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Le culte des esprits [PV Aditya]

Kaguya Shitekka
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Dim 10 Fév 2019 - 20:39
Kirigakure no satô continuait d’étreindre Shitekka de sa cage invisible de brume. S’il s’était accoutumé difficilement depuis plusieurs mois à la politique intérieure de la cité ninja, des problèmes persistaient. La chasse et la pêche étaient compliquées pour un homme ayant grandi avec un mode de vie indépendant, loin du commerce et de l’économie. Pour autant, le Kaguya avait trouvé ses coins au sein de la bourgade pour remplir son garde-manger et ainsi subvenir seul à ses besoins. Mais la question du culte des esprits, elle, demeurait intacte. Le respect des kamuys était partie intégrante du quotidien de l’Urumi. Chaque être vivant, ou inerte, était le réceptacle, la preuve matérielle d’un esprit. Il incombait à son peuple de perpétuer les traditions et de respecter à leur juste valeur les déités qui peuplaient ce monde.

Mais au sein de la Brume, cette ambiance spirituelle trouvait ses limites. Pour le chasseur aux multiples balafres, il était nécessaire de disposer d’un lieu où accueillir des autels, un sanctuaire en l’honneur des divinités primordiales de son culte animiste. Parmi les figures les plus sacrées du culte Urumi figuraient en tête de liste Kim-un-kamuy, protecteur des montagnes et esprit de l’ours, mais également d’autres noms comme Kotan-kor-kamuy, esprit du hibou ou encore Sarorun-kamuy, dieu héron et des marais, protecteur de l’île natale de Shitekka. Cependant, la ville de Kiri n’était guère disposée à accueillir tout ce panthéon spirituel, là où la plupart des lieux étaient occupés ou ne souhaitait l’être à des fins religieuses. Si le jeune homme était parvenu à mobiliser le toit de son immeuble pour y stocker ses provisions, il lui était en revanche impossible d’y installer un lieu dédié à la prière.

Si durant des semaines et des mois, il s’efforça de rendre hommage dans l’inconfort et une sorte d’illégalité, forcé de se cacher du public, sa patience fut récompensée. Au gré de ses rencontres, Shitekka fut amené à faire la connaissance d’un groupe de moines qui s’était établi au sein d’un sanctuaire en périphérie du centre-ville. Le site, le Seidou no Shinden, permettait aux fidèles comme aux simples curieux de se recueillir pour honorer les ancêtres et aux autres divinités. En contribuant à la vie monastique des bonzes par le biais de missions de livraisons, Shitekka s’était attiré les faveurs de ces derniers. L’un d’entre eux, soucieux de la foi du jeune Urumi, lui proposa par conséquent d’installer dans le sanctuaire de bronze un endroit consacré au culte des kamuys.

Il ne fallut guère longtemps au Kaguya pour accepter pareille offre. Bien que le lieu défini était en retrait du reste de l’imposante bâtisse de métal, il resta satisfait. Plus encore lorsque sur place il découvrit qu’on lui octroya une parcelle au beau milieu d’une futaie, un peu à l’écart du sanctuaire. La forêt constituait un cadre idéal pour construire un autel à la gloire des kamuys. Pour le Genin de Kiri, c’était un retour à la nature qui n’était pas sans lui rappeler son enfance sur Saroruncasi. Au milieu des imposants arbres soigneusement entretenus par les propriétaires du temple, muni d’un long couteau, Shitekka taillait le bois avec application. Avec le peu de temps libre dont il disposait, il avait jusqu’ici sculpté quatre statuettes de bois aux formes animales. En cette journée ensoleillée, il profitait de l’ombre apportée par l’épais feuillage des arbres pour terminer le travail sur un nouveau totem, représentant Kotan-kor-kamuy. Adossé sur une pierre en guise de chaise, il sculptait paisiblement le poteau long de quelques mètres, entouré des quatre autres, alors allongés sur un tapis d’humus. Un moment de calme, rare dans la vie de ninja alors rythmée par les entrainements, les missions, et autres devoirs de soldat pour le compte de Kiri.

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Lun 11 Fév 2019 - 10:43
Culte des esprits

ft. Kaguya Shitekka


An 203, Kirigakure no Satô, bosquet bordant le temple Seidou, fin de matinée.


Aditya rejoint l’orée de la forêt à pas lents, palpant les muscles de son cou du bout des doigts. Il avait fini de recoller les poteries brisées après le dernier assaut des bandits qui recherchaient la capitulation du temple. Heureusement pour eux, la rumeur ne s’était pas ébruitée. Leur Jôza avait expressément stipulé de ne laisser entendre aucun dégât auprès des visiteurs, et de réparer tout ce qui pouvait l’être dans la mesure du possible. Hors de question d’afficher la faiblesse que le temple essuyait en ce moment.

Mais ça n’était pas pour cette raison que le blond s’était aventuré dans les bois une fois sa besogne accomplie. La cause en était tout autre ; un jeune homme qui requérait leur aide encore quelques jours plus tôt, désespérément à la recherche d’un endroit calme et proche de la nature où il pourrait exposer des statues en bois aux effigies des divinités de son peuple. Le doyen avait accepté sans délai sa proposition, clamant avec humilité l’accueil symbolique que recevaient chaque âme perdue en ces lieux. Aditya avait alors été chargé de lui apporter son aide si toutefois il en avait besoin, en dehors des tâches qui lui incombaient vis-à-vis du village – et, évidemment, celles qu’il prenait plaisir à remplir au temple Seidou.

L’objet de sa quête se tenait à quelques pas de là, un couteau fermement tenu dans sa main. Il travaillait encore et toujours le bois des statues dont les détails impressionnaient Aditya du fait de leur perspicacité. Certes, le fait qu’elles représentent des animaux pouvait être étonnant – bien que ce ne soit pas l’avis partagé par le jeune homme, certains au sein des rues du village s’amuseraient à critiquer cela, pensant qu’un homme ne pouvait aduler qu’une chose qui lui était supérieure et non pas une simple créature mortelle – mais il ne s’en formalisa pas. Ça n’était sûrement ni les premières, ni les dernières que leur temple habiterait. Au contraire… La manière dont les idoles avaient été taillées leurs donnaient un air mystique. Chose qu’Aditya affectionnait particulièrement.

« Vous ne rebutez pas à la tâche à ce que je vois. », souffla-t-il plus comme une constatation qu’une véritable question, le regard perdu sur les piliers érigés.

