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Avec le silence comme seul ami


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Dim 6 Jan 2019 - 20:00
« Que personne ne vienne m’interrompre, s’il vous plaît.
Bien maître ! »

Les deux Jônins du Yamagenzô saluèrent leur Yondaime. Si la journée leur paraissait déjà longue, ils ne pouvaient que comprendre à quel point elle avait du l’être pour leur chef. Aussi, même s’ils auraient pu pousser un soupir de fatigue, ils se retinrent, trop désireux de respecter ce qu’ils comprenaient. Le Borgne les salua bien plus timidement et fit volte-face, s’enfonçant dans un lieu connu mais finalement peu fréquenté du village. Quoi de plus normal lorsqu’on savait en quoi il consistait…

Il était désormais seul. Sa démarche, à l’accoutumée autoritaire et pleine d’assurance, commença petit à petit à devenir fébrile. Le rythme de ses pas se disloqua presque. Ses épaules et son buste se relâchèrent. Et dans le silence d’une nuit fraîche qui tombait, il poussa un soupir si long et puissant que les gardes pourtant restés éloignés purent peut-être l’entendre.

« Il y avait bien une rébellion qui se préparait. J’ai réussi à la mater avant qu’elle n’éclate. C’était un Conseiller. Heureusement que je n’ai pas révélé les véritables plans concernant Tetsu no Kuni… »

Personne ne lui répondit. Et pourtant, il n’était pas seul. Pas vraiment, en tout cas.

« Je l’ai rendu au pays d'où il venait, j’imagine que peu peuvent aller à l’encontre de leurs origines. Peut-être que ma décision aura créé un groupe important à Hayashi no Kuni mais si cela peut les aider à affronter les problèmes qu’ils ont là-bas, tant mieux. »

Là encore, personne ne vint répondre au Borgne. Ce dernier d’ailleurs avait continué de marcher pour finalement être précisément là où il voulait. Sa fébrilité était palpable, il n’était plus du tout le chef militaire qui aurait pu tout prévoir mais plutôt un chef qui n’en pouvait plus.

« Cela n’a pas été facile. Tout ça à cause de mes origines, encore une fois. Quand est-ce que ce monde comprendra qu’on doit juger un homme à ses actes, à ses décisions et non autrement ? Mais le plus dur, c’est d’avoir continué à garder mon secret. Pourtant, s’ils l’avaient appris, tout aurait été plus simple… Je pense que l’enquête qu’ils feront sur moi leur fera comprendre… »

Le corps de Bakuhatsu Kyôshirô commença à trembler. Son poing commença à se serrer. Mais il tenta de garder son calme, toujours sans autre bruit que la nuit.

« Cela valait le coup. Aujourd’hui, notre cité d’Iwa est devenue plus unie que jamais. Le village deviendra d’ailleurs plus fort qu’il ne l’a jamais été même s’il reste beaucoup à faire, mais… mais… »

Le Quatrième tomba à genoux. Son corps tremblait tellement qu’il ne put se retenir. Alors que ses cheveux tombaient pour toucher le sol, ses larmes les rejoignaient.

« … mais j’ai réussi… j-je suis si heureux… »

Le poing serré du Tsuchikage se délia et tremblotante, sa main alla caresser la pierre tombale face à laquelle il n’avait su rester debout. Puis il rassembla ses forces pour affronter ses larmes et prononcer un mot qui avait su lui rester si cher.

« … mère. »

Ce soir-là, dans le cimetière d’Iwagakure no Satô, un homme pleurait à la fois de joie et d’amertume, avec le silence comme seul ami.


Dernière édition par Bakuhatsu Kyôshirô le Mer 9 Jan 2019 - 12:24, édité 1 fois (Raison : Le RP n'est finalement plus un solo.)
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Lun 7 Jan 2019 - 1:07
Avec le silence comme seul amift. Bakuhatsu Kyôshirô


Seule et abandonnée, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. J'avais eu la possibilité de suivre les liens du sang, mais je ne l'avais pas fait, préférant la raison. Je pensais être fidèle je me trompais lourdement, jamais je n'aurai cru autant me voiler la face. Cette cité même si elle était affreuse esthétiquement et que nulle végétation poussait, pouvait m'apporter bien plus que ma luxuriante forêt. J'avais fait ce choix quand j'étais partie de Yaogakure sans la bénédiction de mon père, aujourd'hui avait été la confirmation de cette décision prise une dizaine de jours auparavant.
Tel un spectre, je marchais sans réel but dans les ruelles de la cité du pays de la Terre. Par moment, certains citoyens me reconnaissaient, leurs murmures étaient insupportables. Je n'en pouvais plus d'entendre ces gens parler de façon inaudible, mon cœur était arrivé à saturation.

