Soutenez le forum !
1234
Derniers sujets
» D'un samourai à une autre [Hisa]
Aujourd'hui à 15:19 par Hyûga Toph

» Be Stronger
Aujourd'hui à 15:10 par Metaru G. Yamiko

» Études & Perspectives
Aujourd'hui à 15:03 par Yuki Kuzan

» [Mission libre D] Le chat chapardeur
Aujourd'hui à 14:21 par Yasei Akane

» Nécrolove [PV: Tsubaki]
Aujourd'hui à 13:14 par Hyûga Kami

» The Wingman [PV Yuki Kuzan]
Aujourd'hui à 13:08 par Yuki Kuzan

» [Mission B] Sang bleu
Aujourd'hui à 12:28 par Yaoguaï Senkū

» À l'aube d'un monde meilleur (pv Byakuren Takamagahara)
Aujourd'hui à 11:31 par Yuki Kuzan

» Un stagiaire au poste 6 / Feat Etsuko
Aujourd'hui à 10:45 par Hyûga Kami

Partagez | 

Sur les bancs du savoir [Metaru Kira]


Lun 17 Juil 2017 - 14:33

Fujin laça ses bottes d'un geste mécanique. Kong bâilla longuement, et se gratta d'un coup de patte avant de jeter un regard impatient à son maître. Celui-ci y répondit d'un simple hochement de tête, et dit à demi-voix, comme pour lui-même:

"Allons-y alonzo."

Les rues étaient calmes. Fujin et Kong se détachaient nettement du peu de gens qu'ils croisaient. Ils attiraient quelques regards. Il était peu courant de voir quiconque, même un Shinobi, se balader nonchalamment dans les venelles du village avec à ses côtés une bête aussi imposante qu'un loup. Mais le duo faisait pâle figure en terme d'originalité et d'exclusivité à côté de toutes les peuplades qui se mélangeaient à Kumo. Selon Fujin, en tout cas. Pour lui qui avait toujours vécu en compagnie de Kong, il était bien plus intriguant de croiser des hommes capables de commander aux métaux ou aux ombres. C'étaient là des arcanes qui lui semblaient mille fois plus mystérieuses et inquiétants que celles dont il possédait lui-même le secret. Et c'était certainement pour cette superbe diversité cosmopolite qu'il avait réussi à trouver si vite une place dans la société en plein essor du village caché nouveau-né.

Ils laissaient aller leurs pas au hasard des pavés. Ils n'avaient pas vraiment de destination précise. Ils vaquaient à une simple promenade de routine. Ils n'avaient pas été missionnés depuis un moment, déjà, et ils commençaient à s'ennuyer de la vie de simples civils. Il n'y avait rien d'attirant, pour eux, à prendre du repos quand le monde rugissait aux portes du village. Ils étaient trop bien informés pour croire que le pays était entièrement pacifié, et qu'il n'y avait nulle part besoin de l'intervention de Shinobis. Mais sans doute les événements récents et à venir prochainement paralysaient-ils un peu l'organisation de Kumo. Si les élections de Kages étaient aussi importantes à Iwa et Kiri, il y avait fort à parier que l'ensemble des grandes puissances étaient plongées dans une sorte de transe, attendant avec impatience les noms de ceux qui allaient monter sur la grande scène internationale pour prendre les commandes. Pour sa part, Fujin espérait seulement que ces trois figures-là œuvreraient ensemble pour assurer la paix, et sauraient contenir leurs élans belliqueux.

La silhouette massive et imposante de la Grande Bibliothèque se profilait. Voilà un bon endroit où passer tout le temps qu'on mettait à disposition d'un soldat avide de reprendre le travail. Parce qu'il avait vécu parmi un clan nomade, et qui s'encombrait du minimum d'affaires, Fujin n'avait découvert les livres que quand il était arrivé à Kumo. Il savait lire -son éducation avait été assurée avec une rigueur certaine par ses parents- et avait aussitôt vu le profit que pourraient lui apporter ces pages de connaissances compilées dans ces volumes. Dès lors, il avait été certain qu'il avait fait un bon choix en migrant vers Kumo: si une cité était aussi riche en connaissances, il n'y avait aucun risque qu'elle se plonge dans la guerre, car elle savait inévitablement les souffrances qui en ressortaient. Avec le temps, il avait compris que cette déduction relevait plutôt de l'espoir, et que Kumo, comme toutes les autres puissances, finirait tôt ou tard par faire valoir des droits sur ses voisins. Restait à espérer qu'elle le ferait le plus pacifiquement possible ...