Il stoppa ses pas devant lui, partageant désormais le calme qu’offraient la faune renaissante, après ce dur hiver. Retenant un sourire malicieux à la vue du jeune homme – ses mains semblaient enduites d’humus, ou bien de boue, peut-être, preuve de son temps passé dans les bois – il s’adressa de nouveau à lui pour délivrer la nouvelle dont il avait été chargé d’apporter.

« Le Jôza m’a fait part du fait que vous étiez ici depuis ce matin. Les moines vont bientôt se repaître pour l’après-midi, si vous vouliez vous joindre à nous. »

Aditya avisa un regard intrigué vers lui, n’invitant ni à l’approbation ni au refus, simplement désintéressé et poli, en attente d’une réponse. L’hospitalité pour laquelle l’on connaissait les bonze leur faisait une nouvelle fois honneur, cela, il pouvait bien le leur accorder.





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Kaguya Shitekka
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Jeu 21 Fév 2019 - 12:10


Isolé au milieu des arbres qui peuplaient le domaine du temple, Shitekka accomplissait paisiblement son devoir. Les quelques rayons de lumière qui filtraient à travers le feuillage le réchauffaient de l’ombre, tandis que l’avancée de sa sculpture en hommage au kamuy rapace emplissait son cœur de fierté. Bientôt, il pourrait se recueillir ici, dans cette assemblée de conifères et de totems, exprimant lyriquement sa reconnaissance envers les déités de la nature. Mais pour l’heure, le sang-mêlé poursuivait son œuvre, s’appliquant à tailler le bois en dépit d’une quelconque expertise dans le domaine. Ses mains calleuses, couvertes du vert de l’écorce, travaillaient la matière ligneuse sous l’œil bienveillant des dryades.

Alors que son existence s’évanouissait parmi les êtres sylvestres, une présence vint sortir Shitekka de sa quiétude presque méditative. De l’être dévoué au culte des kamuys, l’Urumi bascula sur ses instincts de chasseur et de ninja en herbe. Il se tourna soudainement vers la silhouette qui s’approchait de lui pour la dévisager. Le Kaguya y reconnut, par son accoutrement d’une grande simplicité, un des membres du monastère. Cependant, la longue toison solaire ainsi que le regard céleste qui ornaient le faciès de l’adonis n’évoquaient rien parmi les connaissances du balafré. Suite à sa remarque, le sculpteur d’un jour cessa son activité et s’adressa auprès de son interlocuteur avec une sérénité acquise en côtoyant les arbres de ce bois.

« Je ne recule devant rien, lorsqu’il s’agit de respecter les kamuys. »
Il observait à présent sa création de bois. Si le poteau était parfaitement taillé, les contours de Kotan-kor-kamuy nécessitaient encore de l’attention. Si l’on devinait ses ailes dépliées, ce fut son regard pénétrant dont les contours étaient les mieux ciselés sur le support de bois. Sans plus s’attarder sur l’avancée de son ouvrage, l’aborigène écouta la proposition du moine à propos du déjeuner. L’offre était alléchante, d’autant que Shitekka n’était pas du genre à refuser un repas gratuit. Cependant ce fut en désignant un sac de toile que le Kaguya refusa poliment l’offre.
« Merci, mais j’ai déjà amené mon repas. En tant que shinobi, je n’ai pas beaucoup de temps à accorder malheureusement aux kamuys. Aussi j’aimerai profiter au maximum de cette journée pour terminer ce que j’ai commencé. »
Au vu de son emploi du temps restreint, dominé par les missions et les entrainements, Shitekka avait effectivement peu de liberté à dédier aux déités spirituelles peuplant l’ainu-moshir. Le Kaguya ne pouvait qu’être désarçonné d’un tel manque de cérémonies, de rituels à leur accorder. Mais c’était la vie qu’il avait choisie pour accomplir au plus vite son nindô. Alors qu’il confirma ses propos en piochant dans son sac un morceau de viande séchée, il baissa la tête en repensant à l’offre du bonze. La communauté des moines de ce temple avait été particulièrement généreuse à son égard, et là encore ils proposaient de partager leur déjeuner aux côtés du Kirijin. Gêné par un tel élan de bonté, Shitekka se sentit forcé de prolonger la conversation.
« C’est impressionnant, cette forêt au sein de Kiri. On sent un soin particulier apporté à chaque arbre. C'est comme si j'étais à nouveau chez moi… »
Sous cette observation teinte de nostalgie, le Kaguya avait péniblement dissimulé un compliment à l’égard de son allocuteur et du groupe auquel il appartenait. Ce n’était guère dans les habitudes du chasseur d’encenser les autres, mais c’était le moins qu’il pouvait faire au vu des efforts des résidents du temple.

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Dim 24 Fév 2019 - 12:03
« Kamuys ? »

Aditya se rapprocha de son vis-à-vis, intrigué par ses paroles. S’il avait, en voyageant à travers le monde avant de s’échouer sur les rives de Mizu, vu de nombreux cultes rendus à diverses divinités, celles dont parlait l'Urumi lui étaient totalement étrangères – et comme toute chose qui lui rappelait son cruel manque de connaissance sur les choses qui l’entourent, cela attirait son attention. Il détailla l’aspect de l’une d’elle, plus proche du règne animal que du monde humain, dont des excroissances qu’il supposât être des ailes entouraient ses flancs comme une douce armure. S’il ne connaissait en aucun cas ce genre de croyances, il pût tout du moins supposer qu’elles s’adressaient non pas à ce que les hommes appelaient « dieu » – ce qui, pour Aditya, n’était qu’une preuve de narcissisme poussé à l’extrême en faisant ainsi une divinité à son image – mais à des esprits forestiers, qui n’avaient d’accord avec les hommes que la compassion que l’on pouvait lire dans leur regard. Sortant du mutisme dans lequel il avait trouvé un singulier refuge jusqu’alors, le blond fit part de ses pensées à l’invité des lieux.

« Est-ce ainsi que vous appelez vos idoles ? », il prit une brève pause dans son discours, le temps de juger la réaction du brun à ses paroles – qui sait, peut-être qu’aborder le sujet fut pour lui gêne – avant de poursuivre. « Quel est celui dont vous avez tracé les traits dans le bois ? », demanda-t-il avec toute la politesse que l’on lui accordait d’ordinaire, plus sous le coup de la curiosité qu’un mépris quelconque.

Il délaissa un sourire face au refus poli de l’Urumi. Il ne put s’empêcher de laisser son regard vagabonder au rythme des paroles de son comparse du jour. En effet, pour la plupart des kirijins, la parcelle de terre sur laquelle avait été bâti le village n’avait eût connaissance que des marécages qui l’entouraient pour seule valeur de verdure. Si le temple Seidou était méconnu comparé à la grandeur du temple de l’Ouest qui recelait de richesses matérielles, les trésors de Seidou étaient sans aucun doute les paysages hors du temps que sa proximité avec la mer lui offrait. Situé proche de la porte Nord, à la limite des hauts renforts qui prévenaient le village de tout assaut, il était bien plus rapproché d’un climat tropical que d’autres. Ainsi, un maigre bois avait pu pousser, avec les années, bien qu’il ne soit qu’une goutte dans l’océan vis-à-vis d’une forêt dense d’Hayashi.

« A mon sens, la qualité d'une civilisation se détermine à la manière dont elle traite les êtres inanimés auxquels les arbres n’en font pas exceptions. Ainsi je crains que vous ne voyiez pas une écorce maltraitée tant que je serais en ces lieux. », glissa-t-il sur un ton amusé.

Il arqua cependant un sourcil lorsqu’il l’entendit faire référence à son pays natal, qui au vu de la nostalgie qui teintait sa voix, devait être doté de mers arborées à perte de vue.

« Je vois que vous êtes un enfant des bois vous aussi. Si ces arbres sont loin d’égaler les forêts d’Hayashi, ils n’en sont pas moins rassurants. »

Le jeune homme semblât réaliser une chose, un air absent flottant sur son visage l’espace de quelques secondes. Il tendit néanmoins une main aventureuse vers l’Urumi, dans un geste entretenu par l’habitude.

« Navré, je manque à tous mes devoirs. Aditya. »




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Sam 16 Mar 2019 - 18:18
Les faisceaux de lumière filtraient à travers l’épais feuillage de l’orée, jusqu’à trouver leur chemin dans l’or des yeux de Shitekka. Ce dernier observait le bonze avec attention. Il reconnaissait qu’une fois encore, les Yuukanjins faisaient preuve de méconnaissance à l’égard des Kamuys. Pourtant, les esprits peuplaient ce monde, ils en étaient le pilier spirituel. Mais aux yeux de l’Homme du Yuukan, peut-être trop aveuglé par la guerre et ses propres desseins, les kamuys étaient des êtres invisibles, impossibles à approcher. Face à la curiosité bienveillante du moine à la prolixe chevelure solaire, l’Urumi fut ravi de faire la lumière sur les esprits que son peuple vénérait.
« Les kamuys sont les esprits qui peuplent la nature et assurent son équilibre. Dans l’Ainu-Moshir, le monde des hommes, ils s’incarnent en chaque chose, chaque être, qu’il soit animal, végétal ou minéral. Ils représentent et maîtrisent les éléments. Depuis des temps immémoriaux, mon peuple, les Urumi, n’a eu de cesse de les respecter. Nous leur consacrons des danses et des chants rituels, ainsi que des cérémonies en hommage. Il nous arrive également de solliciter leur aide ou parfois de contester leur autorité quand elle est injuste à nos yeux. »
C’était là une des particularités les plus étonnantes du culte des esprits des Urumis. Là où certaines religions ou sectes vénéraient avec une adoration quasi absolue leurs dieux, les Urumis respectaient les êtres qui peuplaient la nature avec une certaine sagacité. Le concept même de kamuy différait de celui d’un dieu au sens classique. Toute chose, tout concept, tout être était associé à un kamuy, mais tous n’étaient pas égaux. Certains se rapprochaient davantage de la notion anthropomorphiste d’une divinité. Ceux-là étaient rares, mais leurs pouvoirs étaient grands, et la vénération que leur portaient les Urumis était sans appel. Mais d’autres, plus mineurs, avaient la considération des autochtones du nord de Mizu sans pour autant bénéficier de grandes cérémonies en leur hommage. Et bien que le quotidien de ces hommes et femmes étaient bercés de processions rituelles, il n’était pas impossible que quelque croyant en vienne à s’opposer à l’action des esprits.
« Quand nous construisons une maison, nous faisons hommage à Apemerukoyan-mat, la kamuy du foyer. Quand nous chassons, nous prions Hash-Inau-uk Kamui, la kamuy de la chasse pour qu’elle nous offre sa bénédiction. Et quand nous revenons au kotan avec du gibier, nous remercions le kamuy qui l’incarnait de nous avoir offert pitance, tandis que son âme est libéré vers le Kamuy-Moshir, le paradis où séjournent les esprits. »
Ses doigts détaillèrent les sinuosités de la statue en bois qui prenait forme. Shitekka accordait une importance toute particulière, presque personnelle, envers la déité qu’il tentait de représenter dans ce bois. Ce fut donc avec une certaine émotion qu’il évoqua son identité.
« L’idole que j’essaie de représenter n’est autre que Kotan-kor-kamuy. Il est le protecteur des terres, le gardien du kotan, le village Urumi. Dans l’Ainu-Moshir, il prend la forme d’un hibou, d’où l’apparence de cette statuette. »
Certains auraient tendance à se moquer du discours bien huilé de Shitekka. Ce dernier semblait réciter avec exactitude des extraits d’ouvrage religieux imprimé dans le crâne dès son plus jeune âge. Mais il n’en était rien. La littérature orale, formidable héritage culturel immatériel des Urumi, permettait aux générations de se transmettre leurs souvenirs de la manière la plus vivante qu’il soit. L’affinité que manifestait Shitekka à l’égard du gardien du kotan le rendait par ailleurs particulièrement plus précautionneux vis-à-vis des mots qu’il employait. Si certains le connaissaient pour son verbe parfois acerbe, il n’en était rien ici. Dans ce sanctuaire dédié aux êtres spirituels, la parole de Shitekka se voulait respectueuse. Face à tout cet emportement, et ses vastes explications passionnées, le Kaguya fut interpellé par le dénommé Aditya qui lui tendait une main hésitante, mais déterminé à se présenter.
« Je m’appelle Shitekka. »
Une fois n'était pas coutume, Shitekka faisait fi de son appartenance clanique. Dans cette demeure sacrée, il faisait abstraction de son nom de Kaguya, et épousait à merveille sa condition d'Urumi. Et tandis qu’il accepta une poignée de main assez sommaire, abandonnant par la même la statuette qu’il confectionnait avec grand soin, il reprit.
« Ce n’est rien. J’ai moi-même tendance à m’emporter lorsque je suis amené à aborder le sujet des kamuys. Le Yuukan est vaste, mais bien trop peu de personnes sont sensibles à la présence des kamuys. Pour moi, c’est à la fois un devoir et une passion de transmettre le récit de leur existence. »


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Lun 8 Avr 2019 - 13:43
Aditya ne put s’empêcher d’arquer un sourcil en entendant les explications pointues de son vis-à-vis, qui semblait porté par une ferveur nouvelle lorsqu’il évoquait l’histoire de ses idoles. Ainsi, ces Kamuys se rapprochaient plus d’avatars spirituels que de véritables déités, dotés de pouvoirs mystiques. Mais ce qu’il le surprit le plus dans le discours de l’inconnu, ce fut cette précision si profonde sur l’absence d’aveuglement dont faisait preuve son peuple qui n’hésiterait pas à aller à l’encontre d’une de ces « autorités divines » si elle ne seyait pas à ses désirs ; la plupart des croyants suivait aveuglement les dictats de leur foi sans même oser penser devoir, ou ne serait-ce que pouvoir les remettre en question. Si l’envie sinueuse de lui demander quelques détails à ce propos lui tenaillait l’esprit depuis une poignée de minutes, il s’en abstint ; il ne s’oserait pas couper ainsi un tel discours, d’autant plus qu’il se pourrait que l’Urumi réponde de lui-même à ses interrogations si tant soit fut qu’il lui accorde le temps nécessaire pour le faire.

Il écouta attentivement les diverses appellations par lesquelles étaient désignées certains de ces esprits divins, dont les noms se faisaient mutuellement écho par des sonorités similaires qui donnaient à ce peuple et à cette croyance une véritable cohésion aux yeux d’Aditya. Après tout… quel meilleur objet que le langage pour réunir les hommes ?

Ses yeux se déposèrent sur la statue de bois, dont les traits furent retracés par l’inconnu du bout des doigts, à la lisière de la retenue et d’une expression d’une foi intime. S’il pouvait figurer aux yeux de l’enfant du bois que ses connaissances sur le sujet se paraient d’un air répétitif, qui soulignait l’habitude qui avait empreint ses paroles certainement depuis sa plus tendre enfance, elle ne lui apparaissait nullement fausse, ou « programmée ». Douter de la sincérité de ses propos, ou de l’intense respect qu’il démontrait envers ces idoles serait sans nul doute une injure sans égale pour ce jeune homme, dont les yeux d’or semblaient capables de percer le secret de ses pensées les plus profondes en un regard.

Perdu dans les méandres de son esprit l’espace d’un instant, il fut surpris de le voir retourner son offre et échanger avec celui qu’il pouvait désormais appeler « Shitekka » une ferme poignée de main, mais néanmoins rapide. Si Aditya n’était pas des plus à l’aise avec les contacts physiques outre les banalités d’usage, il ne souhaitait pas non plus entraver l’œuvre de son comparse ; cette statue semblait bien loin d’être terminée, et il souhaiterait très certainement fignoler les derniers détails par lui-même avant que l’ombre nocturne ne le rattrape – bien qu’elle ne s’échouerait sur le village que dans quelques heures.

« Enchanté. »

Son attention fut reportée sur le rondin de bois dont les traits forgés par le temps et la dévouement du tailleur se muait sensiblement à ceux d’un hiboux au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient.

« J’avoue être assez... ignorant sur une forme de pratique comme celle-ci, proche d’un certain animisme. Mais cela ne m’étonne pas de penser qu’il existe une vie en toute chose. », murmura-t-il en bifurquant son regard sur la cime des maigres arbres. « La chaleur des rayons du soleil, l’intense couleur des arbres… Cela semble empreint d’une certaine magie. Après tout, ce genre de phénomène est présent depuis la nuit des temps. », il glissa une œillade vers l'Urumi. « J'imagine qu'insuffler un souffle de vie à tes idoles, dans ce bosquet voilé à la vue des moins curieux, n'est qu'une étape au sein de ton périple, afin de permettre à un plus grand nombre de connaître ta foi. Mais je me trompe peut-être. Un peu de diversité ne ferait pas de mal aux monastères qu’abrite Kirigakure. »

Avide d'en apprendre plus sur ce rite si particulier, Aditya délaissait le soupçons d'une proposition opportune ; peut-être avait-il comme objectif d'étendre la présence des Kamuys par-delà les frontières de son esprit.




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Dernière édition par Aditya le Ven 17 Mai 2019 - 16:35, édité 1 fois
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Kaguya Shitekka
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Sam 4 Mai 2019 - 0:22
La mer d’émeraude s’étendait à perte de vue. Sa suprématie sur le domaine monastique effaçait les tracas de la ville. Son alchimie sibylline avec les voiles de brume diaphane et les éclats dorés de l’astre coruscant, elle, faisait voyager quiconque dans un monde de grande spiritualité. L’écorché ne fut guère épargné par cette atmosphère propice au recueil animiste. L’arrivée inopinée du bonze, le susnommé Aditya, ne vint guère ternir ce tableau romantique. Bien au contraire, l’éphèbe à la longue chevelure solaire ne fit qu’appuyer le caractère mystique du lieu. De quoi susciter promptement la sympathie d’un expatrié en quête de repères.

Avec l’apaisement singulier que lui conféraient les kamuys sylvestres, Shitekka apprécia la compréhension de son hôte. Malgré sa foi apparente, le religieux n’était pas fermé à étendre ses principes. Il ne niait pas la diversité du monde, structuré par l’existence toute aussi variée des kamuys.

« Je n’ai malheureusement peu de temps à consacrer au culte des esprits, confia Shitekka. J’en dispose encore moins à transmettre ma foi auprès des autres. Ma vie de ninja m’en empêche, et j’ai le sentiment que les Yuukanjins sont pour la plupart… aveugles aux kamuys.»
Ils sont partout, mais à leurs yeux le monde est vide. Ils envoient des signes, mais aucun ne parvient à faire écho à leurs sens. La nature leur offre, mais ils ne rendent pas. Tel était le sentiment qui assaillait l’aborigène au sujet du peuple majoritaire de ce monde ninja. Mais en ce jour, il en fut autrement, Aditya allant à l’encontre des opinions de l’animiste. A sa manière, Shitekka décida de remercier l’ascète en faisant honneur à la fonction de cette sylve nichée au cœur de la Brume.

Si le Kaguya ne parvenait jamais à assumer son ascendance maternelle, il se résilia la dévoiler sous les yeux de son interlocuteur. Son chakra irrigua son bras, avant que soudainement de ce même bras ne vienne éclore un radius agencé sous les traits d’un bâton d’un blanc immaculé. Avec l’aide de son couteau, et des longs copeaux de bois issus de ses sculptures, le dit objet fut décoré de frisures d’écorce, formant ainsi un inau, un talisman rituel que s’employa à utiliser rapidement le pieux des bois. D’un geste sec mais assuré, le Kaguya planta sa création toute récente au sol. Puis, mains jointes, il entonna une petite prière dans sa langue natale.

Tamb’e pate
kamui omonnuka
mosiri itara-ka,
kotan itara-ka
cufki oma-kuni,
tam’e tatne
sirejajsitanne
anki-kusu tapne,
ankiva,
inau ocakesnuka
inau onitata
anki ruhene.
Comme à l’accoutumée, le chant initié par l’Urumi était emprunt de mélancolie. Sa voix blasée portait en elle une forte nostalgie de son passé, qui se retranscrivait elle aussi dans ses litanies. Aussi le balafré ne tarda pas, quelques instants après, à laisser s’échapper un long soupir. Son regard, luisant d’un éclat humide, porta son attention vers les statuettes inachevées des kamuys auxquels il rendait hommage. Dans ce bois où les hommes ne faisaient qu’un avec les éléments, jamais l’esprit de Shitekka ne s’était senti autant en harmonie avec les kamuys. L’aborigène des bois du nord tenait ainsi à faire partager cet instant rare de communion avec Aditya, afin qu’il saisisse la portée de l’émulation autour du culte des déités invisibles aux yeux des hommes, mais palpables avec le cœur.

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Aditya
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Ven 17 Mai 2019 - 17:06
Faisant preuve d’une oreille attentive, Aditya portait tout son intérêt aux paroles de son compagnon du jour, dont la psyché l’intéressait au plus haut point ; comprendre les choses avec lesquelles il n’avait jamais été familier avait de tout temps été une chose plaisante, d’autant plus lorsqu’elles lui étaient demeurées inconnues jusqu’à ce jour. Et le culte des Kamuys en faisait partie.

« ...Toute chose qui ne sert pas directement l’intérêt des hommes n’a pas pour habitude de les intéresser. », glissa-t-il dans un sourire humble. « Mais peut-être que les deux mondes auxquels tu appartiens pourraient trouver sens et se mêler entre eux. Le chakra recèle bien de possibilités lorsque l’on comprend que seule l’imagination délimite ses pouvoirs. »

Une légère surprise s’épancha sur les traits de son visage lorsqu’il fut témoin des prouesses osseuses de l’Urumi. Le sourcil arqué, il observait avec attention ses faits et gestes, et de quelle manière son rituel pouvait se réaliser en faisant appel aux codes de sa foi. Ses pupilles se fermèrent, tandis que son visage fit face à l’étendue boisée : son chant aux allures sauvages emplissait l’espace bien qu’il ne fut prononcé dans un murmure, comme si la nature entière avait délaissé de son panache afin de faire place à cette croyance bienvenue. Si Aditya ne pouvait retranscrire aucune parole par un défaut de connaissance, l’harmonie qu’elles créaient en étant d’autant plus agréable qu’elle ne pouvait être limité à des mots et des significations ; en un sens, seule l’essence et la volonté qui leur était insufflées était gage d’interprétation. L’ascèse fut sensible à cette ombre de mélancolie qui s’’était profilée au sein de sa voix, emportant son chant dans une dimension hors du temps, retranscrivant les effluves d’une ère révolue loin des œillades humaines. Un frisson orphelin parcouru son échine lorsqu'il entendit cette mélodie prendre fin, telle une rémanence de ces impressions farouches. Mais ce caractère éphémère de toute choses ne pouvait que leur rendre des lettres de noblesse oubliées ; après tout, l'Urumi ne pouvait poursuivre une telle pratique durant tout le jour simplement pour son bon vouloir.

« C’était... magnifique. »

Ses pupilles azurées se révélèrent une nouvelle fois à cette vue sylvestre, avant de ne glisser sur les traits de Shitekka.

« Pour quoi priais-tu, si ce n'est pas trop indiscret ? Je t'avoue que cette langue m'est en tout point étrangère, néanmoins... les sonorités qu'elle me renvoyait me paraîssaiet inexplicablement familières. Peut-être est-ce là l'un des autres atouts de tes croyances ; celui de se glisser dans le cœur de tout homme comme une vieille amie. »

Alors qu'un silence rassurant s'était installé dans l'attente de la réponse de l'Urumi, le regard d'Aditya vagabondait sur les reflets boisés de la statue et les formes inopinées de l'objet créé depuis l'un de ses os tandis que son esprit, lui, mêlait entre elles tous les détails qu'ils lui avaient été confiés depuis son arrivée sur ces esprits. Rompant le flot de ses pensées, l'ascèse adressa une nouvelle de ses interrogations à son vis-à-vis.

« Tout à l'heure, tu m'as expliqué que les esprits des Kamuys étaient présents dans tout chose. Mais... est-ce déjà arrivé, à ta connaissance, qu'ils possèdent le corps d'un humain et non pas celui d'un animal ? D'autres cultes recouvrent ce genre de pratiques dans leurs écrits fondamentaux, cela ne me paraîtrait pas étonnant. »




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Kaguya Shitekka
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Ven 7 Juin 2019 - 23:04
La forêt embrumée se drapait dorénavant d’une poésie contrastant avec la fonction belligérante de la cité. En y repensant, Shitekka craignait de surprendre, voire d’apeurer son hôte en vénérant ses déités à l’aide d’un os extrait nonchalamment de son bras. C’était sans compter sur la normalité du monde ninja, qui faisait de la plupart des miracles de simples banalités pour n’importe quel shinobi. Le lyrisme put dès lors reprendre ses droits sur la brutalité. Le chant de l’Urumi entra en communion avec l’univers tout entier, ce monde en communion avec les kamuys. Et si le silence était d’ordinaire son antonyme, le calme qui résulta de la litanie n’était ici que le prolongement d’un infini respect adressé aux esprits.

Même lorsque le bonze vint rompre cette profonde quiétude, cette harmonie persista dans le temps. Il émanait de l’animiste un immense devoir spirituel, et avoir psalmodié ainsi quelques vers à l’égard de ses déités emplissait son cœur de contentement. Il avait accompli sa tâche quotidienne. Maintenant, son verbe était à disposition des interrogations de son hôte. Si ce dernier tâchait de qualifier le mode de vie de son interlocuteur de croyance, Shitekka resta inflexible. Pour lui, l’âme des kamuys emplissait ce monde tout entier. Ce fait, indéniable à ses yeux, lui suffisait, et était un moteur supplémentaire dans son aventure Kirijin.

« Je suis ravi que mes mots ont éveillé en toi la splendeur des kamuys . »
Fidèle à sa nature bivalente, Shitekka abordait ici sa face la plus humble. Bien loin de sa nonchalance habituelle et de sa défiance envers l’autorité, la proximité avec les esprits dans ce temple que représentait l’orée révélait un côté vertueux chez le Kaguya.
« Ce chant s’adressait à ce pieu, l’inau. Il s’agit d’un bâton rituel que nous décorons ainsi lors de nos cérémonies. En le plantant, et en m’exprimant à lui par cette prière, je m’adresse également aux kamuys. Planté au sol et en faisant face vers le ciel, l’inau fait le lien entre notre monde terrestre et le monde céleste des kamuys, le Kamuy-Moshir. »
Dans une ultime prière, cette fois entonnée mentalement, Shitekka paracheva son rituel quotidien à l’égard du dit inau. En rouvrant les yeux, la lumière lui paraissait plus éclatante, et la prolixe toison blonde qui coiffait la tête du moine la réfléchissait avec un éclat encore plus doré. L’esprit ainsi davantage assaini des tourments de la vie de tous les jours, l’Urumi put se consacrer au nouveau aux interrogations du bonze. Il était à présent question d’expérience de possession humaine. Un cas qui n’était pas étranger pour le Kaguya.
« Les kamuys et mon peuple ont été amenés de tout temps à entrer en communion. Ils nous transmettent des visions à travers les rêves, et les tuskurs, les shamans de nos villages, sont capables de communiquer directement avec eux. Certains sont mêmes capables de devenir mi-homme, mi-bête, en accueillant l’esprit d’un kamuy animal. »
Sa grand-mère était elle-même une tuskur. Shitekka savait donc très bien de quoi il parlait. Mais en plus de bien connaître son sujet, l’Urumi avait lui-même fait l’expérience – à une échelle plus modeste – de symbiose avec le domaine des dieux.
« À vrai dire… depuis mon enfance, j’ai toujours partagé une relation spéciale avec Kotan-kor-kamuy, le gardien hibou. Mon kotan est directement placé sous Sa protection. Et les miens ont souvent répété que je portais les yeux du Kotan-kor-kamuy… »
L’œillade singulière de Shitekka n’avait en effet rien de très humain. Son éclat ambré rappelait la teinte du rapace nocturne, dont la vision perçante lui permettait de chasser à travers l’obscurité.
« Depuis, je me suis toujours senti proche de Lui. Même en dehors de mon île, je me sens surveillé par Sa présence. Cela me réconforte. Et cela me motive davantage à remercier les kamuys chaque jour de leur existence. »
Pour le Kaguya, ce soutien spirituel alimentait ainsi sa croyance animiste. Sa foi ne reposait pas uniquement sur des préceptes enseignés maintes et maintes fois depuis son enfance, inscrivant en lui les paroles indélébiles d’un culte archaïque en apparence. Il n’en tenait qu’à Aditya de juger par lui-même de l’évidence des kamuys, au vu du témoignage de Shitekka.

Maintenant que le fidèle avait terminé son devoir moral, son regard se porta davantage aux contours lointains du temple qui peinait à se dessiner par-delà la sylve. La curiosité frappa le Kirijin, qui alors interrogé sur ses croyances, questionnait à son tour celle des autres. Après tout, si lui-même était persuadé de la vérité unique et ultime des kamuys, si les Autres ne prêchaient pas l’existence des kamuys, envers qui leurs prières étaient-elles adressées ?

« Ta question m’étonne un peu, je dois avouer. Tu parles d’autres cultes à travers le monde. Si les gens du Yuukan ne rendent pas hommage aux kamuys, quels esprits vénèrent-ils ? Sont-ce des kamuys sous d’autres appellations qui sont idolâtrés dans ce temple, ou bien d’autres esprits ? »
Sans parler ni concevoir le concept d’hérésie, la simple idée d’imaginer des peuples aux croyances différentes déroutait quelque peu Shitekka. Il savait le Yuukan souvent hermétique au ramut. Mais au fond de lui, il paraissait impossible de renier l’existence des garants de l’équilibre de l’ordre naturel. Cette anomalie le poussa à chercher à comprendre auprès de la parole d’Aditya, dont il espérait une explication à la hauteur de ses attentes.

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Lun 17 Juin 2019 - 20:25
L’azur parcourant les yeux d’Aditya s’échoua dans les dorures du regard que lui offrait l’Urumi lorsqu’il lui eut confié les détails de ces possessions humaines et l’usage pour le moins singulier dont ils faisaient de ce morceau d’os taillé. Ainsi, il servirait à relier ces deux mondes. En un sens, les paroles de son comparse l’avaient touché et par-dessus tout, elles lui avaient apportés bien des savoirs qu’il n’aurai pu qu’effleurer du doigt si toutefois il ne s’était pas décidé à venir à sa rencontre plus tôt, bien que ce fut au nom de son Jôza inquiet.

« Cela doit être agréable de ce sentir ainsi en sécurité qu’importe où tu vas. J’imagine que ton regard ne lui serait pas étranger, avec la lueur qu’il dégage. », glissa-t-il.

Cette fois, ce fut à Shitekka de questionner l’ascèse, visiblement en proie au doute quant à la ferveur des institutions d’autrui ; après tout, il semblait naturel de s’interroger sur le bienfondé d’autres croyances lorsque l’on était persuadé que les nôtres étaient gage de vérité. A ce moment précis, quel Dieu l’emportait sur l’autre ? Ses prunelles revinrent contempler les courbes de pierre du temple, parsemé d’éclats sylvestres qui témoignaient de son ancienneté, parfois considérée comme du laisser-aller. Mais pour lui, cela révélait d’autant plus l’allure mystique qui emplissait les lieux et éloignait les personnes uniquement attirées par le luxe des ordres monastiques, à l’image du temple Yamayuri dont les fidèles se pressaient à ses portes dans le seul but de demeurer dans les bonnes grâces de son dirigeant.

« Je doute que ce soit des Kamuys, pour être honnête. Les croyances qui habitent le temple Seidou… portent certes la présence de divinités, mais bien éloignées du monde animal. Ce sont des hommes et des femmes portées au rang de Dieu, cependant, ils ne sont pas vénérés – ou tout du moins, je ne les vénère pas. Même si j’en porte le vêtement et la marque, je ne suis pas un moine au même titre que mes pairs. », murmura-t-il humblement.

Alors qu’il observait plus en détail cet édifice qui ne cessait de tarir d’intérêt aux yeux de l’éphèbe, Aditya remarqua la silhouette de l’un des bonzes les épier avec attention, mais dépourvu de toute curiosité malsaine. Il savait que chacun d’entre eux n’avaient pas prêté allégeance à l’impudence.

« Il existe un Dieu pour chaque aspect du monde ; la création, le chaos, l’équilibre, la compassion… l’amour et la violence. Ce sont des personnifications, si cela peut t’aider à le percevoir ainsi. Néanmoins, elles n’interviennent jamais dans la vie des hommes et se contentent de les observer depuis leur monde suspendu. », poursuivit-til en adressant une brève œillade à l’Urumi. « Mais à mon sens, ces croyances sont bien plus plaisantes que d’autres. Elles replacent le centre des prières sur l’homme en lui-même et son éveil dans le monde dans lequel il vit, et non pas à l’adoration placide et stérile de divinités dont ils n’ont jamais vu la forme – rassure-toi, mes propos ne s’appliquent pas à ta foi. J’ai vu des hommes adorer un objet sans vie ou un cadavre anonyme en pensant le voir porteur de bénédictions et de miracles sans même se questionner sur la raison même du pourquoi ils portaient une telle ferveur à croire en ces choses-là. Certains ne le font que par dépit, par ignorance ou par habitude sans même savoir ce qu’ils vénèrent réellement. C’est ce qui est à mes yeux la plus exécrable des pratiques. Au final, ils passent leur existence dans le déni et dans l'apathie, indifférents à la place qu'ils apportent à leur esprit. A mon sens, tout devrait être remis en question. Rien ne devrait être prit pour acquis, ou supposé comme vérité. C'est pour cela que les choses un monde m'intéressent tant ; l'Histoire n'a pas un seul pendant, elle porte en elle des myriades de ramifications qui nous sont inconnues jusqu'à ce qu'on les discerne pleinement. »

Pendant quelques secondes, l'ascèse prit un temps pour laisser le silence faire son oeuvre : emporté par ses paroles, il n'avait pas réalisé qu'il avait abreuvé son comparse de ses pensées sans leur apporter le filtre de la bienséance ; sa franchise avait pris le pas, une nouvelle fois, bien que cela ne lui déplaise pas. S'il ne s’affairait pas à changer ses propos au profit d’une parfaite honnêteté, il serait tout de même conscient de ce que requérait la vie en communauté. Alors au bout d'une poignée d'instant, il s'adressa de nouveau à l'Urumi.

« Je n'ai jamais eu beaucoup d'empathie pour ces choses-là, pour tout te dire. A toutes ces croyances aveugles. C'est pour cela que le bouddhisme me paraît plus attrayant, plus réel et surtout... plus fiable. L'important n'est pas de vénérer correctement un Dieu au risque de lui faire outrage en espérant se voir remercié avec une place dans un quelconque paradis. La seule chose sur laquelle il se fonde est le bien être de chacun de ses adeptes, et de les enjoindre à trouver leur propre vérité sur le monde et à se transcender par eux-mêmes, sans aide aucune. Au fond, c'est une croyance qui encourage l'un à être conscient de soi-même et de ce qui l'entoure. A ouvrir un « troisième-œil ». », ajouta-t-il en balayant quelques mèches dorées qui voilaient un point rouge unique sur son front, un peu plus haut que l'espace séparant ses sourcils. « Cela représente la connaissance de soi-même. Evidemment, des lois encadrent nos pratiques comme toute croyance... mais elles sont basées sur ce que chaque homme ne devrait pas être amené à faire ; tuer, voler, brouiller ses sens, mentir ou boire à outrance. En tant que ninja, je me vois parfois contraint de les enfreindre, mais comme je te l'ai dit plus tôt... ma conduite n'est dictée que par ma perception du monde. La méditation me permet d'y réfléchir et d'aiguiser mon esprit. »

Un humble sourire se glissa sur son visage, alors qu’il terminait une nouvelle fois son discours.

« J’ai dû te perdre avec toutes ces paroles, excuse-moi. », lâcha-t-il sur un ton posé.


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Sam 27 Juil 2019 - 12:38
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Dans ce cadre méditatif, l’animiste avait tenté d’aborder la question des autres cultes. Curieusement, pour un Urumi convaincu de ses pratiques, Shitekka était resté en retrait sur ses convictions. Car après tout, pourquoi les Yuukanjins croiraient en de fausses idoles, alors que le monde sur lequel ils reposent subsiste grâce à l’effort des kamuys ? Le croyant qu’il était retint sa verve véhémente en engageant la conversation dans ce sens. Plus qu’une certaine retenue, le Kaguya de sang-mêlé tenait aussi à ne pas offenser les déités qui maintenaient l’harmonie sylvestre de ce lieu. Après tout, le bonze lui avait permis de se recueillir dans cette forêt, dont le silence apaisait l’âme. Il lui octroya même un lopin de terre humifère pour créer un lien entre son culte et ses esprits.

Pour toutes ces raisons, l’écorché préféra tendre l’oreille aux explications de son hôte. Un dernier coup d’œil sur sa dernière création de bois, et il offrit son entière attention à l’ascète. Shitekka manqua de grimacer lorsqu’Aditya lui indiqua que le domaine monastique dans lequel il se trouvait ne prêchait pas la parole des kamuys. Même son expérience de joueur de mahjong, lui ayant appris à couvrir ses émotions, ne parvint à dissimuler la déception qui s’immisçait sur son visage.

Pourtant, cette frustration ne tarda pas à se dissiper, à mesure que la douceur des paroles du moine abreuva l’esprit curieux de l’aborigène. La voix claire d’Aditya, pareille à une rivière limpide, ne connaissait aucun trouble. Son ruissellement, appréciable à l’écoute, était le témoin d’une rare pureté d’esprit. Le moine détailla dans un premier temps les croyances qui faisaient foi au sein du temple. La nature était reine dans ce monastère, mais c’était bien l’Homme qui s’élevait, après la mort, au rang de divinité dans le cœur de ces croyants.

Quelle hypocrisie, songea Shitekka. Il ne niait pas la bonté d’âme de certains, et Aditya était la preuve vivante la plus proche qu’il avait sous les yeux pour affirmer que le Yuukan n’était pas entièrement pavé de mauvaises intentions. Mais ce serait là occulter la place de la nature. Aditya continua de confirmer les soupçons de l’écorché au gré de ses explications. Malgré sa fonction dans le temple, le blondin n’hésita pas à critiquer les limites des pratiques religieuses qui s’établissaient en son sein. Certains prêchaient une sorte de foi aveugle en leurs convictions. L'acte de croire et les bénéfices attendus devenait ainsi une raison plus suffisante que les réelles motivations derrière cette quête de spiritualité. Les icônes de ce culte étaient dès lors réduits à des concepts creux en lesquels se rattacher, des épouvantails censés faire fuir le péché et s’assurer les bonnes grâces du divin.

Si précédemment Aditya soulignait les travers du temple, cette fois, le jeune éphète décrivait ses propres convictions, plus orientées sur la recherche de la vérité. Le fondement de sa propre religion constituait dès lors une quête personnelle pour trouver sa place dans ce monde. Il y avait quelque chose d’infiniment plus humble dans les principes que suivaient Aditya, que ceux suivis par les fidèles de ce temple. C’était en tout cas l’impression que ressentait le protégé de Kotan-kor-kamuy.

A travers ses excuses, le moine manqua de sortir Shitekka de ses pensées. Malgré la bonne volonté de son hôte, il subsistait une amertume quant à la relation qu’il entretenait, lui et ses semblables, avec leur environnement. Même s’il ne niait pas la présence des kamuys, Aditya semblait en faire abstraction. Pourtant…

« Je comprends mieux, tu n’as pas à t’excuser. Mais qu’il s’agisse de vénérer des morts élevés au rang de divinités, ou de chercher une vérité universelle dans ce monde, j’ai du mal à voir comment est rendu l’hommage qu’il est dû à la nature. Les kamuys ont assuré la survie de mon peuple, et continuent encore de faire prospérer nos communautés. C’est par la bénédiction de Hasinaw-uk-kamuy que nous pouvons chasser et pêcher, et nous nourrir des enveloppes d’autres kamuys. C’est grâce à l’œuvre de Shiramba Kamuy que la flore nous offre un moyen de nous protéger, nous habiller et également de nous nourrir. Et grâce à l’esprit du Foyer, nous pouvons les remercier de leur protection. »
À son tour, il réalisa qu’il avait beaucoup parlé, et qu’il risquait de perdre son interlocuteur dans ses explications. Il préféra marquer une courte pause, plongeant son œillade dans la forêt parcourue de rayons de soleil. Dans cette mer de jade et d’or, le Kaguya y puisa les forces nécessaires pour poursuivre.
« Je me suis peut-être emporté mais… je reste persuadé que la vérité se cache dans le mystère indicible de l’harmonie entre les différents kamuys. Ce sont eux qui assurent l’intégrité de notre monde, nous offrent la vie au même titre que nous leur rendons leur éternité vers le Kamuy Moshir. Sans eux, notre existence serait impossible. »
Son regard se perdit à nouveau sur la surface imparfaite de la sculpture en bois du Gardien kamuy. Coupé de son village, de son île, de son peuple, il ne restait que la communion avec les esprits pour rattacher Shitekka avec son passé d’Urumi. D’ordinaire, tout se passait dans la maison, au coin du feu, où le crépitement des flammes se confondait avec le murmure de Kamuy-huci, la divinité du foyer. C’était elle qui faisait le lien entre le monde physique et le monde éthéré. Et ce lien, son peuple ne cessait de le conserver au fil des décennies. Il était réel, et Shitekka ne le savait que trop bien. Combien de fois les anciens remerciaient la nature de son don qui permettait au kotan de se nourrir et de se vêtir ? Combien de fois sa grand-mère, shaman du village, entra en communion avec les esprits pour qu’ils lui murmurent une aide précieuse ? Les kamuys n’avaient rien d’invisibles : ils se manifestaient chaque jour dans leurs interactions avec les hommes. C'était là l'unique vérité universelle qui suffisait à l'Urumi. Bien qu'il sentait dorénavant avoir été peut-être trop insistant auprès d'Aditya à ce sujet. Sans savoir sa réaction, il préféra se mettre en retrait.
« Désolé si j'ai pu paraître trop insistant. Mais quand je vois ces "dieux", je ne peux pas renier mon héritage Urumi, et tout ce que mon peuple a construit grâce aux kamuys. »
Un courant d'air balaya la cime des arbres. La vibration du feuillage accompagna l'apaisement de l'esprit de Shitekka. Son attention se porta à nouveau sur l'assemblée de totems inachevés.
« Je dois reprendre ma tâche, je n'ai pas beaucoup de temps à Leur accorder. Merci encore à toi et aux tiens de me permettre de rendre hommage aux kamuys en ces lieux. »
Quelques instants plus tard, sa main empoigna à nouveau son canif, bien déterminé à finir de graver dans le bois l'essence des déités qui rythmaient sa vie.

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Sam 10 Aoû 2019 - 19:41
Les paupières de l’ascèse se plissèrent avec un intérêt teinté d’une once de désappointement. Ses épaules se relâchèrent, enrôlée dans le cocon une douce ataraxie. Pour l’Urumi, une croyance extérieure à celle des Kamuys semblait brodée de désillusion. User du don de la vie pour accumuler connaissance et de vérité aurait pourtant pu apparaître comme la plus simple des reconnaissances. Mais à cela, Aditya y répondit par un air apaisé et compatissant ; aujourd’hui, cette simple rencontre lui avait permis de repousser les limites de son ignorance et d’insuffler de nouveaux questionnements au cœur de son esprit. Bafouer cette perception reviendrait à ne rien tirer de cet échange, qui était pourtant pour lui la plus fertile des discussions. Alors, avec calme et considération, il prêta une oreille attentive à ses dires et à ses explications au même titre que le Kaguya s’était prêté au jeu, quelques instants plus tôt et n’émit un son qu’une fois que ce nouveau flot de paroles fut tari.

« Je n’aurai su te demander une telle chose. Au contraire, la ferveur avec laquelle tu crois en tes principes… c’est quelque chose que je respecte. », glissa-t-il avec un sourire empreint d'humilité.

Son regard roula une dernière fois sur les arcs osseux qui dessinaient cet étrange objet, dans ces crevasses formées au sein de ce tronc apathique qui formaient peu à peu le visage d'une entité hors du temps et dont les traits semblaient étranger à ce monde ; tout du moins, à son monde. L'ascèse hocha la tête, brièvement, avant de se défaire de l'emprise de cette vue. Au fond de lui, il espérait que la foi de l'Urumi était belle et bien réelle.

« Je te laisse à tes occupations. Si jamais tu as besoin d'une quelconque aide... »

Sa phrase demeura en suspend alors qu'il désignait du menton l'effigie millénaire du temple Seidou avant que ses pas ne retrouvent le sentier menant au sanctuaire. D'un coup d’œil appuyé, Aditya invita le moine épieur à le suivre et à s'abandonner à une contemplation intrusive. Pour autant, cela n'empêcha pas le bonze d'abreuver son compagnon de ses pensées ; celles que l'or qui dansait au creux des paupières du Kaguyas ne reluisaient en rien du monde des vivants. Dans un sourire étouffé, le blond se déroba à une quelconque réponse ; peut-être était-ce là la preuve que ces Kamuys avaient bénis cet enfant de l'os.

Fin du RP.




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