme d'animaux lorsque nous n'avions rien d'autre à Lui offrir. Ô, toi que j'aime.. pour rien au monde je ne pourrais faire taire ta voix parmi les hommes, car toi seule détient la vérité universelle, celle qui détruit et donne à chaque existence une raison de souffrir. Dans ta destruction tu as créé le réconfort, et dans l'égoïste opulence la maladie. Ils disaient que tu n'étais que malédiction, et beaucoup voulurent t'effacer des mémoires sans comprendre que tu étais celle qui avait créer toute chose. Ciel et terres, âmes et défunts, ton amour insuffla la vie comme sema la mort pour rappeler à tes créations qu'elles n'étaient qu'à ton service. Aussi Mère, je te dois tout, du battement de mon cœur que je ne cesse de vouloir poignarder pour te l'offrir, au souffle de mes sœurs qui mériteraient d'être étouffés. Tout, je te donnerais tout..

-----

L'appel c'était une nouvelle fois fait entendre, et attendu ne pouvait être qu'attiré par ces lieux à le fois étranges comme attirants. En vérité notre Shimazu était un habitué du service médical du village et de ceux qui pouvaient peupler le grand bâtiment de l'Hôpital, aucun ne serait dire qu'il n'a pas déjà vu, au détour d'un couloir comme d'une salle d'opération, un homme vêtu de son kimono souvent taché, à la chevelure brune attachée, déambuler dans les locaux pourtant strictement réservés au personnel.

Ce personnage n'était nul autre qu'un membre du Clan Shimazu disait-on, rien de bien équivoque à la première entendre du nom si ce n'est de sinistres rumeurs liées à leurs origines, comme de leur culte occulte réservé à la gloire d'une divinité de la mort. Rien n'était alors plus surprenant que de trouver cette dernière dans un endroit comme celui-ci, où en l'absence de remède comme de soins les familles du village perdaient un proche, un ami ou un confident. De causes diverses et variées certains mourraient de maladie, de blessures comme de chutes, accidentelles ou non et sous les yeux de notre homme, chagriné par la douleur plus que par ce qui lui succéderait. Il n'était donc par rare qu'une fois à l'intérieur du bâtiment, nous puissions entendre ce grand garçon d'un peu plus d'une vingtaine d'années, aux allures de religieux, de prêtre à l'aura difficilement discernable tant elle tend vers un amour malsain.

Ses sourires étaient fins mais ses yeux sincères, ses chuchotis eux, pas moins réconfortants au moment de s'adresser aux futurs défunts. Oui, c'était son travail à lui, sa petite contribution pour le royaume éternel des morts avec lequel il pensait être en communion à tout instant.

« .. Du royaume des morts tu me feras parvenir ta voix, mon enfant.. Les hommes ne craindront jamais la mort mais la douleur que tu endures, elle, sera le cauchemar de ceux qui vivront à ta place. Aujourd'hui Izanami t'accueil dans Son Palais.. car tu meurs pour elle, petite fille. Ne crois pas un mot de ce que les médecins disent.. » lui disait le Shimazu dans le creux de l'oreille, réconfortant de par sa morale biaisée « ..Aucun espoir ne te sauvera. Alors que tes cris de douleur seront mes chants d'allégresse.. je te remercie. »

Et c'est ainsi qu'Aomine Shimazu s'adressait à ceux qui gravement malades à mortellement blessées, écoutaient parfois horrifiés les paroles de ce jeune homme un peu trop louche à leurs yeux. Même si au fond il ne pensait jamais à mal, tant la vie des Mizujines était précieuse à ses yeux à contrario de celle des habitants du continent, il ne pouvait décemment pas ignorer la vie que donnaient certains de ses contemporains qui pour certains l'eurent connu, en offrande à la Déesse, et à celle qui faisait figure de véritable Mère aux yeux larmoyant du Chûnin.

Il pleurait, et il pleurait encore, des larmes, des torrents de larmes qui dévaleraient ses joues comme une cascade, à l'annonce du décès d'un patient. L'émotion devenait trop forte, trop vive et soudaine pour qu'elle ne puisse être ignorée par lui. La joie était trop immense, indescriptible de part la nature du cadeau que nous lui offrions à chaque fois. Se rendait-il vraiment compte qu'il pleurait de joie au moment où la petite fille malheureuse que la vie n'avait gâté que d'une maladie incurable, rendait son dernier souffle ? Non, au lieu de ça il garderait un fragment de ce souvenir dans un coin de sa mémoire, de ce regard de petit-enfant qui au dernier moment, dans un unique sursaut d'espoir, venait d'apprendre ce que ses parents lui avaient caché pendant toutes ses années. L'hypocrisie l'avait condamnée, la vérité l'avait enfin libérée, et le défenseur de la Foi serait toujours là pour eux.

Le tour des chambres n'avait en revanche pas été rentable, et de la jarre qu'il transportait il ne ressortit de quelques gorgées d'un blessé grave qui n'avait eu que le temps d'être transporté pour finir ses jours dans une des chambres. Une fin tragique, oubliée, négligée mais qui avait au moins eu la décence de pourvoir aux besoins du sanglant dans sa quête du jour. Ses balades n'étaient outre ses prières prononcées, pas dénuées d’intérêts personnels et disposant d'un large éventail de possibilités avec cette substance écarlate, Aomine venait donc enlever aux tombes ce qui pouvait lui revenir de droit. Qu'importe de toute manière se disait t'il, ce qui avait vu le jour par la grâce de la Déesse finirait tôt ou tard en cendre, quant aux corps ils ne devenaient que des véhicules permettant aux âmes de vivre ici-bas.

Après de relatives longes minutes vaines car infructueuses, et séchant ses larmes de joie d'un revers de sa main, Aomine prit place à côté d'un jeune homme de même âge. Sur le coup il n'avait pas nécessairement fait attention à lui, ni même à son bandeau ou encore à son affiliation. Et bien que toute opportunité au prosélytisme était à saisir pour répandre la parole de la seule vraie Foi, c'est avec surprise qu'il fut interpellé par son voisin. Un moment Ao' se demanda si c'était vraiment à lui qu'on s'adressait, le sourcil haussé assez haut pour dévisager son voisin des pieds à la tête. Pas qu'il était particulièrement hautain, mais qui connaissait un minimum la sinistre réputation de sacrificateur de poules ou d'enfants qu'il se tapait, aurait tôt fait de laisser le louche dans sa bulle religieuse.

Sa voix était plus douce qu'une brise, plus brillante qu'un rayon du soleil, mais cette morale inversée était perturbante, et l'on pouvait sans mal avoir des doutes à son égard.

«..Tant qu'elles ne sortent pas de leur cage, tu ne crains rien des bourreaux de cet enfer.. »

Le pli d'une conversation venait de s'engager. Pourquoi ? On ne savait pas tellement. L'attente mutuelle, l'observation, la sociabilisation banale de deux êtres que le hasard rapprochait en ce moment. Et même si le Chûnin accusait de quelques lacunes dans ses relations sociales, il faisait un effort.

« .. Je suppose que je dois te souhaiter la bienvenue. L'on dit qu'à Kiri, si l'on ne meurt ni de vieillesse, de maladie ou sur un champ de bataille, c'est la médecine qui vous tue.. »

Pour une entrée en matière, il y avait de quoi vouloir ressortir de l'endroit bien assez vite, d'autant plus que sous leurs yeux s'amassaient de nouvelles recrues au supplice de la médecine Kirijin. N'était-ce pas pour cela que nous appelions le village de la Brume Sanglante au fond ? Quoi que son voisin ne le savait peut être pas, pour avoir été décontenancé par l'atmosphère suffocante des lieux.