"Désolé, mais va falloir te dégourdir les pattes ailleurs."

Kong lança un regard dédaigneux à son maître, et partit sur son propre chemin en se dandinant légèrement. Fujin entra dans la bibliothèque, non sans un soupir d'exaspération.

Les lieux baignaient dans le silence. Une qualité tout à fait appréciable, d'autant que la quiétude se faisait de plus en plus rare dans un village en croissance permanente et exponentielle. Parmi la longue liste de choses que Fujin regrettait de sa vie nomade, le silence et le calme des forêts figurait surement en tête de liste. Il fureta un instant à travers les rayons, sans vraiment regarder les titres qui défilaient sous ses yeux. Il avait l'esprit ailleurs. Sans doute était-ce la chaleur qui le plongeait dans une sorte de torpeur lascive. Le manque d'action latent dans sa vie lui manquait cruellement. Agacé, il se contenta de s'adosser à une armoire chargée d'ouvrages, pour examiner du regard l'assemblée des lecteurs rassemblée.

Il y avait là toute une foule de visages et de personnages différents, qui reflétait bien la diversité de la population de Kumo. Femmes et hommes de tous les âges et de tous les milieux se pressaient dans cet illustre bâtiment pour trouver une réponse aux questions qui se bousculaient dans leur esprit. Et, assis à cette table, n'était-ce pas ...?


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Mar 18 Juil 2017 - 21:53

Ce village n'est décidément plus le même depuis que des Inuzutrucs sont venus s'y installer. Auparavant, il y avait des chiens normaux. Aujourd'hui ils sont croisés avec des loups ou que sais-je encore. Personne ne semble vraiment faire attention à la bestiole qui croise ma route avec l'assurance que l'on prête aux prédateurs. L'espèce d'un instant j'ai envie de lui coller une muselière d'acier Metaru histoire de m'assurer qu'elle ne viendra pas me mordiller les mollets mais aussi pour provoquer un peu ce clan qui n'a rien de bien... noble à mes yeux. Pourtant je refrène mes envies pour la seule et bonne raison que je serais sans doute perçu comme l'agresseur. Et que ce qui n'est rien de plus que du bon sens à mes yeux serait considéré comme du mauvais goût.

Mais aujourd'hui j'ai bien mieux à faire de toute façon. J'ai négligé Shiori ces derniers mois. Pas par envie mais bien par obligation. Personne ne connaît son existence dans mon clan ou, plus généralement, dans le village. C'est un secret que je garde pour moi comme un véritable trésor que l'on souhaite préserver de l'envie des autres. Et pourtant s'il existe une part de douceur en moi c'est bien à travers les lettres que je lui envoies qu'elle se manifeste. Plus qu'une envie, c'est un besoin. Et ce qui me tue à l'heure actuelle c'est l'incertitude qui pèse sur sa condition. Va-t-elle bien? Pense-t-elle à moi? Est-elle seulement en vie?

Si j'apprenais sa disparition je ne sais pas vraiment comment je réagirais. Je me suis pourtant imaginé ce cas de figure de nombreuses fois. L'hypothèse la plus probable, me connaissant, est que je me rendrais à Mizu pour répandre le sang de tous les shinobis n'ayant pas su la protéger. Peu m'importe si cela doit déclencher une guerre. Peu importe si cela doit causer ma propre perte. C'est un raisonnement que je trouve puéril et stupide à la fois. L'un allant souvent avec l'autre par ailleurs. Mais là encore il ne saurait être question de logique quand il s'agit de la jeune sabreuse. Si j'ai une faiblesse alors ce doit être elle... Une situation qui m'irrite et que j'appelle de mes vœux en même temps...

Mais pour l'heure je ne peux qu'espérer que la lettre que je vais rédiger à la bibliothèque - autrement dit dans le calme le plus absolu - m'apportera une réponse susceptible d'apaiser mes craintes. J'ai un certain rituel lorsqu'il s'agit de correspondre avec la demoiselle de l'Eau. Outre l'endroit, j'ai une table à laquelle je m'installe tout le temps. Notamment parce qu'elle est située un peu en retrait des autres. Une façon de m'assurer qu'aucun regard indiscret pourra lire les lignes que j'écris.

