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Ven 25 Jan 2019 - 23:50
La capuche abaissée sur la tête, une cape recouvrant l’ensemble de sa combinaison de cuir devant comme de derrière, l’homme masqué vagabonde en incognito dans les fameuses étendues de verdure de l’île d’Obon. Humant l’air embaumé par les inflorescences de la prairie soigneusement cultivée, il contemple en même temps l’empyrée qui l’accueille de son voile céleste vivifié par un sublime halo de lumière. Un spectacle captivant le regard du Sans-Visage. Levant la tête il reçoit sur sa visière métallique miroitante les lueurs chaleureuses de l’astre diurne.

Une expérience naturelle rafraîchissante après avoir vécu plusieurs mois au milieu du paysage marécageux et grisâtre du village de Kiri. Même si son déplacement ici n’est guère professionnel, il n’est pas question de s’éterniser ici. Ses responsabilités en tant que chuunin et sabreur ne sont plus les seules qui occupent ses journées désormais, dans la mesure où il doit aussi compter les missions secrètes qu’il doit effectuer pour l’unité spéciale du Kyôi. Agent de la Brume le jour, agent de l’ombre la nuit. Une double identité que doit assumer le sabreur muet.

Suivant précautionneusement le sentier sillonnant à travers les grands pâturages, il attarde son regard sur les couleurs attrayantes des fleurs locales, dansant au gré du vent printanier. Des fleurs en particulier retiennent son attention : des némophiles dont les larges pétales s’ouvrent pour former comme une coupole à la couleur du ciel azur. Une espèce intéressante non seulement par son apparence chatoyante mais aussi par l’origine de son nom : « plante qui aime les bois ou les prés » D’un geste sec, il attrape la tige de l’une des fleurs et la conserve précieusement dans sa sacoche, en espérant que celle-ci ne dépérisse pas trop vite à son retour.

Ses pas le conduisent enfin à sa destination, telle qu’elle a été indiquée sur sa carte d’invitation. Sa main émerge de son manteau, tenant un petit papier sur lequel sont indiqués une adresse et le nom de l’invité : Nobuatsu Saji. Une courtoisie de la part de Takano Murai, chef du village d’Horo. Un homme au bras long qu’il a aidé lors d’une de ses missions, notamment pour nettoyer une caverne alentours des pirates qui l’habitaient et qui lui imposaient un cruel tribut.

Cette invitation pour cet événement d’équitation rassemblant les plus belles bêtes de l’île d’Obon est un beau cadeau pour Saji, puisqu’il se souvient de son enfance où il accompagnait son père à dos de cheval pour ses voyages d’affaires. Un élan de nostalgie, et une pointe de curiosité l’ont donc amené aux portes de ce terrain spécialement organisé pour le spectacle équestre. De cette façon il se sentira revivre certaines sensations perdues au fond de sa mémoire, se distraire l’espace d’une journée du tumulte de ses responsabilités.

Un homme armé ordonne à l’encapuchonnée de s’arrêter. Le Sabreur se découvre pour laisser apparaître son masque à visière, qui aujourd’hui sert davantage de signe d’identification que de dissimulation.

« Oh. Monsieur Nobuatsu de Kiri, nous vous attendions. Entrez je vous prie, prenez place. L’événement est sur le point de commencer. » déclare le garde d’un ton avenant.

Saluant le portier d’un signe de tête poli, il franchit la limite du périmètre et rejoint la tribune qui s’étire que d’un seul côté, séparée du terrain d’équitation par une simple rampe en bois. Marchant timidement devant la première rangée de places, il monte aux étages supérieurs en essayant de trouver le siège qui lui donnera la meilleure vue sur ce qui se passe. Il fait le compromis de la proximité et de la visibilité, s’installe à la rangée intermédiaire, afin de profiter au maximum du spectacle qui est sur le point de commencer.