« Que viens-tu faire dans un pareil endroit ? »

La question était stupide, mais il était en droit de se la poser.
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Mar 1 Jan 2019 - 12:00
Zô n'aurait su dire à quoi était du son frisson. Etait-ce simplement un relent de cette étrange sensation qui l'avait étreint avant même qu'il n'entre dans l'hôpital, ou était-ce une réaction naturelle face au visage de son interlocuteur ? Les yeux de cet homme étaient gonflés, comme s'il venait de pleurer. Et Zô aurait pu jurer discerner sur ses joues le net sillon que les larmes creusent sur leur chemin. Mais surtout, l'homme était pâle. D'une pâleur à faire peur. Peut être était-ce un effet de l'éclairage de la pièce ? Zô en était à un point où il n'avait plus aucune certitude sur quoi que ce soit. Il n'aurait pas été étonné si toutes ces impressions n'avaient été que le fruit de son esprit. Voire même si cet homme à qui il parlait n'était qu'une apparition, une illusion qu'il s'inventait lui-même pour se tromper. Mais il parla, et Zô sut qu'il avait affaire à une personne de chair et de sang.

Son ton était étrange, comme venant de quelques limbes. Il avait une voix d'outre-tombe. Mais c'était une voix douce, qui berçait. On avait presque envie de s'endormir, de se laisser porter par cette voix, sans autre souci que de l'entendre continuellement prononcer de douces paroles alors que, peu à peu, l'on s'éteignait. Et pourtant, l'homme disait des choses si cruelles ... Mais si agréables de sa bouche. Zô resta un moment hésitant, après l'avoir entendu. Il ne savait trop quoi répondre.

"Ce n'est pas très rassurant ... Mais, j'imagine que c'est partout pareil, non ? En ce qui me concerne, je n'ai pas l'intention de mourir, de toute façon ..."

Il avait parlé d'une voix désincarnée, qu'il ne se connaissait pas lui-même. Un sourire découpait ses lèvres, mais ses yeux semblaient prêts à verser des flots de larmes. Il serrait toujours les poings, pour les empêcher de trembler. Tentant ainsi de camoufler son trouble, il ne faisait que le rendre plus visible.

"Je ... Je ne suis venu que pour reconnaître les lieux. Je ne connais personne ici, je ne suis pas venu veiller un malade, ni même tenter d'en soigner un. Non, j'en serais bien incapable ... Et, de toute façon, je ne connais personne à veiller ou à soigner, comme je l'ai dit, alors ..."

Sa voix se perdit dans un souffle, et expira en un murmure. Pourquoi avait-il engagé la conversation avec cet homme ?

"Je suis seulement venu en reconnaissance. Je suis un shinobi, alors j'imagine qu'un jour ou l'autre je serai obligé de venir ici, pour me faire soigner ou pour soigner les autres. Alors, autant connaître un peu les lieux ... Et puis, je n'avais jamais mis les pieds dans un hôpital. C'est vraiment ... curieux. D'abord j'étais écoeuré, par l'odeur de maladie qui traîne dans l'air, mais finalement je me suis vite habitué, et j'ai même pris un certain intérêt à voir toutes ces pathologies offertes à mes yeux, que je n'avais jamais vu décrites autrement que dans des livres, et tout ça m'est apparu soudain comme quelque chose de profondément intéressant, qui méritait qu'on se penche dessus, et même presque de fascinant, et-"

Zô s'interrompit. Il avait dit tout ça presque d'un souffle, sans s'interrompre. Mais ce n'était pas le manque d'oxygène qui l'avait stoppé. Non, il avait compris ce qui l'avait fait frissonner, tout à l'heure. Il n'avait pas craint le visage si singulièrement accrocheur de cet inconnu. Il s'était craint lui-même, car, en cet instant, il ne savait pas à quelle facette de sa personnalité il avait affaire. Il ne se connaissait pas lui-même. Et il n'était pas sûr d'aimer ce côté-là de lui.
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Mer 2 Jan 2019 - 17:07
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Ao' représentait assez bien ce pourquoi il avait été créé, finalement. Il était rare qu'il se pose des questions, sur le sens des paroles qu'il chuchotait à l'oreille des morts marcheurs et en devenir, pourquoi le devrait t'il de toute façon. La vie elle-même était à ses yeux cette dette accumulée que la mort annulait de part sa fatalité. Les horreurs, les ignominies mais aussi les pires souffrances ne trouvaient leur rejet qu'à travers des considérations humaines, fondées sur un bien commun certes parfois biaisé, il suffisait de voir pour ça sur quoi reposait la civilisation Mizujine.

Mais au-delà de ça, c'était l'être même, la fonction même de ceux qui portaient le bandeau de la Brume, qui était intimement lié à ce que la vie offrait en récompense. Pour le Shimazu les questions devenaient au fil du temps de plus en plus vaines et irrationnelles, car s'il ne se soustrayait à son destin d'Homme, ce n'était que grâce à la volonté de sa mère la Déesse, et fondatrice de ce Clan connu pour son ascendance si caractérisée par l'occultisme.

Son regard était acéré, il était celui d'un aigle plus que celui d'un vautour, car ce n'est pas tant la mort de son voisin qu'il convoitait, mais la façon avec laquelle il parviendrait inévitablement à rejoindre le destin de ceux qui les entouraient dans cet hôpital. Au fond, il n'était pas de savoir si le Shinobi du même âge que lui, à ses côtés, était en proie à la tristesse, au désespoir ou encore à une émotivité soudaine, à laquelle la conversation serait une consolation. Non, dans son esprit à lui, retourné par cette morale particulièrement contraire aux règles fondamentales, il était plus question de prophétiser la fin de son interlocuteur. Les voix ne lui murmuraient pas encore, et pourtant.. comment rejoindrait-il l'au-delà, serait t'il de ces grands brûlés? Non.. non.. pas ça. Alors tranché par une épée, mh.. non plus.

Pendant plusieurs secondes, on pouvait alors le voir, cet homme pâle et torturé par les possibilités qui allaient jusqu'à lui couper la parole, explorant d'un regard aussi intrigué les traits du visage de son voisin, sans un mot, sans un soupir, juste un regard persistant, oppressant, dérangeant. Encore un peu et on penserait qu'il lui sauterait au cou, mais non. Une fois la réponse en tête, se gardant bien de ne pas lui dévoiler son avenir gratuitement, il reprendrait la parole avec ce même timbre lancinant, détaché.


« .. Il ne peut y avoir de mort pour celui qui vit sagement, Shinobi. »

Sans étonnement il ne connaissait pas son prénom, mais il devait quand même l'appeler par un surnom quelconque, sûrement ne savait t'il pas que lui-même faisait partie intégrante des forces. Pour cause, le Shimazu était atteint de suffisamment de bizarreries pour qu'on le relègue à des tâches mineurs. Quelle tristesse c'était pour lui.. de rentrer le soir et au final se dire qu'il n'avait rien fait de bien, ni pour lui, ni pour Elle. Soufflant la mort, n'être qu'une incarnation de la psyché d'une des plus grandes divinités démiurge, il n'était qu'un fragment de sa puissance, un grain de sable sur une plage. Ce qui ne le privait ni de rêves, mais le confrontait en permanence à sa condition terrestre.

« .. Tu sais .. » Il avait repris un ton calme, à la fois un peu confident, comme un murmure qui interpellait l'esprit, plus qu'une réelle entité « .. Les personnes qui nous sont chères, de celles que tes yeux te montrent .. si elles ne seront les cibles d'aucun malheur .. elles prendront le même chemin. Nous enterrerons le malfaiteur à côté de la tombe de celui qui a subit le méfait, et le temps ensevelira nos espoirs comme s'ils n'avaient jamais existé. »

« .. Si nos joies sont vaines, c'est à se demander quel idéal nous servons. Celui de l'illusion, du mensonge qui nous pousse à croire que vivre et un bienfait. Ou celui qui nous illumine de la seule sincérité de notre temps, la décrépitude de ce que l'on pensait avoir acquis. »

Jeune homme, inexpérimenté, Aomine n'en était pas moins dans une réflexion permanente sur les mots qui sortaient de sa bouche, et qui contre sa volonté sortaient comme un cadeau envers ses contemporains. Sa nature d'homme haïssait profondément ce en quoi il croyait pourtant, qui l'aurait cru fou ? Le paradoxe le faisait plus souffrir qu'autre chose, quand la conclusion qu'il se faisait mettait en péril le sens donné à sa vie. Un instant, il fut pris d'un vacillement, trahissant la tristesse de ses paroles via une lèvre nerveusement mordillée. Si rien n'existait que la mort, pas plus ses paroles que le reste n'avait d'importance. Un nihiliste misanthrope dans un monde de plus en plus irrationnel, éduqué sans autre morale que la servitude inconditionnelle à une entité dont il était dépendant.

