Partagez | 

Observer le monde depuis un banc [Leoko Nora & Takabe Setsuna]


Lun 17 Juil 2017 - 14:55

Fujin était assis sur un banc. Il regardait passer les gens devant lui. Il était étonné de voir combien le flux des marcheurs semblait ininterrompu. Depuis presque une heure qu'il était installé, il n'avait pas passé une seule minute sans voir quelqu'un déboucher d'une rue pour arriver sur cette place -qui constituait son lieu privilégié d'observation, son perchoir, l'on aurait pu dire- et en repartir tout aussitôt, pressé par quelque mystérieuse contrainte cependant suffisamment importante pour le faire filer avec l'air le plus préoccupé du monde.

Il enviait beaucoup ces gens-là, en fait. Eux étaient pressés par les contraintes des responsabilités, envahis par une multitude de choses à prendre en compte, sans doute, et jamais satisfaits sinon quand ils s'arrêtaient une bonne fois pour toute, que ce soit pour dormir ou pour mourir. A côté d'eux, Fujin faisait pâle figure. Voilà des semaines qu'il n'avait pas reçu le moindre ordre de mission, la moindre instruction de ses supérieurs. Il en était arrivé à un stade où la paranoïa prenait le dessus sur la raison, et où il se demandait finalement si son nom n'avait tout simplement pas été rayé par erreur des listes des Shinobis actifs du village. A moins qu'il n'aie commis quelque faute grave qui lui avait valu d'être radié sans préavis ? Toujours est-il que la vie de Shinobi à proprement parler, c'est à dire celle de soldat en exercice de ses fonctions, traquant le crime et l'ennemi, lui manquait cruellement. Jamais, en s'engageant au service de Kumo, il n'aurait pensé rester si longtemps inactif.

Kong lui lécha le dos de la main, geste auquel Fujin répondit d'une caresse affective sur la tête de son compagnon. Il soupira longuement, imité par Kong.

"On s'emmerde bien proprement, hein ?"

Le loup répondit d'un long et profond bâillement.

Fujin reporta son attention sur la foule des passants. Les tenues bigarrées défilaient toujours, dans un continuel ballet polychrome. Parmi ceux-là, Fujin distinguait quelques bandeaux frappés aux armes du village. Etait-il le seul à s'ennuyer profondément, ou y avait-il, parmi ses pairs, d'autres oubliés ? Sans doute la ferveur qui prenait en tenaille tout le village était-elle grandement responsable de la paralysie d'un nombre de ses effectifs, qu'il soit important ou pas. Peut être l'activité reprendrait-elle de plus belle une fois le Kage du village élu ? Tout dépendrait, certainement, de la politique qu'il déciderait de mener. Il n'était donc possible que de faire des hypothèses pour le futur. En somme, rien de très rassurant. Ni de très immédiat.

Pour pimenter sa journée, et la doter d'un intérêt impatiemment attendu, Fujin n'avait qu'un seul espoir: que quelque événement vienne le tirer de sa lassitude profonde en le hissant hors d'un quotidien médiocrement intéressant. Mais ni lui ni Kong ne semblaient y croire vraiment ...


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t511-inuzuka-fujin-en-reflexion http://www.ascentofshinobi.com/t730-equipe-2-senshi-kumo#3485

Mer 19 Juil 2017 - 0:35
Loin de son actuel habitat, Nora profitait d’une pause bien méritée. N’aimant restée recluse dans un seul et même endroit, elle se laissait guider à travers les innombrables ruelles composant Kumo. Bien du temps s’était écoulé depuis son arrivée dans cette cité du savoir et de la métallurgie, mais nombreux étaient les lieux qu’elle n’avait toujours pas visités. Avide d’aventures et de curiosités, ce n’était pas l’envie qui la retenait, mais une quantité anormale d’imprévus à gérer pour une frêle demoiselle de vingt ans seulement.
Cette balade frugale devait être une échappée à ses problèmes. Un moyen de les extraire temporairement de sa tête pour apprécier enfin les merveilles dissimulées dans ce village. Le temps d’une marche décontractée, elle se devait d’oublier le nombre hallucinant de créancier à sa poursuite ainsi que le lien pour le moins cocasse, la retenant à Shuu. L’heure comme la température étaient d’ailleurs idéaux pour effacer ces mauvais augures : Un début d’après-midi où chaleur et brise apaisaient onctueusement les âmes accablées.

Dotée d’une garde-robe très peu variée, c’était toujours avec sa tunique blanche ornée de bandes dorées que Nora se montrait dans la rue. En soi, ce n’était pas ce vêtement le problème. Le tissu qui le composait était d’ailleurs de très bonne manufacture. Censé représenter la pureté des moines, il soulignait sensiblement sa silhouette svelte ainsi que son fessier rebondi. Cerise sur le gâteau, il contrastait beaucoup trop avec l’alléchant décolleté que la jeune femme avait tendance à montrer. Que ce soit de jour ou de nuit, il n’était donc pas rare de voir des coups d’œil plonger vers sa chair succulente plutôt que vers sa vertu moniale.
Ces regards coquins qui la mitraillaient fréquemment, Nora s’en était habituée depuis bien longtemps. Dans le cas contraire, elle aurait été incapable d’extorquer de si colossales sommes à des pigeons affamés. Pendant qu’ils salivaient sur la proximité de sa chair, elle les envoûtait de paroles sulfureuses pour les faire craquer. C’était de cette manière que Shuu s’était fait berné. Et c’était à cause de ses attaques si minutieuses qu’elle s’était vue versée de l’alcool sur sa poitrine par ce même Shuu. A lui tout seul, il avait prouvé toute l’imagination que pouvait avoir un créancier afin de récupérer son argent. Nora ne souhaitait pas se souvenir d’un tel passé où son actuel « faux » chéri abusait d’elle gratuitement. Certes, c’était toujours le cas aujourd’hui, mais elle avait droit à de juteuses compensations.

Sans qu’elle le veuille, elle souvint d’une personne et d’une discussion bien spéciale qu’elle avait eu avec ce dernier. Sans surprises, le sujet évoqué était une somme rondelette que devait le moine à quelqu’un. Comme de nombreuses fois, elle aurait pu filer en douce, mais l’imagination des créditeurs était aussi étendue que leur détermination à récupérer leur blé. Pour la cadenasser complètement, elle avait été ingénieusement encerclée par des hommes visiblement débrouillards. Souvent peu encline à la baston, elle avait été contrainte de partir dans une série de négociations interminables où son corps et sa vie furent en jeu. Grâce à un miraculeux argumentaire, elle avait été capable de retarder l’échéance à…. Aujourd’hui.
Larmes de pierres assaillirent son cœur attristé. Sa mémoire sélective lui rappela méchamment qu’elle avait rendez-vous avec un homme de main travaillant pour son créditeur. Pourquoi le créditeur ne venait-il pas lui-même ? Allez savoir ! Peut-être craignait-il de se faire séduire une énième fois par les touchers méticuleux du moine et de lui accorder un énième délai d'acquittement…

Nora n’avait pas spécialement envie d’aller à sa rencontre. Profiter de sa fructueuse promenade était de loin, son unique désir. De toute façon, elle préférait rester loin des véhémentes demandes de remboursement. Surtout qu’au départ, on ne lui disait jamais que l’argent qu’elle gagnait s’appelait « Reviens » ! Ce sournois détail s’ajoutait toujours après chacun de ses gros gains monétaires et elle avait de plus en plus de mal à en cacher son agacement.
Au beau de son repos spirituel, Nora prit la peine de se questionner. Ne pas aller à ce rendez-vous risquerait d’envenimer une situation déjà bien complexe. Ce ne serait pas le premier énergumène avec qui le moine serait en froid, mais il s’empilerait quand même sur une liste déjà longue. S’y rendre ne l’enchantait guère. Non seulement, elle n’avait pas de quoi les rembourser, mais à aucun moment, elle n’avait eu l’intention de leur rendre leur soi-disant dû. Le moine semblait comprendre le merdier dans lequel elle allait s’embourber qu’importe son choix. Shuu aurait pu l’aider à gérer ce problème pénible, mais elle n’avait nullement l’envie de dépendre de cet alcoolique fana de popotins charnues.