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Sam 26 Jan 2019 - 2:02
Assis sur son siège, il balaie du regard l’ensemble de l’audience qui s’est rassemblée aujourd’hui. Des hommes et de femmes richement vêtus, bien mieux habillés qu’il ne l’a jamais été, dégageant dans leurs manières une certaine extravagance et une vanité qui ne sont pas du goût du sabreur masqué. Des personnes nobles probablement, un milieu que lui n’a jamais côtoyé, pour avoir vécu depuis son enfance dans un patelin reculé de Kaminari. Fils de forgeron, et fier de l’être, il a évolué à la force de l’âme, s’évertuant à vivre dans les conditions modestes offertes par son père. Il se souvient aussi du jour où il a visité la demeure Metaru, éclatante de faste et de noblesse, pour une négociation dont il a d’ailleurs oublié le dénouement, la faute à l’attitude distraite et revêche de l’adolescent qu’il était.

Un sale comportement qu’il devait à la faible présence d’une autorité paternelle pour l’éduquer, mais jamais il n’en voulait à son père, ayant très tôt réalisé la ferveur avec laquelle le patriarche Nobuatsu s’efforçait d’offrir de sa sueur et de son sang, sa formation dans l’école du sabre, un toit, et de quoi manger, à ses enfants. Des divagations, des pensées nostalgiques ressassées… Il se réveille, surpris par la percussion d’un tambour, signalant le début de l’événement.

Les cavaliers, habillés de kimonos apprêtés à la hauteur d’un événement digne de ce nom, amènent leur monture caparaçonnée aux abords du terrain, défilent devant la foule enthousiaste qui déjà les acclame et tape des mains. N’étant pas accoutumé à ce genre de divertissement, le Nobuatsu croise les bras et se contente de contempler d’un air détaché les différentes bêtes, légèrement effrayées par le tohu-bohu humain parvenant jusqu’à leurs oreilles.

Des races chevalines dont il ne saurait citer tous les noms, n’étant pas un expert véritable d’équitation. Il sait seulement que son père appelait leurs deux chevaux Têtu et Fâché, montrant l’étendue de son imagination. Pauvres créatures. Comment appellerait-il son propre cheval? S’il en venait à en avoir un ? Un destrier de guerre de race Yonagui与那国馬 ou Miyako宮古馬, probablement un nom avec une connotation de force ou de rapidité : Eclair de feu, Orage flamboyant, ... Trop communs peut-être, et puis difficile de se décider sans même connaître la physionomie de la bête. Ceux qu’il a chevauchés dans le passé n’étaient autres que des chevaux de trait – les races Dosanko道産子et Noma野間馬, dont la constitution physique était plus épaisse en raison de leur ossature et portée vers la traction d’objets. Rien à voir avec la première catégorie, qui retient davantage l’intérêt du protagoniste. On les reconnaît à leur silhouette élancée, leur allure gracieuse et la vitesse du galop.

Tous les étalons présents aujourd’hui sont logiquement portées vers la course ou alors la démonstration. Ce qui ne manque pas de faire grimper l’excitation du Nobuatsu qui voit maintenant les concurrents rentrer avec hâte dans leurs tentes respectives pendant que l’un d’entre eux ouvrira le bal en effectuant un parcours d’obstacles, constitué de barres horizontales posées sur des taquets. Au sol sous ces mêmes obstacles sont aussi posés des soubassements afin de corser la difficulté, car le cheval peut être psychologiquement influé voire effrayé par la dangerosité apparente du bidet.

Qu’il s’agisse d’objets coupants, d’un brasier ardent, tous les moyens sont utilisés pour mettre à l’épreuve le travail du cavalier avec sa monture. Une contraction musculaire d’un cheval inquiet peut entraîner un mouvement hésitant donc incomplet, pire, le stress trop grand entraîne la désobéissance, qui est davantage le fait d’une relation inadéquate entre le maître et son cheval, ou tout simplement d’un manque de contrôle d’un cavalier inexpérimenté.