En fait, la discussion lancée avait été aussi sourde et muette. Le brun aux longs cheveux se rendant compte qu'il n'était que l'esclave et l'instrument divin d'une autre intelligence, lorsqu'au détour d'un regard, passait devant lui et Zô, la petite fille au bras sans vie, et qui pendait dans le vide, à qui il avait dans ses dernières lucidités souffler les pires vérités.


Aussi pour la première fois il commença à parler de lui, ce qui ne l'enchantait pas tellement vu sa voix qui changeait de ton, pour être plus renfrognée.

« .. Je viens ici pour collecter le sang des défunts, c'est lui qui me condamne à ne jamais mourir entre ces murs. Je sers un petit temple au nord du village, n'hésites pas à venir le visiter, si l'ivresse de la vie t'empêche d'emprunter le bon chemin. »


Sur ces quelques mots, il se pencha un peu et passa une main dans son dos, sortant de dessous une ceinture en tissu bien serré, un Kunaï. Il voulait qu'il se fasse une autre idée de cet endroit, qu'il n'est ni peur, mais qu'il ne croit pour non plus que ces murs sont des impasses. Portant le kunaï à un poignet.. ses muscles se contractant pour se donner la mort.. il était sur le point de se trancher les veines.
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Mer 2 Jan 2019 - 23:00
Zô était interpellé. Plus que par le fond des paroles que cet homme lui murmurait, comme une berceuse, c'était le seul fait qu'il puisse les concevoir qui troublait notre jeune homme. Comment des pensées aussi négatives pouvaient-elles traverser l'esprit de qui que ce soit ? Quelles choses avaient vécues cet homme-là qui le poussaient à voir la vie sous un angle si défaitiste ? Si la joie n'était qu'un mensonge, une fausse vérité, quel autre but pouvait-elle servir ? A travers toutes ses lectures, Zô n'avait croisé aucune réponse à cette question. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir rencontré la question elle-même à plusieurs reprises. Certains des penseurs les plus ascétiques, ceux qui s'éloignaient le plus des considérations matérielles du commun des mortels, s'étaient intéressé aux fondements les plus basiques de la vie, et à ses motivations. Et, si quelques-uns refusaient d'admettre la joie comme motivation de l'existence, ils ne proposaient que de vagues substituts. Des croyances, tout au plus. Des prétextes, aux yeux de Zô.

Le jeune homme avait en effet trop lu, abordé trop d'horizons intellectuels différents, pour pouvoir arrimer solidement son ancre au port de l'une d'elles. C'était précisément la raison de son départ d'Hayashi no Kuni, de son abandon des traditions dogmatiques de son illustre famille: il n'avait trouvé, dans tous les ouvrages qu'il avait lus, aucune doctrine qui avait retenu son attention particulièrement, aucune pensée qui avait tinter le carillon de son âme, aucune philosophie, en somme, qui n'avait réussi à le persuader de son bien-fondé. Et il n'en savait que trop la raison: chaque fois qu'il se familiarisait avec une thèse, il trouvait aussitôt son antithèse chez un autre, sans laisser à la pensée le temps de développer des racines solides dans son esprit. Alors, il s'était retrouvé à errer, de théorie en théorie, perdant jusqu'à la notion même d'utilité de tout ça. Y'en avait-il une ? Tout était remis en question. Rien n'avait de fondement. Voilà la doctrine qu'il avait fuie.

Tout ce cheminement intellectuel lui revenait à l'esprit simplement en écoutant les paroles de cet homme décidément bien étrange, comme si la berceuse de ses mots invitait ses pensées à se délier, à se dérouler interminablement. Et voilà qu'à présent, dans sa tête, se présentait à lui la bobine, nette, sans anicroche, de ses motivations. Peut être était-elle même plus claire qu'il ne l'avait jamais perçue auparavant. Il savait exactement pourquoi il avait quitté les siens: parce qu'il n'avait aucun point d'accroche dans un vaste océan de connaissance qui, sous couvert de l'arrimer à tous les ports, ne faisait que perdre sa barque un peu plus dans un océan infini. De ce problème qu'il avait fui découlait naturellement la solution qu'il cherchait à présent, et qui se précisa à ce moment avec une telle netteté qu'il sentit son coeur accélérer sa course brusquement. Il cherchait ces amarres, ce point d'ancrage. Si toute sa vie il avait emmagasiné des connaissances sans jamais pouvoir en percevoir le fondement solide, stable, indéboulonnable, il fallait désormais qu'il s'applique à trouver ce fondement, cette base sur laquelle il pourrait donner un sens à ses actions. En somme, il ne cherchait ni plus ni moins que le commun des hommes. Mais cette tâche intrinsèque lui apparut si claire, si pure, qu'il se sentit, l'espace d'un bref instant, bien au-dessus de tous les hommes.

Ce sentiment de supériorité morale se trouva bien vide réduit quand Zô revint à la réalité bien physique de l'instant. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Collecter le sang des morts ? Un temple ? Il y avait en effet quelque chose de religieux dans l'aura si particulière de cet homme, mais d'une religion aux frontières de la marginalité. Et ... Zô frissonna en voyant l'éclat du fer tiré des plis du vêtement. Son instinct lui commandait de se protéger lui-même, mais il sentait qu'il n'était pas celui qui avait besoin de protection. Et il avait raison: la lame s'approchait de la peau de son interlocuteur, de son poignet, assoiffée, prête à déchirer la chair pour boire le sang qui semblait pourtant étranger à cette peau si pâle. Zô paniqua, réagit au quart de tour. Il agrippa les deux poignets de l'homme d'une main tremblante, mais ferme.

Il y eut un instant de silence, où l'air ne fut troublé que par la tension presque palpable qui se dégageait de la scène. Zô ne comprenait pas. Il ne comprenait pas beaucoup de choses, et n'arrivait pas à mettre le doigt sur une seule d'entre elles tant son esprit était occupé à vagabonder de l'une à l'autre. Une pensée finit par émerger cependant -la plus importante-: pourquoi cet homme voulait-il se tuer ? Car c'était évidemment ce qu'il avait cherché à faire à l'instant. Son geste n'aurait pu avoir d'autre conséquence. Alors, pourquoi ? Pourquoi dans cet endroit, pourquoi maintenant, pourquoi à côté de Zô ? Les paroles semblaient superflues. Les longs discours de persuasion, en tout cas, l'étaient surement. Zô se contenta simplement de dire:

"Ne faites pas ça. S'il vous plaît."


