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Retour aux sources ; Solo


Mar 15 Jan 2019 - 23:13
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Il y avait un peu de tout pour le coup : De la joie. De la nostalgie. De la fierté… Bref. Tout un tas de sentiments contradictoires qui s’entremêlaient et qui me faisait frissonner presque désagréablement, et ce en dépit de la chaleur qui accablait toute la ville. Cependant, j’étais là, debout devant les grandes portes en fer qui donnaient sur la cour intérieure de ce qui fut jadis mon lieu de travail : La fameuse raffinerie. L’un des symboles forts de la cité militaire de Kaminari. L’un des poumons économiques du pays. Et c’était ici, dans ce sanctuaire métallique, que j’avais décidé de retrouver les sensations d’un digne forgeron et surtout celles de ma capacité héréditaire que je caressais du bout des doigts depuis maintenant quelques mois. Je le sentais. Je le vivais même : Il ne me restait plus beaucoup d’étapes à franchir pour retrouver toute ma puissance et devenir le ninja puissant et craint que je fus. Question de temps, d’efficacité ; et à bien des égards, l’endroit était tout indiqué pour que je me retrouve complètement.

Après dix minutes à contempler l’infrastructure de l’extérieur, je finis par pousser les portes d’entrée et m’engouffrer dans la cour où il n’y avait pas âme qui vive. Tous étaient au boulot, très certainement. Je me demandais d’ailleurs si ma cousine était dans les parages puisqu’elle supervisait maintenant le site, mais avec la situation sécuritaire actuelle, il était plus que probable qu’elle soit ailleurs. En réunion par exemple avec d’autres jonins voire le conseil actuel. Conseil que je ne comptais pas rejoindre sauf cas extrême. Pas sans mon kinton. Pas sans toute ma force. Pas sans toute ma splendeur. D’où ma présence en ces lieux. C’est d’ailleurs sous cette réflexion que je fis de l’ordre dans mes pensées, comme d’habitude, avant de m’avancer vers le grand bâtiment dont je fis rapidement le tour. Plutôt que de passer par les portes centrales qui menaient aux entrepôts et magasins, je comptais directement m’introduire dans l’aide des forges. Là même où le plus gros des travaux s’effectuaient.

Une fois à l’intérieur du bâtiment, j’eus un sourire presque gamin, enfantin. L’odeur métallique, la chaleur de l’endroit, les martèlements des matériaux et le grincement des diverses machines étaient grisants. Un instant que j’appréciai en restant immobile, avant qu’un jeune Metaru chargé d’une caisse pleine de kunais ne sorte d’une pièce. Lorsqu’il me vit, il faillit lâcher sa caisse, mais se rattrapa vite fait avant de me réaccorder un regard plein d’admiration, prêt à s’exclamer comme un fou. Mais mon index droit posé sur mes lèvres appuyé par un clin d’œil malicieux lui imposèrent le silence. Il se contint alors tant bien que mal, avant que je ne lui accorde un sourire puis je m’avançai vers lui jusqu’à ce que je sois à ses côtés et que je passe une main presque paternelle dans sa chevelure. « S’ils savent que je suis là, ils délaisseront leurs travaux et votre patronne risque de me passer un savon… » Le jeune finit par comprendre et acquiesça alors docilement tout en continuant de me mater avec un air heureux.

Susciter une telle ferveur chez les jeunes de mon clan me faisait vraiment plaisir et pas qu’un peu…

- « Y’a une forge de libre ? »

L’ado ne prit même pas le temps de cogiter qu’il me fit aussitôt signe de le suivre. Nous nous enfonçâmes aussitôt dans le bâtiment d’où on entendait toute sorte de réactions : Des rires, des râles de douleur (les blessures n’étaient pas du tout rares dans ce métier, mais jamais très handicapantes, surtout pour des shinobis plus ou moins accomplis) des soupirs, des jurons… Bref, le quotidien de la raffinerie quoi. De quoi m’arracher un petit rire discret avant que le gosse devant moi ne s’arrête devant la porte d’un atelier apparemment inoccupé. Et pas n’importe quel atelier : C’était le mien. Celui qu’on m’avait attribué du temps de ma superbe. Car mine de rien, j’étais à peu de choses près le meilleur forgeron du clan. Ma poitrine se réchauffa presque de façon agréable avant que je n’ouvre moi-même la porte de la pièce et que je n’allume les lampes qui éclairaient l’endroit. Là, l’émotion faillit m’étreindre. Tout était propre. Tout était à sa place. Tout était comme avant. Comme s’ils le savaient… Que je reviendrais.

L’appel du sang était plus fort que tout…
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Mar 22 Jan 2019 - 8:05
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- « Shuuhei-sama, tout va bien ? »

La voix du jeune garçon à mes côtés me rappela à l’ordre. Craquer ici devant lui, comme ça, c’était clairement pas possible. Difficile de faire le dur et l’exemple dans ces conditions, mais avais-je seulement le choix ? Une bonne question qui me fit sourire avant que je n’ai pour toute réponse qu’un signe du pouce qui lui disait que tout allait bien et qu’il n’y avait pas le moindre problème. Et puis, encore une fois, je me perdis carrément en contemplation. Tout était nickel. Tout était beau. Tout me rappelait la puissance et la magnificence de la forge et du kinton en général. C’était à peu de chose près le meilleur matériel de travail, mais aussi de combat, ce qui laissait généralement la possibilité aux Metaru de s’orienter dans la branche de leur choix après un certain âge et une certaine expérience dans le domaine du ninjutsu et de la méttalurgie. Pour ma part, j’avais continué dans les deux d’où le fait que je forçais le respect de mes pairs puisque j’excellais dans les deux arts. Mais après une bonne période à ne pas fabriquer des armes, je me demandais si j’avais de bons restes, ce pourquoi j’étais là. Et puis, la perspective de retrouver mes sensations grâce à ce moyen me démangeait depuis maintenant un petit moment, d’où ma présence en ces lieux.

- « Et niveau santé… Vous êtes sûr que ça va ? J’ai entendu dire que vous aviez passé un bon moment au complexe scientifique. »

Les nouvelles s’étaient répandues comme une trainée de poudre. Normal après tout, après tout ce temps que j’avais foutu à l’hôpital. Pour autant, est-ce que tous savaient la nature de l’opération en question ? J’avais des doutes. J’ouvris mes paumes en les regardant attentivement. L’opération avait été un succès et j’étais même redevable à Sazuka, seul détail qui me faisait chier dans toute cette histoire. Mais globalement, j’étais satisfait du résultat et le sourire large qui se dessinait sur mon visage en disait long. Encore une fois, sans piper un mot, je fis signe au jeune que tout allait bien de ce côté-là avant de me diriger vers le bas fourneau fait d’argile de la pièce. « Tu peux m’aider à l’allumer le fourneau ? Bien sûr, sans ébruiter le fait que je suis là… » Le gamin ne se fit absolument pas prier. Il acquiesça très rapidement et sortit de la pièce illico. Pour le fourneau, il fallait du bon charbon de bois. Partir le chercher moi-même reviendrait à trahir ma présence ici d’où le fait que j’avais chargé le gosse d’aller en chercher pour moi tout en restant discret. Je ne m’inquiétais pas sur ce fait puisque je le savais débrouillard. Et puis, il avait surtout pas intérêt à foirer sans quoi j’allais le bouder sans me gêner. Une idée rigolote qui m’arracha un petit rire, tiens.

C’est deux à trois minutes plus tard qu’il fit son retour avec un sac rempli de charbons. J’avais voulu lui poser la question de savoir comment il s’était arrangé pour avoir tout ça sans se faire griller, mais son sourire colgate m’en dissuada. Il avait réussi et c’était tout ce qui comptait. Là-dessus, il disposa les morceaux de combustible dans le fourneau, avant de multiplier des mudras et cracher un jet de flammes à l’intérieur du fourneau ce qui embrasa instantanément les pièces de charbon pour mon plus grand bonheur ! Définitivement efficace et serviable, ce garçon ! Allier le ninjutsu à la forge était la meilleure des orientations. Je passai alors une main dans sa chevelure que j’ébouriffai affectueusement avant de faire craquer mes doigts. Même s’il y avait pas mal d’instruments qui semblaient bien entretenus, j’aimais avoir les miens. C’est dans ce sens que je retirai le haori et le haut de mon kimono pour être torse nu, avant de me diriger vers une table devant laquelle je me concentrai longuement. Mon chakra se manifesta légèrement et enveloppa intégralement mon corps. Et si la couleur bleutée de mon énergie spirituelle au tout début, elle prit peu à peu une teinte plus sombre, plus grise, plus métallique même, semblable au kinton.

Le gamin derrière moi écarquilla ses yeux et sa bouche, mais plaqua ses mains devant pour éviter d’hurler.

Pour lui, c’était un miracle !

- « Vous l’avez retrouvé… ? »

- « Pas tout à fait. Ou tout du moins, pas complètement. Je peux en user pour de petites choses, mais pas encore au combat on va dire… »


Le fruit de mes pérégrinations dans tout Kaminari payait doucement. Si l’homme au chapeau avait détruit mes connaissances en ninjutsu, il n’avait pas détruit mes gènes. Ces derniers étaient endormis et il m’avait fallu tout reprendre comme un gosse. Manifester mon chakra à l’aide de la méditation (Idée de Nora), réapprendre les bases avec Itagami via des apprentissages, puis l’opération de Sazuka qui avait eu du bon, heureusement. Maintenant, il me fallait de la pratique. Beaucoup de pratique. Mais aussi un moment intime avec le métal et en ce sens, il n’y avait rien de mieux qu’une bonne séance de forgeage. Là-dessus, mes mains produisirent un coulis de kinton totalement inoffensif. Ledit coulis prit très lentement la forme des instruments dont j’avais besoin : Enclume, marteau, tenailles, ciseaux, poinçons, tranches, brosses, griffes… Bref, toute la panoplie nécessaire pour façonner une arme ou d’autres objets à base de métal. Si créer ces outils me prenait grosso modo moins d’une minute, là, il me fallut un bon quart d’heure pour réussir à faire tout ça. Ça avait été assez laborieux, mais l’exercice en valait le coup. La qualité de mes outils laissait un peu à désirer et nul doute qu’ils s’effriteraient en fin de journée…

Mais ils me permettraient au moins de fabriquer un katana et de renouer avec mes sensations perdues.
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Dim 27 Jan 2019 - 11:21
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- « Vous êtes vraiment fort… »

- « Mh ? Pourquoi ça ? »

- « Je veux dire… Une autre personne aurait sombré dans la dépression après la perte de son kekkai et aurait certainement abandonné l’idée de le retrouver… »


J’eus un sourire. On me faisait bien souvent ce genre de réflexion. Pour autant, ces résultats impressionnants n’était pas de mon seul fait et je ne pouvais décemment pas m’enorgueillir d’être « bon » à ce niveau-là. De toute façon, j’avais encore des efforts à faire pour retrouver mon plein potentiel et ma prestance d’antan. Ça prendrait un peu de temps mais j’y étais presque. Une réflexion qui m’arracha un petit rire avant que je ne me penche vers la bassine que j’avais créée en plus de mes outils habituels. Il me fallait dorénavant de la matière pure. Là-dessus, je me mis à faire couler du métal qui se rigidifia doucement en quelques blocs exploitables pour faire des armes. Les armes les plus simples et celles par lesquelles les plus jeunes Metaru commençaient leur apprentissage de la forge étaient généralement étaient les armes à jets : Kunais, senbons, shurikens… La base en gros. Cependant, le défi ne me semblait pas énorme d’où le fait que je pensais à la lame d’un katana. D’ailleurs, je me retournai vers le jeune gars qui m’assistait avant de m’avancer vers lui et de prendre ses mains dans mes bras pour les observer. Ses paumes étaient déjà calleuses, preuve irréfutable qu’il s’adonnait avec passion au métier de forgeron. Un signe de fierté pour tout Metaru qui se respecte. Enfin… Si l’on excluait les nobles un peu trop péteux pour se salir. Et dire que j'en étais un…

- « Tu pratiques aussi du kenjutsu ? »

- « Oui. J’essaye de me spécialiser. Je dois avouer que j’ai bien apprécié les samurais lors des examens shinobis à Hi… »


J’eus immédiatement un air songeur. Le pays du feu ne me rappelait que de mauvais souvenirs. C’était là-bas que le titan avait tué bon nombre des nôtres (dont Shinobi)… C’était là-bas que nous avions retrouvé Kahei en piteux état et c’était encore là-bas que j’avais fait un carnage avant de perdre mon kekkai d’où mes gros efforts actuels… Tu parles d’une contrée… D’ailleurs, la prime faramineuse sur ma tête venait certainement de cette région, de quoi m’extirper un soupir presque désabusé. Pourtant, toutes mes expériences sur ces terres plutôt hostiles pour ne pas dire maudites n’étaient pas toutes à jeter. Preuve en était que comme le petit devant moi, j’avais toujours une bonne impression des samouraïs : Les Nagamasa surtout, avaient été de valeureux ninjas (Pouvait-on d’ailleurs considérer des samurais comme étant des ninjas ?) Malheureusement, ces gens avaient également fini par mourir. La vie était cruelle et comme d’habitude, je m’estimais chanceux de n’avoir pas été tué par cet homme au chapeau qui aurait pourtant pu me porter un coup fatal. Non… Au lieu de ça, il m’avait cantonné à une vie de disgrâce -pour exagérer les traits. Disgrâce qui avait néanmoins consolidé l’une de mes qualités phrases : La persévérance. Et puis, extraire le positif même dans la pire des situations, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire pour le coup…

- « Un katana forgé par mes soins t’irait ? »

- « Bien sur Shuuhei-sama ! Vos armes sont les plus réputées du clan ! »

- « Tu me ferais presque rougir, héhé ! »


Sur cette flatterie qui me fit presque sourire comme un gamin, je me mis aussitôt au boulot…


***


- « Oh putain… »


Le gamin n’avait pas pu s’empêcher d’être vulgaire sur le coup. Car quelques heures plus tard, il avait entre les mains ce qui se faisait de mieux en matière de métallurgie. Une lame pure, brillante et extrêmement coupante fait à partir d’un métal qui arrivait tout doucement à maturité. Malgré l’absence de garde que d’autres femmes du clan s’évertueraient à tisser, le jeune garçon avait les étoiles pleins les yeux devant ce bijou, tandis que j’étais assis dans un coin de la pièce à boire de l’eau, non sans afficher un sourire de satisfaction qui en disait long. Perdre le kinton était une chose, mais les réflexes de forgeron étaient toujours là, eux. Le processus de forge était d’ailleurs très simple pour nous autres Metaru : S’il fallait mélanger du fer et du charbon de bois le tout à plus de 900° pour obtenir de l’acier en fusion qu’il fallait laisser reposer pendant un minimum de vingt-quatre heures pour rigidifier le tout, le kinton nous permettait de sauter cette étape puisque le métal issu de nos gènes était parfait et prêt à l’emploi. Pour la suite, il suffisait juste de chauffer la pièce de kinton toujours à plus de 900°, la frapper par moments avec des marteaux de sorte à éliminer les éventuelles impuretés tout en étirant la matière de sorte à lui donner la forme désirée. Il fallait par la suite passer à la trempe pour refroidir le métal chauffé et finir par former le tranchant et le dos de la lame.

L’affuter en somme.

Il restait une étape optionnelle : Marquer l’arme forgée du nom de son créateur à l’aide d’un poinçon.

Mais je ne le faisais que très rarement.

- « Elle te plait ? »

- « Oui, Shuu-sama ! Merci beaucoup ! »


Et il fila de l’atelier pour montrer son cadeau à d’autres membres du clan sous ma gueule complètement hilare !
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Lun 28 Jan 2019 - 11:35
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Deux jours plus tard.

- « Vas-y à fond, n’aie pas peur ! »

Kuu-chan martela avec toute sa force le métal en fusion qu’elle tenait et ce à l’aide d’un marteau de l’atelier dans lequel j’exerçais habituellement. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle tenait vraiment de ses parents et pas qu’un peu d’ailleurs ! Si la forge était innée chez les Metaru, force était de constater qu’elle présentait des prédispositions hors-norme qui pourrait faire d’elle une forgeronne de renom à l’avenir. La jeune albinos avait non seulement une force déjà considérable pour une gamine de son âge, mais elle avait cette dextérité à la tâche qui ne trompait pas et qui faisait déjà ma fierté ! Son papy serait également étonné de voir ses qualités en la matière ! D’ailleurs, l’ardeur et le sourire qu’elle affichait me faisaient énormément plaisir et passer du temps avec elle dans l’art qui caractérisait notre clan était un pur bonheur. C’était vraiment un privilège auquel j’aspirais dans le temps. Un rêve qui se réalisait. Pouvoir apprendre ce que je savais à ma progéniture. A la chair de ma chair. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’être papa était l’une des meilleures choses pour ne pas dire la meilleure chose qui soit ! Il n’y avait qu’à voir ma tronche fondante devant les efforts de ma fille pour capter que j’étais aux anges et que je bénissais les Dieux.

- « C’est duuur ! »

La gamine se lâchait avec moi en tout cas. Elle avait sans doute été bien élevé par Itagami et je ne connaissais pas spécialement les rouages de leur relation, mais avec moi, il n’y avait pas de gêne, ni de manière. Exit les conventions de nobles ! J’en étais peut-être un, mais c’était barbant. Et plutôt que de m’appeler « père », je l’avais obligé à m’appeler « papa ». C’était plus intime, plus mignon, plus chaleureux. Sans gâcher l’éducation de sa mère, je cassais certains codes pour qu’elle soit à l’aise avec moi. Naturelle. Et force était de constater que ça marchait à merveille. Notre relation était donc au beau fixe et je profitais d’elle autant qu’elle profitait de moi depuis des jours entiers. Le paradis tout simplement ! Mais aussi douée soit-elle, la gamine arrivait parfois à ses limites, ce qui était tout à fait normal. Et puis, il faut dire que les conditions de travail des forges n’étaient pas les plus confortables. Les bas-fourneaux chauffaient à plus de 1000° ce qui pouvait être éprouvant même pour les adultes. De ce fait, même si la gamine faisait preuve d’un courage presque sans failles et d’une détermination à toute épreuve, je reprenais la suite de son travail pour ne pas trop la surmener et l’obligeait à se désaltérer comme il faut pour qu’elle reprenne des forces.

Pis, une demi-journée plus tard, ma fille et moi forgeâmes notre première arme commune : Un nodachi.

- « Comment tu le trouves ? »

- « Superbe ! »

- « Alors on va mettre nos initiales dessus et tu le présenteras à ta maman. »

- « Ouuiiii ! »


La gosse acquiesça en souriant de toutes ses dents, le visage tout rouge. Sa bouille était tellement « kawai » qu’elle me fit instantanément fondre, une énième fois. Voilà qu’elle constituait à présent l’une de mes plus grosses faiblesses en ce monde. Je comprenais mieux l’inquiétude de sa maman lors de notre conversation à propos de sa sécurité et de celle de sa petite sœur. On était moins concernés quand il ne s’agissait pas de nos enfants, mais quand ça l’était, les donnes changeaient drastiquement. Pour autant, ma logique à ce niveau ne changeait pas vraiment. Si un danger survenait à nos portes, j’allais tout simplement la planquer dans un abri sur (ainsi que tous les autres gosses de notre clan) avant d’aller me tuer à la tâche sur le terrain. La meilleure défense, c’était clairement l’attaque. Y’avait pas à dire ! Sur cette pensée, je m’emparai d’un poinçon avant de graver nos prénoms sur la lame, puis je la tendis à ma fille qui contempla l’œuvre sous toutes ses coutures avant de commencer à l’agiter dans tous les sens sous mes éclats de rire. Gonflant les joues de frustration, elle mima une mine boudeuse pendant quelques instants, avant que je ne lui ouvre mes bras pour un câlin, ce qu’elle ne refusa point puisqu’elle sauta illico sur moi.

- « Papa ? »

- « Oui ma puce ? »


- « Pourquoi est-ce qu’on forge des armes ? Je veux dire… Avec le kinton, on pourrait en fabriquer des tonnes sans efforts, non ? »

Kuu releva son visage vers moi et m’observa avec un air vraiment intrigué.

- « Mh… Très bonne interrogation ! Mais avant de te répondre, je vais te poser une question à mon tour : Est-ce tu t’es amusée à forger ce nodachi avec moi ? »

- « Ouiiii ! »

- « C’est une bonne raison pour continuer non ? »


L’expression interrogative de ma fille ressurgit, avant qu’elle ne reprenne parole :

- « Tu veux dire que les autres membres du clan s’amusent aussi à forger des armes ? »

- « Mh, on pourrait le voir comme ça oui. Mais disons que la métallurgie est l’une de nos raisons d’être. Avant d’être des shinobis, nous sommes des forgerons innés. La légende veut même que notre kekkai genkai vienne de l’amour qu’avait notre plus vieil ancêtre pour la forge et le métal vers l’an zéro. An zéro où l’homme a découvert et maitrisé le chakra. Mais ça, c’est un peu le côté légendaire de la chose.

D’un point de vue pragmatique, on pourrait dire que c’est une manière de conserver l’identité de notre clan. On perpétue nos coutumes à travers la métallurgie traditionnelle et c’est très important pour nous. Et puis, c’est aussi par la forge qu’on accède à la connaissance des armes et à leurs différentes caractéristiques, ce à partir de quoi on finit par reproduire ces armes instinctivement et immédiatement via notre kinton.

Comment tu pourrais former des shurikens avec du kinton si tu ne sais même pas comment on les forge ?

D’ailleurs, les armes créées à partir du kinton ne sont pas parfaites pour tous et parfois inutilisables pour des membres en dehors de notre clan. Il faut prendre en compte l’aspect de l’arme qui doit être en accord avec le physique de l’utilisateur, ses compétences propres qui doivent être en accord avec l’arme, ses préférences… Et sur un champ de bataille, on a pas vraiment le temps d’avoir accès à toutes ces informations…

Et puis en vérité, seule une poignée de Metaru peuvent créer instinctivement une arme standard adaptée à tout le monde… »


J’eus une brève pensée pour Reiko, Itagami, Kenshi et quelques autres membres émérites du clan.

Une poignée. C’était les mots justes. Sur cette pensée, je me mis à caresser la chevelure de Kuu avant de continuer :

- « D’un autre point de vue encore plus terre à terre et pour continuer dans la logique de mon dernier argument, certains Metaru ne sont pas doués au ninjutsu. Hériter d’un kekkai est une chose. Le maitriser à la perfection en est une autre. Forger est pour eux le seul moyen de se sentir utile au clan et de donner un sens à leur existence, à leur nom, à leur hérédité. Enfin, c’est complexe, mais tu comprendras plus tard.

Il y aussi le fait qu’on dise qu’une arme forgée avec soin contienne l’âme de son créateur et l’énergie des éléments. Résultat ? Elles s’usent moins vite qu’une création destinée à un combat immédiat, deviennent des partenaires (parfois à vie) pour les utilisateurs et je pense ici aux samouraïs par exemple. Là encore, c’est assez profond comme philosophie, je te l’accorde…

Mais retiens juste une chose ici : Une arme forgée dans un atelier après des heures de travaux est plus résistante sur la durée que celle créée directement à partir du kinton. Surtout si elle est faite à partir de notre métal… Ça peut te paraitre contradictoire, mais la différence réside uniquement dans le travail méticuleux et dans le soin qu’on y apporte. Les efforts paient généralement.

Enfin, il y a des cas plus extrêmes et plus rares comme le mien : Perdre son pouvoir. A ce moment-là, on est réduit à la forge classique et avoir une expérience déjà conséquente peut toujours servir. Papa doit t’avouer qu’il n’est pas peu fier d’avoir mis l’accent sur l’apprentissage de la métallurgie. Tu penses qu’on aurait pu faire ce nodachi si je m’étais uniquement reposé sur mes acquis ? »


Ma fille ne répondit pas, préférant se cramponner à moi et me serrer fort dans ses petits bras.

- « Ne t’inquiète pas. Papa va retrouver très vite ses pouvoirs et redeviendra le plus fort ! »

Sur ces dires, je la soulevai délicatement avant de lui faire un bisou sur le front.

- « Allez, on va montrer notre création à maman ? »

Kuu acquiesça et me rendit mon bisou sur la joue. Tout semblait aller pour le mieux heureusement.
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Dim 10 Fév 2019 - 8:52
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Post inspré de cette mission.

Quelques jours plus tard.

- « Le fameux Yoake hein ? »

- « Tu t’en sens capable ? »


Sans répondre à mon interlocuteur, je me mis remis à lire le bon de commande du fameux groupe populaire à Kaze. C’était quasiment une demande importante et il fallait l’un des meilleurs métaux si ce n’est le meilleur pour réaliser une production industrielle qui servirait à cette milice. Néanmoins, la plupart des meilleurs Metaru étaient soit occupés, soit en déplacement. Restait plus que ma gueule en vérité, d’où le fait que la plupart des anciens s’étaient adressés à moi pour les aider a réaliser la commande. Le timing était serré et refuser un tel achat pourrait à terme dégrader l’amitié naissante entre les deux pays. Amitié qu’on devait en grande partie à Raizen tiens. Penser au jeune qui avait encore été partant pour aller en mission à l’extérieur me fit sourire. Les informations qu’il récolterait seraient extrêmement précieuses et le voir revenir avec du neuf sur l’homme au chapeau voire même les fanatiques me ravirait. Je n’étais plus très loin de récupérer de façon définitive mon pouvoir et le mettre au service de mon pays, de mon village, serait un privilège énorme. Il était temps de revenir sur le devant de la scène…

- « Si je crève, vous l’aurez sur la conscience alors ! »

- « N’importe quoi Shuuhei ! »


Je haussai les épaules avant de rendre la commande à l’ancien près de moi. L’idée ici n’était pas que je forge toute la commande mais que je produise la matière première qui allait servir à toute la fabrication pour une bonne homogénéité de la qualité des armes à façonner. En d’autres termes, c’était à moi que revenait la très lourde tâche de fournir le métal qui allait servir à toute la commande. L’exercice allait être compliqué vu la quantité de kinton à produire, mais le challenge était intéressant et dans mes cordes. Qui plus est, utiliser de façon indéfinie mon pouvoir pour produire du métal reviendrait à forcer mon corps à se rappeler de mes anciennes sensations et à renforcer mon kekkai genkai en général. L’image était semblable à de la musculation si on voulait : En abusant d’exercices répétitifs, on déchirait les fibres musculaires pour les reformer afin qu’ils soient plus résistants et plus efficaces. Ici, produire du kinton sans discontinuer raffermirait mon métal tout simplement : Facilité à le solliciter, retrouvailles des réflexes d’antan, résistance accrue… En soit, je perdais rien à essayer, même si je savais que j’allais douiller.

C’était un sacrifice comme un autre finalement…

Avec quelques Metaru, je me rendis alors dans l’atelier le plus grand qu’on pouvait légitimement considérer comme l’installation la plus importante de la raffinerie. Une gigantesque cuve m’attendait. Toute une cuve à remplir seul et dans des délais brefs. Tu parles d’une sinécure ! J’eus un petit rire nerveux sous cette pensée, avant de m’arrêter tout juste à côté du récipient avant d’ouvrir mes paumes en direction de l’intérieur de l’objet. Appeler Kuu-chan pour qu’elle m’aide dans ce sens puisqu’elle avait hérité de mon métal était une idée qui me trotta en tête, mais je l’oubliai rapidement parce que la gamine n’avait pas l’endurance nécessaire pour. Mon père n’avait plus l’âge pour ces conneries et Reiko n’avait pas le temps de se pencher sur les besoins de la raffinerie. Définitivement, j’étais seul au monde. Alors, après avoir pris une très grande inspiration, je soufflai bruyamment, avant de commencer à faire couler du métal liquide de mes paumes. C’était ce métal que les autres s’évertueraient à chauffer pour en faire des blocs exploitables qu’on travaillerait pour obtenir une série d’armes. Quelque part, l’idée était flatteuse…

Mais le prix à payer fut conséquent !

Il m’avait fallu presque cinq heures…

Cinq heures non-stop pour arriver à remplir la gigantesque cuve à rabord d’un kinton pur…

Avant de tomber dans les pommes, complètement crevé, suivi de deux jours d’alitement au complexe scientifique.

Le métier de forgeron ne pardonnait parfois pas.
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