La première phase du spectacle se déroule dans les règles de l’art, le premier cavalier fait preuve de sang-froid en enchaînant les obstacles à une vélocité impressionnante, avec une finesse telle que Saji n’en n’a jamais observé dans le passé. Bouche bée, il admire d’un œil d’enfant le cheval brun à la crinière ébène, brillant par sa prestance, il saute au-dessus des barres sans l’ombre d’une hésitation, répondant aux mouvements de rênes et de hanches du cavalier. Ce dernier aussi, par son assiette et son tact, met en main son équidé, lui commande d’aller dans une direction avant que celle-ci ne soit suivie, lui commande de sauter et l’ordre est obéi. Pour avoir déjà eu l’expérience de devoir soumettre un cheval, il a conscience à quel point cet exercice de dressage est difficile.

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Dim 27 Jan 2019 - 1:55
Les festivités se déroulent au rythme des tambours et de l’effervescence de la foule assise dans l’estrade, au milieu de ce groupement d’individus aux habits de couleurs chatoyantes, rappelant le faste de la noblesse féodale. Au milieu de tous ces gens, un homme de noir vêtu, la capuche descendue, admire la scène qui se déroule devant ses yeux, oubliant cet entourage dont il est complètement étranger. Ravis par les sauts majestueux des canassons qui se succèdent afin de faire preuve de leur talent face à des badauds ragaillardis, les spectateurs applaudissent à la moindre acrobatie, et retiennent leur souffle à chaque petite erreur.

Un antérieur qui traîne et touche la barre horizontale, un cheval qui se cabre au moment d’approcher la haie, ou pire humiliation encore, le cheval fait preuve de tellement de résistance qu’il paddocke, c’est-à-dire qu’il retourne à son point de départ, sans que le cavalier ne puisse faire quoi que ce soit pour raisonner sa bête. Car si les premières performances se sont révélées presque irréprochables, les plus récentes sont dans la moyenne. Toutefois, rappelons qu’il s’agit d’un parcours de très haut niveau, qui ne peut être réussi que par des cavaliers endurcis et qui savent d’une part comment placer leur cheval, c’est-à-dire lui donner l’équilibre par une répartition du poids entre l’encolure, la nuque, etc. et d’autre part le soumettre, c’est-à-dire obtenir du cheval son adhésion mentale et physique, sans jamais avoir à employer la contrainte.

Difficile de le voir à l’œil nu pour un débutant, mais le Nobuatsu peut se targuer d’avoir une connaissance empirique de l’équitation dans la mesure où il a lui-même eu l’occasion d’en monter certains. Une expérience unique que d’être transporté d’un point à un autre, à une vitesse qui vous donne cette sensation de vous mouvoir tel un courant d’air. Une sensation qu’il n’a plus connu depuis longtemps, en raison de son allégeance inconditionnelle pour la voie de la lame. Une discipline à laquelle il a consacré tout son temps d’apprentissage. Mais dans le moment présent, il réalise à quel point il serait exalté à l’idée de refaire du cheval, comme au temps de son enfance à Kaminari.

Comme si le ciel venait d’entendre son appel, ce n’est pas la foudre qui s’abat sur l’arène mais le cheval à l’allure ténébreuse du cavalier actuel qui se met à accomplir des ruades et des cabres dans tous les sens… Jeté en avant puis à l’arrière, impossible pour le pauvre homme de garder le contrôle sur sa bête, quand bien même ses mains tiennent fermement les rênes de la bête, visiblement paniquée à en perdre la raison. Son postérieur glisse sur la selle, sur le point de lâcher malgré la solidité de la sangle en cuir. Le pire scénario qui puisse arriver à un cavalier, la pire situation. Le regard hébété de la foule s’accompagne d’un brouhaha.

« Vite ! Tuez la bête ! » s'exclame son voisin visiblement terrifié par ce dont il est en train d'être témoin.

Se levant de son siège, il voit l’un des organisateurs de la cérémonie s’approcher et se prendre de plein fouet des coups de sabot d’une brutalité létale au niveau des poumons, assommant sur-le-champ l’homme de la situation. Suite à cet accident, ne voyant plus personne se dévouer au sauvetage du cavalier, le Nobuatsu joue des coudes pour descendre les marches de la plateforme et se précipiter en direction du terrain d’équitation. D’un pas prudent, il s’avance en étirant son bras en avant pour faire signe à l’étalon noir de se calmer.



Au moment où le cheval tempétueux pose ses yeux sur le chevalier masqué, le voilà immédiatement apaisé. Subitement, la bête s’arrête de hennir, s’abaisse pour laisser le pauvre cavalier s’enfuir. Par un échange de regard avec le sabreur muet, l’équidé lui communique par les pupilles une certaine sensibilité semblable à celle d’un humain, un regard qui lui dit toute sa détresse, son anxiété. Porté par son instinct, Saji est comme magnétiquement attiré vers la bête, pose son pied sur l’étrier et enfourche le cheval, lequel a visiblement reconnu son nouveau maître. Un peu désorienté, étant donné qu’il n’a plus fait d’équitation depuis son enfance, il essaie de retrouver les aides, afin d’orienter le mouvement de l’animal.

A peine agrippe-t-il les freins que soudain, la créature se jette en avant avec la même impétuosité que tout à l’heure, emportant le cavalier novice au-delà du lieu des festivités, pour galoper très loin, sous les yeux impuissants des spectateurs… Loin, encore plus loin. La lourde battue contre l’herbette soulève des particules de terres, sous l’impact virulent des sabots. Telle une rafale de vent, le canasson le transporte à une allure ahurissante, si bien que le Nobuatsu peu à peu se redresse sous la pression de l’air qui lui arrive d’en face. Le galop le soulève de façon saccadé, puis le fait retomber dans une position peu confortable et dangereuse, risquant à tout moment la chute.

Il ferme les yeux, crispe ses doigts sur les rênes qui l'accrochent encore à la vie. Se souvient de la première fois où il a monté à cheval, à quel point l'initiation a été difficile. Il repense à son père, et même à son frère. Il retient son souffle, pensant son heure arrivée... Quelques instants plus tard, rouvrant les yeux, il découvre ébahi une vaste plaine pittoresque comme on n'en rencontrerait que dans les romans. Une étendue de verdure dont la beauté est jalousée par le ciel azur, il contemple l'horizon sans apercevoir la moindre trace de civilisation. Comme si on venait de le conduire dans un paradis, un monde parallèle sans anthropisation. Encore sous le choc, il n'a pas encore remarqué que l'étalon noir avait cessé de s'agiter et désormais se tient parfaitement droit, contrairement à tout à l'heure. Quelle est donc son intention? Pourquoi l'amener aussi loin?

Distrait par la nature sauvage qui s'étale à perte de vue, il soubresaute à un hennissement venant de derrière. Sans qu’il n’ait besoin de guider son cheval noir, celui-ci se tourne naturellement vers l’origine du son. Alors qu’il pensait avoir tout vu, c’est tout un agrégat d’équidés qu’il observe du haut de sa monture, s’alimentant sur les pâturages et se désaltérant depuis l’eau des cascades. La profusion des ressources s’ajoute à la magnificence du panorama idyllique.

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Sam 9 Mar 2019 - 16:44
Dans ce paysage agreste retiré de la domination de l’homme sur la nature, le cavalier improvisé impulse un mouvement de rêne pour signaler à son nouveau compagnon équidé de s’avancer vers ses frères. La bouche remplie de l’herbe pâturée, ils ne prennent pas peur à l’approche de l’étranger, l’observent de leur œil nonchalant, trop occupés à satisfaire leur appétit gargantuesque. Les muscles de leur ganache, se contracte et se détend, en se gavant de l’herbe succulente. Un tantinet désorienté, le Nobuatsu attend que quelque chose se passe, mais rien ne vient si ce n’est les soupirs plaintifs effleurant la prairie de leur voix ondulée. Une voix justement émerge de la bouche du majestueux équidé au poil noir, une voix qui impose déférence et solennité.

« Désolé pour le voyage un peu… forcé, mais c’est ici que je voulais t’emmener. L’autre gars que j’ai désarçonné. Un homme sans talent. Mais toi, j’ai le sentiment que tu es un peu plus courageux que lui, à moins que mon intuition se soit érodée avec le temps ? » Lance le cheval d’une voix qu’on pourrait confondre avec celle d’un humain.

Pantois, le muet ne sait que répondre, et aussi ne peut répondre étant donné sa condition particulière d’aphonie. Le problème étant, comme se fait-il que créature soit douée de parole ? Terrible question qui ne trouve aucune réponse logique. Aurait-il mis les pieds dans un monde onirique ? Situation cocasse, dans la mesure où les rôles sont inversés, alors que l’humain est censé savoir parler et que l’animal devrait se réduire à de simples mugissements. Constatant le silence de son interlocuteur à deux pattes, le cheval répète sa tentative de contact en lui demandant cette fois :

« Alors tu as perdu ta voix ? T’es muet ? » Des mots qu’il est sur le point de regretter, ignorant tout de l’incapacité de l’homme masqué de se servir de sa bouche pour s’exprimer.

Quelques instants s’écoulent, et peu à peu s’étirent jusqu’à l’ultime moment où enfin, le cheval prolixe réalise son erreur, et le malaise qui en découle. Relâchant un « ah » accentué façon Denis Brognart, il manifeste sa surprise face à la bizarrerie de ce dialogue impossible. Légèrement contrarié par cet échange à sens unique, le Jolly Jumper version black se met à ricaner avec des hennissements euphoriques, constant l’ironie de la situation. Le muet lui, reste muet.

« Hmpf… alors où j’en étais ? Ah oui. Tu dois sûrement te demander pourquoi je t’ai amené ici, le Muet. Je voulais que tu rencontres quelqu’un. Et je te préviens juste, il peut être d’un caractère assez… enfin tu verras. »

Tapant le sol du sabot en étirant légèrement les muscles de son encolure, il pivote son museau et l’ensemble de son corps en direction de l’outre-mer, enfin pas tout à fait. Une étroite bande de terre semble relier l'île d'Obon à un paysage d'alpages surmontés d’un relief volcanique .

« Là-bas, c’est la presqu'île Danro (暖炉 Feu de cheminée) où vivent la caste supérieure des chevaux. Moi je ne suis là que pour servir d’héraut entre la terre des hommes et celles de Danro. Paraît que l’herbe est meilleure là-bas, enfin je ne sais pas, j’ai jamais osé y goûter, vu qu’elle leur est réservée. Privilège de la noblesse. Le dernier qui a essayé, on n’en a plus jamais entendu parler. Depuis c’est simple, on reste de ce côté de la mer et on évite de les courroucer même si ça nous empêche pas de faire nos commères de fois, entre deux mâchouilles. »

Une noblesse chevaline ? Et puis quoi encore ? Un roi cheval tant qu’on y est ?

« Ah oui au fait… Moi c’est Tatsumaki (竜巻 Tornade) c’est le nom que m’a donné ma mère. Mais je préfère Tornado. C’est plus classe et puis il y a un côté chevaleresque, même si mes frères se moquent de moi quand on veut qu’on m’appelle comme ça. Enfin tu fais ce que tu veux. Bon accroche-toi bien. T’es prêt ? »

« Oui. » Répond Saji en usant de son pouvoir télépathique.

« Ok! Alors c'est part... Ah mais tu parles ? Et là je fais mon monologue depuis tout à l'heure comme le dernier des imbéciles, tu es vraiment un enf-»

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Sam 9 Mar 2019 - 20:21
« Margoulin, on va voir si tu fais encore le malin quand je t’aurai amené devant sa sérénissime altesse de la race équidé. » Peste le cheval en plein milieu de sa course à travers la futaie sauvage, labyrinthe forestier qu’il leur faut traverser avant d’arriver vers la bande de terre de Danro.

«Comment se fait-il que personne ne l’ait découverte jusqu’ici ? Cette presqu’île ? » Une question légitime de la part du muet, intrigué par le fait qu’il n’ait jamais entendu parler d’un lieu peuplé seulement par des chevaux.

« Laisse tomber ce serait trop compliqué à expliquer. On est dans une zone très reculée de l’île d’Obon, derrière une barrière genjutsu qui empêche aux gens d’entrer et qui les dissuade de s’approcher. De l’extérieur, ils ne voient rien, juste un tas de cailloux et de broussaille. » Révèle le messager des chevaux à son Zorro.

Le galop s’accélérant, le Nobuatsu empoigne fermement les rênes de peur de glisser sur le côté, il se cambre en avant en se servant de l’autre main pour se tenir à l’encolure de sa monture à l’allure farouche. Elancé, Tatsumaki saute au-dessus d’un obstacle rocailleux, porté vers l’avant et soufflant de son nez, il emmène le sabreur vers la presqu’île de Danro, là où aura lieu la suite des hostilités. Une fois à la hauteur de l’isthme, la bête noire s’arrête tandis que le cavalier novice s’habitue peu à peu au rythme des mouvements, plaquant ses jambes contre les quartiers matelassant les flancs de l’équidé et en ancrant bien ses semelles dans les étriers. Le souffle plus lourd du cheval lui permet d’apprécier encore la brise puissante cinglant sa visière d’acier. S’ajustant tant bien que mal, le confort n’étant certes toujours pas au rendez-vous, il se rassure néanmoins en gardant un certain équilibre, peut ainsi se concentrer sur la destination laquelle il peut désormais apercevoir avec davantage d’acuité.

« Et nous voilà arrivés. » Devant la façade volcanique dont la hauteur culmine pour percer les nuages, il se demande ce qui peut bien s’y cacher et se rend compte avec une autre barrière invisible de traversée qu’encore ses sens l’ont trompé. « Le royaume des chevaux. »

Il tombe nez-à-nez avec des chevaux géants allant d’une dizaine à une vingtaine de mètres. Une taille surnaturelle telle qu’on ne les évoque que dans des contes pour enfants, sauf qu’ici, tout est bien réel. Chaque pas, assourdissant. Les bêtes titanesques ne remarquent même pas la présence du sabreur, avançant à dos de cheval à travers ce paysage infini diapré de verdure. S’ils profitent pour la plupart des pâturages pour se délecter de l’herbe fraîche, d’autres restent allongés, les membres repliés et le regard sans intention particulière. Bientôt, des pupilles fondent sur la silhouette ébène du shinobi de la Brume, arpentant avec témérité ce territoire inconnu dont il vient de réveiller les habitants. Ces derniers, curieux, s’attroupent autour de l’intrus, provoquant un brouhaha insupportable faisant vibrer les tympans et soulever la terre.

Une quiétude soudainement brisée par un séisme à chaque impact de sabot contre l’herbette ondoyante. Se tenant les oreilles en voyant s’approcher cette foule bestiale, un tantinet hostile en craignant qu’un homme ait réussi à percer leurs défenses, ils calment leurs ardeurs en voyant qu’il chevauche en ce moment-même le dos du cheval-messager qui vient de leur ramener un cavalier. Pour une raison qu’il ignore encore, et il ne tarderait pas à l’apprendre. Assombrissant le ciel au-dessus de lui, les têtes menaçantes des chevaux le fixent avec méfiance, comparativement à eux, il n’est rien d’autre qu’une fourmi insignifiante.

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Qilin 麒麟 le Cheval-Dragon, roi de la presqu’île de Danro.


« Cela fait fort longtemps que tu ne nous a plus ramené d’humain ici. » Une voix grondant comme le tonnerre soulève soudainement le cœur du muet, celle de Qilin (麒麟 alias le « cheval-dragon »), le roi de la presqu’île de Danro. « Qui es-tu ? Que cherches-tu en entrant ici, étranger ? »

« Des réponses ? J’ai cru comprendre que vous aviez besoin d’un champion pour représenter votre espèce ? » Répond le Nobuatsu en faisant usage de ses dons de transmission psychique. « Peut-être pourrions-nous parvenir à un accord ? »

« Un pacte ? Hum… Oui… Si tu es arrivé jusqu’ici, c’est que tu as un minimum d’expérience. Tatsumaki sait reconnaître le potentiel des cavaliers. Encore faut-il me convaincre pour demander notre aide. Nous commençons à nous lasser à force de brouter l’herbe. En tant que destriers, chevaux de guerre, nous avons besoin d’action. Peut-être pourras-tu nous la procurer. »

« Je serais honoré de recevoir votre aide, si avec la terreur des prisonniers de Wasure, les tensions émergentes ne cessent de s’amplifier. Je crains que mes forces soient insuffisantes pour protéger Kiri des dangers qui la menacent. »

« Une âme bien noble. Mais je me fiche de l’équilibre du monde ou de ces sottises morales. Et qui t’a dit que j’acceptais déjà ? »


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Lun 11 Mar 2019 - 1:25
Des gerbes de flammes bordant les narines brûlantes du destrier colossal, on peut deviner à ce simple indice qu’un souffle ardent venant de celui-ci suffirait à carboniser notre héros, minuscule insecte en comparaison. En taille du moins, en cœur c’est une autre question. Il semblerait que l’intention de Qilin, le cheval-dragon infatué par sa noblesse, ne soit pas de passer cet accord avec l’homme à moins de compléter une certaine condition, laquelle il s’apprête à dévoiler de sa voix tonitruante brisant le ciel. Plein de dédain, il considère la proposition du sabreur qui veut se faire leur champion, en échange de quoi ils lui prêteront main forte en cas de besoin. Si tant est qu’il relève le défi du roi, lequel esquisse un léger rictus en coin, une idée lui ayant traversé l’esprit à l’instant.

« Tu maîtrises donc l’affinité Katon, le feu n’est pas un secret pour toi. » Reprend l’Orgueilleux de sa voix fissurant les nuages. « Que dirais-tu de me montrer la puissance des flammes qui t’animent ? »

Sans crier gare, le museau de la créature géante souffle encore quelques flammèches, avant que de sa gueule caverneuse ne sorte un jet de flammes d’une ampleur sans égale – suite à quoi ses sujets reculent pour laisser le combat prendre place. Néanmoins les réflexes de bretteur du Nobuatsu lui permettent de réagir au quart de tour, enlevant de son fourreau son sabre afin de combattre le feu par le feu. Imperturbable, il agite sa lame dans un mouvement circulaire, de l’acier crépitent les flammes familières annonçant le fauve élémentaire et ses crocs impitoyables. Un rugissement intimidant la faune alentours, le tigre défie le danger et vient s’interposer contre la marée de feu se déversant sur le mortel, n’ayant d’autre choix que d’accepter ce face-à-face inégal.