Il n'avait sans doute besoin d'aucun autre mot, si son but était de persuader son interlocuteur. Le ton de sa voix, le plus pur, le plus innocent qu'il puisse exister, et son regard candide en disaient assez long. Il se contenta de ces paroles, sans desserrer l'étreinte de ses mains sur les poignets de l'autre homme. S'il était vraiment un homme de foi, sa foi venait-elle de vaciller ? Ou était-ce elle qui lui avait commandé de se faire du mal ? Ces deux hypothèses revenaient finalement à une forme de mort, de destruction, que Zô ne pouvait qu'imaginer. Car, dans le feu de l'instant, il avait compris que s'il devait trouver un pilier à ses pensées, ce serait sur la raison et les sciences qu'il s'appuierait. La foi n'était pas pour un esprit comme le sien, trop plein. Elle était trop facile, et trop compliquée tout à la fois.
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Lun 7 Jan 2019 - 19:25
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Le monde est une place bien méchante, haineuse, les gens s'y aiment afin de trouver un sens à leur existence quand leur amour ne saurait survivre au sort qui leur est réservé. À quoi bon faire un pas si votre emprunté devait être effacée, à quoi bon parler lorsque les mots n'auraient d'échos que sur quelques générations. L'on ne vit après la mort qu'en contemplant la futilité et l'inutilité de nos actes passés, mais ne survivront dans les mémoires que pour inspirer momentanément les hommes qui croiront à leur tour. Ils croiront vivre pour inspirer ceux qui suivront, et mourront en pensant avoir donné leur vie pour la justice, par bonté, bienveillance. Alors que nous avons tous conscience que la balance n'existe pas. Que le mal n'est qu'une conception matérialiste et physique de notre existence, et que l'autre côté n'avait pas d'importance.

Je souhaitais au fond que tout s'écroule, et que tout renaisse, je voulais sourire à la hauteur de mes souffrances et rattraper chacune de mes paroles pour les effacer par des silences. Je regardais mon voisin, un bien curieux personnage qui avait eu le courage ou la folie de m'écouter plusieurs minutes durant. Là où n'importe qui aurait essayé de m’interner car je pourrais représenter un danger pour les autres. C'était étrange, les insanités ne lui faisaient pas peur, elles ne l'effrayaient pas comme elles effraient beaucoup de monde. Si seulement j'avais aimé les hommes sa réaction m'aurait fait ressentir de l'amour pour celui qui partageait une facette non plus ouverte mais littéralement défoncée de ma conception de la vie, ne résultant que dans sa fin inévitable. J'hésitais quand même sacrément à lui rouler une pelle devant tout le monde, mais c'est certain que j'aurais ruiné sa carrière, le monde n'était pas prêt.

J'étais prêt à m'ouvrir le cœur, les vaines les tripes pour lui, pour lui montrer que la mort n'était qu'une information, ou bien une vérité à servir car je savais pertinemment ne pas pouvoir lui être livré. Si depuis bien des semaines je ne faisais plus honneur à mon culte comme mon serment m'y obligeait, j'étais excité de voir jusqu'à quel point mes pensées m'avaient corrompu. Mon sang était t'il devenu impure avec le temps et sa valeur avait t'elle baissée avec le temps, je n'en sais rien mais je voulais savoir. Je voulais goûter à la décrépitude, j'aurais voulu voir mes chairs tomber en lambeaux devant lui, devant la petite fille pour au moins honorer mes convictions.

Mais il n'en fut rien, je n'étais qu'un homme de déshonneur, loin des archétypes moraux que l'on à l'habitude de dresser chez les recrues. Habituellement on leur fait rentrer un schéma dans la tête, on leur inculque certaines vertus, certaines croyances, on fait d'eux ce que nous voudrions qu'ils soient ou même une version meilleure de nous-même. On les éveille intellectuellement aux erreurs qu'ils feront comme à leurs glorieuses réussites, sans percevoir quel destin la Déesse nous avait réserver. Sans savoir si mon voisin me survivrait plus longtemps, et je souriais un peu à cette idée. Honteux, fier de moi, peut être un peu trop car je ne voulais pas me sentir supérieur, mais je l'aimais bien sans le connaître.

Mon nouvel ami venait de m'empêcher de vivre, ne sachant pas qu'il ne me tuerait pas. Et sans me condamner à la vie il ne m'avait pas permis de ne pas mourir. Son acte insensé ne devait être pour lui que la plus rapide réaction à avoir, et c'est en ça que je l'aimais bien, tout compte fait. Lui, et je préfère m'excuser, mère.. pour ce que je m'apprête à faire. Mais je ne te laisserais pas l'avoir de si tôt. Ma désobéissance lui permettra de vivre un peu plus encore, prend sur moi ce qu'il te faudra pour me punir, car je ne peux me résoudre à ce qu'il périsse.

---

Aomine retira lentement la lame, obéissant à la vive réaction de son voisin d'attente dans l'hôpital. On pouvait le voir, ce petit sourire qui ne paraissait que par petites touches, les pommettes légèrement remontées face au regard de Zô. Le Chûnin qui ne s'était pas bien présenté pour autant hocha, conscient que les Shinobis gardaient tous ce même désir, bien que de combattre, de préserver et protéger certaines choses. En l'occurrence ça aurait pu être sa vie, ou ses mots, ses paroles qu'il voulait faire voir au marionnettiste dont il ne savait pas ce à quoi il était attaché parmi tout ça. Probablement n'en avait-il rien à faire qu'il se tranche un bras, il était donc possible qu'il fut attaché par ce que le Shimazu ne disait pas encore, d'une curiosité piquée mais pas rassasiée.

« Au fait. Moi c'est Aomine, mais tout le monde m'appelle Ao'. Je te propose de poursuivre notre discussion dehors, on devrait profiter du paysage, tant que nous pouvons profiter d'être en paix. Comme ça tu m'en dis un peu plus sur toi.. sur ton clan, sur tes rêves. Chaque Shinobi a un rêve à ce qu'on dit, et je serais curieux de connaître le tien. »
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Lun 7 Jan 2019 - 23:00
Zô releva les yeux lentement vers cet homme, cet Aomine. Il observa la lame s'écarter de sa trajectoire de mort, pour se soustraire finalement complètement à son triste dessein. Il s'étonna presque du soudain changement d'humeur d'Aomine. A l'instant, il avait failli se trancher les veines, et mourir, à coup sûr. Et à présent ... Voilà qu'il détournait la conversation, qu'il éludait complètement ce qui venait de se produire - ou plutôt qui avait manqué de se produire. Et pourtant, fallait-il l'ignorer, ce coup manqué ? Cette tentative vaine, échouée, fallait-il la laisser tomber dans le silence pour ne garder d'elle que la trace, pesante, muette, de l'indifférence ? Zô gardait la main serrée autour du poignet d'Aomine. Ses yeux exprimaient l'incompréhension la plus totale. Jamais encore il n'avait été bouleversé à ce point. Il semblait que, déjà debout sur une base qui lui semblait trop faible, il voyait à présent toutes ses certitudes s'effondrer comme en proie au plus terrible des tremblements.

Zô aurait voulu secouer Aomine, le frapper, lui hurler au visage jusqu'à ce qu'il réalise qu'il ne pouvait pas balayer en un instant ce qu'il avait voulu faire, et qu'il avait interrompu. Il lui aurait crié tous les mots que ses lectures avaient pu emmagasiner dans sa cervelle s'ils avaient pu lui faire comprendre l'importance de la vie, quelle qu'elle soit. Il aurait pu faire de nombreuses choses, et le voulait, à cet instant précis. Ses yeux semblaient trembler d'une rage de vie, palpitante. Ou était-ce autre chose, qui troublait son regard ? Il serrait les dents, raffermissait sa prise sur le poignet d'Aomine pour ignorer les tremblements qui l'avaient repris. Et finalement:

"Très bien, sortons."

Et il lâcha son poignet.

L'air semblait étrangement pur, dehors. Un infini comblé d'oxygène, de sérénité ... Exit les maladies, les vices, toutes les meurtrissures des hommes qui hantaient les bâtiments de l'hôpital. Là, dehors, la vie régnait et renfermait la mort entre les murs froids. Zô inspira profondément. Il lui semblait qu'il revenait un peu à lui. Ses tremblements avaient disparu, tout du moins. Mais il lui semblait encore que sa poitrine allait se déchirer sous les pulsations de son coeur. Il sentait encore le souffle glaçant de l'adrénaline dans ses veines, sa course effrénée dans ses artères. Il serra la mâchoire, et passa une main sur ses yeux. Il faisait doux. Le soleil baignait tout le village de ses rayons, l'enveloppait de sa douce chaleur. Et pourtant, Zô avait froid. Et il n'était pas à l'aise, comme oppressé. Il avait envie de hurler, d'exploser, de pleurer et de rire tout à la fois.