Par chance, elle est libre. Et je m'empresse donc d'y prendre place en étalant de part et d'autre des piles de livres en guise de remparts. Ce n'est peut-être pas discret. Mais c'est efficace. Et puis je ne connais personne d'assez bête pour tenter d'ignorer cette avertissement. Quoique... Ce type bizarre me dévisage, non?
"Si tu cherches une table, Gaijin, trouves-t'en une autre!" dis-je sur le ton de la menace. "Celle-ci est prise!"
Je reporte mon attention sur la lettre que je rédige avant de relever les yeux vers l'étranger en question. Comment s'appelle-t-il, déjà? C'est un shinobi, j'en suis pratiquement sûr. Ha oui, ça me revient...
"Ho et la prochaine fois que je vois ta bestiole errer seule dans les rues de Kumo, je l'égorge! Je ne sais pas si c'était toléré à Hi no Kuni mais Kumo n'a rien d'un zoo!"
Je suppose que mon ton est de nature à lui faire comprendre que je ne rigole pas. Mais on ne sait jamais avec ces gens-là... Toujours est-il que je conclus mon avertissement d'un soupire dédaigneux avant de reporter mon attention sur mon oeuvre. Tout fout le camp...

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t410-metaru-kira-uc

Mer 19 Juil 2017 - 10:56

Fujin avait tourné le regard en direction de l'homme qui l'apostrophait dès ses premiers mots. Il avait brisé le silence presque religieux de la bibliothèque en s'en prenant à l'Inuzuka sur un ton aussi singulier tant il était mauvais. D'abord surpris, Fujin passa vite à l'énervement en entendant la suite. Les regards des autres lecteurs s'étaient eux aussi tournés dans leur direction. Certains étaient réprobateurs, mais la plupart semblaient plutôt inquiets. Fujin et cet inconnu-là portaient tous les deux le bandeau des Shinobis, et il est vrai que l'Inuzuka n'avait pas vraiment l'air d'un pacifique, ni d'un grand diplomate. Et, à vrai dire, il n'allait certainement pas l'être dans cette situation.

Une fois les véhémences passées, il y eut un moment de flottement. La tension était montée d'un cran en un instant. Un silence de malaise général s'installa comme une chape de plomb sur l'assemblée des observateurs qui se faisaient le plus discrets possible derrière leurs piles de livres. On attendait naturellement une réaction de la part de Fujin. Or, ce dernier était pris au dépourvu par la situation. Et, n'étant pas de ceux qui arrivent à guider leurs émotions mais bien de ceux qui se laissent guider par elles, il adopta la solution la plus simple qui se présentait à lui: s'accrocher au sentiment le plus fort qui lui passait par l'esprit, et s'y cramponner jusqu'à ce qu'il en ait épuisé jusqu'aux derniers filons.

Il décroisa les bras, et d'un pas lent s'avança vers la table où s'était installé le provocateur. Il y avait fort à parier qu'il avait cherché les emmerdes en interpellant de la sorte l'Inuzuka. A moins qu'il ne soit répugnant de vilaine de nature. Arrivé à hauteur de la table, Fujin poussa un léger soupir. S'il semblait se contenir, c'était au prix d'un lourd effort. On pouvait clairement voir ses tempes battre violemment, et ses jointures commençaient à le démanger. Il posa ses deux mains sur la table, et s'appuya dessus, plantant son regard dans celui de l'inconnu.

"Bon. On va la jouer simple: je sais pas qui t'es, ni d'où tu te permets de m'parler comme ça. Alors on va dire que tu t'es trompé d'homme, et que tu retires c'que t'as dit, okay ?"

Fujin adressa un rictus à l'inconnu, et se redressa. Il lui aurait bien volontiers craché au visage, mais il se contint dans un effort suprême. Simplement, alors qu'il se dirigeait vers la sortie et qu'il passait à côté de l'homme, il murmura à son oreille:

"Si tu menaces encore une fois mon ninken, j'te pends par les couilles aux portes du village, merdeux."

Il s'éloigna sur ces paroles empreintes d'une poésie indéniable. Il regrettait presque de n'avoir pas cogné, un peu, sur cet homme qui semblait ne demander que ça. Mais, plus que tout, il était presque triste de voir que des personnes aux instincts aussi xénophobes peuplaient les rues de Kumo. C'était justement une des tares que Fujin avait pensé éviter lorsqu'il était venu s'installer dans la capitale des sciences et de la culture du continent. Force était de constater que ses idéaux n'avaient rien d'une réalité ...


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Jeu 20 Juil 2017 - 4:18

Je ne cille pas lorsque les deux poings se posent en face de moi. Ce que je fais, en revanche, c'est masquer de mon avant-bras les quelques lignes que j'ai déjà écrites tout en m'autorisant un léger sourire amusé. Il y a deux sortes de personnes dans ce monde: celles qui savent lorsqu'il vaut mieux abandonner et celles qui sont trop bêtes pour comprendre où réside leur intérêt. Inutile, je présume, de vous stipuler dans quel camp se place cet énergumène aux cheveux roses? Ce dernier me demande de retirer ce que j'ai dis. Comme si cela pouvait effacer les mots que j'ai prononcés de nos mémoires respectives. J'apprécie néanmoins l'enthousiasme de ce gaijin. Nous sommes de la même trempe, lui et moi. À la différence près que je ne me serais pas embarrassé de mots pour manifester mon mécontentement.
"C'est bon, tu as fini?" dis-je calmement. "Ce n'est pas ici que tu pourras impressionner quelqu'un, gaijin! Les vrais kumojins n'ont pas de leçon à recevoir de ceux qui abandonnent leur nation à la première petite difficulté venue."
Je relève les yeux vers lui tandis que je lui décoche un sourire narquois. Il est vrai qu'une guerre civile n'est pas exactement une petite difficulté. Surtout si ce que l'on dit sur celle qui ravage Hi no kuni est vrai. Je hausse alors un sourcil lorsque je découvre ses tempes animés par ses pulsations cardiaques. Ce qui a pour réaction d'accentuer mon sourire.
"Loin de moi l'idée de critiquer mais as-tu déjà songé à prendre des cours de gestion de la colère?"
C'est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, je le reconnais. Quoi qu'il en soit ma phrase ne semble pas vraiment atteindre ses oreilles puisqu'il est déjà en train de s'éloigner tout en proférant une nouvelle volée de menaces. Me pendre par les couilles aux portes du village? Voici bien une idée laborieuse... Il suffit simplement de les couper, non? Quoi qu'il en soit je perçois sa mise en garde comme un défi. Et puis ne m'a-t-il pas traité de merdeux?

Je saisis une tige de métal qui adopte rapidement la forme d'une lame entre mes mains avant de la décocher en direction de l'étranger. Cette dernière atteint sa cible, à savoir l'étagère qui se trouve devant lui. Une manière de récupérer son attention.
"Excuse-moi mais j'ai un doute tout d'un coup! Est-ce que je viens de me faire traiter de... merdeux par un lâche?" dis-je en adoptant un air sceptique. "Et dire qu'au début je croyais que l'animal c'était ton caniche, dans votre duo. Comme quoi..."
Je sens alors une main me saisir par le col et tenter de me soulever avec suffisamment de force pour que j'accompagne le mouvement. Je découvre alors l'un des bibliothécaire. Un vieil homme qui me lisait des histoires quand j'étais gamin et que je ne peux donc décemment pas frapper. D'autant plus qu'il connaît bien mon grand-père. Et la suite, prévisible, ne tarde pas à arriver. Une volée de sermons quant au comportement à adopter dans une bibliothèque.

Heureusement je ne suis pas le seul à en faire les frais et le gaijin et moi sommes donc proprement expulsés de ce lieu de savoir. Je m'allume une clope en feignant l'indifférence. Mais je bouillonne intérieurement: je devrai attendre encore un peu pour écrire à Shiori. Et tout ça par la faute d'un foutu étranger incapable de rester à sa place et de museler son canidé de compagnie. Les choses changent dans ce village, c'est un fait. Et pas en bien, croyez-moi!
"T'es content de toi j'imagine?" dis-je en tournant un regard mauvais vers l'intéressé. "J'étais peinard dans mon coin et il a fallu que tu viennes foutre la merde! Connard, va!"
Je sers les poings, prêt à lui bondir dessus. Mais une place aussi peuplée que celle qui borde la bibliothèque est forcément rempli de témoins. Et puisque j'ai épuisé mon quota de conneries pour les dix prochaines années je suppose que je ne peux pas céder à mes pulsions. Pourtant je ne peux pas décemment rester sans rien faire. L'honneur du clan Metaru est un jeu! Un Inuzutruc ne peut pas s'en tirer à si bon compte après avoir insulté un manieur de métal. Cette simple idée me donne la nausée.
"Alors? Comment comptes-tu te faire pardonner?"
je vois mal ce qu'un étranger aurait à m'offrir en guise d'excuses! Maisl aura peut-être une idée pour éviter que je lui arrache le reste de ses cheveux, allez savoir...

