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Au-delà de la Mort — [SOLO]


Dim 10 Fév 2019 - 15:01

Au-delà de la Mort


Dans l'immensité du ciel, la lune était pleine et rayonnait au côté des nombreuses étoiles. Je venais de faire mon premier cycle lunaire complet depuis mon arrivée à la cité militaire du pays de la Terre. Les rues et les ruelles que j'empruntais, étaient quasi-désertes à cette heure-ci, ce qui me convenait parfaitement. Personne ne me voyait avec d'imposants sacs qui contenaient diverses choses que j'avais achetées préalablement en début de matinée aux échoppes qui étaient tenues par les marchands Hayashijines.

Mes pas m'emmenaient dans un coin isolé du village, il s'agissait de la profonde crevasse que j'avais emprunté lors de mon arrivée à Iwagakure no Kuni pour rejoindre les hauts-plateaux, mon cousin m'avait indiqué à l'époque qu'il s'agissait d'un raccourci. Mais bien plus qu'un gain de temps, j'avais découvert sur la paroi rocheuse une ouverte qui menait sur une petite galerie où il n'y avait pas âme qui vive. L'endroit idéal pour ce que je m'apprêtais à faire cette nuit.
Face à l'immense vide, je regardais autour de moi s'il n'y avait personne avant de plonger dans ces ténèbres naturelles. La cité dormait. Levant les bras de façon à prendre la forme d'un t je me laissais tomber, l'attraction terrestre faisait le reste. Néanmoins, avant de heurter le sol de plein fouet, je faisais le nécessaire avec du chakra pour stopper cette chute, il serait dommage que je meure de cette façon misérable. De l'énergie recouvrait mes pieds et avec aisance je marchais sur la paroi rocheuse narguant les lois terrestres. Étant donné ma position perpendiculaire au mur sur lequel je marchais, je devais faire attention aux fournitures qui se trouvaient dans mes sacs, eux étaient toujours victimes de l'attraction de notre monde.

Ne pouvant pas courir, il m'avait fallu une bonne dizaine de minutes pour atteindre la cavité que j'avais trouvée il y avait plusieurs semaines de cela. Elle n'était pas très grande, mais cela n'était pas un problème, je n'avais pas besoin de beaucoup d'espace, juste d'un lieu clos à l'abri des regards trop indiscrets.

Je commençais à sortie quelques affaires des sacs, comme des bougies, des pierres pour faire un petit feu, des pots en terre cuite, un pilon avec son mortier, des herbes diverses et variées, une tenue cérémonielle ainsi qu'un masque fait d'os, de peau et différentes babioles. La première chose que je commençais par faire, était le feu. Après avoir positionné les cailloux sous la forme d'un cercle et d'y avoir mis quelques brindilles au centre, j'attrapais les pierres qui allaient me permettre de faire les étincelles pour lancer mon feu. Les flammes embrasaient la paille ainsi que les brindilles, elles dansaient avec joie et frénésie. Les bougies étant à porter de mains, je saisissais ces dernières pour les allumer à leur tour. Il ne me restait plus qu'à m'occuper de réaliser une étrange mixture à base de plantes rares du pays du bois dans les différents pots.

Élément le plus important du rituel, il s'agissait de broyer les plantes une à une pour ensuite toutes les réunir dans un même bol. Une fois cela fait, il ne restait plus qu'à mastiquer le tout. Il y avait sept plantes à préparer, chacune d'une couleur différente, mais le plus important était de faire attention à la dose utiliser, sinon le mélange n'aura pas les effets escomptés.

Maintenant que l'étrange mixture végétale à mâcher était faite, je m'habillais avec la tenue cérémonielle blanche. Je respirais profondément avant de prendre ma première cuillerée dans le bol qui contenait ma préparation. Une fois le récipient vide, je me munissais du masque que j'accrochais à mon visage et je laissais les effets secondaires du mélange faire leurs effets.
Mon corps commençait à se désarticuler, mon esprit était littéralement embrumé, je n'avais plus le contrôle de mon être. Ces plantes mélangées entre elles permettaient de rentrer en contact avec les esprits de mon clan – il s'agit en fait d'hallucinations, mais les Yaoguaï usant de ce rituel pensent qu'il s'agit d'un moyen véritable de communiquer avec certains Morts. Tel un pantin contrôlé par un marionnettiste, je gesticulais dans tous les sens, ma chorégraphie était complètement désorganisée. Je me retrouvais allonger sur le sol rocheux de la cavité du gouffre, les yeux grands ouverts malgré les petits orifices du masque.

« Que fais-tu ici Sae, si loin de nos terres ? » Disait une voix que je connaissais que trop bien.
« Je … » Je retirais le masque de mon visage avant de reprendre la parole. « J’ai besoin de conseils, Mère. »
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Lun 18 Fév 2019 - 0:14
« Mère, suis-je une mauvaise personne ? » Demandais-je fébrilement.
« » La voix se taisait.
« Répondez-moi, ne me laisser pas dans le silence ! » J’avais besoin d’une réponse et le mutisme était la pire de toute.
« Je ne me souviens pas t’avoir appris à être faible Sae. » Le ton montrait un certain mécontentement. « Mon sang coule dans tes veines, je vis à travers toi et tu me demandes si tu es une mauvaise personne ? Je ne vois que de la faiblesse. » Je serrais les dents face à cette vérité prise en pleine face.
« Vous ne comprenez pas Mère ce que je veux … » Je n’avais pas le temps de terminer ma phrase que j’étais coupée nette.
« Tu es ridicule mon enfant, je sais parfaitement ce que tu veux dire. Tu crois que je ne t’ai pas vu le jour où tes cousins sont partis comme de vrais guerriers ! » La voix se montrait plus dure.
« Mais … » Une nouvelle fois, je ne pouvais pas poursuivre.
« Il suffit, Sae ! Tu as été faible ce jour-là, tu aurais dû partir, suivre les autres. Non, tu es restée dans cette puanteur, pourquoi devenir plus forte ? Tu n’as même pas été capable d’obliger ton père à t’enseigner les Portes ! Risible enfant. » Chaque mot était comme un coup de poignard.
« Assez Mère ! » Aboyais-je.
« Non, tu m’as demandé auprès de toi pour avoir des conseils, alors tu vas te taire et m’écouter ! » Une silhouette commençait à se former devant moi. « J’ai donné ma vie pour que tu puisses poursuivre mon œuvre, le sabre que tu portes était jadis le mien, du sang a maculé cette lame, aucune larme n’a jamais coulé sur mes joues, toi tu ne fais que l’inverse. »

Plus personne ne parlait pendant quelques instants.

« Tu ne dis plus rien ma fille, aurais-tu perdu ta langue en plus de ton courage ? » Me demandait-elle avec une certaine ironie dans sa voix.
« Non, Mère. C’est juste que … » Une énième fois.
« Que quoi ? N’as-tu plus assez de force pour me parler avec des mots ? Le souvenir que j’ai de toi était différent. Tu te souviens dans la forêt ce jour ? Tu avais eu plus de cran que ça. » Comment ne pas oublier le moment où le Destin m’avait prise ma mère, mon mentor ?
« Je n’ai pas suivi Senkû et Genkû parce que mes raisons ne convergeaient pas avec les leurs. » Disais-je.
« Dis-moi alors ? » Le ton était retombé.
« Je veux être la plus grande cheffe Yaoguaï que notre clan ait connu dans toute son histoire. Celle qui arrivera à réunifier tous les tribus des bois sous un même bouclier. » Je regardais la silhouette qui commençait davantage à ressembler à ma défunte mère.
« Alors, pourquoi n’es-tu pas là-bas auprès des tiens et non avec ces étrangers qui se moquent éperdument de tes us et coutumes. Pour eux tu n’es qu’un animal ou dans le meilleur des cas, une attraction. » Elle essayait de m’ouvrir les yeux, mais elle ne connaissait pas mes motivations.
« Le monde a évolué bien trop rapidement depuis votre … » Je n’arrivais pas à dire le dernier, il restait bloquer dans ma gorge.
« Mort. Tu peux le dire ma chérie, il n’y a pas de mal à l’accepter. » C’était plus facile pour elle de l’accepter que moi.
« Cet endroit aussi affreux qu’il puisse y paraitre, va m’enseigner ce qu’aucun de mes aïeux n’a pu apprendre dans son existence. » J’étais sûre et certain de la voie que je prenais.
« Tes cousins et ton père, tu crois qu’ils accepteraient ? » Me demandait-elle.
« Ils n’auront pas le choix et s’ils sont contre moi, alors les principes claniques seront de mises. » Il y avait de la fermeté dans ma voix.
« Tu serais prête à brandir Gamyûsa contre eux si cela était nécessaire ? Tu t’en sentirais suffisamment forte ? » Mère doutait de moi.
« Oui, notre héritage à bien plus d’importance que nous tous et sa pérennité doit être notre objectif premier. » La silhouette avait laissé place à une image nette de celle qui m’avait donné la vie.
« Alors, penses-tu être une mauvaise personne Sae ? » Elle souriait.
« Non. » Lui disais-je.

Et sur ces mots, elle me prenait dans ses bras illusoires et mon cœur était rempli de joie.
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