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Effluves enivrantes — ft. Shimazu Aomine


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Mar 8 Jan 2019 - 18:17

Effluves enivrantes
ft. Shimazu Aomine

La nuit, à Kiri, la brume reprenait son droit et le village caché portait mieux que jamais son nom. Les lanternes s'éteignaient à tour de rôle dans les maisonnées de la capitale militaire de Mizu, les gens normaux s'en allant dormir, prêts à entamer la journée de labeur qui les attendait au réveil.

Dans le sud-ouest du village, un quartier ne dormait pourtant jamais. Les lumières ne s'éteignaient qu'au lever du jour, et les volets retombaient sur les devantures de ses établissements. Les lampions, rouges, ne laissaient pas le doute planer sur ce qu'il s'y déroulait la nuit tombée.

Au milieu d'une petite foule d'autres oiseaux de nuit, Sabaru déambulait, au sein de ce même quartier. Des volutes de fumées se mêlaient à la brume qui rasait le sol, leur senteur fruitée supposées attirer la clientèle. Si seulement il pouvait les sentir, ces odeurs ; parce que ce soir, le déchaîné portait son masque. Hors de question qu'on me repère ici. Si ça remontait aux oreilles de Yami, je subirai à jamais ses remarques.

« Monsieur, venez donc, et enlevez moi cet accessoire disgracieux de votre beau visage !.. »

La voix qui venait le tirer de sa réflexion appartenait à un homme, vêtu de résilles et de chaînes. Quelle ironie, que ce qui était une arme pour Sabaru fut un fétiche pour certains décérébrés.

« Non. Je sais où je vais... retirez vos sales pattes ! »

Le revers de sa main droite vint s'abattre sur le bras du lourdaud pour ponctuer sa phrase, qui essayait de l'attirer de force dans son troquet. Le Cheval Aqueux, quel idée de nom saugrenue. Il est bien à sa place, dans ce bordel. Sabaru ignora volontairement le petit salut aguicheur de la part de celui qu'il venait d'éconduire, alors que lui s'en allait et s'enfonçait dans les ruelles du Quartier Rouge.

***

Après quelques minutes de déambulations, d'esquives et de pure gêne, le déchaîné parvint à l'endroit qu'il cherchait. Il tenait haut un petit papier, un croquis d'une devanture de maison de thé, pour le comparer avec celle de l'établissement qui lui faisait face. Pas de toute, il était au bon endroit.

Mais que faisait-il, à cet endroit, en ce moment précis ? Un petit instant de faiblesse l'y avait conduit, tout simplement. S'il était sérieux, quasi-impassible, Sabaru restait avant tout un homme. Pudique, il avait cependant déjà connu les plaisirs de la chair, mais sa vie revenait toujours sur les mêmes rails : une existence plutôt solitaire. Il lui arrivait d'avoir envie d'un peu de compagnie, comme tout le monde, bien qu'il réprouvait ces besoins qu'il jugeait trop primitifs pour les accepter consciemment.

L'établissement qu'il avait choisi lui avait été conseillé par un voisin, qui avait fini par le prendre en pitié à force de le voir travailler et s'entraîner nuit et jour. Il avait refusé pour les apparences, mais s'était emparé du papier qu'il tenait présentement tout de même. Effluves Enivrantes... J'espère que ce maudit Jinta ne m'a pas envoyé droit dans guet-apens. Sans plus hésiter, il s'engouffra dans l'obscurité de l'entrée, passant entre les rideaux rouges sang qui l'occultaient.

« Soyez le bienvenu aux Effluves Enivrantes. Vous êtes seul ? »

La personne qui l'accueillit était une femme, aussi grande que lui, vêtue d'un yukata noir... et très ouvert. Nerveux, il hésita quelques instants avant de lui répondre.

« C'est ça. »
« Allez donc prendre place au second étage, joli coeur. Nous vous ferons parvenir le thé, et de la compagnie. »


Hochement de tête, puis exécution. Il s'empressa de monter les escaliers, traversant le premier étage sans regarder derrière lui, au milieu d'une foule d'autres tables occupées et à travers la douce fumée des multiples encens fruités qui brûlaient çà et là.

Lorsqu'il mit un pied au second étage, il découvrit avec une agréable surprise qu'il était désert. Il serait donc seul quelques instants, avant que la fameuse « compagnie » n'arrive. Il s'installa donc sur un coussin proche des fenêtres ornementées, leur faisant dos, puis se débarrassa de son épais manteau et de son masque. Un lourd soupir filtra entre ses lèvres, évacuant la tension de sa traversée du Quartier Rouge en incognito.

Les marches se mirent à grincer, provoquant un sursaut chez le genin. Le service a le mérite d'être rapide, au moi-...

La jolie jeune femme n'était plus. Celui qui venait de pointer le bout de son nez au second étage, c'était Aomine. Silence de mort, Sabaru s'était figé, la main droite déposée sur son masque, laissé sur la table. Repéré.



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Ven 11 Jan 2019 - 18:13
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Jaloux seraient ceux qui ne vantent pas les mérites de Kiri en terme de distraction, que les conflits ont occultés pour ne laisser place qu'à une vision déformée de ce que l'on a à l'idée, en pensant à cette cité militaire riche en opportunité mais en plaisir. En toute honnêteté il n'était pas du genre d'Aomine de prendre du plaisir à proprement parler, à vivre, et s'il s'exalter de certaines jouissances, elles étaient surtout liées à la pente qu'il dévalait depuis des années vers son propre destin.

Mais à quoi bon.. dans la vie d'un Shinobi il y a des moments à tout, des moments pour la guerre et des moments pour le repos. Les potins circulaient dans les rues dont la réputation n'était plus à faire et l'insouciance c'était même répandue au sein de la population. C'était à croire que plus personne n'avait conscience des réalités, et que plutôt que vivre dans la gravité amère.. l'humain c'était vautré dans la suffisance et l'oisiveté.

Des idéalistes, nombreux furent ceux à rejeter cette décadence morale dans les premiers jours de Kiri la Sanglante. Le pouvoir ne pouvait qu'être rude, rigide face aux tendances qui se dessinaient et qui nuiraient au pays, si le guerrier rêvassait et était distrait entre deux paires de seins fraîchement servies en haut d'un deuxième étage. N'importe qui, du plus sage au plus réfractaire à cette possibilité, sentait en lui les pulsions indécentes leur monter jusqu'à la tête, les prenant d'un manque qu'ils découvraient devant chaque enseigne.

Plus vous marchiez dans cette rue aux lanternes rouges, plus vous sentiez ce qu'il y avait de plus mauvais en vous surgir, rugir, et vous supplier de céder à toutes ces tentations charnelles et à la fois salvatrices. Nous n'avions besoin que de ça, d'un cœur cajolé, nous qui nous placions au-dessus des hommes pour les utiliser, et les outils furent nombreux à soupirer leurs désirs dans le creux des oreilles du Chûnin, sûrement dans un instant de faiblesse pour avoir accepté un même morceau de pareil à l'écriture hésitante.

« .. Merci Jinta, mais tu crois vraiment que je vais rencontrer ma future femme là-bas ? »

On lui avait au moins vanté ça. Aomine avait beau être sacrément tordu sur certains aspects de sa personnalité, surtout lorsqu'il est question de ses relations sociales qu'il relègue au plus bas, mais il était encore jeune. On ne connaît pas toute la vie à seulement 23 ans.. on ne possède pas l'expérience d'un vieillard ni forcément sa sagesse, pour que la naïveté le guide jusqu'au fond de ces ruelles rougeoyantes. Crédule il n'avait pas imaginé qu'un tel endroit de dépravation puisse répondre à ses attentes, et s'il vénérait la mort comme une loi inscrite au plus profond de son cœur, il avoua à une passante s'être trompé de chemin.. de suite perplexe face à ce qui se tramait ici-bas.

« Au fond mon tout beau, tu pourras en monter une comme tu les aimes.. »

Sa langue avait fourchée en insanités alors qu'Aomine piquait un grand fard, figé dans sa position, immobile dans ce qu'il venait de comprendre. Fallait-il continuer pour autant alors que l'on venait de lui tendre un piège ? Non, c'était trop tard, et de toute manière on savait que le Shimazu ne s'engageait jamais dans une lutte sans être prêt à en faire tous les sacrifices pour l'emporter. La fin justifiait les moyens, c'est ce qu'il disait souvent, feintant une robustesse de cœur pour rejoindre les effluves enivrantes.

Déglutissant il s'adressait à la serveuse la plus proche, qui sans gêne venait entortiller un doigt autour d'une mèche de ses longs cheveux, le regard espiègle comme il en existait peu.. la langue humide un instant extirpé d'entre ses candides lèvres. « Allez donc prendre place au second étage, joli cœur. Nous vous ferons parvenir le thé, et de la compagnie. » à croire que c'était un adage bien récurrent, et une formule toute trouvée pour un pigeon comme lui. « Pas de thé.. mada-.. mademoiselle, du saké, beaucoup de saké. »

Il soufflait un instant, prenant sur lui pour affronter l'obstacle qu'on avait voulu mettre sur son chemin. Et s'il était réputé pour faire de sa vie un véritable spectacle de ses envies religieuses, à chercher le mal pour l'extirper d'une lame bien acérée, le Samouraï n'en était pas moins déterminé à ce que la fin vers laquelle l'humanité se précipité, soit parsemée de libertinages en tout genre.

Gravissant les marches, elles étaient une à une synonyme d'une confiance retrouvée, d'un regard nouveau, plus dur et fidèle à lui-même en fait. On le savait qu'il tirait souvent la tête pour cacher tout ce qu'il ressentait au fond, s'il tant est qu'il ressentait vraiment quelque chose d'autre que l’égoïsme et l’orgueil. Ainsi arrivé au second étage, on vit un homme un peu plus mûr qu'au début, conscient de ses penchants.. pour vu que personne ne le voit quand même.

Il marcha d'abord sur un ou deux mètres sur le bois du sol qui grinçait agréablement à ses oreilles, s'imaginant déjà le bruit qu'il ferait une fois que sa « compagnie » viendrait lui sauter dessus. « .. Un coin reculé, il ne faudrait pas que des voy-.. »

Les rêves avaient disparu. Celui qui venait d'entrer dans son champ de vision n'était nul autre que Sabaru. Silence de mort. Aomine s'était à son figé à seulement quelques pas de sa table, pensant pouvoir disparaître ou devenir invisible s'il restait assez longtemps dans cette position. Oui.. c'est ça, sans doute qu'à se regarder immobile, lui au loin, l'autre assis, ils finiraient par se dire que tout ceci n'est qu'un illusion, un Genjutsu raté.

« Monsieur a un penchant pour les hommes ~ Chez effluves enivrantes nous avons tout ce-.. »

« Taisez-vous. »

Il avait répondu un peu sèchement à la serveuse qui remontait déjà dans son dos avec les boissons, la compagnie elle se faisant un peu attendre.

« Euh.. je veux dire.. s'il vous plaît.. pas.. pas d'hommes. »

C'était déjà assez difficile de comprendre la situation, la tête brièvement tournée pour qu'elle puisse entendre sa voix, tandis que son regard limite écarquillé ne pouvait se défaire de Sabaru. Il ne savait pas quoi faire, entre descendre, oublier.. repartir en courant et s'enfermer pendant un an, ou.. ou..

« Ce n'est pas ce que tu crois. »

Il avait essayé de lui dire ça dans un murmure, mais il était évident que de sa place il n'entendrait rien de son excuse minable sortie d'un feuilleton dans un journal mal écrit.
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Mar 15 Jan 2019 - 23:32

Effluves enivrantes
ft. Shimazu Aomine

« Ce n'est pas ce que tu crois. »
« Ce n'est pas ce que tu crois. »



Quelle excuse. Si le déchaîné n'avait pas entendu le murmure de son ami, ils avaient pourtant bel et bien prononcé la même rengaine pitoyable, avant de se regarder dans un silence morbide. Nerveux, il voulut se lever, mais la force avait complètement quitté ses jambes. Son dos collait au mur auquel il était adossé, la sueur abondait et lui faisait froid dans le dos — littéralement. Un raclement de gorge, puis la serveuse bouscula Aomine pour entrer au second étage, la scène de toutes les hontes et incertitudes des deux hommes de savoir.


« Je pose tout ça sur votre table, monsieur. Vous vous débrouillerez pour partager avec votre ami tendu. »


Comme annoncé, elle déposa le plateau chargé sur la table du déchaîné, avant de redescendre en luttant pour ne pas avoir l'air désagréable. Son travail exigeait d'elle qu'elle soit séduisante, tienne compagnie et flatte ; il n'était donc pas question pour elle de répondre à l'injonction sèche d'un client.

Le silence s'abattit à nouveau, alors que les grincements des marches s'éloignaient des deux hommes. Le bruit de l'étage du dessous passait en second plan, disparaissait presque aux oreilles de Sabaru. Son âme livide était en proie à d'autres questionnements, le coupant du monde extérieur.

Aomine aime les hommes ?
Elle l'a dit, même s'il a essayé de nier.

Que suis-je ?
Je suis un homme.

Pourquoi est-il là ?
Elle me l'a amené.

...

C'est ça ma compagnie ?
Oui.


Profonde inspiration, les yeux fermés. Le suspense était à son comble, aucun des deux n'avait encore bougé. La colère, la honte, l'incompréhension, tout se mêlait en Sabaru. Soudain, il brisa le silence.


« Enfoiré de Jinta... »


La phrase s'était échappée de ses lèvres en un souffle, pouvant s'apparenter à l'éruption de vapeur brûlante d'une marmite sur le feu. Si Jinta avait été devant lui, il aurait probablement été brûlé vif par toute cette rancoeur. Quand il rentrerait chez lui, Sabaru ne manquerait pas d'aller casser la porte de ce sacripant pour lui exprimer toute sa gratitude. L'envoyer dans un tel endroit, pour qu'on lui propose un homme ? C'était assurément un coup du maudit Jinta. Du moins, c'est ainsi qu'il se rassura : on l'avait piégé, il n'était pas venu ici à cause de sa propre faiblesse. Non, bien sûr que non.

Mais que faisait Aomine à cet endroit, à cet instant ? La femme l'avait trahi, elle avait vendu la mèche. Il était là pour des hommes. Lui qui croyait être son ami, son égal, son confrère visionnaire. Il se voyait déjà dans l'avenir, avec son allié Aomine, face à une masse ordonnée de soldats entraînés et obéissants, prêts à suivre leurs instructions et à offrir leur vie pour leur cause, celle de l'Ordre et de l'efficacité. Mais lui, il lui avait caché ses véritables ambitions. Il aimait les hommes. Il n'était donc peut-être pas un visionnaire ferme, mais un dominateur pernicieux. Quelle honte... lui aussi m'a berné.

La main du déchaîné se releva enfin, quittant son masque pour sa saisir d'une des tasses qu'on lui avait apporté pour son thé. Son autre main se saisit ensuite, sur le plateau d'Aomine, du récipient contenant le sake. Il se servit une grande tasse, qu'il descendit d'une seule traite, avant de tout remettre en place sur la table. Une telle dose de saké en une gorgée, ce n'était pas conseillé — d'où la présence des petits verres fournis avec l'alcool —, mais l'heure était grave.


« Tu vas rester planté là ? Je crois que tu as des choses à me dire. »



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Ven 18 Jan 2019 - 10:41
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Il lisait dans ses pensées, si l'ancien enchaîné avait parlé plus fort que lui c'était bien parce qu'il se sentait le plus coupable des deux. Lui était assis, prêt à consommer, prêt à se laisser tenter par les plaisirs que les lanternes rouges vantaient à l'extérieur, alors qu'Aomine, lui, bien qu'immobile, bien qu'en proie à une crispation que seul un fou remettrait en doute, était debout. Était t'il debout pour une raison précise ? Pour rejoindre une place, et se livrer à son tour aux délices qu'on peut envier quand on a son âge, il n'était pas exempt à cette règle. Fou puisse t'il être, et parfois à côté de la plaque dans son interprétation déformée de ce qu'il percevait. Et le fait d'être debout lui offrait déjà cet avantage, de n'être un client que dans la bouche de la serveuse, alors qu'il aurait très bien pu se mettre un autre masque sur le visage. Le plus à plaindre était bel et bien Sabaru, qui pour sa part n'aurait comme seule excuse qu'une emprise hostile sur son esprit.

Mais la simple possibilité évoquée par la mignonne serveuse, faisait que notre brun en temps normal si inexpressif qu'on croirait qu'il s'agit d'une statue au cœur d'acier, se posait des questions.

Est-ce que j'aimais les hommes ? Je savais plutôt que je ne détestais pas les femmes, c'était rassurant. Ne disait t'on pas que derrière chaque grand homme il y avait une grande femme ? Je n'espérais pas avoir un grand homme derrière moi, pour le coup, ma dignité en prendrait pour son grade et ça me décrédibiliserait pour les siècles à venir. L’épéiste embroché par ses propres vices.. on a connu mieux comme légende à raconter.

Mais il m'attend je crois, et pourquoi a t'elle emporter mon saké jusqu'à sa table ? Tout ceci devient bien plus louche que je ne le pensais. Il y a anguille sous roche, je veux savoir la vérité, je dois savoir la vérité. Qu'est-il advenu du Sabaru que je connaissais, de celui prêt à livrer des monceaux de cadavres s'il le fallait par simple conviction ?


Ses paupières se fermèrent tout compte fait dans une inspiration semblable, les jeux étaient faits, et la seule personne qui aurait pu disposer de sa vie comme bon lui semblait venait de tomber dans un endroit bien indigne. Si la tension était palpable, les deux étaient quand même en droit d'excuser leur comportement. La vingtaine, avec comme unique compagnie le poids et responsabilités et de l'ambition, mêlé à une audace qui leur était commune à tous deux et qui avait fait leur rapprochement au fil du temps. Cette complicité acquise avait pu tisser un lien de fraternité autour d'un sentiment bien plus fort, surpassant de très loin les considérations négligeables de la vie quotidienne.

Hors là, ils étaient pris la main dans le sac, à un endroit qu'ils n'auraient pas même eu à l'esprit car il représentait toute la futilité qu'ils auraient condamnée. Ils étaient encore jeunes, et l'avenir était suffisamment noirâtre pour que le membre du Clan Shimazu se laisse persuadé par les murmures des sirènes épicuriennes. La compagnie affluait dans son dos alors qu'Aomine n'avait pas même bougé de son emplacement, et bien forcé par les mains baladeuses de dames peu farouches, il s'avança vers Sabaru.


« Ils sont mignons tous les deux, vite, Hikikori, ne laisse pas nos amis dans l'embarras. »


Et quel embarras quand l'avancée prenait en ampleur autour des quelques pas du Chûnin, car sans le vouloir il était celui qui guidait la compagnie des femelles qui l'entouraient, et qui bien vite rejoignit le confrère dans son assise confortable.


« Depuis quand est-ce que j'ai des comptes à rendre ? C'est plutôt à toi de m'expliquer pourquoi on me dirige vers ta table sans que je demande quoi que ce soit.. tu as les béguin pour les femmes maintenant ? »


Mais une idée lui vint à l'esprit, comme un flash qui illumina son regard d'un petit éclair, une idée qui n'avait eu le temps de germer mais qui avait grandit dans son esprit en l'espace d'un instant. Quelque chose que son voisin ne voudrait sûrement pas entendre, mais c'était une lutte.. les mots pèseraient pour beaucoup entre eux deux, et qui pousserait l'autre à la faute pourrait se dédouaner de toutes responsabilités. Son courage précédemment abattu eu un regain d'énergie, et avec plus d'assurance mais pas moins de malice dans le timbre de sa voix, le sanglant s'adressait à nouveau à lui.


« ..Je vais le dire à tout le monde... »


Autant qu'il se prenne ça dans la figure plutôt que l'inverse, parfois la meilleure des défenses réside dans l'attaque, et le premier coup serait porté à la face de l'enchaîné. Ils avaient de quoi avoir des sueurs, mais sans une goutte d'alcool ils auraient maintenant presque de quoi se foutre sur la gueule et ravager l'étage. Des gamins..
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Sam 19 Jan 2019 - 13:03

Effluves enivrantes
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Le déchaîné avait la bouche pâteuse. Il n'avait pas tant bu que ça, donc ce n'était pas encore la gueule de bois ; il était juste mal à l'aise, très mal à l'aise. Son collègue s'avançait dans la pièce en apportant à ses côtés deux donzelles aux mains baladeuses. Vu de l'angle de Sabaru, Aomine ressemblait plus à un herbivore décarcassé que deux crocodiles se disputaient qu'à un maquereau sûr de lui entouré de ses deux « filles ». La tête que tirait d'ailleurs le chûnin arracha un petit rire au déchaîné, aussitôt étouffé et dissimulé en un début de quinte de toux.

« Depuis quand est-ce que j'ai des comptes à rendre ? C'est plutôt à toi de m'expliquer pourquoi on me dirige vers ta table sans que je demande quoi que ce soit.. tu as les béguin pour les femmes maintenant ? »

Le béguin pour les femmes ? Comment devait-il répondre à cette question sans se mouiller d'une quelconque façon ? Dire non serait évidemment fatal, vu la situation.

« Oui, et alors ? Tu pensais que tu m'intéressais, c'est ça ? Navré, mais non. »

Renvoyez la balle, voilà une réaction très mature de la part du déchaîné. S'il avait dû admettre qu'il avait le « béguin pour les femmes » — ce qui était vrai, bien qu'il ne s'agisse pas d'une obsession —, il voulait s'assurer qu'il ne serait pas le seul à être embarrassé. Le problème étant qu'en l'entendant dire ça, les deux femmes qui s'étaient empressées de les rejoindre d'installèrent de part et d'autre de lui, qui fit un geste pour se relever, avant d'être interrompu par la main d'une des femmes qui se plaça sur son torse pour le retenir. Il s'apprêtait à rétorquer à la femme d'aller voir ailleurs, quand l'impardonnable se produisit.

« ..Je vais le dire à tout le monde... »
« Comm- ?.. »


Son exclamation s'était étouffée en sortant, noyée par la surprise, mais surtout par la gorgée de sake que l'une des demoiselles lui fit boire alors qu'il était bouche-bée, la gueule ouverte. Il manqua de s'étouffer, puis réussit à déglutir difficilement alors que les femmes de peu de vertu qu'on leur avait fourni s'affairaient à le tripoter comme s'il était un bibelot mis aux enchères. Il dégageait tant bien que mal leurs mains lorsqu'elles s'égaraient un peu trop, se confondant en excuses.

« Excusez-moi mesdemoiselles, mais voudriez-vous bien me lâcher ? »

Bien qu'il soit pour le moment docile, il perdait patience. Face à la trahison d'Aomine, il avait été mis sous le choc : comment diable un homme qui partageait certaines de ses idées et de ses valeurs pouvait le menacer de la sorte, faisant une croix sur leurs atomes crochus sans états d'âme ? C'est lorsqu'une des deux femmes essaya de le faire boire une fois de plus — le doute n'était plus permis, elles voulaient indiscutablement le soûler — qu'il reprit la parole, visiblement excédé.

« Écoutez, nous avons besoin d'intimité, vous comprenez ? Revenez dans une vingtaine de minutes, considérez que je vous paie votre pause. »

Les femmes se relevèrent, puis s'en allèrent en fanfare, visiblement heureuses d'avoir droit à une pause grassement offerte par l'un des clients. Puisque c'était Jinta qui l'avait envoyé là, la clientèle devait être plutôt lourde. Comment était-il tombé dans le piège de cet arnaqueur, déjà ?

« Alors comme ça, tu me menaces ? Tu vas tout dire, c'est ça ? »

Les femmes parties, Sabaru reprit son sérieux, prêt à mettre au clair les intentions de son ami. Il se leva donc, puis s'avança jusqu'à Aomine qui était resté debout, refusant de s'asseoir à la table du déchaîné — sans doute pour se donner un genre, du style « je participe pas à ce genre de choses, désolé ».

« Tu sais que tu as plus à perdre que moi à ce que ça se sache, n'est-ce pas ? Tu es un chûnin, un capitaine émérite de notre système... réputé pour son sérieux, hein... »


Le démon s'éveillait enfin. Son expression narquoise, presque nez à nez avec Aomine, lui donnait l'air d'un véritable monstre sans âme. À ce genre de petits jeux, le déchaîné était maître, le chûnin avait trouvé un adversaire de taille — bien qu'il puisse régler cela par la force, puisqu'il régnait entre eux un certain fossé en terme de puissance. Sans plus insister, néanmoins, Sabaru tapota le col de son ami en adoptant un sourire amical.

« Allons, asseyons-nous. Je suis sûr que tout ceci est un malentendu, que cela ne sortira pas de cette pièce. Pas vrai ? »

Il s'assit à nouveau, puis attendit que l'autre en fasse de même. Autant profiter que les deux irréductibles chaudasses soient occupées ailleurs pour parler de vraies choses, quitte à s'en aller comme des voleurs par la fenêtre dès qu'ils viendraient à entendre les marches grincer à leur retour.



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Dim 20 Jan 2019 - 15:11
Effluves enivrantes — ft. Shimazu Aomine 190116034417479896

« Si je t'intéresse ? Te connaissant ça ne me surprendrait pas ! Resserrer les liens fraternels, attachés l'un à l'autre dans cette douce étreinte. »


C'est que ça avait du sens de parler de liens quand le déchaîné en était un fervent manipulateur, tout comme cela lui aurait valu de se remémorer quelques souvenirs d'antan. Mais rien de tout cela ne monta jusqu'à l'esprit du sanglant qui prenait plutôt à cœur cette petite scène qui se déroulait devant ses yeux. Ils étaient tous deux dans le pétrin jusqu'aux genoux, prendre au second degré le vice qui les avait mené jusqu'ici devenait impératif pour ne pas perdre la face. D'autant plus qu'en se renvoyant la balle c'était à la fois un peu d'honneur qu'ils tenteraient de préserver, de dignité même.

Les demoiselles, elles, avaient compris de travers les paroles du Genin et s’empressèrent de donner suite à la demande si explicite du Shinobi assit. L'une d'entre elle dans sa voix suave rétorqua qu'elle y était préparée, à cette tentation née d'un lapsus ou d'une mauvaise incompréhension. Le plus étrange là-dedans étant le mouvement de recul soudain du Shimazu en ayant eu peur de comprendre ce qu'il venait d'entendre.


« .. L'on veut bien te lécher toute la nuit mon beau.. »


Effluves enivrantes — ft. Shimazu Aomine 190120031106322540

« .. Me.. lécher ? »


Peur, c'était même de la crainte qui se transforma en un sentiment terrifiant que d'être le spectateur d'une scène aussi indécente que celle qui se préparait, alors que les femmes dans leur petit jeu s’empressèrent de mettre à l'aise le masqué sans son masque en essayant de le faire boire. Aomine ne voulait pas voir ça, il se refusait de voir le monstre sortir de sa cage et briser les chaînes pour s'attaquer à ses agresseurs. IMPENSABLE. Intolérable que son allié, glorieux en devenir, marque les esprits avec une arme autre que celle qu'il utilisait généralement.


« .. D'.. d'intimité ? »


Mais que voulait-il à la fin ? Il venait pourtant de dire que le sanglant ne l’intéressait pas, pour revenir sur sa déclaration seulement une minute plus tard. Aomine ne léchera pas, il ne lécherait rien et cette décision fut prise à l'instant même où le Genin quémandait avec plus d'autorité aux femmes de se retirer. Alors c'était ça la vérité qui se cachait derrière ses petits regards mesquins et parfois malicieux lorsqu'ils se croisaient. En fait.. non seulement Sabaru aimait les hommes, mais il fantasmait sur notre Chûnin.

Son regard passant avec une once de faiblesse dans ses iris, les deux femmes passèrent à côté de lui jusqu'à effleurer ses vêtements comme s'ils allaient se dresser en rempart pour les retenir. Mais il ne fut rien d'autre que quelques murmures encore plus choquants soigneusement soufflés à ses oreilles.
« .. Ne l'épuise pas trop, gardes en un peu pour nous le héros .. »


En revanche, le petit jeu devait cesser à la vue du sourire qui commençait à illuminer le visage de son confrère, lui rejetant en pleine face une vérité dont il avait déjà conscience, si Sabaru aurait pu être dans la merde et voir tourner autour de lui une aura perverse dans tout le village, il serait de même pour lui. Les livres que l'on distribuerait à l'académie n'avaient pas besoin que l'on mentionne de tels épisodes auprès des enfants, racontant les batifolages des deux plus grands Shinobis que la Brume pu connaître. Tout devait être lisse, et emprunt d'un Héroïsme superficiel et propagandiste pour leurs personnes deviennent des symboles à elles seules. Pour se faire, ils devaient devenir l'incarnation de la Brume, et le sabre qui pourfendrait celui qui s'y aventurerait sans permission.

Le Chûnin, alors capitaine émérite du système Kirijin et réputé pour son sérieux se prendrait au jeu. Certes, il était loin des talents de celui qui lui faisait maintenant face, et qui d'un rapide geste le snobait d'une petite tape sur le col. Pourtant s'il avait des cartes bien mesquines, Aomine pouvait encore croire qu'il n'était pas au niveau pour arriver à bout de la plus brutale des forces.


« .. Il y a bien des manières pour que tout ceci ne sorte pas de cette pièce. Izanami me serait bien reconnaissante d'offrir en sacrifice l'un de mes proches. Moi qui depuis plusieurs semaines m'occupe pitoyablement de mon temple, lui offrirais en offrande un cadeau inestimable. »


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Et c'est en le rejoignant qu'il put s'assurer que Sabaru ne lui poserait une main ni à la fesse, ni à la cuisse. Ouf.. il était sauvé, pour un moment encore. Son avertissement avait été fait sur le ton de la plaisanterie puisqu'il s'essaya à son tour d'adopter le sourire du malin. Même son visage adoptait un air narquois lorsqu'il reposa ses yeux sur le déchaîné, à croire que la toute petite joute n'avait pas suffit à faire disparaître la tension sexuelle et honteuse qui régnait dans les lieux.



« .. À Kiri, on respecte certaines traditions. Une tape sur l'épaule n'a jamais effacé une preuve mon ami Sabaru. Dis moi... »


C'était la question fatale, celle qui tue et qui depuis quelques secondes tentait de s'extirper des lèvres du religieux.


« .. Pour un dépucelage, tu aurais pu me demander conseil, je t'aurais aidé à trouver un peu mieux qu'une pauvre pimbêche déjà usée par les coups de reins de gladiateurs. Il paraîtrait même qu'après le passage du Capitaine Yami, ces demoiselles se retrouvent littéralement avec des tranches de jambon qui pendent entre les jambes. »
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Lun 21 Jan 2019 - 13:19

Effluves enivrantes
ft. Shimazu Aomine

Malgré les menaces proférées par son ami, le déchaîné conservait son sourire. Il savait qu'elles étaient lancées sur le ton de la provocation, en guise de répartie à ses propres insinuations sournoises. Certes, il parlait encore de sa religion ô combien méprisée de l'homme au manteau carmin, mais il ne lui en tint pas rigueur. Avec le temps, il avait réussi à faire l'impasse sur cette tare, se rassurant sur l'intellect de son ami en se remémorant à quel point le reste de leurs idéaux étaient proches. En temps normal, un religieux n'aurait pas eu sa place dans l'entourage du déchaîné.

Il suivit avec attention du regard Aomine alors qu'il daignait enfin s'installer à sa table. Malgré le cadre assez rocambolesque et l'atmosphère tiraillée entre l'inavouable et la rivalité saine, l'autre s'était paré d'un sourire mauvais — presque aussi macabre que celui du genin, presque — avant de poursuivre sa tirade menaçante qui ne trompait que lui. Leur combat de coqs, qui avait pour but premier de renvoyer à l'autre toute la honte qui chargeait l'air de cette pièce de l'établissement maudit où ils avaient tous les deux posé les pieds de leur propre chef, n'était d'ailleurs pas près d'être fini.

Lorsque le chûnin fit mention de « dépucelage », Sabaru ouvrir la bouche pour rétorquer, puis resta muet lorsqu'il entendit la suite de la phrase de son collègue bien bavard. Le capitaine Yami ? Les gladiateurs ? On parle donc du même Yami ? Un sourire énorme étira ses traits, sans doute au grand dam de son interlocuteur qui pensait probablement que ses assomptions sur la sexualité du déchaîné l'auraient décontenancé.

« Yami, hein... donc il fréquente ce genre d'endroits. Et moi qui... »

Il s'arrêta net, alors qu'il était sur le point de donner à Aomine une arme de poids pour faire pression sur lui. Un habile changement de sujet serait le bienvenu.

« Enfin. Je ne suis pas puceau, d'ailleurs, mon ami. Aurais-tu oublié que je suis ton aîné de quelques années, bien que hiérarchiquement tu sois plus avancé que moi ? »

S'apprêtant à enfin dériver vers des sujets plus dignes de leurs esprits éveillés, Sabaru s'interrompit de nouveau. Son sourire, déjà inquiétant, s'élargit d'autant plus. L'heure n'était pas encore à la trêve, la hache de guerre était toujours entre ses mains.

« Attends voir, Aomine. Tu me parles de dépucelage, mais j'ai souvenir de t'avoir vu pointer le bout de ton nez à cet étage de ton propre gré... et suivi de près par les deux fameux sandwiches au jambon. Ne serais-tu pas en train d'essayer de me mettre sur le dos tes propres torts, pour te rassurer toi-même et te dédouaner des désirs qui t'ont amené ici ? »


Une bonne baffe mentale, avec le revers du gantelet de la honte. Pour sceller son avantage, comme Paris qui enfoncerait 9 buts dans les cages de Guingamp, Sabaru reprit aussitôt la parole en s'assurant qu'on ne le couperait pas dans sa lancée.

« Nous sommes tous deux venus ici en obéissant à un désir insidieux qui a profité d'un de nos rares instants de faiblesse pour se manifester, nous en conviendrons. La suite n'est qu'un fruit de la confrontation de nos fiertés respectives, refusant d'admettre qu'on ait pu être pris la main dans le sac dans ce genre de cadres peu reluisants. »

L'art et la manière de faire croire que le problème était clos, en s'attribuant des torts raisonnables et en les partageant avec autrui. Typique, mais efficace, puisqu'il n'y avait bien souvent aucune parade possible à ce genre de pirouette mentale qui ne fasse pas passer l'incriminé pour quelqu'un d'une mauvaise foi profonde. J'espère que cela suffira à tasser ce quiproquo, et surtout qu'il ne va pas en venir à faire parler l'acier en lieu et place des mots qui lui manqueraient. Nul besoin de spécifier que si Aomine le désirait, il pourrait mettre Sabaru au tapis sans trop risquer sa propre peau. Il s'agissait d'être diplomate, sans s'écraser.



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Jeu 24 Jan 2019 - 19:02
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Le sanglant avait finalement eu l'illumination du siècle, du millénaire comme une prophétie que lui soufflait la Déesse dans le creux de son oreille. Aomine était le prophète de la décrépitude et du désastre à venir, et quel désastre par son intervention fortuite à cet étage, il évita à son ami. Tout compte fait Sabaru n'était pas simplement là pour s'adonner à quelques pulsions sexuelles de son âge. Bien que la futilité crachait sur cette pratique décadente quand pratiquée à outrance, mais si plaisante, le brun à la longue chevelure avait fini, au bout de maints efforts, à percer le secret de son voisin. Sabarau – voulait – une progéniture. Il voulait enchaîner ses futurs enfants avec les chaînes dont il s'était délivré, et quel moyen même métaphorique de les enchaîner à ce milieu si malsain ? Quel gosse survivrait moralement et affectivement à la prostitution d'une mère à l’espérance de vie déjà bien réduite, très peu.

Sabaru déployait, avec l'admiration du Chûnin, tout son art à manipuler sa semence dans le seul but d'offrir au village la servitude qu'il méritait. Il ferait de sa progéniture esclave et de basse extraction, l'avenir d'une cité composée de petits êtres obéissants à sa volonté.

« Shimata.. »

Il avait été très malin sur ce coup, et ça se sentait dans le regard malicieux du Chûnin, que le secret de Sabaru n'avait su trouver de faille où se faufiler pour rester à l'abri de tous soupçons.


« .. Oui mais la hiérarchie, c'est un meilleur pécule à la fin de la semaine, et une réputation commençant à se faire. Que crois-tu que recherche la – femme - ? Elle veut tes bourses, et pas celles que tu as entre les jambes. De ce côté-là, je pense en avoir d'assez grosses pour qu'elles jouent en ma faveur, au détriment de tes années, mon aîné Genin. »


Il pimentait toujours ses phrases de quelques piques pas bien méchantes tout compte fait. Une forme de retrouvailles qui ne lui déplaisaient pas plus que ça outre le fait que l'endroit n'était pas tellement approprié à une soirée encore calme pour le moment. Malgré tout la remarque de Sabaru l'avait coupé dans son élan, et lui avait même mangé plusieurs secondes de réflexions sous-entendant qu'Aomine était à la recherche d'une excuse, bonne ou mauvaise ça restait à savoir vu la tête qu'il tirait pour trouver le bon prétexte à son entourage féminin.


« .. La popularité fait des ravages. Mais elles ne sont pas tellement mon type. Moi, j'aime quand c'est féroce, quand ça a des burnes métaphoriquement. Comme un taureau rebelle qu'il faudrait assujettir chaque soir. Pour moi une femme, Sabaru, ce n'est pas qu'une pondeuse. C'est un challenge, un test que les Dieux ont mis sur notre route à nous, les Hommes Alpha. »


Autant ne pas rappeler qu'une femme était à la tête du village sinon ça casserait entièrement son discours qui se faisait de plus en plus alcoolisé. Aomine n'avait pas manqué pendant qu'il l'écoutait, de se servir quelques soucoupes de saké au point d'en presque rougir sur les pommettes de ses joues, de quoi non seulement le mettre en confiance mais le débrider face à la honte et l'indignation d'une scène qui était à la base déjà si dérangeante. C'était un bar à putes après tout, et pour peu qu'on tende l'oreille on pouvait entendre l'un de ces gémissements indécents remonter de la ruelle, pendant qu'une truie esclave était entrain de se faire démonter entre deux murs de bois. Le claquement alla jusqu'à toquer contre l'un des murs des effluves enivrantes, de quoi rajouter ces quelques chants à l'atmosphère électrique et flamboyante de l'endroit.


« Tu essayes de partager avec moi ton vice, comme si étant concerné, je pourrais cautionner ta présence, c'est franchement terrible d'en arriver là. Mais dis moi, tu ne comptais tout de même pas engrosser l'un de ces sacs à foutre tout de même, si .. ? »


Il secoua la tête, catégorique en frappant du poing sur la table. Son expression changeant littéralement du tout en tout, passant de l'amusement curieux à l'énervement voir la colère, des traits tirés face à la bassesse d'une telle possibilité. Sabaru avait beau être un rival en devenir, un ami à emmerder quand il le pouvait, mais il était surtout digne du respect que le Shimazu lui portait, et ça.. c'était inacceptable.


« NON ! Sabaru de la famille Nō. Je me refuse à cette perspective. Tu t'es laissé emporté par un manque anxiogène ce soir, et.. l'erreur demeure humaine. Je comprends ce qui a pu te conduire jusqu'ici, mais nous trouverons la femme digne de tes sévices. Tiens.. je crois que nos deux amies reviennent.. »


Foutu menteur, il avait dit ça sous le coup de quelques verres de saké, mais il ne pensait pas une seule seconde ce qu'il venait de dire. Vu son sourire carnassier, c'est limite s'il ne déshabillait pas déjà du regard les deux nouvelles arrivantes venant de terminer leur pause. De futurs grands Shinobis devaient connaître l'art du combat au moins à la même hauteur que celui de là vie. Et pour l'explorer cette vie, il fallait en découvrir ses ténèbres les plus obscures, l'endroit était parfait, et pour que Sabaru ne déroge pas à cette logique implacable, pour qu'il ne fuit pas face au danger que la chair lui mettait sous les yeux, le Chûnin plaça un bras dans le dos de son ami, puis une main sur son épaule. Le pauvre..
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Sam 26 Jan 2019 - 15:21

Effluves enivrantes
ft. Shimazu Aomine

Visiblement, les petits coups d'estoc psychologiques du genin avaient fait mouche. Son ami s'était muré dans la vantardise et essayait visiblement de se consoler en rappelant qu'un grade entier les séparait, et qu'il avait les « bourses » mieux garnies. Sabaru ne prit rien de tout cela mal, sachant pertinemment que ses moyens financiers et ses maigres responsabilités n'étaient pas des freins à leur rivalité. Ces piques le firent au contraire sourire, moqueur et amusé à la fois. Son rictus s'élargit même lorsque l'autre sembla chercher ses mots, confirmant qu'il avait visé juste.

La suite de son discours, confus, manqua d'arracher un rire à gorge déployée au maître des liens qui était d'habitude si calme. L'alcool faisait-il effet sur lui ? Probablement, mais pas assez pour le faire dérailler comme son ami du clan Shimazu. Il parlait de pondeuses, de femmes couillues, de challenge ; il recommençait même avec ses histoires de dieux caduques. Le laissant s'égarer dans ses tirades de mâle alpha, Sabaru se servit une tasse de thé, dans laquelle il trempa ses lèvres avec délectation. Ce spectacle était d'un tout autre niveau que le théâtre auquel il empruntait involontairement son patronyme, c'était beaucoup plus divertissant et personnel. Le top.

Il manqua cependant de recracher son breuvage chaud lorsqu'il entendit les prémices de gémissements, assez proches pour filtrer à travers les murs et le plancher de bois. Il s'apprêta à blaguer dessus, ramené à la réalité de l'endroit par la luxure d'autrui, quand un « clac clac clac » régulier s'ajouta aux cris et au grincement du bois. Jugeant son intervention de mauvais goût, il préféra aspirer son thé bruyamment pour essayer de couvrir le bruit jusqu'à sa disparition. Ils n'étaient pas dans une somptueuse maison de thé, mais dans un bordel ; mais le déni pouvait faire des merveilles.

L'autre, bourré, changea subitement d'humeur, lunatique. Il était vraisemblablement certain que son ami genin était venu procréer avec les « sacs à foutre », pour employer son langage fleuri.

« Mais qu'est-ce que tu barag-... »

Il voulut nier, mais l'autre s'énerva, l'appelant même par son patronyme fictif en le qualifiant de famille. Cela fit écho à ses projets d'avenir, le soustrayant au surréalisme de la scène, les paroles de son ami ne faisant que de lui ventiler le visage avec son haleine chargée d'alcool. La famille Nô, n'est-ce pas ?.. Il n'entendit même pas les deux femmes revenir, ne revenant à lui qu'en voyant les rideaux couvrant la porte s'écarter sur les deux sandwiches au jambon, un peu trop dévêtus à son goût.

Les mains de son ami s'étaient déposées sur son dos, puis sur son épaule. Hagard, Sabaru ne comprit pas directement ce qu'il se passait autour de lui. Les demoiselles s'avançaient en titubant — étaient-elles saoules, ou trop... usées ? —, et le Shimazu souriait de toutes dents. Son expression était le propre des prédateurs, là où les deux proies ressemblaient plus à des charognes attendant qu'on les termine. Inconcevable, il ne pouvait rester, ni concevoir ce qui se profilait.

« On doit y aller. Lâche-moi, maintenant ! »

Il murmurait, personne ne saurait dire pourquoi. Il ne voulait pas vexer les deux cadavres ? Quelle utilité, il allait s'en aller de toute façon sous leurs yeux. Il essaya de se dégager, l'autre ne le laissa pas faire, bien évidemment. La soif de sang — il ne devait plus y en avoir beaucoup, là-dedans, selon l'humble avis du déchaîné — de son ami était insatiable, et il voulait s'assurer de ne pas sombrer seul. Les voyant ainsi proches l'un de l'autre, les femmes se mirent à glousser.

« Coquins ! Vous avez vraiment commencé sans nous !
Non !
Tu nies, joli coeur ? C'est mignon !
Allez vous faire soigner, sandwiches au jambon ! »

La limite de la politesse avait été dépassée, il avait perdu patience. Il se leva en entraînant son ami saoul avec lui, les deux femmes s'échauffant suite à l'insulte impardonnable du maître des liens — qui n'avait fait que citer son ami. Il se saisit du col du Shimazu, recula d'un pas vers la fenêtre près de laquelle ils s'étaient installés, puis bondit en arrière en la traversant en détruisant le chambranle en bois et la vitre au passage.

La chute les mena tout droit dans une énorme benne à ordure remplie. Juste à côté, les deux coupables de bruits honteux précédents, sursautèrent. Ils se carapatèrent jusqu'au bout de la ruelle en se r'habillant au passage, pendant que le genin s'extirpait des déchets, puant et égratigné de part en part par les bris de verre.

« On s'en va, allez, sors de là ! »

L'évasion spectaculaire du duo ne manquerait pas d'attirer du personnel. Ce genre d'établissements devaient bien compter quelques gros bras un peu échauffés, pour dégager les rustres du calibre de Yami qui ravageraient ce genre de lieux s'ils étaient laissés en roue libre. Inquiet, le genin trépignait et surveillait les deux issues de la ruelle. Si Aomine n'était pas encore sorti quand la cavalerie montrerait le bout de son nez, il s'en irait lâchement. Chacun pour sa peau.


Fin du RP



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