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t410-metaru-kira-uc

Dim 23 Juil 2017 - 16:50

Fujin se laissa traîner hors de la bibliothèque sans opposer de grande résistance. Il était simplement déçu d'avoir compromis largement son accès à ce lieu sacro-saint du savoir pour les temps à venir. Sans parler, bien évidemment, de la colère qui se faisait chaque instant plus grande. Il était particulièrement agacé d'avoir été appelé un "lâche" de la part de quelqu'un qui considérait qu'il y avait de "vrais Kumojins" et d'autres moins dignes de porter ce titre parce qu'ils venaient d'ailleurs. Fujin semblait avoir trouvé en cet homme l'incarnation de tout ce qu'il détestait le plus, et qu'il redoutait de jamais rencontrer à Kumo. C'était l'incarnation même de la stupidité, incarnée qui plus est dans un esprit malin et fallacieux.

Arrivés dehors, Fujin chercha d'abord à s'éloigner de cet individu en ignorant ses paroles. Il était assez étonné qu'ils n'en soient pas encore venus aux mains, et si l'autre semblait trouver sa gestion de la colère médiocre, Fujin était en revanche assez fier de voir qu'il avait réussi à repousser aussi loin le moment où -inévitablement- sa fureur devrait exploser. Les Inuzuka ont ceci d'handicapant qu'ils partagent avec les bêtes un lien tellement fort qu'ils en viennent à s'approprier quelques-unes de leurs caractéristiques essentielles, comme la brutalité animale, par exemple, ou l'agressivité. Fujin n'avait jusque-là jamais eu trop de problèmes quant à des débordements de quelque nature que ce soit. Il faut dire qu'il se tenait généralement suffisamment à l'écart des autres pour éviter ce genre de désagréments. Mais il doutait être capable de résister face à un cas comme celui-ci ...

En effet, il ne tarda pas à craquer. Malgré tous ses louables efforts pour chasser au loin cette voix qui continuait de lancer dans sa direction des piques, il ne pouvait faire autrement que de percevoir ces mots qui, un à un, frappaient un peu plus son cerveau, le martelant jusqu'à ce que tout devienne insoutenable. Alors, seulement, Fujin fit volte-face, empoigna par le col l'exécrable individu et le souleva de terre autant que ses forces le lui permettaient. S'il ne l'avait pas encore frappé, c'était par quelque intervention d'une bribe de raison.

Il resta un moment immobile, tenant cet homme à bout de bras à quelques centimètres au-dessus du sol. Son poing hésitait. Mais il était déjà trop tard pour qu'il se laisse aller à la fureur. S'il le frappait maintenant, ce serait en pleine connaissance des conséquences. L'aveuglement par la colère n'avait duré qu'un bref instant, qui avait cependant été un instant de libération. Fujin laissa retomber l'homme, mais continua de le fixer du regard.

"Me faire pardonner ? De quoi, exactement ? De t'avoir rappelé à l'ordre ? De t'avoir remis à ta place ? J'pensais que Kumo n'abritait que des gens intelligents, que les crevures comme toi avaient leur juste place dans les guerres. Tu devrais t'en aller voir à Hi. Tu les verrais bien, là, les petites difficultés. Et j'suis à peu près sûr qu'on t'accueillerait à bras ouvert. Après tout, les enflures attirent les enflures, non ?"

Fujin commença à s'éloigner. Mais très vite, il se rendit compte qu'il n'en avait pas tout à fait terminé. Il réalisa soudain à quel point les mots qu'il avait reçu en plein poire étaient violents, et combien il ne pouvait décemment pas les laisser passer aussi facilement. Il se retourna à nouveau, et revint sur ses pas.

"Toi, tu as toujours vécu dans un pays en paix. Tu ne sais pas ce que c'est la guerre, entre des gens d'un même peuple. Tu me reproches d'avoir quitté une nation ? Mais je n'ai pas souvenir d'avoir jamais croisé quelque chose qui ressemble de près ou de loin à une nation à Hi ! C'est à peine si on pouvait distinguer les membres d'une famille quand ils s'éventraient ! Est-ce que tu as jamais imaginé quel était le prix de l'arrivée des Nara ici, à Kumo ? Quelles ont été les conséquences de leur départ ? Un bain de sang, voilà ce que c'est ! Et ce bain de sang, j'ai grandi dedans. J'y ai pataugé jusqu'à ce que je n'aie plus rien à perdre ! Alors là, seulement, je suis venu ici, où je pensais trouver un peuple d'érudits et de sages. Apparemment, t'es l'exception à la règle."

