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Psychopathes contre psychopathes [MLB]


Dim 6 Jan 2019 - 21:28
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Le Loup enragé de Yûgure, La Limaille déséquilibrée des Satetsu et le Punk tatoué des Suzuri. Un trio de choc, cérébralement instable, hiérarchiquement ingérable... en somme ? L'équipe parfaite pour le sale boulot qu'on venait de leur assigner : effacer tout un groupe de la surface du Yuukan. Shisei s'imagina l'instant où l'on demanda, dans la salle des gradés et une fois l'équipe désignée, des volontaires pour se charger d'eux... . Il se figura parfaitement le souffle froid et silencieux qui dut s'installer dans la pièce, comme une question mise en suspens et qui ne trouva nulle réponse.

Pas de supérieur, pas de garde fou. Personne sinon eux trois en route vers la réalité d'un monde fait d'atrocités, que d'aucuns s'interdisaient à admettre. Ils étaient le mal et le remède. Eux, les anges que l'on envoyait au diable. Eux, les démons que l'on attendait. Ils étaient aussi indispensables que le doute l'était au jugement. Et au fond de lui, le tatoué comprit que l'unique limite à leurs exactions serait leur propre fatigue, voire leur simple lassitude. Aucun n'en sortirait indemne, une tâche viendrait inéluctablement noircir un peu plus leurs esprits sclérosés, une ombre dont Shisei n'échapperait pas. Une ombre qu'il ne cherchait aucunement à éviter à vrai dire, même s'il ne se l'avouerait jamais. L'horreur du monde, il l'avait vue, il l'avait goutée et en salivait déjà à l'idée de pouvoir la croquer à pleine dents, une nouvelle fois.

La petite équipe remontait les montagnes au-dessus de Kumo, en direction d'un plateau situé un peu plus au Nord de la cité, lorsqu'une auberge se dressa à l'horizon, entre deux pics rocheux.

-"À moins que vous n'ayez de quoi pister le groupe, on peut tenter d'en piéger un ou deux sur l'indétrônable besoin de tout homme : la promesse du sexe pour de grosses loches et un bon boule." Shisei porta son regard sur le Satetsu, avant d'ajouter "et j'ai cru comprendre que ça te connaissait, les déguisements d'aguicheuse." Un sourire se dessina alors sur son visage. Le trentenaire était tombé sur un rapport de mission faisant état d'accoutrements féminins pour attirer leur proie.

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Lun 7 Jan 2019 - 2:47
Il y a de cela quelques temps, alors que les premières neiges commençaient à habiller le Kaminari d'un drap blanc à l'apparence onctueuse, un chasseur arpentait les montagnes au nord de Kumogakure. Il était seul dans le froid et la bise, et à chaque pas qu'il faisait, il laissait ses empreintes sur le sol laiteux des monts escarpés, à la recherche d'un gibier rare mais pas moins convoité par sa langue de viandard. Il était grand, un peu frêle, voire même rachitique ; mais cela ne l'empêchait pas d'avoir une petite bedaine qu'il camouflait derrière un long manteau en peau de loup ; un loup qu'il avait abattu lui-même, naguère, avec deux carreaux d'arbalète, ce qui justifiait les trous qu'on voyait au bas de cette peau, qu'il avait sciemment laissé pour raconter sa petite fierté. Mais, hormis cette peau qui trônait toujours autour de ses épaules, on le reconnaissait à ses petits yeux vitreux, d'un bleu glacé, enfoncés sous des arcades proéminentes ; ainsi qu'à ses long cheveux gris, attachés en queue de cheval, et la barbe hirsute qui habillait son faciès, et qui montrait bien à quel point il négligeait son hygiène.

"Yama", qu'on l'appelait. Un ivrogne bien connu dans les montagnes.

On disait de Yama que c'était un type bien, qu'il savait partager et qu'il était à l'écoute des autres. Cependant, il avait l'alcool mauvais et surtout il était fier, aussi fier qu'il était con. Ce jour-là, frustré d'avoir fait chou blanc et s'étant délibérément plongé dans la valse des comptoirs pour se changer les idées, il s'était donné en spectacle : ne voulant pas faire la queue pour participer à l'effort de guerre en remplissant l'urinoir, il avait enfilé son verre cul sec, comme un brave, et s'était levé sur la table, comme un guignol, pour pisser dans le récipient vide, ignorant la décence du peuple, et montrant volontiers l'engin prohibé à qui le voulait bien. Un engin de petite taille malheureusement. Beaucoup s'étaient gaussés de lui, et aussitôt, comme tout le monde pouvait le prédire à ce moment-là, la situation avait dégénéré : c'est que Yama aimait bien rigoler, mais que des autres.

La chose avait attiré l'oeil de certains hommes obscurs que peu de protagonistes osaient fréquenter. Après avoir cassé quelques dents et échangé quelques messes basses avec ces derniers, l'ivrogne les avait suivi. Depuis ce jour, le chasseur ne se montre que rarement : on raconte que ce n'est plus le même homme.

Lorsque l'équipe de Kumogakure arriva dans les montagnes, la neige tombait toujours sur le Kaminari, mais depuis cette histoire, le temps s'était adouci ; le soleil, éternel souverain, commençait à reprendre sa place dans l'azur. Bien loin de cette anecdote du passé, Nobusuke, entouré de deux gaillards, marchait péniblement dans les montagnes laiteuses, là où jadis Yama se plaisait à chasser. L'éphèbe aux pulsions meurtrières et au pouvoir ténébreux était bien loin d'imaginer dans quoi il mettait les pieds, mais il avait tout de même un souvenir particulièrement vif qui l'obligeait à redoubler de méfiance : celui des phalanges de Saigo, qui avançait juste à côté lui. Des trois protagonistes rassemblés, Nobusuke était le plus jeune, le plus instable, et par-dessus tout le plus naïf : il ne voyait le mal nulle part. Alors qu'il déroulait la jambe pour atteindre l'objectif que les trois boutefeux du village caché des nuages s'étaient fixés, il avait religieusement écouté les propos de Shisei, absorbant bêtement les suggestions balancées comme ça, comme un pavé dans la marre ; et il s'était dit...

--- Pourquoi pas.

Ces quelques mots faisaient réplique à l'intelligence situationnelle de Shisei et sans doute que l'expérience qu'il avait dans le vice aiderait le groupe à tirer son épingle du jeu ; c'est dire que l'adonis insouciant était entouré des pires crapules de sa cité.

--- Mais je souhaiterais tout de même préconiser quelques petites choses avant de passer à l'action.

Avait poursuivi le gamin, l'index levé devant ses yeux, des yeux qui se mirent à loucher pour voir ce doigt inquisiteur. Il avait vu ce geste chez les autres et, même s'il n'en comprenait pas foncièrement l'usage et le sens, il avait remarqué qu'il était plus aisé d'obtenir l'attention des honnêtes gens en utilisant cette méthode. Mais avant que la chose devienne efficace, il devrait sans doute apprendre à avoir l'air moins con en singeant ce comportement.

--- Tout d'abord...

La dernière fois qu'il avait été travesti de la sorte, il avait contre son gré attiré quelques ploucs en rut et, alors qu'il avait pour mission de ne pas causer de violence inutile, il avait dût les dépecer un par un : la faute à ce Saigo de malheur qui l'avait abandonné. Et, comme si le destin lui jouait des tours, son persécuteur était toujours là, baignant avec lui dans le torrent de la démesure et du scandale : comme si, tant qu'il y avait du sang, le bagarreur répondait toujours à l'appel. Assurément, cela ne rappelait pas que de bons souvenirs au belliciste décâblé. Ainsi, en vertu de cette mésaventure, le jeune homme préférant prendre quelques précautions fondamentales à son sens.

--- Je veux que ce maquillage me plaise. C'est la condition sine qua non, vous comprenez ? Il est important de pouvoir comprendre les goûts d'une femme, et vous devrez être de galants hommes avec moi. Le maquillage est une question de mesure et de soin. Je veux un regard soutenu, sans que ce dernier soit grossier. Je ne veux pas que le rouge à lèvre me donner un air trop pulpeux, ni trop pincé. Vous devez comprendre mes goûts féminins. Te souviens-tu de comment tu t'y es pris, la dernière fois, Saigo ?

Oui. Son maquillage est une chose plus importante que les questions de vie ou de mort. Il aimait être belle.
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Lun 7 Jan 2019 - 11:32
D'une simplicité enfantine, presque pédophile, si l’on considérait le profil plus que douteux des agents sélectionnés pour cette mission. Saigo se redressait de son caniveau avec une énergie nouvelle, il se trouvait au milieu d'une ruelle un peu trop bruyante et bondée en cette belle mâtiné, sans la moindre idée de comment il avait fini là. Une chose restait certaine, sa nuit avait été longue et son sommeil bien trop cours. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé de faire abstraction de tout ces gueux qui déferlaient autour de lui depuis quelques heures maintenant. La véritable cause de son réveil n'était cependant nulle autre que ce shinobi aux airs de fouine venu lui transmettre son nouvel ordre de mission. Le clochard qu'il était ne put qu'afficher un regard empli de pitié et de compassion envers ce sous-fifre, ne réalisant pas que le facteur le regardait exactement de la même manière. Étonnement, son mal de crâne en ce beau matin était très faible, il s'ébouriffa énergiquement les cheveux, redressa sa veste et se mit deux trois claques histoire de se réveiller correctement. Notre limier était fin prêt à prendre la route, Saigo tapota l'épaule du petit shinobi devant lui en guise de remerciement et prit le chemin de l'Arche sans perdre une seconde de plus.

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Ils étaient tous les trois réunis devant cette auberge, les retrouvailles avaient été brèves et agréables, chacun conscient de ce que le village attendait d'eux et on ne peut plus heureux de commencer cette aventure féerique, de mener à bien les objectifs de cette mission aux allures de génocide. Non pas que l'un d'entre eux s'en plaignait, bien au contraire...

Comme convenu et voulu, le petit Nobu s'était une nouvelle fois retrouvé avec le faciès saupoudré de "maquillage". Saigo avait travaillé de manière experte et rapide sur son beau visage androgyne, avec l'aide attentive d'un Shisei probablement hilare. N'ayant que les ingrédients de la nature pour réaliser son oeuvre, l'ex-mafieux s'était affairé avec énergie et ingéniosité, ne manquant pas de susurrer nombreuses paroles d'encouragements et réconforts à son model, parvenant tant bien que mal à dissimuler son espièglerie innocente. Une fois le travail "fini", le jeune Nobu ressemblait plus à une sorcière des forêts, sauvage, hideuse et crasseuse, qu'à une belle jouvencelle en quête d'amour. L'échec de Saigo avait atteint un tout nouveau niveau d'art contemporain, badigeonné de terre, de boue, peut-être de merde, de poussière de champignons et de sève d'arbres, Nobusuke était piteux, incroyablement méconnaissable.

- Une harpie magnifique! Splendide! Mais sans ses ailes hein...

Saigo affichait une moue satisfaite et confiante, hochant la tête en signe d'appréciation de son travail, de l'horreur qui se tenait devant lui. Jouant une comédie parfaite dont l'unique but était de dissimuler à Nobusuke la vérité sur sa nouvelle apparence effrayante et démoniaque. Le roublard enchaina rapidement sur le déroulement de la suite des événements, comme ci tout était déjà prévu, parfaitement orchestré. S'adapter à n'importe quelle situation, une des règles phares du volume numéro 666 du malfrat en vadrouille.

- Les gars, notre nouvel objectif est de s'infiltrer dans leurs rangs, vu nos tronches, personne ne peut nous prendre pour autre chose que des criminels! Allons saccager cette misérable auberge!

Les bras croisés sur la poitrine, Saigo affichait un sourire flambant, fier de lui et de son idée machiavélique. Néanmoins, il évitait comme la peste de croiser le regard inquisiteur de Nobusuke, se sachant incapable de contenir son hilarité plus longtemps.

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Lun 7 Jan 2019 - 18:52
-"T'es d'une beauté resplendissante, ma p'tite Nobu ! Ne laisse personne en douter." S'exclama le tatoué, un rictus hoquetant aux bords des lèvres. Une curiosité malsaine le poussait à poursuivre cette idée d'appât, histoire de constater quelle forme de vie, humaine ou non, s'abaisserait à courtiser... ça.

-"Misérable, misérable... ils font tout de même une très bonne blanquette !" L'estomac sur pattes tempérait les paroles de Saigo, sans s'interdire pour autant de leur retourner l'établissement. "Evitez juste les jutsus pour l'instant." Les rapports faisaient état d'un binôme de ninja à la tête d'une troupe de quidams. Il valait mieux se réserver la carte du Chakra pour plus tard, s'ils souhaitaient augmenter leur chance d'être recrutés.

Face à la porte de l'auberge, le trio douteux s'engouffra dans l'antre de tous les péchés.