Fruit d’une réflexion aboutie, une solution émergea de son immense fourberie. Selon elle, une clé qui pourrait éliminer ces tracas comme n’importe quel autre. Elle empestait la honte ainsi que l’embarras, mais pour un moine béni par le culot, ces sentiments semblaient tellement dérisoires ! Têtue comme une mule, elle s’était déjà mis en tête d’appliquer sa perfide stratégie à ce rendez-vous aux sommets. Faisant turbiner ses méninges, elle retrouva au fond de sa mémoire, le lieu dans lequel ils avaient convenus la restitution monétaire : un banc en plein centre-ville. Seul l’horaire de rencontre lui échappait, mais son instinct supposait qu’elle devait être en retard de plusieurs minutes.
Sa pause fut donc momentanément interrompue. Si sa fomentation se déroulait comme elle le souhaitait, elle retrouverait rapidement la tranquillité d’une balade post-vespérale. La face calme, son cœur s’excitait presque à l’idée d’humilier l’un de ses créanciers. Il avait malheureusement fallu que ce soit lui. Quelqu’un d’autre aurait pu y passer, mais la chance ne pouvait sourire à tout le monde.

Ses résidus évasifs de mémoire la menèrent à une rue active de Kumo desservant plusieurs quartiers attractifs. Le moine sembla beuguer un instant en se demandant pourquoi un échange s’effectuerait dans une rue au trafic actif. Cependant, lorsqu’elle vit cette personne vautrée vulgairement sur un banc, les cheveux rebelles, accompagné d’un chien effrayant, plus aucun doute ne la tourmenter. Pour Nora, ce loubard devait être le fameux intermédiaire entre elle et son créancier sensible à ses charmes. C’était on ne peut plus certain. La position lessivée du jeune homme sur la chaise devait certainement dire qu’il attendait depuis bien trop longtemps la retardatrice. Quant à la mèche agressive… elle voulait tout dire ! Comme ce chien aux formes lupines en fait.
La face respectueuse et saupoudrée d’un sourire amical, Nora se tint donc vers l’homme assis quelques secondes avant de le saluer d’une honorable révérence. Suite à ces solennelles présentations, Nora mis en place son piège en haussant violemment la voix pour bien entendu par toute la foule passante :

« Veuillez sincèrement m’excusez, mais pour le moment je crains d’être dans l’incapacité de rembourser l'argent que je vous dois ! »
la machination débuta juste après un bref rictus narquois qu’elle cacha en courbant son dos, désolée. Son timbre n’avait toujours pas faibli et semblait d’une moralité destabilisante « Certes, il avait été convenu que je sois l’objet de vos immondes fantaisies ou que je sois donnée en pâture à votre chien, si par malheur je n’arrivais à vous rembourser aujourd’hui. Je ne veux pas remettre en cause notre accord, mais je vous demande de faire preuve de pitié et de me laisser encore un peu de temps avant de vous dédommager ! Je vous en supplie !!! ».

Le pipeau était un instrument à manier avec un certain doigté. Le public qui avait pris le temps d’écouter cette complainte s’était complètement fait bernée par la venimeuse honnêteté d’un moine ne souhaitant pas débourser un seul ryo pour payer une soi-disant dette. Autrefois, son manque de pugnacité lui avait coûté cher face à Shuu. Elle ne comptait donc pas faire la même erreur face à ce créancier en le forçant ingénieusement à une rétraction forcée. Voilà des actions peu cléricales, mais dès que de l’argent entrait en jeu, Nora était prête aux pires crasses…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t336-leoko-nora-le-moine-avare-termine

Mer 19 Juil 2017 - 11:16
La jeune fille était posée sur un des arbres qui composait la rue marchande de Kumo. Il y avait foule aujourd'hui, ce qui était assez compréhensible. Le nombre de nouveaux arrivants étant relativement important ces derniers jours. Sans doute que l'élection du futur Shodaime Raikage y était pour quelque chose, car ça symboliserait réellement le départ de Kumo. Le chef du village hein ? Cette position intéressait vaguement la jeune fille, sans plus. Elle savait pertinemment qu'elle était bien trop jeune, inexpérimentée et faible pour assurer une telle position. Et puis il y avait de biens meilleurs candidats. En fait, ce n'était même pas dit qu'on autorise une Genin comme elle à se présenter. C'est pour ça qu'ayant réfléchi parmi les différents candidats, elle avait déjà décidé à qui donner son vote : Nara Seijiro, un homme qu'elle estimait de confiance. Et puis, c'était un ancien compatriote d'Hi no Kuni, en toute logique. Enfin, pour le moment, la jeune fille cherchait surtout à se reposer et écrire la suite de son livre. Ho, ce n'était absolument pas un ouvrage technique. Non, simplement un roman inspiré du monde ninja dans lequel ils vivaient tous. Elle n'avait encore aucune idée du nom qu'elle allait lui donner.

Tranquillement installée donc la jeune demoiselle ne craignait pas de tomber car elle s'était accrochée à l'arbre avec ses câbles, pour lui permettre de se concentrer totalement sur l'écriture. Elle était sur un passage descriptif assez difficile à aborder et elle avait besoin de se concentrer pour ça. Alors que son stylo noircissait sa feuille, un juron se fit entendre, porté par une voix masculine qu'elle ne connaissait pas. Qui ça pouvait bien être ? Se laissant finalement distraire, la blonde vit qu'il s'agissait ni plus ni moins d'une sorte de pseudo-punk ou quelque chose du genre. Un type coiffé à l'iroquoise et aux cheveux rouges, le regard mauvais. N'étant pas du genre à juger les personnes par rapport à leur apparence, elle était quand même sceptique. Néanmoins, le loup à ses côtés attira son attention. Inuzuka ?

Enfin, ça ne la regardait pas vraiment, pour le coup. Tentant de se replonger dans l'écriture de son roman, c'est à peine quelques instants après qu'une autre voix la dérangea. Bon sang, elle qui voulait justement être un peu tranquille aujourd'hui, c'était raté. Soupirant d'exaspération, elle finit par ranger son paquet de feuilles dans son sac, ainsi que son stylo en observant la scène. Une véritable bombe aux cheveux noirs était arrivée et était en train d'essayer de négocier pour payer sa dette plus tard, à l'hypothétique Inuzuka. C'était un poil agaçant et elle se doutait que ça allait bientôt sentir le roussi. Sans mauvais jeux de mots. Que faire ?

C'est finalement après un instant que Setsuna utilisa ses chaînes afin de se propulser hors de l'arbre et fit donc un saut des plus honorables. Son ombre et sa silhouette d'ailleurs bloqua l'espace de quelques micros-instants la vue du soleil pour les deux autres, car elle avait sauté pile au-dessus d'eux. Certes, elle était en robe, comme à l'habitude mais ils n'avaient sans doute pas eu le temps de réagir et observer ce qui devait rester cacher avant qu'elle n’atterrisse à terre, juste derrière eux.