Il s'arrêta un instant. Il avait la tête en feu. La colère était un bon défouloir, agréable, mais à quel prix ? Il avait du mal à imaginer quelle serait la riposte qu'on pourrait lui renvoyer, mais il s'imaginait que les choses n'en resteraient pas là.

"Tu vois ? Ca a ça de bon d'être un lâche: pas besoin de se faire pardonner."


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Mar 25 Juil 2017 - 21:53

Et voilà, j'ai droit à une diatribe sur la vie à Hi et les difficultés qui en découlent. J'imagine que ce n'était pas rose tous les jours, ouais. Bien qu'un environnement aussi violent me conviendrait assez bien je pense. Au moins là-bas ils n'ont pas le loisir de s'ennuyer... Avec un peu de chance le Raïkage abusera de son pouvoir et déclenchera une guerre avec le Feu. Après tout cette nation serait sûrement facile à conquérir. Après tant de combats je doute qu'il reste suffisamment de shinobis pour pouvoir s'opposer à une annexion par la Foudre. Nous pourrions nous aussi nous joindre aux festivités. Le prix, malheureusement, serait de devoir régner sur une bande de ratés incapable de s'entendre alors qu'ils sont du même pays. Quelle piètre image ces clans donnent de leur nation...

Toujours est-il que je suis vexé qu'il me considère comme un ignare en ce qui concerne la guerre. Je n'ai peut-être pas vécu les mêmes choses que lui mais nous n'avons pas non plus été exemptés de difficultés à Kaminari. J'ai vu le sang couler et des fermes brûler. La mort est présente partout, tout le temps. Croit-il avoir été le seul à pouvoir observer la cruauté des Hommes? Cette idée m'arrache un sourire. C'est bien leur genre, tiens, à ces gaijins: croire qu'ils sont les seuls à avoir souffert. Sauf que contrairement à nous, c'est qu'ils l'ont décidé. Après tout n'ont-ils pas décidé de se faire la guerre entre frères? Qu'ils assument! C'est trop facile d'utiliser le passé comme bouclier!
"C'est bon? Tu as fini?" dis-je sur un ton moqueur. "Tu ne t'attends tout de même pas à ce que je lâche une larme pour la situation que vous avez vous-même provoquée, j'espère?"
À vrai dire il pourrait m'expliquer pendant des heures pourquoi il a quitté sa nation que ça ne changerait rien. J'aime mon pays. Suffisamment pour tomber en son nom s'il le fallait. Je ne sais pas si j'arriverais à mettre fin à une guerre civile. Mais ce dont je suis certain, en revanche, c'est que je ne fuirais pas devant la difficulté. je serais le dernier Metaru vivant que je continuerais de me battre pour la bannière de ma famille et l'honneur de mon pays.
"Et non, je ne me questionne pas sur le prix que vous avez dû payer, vous, les gaijins! Tout simplement parce que je vois les avantages que vous avez obtenus et que vous semblez oublier malgré le fait que vous en profitiez abondamment! Vous pouvez vous reposer sur la sécurité de notre nation ou encore sa technologie et ses connaissances. Le Raïkage fraîchement élu n'est-il pas un Nara d'ailleurs? Un membre du clan responsable de cette fameuse guerre qui déchire ton si précieux pays? Arrête de pleurer la bouche pleine!"
Je lâche un soupire dédaigneux: toujours à se plaindre, ces étrangers! Mais ils oublient que les kumojins ne sont pas responsables de leurs déboires et que grâce à nous, ils peuvent vivre en paix. Alors la moindre des choses serait de témoigner un peu de respect envers les personnes qui les ont accueilli et leur ont offert l'opportunité de gagner en influence. Pourquoi dois-je avoir ce débat avec ce connard? Ne comprend-t'il pas qu'il est dans l'ordre des choses de simplement témoigner du respect à ses sauveurs?
"Quant aux lâches... Ils ne ressentent peut-être pas le besoin d'être pardonnés mais ils doivent vivre avec leur conscience. Et à ce niveau-là j'ai l'impression que tu ne t'en sors pas trop mal! Peut-être parce que tu es doué d'autant de raison que les animaux avec lesquels vous vivez?"
Des chiens de combat... Tsss... C'est complètement ridicule! Je sais malgré tout que je passe mes nerfs sur lui parce que l'élection de cet étranger au poste suprême m'irrite au plus haut point. Les natifs perdent l'influence qui leur revient de droit au profits de tous ces fuyards de Hi. Cet Inuzutruc était simplement là au mauvais moment, au mauvais endroit. Et son manque de jugeote et de respect nous poussent maintenant à nous donner en spectacle sur cette place bondée...
"Enfin... Il semblerait que le respect est une chose qui ne fait pas parti de votre éducation... Alors dans ce cas je suis dans l'obligation de te l'inculquer! Les inférieurs comme toi ne comprennent rien au bon sens..." dis-je en tournant les talons. "Si je retrouve ton clebs avant toi, je le bute! Si c'est l'inverse, je consens à oublier ton manque de respect. Pour cette fois en tout cas..."
Je dévoile la lame d'une petite faux d'acier pour qu'il saisisse bien ce qui est en jeu. Je ne sais pas si je mettrai la main sur cette bestiole avant lui. Pour être honnête j'en doute. Mais j'ai une lettre à écrire à Shiori et j'ai déjà perdu trop de temps. Autant régler ce problème en lui donnant un aspect ludique. Un jeu de ce genre sera toujours plus distrayant qu'un débat avec un lâche qui croit en son courage...

Je lui décoche un sourire mauvais avant de bondir sur le toit le plus proche puis sur le suivant,
disparaissant de son champ de vision. Bon bon bon! Où se cache ce clebs?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t410-metaru-kira-uc

Mer 26 Juil 2017 - 10:39

La situation avait tourné au vinaigre, plus encore que Fujin n'avait pu l'imaginer. Il pensait être tombé au plus bas de son seuil de tolérance avec les derniers mots de l'inconnu, mais il semblait qu'il ne doive pas se reposer uniquement sur la colère. L'angoisse l'avait suivie, et de près. Voilà que Fujin se retrouvait à parcourir les toits du village pour retrouver au plus vite la trace de Kong, sous peine de ne remettre la main que sur sa dépouille. Le défi lancé par cet odieux personnage représentait certainement plus qu'il ne l'imaginait. Le lien entre un Inuzuka et son ninken semblait être chose abstraite pour lui, mais elle était bien réelle pour Fujin, et il comptait d'ailleurs dessus pour retrouver Kong au plus tôt. Ca et ses sens, qui lui permettaient de songer la foule des Kumojins avec précision.

Tout en voltigeant sur la canopée de tuiles, il ne pouvait s'empêcher de se repasser les dernières diatribes du provocateur. Il ne savait pas qui il était, mais cet homme-là faisait preuve soit d'une mauvaise foi absolument stupéfiante, soit d'une réelle forme de méchanceté et d'ignominie. Fujin lui aurait volontiers répliqué qu'il n'avait jamais rien fait qui puisse provoquer cette guerre civile qui déchirait Hi, qu'il était né dans un pays déjà en conflit, et qu'il n'avait en aucun cas l'impression de faire quoi que ce soit pour profiter de prétendus avantages. Il se sentait égal des Kumojins de souche, si l'on peut dire, et si un Nara venait d'être élu Shodaime Raïkage, c'était simplement parce qu'il était plus convaincant que les autres candidats, voilà tout. Pourquoi y voir nécessairement une façon de dévaloriser les clans originaires de Kaminari no Kuni ? C'était une façon de voir les choses bien archaïques, aux yeux de Fujin, qui préférait voir la communauté de Kumo comme un ensemble parfaitement homogène de peuples divers. Sans doute se berçait-il d'illusions ...

Une odeur familière parvint aux narines de Fujin. Une odeur de laquelle il ne se départait généralement pas, et qui lui semblait si précieuse à présent. Il sauta du toit sur lequel il se trouvait, arrachant au passage une ou deux tuiles, et atterrit sur le sol dallé. A quelques mètres devant lui se trouvait Kong, l'air parfaitement innocent et assez content de retrouver son maître. Fujin s'approcha du Ninken et s'accroupit devant lui, en le gratifiant d'une affectueuse caresse. Kong jappa joyeusement. Fujin soupira de soulagement.

"Tout va bien pour toi, hein ?"

Nouveau jappement de contentement. Fujin flaira une nouvelle odeur, qui lui plaisait nettement moins que celle de son ninken. Il se retourna pour voir sans trop de surprise apparaître l'inconnu si désagréable.

"Dommage pour toi. Une minute avant, t'aurais pu te régaler à tuer un ninken. Qu'est-ce qu'on avait dit, déjà ? Que tu oubliais mon "manque de respect", si je gagnais ?"

Fujin sourit narquoisement. Kong, lui, avait l'air plutôt nerveux. Sans doute commençait-il à comprendre la menace que représentait cet individu.

"Fais c'que tu veux. Mais t'étonnes pas si, un jour, tu te rends compte que tout le monde t'évite. Même ... Shiroi, c'est ça ?"


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Ven 28 Juil 2017 - 5:46

Où est-ce qu'il se cache, ce clébard? Il peut être n'importe où et Kumo est grande. Demander à chaque personne que je croise s'ils n'ont pas vu un chien? Une perte de temps. D'autant plus qu'il me faudrait alors engager le dialogue avec la plèbe et que ce n'est pas exactement un domaine dans lequel j'excelle. Ou que j'apprécie. Et puis ce n'est pas spécialement amusant. Car dans le fond je me fiche pas mal que ce chien meurt ou non. Ce qui importe, c'est le stress - la peur? - que j'ai pu provoquer chez cet irritant gaijin. Le fait qu'il s'inquiète pour sa bestiole est déjà une victoire en soi.

Il me faut plusieurs minutes pour retrouver le quadrupède. Mais je remarque alors qu'il n'est pas seul et que son propriétaire l'a rejoint avant moi. Irritant. Surtout lorsque je perçois le soupire de soulagement qu'il relâche. C'est... irritant. Je m'approche alors du duo et le chien est le premier à flairer ma présence. Suivi peu après par son maître qui y va de sa petite réplique arrogante. Il est vrai qu'il était question de faire une croix sur son manque de respect s'il remportait cette petite épreuve improvisée. L'envie de lui en décocher une en plein dans la mâchoire m'envahit comme un poison. Mais à défaut je me contente de hocher vaguement la tête pour confirmer ses propos.
"Je n'ai qu'une parole..." dis-je avec une pointe de regret. "Et puis j'aurais sans doute eu des problèmes si la rumeur que je me suis mis à égorger des chiens s'était répandue. Alors disons que je me satisferai de l'inquiétude que tu as du ressentir!"
Comment l'a-t-il trouvé avant moi? Je suppose qu'il n'y a rien d'étonnant à cela finalement. Entre animaux, ils doivent se flairer mutuellement. L'odorat est bien l'un de leurs seuls avantages sur l'humanité après tout. J'observe le chien quelques secondes avec un mélange de dégoût et de curiosité. Et je ne parle pas du quadrupède mais bien du bipède qui me fait face. En quoi est-il différent de sa bestiole?

Je m'apprête à tourner les talons mais l'étranger a le mauvais goût de poursuivre la conversation. Il me jette à figure ma probable future solitude et évoque moque Shiori. Enfin... Shoiri. Une preuve qu'il n'a sans doute pas eu le temps de saisir pleinement le contenu de la lettre que je rédigeais. Et donc sa teneur. Que faire? Lui donner raison en exprimant ma colère ou me contenter de jouer la carte de l'abnégation? Autant tuer dans l'oeuf toute future moquerie.
"Et bien je suppose que le jour où tout le monde m'évitera je pourrai profiter d'un semblant de tranquillité! Pourquoi devrais-je m'en plaindre? Autant être seul que mal accompagné..." dis-je en haussant les épaules. "Quant à Shoiri... En quoi devrais-je me soucier qu'une marchande étrangère m'évite? Ce n'est pas les opportunité de faire commerce à l'étranger qui manquent au clan Metaru. Contrairement à vous, nous avons l'avantage d'être courtisés!"
J'ai un léger pincement au coeur lorsque mes propres mots parviennent à mes oreilles. Mais que faire sinon nier ce qui est peut-être trop évident finalement? Je ne donnerai pas à ce gaijin les armes pour m'atteindre. Je hausse une nouvelle fois les épaules pour souligner ce qui pourrait être une forme d'incompréhension sur le sens de sa remarque avant de tourner les talons pour filer vers d'autres horizons. Je lui adresse au passage un vague signe de la main en guise d'au revoir. Car nous nous reverrons, c'est évident.

Pour l'heure j'ai toujours une lettre à écrire. Une lettre que j'ai trop longtemps négligé de rédiger...

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t410-metaru-kira-uc

Sur les bancs du savoir [Metaru Kira]

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Foudre :: Kumo, village caché des Nuages :: Grande Bibliothèque
Sauter vers: