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Ne jamais revenir sur ses pas [Ft. Gaho]


Sam 15 Juil 2017 - 0:26
Les ennuis. Si ce mot au pluriel était un nom, il irait comme un gant à la jeune Leoko Nora. Bien sûr, je ne parle pas ici de lassitude ou d’adynamie, mais bien de piments et de difficultés que le jeune moine aime imposer à sa vie. Aujourd’hui encore, sa folie l’avait mené dans un lieu des plus dangereux à Kumo. Elle aurait pu tout simplement ne pas songer à y retourner. Faire comme si cet endroit n’existait plus ou n’était plus qu’une trace putride de son passé mouvementée. Que cette tâche semblait littéralement impossible pour elle ! Nora faisait partie de ce genre de femmes déraisonnables aux excès et ne comprenant une leçon qu’au prix de problèmes irréparables. Quel était donc ce fameux lieu si propice à la prolifération de problèmes ?

Seule, au milieu d’une rue déserte, la demoiselle avait semblé prudente. Pour arriver jusqu’ici, elle n’avait négligé aucun détail en vérifiant que personne ne l’avait suivi. A présent, le dos collé contre la face d’une bâtisse minable, le moine arborait une face plutôt calme. Ce qu’elle s’apprêtait à faire n’était pas sans risque, mais elle n’avait pas l’air d’en mesurer les dangers. Ses yeux brillant d’une lueur déterminée, même le plus sage des érudits ne l’aurait convaincu de ne pas faire sa connerie. Le souffle sournois d’une brise d’air s’engouffrant dans sa rue ne sembla même pas décontenancer sa face placide.

Après plusieurs minutes d’une attente presque interminable, Nora leva légèrement les pupilles vers le bâtiment en face d’elle. Vieux, grisâtre et inspirant plus la tristesse qu’autre chose, la demoiselle n’espérait pas au fond d’elle revenir ici. Elle n’en avait pourtant pas le choix et c’est son culot qui le lui avait rappelé. Si elle n’avait pas fait preuve d’autant de suffisance, elle ne serait pas ici en cette soirée frileuse, postée comme une zoneuse de quartier.
Ses yeux fixèrent ensuite une fenêtre positionnée au premier étage de ce modeste bâtiment. Elle était prise d’une certaine nostalgie en la revoyant. La forme de cette ouverture n’avait rien de spéciale, un vitrage sûrement peu résistant et des dimensions très standards. En fait, ce serait plutôt les évènements qui s’étaient déroulés ici (et qui avaient mené à moults bouleversements), qui rendaient ce lieu lourd en mélancolie. Mais à quoi bon parler du passé… dès lors qu’elle aura rempli la raison de sa venue ici, ce bâtiment et le peu de souvenirs qu’ils portent ne seront plus qu’une goutte d’eau au milieu d’un océan perpétuel.

Quelques pensées futiles fusèrent dans sa tête, concernant notamment celui qui était son actuel amant… ou plutôt faux amant, mais elle ne se laissa pas déconcentrer par de si futiles réflexions. Elle entama aussitôt une montée sur vers cette fenêtre qui lui faisait face et qu’elle avait regardé avec tant d’ardeur. La courtoisie aurait voulu qu’elle passe par la porte d’entrée afin d’y accéder, mais force est de constater qu’elle préféra empoigner les parois rigides de la bâtisse. Grâce à des poubelles ainsi qu’à la fenêtre du rez-de-chaussée, elle atteignit aisément celle située au premier étage. Bizarrement, elle était ouverte. Probablement pour aérer la pièce, d’après elle. Sans réfléchir une seconde, elle s’introduisit discrètement dans la pièce et put redécouvrir cet endroit, qu’elle avait autrefois quitté prématurément : son ancien appartement.
Sauvagement sans-dessus dessous, il avait perdu ce charme qui l’avait rendu si pétillant la première fois. Bien qu’attristé par le saccage dans cette pièce, elle n’oublia pas la raison de sa mission : récupérer les quelques bricoles qu’elle avait laissé ici avant de partir. Logiquement, elle devait se trouver dans la commode fracassée à sa droite. Aussitôt vue, elle tira vulgairement les tiroirs effectuant d’ailleurs un grincement sordide. Un soupir s’échappa de sa bouche lorsqu’elle ne vit plus le reste de ses affaires. A quoi avait donc servi toute ce sketch, toute cette préparation méticuleuse pour arriver ici ? Visiblement, à rien pour elle, mais pas pour les voix qu’elle entendit près d’elle. Des sons sournois presque sanguinaires embaumèrent la pièce simplement éclairée par les premiers rayons de lune.