A nouveau il inspira. La furie de son coeur se calma, le temps de cette bouffée. Il profita de cet apaisement pour se tourner vers Aomine, un vague sourire aux lèvres.

"Je m'appelle Zô. Okubo Zô."

Il n'avait pas l'habitude d'être interrogé sur son passé. Il prenait d'habitude les devants, sur ce terrain. C'était lui le curieux, le chercheur de nouveauté, l'aventurier de l'inconnu, le regard candide cherchant à se dépouiller de son manteau de pureté pour s'entacher de la salissure du monde. Où était passée cette curiosité habituelle ? Cet élan naturel d'interrogation au contact de ce qu'il ne connaissait pas ? Qu'était-il advenu de lui, entre les murs de cet hôpital, au contact de cet homme ? Il s'était perdu de vue, l'espace d'un instant. Il s'était oublié, et s'était abandonné aux fantômes de ses sensations, de ses pulsions ...

"Il n'y a pas grand chose à savoir de ma famille. Rien de très intéressant, en tout cas. Des aveugles, c'est tout ... Mais de la pire espèce: de ceux qui ignorent jusqu'à leur aveuglement, et qui refusent de le voir même lorsqu'on leur ouvre les yeux. Ils ne valent pas la peine qu'on s'attarde sur eux, vraiment. De simples ouvriers de leur propre chute, voilà tout."


Zô sentit une pointe de rancoeur percer, à travers le tumulte infernal de l'adrénaline. Sa haine envers les siens restait intacte, malgré la distance. Il détestait toujours leur paralysie, leur obscurantisme entretenu. Et il ne regrettait pas un seul instant de les avoir laissés derrière lui. Même s'il le malmenait, parfois, le monde qu'il avait découvert en quittant Hayashi no Kuni se révélait à la hauteur de ses attentes. Non par la qualité des expériences qu'il proposait -Zô avait vu si peu de choses, encore- mais par le simple fait qu'il était différent, par sa seule nature de monde. C'était l'autre, l'inconnu, et c'était tout ce qu'il fallait à Zô.

"Et je n'ai pas de rêve. Ou plutôt, mon rêve est de ne pas en avoir. De voir suffisamment du monde pour ne plus avoir à rêver. Avoir emmagasiné assez d'images pour que les rêves ne soient plus que ce qu'ils sont vraiment: une couche superficielle d'éphémère, d'irréel. Je rêve de ne plus rêver, et je crains le moment où je ne rêverai plus. Voilà tout."
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Mar 8 Jan 2019 - 3:42
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Je lui laissais mon poignet, c'est qu'il le serrait fort de bougre, un peu plus et je le laissais me broyer la moitié de l'avant-bras sans broncher, si ça pouvait lui faire plaisir après tout. Le mal que l'on pourrait me faire servirait ce même idéal que je m'efforçais de mettre en avant, et nul doute que mon sacrifice suprême sera de m'ôter la vie pour l'offrir à qui la mérite réellement. Non pas les hommes dans leurs vanités et querelles matérialistes, mais bien au démiurge du monde. Plus les années me grignotaient et plus il était inévitable que la Déesse donne un sens à mon existence, à notre existence. Que vaudrait t'elle ou t'elle chose si elle n'était pas là dans un but précis, dans ce grand tout périssable et stérile, qui n'est dans les faits que le terrain de jeu de nos propres histoires, construites aux grès de son intuition, de notre formatage. 

On naissait pour faire la guerre, on naissait pour tuer, quand les villages cachés formèrent des armes encore plus puissantes et mirent la guerre à un tout autre niveau de dangerosité. Dans le fond je ne pouvais qu'être raccord à l'époque que j'avais vu naître dans mes jeunes années. Nous voulions la puissance d'écraser ceux qui nous semblaient insignifiants, et nous avions l'audace de vouloir le faire quand nous voudrions. Profondément je détestais ceux qui appelaient à la paix, à l'accalmie, à la vertu, à la vie. Car ils étaient de ceux qui ne comprenaient qu'un sens illusoire à leur existence futile. 

J'espérais que cet Okubo Zô, comme il se présentait à moi, partage au moins ces idées. Il pouvait ne pas les accepter que cela n'aurait rien changer, si j'avais pu lui être agréable quelques instants, avenant, jamais je ne laisserais un mécréant dans sa propre ignorance. Au-delà de ça il m'était difficile de fonder de réelles amitiés qui me semblaient toutes aussi inutiles. À quoi bond, si je finissais sous un tas de terre, avoir connu les sourires et les joies de ceux que je croisais. L'amour n'était qu'une drogue de plus, mais très puissante au point de nous faire supporter le poids des réalités. Qui s'écroulent sur nos épaules et notre dos dés lorsqu'il disparaît de nos vies.

Non, en fait c'était ça mon problème en quelque sorte. Je n'avais jamais aimé, je ne savais pas bien ce que ça signifiait dans ma vie de servitude. J'aimais celle qui m'a donné la vie, pour ce qu'elle m'a offert, pour le sens qui me permet de faire un pas de plus en dehors de cet hôpital. D'avancer un pied devant l'autre en compagnie d'une illusion que j'affectionnais pourtant pour ses simples traits. Il paraissait si innocent ce jeune homme, si pure et à la fois si juste. Je voulais toucher son cœur qu'il m'était complètement inaccessible, pour ce qu'il avait de différent avec le mien. Peur, c'était sans doute ça sans me l'avouer qui me crispait à certains instants, la peur de découvrir le réel cœur des gens, et de comprendre qu'ils lui donnaient plus d'importance à la raison pour laquelle il bat. 

«  Ne sommes nous pas les ouvriers de notre propre chute nous aussi, quelque part. Elle peut être brutale, douce et indolore, mais que l'on soit aveugle ou éclairé de toutes les vérités, cela ne nous empêche pas de suivre inexorablement la même direction. Nous sommes, pour ainsi dire, liés aux pires espèces sans partager les histoires qu'elles écrivent. La vertu nous exclue t'elle des bassesses, si l'immoralité se tient sur un pied d'égalité. » 

La question se posait en réponse aux mots du marionnettiste, qu'Ao tentait de cerner à travers ses réponses, même s'il en disait peu on pouvait au moins comprendre qu'il cherchait sa place dans les rêves qu'il ne s'autorisait pas à avoir. C'était un véritablement glouton, un curieux de la première heure qui voulait remplacer les rêves pour ne plus avoir à les vivre. Okubo Zô ne voulait plus être un Homme, il voulait surpasser son genre et égaler les Dieux qui nous ont bercés. Car c'était ça, ne plus avoir de rêve, c'était avoir le pouvoir de les créer, de les modeler, et de connaître l'infime parcelle de ce qui en constituerait un. C'était voir l'ensemble des couleurs, voir l'ensemble des possibilités, c'était s'élever au-dessus de la foule et l'abandonner dans ses turpitudes paysannes et matérielles. Ce n'était plus que vivre spirituellement de fantasmes, et abandonner la chair pour se vouer à des dessins bien plus grand. 