* * * *

Il avait suffit d'une toute petite étincelle, infime flammèche tout juste suggérée par un Saigo au meilleur de sa forme, pour que la situation ne brûle d'un brasier infernal et ne dévore avec appétit chacun des convives. Comme si les clients eux-mêmes attendaient le moindre prétexte pour se foutre joyeusement sur le coin de la tronche. De la bonne castagne à l'ancienne, de celle qui cognait dur, claquait fort et brisait sec.

Aux prémices du tumulte et des premiers fracas, au bruit des premières beignes claquant dans l'air, l'un des clients s'échappa par une fenêtre, avant de cavaler à grandes enjambées dans la neige. Surement un pleutre craignant la grande main calleuse du Suzuri qui s'abattait, encore et encore, sur le visage des plus téméraires -ou des plus malchanceux- passant à portée de bras. Une humiliation accentuée par l'air amusé du tatoué, tout comme l'aisance avec laquelle il distribuait ses taloches de doigts, au rythme d'un air siffloté gaiement. Et tandis qu'il terminait de battre la mesure sur le visage du sauvageon l'ayant mordu jusqu'au sang, il aperçut, dans l'entrebâillement de la porte, la silhouette de l'évadé accompagnée par deux copains, dont l'un vêtu d'une peau de bête.

-"Gros bourrus en approchent, les gars !" Son poing ponctua sa remarque sur le nez de son adversaire, avant de partir se jeter un verre du premier alcool trouvé derrière le comptoir, aux frais du proprio gisant, groggy, dans sa propre urine.

-"Toujours aussi belle Nobu !" Nota le trentenaire, d'un bisou en l'air et d'un clin d'œil amusé. Le maquillage avait remarquablement bien tenu et ne manquerait pas de faire son petit effet sur les trois curieux en approche. Shisei salua d'un shot, qui sentait le saké premier prix, le travail de Saigo sur le visage de leur acolyte dégénéré.

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Mer 9 Jan 2019 - 0:21
C'est dire que le groupe avait fait sensation, en entrant dans la petite auberge.

Convaincu d'être devenu une véritable diva gâtée d'un pouvoir de séduction à faire pâlir toutes les femmes mariées, Nobusuke, bigot démesuré du souci d'excellence et maniaque notoire ne tolérant guère qu'on la badigeonnasse comme un cagole épouvantable, était entré avec un déhanché ravageur. La porte lourde et aussi vieille que l'auberge dont elle était le point d'entrée avait grincé sous la pression de sa main gracieuse et souple, et il était entré en même temps que le courant d'air qui s'était aussitôt infiltré. Une vague de fraicheur qui rappelait à tous qu'il y avait de la vie au dehors, et que l'hiver continuait de saupoudrer les montagnes du Kaminari tandis que les badauds se prélassaient dans la chaleur de la cheminée. Tous les visages s'étaient tournés vers l'intrus, à l'unisson, comme autant de vaches à lait tournant leurs yeux bêbête pour voir l'étranger qui entre dans l'enclos. Il en fut tout à fait satisfait. C'était une aubaine, une opportunité en or à saisir pour débuter le vif de la mission : en jouant la mignonne, il devait provoquer l'appétit.

L'éphèbe ténébreuse mit pourtant un court instant pour réfléchir à son action. Etrangement, toute l'auberge s'était engouffrée dans un silence de plomb, ce qui le confortait dans l'idée qu'ils n'avaient que rarement eut l'occasion de se figurer pareille incarnation de l'idéal féminin, surtout dans un territoire aussi reculé : la belle au bois dormant arrivait comme une sorte de cygne majestueux au milieu d'une horde disgracieuse d'ornithorynques aussi bâtards qu'ils sont mal fignolés. Pourtant, malgré cette indiscutable assurance dans son rôle, il appréhendait avec soin cet étrange silence qui avait quelque chose d'à la fois pesant et critique : c'était maintenant, ou jamais. Quelques secondes fatidiques dans une éternité toute relative. Que pouvait-il bien faire pour s'accaparer tous les désirs interdits ?

Il improvisa. Il cassa son bassin pour le mettre sur le côté, bombant son derrière, et mit son index sur la bouche en faisant la moue. Il avait vu une adolescente le faire et avait compris que cela consistait à faire la pute, n'en déplaise à ces petites aguicheuses effarouchées. Aussitôt, il guetta la réaction.

Le silence demeura, pénible.

--- Bonjour ?

Et soudain, quelques-uns se mirent à rire aux abois, se raillant de l'intrus, quand d'autres continuaient de le darder d'un air épouvanté. Un homme, le visage rond et lisse, se leva en le pointant du doigt :

--- C'est pas une dame ! C'est un phacochère !

Nobusuke était resté de marbre, naufragé dans un océan d'impertinence et de fiel ostracisant. D'autres auraient pu vivre cela comme un cauchemar, car les immondices qui accompagnèrent allègrement le désaccord de la plèbe de l'auberge étaient gratuites, nombreuses et grossières. Elles étaient pleine d'un venin qu'on avait transformé en mots, et des mots qu'on lançait comme des couteaux pour fustiger l'apparence pour le moins hideuse et répugnante, absolument incivilisée, de cet étranger aux yeux noirs.

Il se retourna pour voir ses deux compagnons. Probablement qu'ils avaient longtemps dû contenir leur envie d'éclater de rire, et qu'ils jubilaient en laissant l'adonis faire son numéro.

Puis, ce fut la débandade. Les deux gus entrèrent, encore plus vulgaires que tous ceux qui venaient de s'agiter. Saigo, avec sa gouaille naturelle de baroudeur, s'invita en parangon de la discourtoisie. En mettant du sel dans une situation déjà tendue, il fit porter à ébullition l'ensemble, qui éclata dans un formidable pugilat. Enhardi par l'escarmouche, Shisei fonça tête baissée, violent et décisif sur chaque coup. Nobusuke sortît deux couteaux et resta près de la porte.

Lors de ses dernières aventures, le maitre des résidus de fer avait rencontré une légende des temps passés, le très célèbre Shuuhei, Nidaime Raikage. Après quelques échanges tant philosophiques que bellicistes, Nobusuke était devenu, suite d'un marché qu'ils avaient conclu, le fidèle du Metaru. Ce dernier, chantre de la sagesse à ses heures perdues (vraiment perdues), lui avait fait promettre de ne plus commettre de crimes inutiles, à moins qu'on lui en donne l'ordre. Et comme on ne l'avait pas fait, il était resté près de cette porte, sage et attentif.

Pourtant, ce n'était pas plus mal car, s'il n'avait pas la même aura que ses compagnons, il n'en demeurait pas moins intimidant par son originalité, son insensibilité et son absence de scrupules. Tous ceux qui tentèrent de s'approcher de cette porte comprirent très rapidement qu'il n'hésiterait pas à utiliser ses armes, aussi dissuada-t-il quelques pèlerins qui comptaient s'enfuir : seul celui qui passa par la fenêtre parvint à s'échapper du massacre flamboyant.

Le temps passa au rythme des mandales distribuées par ses deux compagnons. Un homme, tellement frêle qu'on aurait eut peur de le casser en lui serrant la main, s'écroula à ses pieds après avoir été rossé par l'un des querelleurs ; ce n'était pourtant l'oeuvre ni de Saigo, ni de Shisei. Tout le monde se battait contre tout le monde. Le misérable avait un oeil tuméfié et l'autre était rempli du sang qui coulait de son arcade. Profitant d'un léger répit, la cendrillon se pencha au-dessus de lui et lécha l'hémoglobine avec son doigt avant de le mettre en bouche.

--- Délicieux.

Il traîna le maraud près de la porte. Ce dernier pouvait à peine se défendre. Cette fois-ci, il imbiba toute sa main et continua de déguster ce sang sucré et chaud, qui ne laissait dans son palais qu'une maigre amertume. C'était encore meilleur que du vin.

C'est vous dire que le mioche avait dissuadé plus d'un amateur de s'approcher de lui.

En revanche, quand la porte claque contre son dos, il chût misérablement, trop concentré sur sa dégustation, et se retrouva à terre. C'était une offense à sa magnificence, d'autant qu'il avait consenti un immense labeur pour devenir la plus exquise des pommes juteuses ici présentes. Il ne leur pardonnerait pas.

Jamais de la vie.
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Mer 9 Jan 2019 - 13:18
Saigo, entre autres qualités inutiles, était un homme fier et protecteur, bien que dans son cas ce terme ne présageait jamais rien de bon pour son entourage. Il ne put donc s’empêcher de grincer des dents alors que les types se foutaient ouvertement du joli minois de son tendre et timide acolyte. Qui, pour sa défense, donnait tout ce qu’il avait pour convaincre ces idiots de sa beauté pour le moins fracassante. Une bande d'ingrats aussi peu reconnaissante qu’une péripatéticienne récoltant la syphilis dès son premier client. Ni une ni deux, l’ex-mafieux redevenu criminel pour le temps d’une mission, envoyait en réponse une chaise valser à travers la salle. Missile dévastateur qui vint s’exploser contre les tronches précédemment hilares, maintenant défigurées, de cette première rangée de branquignoles.

- Ayez un peu de galanterie, bande de cons !

Ce fut le signal pour le début des festivités. Le glas qui brisa la glace, le bois, les têtes et les os. Shisei et lui même se lancèrent dans un spectacle de violence, gratuit aux premiers abords, mais dont tant les acteurs que spectateurs payaient en « nature » cette représentation improvisée, une nature impitoyable, qui récoltait autant qu’elle recevait. Saigo riait, comme à son habitude, bras armé et aimant de cette mascarade nécessaire, faisant pleuvoir les coups, aussi fréquent et impitoyable qu’une tempête de grêle en plein hiver. Ce genre d’instants de camaraderie était une des raisons de vivre de notre bon Saligot, qui remarquait cependant du coin d’un œil perplexe, un Nobusuke en retrait. Une vision de calme et de contrôle qui n’avait pas lieu d’être en ce moment de joie et de débauche. S’il ne s’amusait pas maintenant, quand le ferait-il ?

Cette petite distraction manqua de lui valoir une bouteille brisée en pleine carotide, qu’il évita par pur hasard en glissant sur une tache de sang. Une trainée effectuée justement par un petit Nobu au regard aussi innocent qu’angélique, tirant son trophée de chair et de sang à travers la pièce. Saigo se promit de se mêler de ses propres affaires, chacun sa merde et ses raisons, tout en envoyant un coup de pied frontal dans la poitrine d’un des bougres un peu trop courageux; auquel vint s’ajouter l’adjectif, le succès ultime, de finir défenestré.

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Quelques instants plus tard et à quelques kilomètres, alors que la fête battait son plein à l’intérieur de l'auberge, le même type qui venait de passer par la fenêtre s’écroulait avec fracas, épuisé et à bout de souffle, aux pieds de Yama. Aussi perspicace que taciturne, le chasseur prit immédiatement la direction de l’auberge d’une démarche rapide et puissante, le regard sombre et satisfait. Cela faisait plusieurs semaines qu’il attendait un évènement de ce genre, les recrues se faisaient de plus en plus rares. Tic et Tac, le tandem démoniaque, commençait à s'impatienter et c'était lui qui serait la cible de leur courroux. L'attaque était pour bientôt, ses ordres étaient simples, rameuter le plus de coupe-jarrets que possible avant le jour J.

Ce fut donc avec une satisfaction non feinte qu'il découvrit une scène digne d'un Tarantino en pénétrant dans l'auberge. Le calme commençait tout juste à s'installer, les lumières purifiantes du soleil venaient éclairer mystiquement une multitude de corps, moitié morte, moitié gémissante, qui jonchait les lattes dégueulassées de différents liquides humains. Seules trois personnes semblaient encore à même de bouger, s'étant auto-proclamées maîtres des lieux. Le premier était un punk barbu et tatoué entrain de se la coller sévère au comptoir, un sourire presque bienveillant aux lèvres. Le second était un jeune homme puissamment bâti entrain de se goinfrer goulûment d'un amas recomposé de bouffes méconnaissables, la tête enfouie dans une assiette aussi immense que ses biceps. Le ou la troisième était probablement l'énergumène le plus inquiétant, à genoux entrain de les défigurer sans un mot, une aura de mort l'entourait aussi certainement qu'une odeur de merde et de sang embaumée l'auberge. Yama sourit à pleines dents de son improbable trouvaille...



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Mer 9 Jan 2019 - 20:38
... celle de trois démons qu'il mènerait sans remord aux premières heures de l'attaque, conformément à ce que le lui avaient révélé ses deux chefs : "du sang et des larmes". Tactique classique, instrumentant une équipe de tarés pour alimenter la peur et le chaos chez leurs adversaires. Une anarchie nécessaire au coup de grâce qu'ils porteront eux deux en plein cœur de Kumo.