« On t’a trouvé, Nora ! On était certains que tu reviendrais chercher tes affaires, donc on t’a gentiment attendu ici ! T’es content de nous voir, pas vrai ! On va un peu discuter affaires maintenant… »

Un simple sourire tendant à être amical s’échappa de la bouche du moine. Un rire voulut également se manifester, mais il fut plus comparable à d’étranges bredouillées qu’à une barre de rires. A la fois exaspérée, à la fois vigilante, elle compta d’un coup d’œil furtif le nombre d’enragés dans sa bâtisse… Pas besoin d’annoncer de nombres en particulier, Nora comprit qu’elle était salement entourée. Ils l’avaient attendu ici tout ce temps, arme à la main, assurés qu’elle reviendrait sur ses pas. Leur optimisme les avait récompensés. A présent, ils ne leur manquaient plus qu’à recevoir leur dû… encore fallait-il qu’ils eussent mis la main sur la désormais fuyante.
Acculée, la demoiselle les manipula ingénieusement. Affichant un regard intelligible, elle avait fixé un point précis de la pièce avec une conviction incontournable. Intrigués par cette expression certaine, les pupilles véhémentes se dérobèrent d’elle à peine quelques secondes, mais ce fut suffisant pour la voir narguant, se diriger à toute allure vers sa fenêtre d'échappatoire. Pris de court, un nombre d’insultes inqualifiables s’échappèrent de leur ignoble bouche masculine :

« SALE GAAAARCE, REVIENS ICIIIIII ! RENDS-NOUS NOTRE ARGENT ! JE TE JUTE QU’ON VA TE… ». Les cris étaient misogynes, virulents et suffisamment puissants pour rameuter tout un quartier, mais pleine d’audace et de culot, Nora s’amusa à leur faire des adieux tout en sautant de la fenêtre du premier étage. « Bye bye ! ». Comme cette fois où elle avait suivi son faux fiancée, le saut se déroula sans accroc, mais au lieu d’être vêtue d’une charmante nuisette, elle avait eu la sagesse d’esprit de porter sa tunique moniale. Un décolleté était on ne plus visible, mais pour cette dévergondée inavouée, la dose de peau cachée n’était pas trop mal. De toute façon, personne n’était censée la voir, même habillée de sa tenue « normale », … à l’exception de cet homme inattendu, présent dans cette rue depuis un temps indéterminé. Grand, balafré, le moine avait atterri juste à côté de lui. L’étrange regard qu’il portait sur elle, l’inquiétait intérieurement. Extérieurement, elle était toujours cette folle qui venait une fois de plus de filer entre les doigts de créanciers enragés. Ne faisant comme si rien de bizarre ne s’était passé, elle s’exclama naturellement d'une voix espiègle et enjouée :

« Belle soirée n'est-ce pas ! »


Dernière édition par Leoko Nora le Sam 15 Juil 2017 - 14:20, édité 6 fois
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Sam 15 Juil 2017 - 6:21

Soir de pleine lune... C'était ce genre de nuit qui faisait vibrer Gaho. Il avait le sommeil léger. Ce serait plus juste de dire qu'il avait à peine dormi. Il n'avait pas chômé depuis son arrivée et sa promotion en tant que genin. Sa rencontre avec le fameux Hotaru Köda avait réveillé ses sens. Il se sentait plus... Vivant. Auparavant il avait eu l'opportunité d'effectuer une mission avec un Nara, bref. Les choses se goupillaient pour notre homme, ses pulsions se retrouvaient renforcés. Après quelques heures sur son lit, dans une réflexion limite pesante, il avait décidé de prendre l'air. Un pantalon, une chemise blanche, son manteau a plumes et voilà Gaho qui déambulait dans les rues de Kumo.

Une clope à la bouche, dans les rues les plus sombres, les zones les plus délabrés, c'est là que Gaho aimait traîner. Paisible. Calme. L'odeur ne le gênait pas, celle-ci lui rappelait son passé avec les brigands. Ça lui rappelait pourquoi il était ici. Cependant, cette tranquillité fut de courte durée, un bruit semblable à des cliquetis puis un homme qui se mit à crier.Oui la zone était paisible et calme, mais si Gaho l'appréciait, c'est parce qu'il avait beaucoup de voyous, Gaho s'était battu avec certains depuis qu'il était arrivé. Il arriva dans une ruelle, le bruit venait d'en haut. A peine avait-il levé les yeux qu'il vit une jeune femme atterrir face à lui. Une belle jeune femme, avec un décolleté des plus alléchants. Clope en bouche, Gaho resta béa. Voilà un moment que notre homme n'avait pas été surpris de la sorte. Son regard intense et froid s'était illuminé et son sourire enjoué et provocateur fit son apparition. Belle soirée ?

Oui, elle venait de l'embellir, décidément notre homme n'était pas au bout de ses surprises ici. Pas le temps de répondre, il jeta sa clope dans l'embouchure d'un caniveau. Gaho saisit la jeune femme par le bras sans trop de délicatesse et sauta derrière une benne à ordure, plaquant la jeune femme dans la pénombre de l'angle entre le mur et la benne. Il se colla à elle, sourire aux lèvres. Il avait jeté sa cigarette dans le caniveau par la même occasion. Les hommes qui lui couraient après sortit leurs tête par la fenêtre d'où elle venait.

« RAMÈNE TOI ESPECE DE GARCE »
Ohoh ♪ ! Voudriez-vous m'épuisez ? M'épousez ? M'épa... Pardon. Maintenant. Maintenant, c'est une belle soirée jolie femme.
Cette situation de proximité plaisait à notre homme, il en profitait pleinement, il continuait de fixer la jeune intensément, son regard en disait long. Gaho n'était pas le genre d'homme qui avait peur des conséquences de ses actes, surtout les plus sincères. Il les assumerait. La jeune femme allait être effrayé par les nombreuses cicatrices qui arboraient son visage et son corps ? Elle lui apporterait des problèmes si elle prenait peur. Gaho descendit son regard vers la poitrine de la jeune femme sans gêne, un petit sourire en coin de satisfaction. Grossier personnage. Quelques secondes seulement, mais tout de même. Il recommença à fixer la jeune femme et reculait lentement de deux pas. Il ne l'a quitta pas des yeux une seule seconde, il l'a dévorait du regard. Elle était devenue sa priorité de la soirée, elle l'ignorait, mais ce soir, notre homme ferait tout pour cette jeune femme, ainsi vivait un homme nourri par ses désirs et son impulsivité. Les voyous ne surveillaient plus la fenêtre, mais s'ils étaient tenaces ils risqueraient de faire leurs apparitions dans cette ruelle.

Gaho. Enchanté.
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Dim 16 Juil 2017 - 1:16
Avec une décontraction presque hallucinante, Nora gardait un œil sur cette nouvelle présence insoupçonnée. Déjà que son plan consistant à récupérer ses affaires avait capoté, elle n’avait nullement l’envie de finir dans de beaux draps. Le désamorçage du conflit qui s’apparentait plus une retraite stratégique était donc de mise ici. Le saut par la fenêtre qu’elle avait pensé sur le coup était une évasion brillamment menée. Même cinglée, la demoiselle savait se montrer de lucidité au bon moment… tout comme, il lui arrivait (très souvent) de faire des actions culottées. La réponse presque niaise qu’elle adressa à cet inconnu s’ajoutait bien entendu à ce répertoire dérangé. Elle avait fait preuve d’une audace formidable en lui parlant de la sorte. En aucun cas, elle n’avait la certitude des intentions de cet homme. Peut-être était-il un combattant expérimenté à la botte de ces créanciers véreux. La clope qu’il fumait avec nonchalance mélangée à sa balafre faciale l’aggravait d’une aura assassine.
D’ailleurs, il posait sur Nora des yeux assez louches. Presque affamés. L’hypothèse d’un probable ennemi près d’elle s’amplifiait dangereusement. De plus, le sourire qui égayait le visage de l’inconnu alarmait la conscience de la jeune femme. Sous ses airs très enjoués, le moine était déjà prêt à réagir au premier geste suspect de son interlocuteur. Pourvu de son art martial monial, elle avait tout à fait les moyens de passer à travers son atmosphère ténébreuse pour s’en débarrasser. C’est du moins ce qu’elle supposait avec beaucoup d’optimisme.

De nouveaux meuglements impétueux se propagèrent dans tout le quartier. Ses poursuivants n’avaient visiblement pas abandonné. En même temps, une telle détermination de leur part était prévisible. Il était hors de question que la garce endettée ne leur glisse entre les doigts une nouvelle fois. Pour la rattraper, ils étaient probablement sortis en trombe de l’immeuble, réveillant sans gêne tous les voisins. Se résignant de peur à ne pas risquer le saut par la fenêtre, ils avaient piétiné les escaliers de leurs pieds bruyamment titanesques. D’après une estimation très sommaire, le moine s’accorda à penser qu’ils seraient ici dans une minute tout au plus.
C’était le moment pour elle de s’éclipser et de renoncer « temporairement » à la récupération de ses affaires. Dans sa tête était déjà prévue un chemin logiquement sans risques et qui la conduirait jusqu’à son actuel chez elle. Ses yeux pressés s’étaient déjà engagés dans la direction d’un départ. Le corps devait juste emboîter le pas et quitter cet infâme merdier… mais il était retenu. Une main ferme, peu gracieuse entourait son bras et la tirait dans la direction opposée.

Il lui fallut quelques secondes de clairvoyance pour constater qu’elle était emportée ailleurs sans son consentement. Ses yeux jusque-là convaincus par sa destination finale avaient regardé son doux chemin planifié s’éloigner tragiquement. Enfin donc, ses pupilles étaient en train de regarder le coupable de ce crime. Le balafré. Il n’avait pas l’air de savoir s’y prendre avec les femmes. Au moins, elle semblait se convaincre qu’il n’était pas à la solde de ses ennemis. Toutefois, même si ces nobles actions avaient pour but de la cacher de ses opposants, il avait quand même imposé une poigne sèche pour emmener Nora derrière cette benne à ordures.
A présent, elle avait une vue parfaite sur le protagoniste qui l’abordait avec tant d’entrain. Sans les fumées de sa cigarette noircissant son visage, la cicatrice défigurant sa face lui était on ne peut plus visible. N’importe qui aurait pu s’apeurer en voyant une telle mocheté déformer un visage loin d’être ignoble sans cette dernière. Pourtant le moine ne parut traumatisé un seul instant. Par contre, l’annonce qu’il exprima rapidement avec enthousiasme l’étonna légèrement :

« Ohoh ♪ ! Voudriez-vous m'épuisez ? M'épousez ? M'épa... Pardon. Maintenant. Maintenant, c'est une belle soirée jolie femme. »

Ses premiers baragouins la firent sacrément tergiverser. Etait-ce vraiment un lapsus de sa part ou tout simplement une initiative visant à la rassurer de ses belligérants… chose qu’elle n’avait pas vraiment besoin tant sa tactique de retraite avait été minutieusement calculé. L’esprit de Nora était vraiment perplexe. D’autant qu’elle n’était pas aveugle au point de rater les fixations lubriques de son soi-disant sauveur. Depuis leur rencontre fortuite, il avait enchaîné des coups d’œil très intéressés sur son opulente poitrine. Là encore, son sourire salivant ne cachait même pas cette satisfaction primaire imprégnée d’une perversion propre au sexe masculin.
Les compliments sur elle et son corps enchantaient l’ego du moine. Pour autant, elle ne souhaitait pas que leur multitude soit source d’arrogance et de jalousie. Modeste, elle se contentait généralement d’un sourire simple, presque bête pour remercier l’homme de ses yeux « attentionnés ». Le temps des remerciements passés, il était grand temps de sortir. L’odeur des poubelles titillant sa narine, elle ne supporterait pas de rester ici très longtemps. D’une honnêteté tranchante, elle donna son point de vue sur sa situation globale toujours tendue, gardant un sourire amical :

« Je ne sais vraiment pas si je dois te remercier pour tes actes. La vérité est que j’avais la situation en main, mais bon… merci au moins pour les flatteries ! » Sa joie insouciante disparut momentanément faisant place à un dégoût prononcé. « Par contre… les poubelles ! Je pense que tu aurais pu trouver une bien meilleure cachette ! »

L’odeur émanant des poubelles commençait sérieusement à l’écœurer. Mais qu’est-ce que pouvait contenir cette benne à ordures pour empester autant la mort ? Franchement, elle n’avait pas envie de le savoir. Des problèmes ? Elle en avait déjà tout un tas à gérer, à commencer par celui du fameux Gaho l’observant avec appétit et celui de ses créanciers dont la voix se faisait proche.

« Au fait, moi c’est Nora ! Leoko Nora ! »
indiqua t-elle d'une voix plus silencieuse.
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