«  .. Devenons amis Okubo Zô. Et je t'aiderais à voir ces rêves que tu ne veux plus rêver. Le monde est bien assez vaste pour que tu ne réussisses pas à tout faire seul. Tu auras besoin de compagnons de route, et j'aurais besoin de ta maladive curiosité pour le voir à mon tour. Tu restes à Kiri n'est-ce pas ? » 

.. Il attendrait en premier temps sa réponse, avant de s'assurer que cette étrange rencontre puisse perdurer. Les opportunités, il n'y avait que ça dans le village devenu presque une Capitale, et Aomine lui en offrait une à saisir, celle de l'éveil spirituel. À eux deux, qui sait quel périple ils pourraient se sentir capables de suivre. Et une chose était sûre et certaine face à un soleil chaud et apaisant, les voix qui murmuraient à notre homme de petite Noblesse, lui disaient de forcer un peu le destin.
  
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Jeu 10 Jan 2019 - 18:29
Pourquoi fallait-il qu'il voie les choses avec une fin nécessairement négative ? Pourquoi avait-il une conception aussi défaitiste de la vie ? Comment avait-il pu en venir au point où il pouvait considérer que tous les hommes marchaient dans une même direction, sur une même pente descendante, glissante, sans fin ? Zô n'était pas d'accord avec cette théorie. Il ne pouvait pas l'être. Naturellement quelque chose qui devait être du ressort de l'instinct lui criait que c'était impossible, intolérable. Les enjeux étaient trop forts pour qu'une telle conception de la vie soit acceptable. Qu'en aurait-il découlé ? Que la vie n'avait qu'un but, celui de s'éteindre ? Quel être aurait pu supporter ça ... Quelle autre réponse cette conception de l'existence appelait-elle, sinon le suicide ? Etait-ce ça qui avait poussé Aomine à tenter de se trancher les veines, tout à l'heure ? Zô frissonna à cette pensée. C'était un homme de conviction, c'était certain. Il était également certain qu'ils n'avaient pas les mêmes convictions. Mais Zô admirait, néanmoins, la force de volonté dont il semblait faire preuve.

Quant à sa proposition ... A bien y réfléchir, Zô ne se souvenait pas avoir jamais eu de vrai ami. Il n'avait jamais eu de connivence particulière avec quelqu'un au point de s'attacher particulièrement à lui. Les seules personnes pour lesquelles il avait pu avoir de l'attachement naturel étaient les femmes qui s'étaient occupées de lui durant sa petite enfance. De son père, il ne gardait qu'un souvenir négatif, et à l'égard de son frère et de sa soeur une indifférence totale. Quant aux gens du village dans lequel il vivait, il ne les avait que trop peu fréquentés pour avoir pu tisser des liens avec n'importe lequel d'entre eux. Maintenant qu'il considérait la question, il avait mené jusque-là une vie bien solitaire, à peine réconfortée par cet aspect par la fréquentation assidue de la bibliothèque à la charge de sa famille. Et pourtant, il n'en avait jamais ressenti une quelconque tristesse. Comment l'aurait-il pu ? Le manque naît de la privation, pas de l'absence originelle. Il aurait fallu qu'il connût l'amitié pour s'en sentir privé.

Et pourtant, il sentait à présent qu'il avait manqué quelque chose. S'il avait pu jusque-là tirer une certaine fierté du fat qu'il n'était pas lié par des sentiments trop volages, trop passagers pour ne pas être aussi dangereux que l'amitié ou l'amour, il lui semblait à présent qu'il pouvait s'engager sur cette voie, en tirer quelque bénéfice. A vrai dire, malgré lui, il s'y sentait déjà attiré, sans avoir rien eu d'autre à faire que de vivre cette rencontre, avec tant d'intensité qu'il n'avait même pas réalisé à quel point ces émotions étaient nouvelles pour lui. Il ne savait rien d'Aomine. Il ne connaissait que très vaguement son caractère, pouvait imaginer ses idées. Et pourtant, déjà, il se sentait lié à lui par une forme de complicité inédite.

"Très bien, devenons amis. Quoi que ça veuille dire. J'aurai sans doute besoin d'aide, tu as raison, pour y voir plus clair, et surtout plus loin, dans ce monde. Il me faudra des yeux obéissant à un coeur assez semblable au mien pour me faire voir les choses selon leur vrai aspect. A moins qu'il ne doive être différent ? Et crois-moi, je ne te laisserai pas dans ta posture. Je pense que toi aussi, tu es aveuglé. Mais ce n'est pas la même cécité que celle de mon père, de mes frères. La tienne est plus intrigante, plus complexe. Plus attirante, d'une certaine manière."

Zô sourit à Aomine. Oui, il était bien déterminé à lui montrer l'existence sous un autre angle. Aomine semblait n'y voir qu'une fin, un dessein, une destinée inévitable. Il en oubliait le fondement essentiel de l'existence, celui qui la rendait par essence si unique. Il s'aliénait tout un pan de sa propre existence, et donc tout un pan de lui-même.

"Je pense que tu as oublié, ou que tu ne connais pas, ce qui motive l'existence, à mon sens. Tu en fais une chute, une pente inexorable, à laquelle personne ne peut se soustraire. Un destin inévitable. Qu'est-ce qu'il y a au bout ? La mort ? C'est là le grand problème: il n'y a pas de bout, pas plus que l'existence n'est motivée par la mort. Elle l'est par la vie, naturellement. Autrement, il n'y aurait pas d'existence. Il n'y aurait que du vide ... Et nous nous tuerions tous, sans même chercher à vivre ... Quelque chose nous pousse, instinctivement, à nous conserver. C'est bien qu'il doit y avoir autre chose qui en vaut la peine."

Une brise se leva, qui balaya tout le village. Elle portait un air frais, venu de la mer. L'hôpital fut frappé par ce soudain vent. Les feuilles bruissèrent, dans les branches, soudain furieuses. Une sorte de grondement sourd semblait s'être emparé de l'atmosphère. Des dieux s'étaient-ils fâchés, qui habitaient le ciel ? Zô respira à pleins poumons cet air pur, riche.

"La vie n'est pas déterminée par un but. Ce n'est qu'un enchaînement d'événements, sans lien entre eux sinon celui que nous voulons bien tisser nous-mêmes. La mort n'est pas une fin. Elle ne le sera pas pour moi. Pas tant que j'aurai besoin de la vie. Je n'ai pas l'intention d'y renoncer avant d'avoir satisfait mon appétit du monde. Oui, je reste à Kiri. Jusqu'à ce que je n'y trouve plus rien à faire. Mais, pour l'instant, je pense que je suis appelé à y faire un bon bout de chemin. Ce village est surprenant, par bien des aspects ..."
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Mar 15 Jan 2019 - 11:02
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« C'est dans l'obscurité qu'on voit si bien les lueurs d'espoir qui jalonnent notre monde. Et si la vie corrigeait mon obstination à croire que tout n'est voué qu'à la destruction, elle insultera mon nom et ma famille. Je crois que la volonté peut beaucoup, mais elle ne répond pas à ces questions qui nous dépassent, Zô. »

Parce que le samouraï sans maître avait compris de quoi il en était, de ses premières interrogations voir de ses premières intentions face à son attitude, et cela le déplaisait qu'une amitié se forge là-dessus. Oh, il savait aussi que l'amitié ne pouvait être vertueuse que dans la sincérité, et que lorsqu'il s'agirait de défendre la nation seuls ces liens pourraient enrayer les machines de guerre des autres villages. C'est à la fois un sentiment de méfiance mêlé à de la crainte, à l'ignorance de ce champ des possibles qui prit Aomine l'espace d'un cours instant, lui qui d'habitude calcule et analyse pour souvent se reposer à la fatalité que toute réponse devient futile face au néant. Dés lors si cet Okubo se sentait galvanisé par cette tête, il lui restait extrêmement difficile d'accomplir le miracle de soigner un patient atteint de cécité.

Autant lui arracher les yeux, mais Ao' se dit qu'à pointer son arme vers ses propres iris, son voisin lui empêcherait d'aller jusque-là. Mais dieu que l'envie était prenante, comme une pulsion, une gloutonnerie mêlée à une famine, de souffrir aux yeux de quelques, de saigner à côté des mortels pour leur montrer la voie, celle du sang. La voie du sang répondrait aux maux de l'humanité et remplacerait celle du sabre. Pour un samouraï, il se faisait peu orthodoxe et basait ses propres pensées sur des fondations déjà affaiblies, pour que les valeurs s'ouvrent à toutes les immoralités possibles et imaginables de l'homme. Ne disais-t'on pas que la fin justifiait tous les moyens, pour la plus grande gloire de la nation et de son Daimyo, lorsqu'elle en avait un.

Oui, c'était un homme spitiruel mais sans maître à suivre, simplement une silhouette aujourd'hui. D'abord inconnue puis vite découverte, ensuite effleurée par la douce caresse de sa main revigorantes. Il lui avait redonné quelques couleurs dans son élan improbable, ou était-ce le soleil qui venait raviver quelques flammes dans les yeux et sur le derme de l'esprit déjà mortifère du Chünin.

« C'est à se demander si tout est réel, et si tu n'es pas le rêve que tu ne voulais plus rêver, plutôt que le rêveur éveillé par ses ambitions. Si la mort ne dictait pas la vie, la vie continuerait sans que nous ne rejoignions les cendres de nos anciens. C'est là la volonté des Kami, c'est là la volonté de celle qui engendra mon clan, par-delà les cycles solaires et avant que le ciel infini surplombe les terres de nos seigneurs. »

Faisant référence à un passé lointain, il espérait avoir été suffisamment compris de son interlocuteur, pour qu'il puisse se faire une idée précise de la Foi qui l'animait. Certes il vivait, mais pour des lois qu'il n'avait jamais écrites, et qu'il subissait dans cette enveloppe imparfaite pour n'être qu'un rouage de cet engrenage presque trop parfait pour ne jamais être remis en question. Et les réponses ne se trouveraient jamais dans l'expectation scientifique d'une découverte majeure, car la nuit des temps avait déjà dévoilé ses plus magnifiques lueurs étoilées.

« .. Reste à savoir ce que tu feras de ma mort, lorsque tu l'apprendras. Si elle sera quelque chose dans ce tout, dans ton enchaînement qui rehausse mon existence. Mais pour le beau jeu, la folie ou le bluff de défier notre propre destin, je m'accorde sur ta vision. Autant satisfaire cet appétit, le mien sera rassasié de t'accompagner dans ton aventure. »

Si tant est que le Zô ait la présence d'esprit d'en déduire après ces nombreuses minutes de bavardages, que tout ce que recherchait en réalité l'étrange luron rencontré à l'hôpital, n'était que d'emporter le plus de monde avec lui dans sa chute. Bien sûr il n'emporterait pas n'importe qui et ce monde animal serait soigneusement trié, pour n'épargner que ces kirijins méritants et loyaux à la nation de l'eau. Cette après-midi, le Chûnin ne pouvait pas bien faire grand chose de son audace, si ce n'est la rêver, se l'imaginer dans un sourire naissant à la commissure de ses lèvres. Avec du temps, et avec les efforts qui s'y plieraient, alors peut-être, arrivera-t-il un jour à creuser de son sabre ces sillons tant attendus. Le Kami de la mort salivait son offrande, et il n'en était que le simple disciple.
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Dim 20 Jan 2019 - 17:32
"C'est ça. C'est exactement ça le problème: la mort dicte la vie, que je le veuille ou non."

Une lueur nouvelle traversait le regard de Zô. Une lueur telle qu'il n'en avait jamais connue lui-même. Il se sentait pris d'une ardeur inédite, alors qu'il parlait, comme s'il se découvrait des capacités insoupçonnées, endormies, encore. Tout un pan de lui-même qui se révélait et qui jaillissait à la surface de sa psyché pour envahir son esprit. Un flot de pensées continu, de pensées séduisantes, belles par leur force et les possibilités qu'elles ouvraient, et terribles par leurs conséquences. Il en frémissait, à la fois d'excitation et de crainte. De nombreux dangers semblaient s'avancer vers lui s'il décidait de suivre la voie de ces pensées. Des périls qu'il ne pouvait qu'anticiper, sans en comprendre la véritable ampleur. Mais quelle douceur que celle de ce courage, de cette audace nouvelle qui coulait déjà dans ses veines, qui se mêlait à son sang.

"J'en suis bien conscient. Matériellement, physiquement, nous sommes tous régentés par la mort. Elle est la fin inéluctable, celle qui nous attend tous. Elle ne mène aucune bataille face à la vie: il n'y a pas de bataille à mener, puisqu'elle sait qu'elle l'emportera toujours, finalement. Et même si je crois qu'elle ne nous domine pas mentalement, qu'elle ne doit pas dominer nos coeurs, en tout cas, je dois bien me rendre à l'évidence. Pour moi comme pour le restant des mortels, elle sera ma dernière vision, mon dernier souffle. Ma dernière étreinte ..."

Le ton de Zô était devenu plus froid à mesure qu'il parlait, moins chaleureux. Son emphase semblait s'être éteinte, en même temps que l'enthousiasme que trahissait auparavant sa voix. Pourtant, il sentait toujours cette excitation parcourir son corps. Il ne faisait que la contenir, tout au plus, pour la relâcher au moment opportun et la laisser se déchaîner. Il tourna son regard vers Aomine. Ses yeux étaient l'innocence même, la candeur, la force pure de l'idéal qui ne devait rien voir contrarier ses plans.

"C'est ça qu'il me reste à franchir. Ca semble rien, dit comme ça. J'ai déjà fait la moitié du travail, finalement: j'ai la conviction mentale. Il ne me reste plus qu'à briser la barrière physique. Ta divinité te commande de revenir à elle, de mourir ? Et bien voilà: ma première envie, c'est d'arriver à la contrarier. Je veux vaincre la mort. Ca ne devrait pas être si compliqué. Ce n'est qu'une question de mécanique biologique, après tout. Je m'y connais déjà en mécanique. Il ne me reste plus qu'à appréhender la biologie, j'imagine. Peut être que c'est pour ça que je suis venu à l'hôpital, aujourd'hui ..."

Zô tourna à nouveau son regard vers le bâtiment, et il sentit quelque chose flancher en lui. Comme une certitude qui s'écroulait, un doute qui flanchait, soudainement, et qui semblait être un pilier entraînant dans sa chute tout un édifice de convictions. A nouveau, un frisson s'empara de lui. A nouveau, son sang se glaça. Les possibilités négatives de ses pensées prenaient le dessus et le submergeaient.

"Mais ... Mais ..."

Il balbutiait. Ses yeux se baissaient, cherchaient frénétiquement un point d'attache sans en trouver. L'air pur de l'extérieur lui semblait maintenant froid, si froid qu'il grelotait. Comment de telles pensées avaient pu lui arriver ? Vers quoi le mèneraient-elles ? Un monde d'inconnu s'étalait devant lui, vers lequel il semblait plonger, en proie à quelque délire mégalomaniaque. Ce n'était pas lui qui avait choisi d'y livrer son âme, même l'espace d'un instant. Comme s'il avait été le jouet de quelque autre entité, qui aurait pris possession de son cerveau. A nouveau, il ne se connaissait plus lui-même. Il découvrait une part nouvelle de lui-même, qui le terrifiait.