La nuit était tombée depuis un moment, l'obscurité me donnait du répit, le bon peuple d'Iwa rentrait doucement dans son doux logis offrant des rues quasiment désertes. Mes pieds commençaient à me faire mal, je ne savais pas où j'étais, cette partie du village m'était inconnu. Je ne m'étais pas encore aventurée aussi loin, l'exploration de cette cité nauséabonde n'était pas mon activitée favorite, chaque jour je reportais mon tour touristique du bastion militaire. Mais cette nuit m'offrait quelque chose d'inédit, un petit moyen d'oublier pendant quelques instants cette tragique journée.
J'avançais jusqu'à arriver devant deux hommes. Il me fallait quelques secondes pour me rendre compte qu'ils s'agissaient de shinobis, plus particulièrement des gradés. Ils ressemblaient aux mêmes hommes qui m'avaient conduit aux portes du village, ils avaient cette même odeur, un parfum qui ne me revenait pas.

Les bras se décollaient de leurs bustes pour m'interdire l'entrée de ce lieu étrange qui se dressait derrière les deux militaires. Où étais-je pour me voir interdite de continuer davantage ? Ma mâchoire se serrait d'elle-même devant ce geste, la nervosité me gagnait terriblement, la fatigue et les dizaines d'émotions qui s'étaient succédé tout au long de la journée, n'aidaient pas.
« Pourquoi ? » Lançais-je à moitié désespérer à l’un des soldats.
« Veuillez patienter calmement, vous pourrez y aller ensuite. » Disait le garde à ma gauche.
Attendre, encore une fois. Quel était ce village où les gradés se permettaient de dire à des hommes ou des femmes libres, de patienter. J'étais bien trop exténuée pour sortir toute véhémence, mon corps avait besoin de se relâcher, de se reposer. Je sentais les muscles et les os de mon corps, notamment ceux de ma colonne vertébrale, bloqués ; ma nuque était raide et je ne parlais pas de l'état de mes jambes. Mes plantes des pieds étaient écorchées, elles ne s'étaient pas bien acclimatées au sol rugueux de ce pays caillouteux, ici c'était une mauvaise idée que d'être nu-pieds.
J'étais las de cette journée, j'aurais pu écourter cette dernière en regagnant mon domicile, mais je n'avais pas la force d'être enfermée dans une pièce, le ciel était mon toit. Cette croix que je portais depuis plusieurs heures avait eu raison de moi, je tombais à genoux devant la porte et les gardes, tête basse.
« Ne me touchez pas, j’ai besoin de souffler et je ne tiens plus. » Disais-je avant qu’ils ne fassent quoique ce soit.
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Mer 9 Jan 2019 - 12:45
Derrière les deux gradés qui lui avaient servi de gardes, c’était à nouveau le Tsuchikage fort et digne qui était apparu. Contrairement à la faiblesse qui l’avait gagnée au cimetière, raison première de son souhait de ne pas vouloir être dérangé, Kyôshirô avait séché ses larmes et repris ses esprits. Ce n’était pas la première fois qu’il s’était rendu sur la tombe de sa mère, mais ses visites étaient tellement rares qu’il choisissait toujours les heures nocturnes où il était presque persuadé de ne rencontrer personne. Aujourd’hui, compte tenu des événements et de l’importance de ces derniers pour lui, il était sorti pour la première fois de cette habitude.

Cela restait néanmoins étrange de voir une jeune femme être bloquée par les deux Jônins. A cette heure-là, vouloir aller ou passer par le cimetière seule… Arrivant à la hauteur de ses soldats, le Borgne reconnut alors la jeune Yaoguaï Sae, la seule kunoichi Hayashijine qui avait fait le choix de rester. Ses doutes et ses larmes à cet instant fatidique aux Crocs Rocheux n’avaient pas échappé au chef militaire, qui malgré son impossibilité à n’écarter aucune hypothèse, ne pouvait croire qu’elle avait joué la comédie.

« Bonsoir Sae, je suis désolé. Je voulais être seul quelques instants, je ne pensais pas que quelqu’un d’autre voudrait venir ou passer à cette heure… »

En étant aussi honnête que désolé, le Tsuchikage avait surtout fait comprendre que la jeune femme ne devait pas trop en vouloir aux gradés auxquels elle avait fait face : ils n’avaient fait que respecter l’ordre de leur Ombre.

« Voulais-tu te recueillir ? Je peux t’attendre si cela ne te dérange pas. »

Dans sa simplicité accoutumée, le Borgne de la Terre ne cacha pas son souhait.