-"Du sang et des larmes." Les paroles ricochèrent à plusieurs reprises dans l'esprit du chasseur, avant de sortir, sifflantes, d'entre ses dents jaunâtres. Yama s'engouffrait un peu plus profondément dans ce carnage délectable, enjambant les déchets -tant humains que matériels- jonchant le sol. Son regard se posa sur l'enfant grimé de sang, dissimulé jusque là par la porte. "Splendide." Le sauvage se voulait parfaitement sincère, tandis que l'horreur de cet enfant détricotait son plan initial pour en forger un tout nouveau, bien plus beau que tout ce à quoi ses chefs pouvaient s'attendre. "Une beauté parmi les monstres. Toi, plus que quiconque, je te veux dans mon équipe." Son doigt pointa Nobusuke, tandis que ses lèvres dessinaient ce qui pouvait s'apparenter à un... sourire ?

-"Eh, le viandard, qui t'dit qu'on va te suivre." Le Suzuri n'eut pour seule réponse qu'une sacoche de pièces balançait sous son nez par le pleutre de la fenêtre. "Ok." Durant une fraction de seconde, son esprit poursuivit l'idée d'une richesse à portée de main, une richesse aisée à dissimuler des rapports, à enterrer quelque part dans les montagnes et à venir chercher plus tard... heureux présage façonnait à l'ombre d'un mensonge.

-"D'autres suivront à la fin du contrat. Beaucoup d'autres." Pour ceux qui survivraient, tout du moins. "Mais vous aurez tous les détails une fois au campement. Suivez-nous." L'ordre tonna dans la pièce. Un ordre difficile à refuser, notamment pour la promesse d'un argent sans fin qui intimait chacun d'eux, prétendus mercenaires sans foi ni loi, à se joindre à cette organisation.

* * *

Une dizaine de minutes d'une marche soutenue les mena au bivouac du sauvage et de ses camarades aliénés. Mais aucune trace des chefs, le tandem Chapi Chapo s'offrait le luxe du mystère. Quand au reste, une quinzaine d'âmes œuvraient au milieu de tentes délabrées.

-"Vous serez avec les Berserkers, là-bas. Je passe vous chercher dans vingt minutes, alors restez dans les parages." Les Berserkers, une association improbable des pires raclures de la Foudre et de ces montagnes. Un amas de rognures rejetées de la société pour lui avoir entaillé l'aubier jusqu'au coeur, et qui tenait en une masse plus ou moins docile par un miracle aussi magique qu'incertain.

Le trentenaire se planta dans le groupe, s'invitant auprès du feu.

-"Salut les connards. Qu'est-ce qui faut faire pour avoir un truc à becter ?" L'entrée en matière n'était probablement pas la meilleure. À moins qu'il n'essaya la diversion pour libérer les yeux portés sur ses deux acolytes. Enfin... principalement sur la belle Nobu.

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Mer 9 Jan 2019 - 22:47
Une fois rassasié du sang qu'il avait goulument avalé presque par litres du pauvre boiteux chancelant et fébrile qu'il s'était désigné comme festin, l'éphèbe avait sagement suivi toute la clique qui, de manière assez inattendue, venait d'être embrigadée par les rebelles. Conduits par les deux émissaires qui venaient de troquer leur fidélité contre quelques pièces trébuchantes, ils arrivèrent bientôt dans le camp ennemi, avant de s'asseoir dans le cercle des Berserkers, une bande de gaillards fortiches dont l'odeur de transe, franchement repoussante, dépassait celle du feu autour duquel ils se tassaient tels des mufles.

Ce moment se voulait paradoxal. Il était animé par une sorte d'électricité que les regards bruts de leurs nouveaux compagnons ne comptaient vraisemblablement pas adoucir. Mais en même temps, dans ce coin presque inconnu du reste du monde, les ninjas de Kumogakure avaient comme une vague impression d'être dans un pays étranger, dans lequel ils dépendaient du même destin que ceux qui se trouvaient là, autour de ce feu qui rassemblait les coeurs en un unique espoir.

Malheureusement, les trois psychopathes étaient là pour l'éteindre sous la neige.

L'un des Berserkers, reconnaissable par la balafre qu'il avait autour de la gorge, portait une grosse laine grise. Il était grand et trapu, avec une mâchoire carrée et des cheveux planqués sous un casque. Il se leva par réaction à la remarque décochée par Shisei, révélant son immense musculature, ornementée par des armes en tout genre, suspendues de manière anarchique sur ses flancs. Si d'aventures il avait focalisé ses yeux sur l'étrange phénomène couvert de boue qui, malgré sa volonté de rester discret en se mettant en retrait par rapport au groupe, attirait tout de même quelques défiances, il avait à présent ses yeux noirs rivés sur le Suzuri pubescent. Bien que le Berserker cyclopéen avait tout pour être refroidissant (les armes, la carrure et le regard), il en fallait sûrement bien plus pour faire taire le toupet d'un tel olibrius. Cela dit, il était tout désigné pour répliquer, afin de dissuader l'étranger de vouloir récidiver avec une pareille insolence.

--- En voilà un qui ne manque pas de manières. Au cas où tu ne l'aurais pas compris, tu es ici dans le cercle très étroit des Berserkers. Parmi tous ceux qui fréquentent le camp, nous sommes probablement ceux qu'il faut craindre le plus.

Il ouvrît alors sa laine et écarta les pans sur les côtés, révélant une myriade de hachettes, de couteaux et de faucilles.

--- Ne nous oblige pas à t'apprendre d'où nous tirons notre réputation !
--- Ferme-la, "Gato".

Un silence s'installa. Un deuxième Berserker venait de prendre la parole. Il était moins épais, mais pas moins nonchalant à sa manière : ses cheveux noirs et hirsutes tombaient sur son front et sur ses yeux, et ils avaient assez de ténèbres en eux pour disputer la folie qu'il y avait dans ceux de Nobusuke, de Saigo et de Shisei réunis. Il n'imita pas son acolyte, ne prenant pas la peine de se lever pour se faire entendre ; pourtant, tout le monde l'écoutait avec une dévotion absolue. Ce mystérieux protagoniste, décidément plus froid que le précédent, était occupé à tailler une petite figurine de bois avec son couteau ; sous sa barbe disgracieuse, ses lèvres se délièrent avec un ton monocorde, presque blasé.

--- Je ne vois pas pourquoi on devrait vous offrir quoique ce soit à becter. Vous n'avez pas fait vos preuves ici. On ne donne pas de la nourriture à quelques freluquets qui tomberont sous la première lame qui croisera leur route. Ce serait sacrifier nos vivres pour rien.
--- Allons, ravale tes postillons, "San" ! Ta bonne humeur pourrait être contagieuse !

Les Berserkers rirent de concert. La remarque de Gato avait reçu une certaine ovation, qui se calma bien vite quand les autres virent que San n'avait pas envie de plaisanter. Ces deux-là étaient réputés pour être comme chats et chiens ; mais personne n'osait les défier, ni l'un, ni l'autre. Rien qu'à eux deux, ils étaient probablement capable de décimer tout le groupe des Berserkers. Il n'était guère bon de les sous-estimer et de s'attirer leur foudre.

--- Assez. Dîtes-nous ce que vous faîtes ici. Et nous vous mettrons à l'épreuve. Nous en avons assez des pleutres que nous ramène Yama. Nous commencerons par toi.

Fit San en pointant son doigt vers Shisei, comme pour l'accuser d'avoir été trop exubérant.
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Ven 11 Jan 2019 - 6:55
Alors qu'ils pénétraient le camp et que Shisei s'amusait à provoquer leurs nouveaux camarades, Saigo en profitait pour se fondre dans le décor et s'asseoir sur l'un des troncs adjacent qui faisait office de banc. Ses deux comparses en dignes bêtes de foire, de sujets de rires et de moqueries, occupaient l'intégralité de l'attention de la troupe. L'ex-mafieux se la coulait donc douce, se servant une belle platée dans le pot-au-feu au milieu du cercle des berserkers et riant des conneries des uns et des autres. Il s'esclaffait impunément avec ces ignares de brigands du malheur de ses équipiers sans aucune once de remords. Au contraire, Saigo s'amusait comme un petit fou en écoutant San et Gato prendre à partie un Shisei éblouissant de confiance. Certains des types les plus attentifs lançaient des regards suspicieux vers Saigo, ce nouveau venu qui prenait un peu trop ses aises à l'insu de tous, mais aucun ne pipa mot, préférant garder le silence plutôt que de risquer d'attirer sur eux le courroux des deux chefs.

Saigo, la bouche pleine d'un bouillon pourtant délicieux était en train de s'étouffer suite à un excès d'hilarité face à la situation. Pour se sauver, il ne put que se saisir de la chope de bière de son voisin, la lui arrachant des mains il la siffla d'une traite avant de lâcher un rot tonitruant, qui coupa court à toutes discussions et dont l'écho se répercuta sur les montagnes avoisinantes. Un silence de plomb s'installa instantanément, les regards se tournèrent vers lui, Saigo haussa les épaules un air faussement innocent sur son visage de malotru. Provocateur dans l'âme, il ne put s'empêcher de lâcher un:

- Quoi? C'est le même bruit que vos putes de mères font après m'avoir avalé, pas besoin d'être choqué mes petites donzelles!

Pas un mot, pas un seul bruit, la tension dans l'air était presque palpable. Les regards de San et Gato étaient indéchiffrables, le reste des Berserkers restaient sur l'expectative, attendant perplexe la suite des événements. Quelques-uns glissèrent doucement les mains vers leurs armes, posant discrètement chopes et assiettes. Quelques secondes passèrent ainsi, qui semblèrent interminables et oppressantes pour les plus faibles, mais dont tant Saigo que certains du groupe se délectèrent, tel un doux néctar empoissonné de menaces et défis imaginaires. Ce duel des regards prit fin au même moment que le son de son éructation mourrait dans quelques collines lointaines.

Gato fut le premier à réagir, explosant d'un rire aussi jovial que communicateur, très vite suivit par une hilarité générale où même San le sombre, le taciturne, se permit un sourire. Les chopes revinrent en main et Gato se leva pour en foutre une dans les mains du Suzuri, affichant ses dents noircies dans un sourire amical. Parfois, entre créatures de la même espèce, un simple regard en disait plus long que le plus vrai des mensonges.

- On dirait bien que ce salaud de Yama nous a décocté des perles!

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Ven 11 Jan 2019 - 18:40
Des perles de la pire espèce qui ne brillaient pas par leur intelligence. Excepté le silencieux San, dont le sourire timide s'interprétait autant comme de l'amusement que la lueur macabre d'une attitude déguisée. Avec le Suzuri, leurs regards se croisèrent et le trentenaire se sentit jaugé autant qu'il jaugeait, une analyse réciproque qui faisait de ce sauvage, sans aucun doute, le plus redoutable des braillards puants assis autour du feu.

Comme un remerciement d'être accepté, un signe d'allégeance ou bien la promesse de déchiffrer l'attitude suspecte de San, le tatoué leva sa choppe dans sa direction, avant d'en déguster le contenu mousseux, étonnamment goûteux.

-"T'es peut-être con comme un bite, Gato, mais putain que t'as bon goût !" L'élixir légèrement amer se déversa sans mal dans le gosier de Shisei, avant que ces deux barbus n'entament la fastidieuse comparaison de leur cicatrices respectives. Ils jouaient à celui qui pissait le plus loin, avec, jusque là, une égalité parfaite sur l'échelle de la bœufitude .

-"Héhé, vise un peu ç'ui-là ! Le harpon d'un pêcheur est entré par l'arrière alors que j'honorais sa morue. J'ai dû l'tirer sur toute sa longueur pour l'extraire." Fier, le sauvage maintenait sa veste relevée pour rendre son flanc visible.

-"Mouais, pas mal... pour un jeune cognar. Mais mate celle-ci." À son tour, le tatoué se dénuda jusqu'au téton gauche, lequel était absent. La peau se recroquevillait sur elle-même pour combler l'absence de chair, reflet d'une réparation de fortune. "Une bavette du pays du Feu à qui j'essayais de refaire le joufflu ! La belle avait les dents bien accrochées..."

-"Elle s'est trompée de bout à croquer." S'esclaffa Gato, plongeant le duo dans un fou rire aussi gras que la blague. Shisei profitait de ce lien naissant pour s'ancrer peu à peu dans le groupe.

-"Y'en a beaucoup comme toi, dans ce bordel qui vous sert de camp ?" Lui demanda le Suzuri.

-"Y'a qu'un seul Gato, mon con. Les dix-sept autres glandus ne sont que des pucelles en chaleur." De nouveau son rire couvrit les discussions, alors qu'il tapait les épaules des mercenaires à portée de bras, Shisei inclus.

Yama finit pas réapparaître à la lueur du feu de camp, trois sacs sous le bras, qu'il balança aux nouveaux.