Il ne dit rien d'autre. Qu'aurait-il pu dire ? Il était comme pris de panique. Impossible d'extérioriser ses pensées. Il avait à la fois peur de la réaction d'Aomine, s'il lui avouait sa faiblesse, et honte d'avoir laissé son esprit être si facilement captif d'instincts passagers, d'une hybris folle. Il aurait seulement voulu se terrer dans quelque désert, disparaître, ne pas avoir existé, même, plutôt que de souiller cette terre de son impureté. Il était ravagé par la crainte, par la honte. Il aurait voulu faire disparaître l'être même. Au diable ses aventures, ses doux rêves ! S'il les avait rêvés avec ce même esprit de démesure et d'audace inhumaine, que valaient-ils ? Un délire, voilà tout. Il avait voulu se prendre pour un dieu ... Mais son esprit humain pouvait-il seulement accepter cette idée ?
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Mer 30 Jan 2019 - 0:48
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« Pour un peu, on pourrait prendre le problème à l'envers, quand la vie dicterait la mort. C'est un peu le paradoxe de faire naître une progéniture. On engendre un crime différé, car donner la vie, c'est donner la mort qui va avec. De quels droits les hommes profanes prennent t'ils le droit de faire des enfants ? »


La conversation se lançant dans un débat sans fin sur deux conceptions bien différentes mais qui s'opposaient dans le cadre serein qui leur était offert en cadeaux. Les rayons suffisaient à réchauffer les mésententes pour qu'elles ne se transforment ni en colère ni en soupçons, de quoi alimenter la conversation et l'abreuver des expériences qui leur était propre. Pour une fois on avait pu voir un sourire naître à l'orée d'une commissure de lèvre chez l’épéiste sanglant. Mais comme il le disait, même un sourire naissant engendrait sa disparition tôt ou tard, comment pouvaient t'ils bien décider de ce qui régissait ou non leur destin en sachant au préalable de quelle gloire ils seraient récompensés.


« Dans mon clan, l'enfant ne sert qu'à préserver les textes sacrés de génération en générations, car ils dictent à tout ce qui fane la manière de consommer la vie jusqu'à nous apprendre comment mourir. »


Mais l'homme n'avait pas peur de la mort mais bien de la souffrance qui l'y mènerait, rêvant pendant plusieurs dizaines d'années qu'elle ne soit qu'un soupire séparant une lutte terrestre et un apaisement céleste. En quoi la mort devait dorénavant être sinistre, alors qu'elle est tout ce que la vie cruelle et violente du monde n'avait pas réussi à apporter aux hommes et aux clans de tous horizons. Aomine se tourna en retour pour observer son nouvel ami, presque saint ou trop pure ses yeux au point qu'il se refuse à le réconforter d'une accolade.


« Tu aurais fait un bon Shimazu si tu partageais mon sang ! Mais si je te suivrais aveuglément, stupidement même, dans bien des périples, je ne pourrais jamais avoir la prétention de vouloir ne serait-ce qu'en pensées vaincre la mort. Elle est mon énergie, le catalyseur de mes sentiments et de mes convictions à la surface de ces terres habitées. La renier reviendra à renier qui je suis et celle dont je descends. »


Parler à la première personne pouvait être interprété de bien des manières différentes, y compris sur le ton de l’orgueil, ce que ne voulait absolument pas le brun qui ravala d'autres moments après ces quelques confessions. Homme parmi les hommes bien que d'extraction divine, son calme tranchant avec l'attitude voisine n'était intérieurement pas moins violenté par l'innocence, ou plutôt le positivisme de son voisin face à des questions qui lui paraissaient aussi logiques que des mathématiques. Sa Foi était aveugle, et tout ce qui le précédait comme ce qui lui suivraient ne feraient parti que de cette grande d'histoire dans laquelle il s’efforçait de jouer le rôle qu'on lui avait attribué. Être un pantin n'était pas si mal, bien que la pensée était, elle, si cinglante, qu'elle en devenait triste et amère.

C'était penser qu'un homme s'était résigné aux joies comme aux souffrances pour s'élever au-dessus de ses contemporains, mais sans ni en comprendre son but ni la raison qui l'avait pousser à de tels choix. Pour le coup, on savait que ce destin tracé pouvait être celui de bien d'autres gosses d'autres clans. Aomine n'aura été que cet enfant grandissant dans les préceptes conservateurs de ses aînés, pour incarner à son tour les croyances de son peuple maintenant éparpillés bien au-delà de l'archipel. Sans famille mais pas solitaire, chaque respiration lui était douloureuse, pour son caractère obligatoire et imposé. Pour peu, il risquerait de se suicider à tout moment.


« .. C'était amusant de te rencontrer, surtout à cet endroit mais je vais devoir t'abandonner ! Si tu as besoin, tu peux me contacter en m'envoyant directement une missive à la Kenpei. »
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Lun 4 Fév 2019 - 0:11
Il était temps de se dire au revoir, pour cette fois. Zô n'était pas certain de vouloir poursuivre la conversation, de toute façon. Il lui semblait qu'elle ne pouvait aboutir à rien de bon pour lui. Il était déjà trop profondément avancé dans ses nouvelles convictions pour avoir envie de les voir affronter les croyances d'Aomine, si nobles soient-elles. Et ces croyances, d'ailleurs, ne pouvaient être que nocives ... Elles laissaient dans la bouche de Zô comme un goût désagréable, un goût de sang, un goût de fer. Il ne comprenait toujours pas comment la mort pouvait guider la vie, qui était par définition la lutte contre la mort. Quel intérêt à vivre, si c'était pour attendre la mort ? Alors qu'il y avait temps à expérimenter, là, dans ce monde.

Et Zô ne voulait pas voir Aomine mourir. Il avait dit vouloir le suivre dans sa quête, et Zô avait été touché de cette marque d'intérêt, qu'importe la valeur qu'elle avait vraiment et les résultats qu'elle pourrait produire sur le temps long. Et puis, Zô avait vu en Aomine une âme tourmentée, un esprit complexe. Ce n'était pas un de ces bravaches, un aveugle, fonçant tête baissé au nom de quelque divinité. Non, c'était un vrai illuminé, une âme avant tout, plutôt qu'un coeur. Et cette âme, d'une noirceur sans égal aux yeux du jeune marionnettiste, ne poussait d'autre cri qu'un appel à l'aide, retentissant, sonore. Si Aomine s'était dit curieux de suivre son parcours, Zô était lui désireux d'aider Aomine, autant qu'il le pourrait. L'aider à sortit de cette torpeur de sa vie, de ce sommeil trop long de son instinct d'être humain.

C'était étrange, tout ce qui avait pu se passer sur les lieux de cet hôpital. Zô avait l'impression de ne plus être du tout le même homme qu'il était encore quelques instants auparavant, lorsqu'il avait franchi les portes de l'hôpital pour la première fois. C'étaient alors le frisson de l'excitation, et d'une angoisse certaine, qui parcouraient son corps. A présent, il était certain qu'il s'agissait de ceux de la terreur et de la tristesse. Il ne savait pas encore ce qui l'attendait, où le mènerait sa toute nouvelle détermination, mais il l'avait découverte plus forte qu'il ne l'avait jamais soupçonnée auparavant, comme si, cachée jusque-là, elle s'était pleinement révélée à lui, forte d'une ampleur démesurée. Qu'en ferait-il ? Ou plutôt, que ferait-elle de lui ?

Il s'efforça d'esquisser un sourire en direction d'Aomine, et marmonna quelques mots d'au revoir:

"Oui, c'était ... amusant."

Amusant n'était pas le mot. C'était plutôt l'inverse de ce qu'avait ressenti Zô pendant ces derniers moments passés en compagnie de cette nouvelle connaissance.

"Au revoir, alors."

Et il fit volte-face sur ces mots, prenant la direction du coeur du village. Il lui semblait qu'il avait besoin de se plonger dans la foule, d'être entouré de bruits, du vacarme du monde pour faire taire celui qui résonnait dans sa tête et qui faisait palpiter son âme. Son pas accélérait, presque mécaniquement. Bientôt, il courut presque, une main portée à sa poitrine comme pour atténuer les battements frénétiques de son coeur. Et il ne tarda pas à noyer cette panique soudaine dans la masse des Kirijins.

La foule évoluait avec son habituelle monotonie. Valse de corps, de pas désordonnés, agencés dans quelque ballet d'anarchie. Des cris et des voix en guise de seuls instruments. Une musique toute humaine. Un orchestre de vie.
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