« Pas mal. » Lance Qilin, l’intérêt piqué au vif. « Et que dis-tu de ça ? »

Un David contre Goliath qui déciderait si le sabreur muet mérite d’obtenir l’intervention de ces puissants alliés. Levant l’un de ses membres antérieurs, Qilin fait retomber le sabot contre le sol de façon à fendre la terre sous son adversaire. Déséquilibré, le Sans-Visage plante la lame contre le sol pour éviter de tomber dans la crevasse qui s’ouvre à ses pieds, se ressaisissant au-dessus d’une terre instable vibrant encore sous le tremblement infernal de l’équidé géant. Cabrant de tout son corps jusqu’à noyer le sabreur dans l’obscurité, le sabreur craint que la prochaine attaque ne vienne l’écraser pour de bon, cherche un moyen d’anticiper…

Tel le tonnerre, le cheval-dragon vient frapper le sol, allant jusqu’à déformer le paysage si harmonieux, attirant le sabreur dans une cuvette naturelle, un piège afin de mieux l’inonder des flammes dépassant la gueule patibulaire de l’équidé. De nouveau, Qilin l’Impitoyable est sur le point de lui lancer un crachat embrasé. Prenant une impulsion surhumaine pour se dégager alors qu’en même temps il ploie sous la pression tellurique menaçant de l’emporter vers l’épicentre, le sabreur déploie une vague de chakra dans ses membres locomoteurs pour esquiver tout en prenant garde à ne pas tomber dans les nombreuses fissures ouvertes par la frappe Doton.

Malheureusement, glissant sur l’un des rochers il tombe le dos contre le sol, le regard levé vers l’apocalypse pleuvant depuis le ciel. Est-il piégé ? Une pluie de météorites, des pierres soulevées par le choc terrestre, retombant désormais nimbées de feu, menacent d’écraser le maître de la lame, dupé par la manœuvre de distraction alors qu’il s’attendait à une autre mer de flammes. Un des aérolites arrivant à sa portée, il roule sur le côté, la masse rocheuse produisant un cratère dont il n’ose pas imaginer le résultat sur son corps si par malheur il avait été touché.

Se relevant avec hâte afin de ne pas risquer encore d’être écrabouillé, il imbibe son acier d’un feu suffisamment puissant et saute dans les airs, passe à travers le rocher qu’il tranche instantanément en deux. Tandis que le reste des comètes viennent s’abattre dans les plaines sacrées de la presqu’île de Danro, le bretteur fait appel à sa force entière pour sillonner en deçà des projectiles gigantesques manquant de peu de l’écraser. Même pour un maître du Katon, la chaleur est intenable, et ses muscles sont sur le point de céder face à la force tectonique qui risque de l’emporter au moindre relâchement.

« Que… !? » s’exclame la bête titanesque face à la démonstration d’agilité du muet.

Prenant appui sur l’une des pierres tombant du ciel, il se sert de ses pieds pour sauter sur un autre aérolithe, puis le suivant. Les pieds enveloppés de chakra, ceux-ci adhèrent avec facilité sur la surface minérale, avant de s’extirper à chaque fois. Pas à pas, il s’approche de la tête du cheval-dragon, compose une série de mudrâ tandis qu’il est dans les airs, puis glisse son sabre hors de sa gaine, en direction de son adversaire. Sa lame flottante diffuse alors du chakra de nature Katon, s’enveloppe de flammes jusqu’à prendre la forme d’une épée colossale rivalisant avec la taille de l’encolure du géant qui lui fait face. De cette arme qui pourrait faire trembler des armées et ravager des villages, Baransu sous sa forme funeste s’arrête net sous la gorge de la bête, menaçant de la trancher s’il tente un mouvement suspect. Les jeux sont faits. Visiblement surpris par cette contre-attaque, Qilin pour la première fois manifeste une certaine fébrilité.

« Bien. C’est suffisant. » Annonce le roi animal.

Avec souplesse, le Sans-Visage se réceptionne au sol tout en gardant le contrôle sur l’épée de feu géante. « Dommage pour vos terres. » Remarque le sabreur télépathe en jetant son regard sur l’ensemble du pâturage, ruiné par les techniques dévastatrices du roi cheval.

« Pff. De l’herbe nous en avons en abondance. Par contre, ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre un insecte aussi coriace. » Un compliment dont se satisfera le muet. « Bien, je pense que nous avons un pacte à signer? »

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