-"V'là une peau d'bête pour ce soir, et un masque, qu'il faudra porter lors d'la mission. Demain matin, vous rencontrerez les boss, essayez de dormir un minimum." Pivotant vers Nobusuke, il ajouta "Toi, tu viens avec moi." sans autre explication. La silhouette de sa fourrure disparaissait déjà dans l'obscurité de la nuit.

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Mer 16 Jan 2019 - 10:45
L'éphèbe ténébreux était encore couvert de boue et maquillé tel un sauvageon perdu dans des contrées presque civilisées. Son accoutrement et son attitude l'avaient automatiquement mis au dehors de la conversation, pour la simple et bonne raison qu'il ne buvait pas autant que les autres, n'ayant pas le même gosier, et qu'il n'échangeait pas comme ces derniers, mêlant l'engouement du verbe à la bière, dans un déluge de mots complices qui volaient au-dessus du feu l'air de rien ; presque comme si Saigo et Shisei avaient toujours fait partie de l'équipe. Pourtant, il était tout absorbé par la scène qui se déroulait sous ses yeux : les deux soiffards avaient trouvé leur milieu et échangeaient chopes contre chopes en monnayant quelques remarques grasses et bâtardes qui faisaient de cette fratrie une sorte de secte d'ivrognes.

Mais bientôt, Yama arriva, muni des effets que les nouveaux arrivants devaient porter. Il balança le tout, laissant aux shinobis de la Foudre le soin de s'en accaparer. Puis il convoqua le plus jeune de toute cette horde de vilipendeurs, sous l'oeil méfiant de San. Ce dernier, ayant troqué quelques sourires devant l'intégration prospère des ninjas, n'en demeurait pas moins suspicieux à l'égard de cette tentative d'écarter le gamin translucide et détraqué : il avait dans l'idée que Yama n'était pas forcément de son côté. Il laissa le chasseur à peau de bête partir avec son mioche, et leva la main pour faire taire l'agitation.

--- J'ai un mauvais pressentiment.

L'attention se cristallisa sur lui.

--- Les deux nouveaux. Approchez. Dîtes-moi, est-ce que votre gars est fiable ? Il ne me semble pas très loquace... et je pense que si Yama l'a choisi, ce n'est pas par hasard. J'ai plusieurs raisons d'avoir des doutes sur ce mec. Parlez-moi de votre camarade, et je vous raconterais l'histoire des Berserkers...

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Après avoir marché une quinzaine de minutes, Nobusuke et Yama arrivèrent devant une petite caverne camouflée dans les taillis, d'où se dégageait une lumière vive et orangée, irradiée par un feu qui réchauffait en fait cette planque. Yama se tourna alors vers Nobusuke et posa sa main sur épaule : face à lui, il se courba comme pour l'aborder sur le ton de la confidence.

--- Tu vas rencontrer notre boss, Shimpei. Surtout, regarde-le droit dans les yeux : tu dois montrer que tu as de la bravoure. Il va te poser quelques questions. Je sais qu'il a des projets bien particuliers pour toi. Ne le déçois pas. Et ne fais rien d'imprudent.

Exerçant alors une légère poussée sur l'omoplate de l'adonis, il l'invita à entrer dans la demeure du boss.

Dès les premiers pas, Nobusuke put apercevoir sur sa droite un tas de squelettes : deux d'entre eux appartenaient à des hommes, les autres appartenaient à des bêtes. Une odeur putride se dégageait de cet amas osseux, qui ne gêna guère notre protagoniste au demeurant. Il était accoutumé à ce parfum de mort. Jetant un oeil sur sa gauche, il aperçût, en vrac, des armes et des coffres, ainsi quelques bijoux, éparpillés autour du reste. Sur les murs étaient peints quelques slogans anarchiques, et plusieurs fois le Satetsu put apercevoir le mot "Kumogakure" rayé d'une croix rouge sang, traduisant la volonté des bandits d'éliminer ce village. Il continua d'avancer pour apercevoir trois hommes qui discutaient proche de la paroi, sur sa droite : la caverne continuait de s'enfoncer dans la roche en faisant en coude juste derrière eux. Ils jetèrent à Nobusuke quelques regards noirs, assez furtifs. De leur position, ils ne pouvaient pas voir ce qu'il y avait de l'autre côté de l'angle : mais c'est de ce dernier que se dégageait le plus de lumière, et le quidam pouvait entendre le crépitement du feu dans cette direction.

Il contourna le trio sans dire un mot, et s'enfonça dans le coude, tournant au raz de la paroi. Il vit alors un homme épais, assis sur un tronc d'arbre qu'il avait couvert de peaux de bêtes, qui l'attendait de l'autre côté du feu. Il avait les cheveux de la couleur du tabac et une petite barbe. C'était un rustre qui, aussitôt qu'il vit le jeune homme, ne le lâcha pas du regard. Nobusuke fit de même. L'homme était intimidant, certes, mais l'adolescent était assez insouciant pour ne pas pressentir la menace.

--- Installe-toi.

La voix de l'homme résonnait dans la caverne. Nobusuke, obéissant docilement, trouva une bûche renversée et devina qu'il s'agissait de son séant.

--- Yama m'a parlé de toi. Il m'a raconté que quand il t'a recueilli, tu léchais le sang d'une de tes victimes. Il évoquait quelqu'un de sordide. Mais je me demande s'il dit vrai...

Ses yeux noirs plongeaient dans ceux du ninja pour tenter d'y lire une sorte de mensonge. C'était comme s'il cherchait à traverser ce regard pour y voir l'âme du détraqué ; cela avait quelque chose de très impudique. Pourtant, devant la totale insouciance de l'éphèbe qui continuait de l'observer sans exprimer la moindre forme de sentiments, il ne put rien lire.

--- Que venez-vous faire ici ?

Lança-t-il sombrement dans un écho qui fit taire la discussion du trio qu'il y avait de l'autre côté de la paroi.

--- Je viens rencontrer le boss et ne pas le décevoir.

Répliqua le shinobi, en faisant référence à ce que lui avait demandé Yama. Malheureusement, formulé de la sorte, la réplique semblait complètement insensée.

--- Tsss. Encore un débile.

Un silence planait entre chaque phrase. Nobusuke ne prit pas mal la remarque : après tout, il n'en avait cure. Au bout d'un moment, Shimpei reprît le fil de la conversation.

--- Demain, vous serez mis à l'épreuve. Toi, ainsi que tes coéquipiers. Mais toi, tu auras une mission particulière. Je veux savoir jusqu'où tu es capable d'aller...
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Dim 20 Jan 2019 - 3:38

Tandis que Nobu disparaissait au loin en compagnie de Yama, l’atmosphère changea brusquement suite à quelques mots de San. Saigo, à moitié pété et joyeux manqua de s'esclaffer devant la mine sérieuse du taciturne et des doutes qui l'habitaient. Alors comme ça il y avait un peu de "trouble in paradise" dans cette petite troupe de dégénérés? Quelle surprise! La mission n'en serait que plus simple du coup. Il suffisait de la jouer finement, de choisir le bon parti et d'appuyer sur les zones sensibles pour que cette belle équipe s'étripe dans la joie et la bonne humeur. L'ex-mafieux se leva également pour faire face à San, tangua quelques secondes histoire de simuler un état d'ébriété avancé, ce qui n'était pas trop compliqué pour lui, puis parla d'une voix indécise où perçait autant que possible un filet de franchise aux relents alcoolisés.

- Notre belle Nobu? Fiable? Absolument pas! On la connait que depuis quelques mois et j'ai jamais vu aussi cinglée!

Il se tapa la tempe de l'index pour appuyer ses propos avant de plonger sa chope dans un baril à moitié vide. La mine de San s'assombrit encore de quelques teintes, il regarda autour du camp, l'œil mauvais, pour vérifier si personne d'autre que les Berserkers n'étaient présents avant de se rasseoir. L'heure n'était clairement plus à la beuverie, il intima les deux nouveaux de se rapprocher de lui d'un signe de main complotiste. Sa voix s'éleva à peine au-dessus du crépitement des flammes du camp, en un murmure roque, empli de ressenti, de colère et d'une pointe de nostalgie. Les autres membres observèrent la scène avec des yeux mélancoliques presque lugubres face aux spectres et souvenirs d'une époque depuis longtemps révolue. Gato silencieux pour la première fois depuis plusieurs heures, affichait une mine triste de dégout.

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San leur compta alors l'histoire des Berserks, depuis leur commencement, comment Shimpei et lui même s'étaient rencontrés dans une des nombreuses guerres qui faisaient rage à l’avènement de l'ère shinobi. Deux seuls survivants d'un massacre sans nom ils lièrent leurs forces pour survivre dans ce monde de mort. Le duo s'était rapidement transformé en une petite équipe puis en une véritable troupe au fil des mois et des années. Partageant le goût de la violence, du sang, de l'alcool et des femmes ils formèrent un groupe de mercenaire sans foi ni loi qui ne répondait qu'au plus offrant, sèment terreur et chaos tant sur leur sillage que dans le cœur de leurs victimes. Ils suivaient cependant une règle d'or, une seule, extrêmement simple, qui les unissait tous et les empêchait de se transformer en monstres. Ils restaient des hommes, et la nécessité de pouvoir toujours se regarder dans un miroir, de contrôler leurs démons, était pour eux un besoin aussi vital que de baiser. Le seul taboo, le seul interdit chez les Berserkers était donc de ne jamais tuer d'enfants, aussi pourris qu'ils puissent être, ces gredins croyaient en un futur, quel qu'il fut, quitte à créer un cercle vicieux, sans fin, de vengeance et de haine.

Mais voila que depuis quelques mois et leur arrivée à Kaminari, Shimpei s'était transformé, il avait changé, comme si son âme avait chavirée, sombrée dans la démence suite à toutes ces années de carnage et de violence. Il s'adonnait à des rituels immondes, prétextant un gain de puissance immense par les sacrifices d'innocents qu'il perpétuait dans sa grotte. Quelques uns des Berserkers le suivaient dans sa folie, mais la plupart préféraient faire la sourde oreille aux cris d'enfants stridents, traumatisants, qui s'échappaient de cette caverne, tournant le regard de l'autre côté de la pile d'ossements de plus en plus large. Et voilà maintenant qu'il voulait s'attaquer à l'un des plus puissants villages cachés du monde... Le petit groupe autour du feu représentait les fidèles de San, qui dans l'ombre de la psychose de Shimpei, fomentait une révolution. Les Berserkers avaient perdu leurs âmes et le seul moyen pour eux de recouvrer un tant soit peu d'honneur était de mettre fin à ce cirque démoniaque dont ils faisaient indubitablement partis.



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Lun 21 Jan 2019 - 18:59
Le récit de San transforma leur alcool de joie en vinaigre de honte, faisant ressortir en chacun d'eux l'enfant terrorisé qu'ils furent tous, un jour. Des sauvages s'étant damnés sur les restes d'une enfance sacrifiée. Ils se lièrent d'un pacte sans retour, à un moment donné de leur survie passée. Des écorchés vifs. Pourtant, un point clochait dans cette histoire, un point sur lequel Shisei bloqua : les rapports faisaient état de deux ninjas, donc si Shimpei était l'un d'eux, qui était le second ?

-"Et Yama, dans tout ça ?" Le tatoué lança le nom comme une cible que l'on pointait du doigt pour attiser la grogne naissante. Le bouc émissaire fut immédiatement abattu par Gato qui renâcla bruyamment avant de cracher son dégout entre ses pieds.

-"Sa peau de loup ne trompe personne, ici. Yama n'est qu'un chien, il représente cette nouvelle vague sans honneur qui dicte plus qu'elle n'agit. Il ne vaut pas mieux que Shimpei et mérite d'en partager le sort." La pointe de son couteau vint se loger sous ses ongles pour en gratter la crasse, tandis que sa langue, dissimulée derrière ses lèvres pincées, léchaient l'avant de ses dents d'un mouvement aussi lent et méthodique que ne l'était celui de sa lame. Autour de ce feu régnait une atmosphère propice à une rixe interne, la révolution ne demandait qu'un petit coup de pouce pour s'amorcer, une pichenette que le trentenaire s'empressa de donner alors qu'il remplissait d'une louche de ragoût un bol emprunté au pied d'une bûche.

-"Avant de se débarrasser de Shimpei, il faudrait libérer sa meute de chiens de la laisse qui les entrave." Simple suggestion appuyée par un San déterminé.

-"Seuls, ils ne valent rien, mais réunis ils pourraient nous retarder et offrir une porte de sortie à Shimpei." Il marqua une pause tandis qu'il extirpait de sa veste une lame presque aussi grande que son bras. "Mes braves, allons libérer ces âmes déchues de leur allégeance." Ni cri de guerre, ni tirade galvanisante. L'appel aux armes du Berserker souffla sur le feu de camp et tous s'armèrent dans un silence froid, sous les yeux des deux Kumojin, l'un terminant sa bière et l'autre son ragoût.

Ce voile fantomatique et silencieux naviguait entre les tentes, d'une lente mais méthodique traversée macabre, alors que les râles étouffés des âmes fauchées en pleine nuit flottaient dans son sillage. Le cri vigoureux d'un éveillé lança finalement l'alerte et les lueurs des torches s'allumèrent d'une résistance futile. Seul l'un des Berserker se fit surprendre en tenaille par des sauvages plus dégourdis, lesquels, à l'aide d'une hache, lui fendirent le crâne jusqu'aux premières côtes. Ces imbéciles libérèrent par la même occasion l'effroyable cri bestial de plusieurs de ses compagnons. Le véritable Appel des Berserkers se répercuta à travers les cimes de la Foudre, galvanisant chacun des traitres de ce campement.

Les immoraux s'entretuaient, éclaircissant les rangs d'une troupe qui volait en éclat. Et lorsque la dernière nuque craqua, ces engeances des tréfonds grimpèrent à grandes enjambées le sentier rocheux menant à la grotte de leur maître. L'endroit, selon les dires de San, leur offrirait une bataille digne de leur rang.

-"Un dénouement dans le sang." Ces mots illuminèrent le visage de Gato d'une excitation malsaine, presque démoniaque. Alors Shisei comprit. Il comprit qu'aucun d'eux n'espérait revenir de cette grotte et qu'ils étaient tous prêts à se sacrifier pour emporter Shimpei et sa magie dans les abysses de l'oubli. Il comprit que Saigo, Nobusuke et lui-même n'avaient été qu'un prétexte pour déclencher tout cela, une excuse derrière laquelle ces sans âme se ralliaient. Et dans les recoins d'un esprit torturé, aux abords de l'allégeance qu'il portait à son clan et son village, il comprit la nécessité d'exterminer jusqu'au dernier ces créatures d'une espèce en voie d'extinction, à laquelle il appartenait. Il comprit surtout qu'un jour il serait à leur place et que Kumo enverrait un Saigo, un Nobu et un Shisei pour se débarrasser de lui. La boucle devait être bouclée. Toujours.

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Lun 21 Jan 2019 - 21:56
L'éphèbe ténébreux dût ressortir afin de se remettre aux ordres de Yama, congédié par le boss. Shimpei, une fois seul près de son feu, s'allongea sur le sol, ventre contre terre. Il huma le parfum du nectar poussiéreux de la grotte, en se frottant frénétiquement contre lui. Il imagina une femme ; elle avait un quelque chose de malsain et pervers, attendant d'être souillée. Il accéléra la cadence, toujours collé contre la terre, et commença à pousser de petits râles de plaisir.

Pendant ce temps-là, au dehors, ignorant les caprices passionnels du boss, l'adonis retrouvait le chasseur à peau de bête. Yama, voyant que sa nouvelle recrue tirait une tête quelconque, imagina très bien quel genre d'entretien cela avait dû être : un dialogue de sourd. Il poussa un léger soupir en affichant un sourire au ninja.

--- Alors ?

Nobusuke ne le regarda même pas. Il était tout absorbé par la nuit.

--- Je vois... Tu as faim ? Suis-moi.

L'homme posa alors sa main sur l'épaule du chien de garde, confiant dans son idée. Ce jeune était peut-être un peu biscornu, il n'en demeurait pas moins quelqu'un de profondément docile, sûrement facile à domestiquer. Le chasseur, habitué des bêtes, l'avait bien saisi, et c'est la raison pour laquelle il avait jeté son dévolu sur ce baveux lécheur de sang : il était la promesse d'une obéissance aveugle et d'un déferlement de violence qu'il projetait de déverser sur les portes de Kumogakure.

Ensemble, ils firent le chemin inverse et, plutôt que de rejoindre le camp, ils bifurquèrent pour rejoindre un bosquet. Ils se trouvèrent bientôt au milieu d'une installation précaire : une tente bien tendue, attachée à deux gros troncs, des sots en bois, des tas de rondins et les restes d'un feu, au pied d'un petit abris sur lequel des lapins étaient pendus. A l'abri de tous les regards indiscrets, le chasseur observa son complice de la tête aux pieds. Il tira une gourde et humidifia un chiffon, avant de commencer à le nettoyer. L'éphèbe se révéla sous ses vrais traits : il avait un visage androgyne et pur, dépourvu de passion. Blafard, ses grands yeux noirs avaient un côté candide qui lui rappelait son fils, qu'il n'avait pas vu depuis de longues années. Probablement qu'il coulait des jours paisibles, loin de toute cette tourmente dans laquelle son père s'était embrigadé.

Une fois le marmot débarrassé de son maquillage, il s'assît en pointant du doigt les quatre lapins suspendus.

--- Prends celui de ton choix. Nous le mangerons à deux.

Ni une ni deux, le gamin se dirigea vers les carcasses. Il tira un couteau et sectionna la cordelette de celui qui se trouvait tout à droite. Il se mit alors en face de son mentor, et croqua dans la chair. Avec ses dents, il arracha un bout de chair, ne prenant pas la peine de dépecer l'animal.

--- Cesse. Vois-tu, la viande est meilleure quand elle est bien dépecée et cuite.

Yama prit un bout de tissu et de l'huile, qu'il enroula autour d'un rondin. Avec un silex, il alluma le tout, puis ajouta du bois. Il fit signe au shinobi de lui passer l'animal. Ce dernier s'exécuta sans faire de zèle.

Mais alors que le chasseur allait débuter la coupe du gibier, un homme arriva, tout haletant. Surpris, les deux campeurs le regardèrent de concert.

--- Yama ! Alerte ! Les Berserkers attaquent la grotte !
--- Bon sang ! Je le savais !

Derechef, les trois protagonistes s'équipèrent. Yama avait depuis longtemps anticipé ce genre de problèmes. Shimpei avait plus de défauts que de qualités et avec un clan comme celui qu'ils avaient décidé de recruter, il savait pertinemment que tôt ou tard, l'alliance se fragiliserait. Ses doutes étaient donc fondés. Il plongea dans sa tente et en ressortît avec deux machettes. Il fit signe à Nobusuke de le suivre, et ensemble ils se jetèrent dans la nuit pour rejoindre le repaire de Shimpei.

Quelques instants plus tard, ils entendirent les cris et le tintement des armes qui s'entrechoquaient. Les Berserkers avaient passé les sentiers rocheux et s'approchaient dangereusement de la grotte de Shimpei. Yami mit en garde son protégé : il n'était pas nécessaire de commettre une imprudence en voulant tenir tête aux Berserkers. Pourtant, leur devoir était de protéger le chef de cette coalition rebelle, sinon quoi ils n'auraient plus de raison d'exister, et se retrouveraient tous éparpillés. Nobusuke comprît très bien le message du chasseur, et décida de lui obéir.

Il avait complètement oublié la mission pour laquelle il avait été envoyé à la base.

Grisé par le feu de l'action, il tira deux couteaux de son costume et se jeta comme un diable sur les sentiers rocheux, en quête de sang, d'où qu'il vienne. Un peu plus haut, en compagnie de sa garde, Shimpei sortait de sa grotte : lui aussi était prêt à faire parler sa lame, au nom de sa propre gloire.
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Mar 22 Jan 2019 - 13:14
Saigo observait avec satisfaction les berserkers traverser tentes et couchages, qui égorgeaient et poignardaient avec dextérité leurs camarades d'autrefois. Ils offraient à la mort des âmes aussi corrompues que les leurs, dans un magnifique ballet d'ombres silencieuses et mortelles. L'ex-mafieux ne participa pas à ces exécutions, préférant de loin la ferveur du combat à la satisfaction morbide des assassinats. Il suivait cependant le cortège de prêt, bien décidé à participer au plat de résistance et d'ainsi se remplir la panse du carnage à venir. Cela commença lorsque le mec devant lui manqua de se faire trancher en deux sur la longueur, pris au piège par quelques abrutis n'ayant réalisés que leur sort était déjà scellé. Saigo reçu une giclée de sang en travers du visage alors que les berserks s'acharnaient plus que nécessaire sur ce duo de courageux condamnés. Alors qu'ils reprenaient la route dans des hurlements enragés vers les hauteurs et la grotte qui abritait Shimpei, Saigo resta en retrait quelques secondes pour observer le hachis humain devant lui. Cette nuit promettait d'être l'une des plus rouge de sa vie, lui qui pourtant était né dans l'enfer sur terre nommé Hi. Le regard sombre et déterminé, il se peinturlura le visage presque religieusement du sang de ces victimes coupables, en un rite à la mort qu'il n'avait honoré depuis longtemps. Saigo commença alors l'ascension vers la déchéance d'une démarche prédatrice, l'intégralité de ses sens aux aguets, le jeune lion se mettait enfin en chasse.

Il atteignit la zone d'affrontement en même temps que Nobu et Yama, qui débarquèrent de l'obscurité une vingtaine de mètres sur sa droite. Le combat venait à peine de commencer, les deux groupes s'étaient percutés avec une rage et une puissance qui fit trembler les arbres alentours, tandis que la faible luminosité offerte par les quelques torches brandies rendait impossible de discerner alliés d'ennemis. Saigo s'apprêtait à héler Nobu par dessus le brouhaha du champ de bataille, la seule silhouette reconnaissable dans ce merdier, quand il le vit plonger sans une once d'hésitation en plein centre des festivités. Il étouffa un juron se rappelant qu'il était impossible de contrôler le jeune adolescent dans ces circonstances. Le plus grand service qu'il pourrait rendre à la mission dans son état serait de faucher le plus possible de ces barbares assoiffés. Il décida donc de le laisser profiter de cet instant d'oubli aussi euphorique que malsain mais bien trop nécessaire pour leur survie à tous les trois. L'ex-mafieux abandonna cependant rapidement sa recherche de Shisei, qu'il avait perdu de vu il y a bien longtemps, quelques secondes seulement après le départ de leur marche funeste. Il eut une petite pensée pour lui avant de se diriger vers sa cible de fortune, persuadé que ce charlatant, où qu'il fut, devait déjà être entrain de préparer un sale coup.

L'objectif de Saigo était un homme en retrait, deux hachettes en main, entrain d'analyser la situation d'un œil calculateur il murmurait à son aide de camp quelques directives inconnues. Yama cherchait le moment le plus propice à son entrée en scène, le retournement de situation qui ferait tourner la balance en sa faveur, tandis que la garde de Shimpei commençait à reculer dangereusement sous l'assaut des Berserkers. Son moment était proche, une question de secondes uniquement, il était prêt et San le traître se trouvait enfin immobile dans sa ligne de mire, il arma le bras dans un lancer fatal... Saigo le prit par surprise au moment même où la hache impitoyable quittait sa main experte de chasseur. Le shinobi de Kumo le percuta de plein fouet sur le côté, dans un placage dévastateur qui les envoya tous les trois bouler le long de la pente, loin du carnage qui atteignait son paroxysme. Ils disparurent ainsi dans une chute incontrôlée, sans savoir si l'attaque de Yama avait fait mouche.

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Mar 22 Jan 2019 - 20:10
Le regard attiré par l'éclat d'une hache virevoltante à travers ce chaos, Shisei aperçut du coin de l'œil un Saigo disparaître derrière l'horizon, lesté par une silhouette de loup. Mais la frénésie le rappela au combat. Il progressait en direction de l'entrée de la grotte, par le côté du champ de bataille, un regard de dément rivé sur son objectif. Le sang des coups reçus suintait entre ses dents crispées, cette soif d'hémoglobine, ce goût de fer qui se mêlait à l'odeur acide d'un affrontement sans enjeux ni stratégie... le Suzuri revivait les conflits d'antan et baignait d'une adrénaline qu'il pensait perdue à jamais.

Décrochant un regard sur une ombre passant sur le côté, il entrevit un peu plus loin le Satetsu, étripaillant ses proies d'un sourire carnassier. Il y vit plus fou que lui et se garda d'approcher l'enfant démon alors libéré de toute retenue morale. Le bien, le mal... dans pareil contexte seule la survie comptait, et le Suzuri engagea la sienne en profitant d'une ouverture pour cibler Shimpei de son index. L'obscurité aidant, il pointa en toute discrétion son doigt à hauteur de tête et lui décocha une bille d'encre. Le râle colérique que lui arracha l'impact de la balle lança l'offensive du tatoué.

Un bond. Un coup.

C'eut été trop simple. Le Shimpei qui hurlait de rage, les mains plaquées contre son œil encré, se fossilisa dune roche sèche avant de s'effriter depuis le point d'impact jusqu'au sol. Cet amas de terre brisée, artifice du lâche, emporta l'espérance de Shisei pour une victoire éclaire, tandis que les fanatiques s'entredévoraient plus bas. Les deux gardes postés de part et d'autre de la caverne regardèrent, interdits, leur protégé s'effondrer en une fine tourbe.

Brisant la nuque du premier, le tatoué en attrapa la machette émoussée pour trancher la gorge du second, mais le coup mal dosé arracha plus qu'il ne coupa et le malheureux hoqueta quelques mètres. Sa tête pendouillait sur le côté, retenue par un dernier lambeau de peau, et lorsqu'il s'effondra lourdement, celle-ci, gelée dans un minois surpris, dévala le faux plat jusqu'aux pieds d'un Gato ensanglanté, une hache logée dans son flanc droit et bataillant avec la rage d'une bête épuisée l'enfant maudit.

Un rire rauque éructa alors du fin fond de l'antre. Provocation qui happa sans difficulté le kumojin dans l'obscurité et l'isola du reste des Berserkers, tout comme de Nobusuke. Le temps et l'espace semblèrent se figer alors que Shisei progressait dans ces boyaux rocheux aux parois humide. Il erra dans une folie sans limite, celle du chef des damnés, où les tunnels tatoués par le sang des squelettes jonchant le sol ruisselaient d'une odeur putride. La mort rôdait ici bas et quiconque n'y prenait garde en verrait le masque blafard imprégner sa rétine au fer rouge, en guise d'ultime image d'une vie écourtée.

Survivant rusé, le Suzuri avança à pas feutré, emprunta le coude rocailleux et déboula dans une pièce éclairée d'un unique foyer central, où l'attendait un Shimpei torse nu. Sans qu'un mot ne soit échangé, le trentenaire lut dans les yeux injectés de sang et les prunelles noires de son adversaire la détermination d'une menace grandissante.

Les pierres du foyer craquèrent à l'unisson, alors qu'une langue de feu fondit sur l'assassin kumojin.

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Mar 22 Jan 2019 - 22:04
L’éphèbe cabalistique s’était jeté dans cette bataille sans retenue. Avec deux couteaux pour seules armes, il fonça droit sur les Berserkers, virevoltant et tournoyant, ne craignant pas d’être atteint. Il avait beau n’être qu’un jeune adolescent pubère, il était doué d’un talent que peu de guerriers, pourtant bien plus virils que lui, pouvaient lui disputer. Il y avait, dans sa façon de découper dans la viande, un quelque chose d’artistique, de profondément gracieux et de glaçant à la fois : on aurait dit un ocelot au milieu d’un troupeau de gibiers.

Cela n’avait rien de surprenant. Avant d’être une brute grossière, Nobusuke était surtout un formidable lanceur. C’est bien souvent ce qui surprenait ses adversaires. Mais ce n’était pas tout. En plus d’être précis et imprévisibles, ses lancers étaient comme animés par une force mystérieuse, guidés par une main invisible. Le premier berserker qui en fit les frais ne le comprit que trop tard : s’attendant à une attaque au corps-à-corps, il avait tendu sa lame devant lui, croyant pouvoir bénéficier de son allonge pour écarter le poignard de sa panse. Mais ce dernier avait été relâché avant même que le maudit ne fusse à sa portée : alors il avait effectué un pas de côté, se mettant de profil pour réduire les surfaces possibles. Une esquive assez classique, que le combattant avait appris, et répété maintes et maintes fois pour bien la maîtriser. Mais ce couteau, qui aurait dû continuer sa course dans le vent, avait quand même trouvé sa rate. Il n’avait pas trop compris comment. Mais le temps qu’il réfléchisse, il était trop tard : le gamin lui avait bondi dessus comme un diable, avant d’enfoncer son deuxième couteau dans on œil gauche, et d’appuyer sur sa lame avec une force démentielle.

Et puis il avait frappé, frappé, frappé et encore frappé. Il avait arraché le poignard plus bas, avant de le replanter sur son visage ; et puis, envoûté par une rage féroce, il avait continué de marteler avec ses deux lames. Le berserker, au moins deux fois plus lourd que lui, chuta. Mort et saccagé. Les autres, voyant l’atrocité de ce crime, s’étaient jetés sur le quidam, stimulés par un sentiment paradoxale, mélange d'angoisse et de colère.

Le spectacle s’était répété. Ses couteaux avaient volés et, après s'être plantés, ils étaient arrachés avec violence. Parfois, il était touché. Mais quand il n’était pas touché, le détraqué s’infligeait parfois lui-même des dégâts, plantant sa lame dans sa jambe ou dans on bras, et criant de douleur et de plaisir. A lui seul, il parvenait à absorber le gros des troupes composées par les berserkers, et d’autres bandits avec lesquels ils s’étaient associés pour combattre la garde de Shimpei.

Tout concentré sur ce spectacle d’horreur, il ne vit pas Shisei passer derrière lui. Il ne vit pas Saigo qui, après avoir plaqué Yama, s’était écarté de la bataille. Il ne voyait rien, en fait. Il découpait, parfois dans les berserkers, et parfois dans la garde de Shimpei. Tout le monde était son ennemi. Les deux autres kumojins avaient bien fait de profiter de cette distraction : c'était l'occasion rêvée pour eux de s'isoler, et de pourfendre les plus dangereux des bandits. Il jeta son couteau une énième fois.

Mais celui-ci ne toucha pas. Il fut dévié de sa trajectoire et immobilisé par la botte d’un combattant. En se focalisant sur la cible manquée, Nobusuke se rendît à l’évidence : il s’agissait de Gatô qui, une hanche plantée dans son flanc droit, le toisait du regard.

--- Hahaha ! Si on m'avait dit que tu avais ce potentiel, je n'y aurais pas cru ! Mais dis-moi, comment fais-tu pour changer la trajectoire de tes lames ?

Nobusuke lui rendît un sourire sympathique. Il était content de voir que quelqu'un avait compris le subterfuge. Il se gratta l'arrière de la tête, presque innocemment, stoppant le carnage. Il avait envie de montrer à Gatô comment il s'y prenait, même si ce n'était pas le moment. Il afficha son deuxième couteau, comme s'il voulait en présenter les caractéristiques.

--- Eh bien, c'est assez simple. Voyez-vous, ces couteaux sont constitués de résidus de fer, si bien que...

Un sifflement. Un bruit d'électricité. Trop tard. Une main s'enfonça dans son dos et ressortît par son ventre. Derrière lui, un homme hissa son visage par-dessus son épaule. En regardant sur le côté, l'éphèbe le reconnût. Il s'agissait de San.

--- Tu es un Satetsu.

Nobusuke pivota sa tête lentement et regarda la main ensanglanté qui sortait de son abdomen. Les doigts de San étaient collés entre eux. Il venait d'être tranché par sa main, qui avait été renforcée par une aura d'électricité.

San était un ninja, lui aussi.

L'adolescent se pencha alors vers l'avant, tenant cette main qui venait de le pourfendre, comme pour retenir sa douleur. La tête basse, tout le monde le regarda avec une sorte de compassion : si jeune, et déjà fauché par la guerre...
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Mer 23 Jan 2019 - 4:41
Shisei et Nobusuke faisaient face à une adversité létale, joignant leurs fluides vitaux à ceux de leurs victimes en une magnifique soupe d'ingrédients aliénés, périmés d'une société qui ne se réjouissait que de leur trépas. Sinistre chorégraphie, chacun des membres présents, tombés ou non, participaient à l'effort commun, à l'élaboration d'une fresque splendide dédiée à dame la Mort, en une peinture qui aurait fait bander et pleurer plus d'un fêlé... Saigo quant à lui était en dehors de ce tableau de maitres, mais œuvrait corps et âme à créer de son côté sa part de poésie sépulcrale. Le trio entremêlé se cassait os, muscles et membres contre racines, roches et branchages dans un éboulement littéralement casse-gueule. Une course incontrôlée, effrénée, qui vint subitement se terminer en fracassant contre un arbre centenaire ce nœud ridicule d'humains.

Le choc avait été amorti par le corps maintenant sans vie de l'aide de camp de Yama, dont le crâne ouvert rappelait non sans ironie une coquille d’œuf brisée au jaune dévoilé, le liquide cérébro-spinal venant abreuver la base de l'arbre gigantesque, involontairement meurtrier. Saigo se relevait difficilement, le corps prit subitement de tremblements et d'éclairs de douleurs alors qu'il remettait en place une épaule et une cheville disloquées. L'intégralité de sa personne était couverte de déchirures et d’ecchymoses, blessures bénignes mais dont le nombre ne manquerait pas de l'handicaper dans son combat à venir.

Yama l'observait un sourire aux lèvres aussi satisfait que mesquin, le chasseur n'avait que quelques égratignures, protégé par les nombreuses couches de fourrures qu'il portait fièrement, intelligemment depuis des années. Il mit alors deux doigts à ses lèvres et émit un son strident, un sifflement, très vite répondu par de nombreux hurlements et bruits de courses. En quelques secondes, l'ex-mafieux acculé sentit cette odeur pestilentielle caractéristique aux nombreux halètements de canidés. La clarté de la lune qui venait de percer à travers les nuages lui permit sans mal de discerner les monstruosités auxquelles il faisait face. Des chiens de chasse au regard rouge, maladif, des molosses aux dents et griffes aussi acérées que la bite de Saigo avant une orgie. Il ne put s’empêcher d'afficher une moue contrite devant sa situation précaire, mais fidèle à lui même il parvint à lâcher une petite blague.

- Tu sais, mes chiennes à moi ne tirent la langue que quand je montre la bête!

Flop magistral, Yama ne pipa mot, continuant à le regarder, les bras croisés et le dos bien droit en une posture aussi dédaigneuse que victorieuse. Un nouveau sifflement sortit de sa bouche, plus léger et plus strict, un nouvel ordre aux chiens que Saigo pouvait deviner sans mal. Il se saisit in-extremis d'un morceau de bois avant que le trio de clebs ne lui saute dessus. Il explosa une première mâchoire d’où perlaient des morceaux de chair en réceptionnant le premier corniaud dans un swing surpuissant. Un de moins. Une paire de dents se referma au même moment sur son mollet et des griffes vinrent lui lacérer le flan droit. Lâchant son arme de fortune, il se saisit de la bête derrière lui par le collier et la souleva du sol pour l'envoyer se manger la tronche contre un arbre. Saigo y perdit un bout de mollet, qu'il vit pulser quelques secondes entre les dents de la chienne. Un léger couinement, un filet de sang puis elle donna son dernier souffle. Et de deux.

Il s'apprêtait à s'occuper de la troisième quand une douleur intense entre l'épaule et la clavicule lui vola un cri de surprise. Yama commençait à le prendre pour cible avec ses couteaux de lancer. Les yeux fous, noirs de haine et de fureur, il se saisit de la fine lame figée dans sa chair et s'en servit pour éviscérer le dernier molosse qui le clouait à terre dans un assaut frontal. Alors que Saigo lui poignardait l'estomac, de long en large et de travers, il sentait les griffes de la bête lui lacérer le cuir chevelu, alors que les crocs claquaient à quelques millimètres seulement de son pathétique visage défiguré par la souffrance. Et de trois.

Saigo baignait dans une marre de sang et s'il s'agissait du sien il n'en aurait plus pour longtemps. Il sentait la mort, proche de lui, elle lui caressait tendrement le visage et le regardait avec amour. Cela faisait tellement longtemps que des larmes de joies perlèrent sur son faciès. Elle lui intimait de se relever, de continuer sa besogne, de vivre pour elle, il en restait tant d'autres à abattre, il ne pouvait la rejoindre maintenant. Immobile, Saigo cherchait en vain la force de reprendre le combat, de pousser la carcasse du molosse sur le côté et de régler son compte à ce connard de Yama. Mais l'ex-mafieux était bien trop épuisé et ce fut impuissant qu'il regarda le chasseur se pencher au dessus de lui. Un de ses couteaux en main, il venait terminer le travail, le temps d'égorger son gibier était venu, Shimpei l'attendait.


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Mer 23 Jan 2019 - 19:52
L'enfer lécha les parois de la pièce d'une langue qui se fit fouet, dispersant l'humidité qui y perlait une seconde plus tôt. Très vite, l'endroit s'emplit d'une atmosphère lourde, les deux ninjas baignaient dans les vapeurs d'une lutte qui s'intensifiait frappe après frappe. Patient, le Suzuri roulait sur les côtés pour s'éviter la cravache ardente qui claquait dans cette salle exigüe. Garder la distance ? Bien au contraire, Shisei la réduisait après chaque esquive, obligeant l'enragé à brasser l'air avec ses mouvements de bras, les coups devaient être armés d'un peu plus loin pour offrir à son arme enflammée l'amplitude nécessaire, augmentant de fait le délai entre deux claquage crépitant.

En véritable chef d'orchestre, Shimpei le maudit balançait son corps tandis qu'il envoyait son bras et la cravache démesurée qui le prolongeait vers sa cible. Le trentenaire avait activé ses tatouages, lesquels dansaient sur sa peau au rythme d'une trique battant la roche, mais ne voyant l'ouverture se créer, il l'obligea à se montrer. Se relevant de toute sa hauteur, il sentit le fouet claquer net sur sa peau, l'ouvrir et la cautériser dans l'instant d'une douleur intense. Son cri mêla la rage à la profonde souffrance tandis qu'il fonçait sur sa cible, des flammes enroulées sur son avant bras gauche tanné et cloqué.

Mais lorsqu'il l'envoya en arrière pour attirer Shimpei jusqu'à lui, ses croutes craquèrent, révélant la chair à nue et le sang frais d'une viande dépecée. Ces deux damnés se rencontrèrent au milieu de la pièce d'un choc en faveur du Suzuri, lui déchargeant toute sa furie d'un coup de poing dans le plexus. Sa main brilla lors de l'impact, illuminée d'un sceau qui cédait, ou que l'on libérait volontairement, exacerbant toute la force qu'il contenait jusqu'alors.

Sans maître ni aucune source de chakra, le feu déclina avant de disparaître, tandis que la dépouille du sauvage s'encastra dans le pan de roche derrière lui, un fin filet de sang filant entre ses mâchoires entrouvertes. Le Roi Dément était mort.

Vive le roi.

Une force invisible plaqua Shisei contre le sol. Le visage encastré dans les graviers et la boue. Il s'aida d'une bûche qui devait être un siège pour se redresser de quelques centimètres et entrevit deux rubis nappés par l'obscurité avancer dans sa direction.

-"Hérétique !" Ces mots tombèrent tel le tonnerre, ricochant çà et là d'une voix grave et sans source. Accablé d'un poids qu'il ne comprenait pas, le trentenaire laissa ses doigts glisser le long de son renfort de bois et sentit, impuissant, l'intégralité de son corps se mouvoir contre sa volonté, l'obligeant à fixer le dôme de son propre tombeau.

"Le second ninja" Pensa-t-il, alors que l'anonyme ne restait qu'une silhouette floue aux frontières de sa vision. Et il rit. Il rit du peu de force qu'il lui restait. Il rit, le souffle court et saccadé, porté par sa folie, d'une fin qu'il lui sembla inévitable face à cette ombre surpassant de loin ses compétences. Le Punk hilare pria pour qu'aucun de ses camarades ne le rejoigne dans ce sépulcre à retardement et regretta presque de ne pouvoir reproduire les délices de pareille mission avec ses doux psychopathes.

-"Tout à une fin, pauvre fou."

Bien que sa poitrine se comprima, réduisant l'espace dans sa cage thoracique et sa respiration d'autant, Shisei parvint à cracher une ultime bouffonnerie à la paire d'yeux écarlate tapis dans l'ombre. "Sauf le saucisson qui en deux. Pauvre con. HAHAHa..." L'air s'échappa de ses poumons dans un craquement de côtes cédants sous la pression. Sa vision se voila d'un tissu noir tandis qu'il sombrait, un sourire accroché au visage.

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Jeu 24 Jan 2019 - 0:54
Alors qu'il se penchait vers l'avant, n'importe qui aurait pu croire que l'enfant maudit était hors d'état de nuire ; que, malheureusement, la guerre avait encore arraché une vie bien candide. Mais c'était se leurrer. Car de toute évidence, le détraqué ne craignait ni la douleur, ni le San qui s'était engouffré derrière lui, comme s'il avait senti un caractère sodomite chez l'adonis. En se penchant vers l'avant, non content d'être blessé, Nobusuke attrapa la main de son assaillant et croqua dedans avec l'appétit d'un chacal : il sentît les phalanges rompre sous sa morsure et le goût du sang, mêlé au moelleux de la chair, éveilla tous ses instincts sordides, en même temps qu'il arracha un cri de douleur à son persécuteur.

Le persifleur au visage androgyne en avait vu des vertes et des pas mûres et ce n'était pas en ce jour fatidique qu'il s'égarerait sur les sentiers perdus de l'abandon. Derechef, il laissa les doigts glisser entre ses dents pour se dérober de son ventre. San recula en se tenant les mains, visiblement surpris d'être victime d'un tel mordant : l'enfant ténébreux, se retournant, lui manifesta un grand sourire déguisé de sang.

Puis, ce fut le début du chaos. Voyant qu'il était encerclé et que Gatô s'apprêtait à enchaîner, constatant qu'il avait affaire à un vrai petit diable, il décida de révéler les arts ninjas : après une série de mundras, une nuée de particules de fer s'envola vers les cieux, très haut, comme un spectre absorbé par le ciel...

Avant que l'attraction terrestre ne fasse son travail. Dans un déluge de fer, des aiguilles noires tombèrent du ciel par centaines, incisives et mortelles. La pluie calamiteuse de fer se répandît comme un orchestre de chaos et de liquide vermeil, qui se répandît comme un fleuve écarlate, épais et juteux. Gatô lança quelques cris d'alarme et les hommes tentèrent de se couvrir la tête pour échapper à la terreur diluvienne ; pour autant, il était déjà trop tard pour quelques-uns d'entre eux. Le guerrier, jugeant l'heure propice, se jeta avec ardeur en direction du quidam ; de l'autre côté, San tenta de recomposer quelques mundras, surpassant sa douleur.

Pris en tenaille, l'adolescent maudit fit un bond et recomposa les mundras qui animèrent de nouvelles formes, celles de hastes de fer. Il les expédia immédiatement en direction de San, jugeant ce dernier plus dangereux que son congénère, alors même que, dans sa voltige aérienne, il avait la tête en bas. Mais le ninja de la foudre esquiva par un mouvement rapide, animé encore une fois par l'électricité dont il était l'hôte. Où avait-il appris cela ? C'était bien le genre de questions que Nobusuke ne se posait pas, tandis qu'il était la cible d'une lance de foudre jetée dans sa direction.

Il se laissa retomber pour l'esquiver, mais fut aussitôt accueilli par Gatô qui, d'un mouvement circulaire, lui fracassa le bras avec sa hache, avec le plat de la lame. Une technique qu'il avait apprise pour projeter son adversaire avec violence et pouvoir lui asséner le coup décisif. De nombreux berserkers se jetèrent alors sur l'éphèbe, mais ce dernier déroula un parchemin sur lequel était peint un sceau : celui du cyclone de fer.

En abondance, les particules ténébreuses s'élevèrent dans un ballet tournoyant qui engloba toute la délégation rassemblée pour pourfendre le Satetsu, qui profita de la supercherie pour observer la position de San et Gatô. Le premier, les doigts toujours remplis d'hémoglobines, parvenait à le voir malgré la gêne occasionnée. Il était son principal antagoniste. Le second avait mis son bras en barrage devant ses yeux : mais ce faisant, il ne voyait plus rien. Quant aux autres, le cyclone faisait son travail, et ils ne purent achever leur ennemi, qui profita de l'aubaine pour se redresser. Malheureusement, son bras était trop douloureux pour qu'il puisse le mouvoir et le sang coulait encore abondement de son abdomen.

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Ven 25 Jan 2019 - 8:47
Deux regards déments qui se croisaient en une étreinte mortelle, en une connexion psychique qui transcendait le monde des vivants, qui dépassait même la liaison entre jumeaux, celle du chasseur et de sa proie. Yama qui apposait tendrement, délicieusement, son couteau sur la gorge de sa victime, et Saigo qui tentait de toutes ses forces de libérer une de ses mains, millimètre par millimètre. Il s'agissait d'une course contre la montre, d'une course contre cette lame qui commençait à le taillader. Une voie mielleuse à l'intérieur de son crâne de dégénéré lui intimait de laisser tomber, d’accueillir à bras ouverts cette délivrance trop longtemps repoussée. Il n'y avait pas de mal à recommencer à zéro, l'ex-mafieux en avait assez vu, il avait assez vécu... Tandis qu'une autre voie, celle qui le tenait en vie depuis toutes ces années paradisiaques en enfer, lui proposait de se laver du sang de cette raclure, de cette fiente qui pensait être capable de chasser un gibier bien trop gros pour lui, de plonger sa main dans cette bouche grande ouverte en un sourire victorieux...

L'une des deux suggestions l'attirait au-delà du raisonnable, non pas qu'il connaissait vraiment la définition du mot. Les yeux de Saigo se mirent à briller d'une lueur nouvelle, sauvage, indomptable, à l'opposée de ce qu'une proie devrait afficher quelques secondes avant sa mort. Yama eut un léger mouvement de recul, infime, comme s'il avait été effrayé une fraction de secondes par l'intensité de ce regard impromptu. Un répit qui fut largement suffisant à Saigo pour qu'il puisse attraper de ses mains fraichement libérées chaque côté du crâne de Yama. Il concentra son chakra dense dans ses paumes et appuya, encore et encore. Le kumojin ne le quittait pas des yeux alors qu'il donnait de plus en plus de pression, alors qu'il sentait et entendait la tête de cet enculé se briser petit à petit. Les yeux affolés de Yama sortaient de leur orbite autant à cause de son incrédulité que par la force externe qui s’exerçait contre ses tempes, les dégâts irréversibles lui ayant déjà interdit toute motricité et chance de survie. Il regardait impuissant à son tour, horrifié, les rôles s'inverser cruellement. Ce fut avec le rire dément de Saigo qui l'accompagnait et une dernière pensée pour Shimpei que sa cervelle explosa dans un artifice sanglant.

L'hilarité de l'ex-mafieux ne se calma pas, alors qu'il repoussait avec force les cadavres du clebs et du maître. Il se redressa promptement, ignorant la douleur, complètement inconscient des ravages sur son corps. Ses équipiers avaient besoin de lui (bon ça c'était qu'une excuse), en réalité sa soif de sang était loin d'être assouvie et il s'amusait beaucoup trop pour s’arrêter là. Le sadique qu'il était avait une nouvelle fois décidé de vivre et il était temps pour lui de payer son dû, sa dette, à la mort. Il remontait donc la pente en courant, enfin plus à cloche pied qu'autre chose, laissant dans son sillage une trainée de sang inquiétante pour sa survie mais dont les charognards de la montagne raffoleraient.

En arrivant sur les lieux de l'affrontement Saigo eut un petit rire hystérique devant la vision de carnage. Des dizaines de corps jonchaient le sol, une tornade de fer englobait les quelques survivants toujours debout, mais qui semblaient ironiquement en bien pire état que leurs collègues crevés à leurs pieds. Il vit alors un Nobu azimuté de plaisir, encerclé au centre de cette funeste fresque, et se dit qu'il était grand temps pour lui de remplir son rôle de grand frère, de héro. Il chargea donc sans réfléchir plus longtemps dans le merdier devant lui, prenant pour cible le plus gros du lot, surement le bon vivant, prochainement mort, de Gato. Le poing chargé en chakra, sa technique de prédilection, il fondit sur le colosse en lui fracassant son poing dans le bas du dos, au niveau des lombaires. Fourbe, lâche, sournois, tout ce que vous voudrez mais c'était diablement efficace. Il sentit les vertèbres de la colonne se briser aussi surement que ses propres phalanges explosaient à la force de l'impact. Dans sa précipitation Saigo avait mal fermé son poing, non pas qu'il en avait quelque chose à foutre étant donné la frénésie qui l'habitait...

Alors que Gato s'effondrait en se retournant dans un râle d'agonie pour voir à travers toute cette ferraille qui venait de l'estropier, Saigo lui lâchait avec un grand sourire de couillon:

- Voilà la cerise sur le Gato!


Puis, sans autre forme de procès, lui piétina le crâne avec amour et miséricorde.



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Dernière édition par Saigo le Lun 28 Jan 2019 - 2:09, édité 2 fois
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Sam 26 Jan 2019 - 0:35
Le mobilier comme les décombres de bois, d'os et de peaux de bêtes se consumaient, toute la pièce brûlait des exploits vains du défunt Shimpei. Au milieu de ce spectacle, relevé par son bourreau et les bras écartés, Shisei, le corps flottant dans cette position pieuse, ne distinguait plus que des tâches floues dans des nuances d'or. Mais son sourire persistait et narguait ce roi des ombres. D'un signe de main, l'anonyme l'envoya alors à l'opposé de la pièce, où l'impact contre la paroi aux roches saillantes lui extirpa suffisamment d'air pour faire éclore un rire bien audible.

La silhouette se figea finalement au milieu de la grotte, assise à côté du foyer, sur la bûche avec laquelle s'était relevé le tatoué un peu plus tôt. Elle relâcha la pression, comme pour satisfaire sa propre curiosité malsaine et comprendre en quoi la condition de sa victime l'autorisait à l'amusement. Chaque éclat de joie tiraillait le trentenaire d'une douleur aussi vive qu'éphémère. Un supplice qu'il ne parvenait pas à stopper tant la situation était amusante et le rire nerveux. Au point que son hilarité vint à faire douter le ninja de sa position de supériorité, et balayant la pièce du regard, il remarqua enfin la source de tout cet amusement : un papier signé d'un sceau explosif et plaqué sur cette même bûche qui lui servait de siège. Alors seulement les deux billes rougeoyantes que percevait difficilement Shisei s'écarquillèrent et l'étonnement de celui qui comprenait s'être fait baisé en beauté n'eut pas le temps de se transformer en colère vengeresse.

La bûche explosa et se brisa en un shrapnel de bois et de feu qui souffla tout ce qui se trouvait à proximité. Le rire hoqueta à la détonation, avant de reprendre de plus belle lorsque la pluie d'échardes, de flammes et de sang peignit l'intégralité de la pièce d'un crachin carmin.

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La respiration sifflante, des pieux plantés dans un bras dépecé et des morceaux d'une chair n'étant pas sienne coincés dans sa barbe ensanglantée, Shisei apparut à la lueur d'une nuit étoilée, chassé de l'antre par un feu grandissant. Il ne lui manquait qu'une clope coincée entre les lèvres pour parfaire le tableau... .

La vision du trentenaire mit un certain temps à faire le point sur la scène devant lui : une mer de cadavres et d'acier dans laquelle nageaient ses compagnons, tout aussi diminués que lui, sinon plus. Comme sortis des entrailles d'une fin du monde apocalyptique, le trio de démons souffraient de la folie des survivants.

Ce splendide triptyque pathétique tenait tout juste debout au milieu des restes du gang, et son efficacité restait toute relative tant le feu d'un camp ravagé et les bruits d'une rixe barbare avaient fini par alerter un berger des montagnes, lequel, effrayé par les cris et l'odeur de fumée, s'empressa d'alerter à son tour le village de Kumo. Les autorités dépêchèrent en toute hâte une petite troupe de ninjas pour faire la lumière sur cet évènement. Mais les silhouettes de l'escouade qui pointaient enfin en bas de la côte, semblèrent quelque peu hésitantes à engager la discussion avec ces démons recouverts de sang, perchés au milieu de la mort et éclairés par une grotte en feu, telles des âmes corrompues vomies par la porte des Enfers.

Tous n'étaient pas névrosés à Kumo, mais en certaines occasions comme pour cette nuit, il fallut les folies d'un Nobusuke, d'un Saigo et d'un Shisei pour mater la fureur des Berserkers et l'obscénité d'un monstre fantoche assujetti au fanatisme d'un puissant, que le tatoué n'avait pas pris la peine d'identifier avant de le faire exploser. Le trio serait assurément dissout après le débriefing, laisser pareils énergumènes évoluer côte à côte présentait un risque de dérapage évident. Un risque que les Grands Noms ne pouvaient s'autoriser.

À moins que... à moins qu'une personne aussi tarée qu'eux et hiérarchiquement bien placée ne s'offre leur compagnie et l'incertitude qu'elle exposait... .

Spoiler:
 

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Dim 27 Jan 2019 - 11:41
Le sentier vers la grotte était inondé de cadavres et de sang. Les corps gisaient les uns à côté des autres, comme si toute cette route n'était qu'une décharge de charognes qu'on avait jeté là par hasard. Etendus par terre, les hommes ressemblaient souvent à des garçons paisibles, comme des enfants endormis, dont les traits du visage semblaient détendus et purs ; le seul problème, c'est que leurs entrailles sortaient de leur corps, dans un mélange de merde, d'intestin et de sang. Sur d'autres faciès, les hommes s'étaient crispé dans une vision d'horreur et on pouvait voir à leur expression non pas comment ils avaient combattu, mais au moins comment ils étaient morts. Le masque d'épouvante qui habillait les visages de ceux-là traduisaient visiblement la violence de cette escarmouche et certainement qu'ils avaient dû pâlir en réalisant le sort qui les attendait. Si certains étaient capables d'accepter la mort, d'autres en avait une véritable phobie.

Plus on remontait le sentier, moins on voyait de cadavres. Pourtant, les Berserkers avaient laissé dans leur sillage nombre de frères et d'ennemis. Cela donnait l'impression que l'escarmouche avait tourné autour d'une sorte de sélection guerrière que seuls les plus aguerris avaient pu se permettre de franchir, dans des joutes plurielles et diaboliques, au gré des courses que les lames avaient tracé sur leurs antagonistes. Cela avait quelque chose de brave dans l'esprit ; mais dans les faits, on constatait surtout que, en dehors du cauchemar visuel, il y avait aussi cette odeur putride qui créait toute l'ambiance des festivités du soir. Sur les corps des agonisants, quelques rapaces s'étaient invités au festin, plongeant leur bec dans la chair mortifiée.

Dans son cyclone de particules de fer, Nobusuke tenait toujours tête aux quelques berserkers en présence et à leurs deux leaders, Gato et San. Les deux farouches guerriers tentaient encore ardemment de faire front contre la folie meurtrière de l'éphèbe. Qui aurait pu croire que, parmi tous ceux qui étaient réunis ici, ce gamin était probablement le plus affûté pour la guerre ? Seul Yama avait su pressentir le potentiel de ce spectre noir, et si Shimpei l'avait anticipé aussi bien que le chasseur, probablement qu'il aurait évité l'erreur de s'en séparer : le chien fou était peut-être violent, mais il était aussi très obéissant. Peut-être que le psychopathe aurait accepté de se retourner contre l'autre psychopathe, même s'il s'agissait d'un kumojins également ? La question ne se posait plus à présent. Les phalanges fracassantes de Shisei avaient raison de cet impudent zélé et pervers, ainsi que de son fantôme.

Dans le même moment, le plus barbare de tous les barbares, Saigo en personne, rejaillît des ombres pour fracturer les vertèbres lombaires du rachis de Gato. Après s'être débarrassé de Yama, le reître s'était empressé de conclure son noir dessein, martelant le crâne de son faux-ami sous sa botte avec une sorte de frénésie incontrôlable. N'était-il pas lui-même une sorte de berserker ?

San ne tarda pas à comprendre que la fin de cette rixe approchait. Il observa les derniers de ses camarades qui, visiblement, tremblaient encore à l'idée de devoir risquer leur vie dans un dernier assaut contre ce quidam tout droit sorti des enfers. Bien que la situation ne s'y prêtasse pas, il se mit à sourire. Composant quelques mundras, il fit jaillir un dragon de foudre hurlant qui se jeta derechef sur les berserkers restant en les ôtant de leur chemin, arrachant des cris d'horreur aux guerriers impuissants, et les carbonisant jusqu'à ne laisser que de la chair brûlée et rétrécie ; des corps rachitiques et calcinés s'écroulèrent sur le sol.

Les mains pleines de sang du ninja adverse se levèrent en signe de reddition. Il observa Saigo et Nobusuke à travers sa tempête avec un masque de bienveillance, toujours armé d'un sourire triomphant. Dans la nuit, son monstre de foudre avait éclairé les corps meurtris des kumojins. Ces derniers le regardèrent avec quelques doutes dans l'âme, compte tenu de la surprise qu'il avait provoqué en se retournant contre les siens.

--- Je me rends. Enfin...

Il pousse un soupir de soulagement.

--- Je devrais plutôt dire que je suis heureux que nous ayons réussi notre mission, camarades.

Malheureusement, San n'eut pas le temps de révéler son appartenance au village de Kumogakure, ni le temps d'exposer comment il avait, sur mandat du village, infiltré le groupe de bandits. Il n'eut pas le temps de narrer cette aventure humaine qui avait duré plus de deux mois : le temps de gagner la confiance de Shimpei, celle de Yama, celle de Gato. Ses yeux s'éteignirent en même temps que plusieurs centaines de billes de fer lui défoncèrent le torse. Derrière ce crime soudain, Nobusuke lâcha un rire maléfique, secoué de pulsions meurtrières. L'enfant, hilare, regarda son adversaire s'effondrer. Inerte. Il observa ensuite Saigo.

Le nuage de particules de fer commença à se ranimer. Il avait un regard particulièrement insistant sur la silhouette de son congénère. Il lorgnait dessus comme un prédateur et des envies subites gonflèrent son abdomen ensanglanté. En même temps que ses doigts dansaient pour animer le fantôme de fer, il imaginait le corps saccagé de son compatriote, qu'il voyait semblable à un morceau de gruyère.

Devait-il le tuer maintenant ?

Des bruits de pas et des voix freinèrent le quidam. Plus haut, Shisei avait sans doute pu observer cette scène particulièrement biscornue. De l'extérieur, il était difficile de prétendre que Nobusuke avait voulu tuer Saigo. Pourtant, le fait qu'il ait animé son pouvoir Satetsu tout en dardant ce dernier laissait deviner une intention qu'il avait eu réellement, mais dont on ne pouvait l'accuser pour autant, faute de preuves.

En même temps que la délégation de ninjas arriva pour constater les dégâts, les trois boutefeux furent ramassés comme des blessés de guerre. La mission avait été égale à leur prestige : peu de ninjas pouvaient prétendre être capable d'une telle cruauté. Le massacre ne tolérait aucun scrupule. Probablement que tous les bandits du Kaminari apprendraient la nouvelle : la cité ninja pouvait être diplomatique, mais elle n'en demeurait pas moins légion. Son armée était faite non seulement pour protéger, mais aussi pour détruire et exterminer toutes les menaces qui pesaient sur son chemin.

Et pour cela, il fallait des braves comme ceux-là.

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Lun 28 Jan 2019 - 2:47
Saigo ne comprenait plus grand-chose mis à part qu’ils avaient gagné, son corps n’était que douleur, une souffrance qui jusque-là le tenait éveillée commençait inlassablement à le tirer vers l’oubli, vers un sommeil dont il ne se réveillerait probablement pas. Son souffle était roque, fatigué, abîmé. Le gout et l’odeur de sang, de brulé, de ferraille et de merde emplissaient ses narines et sa bouche dans un tourbillon tout juste agréable, corrompu, gâché par un arôme inconnu, presque écœurant. Il n’arrivait pas à se repaître de toute cette violence aussi gratuite que le câlin d’une pute, comme si la situation était en suspens et que son rôle dans l’histoire n’était pas encore terminé. La mort n’était pas satisfaite, il n’était pas satisfait, voilà ce qui clochait…

Il tourna sur lui même pour essayer de saisir la situation lorsque San fut perforé de milliers de billes minuscules, un nuage meurtrier de fer qui commençait à se tourner vers lui, impitoyable dans sa promesse funèbre. Alors c’était donc ça la sensation de travail inachevé, ce gout désagréable qui surpassait tous les autres. Ils leur restaient une dernière épreuve, un ultime combat à mener, l’un contre l’autre. Saigo, dans son état, se savait incapable d’assumer cette sélection naturelle, cette décision de Mère la Mort à ne laisser vivre qu’un seul de ses fils. Il n’était pas d’accord et aucunement prêt, mais à moitié claqué Saigo n’était plus qu’à mi-chemin vers cette étreinte finale. Nobusuke semblait l’avoir sournoisement compris et ses doigts dansaient dans les airs orchestrant un nouvel hymne à la mort…

L’ex-mafieux se dit que ce n’était pas plus mal, le Satetsu remplirait largement sa part et sèmerait le chaos tout aussi bien si ce n’était même mieux que lui. Il affichait donc un sourire satisfait, bienveillant, ses yeux plongeant dans ceux de l’adolescent, ce n’était pas leur première rixe, mais il ne pouvait répondre à celle-ci… Bien décidé à s’en griller une avant de crever, Saigo, presque désolé de la tournure des choses et de son incapacité à répondre aux attentes de Nobu, sortit son paquet de clope, complètement écrasé et baignant de sang.

Alors qu’il s’allumait une cigarette aussi sale, brisée et tordue que lui, Saigo entendit des bruits de pas derrière lui. Shisei déboulait à son tour sur la scène macabre, en conquérant victorieux aux allures d’ogre lépreux. Point besoin de parler, un simple regard suffisait, sa présence venait de lui sauver la vie et aucun des trois dingos ne tenait à fabuler sur le sujet, ils savaient, ils comprenaient, ils acceptaient… Saigo tendit une clope au Suzuri alors que ses jambes le lâchaient et qu’il s’écroulait sur un matelas de cadavres à la chaleur exquise. Il vivrait un autre jour et cela l'effrayait bien plus qu'un millier de trépas, mais pour l'instant, auprès de ces deux raclures de la société et entouré de dépouilles, le jeune homme était heureux, enfin chez lui...

Ce qu’ils venaient de traverser dépassait la raison et aurait fait sombrer dans la démence plus d’un shinobi. Les autorités de Kumo avaient bien choisi les membres de cette équipe, ils étaient les « expandables » du village, ils étaient les vilains petits canards que l’on pouvait sacrifier sur l’échiquier du monde, des pions divergents jetables…

Et le pire dans tout ça ? C’était qu’ils aimaient ça.

FIN.

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Psychopathes contre psychopathes [MLB]

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