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La récolte [Solo]

Ashikaga Gabushi
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Jeu 24 Jan 2019 - 19:16

L'idée traînait déjà depuis quelque temps dans la tête de la jeune fille, mais il y a toujours des excuses pour ne pas sortir de sa zone de confort. Oh oui, les excuses elle n'en manquait pas. "Qu'est-ce qu'elle pouvait bien apprendre sans mentor ? Elle se débrouillait déjà très bien avec son arme. Et si elle apprenait tout de travers et qu'une faille se glissait dans son apprentissage ?" Depuis petite et les enseignements de ses parents, elle gardait à l'esprit de rester prudente dans ses actes. C'était un sage conseil qu'elle chérissait, mais qui s'était petit à petit transformé en une peur d'agir et d'apprendre de nouvelles choses en particulier pour ce qui est des arts martiaux.
Mais même si tous les faits cités plus haut étaient vrais, elle restait curieuse et avide de savoir. Ce n'est que quand cette curiosité fut plus grande que ses appréhensions, qu'elle décida finalement de franchir le pas. L'académie Hashira où elle n'avait pas mis les pieds depuis un moment, préférant les hauteurs du haut-plateau, était l'endroit où elle allait devoir s'entraîner dans sa nouvelle voie : la voie du sabre.

C'était sa conversation longue et profonde avec Musashi qui avait fini de la convaincre. Certes, elle commençait à présent à dater, mais les mots qu'ils avaient échangés restaient gravés dans sa mémoire depuis. Et elle possédait toujours son carnet. Le fait que lui-même, un véritable Nagamasa, avait réussi à apprendre tout ce qu'il fallait savoir sur la voie du sabre grâce au carnet de son père pour survivre au colisé de Kaze l'incita fortement à se pencher dessus avec application et rigueur. Mais toutes les lectures du monde ne pouvaient remplacer la pratique et le précieux carnet l'expliquait plutôt bien. Il n'y avait que l'entraînement qui était capable de répondre à ses interrogations.

Matinale comme à son habitude, Gabushi se rendit donc à l'académie pendant que la ville sortait lentement de cette douce nuit de printemps. L'arc à l'épaule et son traditionnel hakama blanc sur le dos, elle était prête à affronter cette journée de découverte et de moment d'incompréhension. Car oui, bien des choses lui échappaient dans ce vieux petit carnet de cuir et il faudrait beaucoup de pratique et de présence d'esprit pour en sortir du positif. L'académie était pratiquement vide à cette heure de la journée et elle n'avait que l'embarras du choix pour se trouver un coin à elle dans un des dojos d'entraînement qui n'était pas occupé. Là, elle savait qu'il s'y trouvait des répliques d'armes qu'elle pourrait emprunter le temps de son entraînement. C'était la première fois qu'elle s'intéressait de prés à une autre arme que son yumi et elle eut un moment d'hésitation en tendant la main vers un des bokken qui se trouvait ranger dans un ratelier dédié.

Une fois ce bokken dans sa main, elle allait s'engager dans une voie bien différente de ce qu'elle avait pu parcourir jusqu'à présent. Il y eu un moment de silence dans la pièce où elle se trouvait, le temps suspendu un moment, la main au-dessus du bois finement sculpté pour prendre la forme d'un sabre, pour lui faire prendre conscience que la décision qu'elle prenait n'était pas anodine, que les pour et les contres qui pesaient sur sa conscience n'était pas des divagations de son esprit. La seule et unique décision aussi importante qu'elle eut à prendre dans sa vie était de quitter sa famille au fin fond du pays de la terre pour rejoindre le village de la roche. Là aussi, c'était son envie de savoir plus et d'apprendre qui avait prit le pas sur le reste. Mais c'était une nécessité à l'époque, pour pouvoir vivre sa vie en accord avec elle-même et ne pas être un danger pour le monde il lui fallait dompter ses aptitudes d'assimilateur du vent. Là, c'était un véritable choix. La voie du sabre que lui avait enseigné Musashi était rude et rigide et l'archère se dirigeait à présent vers la voie de son plein grès en sachant que cela ne rendrait pas sa vie facile, au contraire, le code qui était simple et bon de nature était aussi compliqué et dure à apprendre pour l'esprit qui n'était pas prêt.

Elle posa lentement sa main sur le bois et son choix fut scellé dans un soupir de soulagement. Elle aurait pu, peut être, simplement ranger l'arme plus tard et décider de tourner le dos à ce qu'elle venait d'entreprendre, mais elle s'était décidé en posant la paume sur le manche du bokken. Elle essaierait à l'avenir de suivre la voie et à moins que la tâche soit impossible, elle ne renoncerait pas à ses convictions. Ce n'était plus une profane, loin était la jeune fille qui posait un flot de questions ininterrompues au vieux samourai barbu et avare en parole. Elle avait mûri à bien des égards au contact de la détresse et des sentiments violents que pouvait provoquer la vie dans le village, elle fut forcée de grandir bien vite pour rattraper ses camarades. Elle ne se sentait pas vraiment plus kunoichi qu'avant cette vie était bien trop éloigné de la pratiquante martiale qu'elle était pour que Gabushi y soit à l'aise. Elle s'était efforcée de tracer sa propre voie, son propre sillon, dans la guerre, l'amertume et la colère comme dans la paix, la contemplation et la camaraderie. Son chemin la conduisait finalement ici et maintenant, devant cet outil d'entraînement. Devant une voie empreintes par bien d'autre et certains de ses proches qu'elle considérait comme ses amis, une autre voie que celle des shinobi, mais pas moins difficile.

Elle se mit humblement à genoux dans un coin de la salle, le bokken posé à sa gauche dans un respect de l'objet qui frisait presque le cérémonial. Elle savait que la coutume voulait qu'on salue son sensei avant l'entraînement, malheureusement Musashi n'était plus. Elle s'inclina avec conviction devant le vieux carnet de cuir qui était posé devant elle, un moment solennel nécessaire pour finir son deuil de ce qui avait été son mentor et qui avait pu être celui qui l'avait guidé sur la voie en tant que sensei. Ce n'était plus le cas et elle n'avait plus qu'à suivre ses pas, faire comme lui grâce au carnet qui passa de main en main toutes empli d'une sagesse certaine, trouver la voie. Il lui restait présent le plus dur de son voyage, car ce n'était pas dans le premier pas que résidait la difficulté, pas quand on parlait des vertus, de l'esprit et de la lame.

Elle se releva, arme en main, prête à relever ce défis.

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Mer 20 Fév 2019 - 18:36

Elle commençait à s'habituer au fait que la paume de sa main tienne le manche du bokken maintenant. Plusieurs semaines s'étaient écoulées avec la même détermination, la même flamme qui l'avait incité à franchir le pas. Ce n'était toujours pas naturel pour son corps qui aurait besoin de bien plus de temps pour mémoriser ce qu'elle répétait inlassablement, mais son esprit lui était ouvert et emmagasinait le savoir sans vraiment se forcer. Le temps allait être le facteur d'avancer et de limitation, comme il l'avait été pour les techniques de tir à l'arc. Ses pas étaient instinctifs et sa mémoire musculaire à ce sujet avait déjà assimilé beaucoup, la même chose se produirait avec les techniques de sabre, elle n'en doutait pas un seul instant. Tout comme le fameux carnet de Musashi qui l'accompagnait dans son apprentissage d'ailleurs, la mémoire musculaire jouait beaucoup pour quelque chose d'aussi rapide que le corps-à-corps. Il existait divers enchaînements à réaliser dans le vide, et ce quotidiennement pour l'imprimer sur le corps à force de répétition. C'était même plus que ça pour Musashi et même son père, c'était un moyen de ne faire qu'un avec son sabre, et ce, littéralement.

Mais l'archère était loin de tout ça. C'était les plans globaux, l'architecture finale qu'elle pouvait s'imaginer avoir dans plusieurs années. Elle n'en était encore qu'aux fondations à ce moment-là. Seule dans le dojo de l'académie Hashira, comme pratiquement tous les jours où son devoir de genin lui permettait, elle s'entraînait inlassablement aux arcanes Nagamasa. Le bois filait dans les airs dans un bruit aigu interrompu uniquement par le crissement aléatoire des pieds nues sur le tatami de la jeune fille. Elle, qui respectait l'étiquette, était peu présentable à la fin de ces entraînements. Tout comme son mentor qui restait des heures, voir des jours, sur le haut plateau et ce probablement pour les mêmes raisons. Elle se forçait bien de temps en temps à méditer, à faire le point sur les choses qu'elle venait d'apprendre. Les techniques de respirations de Kyujutsu étaient pratiquement les mêmes que celle qu'on pouvait trouver dans le Kenjutsu alors elle n'était pas dépaysée. D'ailleurs, elle partageait déjà énormément de qualité qu'il aurait fallu travailler durement pour quelqu'un qui s'engageait sur la voie pour la première fois. Elle était déjà dans l'âme, une guerrière. Certaines vertus du samourai était d'ailleurs acquissent et extrêmement encrés dans la psyché de la fille du vent.

La rigueur requise par la voie était déjà présente pour l'Ashikaga, il n'y a pas besoin de dire que sans elle aurait fait une piètre archère. Mais sa mère s'était assuré que sa fille possédait cette qualité à travers son apprentissage à l'arc et la recherche de la perfection était depuis longtemps une de ses raisons de vivre. Alors qu'elle savait très bien qu'elle ne l'atteindrait jamais cette perfection, c'était son humilité naturelle qui voulait ça. Ce n'était pas un objectif défini, c'était loin de quelque chose à acquérir pour son accomplissement personnel. C'était un style de vie, une méthode quotidienne qui s'était incrustée en elle. L'héritage de ses parents et de son dojo dans le petit village où elle avait grandi. Il restait toujours des vertus qu'elle ne saisissait pas et de l'aide et des discussions étaient obligatoires pour avancer, mais elle avait l'impression qu'elle était destinée à porter le sabre et suivre la voie depuis toute jeune. Peut-être que les traditions que lui avait transmis sa mère avaient des connexions lointaines avec la voie du guerrier, elle ne connaissait pas le fin mot de ces réflexions.

La méditation dans un dojo pendant un entraînement était bien loin de ses habituelles méditations en plein air. Elle avait l'habitude depuis son apprentissage avec Tenzin, et même avant, de choisir des endroits paisibles où le vent pouvait souffler à sa guise, devant un panorama souvent majestueux. Là était habituellement sa place, c'était plus un confort de l'esprit qu'une nécessité. Là, seule avec sa propre respiration pour compagnie, il n'y avait pas de distraction possible. Les rayons du soleil entraient dans la pièce par une petite fenêtre en hauteur, laissant un simple trait lumineux éclairer la pièce de façon naturelle. Ce n'était pas vraiment calme, comme pouvait avoir Gabushi comme définition de calme. C'était comme si le temps était suspendu et que l'univers la laissait méditer à loisir sur ses convictions, forgeant ainsi lentement, mais sûrement son esprit comme elle pouvait forger son corps dans l'action.

C'était éprouvant, sans aucun doute. La jeune fille rentrait chez elle après des heures au dojo où elle évitait de déranger les potentielles personnes qui voulaient elles aussi s'entraîner. Elle avait besoin de solitude pour arpenter pour la première fois le sentier de la voie. Épuisée après les journées intenses, elle ne pouvait que tomber sur son lit lourdement mais pas avant de ranger, délicatement et avec un soin particulier, son yumi sur son râtelier.

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Sam 2 Mar 2019 - 6:20

C'était avec aisance que l'Ashikaga maniait à présent son sabre.

Les semaines s'étaient enchaîné les unes après les autres et inlassablement, la jeune archère n'avait pas abandonné. Les enchaînements codifiés que décrivait le petit journal de Musashi étaient appris par cœur, les postures "kamae" du kenjutsu étaient ancrés dans ses mouvements et elle passait de l'une à l'autre avec fluidité. C'était satisfaisant, ou du moins, c'était un début. Ce n'était pas un apprentissage avec un commencement et une fin, elle le savait fort bien. Tout comme pour la voie de l'arc, celle du sabre allait être longue et la suivre pour le reste de sa vie. Elle possédait les bases et n'avait à présent qu'à rechercher la perfection du mouvement.
Le plus difficile était passé à présent. La maîtrise d'un chakra neutre comme pouvait le faire Toph, Hisa ou Shin n'était pas simple pour l'Ashikaga. Peut-être de par sa nature de fille du vent, il était bien plus naturel pour elle de faire appel au futon qu'à tout autre chose. Elle avait pris un long moment de discipline et de concentration pour pouvoir matérialiser autre chose qu'une lame de vent sur son bokken, le rendant ainsi bien plus mortel que ce que pouvait faire naturellement le bois. Il y avait des applications intéressantes que ses yeux de néophyte n'était pas prêt à concevoir pour le moment, son esprit étant concentré principalement à matérialisé la lame de chakra neutre.