« En réalité, je comptais te parler dans la journée de demain mais si cela te convient, peut-être pourrais-tu m’accorder un instant ce soir. »

Bien conscient que les récents événements devaient peser bien lourd dans la balance émotionnelle de la jeune Sae, Kyôshirô ne s’attendait pas forcément à une réponse positive de sa part. C’était d’ailleurs pour cela qu’il n’avait pas émis d’ordre direct, là où on aurait pu s’attendre à ce qu’un chef ne demande même pas l’autorisation à un soldat pour prendre de son temps…
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Jeu 10 Jan 2019 - 22:03
Avec le silence comme seul amift. Bakuhatsu Kyôshirô


L'homme responsable de toute cette souffrance morale comme physique, de cette peine, de cette tristesse qui submergeait mon cœur, se tenait devant moi. Pourquoi ? Qu'avait le destin contre moi aujourd'hui ? Les dieux cherchaient-ils à me punir pour avoir quitté nos terres natales ? Ou bien tout ceci était le résultat d'incantations et de rituels prohibés orchestré par mon puissant paternel avec l'aide de l'ancienne du village ? Je pouvais chercher le responsable encore longtemps, je ne le trouverai pas, la seule chose qui était acquise à cette causalité était que quelqu'un m'en voulait et me le faisait payer aujourd'hui. La tête basse en fixant avec un regard vide le sol, je laissais parler celui que l'on surnommait la quatrième ombre. Mais je ne pouvais m'empêcher de faire un mouvement d'épaule accompagnée d'un petit rire intérieur en entendant cette question. Me recueillir, quelle idée saugrenue de la part du dirigeant de la cité du pays de la Terre, il savait bien que j'étais d'origine Hayashijine, il avait eu un membre de ma famille comme conseiller, il pouvait n'y avoir aucun de mes parents dans ce cimetière et pourtant il me posait cette interrogation, peut-être que lui aussi était fatigué ?
« Vous devriez le savoir Yondaime, ma famille se trouve en des terres reculées au Sud de cette cité et les seuls membres qui étaient ici nous ont quittés par la grande porte. » Disais-je dans un premier temps. « Ce n’est que le funeste hasard qui m’a conduit ici, et sa cruauté est sans limite quand il vous a dans son œil. Comme vous en ce moment. » Terminais-je par dire en relevant la tête pour fixer l’unique globe oculaire du leader.
La fatigue était totale, certes s'adresser à l'homme tout en haut de la pyramide n'était pas la meilleure chose à faire et se servir de cette excuse était facile, mais là à ce moment précis je n'avais pas envie de revêtir un masque, de donner l'impression que je n'étais pas touchée, mes émotions étaient à vives, mes paroles le sauront également pour ce soir.
Le fait d'être ici et non avec ceux de mon clan qui étaient partis bien des heures auparavant en direction des terres du Bois, me donnait l'impression que je pouvais traiter avec cet homme d'égal à égal, d'être humain à être humain et non d'un dirigeant à une simple recrue. Peut-être que je me trompais en agissant de la sorte, mais je ne voyais pas ce qui pouvait être pire que de dire « adieux » à ce que l'on aime en empruntant une voie contradictoire de la leur, hormis avoir sa tête séparée de ses épaules.

Je déglutissais en entendant les nouvelles paroles du borgne. Il souhaitait me rencontrer, cet homme avait déjà planifié une envie de convocation pour le lendemain, mais le destin avait conduit mes pas aux siens sans qu'il ait eu besoin de me faire demander. Au point où j'en étais, je pouvais bien supporter cette dernière épreuve, et puis l'endroit s'y prêter mieux. Je préférais être vue aux yeux de dieux plutôt que d'être enfermée entre quatre murs et un plafond où le divin n'aurait eu aucune chance de pouvoir observer cette rencontre.
« Je n’y vois pas d’inconvénient. Je serais malhonnête si je disais être complètement surprise par votre requête. Une Yaoguaï qui reste quand des Iwajines partent, quelqu’un en veut aussi à ce village. Si l’ancienne voyait tout cela, elle parlerait certainement de lui, que tout ceci était son œuvre et que nous pauvres mortels nous étions ses pions. » Je regardais l’homme avec un sourire. « Ne vous étonnez pas si certaines de mes paroles peuvent vous paraître étrange, la fatigue me rend souvent ... différente. » J’enlevais le rictus de mon visage.
Je sentais le vent caresser mes cheveux, un léger frison me parcourait l'échine, car je n'avais plus l'habitude de sentir ce dernier sur le haut de mon crâne, ma macabre coiffe me tenait d'une certaine manière au chaud pour cette zone de mon corps.
Les mains sur le sol j'essayais de me relever, mais je n'y arrivais pas puisque mes jambes refusaient de se lever sous mon commandement. Au moins, je n'irais pas très loin comme ça.
« Je suis navrée Yondaime, mais il faudra faire cette conversation ici même, mes pattes se refusent de m’obéir. » Disais-je en parlant de mes jambes.
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