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Mar 15 Jan 2019 - 23:40
J’ignore où je suis né. J’ignore quand je suis né. J’ignore qui sont mes parents. Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais pas ce que je suis. Je ne sais rien. Rien de moi-même. Rien de ce monde. C’était tout plein de questionnements qui se mélangeaient, mais aucune réponse ne venait à moi.

On m’avait toujours dit que j’avais été un enfant adopté par la famille, que mes parents m’avaient lâchement abandonné à cause de ma nature et que j’avais été recueilli par les Homuras. À cause de ma naïveté enfantine, je croyais en ces paroles et je me contentai de les accepter.

Elles étaient crédibles ! J’avais la capacité de me transformer en flammes et chaque fois que j’en faisais la démonstration à un adulte, ce dernier finissait toujours par me regarder avec un air apeuré avant de s’éloigner de moi. Et les enfants de mon âge avaient exactement la même réaction et parfois encore plus amplifié.

C’était la raison pour laquelle je me retrouvais souvent seul, sans ami et sans personne avec qui parler. Intérieurement je ne comprenais pas pourquoi ils réagissaient tous ainsi. Ils semblaient avoir peur de mes flammes, mais pourtant, c’était quelque chose d’inoffensif.

Lorsque je me changeais en flamme, je ne ressentais rien de particulier. J’avais essayé à quelques reprises de me transformer et de me toucher moi-même pour tenter de comprendre ce qu’ils voulaient dire par « se brûler ». Mais je ne ressentais rien. J’avais l’impression de toucher du vide.

Je ne comprenais pas ce qu’ils voulaient dire lorsqu’ils parlaient de se brûler. Qu’était-ce se brûler ? Qu’était-ce la chaleur ? J’avais l’impression qu’ils inventaient juste des excuses pour m’éviter.

Monstre. Créature difforme. Envoyé des enfers. Ils disaient cela juste pour m’éviter, m’éloigner, me rejeter..

À cause de ces situations multiples, j’avais le sentiment qu’il y avait un écart creusé entre moi et les autres, que nous n’étions pas pareils, que nous vivions dans des mondes différents et que la chose qui nous séparait était immense et petite à la fois, visible et invisible aux yeux.

Les seuls qui me regardaient différemment, c’étaient les membres de la famille Homura. Ils avaient un regard différent des autres dont je n’arrivais pas à déterminer la signification. Ce n’était pas un regard doux et chaleureux, mais ce n’était pas non plus de la peur, de la crainte ou de l’effroi.

C’était quelque chose d’autre que je ne connaissais pas encore et dont je n’avais le nom. Ce fut que bien plus tard que je compris la signification dans leur regard.
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Mar 15 Jan 2019 - 23:58
À cette époque, je ne saurais dire si c’était de la gentillesse qu’ils faisaient preuve à mon égard ..Ou de la cruauté.

Jour après jour, on m’entraînait à devenir un meilleur bandit. On m’apprenait à voler. À martyriser. À frappe. À violer — À être violé. À être frappé. À être martyriser. À être torturé. Et je n’avais pas le choix.

J’avais la capacité de me changer en flammes, je pouvais facilement me dé-matérialiser et esquiver chaque coup qui s’abattait sur moi, me diriez-vous. Mais.. Chaque fois que j’osais me transformer en flammes sans autorisation, on me jetait un sceau d’eau glacial sur la tête.

Ce n’est rien mais juste de l’eau froide, pensez-vous. Mais cela avait sur moi l’effet d’un poison corrosif comme un liquide chaud bouillant qui venait me brûler tout le corps et me consumer jusqu’au dernier reste. Un simple contact suffisait pour me faire me faire évaporer et à me réduire en un petit tas de cendres.

À ce moment-là, je comprenais ce que voulaient dire les gens lorsqu’ils parlaient de « se brûler ». C’était donc ainsi que l’on se sentait lorsque l’on se faisait brûler ? Comme si quelque chose venait ronger votre corps pour aller jusqu’au fin fond de vos entailles.

Je comprenais désormais pourquoi ils voulaient m’éviter. Ils avaient raison. Moi-même, si je pouvais, j’aurais aimé fuir..

Tous les jours, je revivais le même cauchemars mais qui à force n’était plus un cauchemars, mais un quotidien. La limite entre ces deux frontières, frapper et être frappé, commençait à se flouter. C’est vrai. Quelle différence se existe-t-il entre frapper et être frappé ? Le résultat final était le même. Dans les deux cas une douleur était déversée, des cris étaient lâchés, soit par moi, soit par autrui..

C’était dans cette violence que mon corps s’était construit. Aujourd’hui encore, j’avais conservé les traces de ces jours passés. J’avais sur le torse et le dos plusieurs traces de brûlures qui venaient colorer ma peau blanchâtre de plaques rouges.

C’était quelque peu ironique n’empêche. Un gars avec la capacité de se changer en flammes possédait un corps composé de brûlures dues à des flaques d’eau… Moi j’avais envie d’en rire et d’en chier sur les personnes qui m’avaient fait ça.

Ces cicatrices étaient profondément ancrées dans ma peau comme pour me rappeler chaque fois que je me voyais dans le miroir les souvenirs de mon passé que j’essayais désespérément d’oublier.

C’était soi-disant pour mon bien, pour améliorer ma résistance, pour améliorer ma psychose — pour améliorer mes cordes vocales, mais c’était clairement avant tout pour le plaisir de mes bourreaux.

Je pouvais voir un sourire sadique dessiné sur leurs lèvres. J’avais beau crier, hurler, m’égosiller, mais ça ne changeait rien. J’étais comme un animal de foire qui, plus se débattait, plus amusait son public. Juste que là, ce n’était pas un animal, mais un gosse.
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Mer 16 Jan 2019 - 16:12
Je compris la signification dans leur regard.

Ce regard qui était le leur ne manifestait en rien de la peur ou de la crainte, mais au contraire : de la cruauté et du sadisme. Ils voulaient juste me torturer et m’avoir tout à eux. Plus qu’un monstre à craindre, ils voyaient en moi un monstre à torturer et à tourmenter.

Je ne savais pas qui j’étais. Je ne connaissais pas mon identité. Tout simplement parce que je n’avais rien de tout ça. Je n’étais qu’un instrument qui jouait pour divertir, un outil qui ne faisait qu’obéir, un rien dans ce monde qui ne servait que pour leur plaisir.

Dés mon enfance, j’étais baigné dans le crime, le viol, le sang. À l’âge de sept, j’avais déjà tout vu : ce qu’il y avait à voir et ce qui n’était pas à voir. Et j’avais compris, le monde est déjanté, cruel et sans pitié.

Homura n’était pas une famille de criminels comme les Yakuzas avec une fierté et un honneur. Non, on ne connaissait rien de tout ça. Tout ce que l’on connaissait, c’était la violence et la brutalité. On était des bandits qui n’avaient ni foi, ni honneur, on était juste des barbares sans règle si ce n’était la loi du plus fort.

J’étais devenu insensible à la douleur, insensible à la souffrance. La mienne et celle d’autrui. C’était même devenu pour une passion. En infligeant la même douleur que je ressentais aux autres, j’avais le sentiment de me sentir en vie, de quitter mon statut d’objet.

Ce fut à partir de ce moment-là que j’avais compris, que j’avais accepté les choses telles qu’elles étaient, que j’avais commencé à prendre du plaisir et à vivre. Oui. Du plaisir et à vivre.

Puisque tout le monde était fou. Puisque le monde lui-même était fou. Autant l’être également soi-même. C’était le seul moyen pour ne pas se faire engloutir par ce monde de folie !

Mes activités allaient de la simple arnaque de clochards dans la rue à des travails plus risqués. Avais-je déjà tué ? Bien sûr, qui n’avait jamais tué ? Une fourmi. Un lapin. Un chien. Un humain. Un vieillard. Une vie de moins, une vie de plus, et alors ?

J’avais développé un intérêt pour la violence. L’action. Le combat. Le sang. Je vivais pour ça. Je respirais pour ça. J’étais bien le fils d’une bande de raclures. J’étais barbare et sans pitié. Je ne connaissais aucune limite et aucune restriction. J’avais tout ce qu’il fallait pour devenir le meilleur ou le pire des criminels !

Mais qui l’aurait cru ? L’avenir n’est jamais tracé à l’avance devant nous. Les choses peuvent changer et prendre des tournants tout à fait inattendus, et ce fut ce qui m’arriva.


Suite : ce RP




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