Son esprit lui aussi, était bien plus sûr qu'il ne pouvait l'être au début de son apprentissage et selon les propres mots de Musashi, l'arme véritable du samourai était son esprit. Elle ne saurait le dire, si le sien était assez aiguisé pour se considérer samourai. Mais il était sensiblement plus solide qu'il ne l'était, une certitude qui ne pouvait être testée qu'en situation réelle de toute façon. Elle hésita longuement avant de prononcer le serment qui devait sceller ces premiers entraînements. Elle aurait peut-être dû faire appel aux Nagamasa et surtout à Hisa pour avoir une confirmation, ou juste par respect pour demander l'aval de se considérer samourai. Mais elle se ravisa, se disant que c'était plus un choix personnel et un serment fait un soi-même qu'un véritable serment à quelqu'un d'autre.

Elle se mit à genoux devant le petit journal qui l'avait accompagné pendant tout ce temps où elle s'entraînait. Lui dictant la marche à suivre et les arcanes ancestraux des guerriers de la voie. Gabushi était prête, elle se rappelait même par cœur le serment que Musashi lui avait fait rédigé à ce fameux soir où ils avaient passé des heures à discuter dans le restaurant.


- Je n'ai pas de demeure, je fais de Tan t'ien ma demeure. Je n'ai pas de pouvoir divin, je fais de mon honnêteté mon pouvoir divin. Je n'ai pas de fortune, je fais de ma docilité ma richesse. Je n'ai pas de pouvoir magique, je fais de ma personnalité mon pouvoir magique. Je n'ai ni de vie ni de mort, ma vie et ma mort ne font qu'un. Je n'ai pas de corps, je fais de mon stoïcisme mon corps. Je n'ai pas de Yeux, je fais du flash de l'éclair mes yeux. Je n'ai pas d'oreilles, je fais de ma sensibilité mes oreilles. Je n'ai pas de membres, je fais de ma promptitude mes membres. Je n'ai pas de lois, je fais de mon autodéfense ma loi. Je n'ai pas de stratégie, je fais du droit de tuer celui de protéger ma stratégie. Je n'ai pas de dessein, je fais de la saisie instinctive de l'opportunité mon dessein. Je ne fais pas de miracle, je fais du respect de la loi mon miracle. Je n'ai pas de principes, je fais de mon adaptation en toutes circonstances mon principe. Je n'ai pas de tactique, je fais de la vacuité et de la plénitude ma tactique. Je n'ai pas de talents, je fais de mon esprit prêt à réagir mon talent. Je n'ai pas d'amis, je fais de mon esprit mon ami. Je n'ai pas d'ennemis, je fais de l'imprudence mon ennemie. Je n'ai pas d'armure, je fais de ma bienveillance mon armure. Je n'ai pas de château, je fais de mon esprit inébranlable mon château. Je n'ai pas d'épée, je fais de mon non-être mon épée.

La jeune fille en avait oublié un et ce n'était pas un oubli. Peut-être que son serment avait moins de valeur ou aucune même, elle ne pouvait le dire. Mais la première phrase du serment étant, "je n'ai pas de parents, je fais des cieux et de la terre mes parents" Elle n'était pas capable de la prononcer. Elle qui faisait preuve d'autant de discipline et de rigueur dans la vie de tous les jours, n'était pas capable d'oublier ses parents qui lui avait tant donné pour qu'elle arrive où elle se trouvait. Si elle était encore dans le village caché après tout ce temps, c'était en grande partie pour pouvoir être en première ligne et protéger ses deux parents qui étaient restés à la maison, loin dans les terres de Tsuchi et loin de tout. Mais si proche, quelque part.

Elle réouvrit les yeux pour observer le vieux carnet de cuir. Si Musashi avait été là, probablement qu'il lui aurait fait la moral en la regardant avec des yeux sévères. Mais aussi aiguisé, son esprit pouvait être, elle ne pouvait pas supprimer une fondation de son être aussi profonde et ancré, elle allait devoir faire avec. Peut-être était-ce une faiblesse exploitable pour ses adversaires, peut être cela la rendrait plus faible d'une manière ou d'une autre. Mais il en était ainsi, les dès étaient jetés.

La samourai rassembla ses affaires, rangea le bokken qui l'avait accompagné pendant ces longues heures d'entraînement, et quitta l'académie Hashira.

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