- « C'est bien ma veine, moi qui voulais être tranquille. Impossible d'écrire mon roman sans se taper deux personnes qui roucoulent à côté. Franchement, y'a des hôtels pour ça. »

Une petite pique, lancée à moitié en plaisantant, ça se sentait à sa voix. Il faudrait être un idiot pour ne pas le remarquer, ça et le léger sourire amusé qu'elle avait sur le visage. Néanmoins, il y avait un point qui la dérangeait dans tout ça, tandis qu'elle s'amusait à faire léviter ses chaînes, comme à son habitude.

- « Après, de vous à nous, c'est pas très prudent de faire ce genre de règlements de comptes dans un endroit bondé comme ça. Ça peut dégénérer assez facilement, surtout quand de l'argent est en jeu. Croyez-en mon expérience. »

Ho oui, elle ne le savait que trop bien. Elle-même eut quelques soucis avant son départ d'Hi no Kuni, pour justement avoir assez d'argent afin de financer le voyage, tandis que le pays était en proie à la guerre. Des souvenirs très déplaisants.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t530-takabe-setsuna-terminee

Ven 21 Juil 2017 - 10:52

Fujin leva un sourcil en repérant parmi la foule des passants une jeune fille particulièrement séduisante. Suffisamment, en tout cas, pour qu'elle se distingue de la masse de la plèbe. Quoiqu'il ne fût pas particulièrement du genre à reluquer la première venue dans la rue, Fujin avait cependant l'oeil pour déceler les perles rares parmi le peloton du commun des mortels. Mais, ce qui l'étonna vraiment, ce fut que cette jeune fille-là s'approcha de lui et le salua dans une gracieuse révérence.

"Gnéh ?"

Il ne la connaissait ni d'Adam ni d'Eve, et la voilà qui commençait à lui raconter sa vie et à mettre sur son compte quelque commerce frauduleux dont la nature ne devait rester mystérieuse pour personne dans la venelle. En effet, la jeune fille semblait prendre le plus grand soin à se faire entendre de tout le monde, en adoptant un ton qui devait la disculper aux yeux de tous, face à cet individu à l'allure certainement répréhensible, et accompagné d'un loup, qui plus est. Fujin aurait volontiers répondu quelque chose à cette colporteuse de mauvaises rumeur -et pas forcément avec son ton le plus aimable- quand un nouveau problème tomba du ciel, ou plutôt de l'arbre le plus proche.

Une nouvelle jeune fille apparaissait, l'air visiblement plus agacée qu'amusée par la situation, quand bien même elle se permettait une pointe d'ironie. Fujin en venait à se demander si c'était le destin ou simplement un hasard particulièrement zélé qui en venaient à mettre sur sa route les donzelles ainsi. Mais il se rappela bien vite à l'ordre, en focalisant à nouveau son attention sur le véritable problème du moment, c'est à dire son accusation fallacieuse pour des crimes qui restaient encore assez flous à ses yeux.

"Une minute, une minute ! Déjà, chaudière va baisser le ton et la gardienne des moeurs va se mêler de ce qui la regarde!"

Il trouvait étonnant, maintenant, qu'il soit resté si longtemps sans rien dire quand il était le principal concerné par l'histoire, à son sens. Kong leva les oreilles, intrigué par cette soudaine agitation.

"J'peux savoir exactement ce qu'on me reproche ? Parce qu'à part ne rien foutre depuis des semaines, j'pense pas être coupable d'aucun crime. C'est plutôt à l'autre, là -dit-il en désignant la première qui l'avait accosté- qu'il faut s'en prendre ! Z'avez bien vu de quelle façon elle m'a abordé ! Et quant à vos problèmes d'argent, ma cocotte, vous apprendrez qu'on aborde pas le premier venu dans la rue comme ça, surtout quand il n'a rien à faire avec vous."

Les passants se retournaient sur leur passage pour observer ce trio qui animait la rue. Fujin avait la désagréable impression de passer pour le coupable dans une histoire où il n'avait pourtant rien à faire, et cette seule pensée d'être la victime d'une injustice l'agaçait au plus haut point.

"Alors écoutez-moi bien, les emmerdeuses: vous me laissez dans mon coin, vous retournez à vos affaires, quelles qu'elles soient, et vous foutez la paix au reste du monde ! C'est clair ?"


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t511-inuzuka-fujin-en-reflexion http://www.ascentofshinobi.com/t730-equipe-2-senshi-kumo#3485

Dim 23 Juil 2017 - 0:57
Nora avait acculé le punk avec brio. Selon elle, son plan était d’une perfection absolue. Même en restant le dos vouté pour supplier un répit temporaire, ses oreilles interceptaient sournoisement les murmures grandissant dans la foule active. Tous ne s’arrêtaient pas pour observer indignés, les perfides aveux du moine bâtard. Néanmoins, les effets qu’elle espérait étaient là : Des jugements lourds de sens sur le soi-disant intermédiaire. De cette manière, elle voulait que les langues vipérines brisent complètement la détermination de la racaille mal coiffée et que pressés, il s’enfuit incapable d’obtenir son dû.
A première vue, sa manœuvre empestait une audace contrôlée et mûrement affinée. Un cerveau plus « équilibré » pourrait cependant vous affirmer sans le moindre problème qu’un nuage utopique pouvait perturber ses directives tendancieuses. Par exemple, elle n’avait pas pris en compte le caractère de sa victime. En fonction de sa physiologie, ses actions pouvaient être diamétralement opposés aux attentes du moine. Certes pour le moment, tout se déroulait comme elle le souhaitait, mais rien ne promettait que cette situation dominante reste telle qu’elle avec le temps. Il était d’ailleurs tout à fait possible qu’un acolyte soit dissimulé dans la foule pour l’épauler, dans le cas où il se retrouverait dos au mur.

Les râlements dont elle fut victime la redescendirent sur un sol plus réaliste. Il n’y avait rien de surprenant à voir quelqu’un se plaindre de cette scène aberrante, même d'elle qui avait interpellé de force, toute une communauté. Un peu de jugeotte lui aurait permis de prévoir cette probable intervention. Par contre, je pouvais tout à faire comprendre qu’elle soit dans l’incapacité d’anticiper l’entrée en grandes pompes de cette rouspéteuse. Plus remarquée que Nora la dévergondée, on ne fait d’habitude pas ! Et pourtant, la jeune demoiselle qui venait d’interrompre les négociations avaient su se démarquer aussi bien par son outrecuidance que par son courage.
Les feuilles de l’arbre dressé près du banc étaient rudement agitées. La douceur de ce vent journalier ne pouvait justifier de tels secouements. La curiosité avait donc poussé la moniale à jeter un coup d’œil rapide sur cet arbre. Elle craignait l’apparition d’un ennemi et ses doutes auraient pu s’amplifier lorsqu’elle vit une jeune femme bondir de l’arbre vers sa position. Les lueurs du soleil l’empêchèrent de développer son identité, mais quelques détails lui furent parfaitement perceptibles. A commencer par cette robe, magnifique et que la puissance du saut avait fait joliment onduler. Un rire sincère ne quitta pas les lèvres de la religieuse, visiblement honorée par cette vue. Sous la robe, la demoiselle s’était permis de regarder furtivement. Il faut dire que la sauteuse n’avait pris la peine de cacher les dessous de son vêtement. Il n’y avait pour le moment, aucune raison de dire ce qu’elle avait vu, mais un petit sourire plaisantin avait gagné le visage de Nora.

Elle ne le garda malheureusement pas longtemps lorsque la sauteuse, auteur des plaintes exprima pleinement le dérangement qu’avait causé son plan machiavélique. Comment pouvait-elle prévoir qu’une romancière était en train d’écrire perchée sur un arbre ? Relevant doucement son buste solennel, elle soupirait exténuée. C’était une manie de rencontrer des gens à l’improviste, se démarquant toujours par leur entrée en scène extravagante ? Mais bon ! Le moine ne regrettait pas le remue-ménage qu’elle avait fermenté et qui visait bel et bien à faire intervenir quelqu’un. Elle aurait juste préféré que des critiques fusent exclusivement sur le loubard accompagné de son chien. Car oui, les paroles qu’elle divulgua avec malice décontenança le visage d’une Nora rarement paniquée. Pour elle, l’amour était un sujet sérieux et que la blonde en parle avec tant de légèreté l’avait nettement troublé. Elle avec ce vandale ? Jamais de la vie !
Disons cependant que la beauté de la nouvelle intervenante rattrapa ces mots frivoles. Sa robe la mettait bien en valeur au point même de faire songer Nora. N’en ayant plus portée depuis des lustres et n’en ayant même en sa possession, elle se demandait, comme ça, si ce genre de vêtements lui irait bien. Des pensées rêveuses très féminines, mais qu’elle se permis en voyant la face persifleuse de la demoiselle. Son but semblait plus se rapprocher d’une plaisanterie que d’une réprimande et le moine en était sincèrement rassuré.

L’interlocutrice romancière gardait peut-être une once de rancune et la manière dont elle faisait tournoyer sa petite chainette n’inspirait rien de bon. Même si Nora était tranquille (comme bien souvent), son esprit restait quand même sujet à des doutes. Elle pouvait quasiment être sûre que la demoiselle aux cheveux blonds ne connaissait pas le loubard, au vu de son ton employé. Blague à part, la blonde rappela quand même que de tels règlements de compte n’avaient pas à se faire au beau milieu d’une rue bondée. Ce genre de propos, c’était à ses créanciers peu futés qu’elle devrait les adresser. « Victime » de ce rendez-vous, Nora ne fit qu’acquiescer bêtement à cette morale.
Avec cette intervention juxtaposée de corrections et de taquineries, elle en oublia presque sa présence. Cet homme, qu’elle avait voulu repousser d’une sournoise façon. Le punk. Clairement dérangé par ces arrivées invraisemblables, il ne manqua de leur indiquer à sa manière. Avec un langage flirtant avec les limites de la trivialité et de la rage acérée. Bien entendu, la plupart de ses attaques visait le moine à qui il reprochait d’être une chaudière et de l’avoir si méchamment bouleversé de sa passivité.

Sur le coup, Nora ne trouva quoi dire. Ces « pleurs » scandalisés ne correspondaient pas à un homme de main d’un quelconque créancier qu’elle aurait pu croiser jadis. De plus, aucun d’entre eux n’était suffisamment malin et crédible pour exprimer un tel mécontentement. Les plaintes du punk avaient l’air véritables et censé de l’innocenter de tout lien avec un possible créancier. Pour Nora, ce compromis semblait trop beau pour être vrai. Ne pas rencontrer ses poursuivants était toujours très reposant, mais toujours est-il que des accusations avaient été porté à son égard et elle tenait à les clarifier. La tête tournée vers la blondinette, elle était en train de repenser, quelque peu surexcitée à ses précédentes accusations romantiques qu’elle tentait d’annihiler :

« Moi ? Flirter avec lui ?? JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS !! Il n’est pas du tout mon genre. Il est trop vulgaire ! En plus, sa coupe est vraiment trop moche ! Qui pourrait tomber amoureuse d’un punk ? » Après ce flot de culot et d'irrespect, son surplus de réflexion se décanta grâce à cette courte pause. Elle reprit ensuite un air plus calme et qui lui seyait beaucoup plus. « En plus, j’ai déjà quelqu’un ! » ajouta-t-elle fièrement en repensant à son ivrogne de faux mari.

Une question restait encore à régler. Des doutes subsistaient encore sur la véracité des propos émis par le loubard. Avec un chien si effrayant, il pouvait tout à fait lui mentir et attendre le moment opportun pour récupérer l’argent. Nora ne voulait pas prendre de risques, aussi, elle se permit de demander, l’air bête, la voix simple et naturelle :

« Tu es sûr de ne pas travailler pour un quelconque créancier ? Tu as tout à fait la tête pour être un de ces hommes de main effrayant qui prennent un malin plaisir à torturer les jeunes femmes ! Pas vrai ? »

Le discours était culotté, la demande sincère. Le moine s’était tournée vers la romancière pour confirmer ses dires et pour justifier son assaut osé. Pas un instant, elle ne s’en voulait d’avoir testé son plan sur lui, mais elle ne voulait paraître trop idiote. Si elle avait agi ainsi, c’est parce qu’elle était sûre de l’identité démoniaque de la personne assise. Pour elle en tout cas, le punk avait tout du membre de gang guettant l’argent facile ou les remboursements.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t336-leoko-nora-le-moine-avare-termine

Dim 23 Juil 2017 - 11:53
Bon sang. Dans quoi Setsuna était encore tombée ? La situation semblait vraiment délicate à traiter, mine de rien. Dans tous les cas, le punk semblait plus que surpris et même son cabot releva la tête, suite aux paroles de la fille aux cheveux noirs. Un malentendu ? Possible, et si c'était vraiment le cas, ça n'allait rien n'augurer de bon pour la suite. Vraiment. Soupirant intérieurement d'exaspération, la jeune fille se dit alors que la journée allait sans doute se passer de manière bien moins paisible. Surtout après la façon dont il l'avait appelée. Décidément, ça n'augurait rien de bon.

Et blablabla. Bon, soi l'homme jouait terriblement bien la comédie, soit il s'agissait effectivement d'un malentendu, auquel cas, ce serait très drôle, quand même. Certes, Setsuna apprécierait moyennement de se faire déranger de la sorte pour une raison aussi futile mais tout de même. Dans tous les cas, le gars aux cheveux rouges semblait vraiment avoir un caractère de feu et n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Un petit amusement pour la journée ? Peut-être. S'il y avait moyen de se défouler un peu, autant en profiter.

Se frottant les tempes, la jeune fille avait déjà mal à la tête en entendant les deux autres presque hurler, pour des motifs biens différents. L'un parce qu'on l'accusait à tort et l'autre pour une blague de mauvais goût concernant une liaison entre les deux. Décidément. Et la jeune femme qui continuait d'être méfiante. Elle devait vraiment être en dèche, pour que ça soit à ce point-là. Comment faire ? Hum...

- « Déjà, appelle moi encore une fois gardienne des bonnes mœurs et je te latte les couilles tellement fort qu'elles ressortiront par la bouche. C'est ok ? »

Elle s'était légèrement rapprochée en parlant et avait pris une voix un peu plus grave, les mains sur les hanches. Elle avait déjà vu des gars biens pires que lui et face à ce genre de type, il ne fallait surtout pas perdre du terrain, sinon il allait être du genre à encore pester et blablabla. C'est après un vague soupire qu'elle reprit alors la parole, un peu plus sereinement.

- « Maintenant que c'est dit, il semblerait clairement qu'une méprise ait eue lieu et que ce n'est pas le fameux créancier. Donc je pense que le débat est clôt de ce côté. »

C'est alors que la jeune fille sortie quelque chose de son sac. après avoir ranger ses feuilles de papier. Il s'agissait de ce qui semblait être un portefeuille, assez bien fourni d'ailleurs. Très bien fourni, même. En même temps, Setsuna ne se contentait pratiquement que du minimum vital, réduisant ses dépenses au strict nécessaire. De plus, avec l'argent qu'elle avait volée à Hi no Kuni, alors que le pays était en plein milieu d'une guerre civile qui continuait de durer, oui elle n'avait clairement pas à se plaindre. Sans doute pouvait-elle vivre relativement bien durant six ou sept mois avant d'être vraiment en rade.

- « Je ne sais pas de combien est la dette que tu dois, mais au pire ça devrait servir d'acompte au trou du cul à qui tu dois des sous. Et t'en fais pas, t'auras pas à me rembourser. »

Ainsi, elle tendait une liasse de billets qui, mine de rien était assez généreuse à la jeune femme. Il y en avait plus que pour la plupart des dettes « classiques ». Certes, pas de quoi s'acheter un palace mais ça devait être plus que suffisant. Après libre, à la femme d'accepter cet argent ou pas. Peut-être aurait*-elle trop de fierté pour ça, mais ce n'était pas sûr, étant donné la façon dont elle avait agit jusqu'ici.

- « Bien, maintenant que le problème est réglé, peut-être pourrions partir sur de bonnes bases non ? Je suis Takabe Setsuna. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t530-takabe-setsuna-terminee

Lun 24 Juil 2017 - 11:18

La situation aurait difficilement pu être plus étrange et embarrassante. Fujin entendait, lui aussi, les commentaires des passants sur cet homme à l'allure pas vraiment recommandable, qui semblait maltraiter cette jeune femme aux airs, elle, innocents. Sans compter l'apparition soudaine d'une troisième protagoniste, qui avait fait un bond remarquable pour son entrée en scène. Fujin était dans un flou certain, et les paroles de la romancière en herbe le touchèrent à peine tant elles semblaient naturelles dans un contexte aussi tiré par les cheveux. Lui "latter les couilles" semblait en effet être quelque chose de sensé de la part de quelqu'un qui venait d'apparaître d'un épias feuillage en offrant au passage une vue superbe sur ses sous-vêtements à toute la rue.

Quant à l'autre, ses mots ne manquèrent pas non plus de toucher Fujin, quoique plus vivement. Quand bien même il n'avait aucune arrière pensée en direction de cette jeune femme -et ce malgré ses atouts évidents- il était assez vexé d'être décrit avec autant de rudesse. C'était même plutôt agaçant, surtout de la part de quelqu'un qui venait à l'instant de lui rappeler les pseudo-avances qu'il lui aurait faites.

"Un ... punk ?"

Quand la dernière venue sortit une liasse de billets de son portefeuille, Fujin lui saisit le poignet pour l'arrêter avant que l'autre n'ait eu le temps de rentrer en possession de la somme -considérable, par ailleurs- qu'on lui présentait.

"Une minute. On file pas son argent comme ça à la première venue, ma jolie. Qu'est-ce qui te dit qu'elle a vraiment besoin de cet argent ? Elle a peut être inventé toute cette histoire, en essayant de nous convaincre avec un jeu d'actrice bien travaillé. Regarde comme elle m'a abordé tout à l'heure. J'me méfierais si j'étais toi. Mais bien sûr ..."

Il relâcha son emprise sur le poignet de celle qui s'était présentée sous le nom de Setsuna, et termina sa phrase sur un ton détaché:

"Je ne suis pas toi. Alors, à tes risques et périls. Ah, au fait, dit-il à l'adresse de la demandeuse d'argent et sur un ton de reproche, cette fois, je suis à peu certain de ne pas travailler pour un créancier."

Et, en guise de preuve, il sortit de sa poche son bandeau de Shinobi qu'il noua à son bras gauche en brassard. Finalement, toute cette situation était plutôt amusante, à bien y réfléchir. Le flot des passants avait repris son cours, certainement déçu de ne pas avoir pu assister à une scène de violence urbaine. Personne n'avait été blessé ou porté en disgrâce, sinon l'honneur de Fujin, qui en avait pris un léger coup sur la carafe.

"Et si vous êtes décidées à passer aux politesses, je suis Inuzuka Fujin, Genin. Et non, je ne suis pas un punk. Oh, et voilà Kong. Qui est très gentil et propre, au cas où l'inverse vous passerait à l'esprit."

Le ninken salua les deux jeunes femmes d'un joyeux aboiement, et ne manqua pas de les gratifier d'un généreux léchage de mains, auquel Fujin réagit d'un sourire narquois.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t511-inuzuka-fujin-en-reflexion http://www.ascentofshinobi.com/t730-equipe-2-senshi-kumo#3485

Mer 26 Juil 2017 - 0:57
Son visage transpirait la gêne. Il était bien rare de voir la moniale associée à des pommettes rosées, aussi évanescentes soient-elles. L’amour était l’un des rares sujets susceptibles de déconcerter son sang-froid insolent. Qu’elle soit associée à quelqu’un amenait souvent à ce genre de réactions exagérées où la moniale mâchait ses mots dans un invraisemblable embarras. Par contre, qu’elle soit rapprochée à un homme qui n’était pas à son goût la rendait inconsciemment incisive et ses paroles avaient facilement de quoi vexer.
Pour le moment, elle semblait être revenue à ses esprits. Sa face était désormais amusée, les yeux rivés vers la romancière. Ses longs cheveux teintés par la couleur du blé lui rappelaient l’étendue des sables de sa patrie. Ce n’était malheureusement pas le moment pour se remémorer le passé. De l’argent était en jeu. Oui, ses dettes étaient comme très souvent colossales et même si celle qu’elle tentait d’annihiler aujourd’hui était à des années lumières du montant qu’elle devait à Shuu, le montant exigé restait des plus juteux. Sa dernière question avait donc pour but de l’enrôler à sa cause, car à deux contre un, l’envoyé du créancier serait bien obligé de plier bagages. Seule, ses manigances semblaient se déroulaient correctement. Elle avait aisément réussi à titiller les nerfs du loubard, qui avait déjà souhaité que Nora déguerpisse d’ici. Il allait craquer et tout révélé. La moniale en était persuadée. Selon les prochains dires de sa camarade, cette procédure pourrait être plus ou moins accélérée.

Cette dernière tergiversait au point de s’en faire mal au crâne. Ce n’est pas tous les jours qu’on avait le privilège de tomber sur une moniale endettée jusqu’au coup et dont le caractère était aussi imprévisible que l’avenir de cette nation. S’étant rapprochée pour mieux discuter avec ce couple formé pour une seconde de rire, elle avait les mains posées sur ses hanches raffinées. Finalement, elle avait trouvé quoi dire et dans une position forte, mais tout autant féminine, elle s’élança dans ses premiers énoncés.
Le visage de l’ecclésiastique rayonnait d’optimisme. Pas parce qu’elle était heureuse d’entendre les plaintes véhémentes de la romancière, mais parce qu’elles étaient adressées à ce malfaisant loubard. Elle avait délaissé nuances et élégances pour lui apprendre le cruel châtiment qu’elle réservait à toute personne se moquant d’elle. Avec cet intonation de voix, plus grave et plus imposant, elle démontrait clairement qu’elle n’était pas le genre de demoiselles à embêter.

La savoir à ses côtés était un gage d’assurance qui confortait les desseins de l’ex-vagabonde. Si seulement la romancière n’avait pas soupiré ce la sorte. Cette rage qu’elle avait utilisée pour museler le dresseur du dimanche semblait s’évaporer. La blondinette faisait preuve de lucidité. Quelque chose dont Nora manquait cruellement depuis le début de cette mésaventure. L’écrivain avait eu le génie de supposer que la victime vautrée sur le banc n’était pas l’intermédiaire qu’elle cherchait.
Avec ces simples paroles avouées sur un ton presque moraliste, elle avait remis en cause toutes les manœuvres incongrues de la moniale. Si ces révélations étaient correctes, alors cela voulait dire qu’elle avait bel et bien embêtée quelqu’un qui n’avait vraiment rien demandé. Une telle conclusion ne l’enchantait qu’à moitié. Se rebeller contre sa camarade féminine était la dernière idée qu’elle avait en tête. En fait, toute cette préparation anéantie par tant d’intelligence était juste frustrant. D’un autre côté, elle avait pu fuir ses véritables détracteurs, ce qui s’avérait être une bonne chose au final.

Sagement, elle choisit donc d’accepter ce qui ne restait encore que des suppositions à confirmer. Et Dieu semblait enfin lui lancer une main salvatrice. Depuis son arrivée à Kumo, la relation qu’elle entretenait avec ce dernier était des plus houleuses. Pour autant, Nora n’avait pas fermé la porte à des réconciliations et entretenait toujours des prières flamboyantes à son égard. Enfin il semblait que ce dernier ait décidé de lui rendre l’appareil. Par l’intermédiaire de la demoiselle aux cheveux dorés, il était sur le point de lui donner une quantité folle d’argent. Ses yeux louchaient d’excitation à la vue des innombrables billets dans la main. En plus, elle n’aurait apparemment pas à la rembourser. C’était bien trop beau pour être vrai ! Dieu était un Saint. La demoiselle était une Sainte. Dieu serait la demoiselle ?
Une chose est sûre, le crevard dresseur de cabot était tout sauf un Dieu. Un déchet tout au plus et encore, j’ai l’impression d’insulter les déchets en écrivant ça ! Pour la première fois depuis sûrement longtemps, il avait retiré ses fesses du banc, prêt à profiter de la vie active. Avant cela, il s’était permis de briser les rêves de Nora en retenant la main fleurissante de billets. Selon lui, elle ne méritait pas tant d’offrandes. Il doutait même de la véracité des problèmes dans lesquels étaient constamment empêtrés Nora. Il était culotté quand même de ne pas croire une demoiselle en détresse (certes sournoise, mais bel et bien en détresse).

Pour laver les doutes pesant sur lui, il montra un étrange brassard avec un logo qui ne semblait guère inconnu à la moniale. La mémoire de l’ecclésiastique travaillait et pendant que le loubard attachait le bandeau autour de son bras, elle se rappela en avoir probablement un elle aussi. Savoir ensuite où elle l’avait mis ? Ça, c’était déjà une autre question ! Toujours est-il qu’aux yeux de Nora, son enfilage ne l’avait clairement pas innocenté. Néanmoins, puisque la romancière supposait qu’il n’était l’un de ces hommes la recherchant, elle fit mine de croire.
Leur conversation semblait surfer sur des vagues plus décontractées. Setsu et Inu. C’était les deux martyrs qui avaient porté le poids de sa folie aujourd’hui. Et il y avait aussi Kong, le chien d’Inu qui s’amusa à lécher les doigts pendant de la moniale, docile. Elle pouvait avoir des doutes quant à l’affirmation de propreté émise par son loubard, mais grosso modo, elle laissa l’animal lui émoustiller les ongles. De base, le moine appréciait les animaux. Sa religion l’obligeait à traiter honnêtement et également chaque bête qu’elle croiserait dans son périple. Elle s’accroupit donc et regarda le chien d’un regard tendre avant de joyeusement le caresser. Elle annonça gentiment en même temps en toute tranquillité :

« J’aurais aimé dire ‘Tel maître, tel chien !’ mais vu que le chien est propre, je ne peux pas me le permettre au risque d’insulter ce brave toutou ! » Elle souriait bêtement à son innocente boutade. Nora ne prenait même pas la peine de regarder Inu lorsqu’elle envoya ces mots forts de sens. Après avoir fait mumuse avec Kong, elle se releva avec grâce et souplesse. Toujours l’esprit culottée, toujours le visage apaisé, elle enchaîna « Tu sais Inu, ce n’est pas parce que tu possèdes ce brassard que tu ne peux pas travailler pour un créancier ! ». Elle se servit ensuite de son vécu pour faire sa comparaison « Cet espèce de bandeau, je suis presque sûre d’en avoir un chez moi et pourtant, je suis un moine ! Donc, le port de cet accessoire ne t’empêche clairement pas de faire tes petites activités douteuses ! ». Un instant, elle faillit oublier le plus important ! « Tiens, je ne me suis pas présentée ! Leoko Nora ! Et comme dit précédemment, je suis un moine de très bonne foi ! » C’est le sourire aux lèvres, plein d’allégresse qu’elle se présenta à eux. « Et pour ta gouverne Inu, j’ai réellement des problèmes d’argent ! Ce n’est pas de ma faute si tu as une tête véreuse et que je t’ai prise pour l’un de mes poursuivants ! D’ailleurs, sache que je comptais refuser la généreuse main de Setsu-chan ! Je n'extorque de l'argent qu'aux pervers et aux débauchés ! ». Ce qu’elle disait était véritablement vrai, mais difficile à avaler pour beaucoup. Furtivement, elle se rapprocha de Setsu et dans un murmur malin et exagérément bruyant. « Dis Setsu-chan, tu ne trouves pas qu’une coupe normale lui irait mieux ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t336-leoko-nora-le-moine-avare-termine

Mer 26 Juil 2017 - 12:08
Dès que le mec aux cheveux rouges l'empêcha de donner l'argent à la moine, Setsuna grinça des dents. Bon sang, et voilà qu'il lui faisait la morale, super. Elle était à deux doigts de lui dire d'aller se faire foutre, sérieusement. Heureusement, il lui lâcha le poignet, tant mieux. De toutes les façons, sa décision était prise, elle allait lui donner l'argent. C'était juste en cas de secours, elle n'en avait pas vraiment besoin. Donc dans le doute, autant aider une charmante demoiselle, qui n'avait pas l'air bien méchante. Peut-être un poil manipulatrice, mais c'est tout ? Enfin, chacun avait ses petits défauts. Bon, au moins il semblait effectivement ne pas être un créancier, comme le prouvait son bandeau frontal. Enfin, ce n'était pas parce qu'il s'agissait d'un ninja qu'il était forcément blanc comme neige, mais ça serait quand même étonnant qu'il arrondisse ses fins de mois de cette manière. La blonde n'y croyait pas vraiment. Inuzuka Fujin, donc. Et Kong, qui lécha les mains des jeunes filles en guise de salutations. Cette manœuvre fit rire la jeune blonde, d'un rire frais et véritable, tandis qu'elle caressait un peu la tête du chien avant de se relever. Les choses avaient l'air de doucement se calmer, tant mieux. Setsuna n'était pas d'humeur a encore se prendre des prises de tête.

D'ailleurs, la jeune femme semblait bien excitée à la vue de la liasse de billets qu'avait Setsuna dans les mains. Il faut dire qu'il y en avait pour un sacré pactole. À peu près le cinquième de ce qu'elle possédait actuellement. Comme quoi, être hyper à cran sur son budget afin d'économiser le moindre centime et dépouiller des cadavres tout en volant les personnes inconscientes, ça avait du bon, mine de rien. Setsuna se retint très difficilement de pouffer suite aux déclarations de la jeune femme, quant à la propreté de son maître. Pour le coup, c'était vraiment bien joué de sa part. Ainsi, elle était une ninja ? Et elle trouvait que c'était un simple accessoire ? Drôle de fille. Peut-être le genre à devenir ninja comme ça, sur un coup de tête sans savoir ce que ça impliquait. De l'innocence à l'état pur, en somme. C'était un peu perturbant. Leoko Nora ? Ce nom ne lui disait rien pour le coup, mais il était à retenir. Setsu-chan ? Pourquoi pas après tout ? Certes, elles ne se connaissaient pas encore vraiment, mais la blonde n'était pas du genre à prendre la mouche pour si peu. D'ailleurs, elle ria de bon cœur, suite à ses dernières paroles. Elle pourrait peut-être lui demander d'aller extorquer de l'argent à cette pourriture de Shûuhei, qui sait ? Avec un peu de chance, il se retrouverait sur la paille et ça serait très drôle.

- « En effet ! Le style mauvais garçon ne te va pas du tout. C'est pas comme ça que tu pourras draguer les filles, Fujin. Il faut prendre plus soin de ton apparence ! »

Alors qu'elle parlait, elle semblait devenir bien plus ouverte. Les choses venaient enfin de se tasser et il était peu probable qu'elles empirent de nouveau. Tant mieux. Réfléchissant alors, la jeune fille décida de prendre les devants.

- « C'est jour de marché, aujourd'hui. On pourrait faire un tour histoire de se changer les idées, non ? En plus, l'autre connard de créancier ne semble pas vraiment vouloir se montrer. »

Puis, rapidement elle prit délicatement la main de Nora dans la sienne afin d'y déposer la liasse de billets, avant de refermer la main de cette dernière, avec un sourire.

- « J'insiste. Si ça peut aider, autant en profiter ! Tu ne vas quand même pas refuser, n'est-ce pas Leoko ? »


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t530-takabe-setsuna-terminee

Mer 26 Juil 2017 - 17:20

"Qu'est-ce que c'est qu'ce merdier ..."

Fujin avait du mal à se rappeler à quel moment la situation avait dégénéré. Il ne trouvait plus cet instant à partir duquel il avait tout laissé tomber. Simplement, il se souvenait que Kong semblait avoir trouvé les deux jeunes femmes à son goût -façon de parler, il ne s'était pas délecté de leur sueur en leur léchant affectueusement les mains- et que la discussion avait ensuite dérivé sur certains sujets, sans qu'il puisse se rappeler lesquels précisément. Il avait le vague souvenir qu'on avait critiqué sa coiffure, voire même son physique en règle générale, mais sans plus. Toujours est-il qu'à présent le trio de Shinobis déambulait dans les allées du marché de Kumo.

C'était une véritable épreuve pour Fujin comme pour Kong. Il faut bien se rappeler que les Inuzuka, tout comme leurs compagnons à poils, ont des sens particulièrement développés, et tout particulièrement l'odorat et l'ouïe. Alors, quelle épreuve plus douloureuse et éprouvante que de les plonger dans un bain de foule au sein duquel refluaient tous les arômes du pays, semblait-il, et où les gens ne semblaient pas vouloir baisser la voix pour s'entendre correctement. Un mélange des plus confus de parfums de tous les horizons parvenait au nez de Fujin. Il croyait déceler quelques odeurs, mais sans plus de certitudes: du jasmin, de la cannelle, quelques épices dont il avait lui-même l'emploi, parfois, mais aussi des vapeurs de cuisson de viande, le fumet de quelque volaille que l'on fait rôtir doucement, la senteur chaude et pénétrante d'un étale de riz ...

C'est à cet instant précis que Fujin se rendit compte qu'il avait faim. Sans doute les odeurs qu'il sentait étaient-elles plus responsables de cette soudaine appétence que son véritable état. Mais, à bien y réfléchir, il ne devait pas être trop tard ni trop tôt pour manger un morceau. Il fit un signe aux deux jeunes femmes pour le suivre, et se dirigea vers un étroit étale devant lequel étaient installés de hauts tabourets. Là, ils devraient trouver de quoi se rassasier.

"Hep ! Donnez-moi donc de ça, là, les nouilles. Et pour ces dames, ce qu'elles voudront."

Le tenancier de l'échoppe, un vieillard qui semblait malade et presque au bout du rouleau, en entendant la commande qu'on lui passait, s'activa d'un coup. Il ne fut bientôt plus qu'une sorte de tempête qui s'activait du mieux qu'elle pouvait dans le petit espace du stand, faisant voler ingrédients, bols et condiments dans une valse effrénée. Un instant après avoir passé commande, Fujin et ses camarades avaient sous les yeux de quoi se sustenter largement. L'Inuzuka tendit quelques billets au vieil homme, qui les reçut en s'inclinant bien bas.

Fujin plongea ses baguettes dans son bol, et commença à manger. Il donna une tranche de porc fumante à Kong, qui en fit son affaire en un instant.

"Z'êtes aussi des Shinobis, alors ? J'savais pas qu'on pouvait être soldat et moine en même temps ... Ceci dit, ça doit vous aider à pas trop culpabiliser si vous faites un truc de travers. A quel moment un moine peut se mettre dans la merde au point d'avoir de sérieux comptes à régler avec un créancier ?"

Quand bien même une certaine atmosphère d'amitié semblait s'instaurer peu à peu entre les trois Kumojins, Fujin avait pour sa part quelques zones d'ombre qui persistaient autour de la figure de cette moniale, Leoko Nora. Elle lui semblait un peu trop louche pour être tout à fait honnête. Quant à l'autre, Takabe Setsuna, elle lui semblait prendre les choses à la légère. Curieuses personnalités ... Qui ne l'empêcheraient cependant pas de manger.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t511-inuzuka-fujin-en-reflexion http://www.ascentofshinobi.com/t730-equipe-2-senshi-kumo#3485

Dim 30 Juil 2017 - 16:31
Le trafic piéton avait déjà repris son flux actif depuis un petit moment. Il n’y avait plus rien de croustillant à observer ici. Les querelles dont raffolaient les passants semblaient s’être complètement dissipés et las, ils étaient retournés chacun d’eux à leur passionnante occupation. Assister à l’éclosion d’une chaleureuse amitié entre jeunots ne les intéressait absolument pas. Les rires enthousiastes de la ravissante blondinette ruinaient les nuages sombres qui avaient complexifiés leur rencontre. Désormais les seuls regards que pouvaient attirer ce joli brin de jeune femme étaient ceux des pervers, salivant sur ses formes séduisantes. Nora elle -même l’admettait. Setsuna était magnifique lorsqu’elle riait si simplement. D’autant plus qu’elle confirmait le constat que le moine avait émis tout à l’heure et qui venait une nouvelle fois accabler le pauvre Inu.
Cette espèce de houppette écarlate était bel et bien ignoble. A son tour, le moine rigola gentiment suite à la confirmation retournée par la romancière. Comme elle, la blondinette ne s’était d’ailleurs pas gênée pour agrémenter sa remarque d’exemples poignants. En les entendant, Nora n’avait pu qu’hocher la tête afin d’appuyer ces dires. Avec ce paillasson sur le crâne, il n’avait absolument aucune chance de charmer une quelconque donzelle. N’ayant pas l’air non plus très fortuné, il aurait davantage de difficultés à se trouver quelqu’un…

Nora avait l’air de sacrément apprécier la demoiselle. Elle ne voulait pas brusquer les choses en l’appelant prématurément « copine ». C’est son passé de nomade qui rendait l’officialisation de cette amitié difficile. Elle ne restait jamais bien longtemps dans une même localisation, ce qui compliquait le passage de la basique sympathie à la merveilleuse fraternité. Maintenant qu’elle devait s’habituer à la vie de sédentaire, ce processus féérique semblait logiquement être à sa portée. Partager ses rêves et cauchemars avec un complice était l’un de ses doux rêves, mais même casée quelque part, elle n’avait réussi qu’à se faire des ennemis pour le moment.
C’est pour cette raison que les démarches courageuses de la romancière la touchaient énormément. Pour la première fois depuis son arrivée ici, l’ex-vagabonde avait trouvé quelqu’un avec qui potentiellement se lier et partager des gaietés et des amertumes. Il était peut-être trop tôt pour affirmer qu’elle deviendrait l’une de ses grandes amies, mais toujours est-il que la magnifique blondinette faisait tout pour créer une atmosphère accueillante où elles pourraient apprendre à se connaître l’une l’autre. Quant à Inu ? Pourquoi pas. Les doutes pesaient encore sur lui, mais Setsu n’avait pas l’air de le considérer comme l’une de ces nuisances poursuivant sans relâche Nora. La moniale lui accordait beaucoup de confiance et sentit donc enthousiaste par sa proposition de balade à travers le marché de Kumo… même avec Inu.

L’ecclésiastique semblait charmé par les efforts de la pulpeuse blonde, si bien qu’elle ne put repousser ses avances monétaires. Son appétit financier n’avait pas l’air non plus de repousser incessamment la main fournie d’une Setsu insistante. Elle, qui avait pourtant promis devant Dieu qu’elle ne détrousserait que les pervers et les résignés par sa beauté… Comment devait-elle considérer cette entrée d’argent ? Ce pouvait paraître étrange, mais Nora avait toujours refusé les donations de gentils Hommes. Elle ne souhaitait pas que l’argent de nobles individus soit utilisée pour la sauver de son inqualifiable fatum. L’ex-vagabonde avait déjà prévue d’utiliser cette masse de Ryo pour le bonheur de celle le lui ayant donné. A défaut d’accepter cet acte de gentillesse, elle prononça cette simple et humble requête :

« Appelle-moi, Nora ! »

Beaucoup plus jovial que lors de leur premier contact, le moine suivait Mlle Takabe dans les rues bondées de Kumo. Cannelle, Jasmin, Cumin et probablement d’autres plus subtiles à discener. Epices et condiments se mélangeaient dans leur atmosphère pour former une odeur chatoyante taquinant les narines de la garce. Les échoppes brillaient d’une clarté attirante lorsqu’elle écoutait la ferveur des vendeurs passionnés. Vulgairement parlant, Nora avait l’air de prendre son pied ici. Jadis, elle n’avait jamais pris le temps de s’attarder sur les produits locaux vendus dans les rues marchandes d’un village. Ses moyens limités étaient l’un des raisons à ce lointain désintérêt. Pourvu de quelques pépettes, l’idée de se faire plaisir lui avait traversé l’esprit. Quelques outils lui avaient tapés dans l’œil, comme certains vêtements qui pourraient étayer son inexistante garde-robe. La romancière avait l’air d’apprécier elle-aussi les articles vendus dans cette allée commerciale. Ces diverses tentations semblaient ronger notre moine avare, mais elle restait lucide. Ces billets. Elle ne les utiliserait que pour remercier la blonde de sa gentillesse. Et rien d’autre. Son bonheur morale et matériel pouvait attendre. Il patientait déjà depuis plus de sept ans. Une année ou dix années de plus, qu’est-ce que cela changerait pour elle et sa farouche détermination ?

Les yeux rêveurs, Nora tout comme sa copine remarquèrent le geste amical d’Inu les invitant à le suivre. Si Setsu ne semblait pas trop méfiante, le moine gardait quelques craintes. Etait-ce une bonne idée d’emboîter le pas derrière celui qu’elle avait considéré comme l’homme de main d’un de ses créanciers ? Un piège pouvait certainement les attendre et savoir la romancière impliquée dans ses problèmes serait une honte pour le peu de fierté qui restait chez le jeune moine. Après quelques tergiversations suspicieuses, la moniale estima finalement qu’elle pouvait faire confiance au choix de la ravissante blondinette marchant derrière le chien lupin.
Leur promenade se termina donc vers une vieille échoppe peu fréquentée. Leurs pas s’étant quelque peu détachés de la grande rue marchande, l’absence de clients pouvait se faire comprendre. Toutefois, l’état ébranlée de la bâtisse pouvait inquiéter beaucoup de gens. Habituée à manger dans des gargotes décrépies, Nora ne sembla guère paniquée par ce ramassis de planches peu attirants. Ce qu’elle allait juger ici, c’était la qualité de la nourriture et rien d’autre. La vieillesse du tenancier, l’état misérable de sa cuisine ou la clientèle fantôme ? C’était bien le cadet de ses soucis.

Le dresseur de chien n’avait finalement pas l’air d’être une mauvaise personne puisqu’il décida de son plein gré de payer la commande de ses deux séduisantes copines. Aucun être despotique ne donnerait à manger à sa débitrice, venant en plus d’un restaurant. Tout portait à croire qu’il n’était qu’un pauvre malchanceux que la jeune moniale avait traîné injustement dans de cruelles fomentations. Bien entendu, il restait encore la possibilité que le vieillard en train de s’attarder à la cuisine soit un complice d’Inu, sur le point de préparer aux demoiselles, leur dernier repas. On pourrait émerger une théorie du complot de bien des façons, mais pour le moment, Nora réfléchissait plus à ce qui pourrait son estomac affamé. D’une voix enjouée et vorace, elle s’exprima auprès du vieillard :

« Ces nouilles-là en double ration avec beaucoup de porc pané en supplément et des crevettes aussi ! S’il vous plaît ! »

Dès qu’il s’agissait de nourriture, Nora était la première à se péter la panse. Autrefois, sa situation ne lui permettait pas de manger tous les jours, mais dès qu’elle en avait la possibilité, vous pouvez bien imaginer qu’elle se déchaînait littéralement sur les rations disponibles. Excitée à l’idée de manger, elle s’était installée bien avant Setsu sur les hauts tabourets de l’échoppe, impatiente à l’idée de dévorer le plat qu’elle avait commandé.
Elle s’imaginait déjà le plat qui serait posé devant elle. Le jus ébène dans lequel nagerait des nouilles cuites finement et sur lequel brillerait intensément crevettes et porcs panés. La tête levée vers l’éclairage modeste de la bâtisse, ses narines titillés la firent immédiatement descendre les yeux. Et il était là. Le plat qu’elle avait imaginé trait pour trait dans ses songes. Emue par cette ressemblance frappante, elle ne se fit guère attendre en dévorant l’énorme bol gentiment servie par l’homme.

Oui l’ambiance qui embaumait ce trio s’était clairement apaisé, au point en tout cas de partager un moment simple autour de succulents ramens. Fier de son action pacifique réussie, le loubard en avait profité pour questionner le moine sur qui beaucoup de mystères planaient. La culpabilité vis-à-vis de ses actions parfois très litigeuses ou encore les raisons obscures qui liaient Nora à tant de créanciers enragés. Alors que sa face peu courtoise était en train d’avaler furtivement ses nouilles, elle ralentit la cadence. Elle n’était pas spécialement énervée par les propos de l’Inu, mais elle voulait répondre honnêtement à sa réponse :

« Crois-tu sincèrement que le sang qui a déjà coulé sur mes mains puisse être lavé par de simples prières ou par une foi inébranlable envers mon Dieu ? ». Elle regardait affectueusement son bol de nouilles. Il n’y avait aucune rage dessinée sur son visage, juste un petit sourire couplé à de tendre yeux fins. « Dieu ne guide pas mes actions ! Il ne fait que les juger pour décider de ma sentence finale ! Eternellement, je vivrais avec la culpabilité d’avoir blessée ou tuée telle personne, mais est-ce une raison pour moi de la laisser me broyer ? Non ! Ils sont mon passé et je ne dois pas les oublier ! ». Soudain, elle se mit à éclater de rire et revint à un comportement plus jovial où elle expliqua une vérité sur les créanciers. « Pour ce qui est des créanciers, c’est uniquement de leur faute ! Deux jours après leur donation, ils m’indiquent que leur argent s’appelle ‘reviens’ et qu’ils attendent d’être remboursée ! ». Soulevant son bol pour finir le bouillon, elle le déposa sur la table et redemanda tout sourire. « Un autre s’il vous plaît ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t336-leoko-nora-le-moine-avare-termine

Observer le monde depuis un banc [Leoko Nora & Takabe Setsuna]

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Foudre :: Kumo, village caché des Nuages
Sauter vers: