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Vivisection retardée ∞ Sabaru


Mar 8 Jan 2019 - 16:13
Les rayons du soleil d’été caressaient doucement sa peau tandis qu’il se promenait dans l’un des parcs de Kiri, profitant de la journée d’été. S’il ne prenait guère trop de pause, il estimait cette dernière méritée après toutes ces journées de rigueur. Plus qu’estimée, même – il se rendait compte à quel point les petites variations de temps de sommeil ou de micro-pauses influaient sur ses capacités de façon globale, et d’autant plus sur son efficacité durant l’entraînement. Il ne pouvait pas aller plus vite que son corps, combien même l’aurait-il voulu, aussi devait-il se contenter de suivre ce dernier et en tirer le maximum. A termes, il croyait en son planning étant donné le temps passé à l’établir.

D’une main innocente, il caressa quelques fleurs – profitant en réalité de libérer une partie de ses insectes pour profiter du temps et des divers pollens qui étaient probablement la meilleure des sucreries qu’il existait pour eux, et de loin leur source d’alimentation préférée si l’on excluait le Chakra de leur hôte. Parfois, Ren se demandait s’ils seraient capables de survivre sans lui mais rapidement un frisson désagréable le prenait – c’était certainement lui qui ne pouvait survivre sans eux. Il serait… Vide. Comme s’il manquait une partie de lui, présente depuis les premiers jours de sa vie et jusqu’à sa mort, se renouvelant en permanence. Certes, il y avait des désavantages, notamment sociaux, à être Aburame, mais ils ne valaient pas même le quart de tous mes avantages.

Soupirant calmement, il laissa une partie de son essaim avec les insectes locaux, de façon innocente, afin de leur permettre de se dégourdir les ailes – il avait été plus parcimonieux que d’usure après l’incident avec le pesticide. Et qui sait ? Il était déjà arrivé qu’ils ramènent de nouvelles sous-espèces dans son corps, créant là une curiosité intellectuelle perpétuelle, que ce soit pour lui ou sa famille. C’était un phénomène rare et particulièrement intéressant, une marque de l’évolution naturelle de l’essaim, de l’adaptation qu’il savait faire vis-à-vis de son environnement – le tout en restant fondamentalement pareil, ne perdant pas les branches princeps de ses taxons.

C’est avec ses pensées à l’esprit qu’il s’installa sur un banc, lisant vaguement un livre sur l’anatomie humaine. S’il lisait pour le plaisir, il passait de plus en plus de temps à s’entraîner seul et, si la solitude ne le dérangeait pas, il se disait qu’un peu de compagnie ne ferait pas de mal – aussi ses yeux scrutaient-ils tous les passant pour choisir une cible. Un petit exercice qu’il s’était imposé – rencontrer de nouvelles personnes, sociabiliser – car se faire connaître était aussi important que la totalité de sa routine. Et s’il était incapable de le faire pour le plaisir, alors jamais il n’arriverait à se forger une place.

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Mar 8 Jan 2019 - 19:20

Vivisection retardée
ft. Aburame Ren

Dans la vie d'un shinobi, le repos était un luxe. Si l'un prenait le temps de ne rien faire, d'autres progressaient, creusant ou réduisant l'écart. Pour quelqu'un d'ambitieux comme Sabaru, prendre sciemment la décision de se reposer était quelque chose d'extrêmement rare. Ainsi, en ce jour ensoleillé, il s'était pourvu d'un livre afin de s'instruire, ne laissant pas la précieuse denrée temporelle s'écouler sans y attacher la moindre utilité.

Il fit le choix de lire en extérieur, dans l'un des parcs de la brumeuse cité — qui, ce jour-la, n'avait pas grand chose de brumeux. Sur le chemin pour s'y rendre, le déchaîné n'adressa la parole à personne, comme à l'accoutumée. Il n'entretenait aucune relation inutile, ainsi les passants avaient fini par arrêter de le saluer après une demi-dizaine d'années de salutations cordiales mais creuses.

Autour de lui, d'autres shinobis vaquaient — quoi de plus normal, dans un village caché tel que Kiri ? — à leurs occupations. La plupart se déplaçaient en groupe, en particulier les plus jeunes. Lui, il était arrivé à Kiri alors qu'il était déjà plus vieux qu'eux. Il n'avait pas eu d'enfance, ni d'amis pour jouer. Il lui arrivait même de se demander ce qu'il serait s'il avait vécu comme tout le monde, dans une maison normale et avec une éducation normale. Imbéciles, pensa-t-il finalement, lorsqu'il vit passer près de lui deux jeunes aspirants, poursuivant un chat avec un gros poisson dans la gueule. Leur insouciance lui inspirait du dégoût ; peut-être était-il inconsciemment jaloux ?

Un bourdonnement attira son attention. Sur sa droite, un buisson grouillait d'insectes. Sabaru n'avait rien d'un entomologiste, mais il savait qu'un tel ramassis de bestioles n'était pas monnaie courante, même dans un pays tel que Mizu. D'autant plus qu'en s'approchant, il distingua nettement qu'ils n'appartenaient pas tous à la même espèce. Quelqu'un a jeté ses ordures là-dedans, pour en attirer autant ? Pour vérifier ses hypothèses, il se risqua à approcher sa main du buisson pour en écarter les branches. Rien du tout, ni déchets, ni ruche.

Si les insectes étaient un sujet intéressant, il ne s'y attarda pas plus. Il n'avait ni l'envie de se faire piquer, ni celle de les étudier plus longtemps. Laissant les bêtes à leur réunion extraordinaire, il se dirigea vers l'un des bancs du parc, là où un autre garçon lisait déjà. Il s'y installa, puis ouvrit immédiatement son propre livre — la reliure disait « La voie du Bushi ».

« Bonjour. »

La salutation, respectueuse, était concise mais pas froide. S'il ne cherchait pas forcément à ouvrir la discussion, il veillait à respecter l'étiquette. Il partageait ce banc avec le jeune homme, qui s'y était installé avant lui. De plus, il n'avait pas l'air d'être de ceux que Sabaru évite — il avait l'air cultivé, et le livre qu'il lisait portait sur des sciences que peu pouvaient se vanter de maîtriser. Tout bien réfléchi, échanger avec un esprit éveillé était tout à fait le genre d'activité qu'il apprécierait pratiquer plus souvent, lors de ses jours de repos.



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Mar 8 Jan 2019 - 22:55
Avec moins d’effort qu’il ne l’aurait espérer, Ren retint le petit sourire qui voulait déchirer ses lèvres lorsque quelqu’un s’approcha de la partie de ses insectes qu’il avait relâché. Curieusement, l’homme ne semblait guère dérangé par leur présence – sinon intrigué par... Par quoi, exactement ? Certes ils étaient quelques peu plus nombreux mais de là à attirer l’attention d’un œil naïf, l’Aburame refusait d’y croire. L’inconnu avait-il le minimum de connaissances nécessaires pour remarquer les anomalies de comportement qu’avait son essaim par rapport au commun des insectes ? Il nota quelque part cette information, bien moins futile qu’elle ne semblait l’être. Voilà une personne avec qui il serait potentiellement intéressant d’échanger, et c’est presque avec un soupir que le blond remarqua le nouveau venu brun s’éloigner de son essaim, continuant sa route. Faisant à nouveau mine de lire, il sentit plus qu’il ne vit l’inconnu passer devant lui pour finalement… S’assoir sur le même banc.

A son âge, Ren n’était plus un enfant et pourtant il sentit son cœur doucement accélérer. C’était, somme toute, une réaction normale – il cherchait tout du moins à s’en convaincre, son esprit se perdant un trop plein de logique et d’analyse. Pourquoi était-il dans le parc ? Pour faire des rencontres sur un jour qu’il considérait comme libre. Combien de personnes intéressantes avait-il vu jusque-là ? Seulement des aspirants qui profitait un tantinet trop oisivement du beau temps, et les rares qui semblaient avoir des discussions passionnées les avaient déjà en groupes. L’inconnu actuel était de loin celui qui avait chatouillé le plus sa curiosité, et si ce n’était pas leur objectif principal Ren ne pouvait que remercier ses insectes d’avoir permis ces observations. Le fait que sa cible – et c’était un mot vulgairement choisi – décide de s’assoir à ses côtés représentait donc une réalisation partielle de son objectif qui, de fait, pouvait justifier la légère tachycardie pseudo-euphorique qui ‘avait traversé. Il soupira mentalement.

Entendant la mince salutation qui lui était adressée, le maître d’insectes détacha les yeux de son traité, détaillant à la place l’arrivant. Immédiatement, son regard se posa sur le livre entre ses mains tandis que l’esquisse d’un sourire fendit ses lèvres.

Bonjour.

Sa réponse fut simple et solennelle, à l’égale de la salutation qui était adressée. Pourtant, une partie de lui décida de prendre les devants, fermant d’un geste doux le livre qu’il avait entre les mains et le reposant juste à côté de lui, sur le banc. D’un geste fin, il étira ses phalanges, son corps transpirant presque le subliminal message de disponibilité. Après quelques brefs instants, il tourna enfin son visage vers l’inconnu et lui adressa un sourire poli.

C’est une belle journée pour lire. Est-ce déplacé de demander ce que vous pensez de votre lecture ? Elle figure dans la liste des miennes à venir, et je ne suis jamais contre un avis.

Si sa première phrase était la recherche d’une complicité tacite, sa question n’avait rien de naïf – il connaissait précisément les références du livre et ce dernier était, pour être exact, le quatrième prochain qu’il lirait. Et ce sans compter les livres qu’il disséquait plus qu’il ne lisait à la bibliothèque durant ses après-midis dédiées. Et si peu importe l’avis obtenu il lirait le livre, parfois certaines personnes avaient le talent d’émettre des critiques qui changeaient diamétralement la vision que l’on avait d’un livre.

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Mer 9 Jan 2019 - 17:48

Vivisection retardée
ft. Aburame Ren

S'il ne fit pas de commentaire sur la banalité concernant le beau temps, Sabaru ne put réprimer un sourire lorsque le jeune homme — qui était, de près, un peu plus vieux qu'il ne l'avait cru en le voyant de prime abord — fit mention du livre qu'il avait emporté.

« Même si j'avoue plus tenir du passionné d'histoire que du grand littéraire, je pense pouvoir dire que cet ouvrage mérite d'être lu. Sa portée dépasse son propos initial — l'histoire de l'apparition du Bushidô dans le Yuukan — et donne les clés de compréhension à la philosophie de vie de nos confrères du Pays du Fer, qui m'échappait personnellement. »

Imitant son compagnon d'une après-midi, le déchaîné referma son livre, s'installant plus confortablement sur le banc en déposant l'ouvrage sur ses cuisses. Il désigna ensuite d'un petit mouvement de tête celui que son interlocuteur avait déposé à côté de lui avant d'amorcer la discussion.

« Vous êtes médecin ? Les sciences du corps du humain sont assez pointues, et cet ouvrage regorge de termes assez techniques. Lorsque j'en ai ouvert un pour la première fois, j'ai dû me munir d'une encyclopédie médicale, et elle m'a accompagné tout au long de ma lecture. Je n'ai pas l'impression que vous en ayez besoin, vous. »

Les lectures s'enchaînaient et se diversifiaient toujours pour Sabaru, mais il avait vraisemblablement fait la rencontre de quelqu'un de plus avancé que lui. Il sentit la jalousie poindre en lui, mais relativisa ; il n'aurait qu'à s'efforcer d'autant plus, si d'autres y parvenaient.

Dieu de son propre royaume, ses seules limites résidaient dans son imagination, telle était la pensée qui le confortait, une fois de plus, face à ses insécurités.

« Je me rends compte que nous ne nous sommes pas présentés, ami lecteur. Je suis Nō Sabaru, genin du village. Et vous ? »



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Dernière édition par Nō Sabaru le Ven 11 Jan 2019 - 22:59, édité 1 fois
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Ven 11 Jan 2019 - 15:02
Ren hocha amicalement la tête à la réponse de l’inconnu, prenant note de l’observation aiguisée du livre qu’il fut capable de donner. Pour le blond, elle signait un esprit pointu à l’instar de celui qu’il voulait bien s’imaginer, et c’était plus que suffisant et agréable. Inconsciemment, le commentaire avait eu pour effet de repousser le livre dans la liste de ceux que le Genin dévorait – s’il était certain adorer d’en apprendre plus sur la philosophie des Samouraïs, il devait amèrement admettre qu’aujourd’hui, ce n’était pas sa priorité. Il avait assez d’éthique et de philosophie dans ses précédentes lectures pour se concentrer, désormais, sur des aspects beaucoup plus pratiques et utiles. S’il aimait la lecture et l’enrichissement de l’esprit, c’était une résolution ferme qu’il avait prise en début d’été et qu’il continuait d’appliquer à la lettre : sortir du confort de la lecture et de la théorie pour trouver une application pratique à ce qu’il savait, et en trouver des points faibles et forts réels.

C’est une vision intéressante de ce livre que j’aurais – personnellement – pensé plus axé sur diverses stratégies militaires entrelacées avec des aspects philosophiques forts en honneur, si j’en crois mes maigres connaissances sur les Tetsujins. Je ne manquerai pas de le lire en prenant en compte le regard que vous y portez.

Un nouveau léger sourire à la fin de sa réponse, tandis que l’autre enchaînait sur le thème oh combien original du livre de l’Aburame. Haussant discrètement les épaules, il passa machinalement une main sur le livre, caressant sa couverture du bout des doigts, comme s’il était quelque chose de précieux… De personnel.

Oh non, c’est me donner trop de crédit. Je m’intéresse seulement au sujet, comme à tant d’autres. Ayant une tante dans le domaine, cependant, j’ai été quelque peu bercé par ce langage dès mon plus jeune âge, aussi rares sont les mots qui viendraient à m’échapper – et le cas échéant, j’ai vers qui me tourner pour des explications.

Il hésita un instant.

C’est un ouvrage que je recommande même en dehors du champ médical cependant. Savoir de quoi et comment nous sommes faits change la vision que l’on a de son corps. On apprend ses points forts et ses points faibles – bien que j’avoue avoir encore du mal à mettre en pratique ces connaissances. Mais si vous le lisez un jour, n’hésitez pas à venir vers moi en cas d’incompréhension – si je ne garantis pas savoir répondre, je pourrais toujours demander.

Un sourire chaleureux et amical, innocent presque, se dessina naturellement sur le visage du blond tandis qu’il proposait de façon anodine de l’aide. Après tout, sans tante Hanaki il serait certainement piètre dans la lecture de ces livres, et il le concevait pleinement.

En effet, où sont nos manières ! Aburame Ren, Genin également.

Calmement, il tendit la main pour un échange physique solennel mais d’usure – suffisamment pour qu’il soit ancré mécaniquement dans son esprit. Une poignée de main savait dire beaucoup sur les participants.

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Ven 11 Jan 2019 - 23:39

Vivisection retardée
ft. Aburame Ren

Sabaru se saisit de la main du jeune homme, échangeant une poignée de main franche, mais sans exubérance. Il n'était ni de ceux qui broyaient les phalanges pour assouvir un quelconque besoin de domination, ni de ceux qui agitaient le bras et couvraient la main de leur damné interlocuteur. Il ne cachait tout simplement pas son jeu, du moins pas à Ren.

Un sourire sincère fendit son visage habituellement si fermé. Il venait de trouver, par le plus grand des hasards, quelqu'un de digne de son attention, rien qu'en s'asseyant sur un banc. La dernière fois qu'une telle chose était arrivée, il avait fait la connaissance d'Aomine — autant dire que cela commençait à se faire vieux. Les personnes que le déchaîné estimait de la sorte se comptaient sur les doigts d'une main, si tant est qu'il y manquât déjà deux doigts. Oui, seules trois personnes très exactement, trouvaient leur place dans l'estime de Sabaru.

« Ainsi, vous faites partie du clan Aburame ? J'avoue ne pas en savoir beaucoup sur les clans originaires d'outre-mer, mais le vôtre a su graver son nom dans ma mémoire. Votre relation de mutualisme... »

L'homme au manteau carmin marqua un arrêt, hésitant. Il ignorait la nature exacte de la relation insectes-Aburame, ce qui le contraria quelque peu, bien qu'il poursuivit.

« ... ou de symbiose ? Enfin, j'avoue que cela m'échappe un peu, mais votre cohabitation avec les insectes est une merveille de la nature. »

La passion portait ses mots, lui qui s'émerveillait à chaque fois qu'il découvrait une nouvelle chose que les murs épais de sa cellule lui avaient cachée jusque là. Lorsqu'il se remémorait le traitement qu'il réservait aux insectes de son royaume, il s'en voulait presque. Presque.

« Je pense que je vais suivre votre conseil et me plonger plus sérieusement dans la découverte d'ouvrages médicaux. Même si je ne pense jamais devenir médecin, cela devrait me servir dans le cadre de notre... travail. »

Son ton devint plus grave sur la fin de sa phrase. Les connaissances anatomiques servaient tout autant aux médecins qu'aux assassins, ce qu'ils étaient en passe de devenir. Certains des aspirants — ceux qui le dégoûtaient, notamment — semblaient d'ailleurs oublier ce petit détail : nul ne devenait un shinobi prospère en ayant les mains propres.

Sabaru tuerait. Il le ferait sans états d'âme, tant que la mort lui apportait un quelconque bénéfice. Les connaissances qu'il engrangeait sur les samouraïs relevaient tout autant du loisir que de la préparation. Si un jour il venait à être envoyé à Tetsu, il mettrait en application ce qu'il avait lu. L'idée d'exploiter l'honneur de ces décérébrés était une chose qui lui arracha un sourire à la dérobée.

Ses pensées noires le firent sombrer quelques instants dans un mutisme complet, le regard dans le vide. Lorsqu'il se souvint qu'il n'était pas seul et qu'il ne pouvait pas s'isoler dans sa tête en laissant Ren de côté, son visage reprit son expression avenante.

« Qu'est-ce qui vous a poussé à rejoindre le monde instable et complexe des forces armées du Yuukan ? »

La question, presque sortie de nulle part, ne fut pas accompagnée par l'avis de celui qui la posait. Il lui faudrait un peu de temps pour étoffer sa réponse. Il ne pouvait se permettre de dire ce qu'il voulait réellement, s'il voulait garder à ses côtés le précieux ami qu'il venait de se faire.

Je veux tout, je veux le pouvoir politique des daimyôs, les armées des trois grandes nations. Je veux les têtes des puissants alignées en rang sur mon bureau au sommet du monde.

N'est-ce pas ?



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Sam 12 Jan 2019 - 23:06
Ren esquissa un nouveau sourire devant les quelques remarques concernant ses origines et son clan. Parfois, la vie à Kiri semblait tellement... Calme qu’il en oubliait presque le fait qu’il n’était, comme tant d’autres, qu’un immigré. Et s’il connaissait us et coutumes de Mizu comme tout bon citoyen – non, shinobi rectifia-t-il immédiatement – il connaissait tout autant ceux de Hi, sa famille mettant un point d’honneur particulièrement insistant sur ces dernières. C’en était à se demander, quelques fois, s’il n’y avait pas un projet plus ou moins obscur de retour à Hi, mais le jeune homme ne laissait guère ces pensées monter à son esprit, se reconcentrant sans grand mal sur la discussion. Une « merveille de la nature » - l’expression arracha aisément un regard cristallin doublé d’un sourire tendre sur le visage du genin. Et il ne se referma en rien lorsque le réel travail de shinobi fut évoqué. Il ne pouvait pas se refermer – nombre des techniques du clan consistaient à sacrifier une partie de l’essaim de façon définitive, laissant à la part restante la responsabilité de repeupler. Si cela semblait anodin, c’était loin d’être le cas – il y avait ici la dictée d’une relation particulière entre les Aburame et la mort, si bien qu’elle était pour eux quelque chose de naturel. Tout comme l’essaim gagnait de nouvelles espèces qui remplaçaient presque entièrement les précédentes par loi de sélection naturelle… Même s’il serait probablement plus affecté par la mort d’un être humain.

Merveille de la nature… Voilà quelque chose que je n’ai jamais entendu jusque-là. Usuellement, les gens se contentent de fuir sans comprendre, parfois d’insulter sur le chemin. C’est agréable que de voir qu’il demeure des personnes censées à Kiri. Et pour répondre à votre tacite question – c’est bien de symbiose qu’il s’agit entre eux et moi.

Il s’abstint de rajouter qu’il voyait également, lorsqu’il parlait de forces et de faiblesses du corps humain, les différentes applications un tant soit peu violente qui pouvaient en être faite. C’était là la richesse de la médecine dans le monde des shinobis, avec sa pléthore d’applications autant défensives utilitaires qu’offensives pures. Quelque part dans sa tête, il nota qu’il serait de convenance de parler de ces dernières avec tante Hanaki qui pourrait certainement le renseigner – sinon lui faire une nouvelle démonstration, à des lieux de la chasteté de celles qu’elle faisait lorsqu’il était enfant. Cependant, la nouvelle question qui lui était posée l’intrigua, arrachant son esprit de ses réflexion personnelles.

Hmmm… Je dirais mes parents. Je suis Aburame depuis le jour de ma naissance et, à en écouter ma mère lorsque j’étais plus jeune, ces insectes ne sont pas là pour butiner des fleurs à longueur de journée. Autant étais-je réticent lorsque j’étais enfant, autant ai-je pris un réel goût à la vie de shinobi. Il y a tant à faire, à découvrir, à essayer… En partant de rien, ce mode de vie est devenu une sorte de faim insatiable, de limite que je repousse que ce soit avec le corps ou l’esprit. Et cette instable complexité dont vous parlez n’est que le carburant nécessaire à me faire vouloir toujours plus. Voir jusqu’à quel point je peux la perturber avant qu’elle n’implose. Voir jusqu’à quel point je peux mettre de l’ordre dans cette dernière.

Avait-il un réel objectif en devenant ninja ? Un objectif autre que celui de plaire à sa mère ? Très probablement que non, mais il ne s’en faisait aucun reproche. A un jeune âge, il est délicat de se projeter dans le futur, et combien même on le ferait la vision serait probablement idyllique et très éloignée de la réalité. Avoir forgé sa vision petit à petit, décidé de ses objectifs au fur et à mesure de sa progression dans les arts ninja… C’était là une des fiertés de Ren, car elle signait pour lui la maturité adéquate à son âge de ses décisions. Et s’il n’avait pas encore établi le sommet de ce qu’il voulait atteindre… C’était probablement parce qu’il ne voulait se limiter avec aucun plafond.

Et vous donc, pourquoi avoir choisi cette voie qui peut s’avérer… Pour le moins belliqueuse, sinon déchirée par le sang ?

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Mer 16 Jan 2019 - 0:47

Vivisection retardée
ft. Aburame Ren

« Fuir et insulter ce que l'on ne comprend pas, c'est une réaction primitive de l'être humain... et elle est exacerbée chez les gens bêtes, puisqu'ils ne comprennent rien. »


Il n'était pas étranger à ce que lui racontait Ren. Il avait de nombreuses fois observé ce genre de comportements, qui l'avaient même choqué depuis sa sortie de captivité. Il s'émerveillait de ce qu'il découvrait, tandis que d'autres se braquaient. Il avait fini par se faire à l'idée que tous n'étaient pas autant capables mentalement que lui, renforçant d'autant plus son ego distordu. Il se contenta ensuite de hocher la tête en écoutant l'avis de l'Aburame quant à son choix de carrière, gardant ses commentaires pour lui. Cela ne me surprend même plus. Il n'est pas banal, ni aliéné. Il s'est juste forgé son propre avis, comme auraient dû le faire nombre de nos semblables.

Puis sa question lui était revenue, comme il s'y attendait. Il n'aimait pas y répondre, en général, lorsqu'on la lui posait. Il servait les salades habituelles — « j'avais besoin d'argent et je savais me battre », « je veux venger mes parents tués par x village » — pour se débarrasser rapidement du sujet lorsqu'on abordait généralement ses motivations. Cette fois, il se sentait en confiance, et surtout écouté par une oreille qui comprendrait son propos au lieu de l'interpréter de travers. Il devrait toujours nuancer ses propos, il est vrai, mais s'était résigné à dire ce qu'il pensait suite aux récentes réponses de Ren qui l'avaient conforté dans son avis sur le jeune homme.


« Si je me suis engagé sur ce chemin, c'est parce qu'il est le seul qui puisse me conduire au pouvoir. Vous pouvez interpréter ce mot de toutes les façons, ma phrase n'en perdra pas de son sens. »


Il voulait le pouvoir, les pouvoirs. La force, l'autorité, l'argent. Ce que le daimyô Raonaka Ao avait gaspillé, lui l'aurait bien récupéré. Ce traître qui s'en était allé avait laissé derrière lui un pays dépourvu de sa tête, si ce n'est l'institution constituée par le Kiri la grande, solitaire au milieu de la brume planant sur toutes les îles de l'archipel de l'Eau. Il aurait rêvé d'avoir ce pouvoir, mais n'aurait jamais pu le récupérer par ses propres moyens, aussi divin qu'il se savait. Son corps n'était pas capable d'exaucer les voeux de son âme avide. Il ne pouvait régner que dans sa tête. Il ne pouvait le nier, il n'était qu'un misérable vermisseau aux yeux des puissants de ce monde. Rien qu'en y repensant, il sentit ses tripes se retourner, le feu prendre en lui et l'arrière goût de la faiblesse remonter dans sa gorge.


« Le monde regorge de ressources, d'hommes intelligents. Ces bonnes choses sont cependant noyées dans la luxure, la paresse, les hommes bêtes et les personnages faisant mauvais usage du pouvoir qui leur a été confié. C'est pour ça que je veux me renforcer, pour les déposséder de leur pouvoir, afin de séparer le bon grain de l'ivraie. »


Le mot était lâché. Coup de tampon sur la carte de membre. C'était là l'étape critique, celle où l'on pouvait commencer à le prendre pour un fou, un illuminé. Un genin qui proférait ce genre de paroles, c'était même à la limite du ridicule. Un soldat du bas de l'échelle, d'autant plus qu'il avait déjà 26 ans, n'avait aucun haut fait pour donner du poids à ses revendications. Tout ce qu'avait Ren pour prendre au sérieux le déchaîné, c'était son jugement — et c'était pourquoi il avait pris la décision de parler franchement, puisqu'il se savait en compagnie de quelqu'un d'intelligent. Toujours est-il qu'un doute subsistait. Avait-il bien fait ?


« Ce n'est donc pas tant le côté excitant de la carrière qui m'a intéressé, mais bien ce qui m'attend au bout du chemin. J'avoue n'avoir aucun problème à marcher sur d'autres, s'il faut paver ma route jusqu'à mes objectifs de leurs corps, mais je n'irai pas jusqu'à dire que la fin justifie les moyens. Après tout, je ne peux pas blâmer les mauvaises personnes si j'agis comme eux, en gaspillant des ressources prometteuses. »


Ce qu'il voulait dire de façon détournée en parlant de ressources prometteuses, c'était bien qu'il se refuserait à écraser les gens comme Ren, qui lui avaient prouvé qu'ils valaient mieux que l'ivraie dont il faisait mention. Malheureusement, comme dit précédemment, il n'y a que Ren et Aomine qui aient eu l'occasion d'ainsi s'illustrer.


« Enfin, assez parlé de moi. Je finis toujours par m'emporter quand j'ai l'occasion de parler de mes objectifs avec quelqu'un, tant c'est rare. Il faut dire que malgré ma demi-douzaine d'années passées à Kiri, je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer de personnes dignes d'être appelées... ami. »


Il avait failli dire « égal ». C'était légèrement au-delà de ce qu'il pouvait dire, malgré tout le bien qu'il pensait de Ren ; il le considérait comme tel, mais employer des mots aussi crus finirait par dévoiler complètement son degré de narcissisme, qui n'avait lui aucun égal.



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Mer 16 Jan 2019 - 18:12
Ren laissa fuir un léger rire cristallin à la remarque de Sabaru, ressentant la même aigreur du vécu chez ce dernier. Ils étaient légion à être discriminés, car c’était le terme juste pour ce genre de comportement, pour des raisons de plus en plus banales dans un monde qui ne possédait presque plus rien de normal – on demandait aux enfants de tuer, créant une armée d’orphelins portant bien des séquelles tant physiques que psychologiques. Dire que ces dernières étaient souvent pires mais regardées avec tendresse… Il secoua doucement la tête reprenant le fil de la conversation. Une fois ses motivations éclairées, c’en était à l’autre Genin de rendre la pareille à sa demande et l’Aburame avouait ne pas être déçu par les réponses, ni par la réflexion promulguée derrière.

Le pouvoir…

Les mots lui échappèrent avec un naturel presque déconcertant, réveillant en lui les souvenirs de la nuit passée sur les toits, il n’y a guère si longtemps de là. Cette nuit où il avait compris. Où il avait vu. Où il avait ressenti. Focalisant son attention sur son interlocuteur, Ren lui adressa un sourire franc.

C’est quelque chose que je comprends. Il y a, non loin du port, des toitures offrant un panorama majestueux sur une partie du village. Là-haut, on remarque à quel point l’individu n’est qu’insignifiance. A quel point il est facile de se perdre, là-haut, et devenir Dieu parmi les hommes. Mais vu les aspirations qui sont vôtres ainsi que ce que vous décrivez vouloir faire du pouvoir… Je ne me fais pas trop d’inquiétude.

La passivité de ceux qui étaient au-dessus. Était-ce là le fléau principal qui dévorait Kiri en son for intérieur ? Il n’était guère étranger à Ren que certains problèmes ravageaient le village. Et il ne pouvait qu’imaginer combien il y en avait qui détruisaient, jour après jour, Mizu. Il ne voulait pas imaginer. Depuis qu’il était sorti de sa confortable bulle de théorie, depuis que corps et âme il s’était lancé dans la pratique et l’exercice… Il voyait toutes ces choses dont parlaient ses livres. Et la brutale différence qu’il y avait entre la réalité et la représentation littéraire de celle-ci. Rien n’était parfait. Rien n’était évident. Et si, les premiers jours, cela créait une certaine tension en lui… Aujourd’hui il ne voulait qu’améliorer l’ordre des choses.

Voyez-vous, nos objectifs diffèrent moins qu’on pourrait le penser. Vous souhaitez séparer l’un et l’autre tandis que moi, je cherche à lisser, à ordonner, à permettre à l’autre de rattraper l’un. Et je ne crois hélas que trop peu à l’influence positive qu’il pourrait y avoir, du moins en population entière. Sur sélection progressive d’éléments néanmoins…

Il ferma à moitié les yeux dans un grand sourire chaleureux, presque enfantin – combien même il pesait chacun des mots qui sortaient de sa bouche, et ce à deux reprises.

Vous seriez le ferme dirigeant, moi le patient enseignant. Un tableau agréable, qu’en pensez-vous ?

Si l’idée ne lui paraissait pas mauvaise, il admettait cependant à soi-même qu’elle était peut-être prématurée, ses objectifs pour la vie n’ayant pas encore été fixés avec la rigueur dont faisait preuve le brun. Cependant, il y avait du vrai dans la spontanéité et s’il avait réfléchi à ses dire, ils n’en demeuraient pas moins la première chose qui lui est venue à la langue. Et qu’il avait acceptée.

Je comprends ce que vous voulez dire.

Il hocha doucement la tête, comme validant l’utilisation du terme « ami » par le précédent, combien même il estimait que ce fut une validation inutile.

Personnellement, mes récentes activités provoquent les rencontres à Kiri même, et je dois avouer qu’il y a un monde entre chacun d’entre elles. Le village est un large panel de diversité. Sur quels critères pensiez-vous répartir les gens ? Que je puisse voir si les miens méritent d’être revus avec votre regard.

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Jeu 17 Jan 2019 - 17:48

Vivisection retardée
ft. Aburame Ren

L'expression qu'utilisa Ren tira un sourire au déchaîné. Devenir Dieu parmi les hommes. Il était devenu un « dieu » il y a plus de seize années, et s'attelait depuis huit à amasser les ressources nécessaires à la mise en place de ses premiers actes en tant que tel. Il ne manquerait évidemment pas d'aller au port pour voir de ses propres yeux ce panorama, qui promettait d'être agréable aux yeux d'un homme qui se savait déjà au-dessus de bon nombre de ceux qu'il se devait de côtoyer chaque jour que la vie lui offrait.

Ren comprenait, et partageait son avis. Il commençait à croire que leur rencontre était le fruit du destin, mais se garda de le formuler. Il voulait être sûr de ne pas se tromper, même s'il doutait fortement que l'homme avec qui il conversait ait d'intérêt à se jouer de lui. Cela lui semblait tout de même trop beau, d'avoir fait la rencontre d'une seconde personne ainsi éveillée — il aimait définir d'éveillés tous ceux qui pensaient comme lui, comme s'il détenait la vérité absolue.

« Que l'on m'apparente à un ferme dirigeant me flatte, même si — sans me vanter — c'est ce que j'aspirais à devenir, qu'importe l'échelle à laquelle il m'était offert de diriger. Le tableau est séduisant, je l'avoue ; nous pourrions faire de grandes choses, même si à l'heure actuelle nous ne faisons que tirer des plans sur la comète, depuis le plus bas seuil de la hiérarchie. »

Un sourire confiant s'afficha sur le visage du déchaîné, alors qu'il serrait le poing, déterminé.

« Mais je ne doute pas une seconde que nous arriverons tout du moins à avoir un impact, tôt ou tard. Nous sommes déterminés, et surtout pragmatiques. Kiri — ou oserais-je dire, le Yuukan ? — aura besoin de personnes de notre acabit, à l'avenir. »

Il s'avançait certes en proférant de telles paroles, mais Sabaru les pensait profondément, sans une once de doute. Il ne pouvait croire que le monde continuerait d'évoluer sans hommes éveillés à sa tête. Il lui semblait tout naturel qu'un jour venu, il aurait l'occasion de grimper les échelons, ses efforts et ses idées récompensées. Dans un coin de sa tête, la question « et si ce n'était pas le cas ? » qu'il se formulait à lui-même trouvait sa réponse ; « ils n'auront pas le choix ». Si l'évidence ne sautait pas aux yeux des hommes, il devrait leur montrer, d'une manière ou d'une autre.

Vint la question des méthodes. S'il avait employé l'expression « séparer le bon grain de l'ivraie », le déchaîné ne prônait pas pour autant la ségrégation. Il était plus subtil que cela.

« La répartition, c'est un bien grand mot. Je comptais simplement m'inspirer entièrement du modèle de la méritocratie. Ceux qui sont dévoués, qui se battent, auraient accès aux privilèges qui leurs sont dus. Ceux qui rechignent, qui font preuve d'irrespect, qui se pensent intouchables... ils n'auraient rien de plus que ce qu'ils méritent. »

Il laissa volontairement un léger silence s'installer, avant de reprendre, sans perdre son sourire.

« C'est-à-dire, rien. Un poste sans responsabilités, une habitation aux normes, un confort basique qui n'aurait pas à rougir face aux geôles du clan Yuki. S'ils persistaient à n'être que des poids, ils seraient évacués avec les déchets, bien entendu. Ils trouveraient bien de quoi vivre ailleurs. Du moins, je l'espère pour eux, car je ne me sentirais plus responsable de leur survie. »

Il était cruel, mais il ne s'encombrait pas de bonnes pensées. La bien-pensance le répugnait tant qu'elle n'était pas fondée sur une base solide ; le problème étant que la plupart des moralisateurs ne juraient qu'au nom de la gentillesse gratuite. Ceux-la seraient surement parmi les premiers à prendre la porte, si le déchaîné venait à avoir son mot à dire sur leur statut.

« Faites-vous déjà partie d'une équipe ? Vous me parliez de diversité, ça m'y a fait penser. Je pensais que ce genre de démarches ne pouvait que m'être bénéfique, puisqu'une équipe garantissait une ascension plus rapide et un accès prioritaire à certaines missions... mais il semblerait que je me sois fait avoir. »

Retour à un sujet un peu plus léger, bien qu'amer dans le cas de Sabaru. S'il avait su ce qui l'attendait en recevant sa lettre de convocation, il aurait peut-être demandé un recours. Il était curieux de savoir dans quel genre d'équipe son homologue était tombé, cependant. Était-il le seul à devoir supporter ses coéquipiers ?



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Mar 22 Jan 2019 - 20:35
Ren lui adressa un sourire plein d’espoir. Oui, ils n’étaient que de pauvres Genin en attente de faire leurs preuves – et l’Aburame œuvrait avec tout son être pour faire les siennes. C’était rassurant, quelque part, de voir que son interlocuteur était persuadé qu’ils réussiraient, en se basant sur un argumentaire certes peu étoffé, mais portant en lui bien plus que ses quelques mots. C’était, rétrospectivement parlant, probablement la première fois où quelqu’un conforta Ren de façon aussi… intelligente. Que quelqu’un trouva un argument, une raison – il tâcherait de s’en souvenir, se maudissant presque intérieurement de ne pas avoir pris cette variable en compte lorsqu’il ajustait ses projets, il y a quelques temps de cela.

Certes… J’espère seulement que nos épaules sauront ne pas flancher sous le poids du monde.

Il lança un regard pensif à Sabaru. C’était probablement la seule chose qu’il ne pouvait exercer pour le moment car, comment diable, peut-on s’exercer à avoir des responsabilités lorsque l’on n’en a presque aucune ? Certes, il y avait ses responsabilités de Genin, de membre du clan, et bien d’autres encore mais… Aucune ne le préparait à être responsable d’autres personne, constata-t-il amèrement. Et probablement qu’aucune ne le ferait tant qu’il ne serait pas au moins Chûnin. Heureusement que c’était là une des étapes de son plan personnel, une étape où il devrait avoir le loisir d’apprendre ce genre de choses. Il espérait seulement que ce serait quelque chose qui viendrait assez intuitivement et qu’il ne faille pas là se plonger dans des années de théorie pour arriver à ne serait-ce qu’un quelconque exploit en pratique.

C’est dans la suite du discours de Sabaru que quelque chose tiqua. Ren n’avait rien contre la méritocratie tant qu’elle restait saine, et c’était quelque chose qui s’intégrait bien dans sa vision de groupes évalués sur leur utilité – là-dessus rejoignait-il sans la moindre hésitation les paroles de l’autre genin. Cependant, lorsque ce dernier s’attarda sur les « déchets »… Il y avait un côté tellement déshumanisant à ce terme qu’il mit, intérieurement, mal à l’aise l’Aburame, et d’autant plus lorsqu’il fut énoncé l’épuration de ces derniers. Rentrer dans le débat était plus fort que lui.

Je ne suis pas certain que ce soit la chose à faire. Peut-être suis-je trop idéaliste mais je pense vraiment qu’avec les bonnes guidances et conditions, n’importe qui est capable de remonter la pente – les gens n’y arrivant pas étant généralement prisonniers de conditions sociales et économiques qui les entérinent dans leurs erreurs. C’est pourquoi je suis plus adepte à regarder le groupe plus que l’individu, que je partisan de pédagogie appliquée et d’utilité sociale.

Ren haussa doucement les épaules. Il n’avait pas la certitude que son idée était la bonne, loin de là, mais c’était la sienne et il voulait l’essayer, espérant voir en cette dernière un minimum de ce qui pourrait aider le monde. Car après tout, c’était de ça qu’il s’agissait dans cette discussion, n’est-ce pas ? Il esquissa un sourire, s’imaginant à quoi devait ressembler les discussions des grands de ce monde – et qui ils étaient réellement, avant tout. Pouvait-il y avoir trop de pouvoir ? Oui, il n’en doutait pas. Savait-il où était la frontière ? Non, mais probablement personne ne le savait pas – et il imaginait bien Sabaru ne pas s’encombrer de telles questions, même s’il se contenta juste de le noter dans un coin de son esprit. Cela ne retirait rien à son esprit aiguisé et à l’agréable de la conversation tenue.

Ren lui adressa un large sourire lorsqu’il engagea la discussion, enfin, sur les équipes shinobis. Lui pensait à l’instant aux responsabilités diverses, c’était là le petit clou de ces dernières – la première fois qu’un ninja devenait responsable de la vie d’autres.

[color=#3955ab]Une équipe… Je suis pour ainsi dire en attente, le sensei qui me sera attribué étant actuellement indisposé – en mission je suppose, mais que je n’aime pas m’avancer dans les conclusions hâtives. Pourquoi donc pensez-vous cela concernant la vôtre ? Les choses se passent-elles mal ? Ne ressentez-vous pas le poids du défi au sein de cette dernière peut-être ?[color]

Voilà qui piquait sa curiosité à vif. Il espérait ne pas avoir de problèmes avec la sienne.

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Hier à 12:55

Vivisection retardée
ft. Aburame Ren

Le déchaîné hochait la tête face à l'argumentation de Ren, qu'il recevait avec respect bien qu'il n'y adhère pas vraiment, et sans faire de réel commentaire. Pour lui, la pédagogie n'était plus au goût du jour, l'apprentissage se faisait lorsque l'esprit était encore tendre et apte à être dirigé sur le droit chemin. Il était profondément convaincu que les riches empâtés et que les seigneurs égoïstes étaient incapables de se bonifier, surtout lorsqu'ils étaient mis à mal par quelqu'un qu'ils jugeraient inférieur à leur statut inné. Un homme sans ancêtres qui pointerait du doigt leurs vices ne susciterait qu'une réaction vivace et haineuse, il fallait être bien naïf pour croire qu'ils seraient tous aptes d'auto-critique.

Il se promit cependant intérieurement de considérer l'avis de Ren à l'avenir, s'ils venaient à un jour atteindre les postes clés leur permettant à tous deux de commencer à agir de la sorte. Il ferait cela par respect en premier lieu, mais aussi par pédagogie. La pédagogie que Ren affectionnait serait peut-être celle qui lui ferait comprendre que ses projets ne pouvaient s'appliquer à tous en s'heurtant au mur de la réalité, et qu'il fallait bien souvent adopter des méthodes plus musclées et inflexibles pour réduire les irréductibles.

Ren embraya sur son équipe, qu'il attendait puisque son sensei ne s'était toujours pas présenté à lui. Quelle chance... pensa-t-il, lui qui avait eu droit à une convocation immédiate. Sabaru afficha un sourire un peu amer lorsque Ren s'enquit de la situation de son équipe.

« Pour être un défi, c'en est un. Ma patience y est mise à l'épreuve. Le seul poids que je ressens, c'est celui des bêtises de ceux qui m'y entourent. Le capitaine — Hokkyokusei Yami — a certes compris que j'étais un bon élément, mais il s'entête à me prendre pour un enfant ; or, j'ai le même âge que lui à peu de choses près. À côté, j'ai écopé de son fils adoptif qui est tout bonnement odieux, désobéissant et incapable d'abnégation et de professionnalisme. Le dernier malheureux a rejoint l'entraînement avec un sacré retard, et semblait tout prendre à la légère. Je vous épargne les détails quant à notre premier test de cohésion, j'ai été le seul à essayer d'articuler l'équipe, malgré les remarques rageantes du petit morveux, Shaka. »

Il l'avait mauvaise, et avait extériorisé tout ce qu'il pensait de son équipe. Shaka, Honô, Yami, ils avaient tous plus ou moins contribué à l'ambiance détraquée qui régnait dans l'équipe 5. Malgré tout, le déchaîné espérait qu'un jour, une forme de cohésion s'établirait. Il agissait dans ce sens, prenant sur lui pour arrondir les angles et essayer d'inculquer le professionnalisme aux deux autres genins. Si cela venait à échouer, il ferait cavalier seul et ferait le minimum syndical pour respecter ses engagements en tant que membre de l'équipe, jusqu'à sa promotion en chûnin.

« À l'avenir, je ne pense pas prendre d'aspirants à ma charge. J'avais pour projet de m'investir dans l'Académie, pour aider à la formation de nos jeunes pousses, tout en rejoignant en parallèle une équipe d'autres gradés pour les missions importantes. »

Il marqua une légère pause, avant de se lancer.

« Si vous le souhaitez, vous pourriez vous joindre à moi pour la concrétiser. Ce serait un premier pas vers nos objectifs communs, une occasion d'encore échanger nos visions du monde et d'agir de concert pour commencer à l'améliorer. »

Sa main droite avait tressauté, ayant failli s'élever pour proposer une poignée de main à Ren, mais il l'avait rabaissée aussitôt. C'était un peu trop envahissant à son goût, comme approche. Il ne désirait pas créer de malaise si l'Aburame refusait. Cette esquisse de geste d'entente trahit cependant son désir de sceller cet accord ; il doutait d'un jour trouver un autre collaborateur de la même trempe que Ren, même s'il en était encore à l'aube de sa carrière.



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Vivisection retardée ∞ Sabaru

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