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Suzuri Takara
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Dim 24 Fév 2019 - 16:39


La trentenaire ne pouvait se mentir à elle-même. Sa série de retrouvailles ne se terminerait pas tant qu'elle ne se rendait pas auprès de ses parents. Ou du moins, ce qu'il en restait. Voilà trois mois que sa mère s'était éteinte de mort naturelle, et étrangement, cette nouvelle aussi grave soit-elle n'avait pas suffit à la ramener au bercail. Bien sûr elle lui avait rendu hommage à sa façon, symboliquement et à distance. Mais même si cela l'avait heurté sur l'instant, la vérité s'avérait néanmoins plus cruelle : Takara ne subissait pas cette perte.

Toutes ces années de distance, presque d'évitement, se cantonnant à des rapports brefs et cordiaux lors d'anciennes réunions de clan lorsque ses parents y participaient encore avant de se retirer définitivement, ne laissait plus qu'un lien infime entre les deux partis. Même si elle n'était pas insensible il fallait croire que ce rapport ci souffrait d'avantage du recul qui animait son quotidien et sa manière de vivre. Ses parents ne lui avaient pourtant rien fait, premières victimes de cette fracture incompréhensible découverte sur le tas, tel un fait accompli, fataliste et immuable. Cela remontait à loin. A la jeunesse de la kunoichi. Ce moment précis où elle bascula, ne se construisant plus aux travers d'un tierce modèle mais au contraire dans une solitude devenue salvatrice.
Depuis lors, ils ne pouvaient ni la reconnaître ni la blâmer - Juste accepter. Car s'ils avaient tout essayé pour retrouver leur enfant, l'acceptation demeurait encore la seule carte maîtresse ouvrant sur la conversation. Et même là, la fin tombait bien vite. De son côté Takara approfondissait sa métamorphose, l'assumait plus encore, l'érigeait comme nouveau credo. Jusqu'à celle qu'elle incarnait aujourd'hui.
Cet esprit libre opposé au monde qu'on lui proposait. Eternellement en recherche, peu importe les obstacles ou les impasses.

Cependant son retour à Kumogakure ne pouvait s'accomplir sans apporter un brin de considération à ces parents. Cette fois-ci. Même si elle savait que son manque de démonstration et d'implication émotionnelle quant au décès de sa mère risquait de déplaire à son père, et amener son lot de complications futiles. L'idée la fatiguait à l'avance. Une banalité pourtant, mais quelle banalité difficile à appréhender lorsque l'on se trouvait tenu par les liens de la famille, le devoir de mémoire, l'attente de ses prochains... On pouvait la considérer comme égoïste dans ses choix de vie, mais à ses yeux, il y avait tout autant d'égoïsme et de restrictions dans ces sacro saints liens qui appelait à la convenance et aux usages, quand bien même le coeur de chacun n'y était pas obligatoirement.

Là voilà donc au cimetière Suzuri, à marquer son empreinte d'encre sur une tombe à la mémoire de sa mère. Il y avait déjà celles de bien d'autres membres du clan, mais aussi des fleurs fraiches et des petits objets aux significations certainement personnelles ; L'ancienne génération étant particulièrement respectée et connue en tant que pilier de l'ex Shitaderu, ce n'était pas surprenant. Intimement, elle adressait une formule de paix à cette âme dorénavant assurément détachée de cet aspect cérémonial. Une âme lointaine, omnisciente, qui comprenait que l'amour, la bienveillance, le regret, étaient bien présents, peu importe le détachement actuel de cette fille devenue grande et indépendante par ses propres principes.

- Ses derniers souvenirs de toi n'auront été que des phrases inscrites dans le registre de l'Ogura. En lisant ce recueil, je ne saurai dire si des deux femmes les plus chères à mes yeux il en reste une encore en vie... Peut-être le saurai-je l'année prochaine, à la prochaine cérémonie.

Cette voix de vieillard, un brin cynique et dans l'ensemble culpabilisatrice, n'était autre que celle de son père. Takara rétorquait calmement sans se retourner, paupières closes.

- Viens tu vraiment ici tous les jours ? Elle est partie, il n'y a plus de frontière pour elle, tu sais...

- J'ai eu vent de ton retour. Alors oui, depuis je viens tous les jours avec le souhait de t'y trouver. Confirme moi que je suis récompensé, et que tu ne vas pas simplement partir comme à ton habitude...

Elle retint un soupir.
Puis fit volte face, tiraillée entre son absence involontaire et la peine procurée envers ce père rendu ahuri par le temps.

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Dim 24 Fév 2019 - 17:34


Je t'aime. Je l'aimais.
... Les mots ne suffisent pas Takara. Répliquait instantanément le vieil homme, le tout ponctué d'une grimace contrariée. Nous sommes comme de parfaits étrangers, qu'avons nous vécu ensemble ? Où étais-tu lors de ses derniers instants ? Et les miens, y songe-tu seulement ? Ma fille... Ton visage... Je le connais à peine. Ce n'est pas celui d'une fille qui parle à son père...

Une profonde tristesse. Du désoeuvrement. De l'impuissance.
Que répondre : Deux mondes se rencontraient. A l'origine lié, désormais distincts. Sans renier ni condamner, comme l'expliquer sans blesser...
Être introverti était une chose, or ce n'était pas le cas de la trentenaire autant capable de prendre assaut n'importe quel barrière sociale que de vivre en ermite sans souffrir de quelconques manques. Elle s'était détachée tout en y trouvant son compte, son bonheur personnel, son équilibre. Tout l'amour qu'elle portait à sa famille demeurait sans qu'elle ne sache quoi en faire, ni ressentir le besoin de l'entretenir. Au contraire, à chaque fois qu'elle se retrouvait face à ce type de situation, voilà qu'une profonde lassitude la gagnait.
Cela la ramenait aux tirades de Shuuhei, qui au delà de ses opinions divergentes sur des sujets plus politiques, s'épuisait auprès d'elle en tentant de justifier un lien pourtant fort du temps de leur adolescence. A ces gens aimés, à ces relations passées, elle ne savait plus rien Donner.
De plus, les véritables difficultés enfouies en elle apparaissaient telles des failles, justement auprès d'eux. Un effet qui lui intimait plus encore de s'en détacher...

Pourquoi... Pourquoi est-ce si difficile ?
Pourquoi devoir lutter, faire semblant, me plier aux manques affectifs des autres, alors que je ne suis pas faite ainsi. Je n'ai rien contre toi ou maman, je pense à vous et mes prières ne vous oublient jamais. Votre vie était bien remplie avant que je ne vienne au monde, alors pourquoi être à ce point démuni par mon retrait ? Je ne serai jamais ce que l'on attend de moi, c'est la seule chose que je te répéterai encore et encore.
Tu m'as déjà dit par le passé ce que tu pensais. Je suis lasse de ces scènes...
Si je suis malade pour si peu, alors combien encore sont malades pour des raisons bien plus subtiles ou évidentes, sans que rien ne leur soit reproché tant qu'ils rentrent dans le cadre de cette "normalité" que tu défends.

C'est donc moi qui dois être anormal...
Je n'ai pas dit ça... Un rictus d'agacement brisait le sang froid de la trentenaire, ne sachant se préserver dans cette intimité devenue délétère. Consacre-toi à ta propre vie et laisse moi en faire autant, si nous devons nous revoir alors ça se fera peut-être naturellement. Pas comme maintenant.

Une réponse sèche qui appelait une fois encore la fin de la conversation.
Une manche supplémentaire qui n'apportait ni nouveauté ni finalité, à croire que seul la mort du paternel réglerait cette situation aussi critique que quasi inexistante. A bien y réfléchir, ce phénomène ne se reproduisait pas qu'envers lui, feu sa mère ou encore Shuuhei. Cela englobait à moindre mesure une vaste étendue de sujets d'appartenance. Ce n'était pas pour rien qu'elle franchissait un cap en acceptant une participation effective à Kumogakure, cette tentative de la dernière chance qu'elle se donnait pour ne pas reconsidérer à leur tour ses dernières attaches : Le clan, son pays, son rapport à l'humanité tout entière. Peut-être se perdait-elle, faisant preuve d'un déni profondément ancré. Ou peut-être avait-elle raison, que la vérité n'était pas dans les esprits de ceux qui cherchaient à la détourner de ses convictions et de l'état qui en découlait...

Son père se murait dans le silence. Une rencontre brève, mais une rencontre tout de même.
Tout deux savaient que c'était terminé et, même lorsque la trentenaire entamait son départ, les mots ne sortaient plus de la bouche de son géniteur désarmé par les circonstances...

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Lun 25 Fév 2019 - 1:18


Maudites spirales. Ces raisonnances sans fin qui se déclenchaient à chaque pas, chaque rencontre.
Tout en ce monde prenait sens dans l'opposition : L'amour face à la haine, la pureté face aux vices, l'intelligence face à la barbarie... De concepts en concepts, l'humain transmettait autant qu'il oubliait l'impact foudroyant de son propre état émotionnel, cause première de tout dérapage. Perclus d'afflictions, il ne se rendait plus compte de la simplicité de l'existence, se les appropriant, se définissant aux travers d'elles et les protégeant même ardemment sous couvert d'idéal ou de normalité.
Pourtant l'humain souffrait autant qu'il jouissait.
Mais tant qu'il jouissait, alors...


L'Homme.

Tantôt, cet homme avait cédé à une euphorie. Une collaboration créative dont l'objet n'était autre que la civilisation.
Ce père d'abord savant, à l'âme vaguement généreuse et aux intérêts aussi communs que appréciables pour son entourage, amené à devenir l'un des architectes de ce qui deviendrait ensuite l'un des concepts les plus redoutables de tout le Yuukan: Shitaderu, Kumogakure. Ce père qui avait vécu, qui s'était laissé porter, qui ne sortait pas du lot mais dont l'oeuvre avait été reconnue à sa juste valeur. Ce père qui aujourd'hui, face à un fait accompli imposé par autrui, se décomposait, souffrait, se laissait aller. Pauvre vieillard, méritait-il une fille aussi ingrate ?

Cet homme. Dix hommes, cent hommes, mille hommes. On pouvait brasser leurs vies retracées sur de simple étiquette dans un panier, en cueillir une aléatoirement, puis la plaindre ou encore la condamner ; avant de l'oublier. Outre un sifflement dans les oreilles, outre un réconfort ou un apitoiement, outre un avis subjectif de plus, que restait-il ? Rien d'autre qu'une vie esseulée en proie à un désarroi, à des regrets ou des questions. On pouvait encore enlever la notion d'âge, de sexe, de vécu, et donc les avis d'autrui découlant quant à cette personne : Restait une vie esseulée emplie de questionnements. Là, on commençait à cerner le vif du sujet, ce noyau duquel tout démarrait.

La vie, une âme seule dans un monde vierge, à découvrir.
Sitôt incarnée, une âme se voit salie. Par le mental, on lui érige des barrières : Une appartenance, un code social, une politique, tant de facteurs étrangers qui s'inscrivent rapidement comme des facteurs communs. Une éducation somme toute logique, et pourtant destinée à fermer des portes et restreindre progressivement la vision d'une âme initialement pure et ouverte. Puisque chacun de ces codes s'avère multiple, on lui apprend la méfiance, la protection, la prévention. Quelques années suffisent à rendre une âme dégénérée, quelques années seulement pour que le reste de sa vie soit pratiquement tout tracé, déjà écrite, au mieux avec de l'encre, au pire avec du sang.
Quand l'éducation de l'homme omet la spiritualité, le contrôle de soi, le détachement aux biens.
Quand l'éducation de l'homme encense la conscription, la domination de l'autre, l'appât du gain.
Pourquoi s'étonner que les bourreaux soient désignés comme de nobles âmes et que les modérés soient considérés comme des lâches ou bien des indifférents ?

A l'origine, le chakra constituait-il seulement une énergie de guerre ?
La naissance du shinobi enorgueilli de son bandeau frontal, arpentant le monde en justicier ou en tyran, ne répondait pas à cette question. Il ne s'agissait là que de l'usage décidé par l'homme, au gré de son excitation. Dès lors que quelqu'un employait une méthode peu scrupuleuse, cela donnait généralement à cent autres quidams l'idée de la reproduire avec une touche personnelle parfois plus hypocrite qu'elle n'y paraissait.
A trop vouloir bâtir sur des fondations que l'homme ne comprenait pas.
Il ne pouvait que générer le chaos. Celui du monde certes, mais le sien en premier lieu.


Et toi, pauvre vieillard, tu pleurs car tu ne comprends pas ta fille.
Tu ne comprends pas même le sens de ta propre vie, voilà pourquoi tu pleurs aujourd'hui et que tu pleureras demain.

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Lun 25 Fév 2019 - 19:03

Mais quelle importance que de courir après des chimères ?
A quoi bon nager dans l'obscurité, alors qu'il est plus aisé de mettre en lumière ce que le monde physique nous propose quotidiennement, en tirant une sagesse immédiate - Sitôt apprise, sitôt oubliée. La vie continue. Chaque jour se ressemble, donnant d'avantage d'ampleur aux exploits et aux traumatismes, mais presque plus aucun crédit à l'égard de ce qui n'est pas flagrant, pas palpable. Pourtant bel et bien existant.

Lorsque l'homme ne veut pas s'intéresser quelque chose, il ne s'arrête pas là. Généralement sa paix illusoire repose sur un principe simple et efficace : Uniformiser sa pensée auprès de son entourage. Contester, condamner... châtier ? Tout se justifie, tout se recoupe, tout conduit à des décisions sans appels accélérant ce processus latent de tranquillité. Une pensée différente n'est pas seulement ennuyeuse, elle est viscéralement dérangeante, susceptible d'ébranler ses notions de la simplicité. Tout seulement car l'homme ne perçoit pas la simplicité, il en défend bec et ongle la version qu'il pense connaître, persuadé de tout mais conscient de rien. Ses troubles sont eux aussi justifiés, jusqu'à la mort.
Alors qu'un corps sain ne devrait connaitre aucun trouble quelqu'en soit l'ordre ; physique ou mental.
Le zen pour l'esprit, l'alimentation et le travail pour le corps.
Un entretien vital et consciencieux qui devrait être la base de tout un chacun. Une épuration de l'âme avant toute action.

A la place de cela règne un chaos assumé, présenté la majeure partie du temps sous la carte de la Bienveillance.
Attention ma fille, ne sombre pas comme Kaldea avant toi...
Aucun risque. Aucun risque non, Kaldea ne s'est pas plus assombrie que les autres. Seulement, celle-ci a fait un choix différent, suite à sa propre histoire. Peut-être que ses émotions l'ont transformé et avilie, ou peut être a t-elle cru en quelque chose d'honorable malgré les idées reçues, peu importe, puisqu'elle était morte.

Hypocrisie que tout ceci.

Est-ce ainsi que Midoli, la femme de Shisei, couchait ses filles le soir ? En leur racontant que si elles ne sont pas sages, elles pourraient devenir comme Kaldea ? Takara en doutait, mais l'idée quand bien même grossière n'en demeurait pas moins crédible au vu de ce qui se racontait. De la façon dont le clan était perçu, encore plus depuis l'apparition apparente de Wo. Hypocrisie. Etroitesse d'esprit. On ne savait rien sur rien, mais déjà les patriotes montaient aux créneaux, les commères perdaient les eaux et les politiciens gagnaient en fermeté.

Kaldea, Wo, les fanatiques, l'Homme au chapeau. Derrière ces mots provoquant frissons et attentions, il y avait des âmes égales aux autres, dressant leur propre sentier avec une idée précise en tête. Une idée pas moins légitime que celle d'un quelconque village caché. Une idée pas moins légitime qu'un shinobi ôtant la vie au nom de sa faction. Une idée pas moins légitime que celle d'un vieillard qui, après avoir conjointement donné la vie, s'imaginait donc qu'il possédait cette dernière et se devait de l'idéaliser selon ses propres enseignements.
Il ne s'agissait plus de choisir un camp, plus de juger, plus d'imaginer... Il fallait comprendre. Ni plus ni moins.
Puis certainement faire émerger un nouveau regard sur ce monde et ces vicieuses et tortueuses spirales.

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Lun 25 Fév 2019 - 20:00

Bla. Bla. Bla.
Autant de syllabes de même intonation que pour son nom. Ta. Ka. Ra.
La philosophie, les pensées, les mots, tout cela servait d'avantage à prêcher les convaincus ; "ses ennemis" prêchaient quant à eux après avoir vaincu. Une différente notable, définitivement plus efficace, surtout lorsqu'il ne restait du dit-vaincu plus qu'un corps stoïque défait de son âme.
Un seul credo lui tenait à coeur depuis toujours : Le Message est le Messager.
La Suzuri ne s'était pas décidée à gagner les rangs Kumojins pour devenir ce qui la débectait le plus. Un dilemme l'avait amené à choisir cette voie, et aucun regret ne devait entacher sa décision. Ses atouts ne manquaient pas ; le talent inné, la maîtrise du chakra, l'esprit vif et réceptif à l'apprentissage, le sang froid coutumier. En soit, elle constituait un véritable gâchis pour le monde ninja, du moins les rangs kumojins. Elle était de la même génération que Shuuhei, son ami, ce fléau, sauf que du temps où ce dernier accomplissait sa première mission et se façonnait dans la rigueur, elle de son côté arpentait les forets, se délectant des cadeaux de la nature et de la liberté.
Maintenant qu'elle concédait, donc, il lui fallait des armes. Ses armes.

La mort ne la terrorisait pas. Cela ne voulait pas dire qu'elle la souhaitait pour autant, puisque sa nouvelle motivation à rejoindre Kumogakure impliquait qu'elle puisse poursuivre au delà d'une rencontre défavorable. Son arsenal serait sans appel : Discrétion, subtilité et art des sceaux. En soit, elle possédait déjà les aptitudes et les connaissances lui permettant d'oeuvrer en tant que ninja, à l'exception de jutsu-guerrier. A cela il fallait des palliatifs et des méthodes novatrices pour combler son panel. Ses nombreuses études, y compris sur le clan Meikyû et autres cadors du Fuinjutsu, lui avaient depuis longtemps ouverte une perception pointilleuse sur l'usage de ces derniers.
Elle se devait de rapporter ses expériences et tierces hypothèses à des effets plus bruts et fonctionnels. L'anticipation demeurait la carte maitresse dans ce défi que représentait la non-violence. Bien sûr elle ne se leurrait pas : Des blessures, il y en aurait assurément tôt ou tard. L'évitement ne pouvait se produire dans cent pour cent des cas, quand bien même elle agirait avec une surprenante habilité, ce qui ne pouvait être garanti.

L'épuisement du chakra adverse était une piste séduisante, connue de longue date. Son assurance dans l'art des sceaux pouvait couvrir bien des situations, mais cet effet ci deviendrait son nouveau cheval de bataille. Elève éternelle, elle n'en démordrait pas, peu importe le temps.

D'ici là, un passage dans les ateliers Metaru coulait de source. Le stockage demeurait l'usage le plus aisé ; impliquant d'avantage un travail de coulisse en sélectionnant des éléments de diverses envergures, les scellant pour les réutiliser en cas de besoin. Piocher dans l'arsenal de ce clan d'artisans était un luxe offert aux kumojins, et elle savait qu'avec Shuuhei leurs portes lui seraient toujours ouvertes, même si ce dernier devait intimement douter qu'elle ne se serve réellement des armes de jet pourtant bel et bien commandées. En vérité, il lui fallait procéder à de nombreuses autres simulations avant de se décider sur l'ensemble des futures arcanes représentatives de son nouveau rang de shinobi. Des idées à revendre, il ne lui en manquait pas.
Ces quelques piquants seraient les seuls bouts de métaux en sa possession.
Le reste, le coeur de son pouvoir, de ce qu'elle était, agirait par l'intermédiaire d'un chakra malicieux et tempéré.
Son souhait ? Que tout cela lui serve le moins possible. Mais quand bien même désormais, puisque des moyens de lutter sans acharnements fourmillaient dans son esprit aussi serein que résolu.

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Jeu 28 Fév 2019 - 21:20

Armes. Chakra. Confrontation.
Où comment de simples mots une fois enregistrés pouvaient tordre un esprit.

Pourquoi était-elle revenue ?

D'une pensée à une autre, même une tête froide pouvait contenir un psyché ardent. Une telle ébullition ne pouvait s'apprivoiser qu'à travers la quête de solution, puisque le détachement ne suffisait pas. Si l'Art des Sceaux lui avait appris une chose, c'est déjà que tout scellement pouvait être défait. Abolir la fatalité, si la kunoichi devait impérativement se fixer un nindo, ce concept s'en rapprochait le plus. Premier enseignement : Aucune création n'est finie dans le temps. Tout est perpétuel changement. La clé de voute de la vie se basait sur un mouvement infini. Spirales, saintes spirales ; vous revoilà, à chaque pas, chaque regard.

Théorie.
Un sceau pouvait être apposé, déterminant et figeant une cause et ses effets. Un maître des sceaux pouvait rompre ce dernier, par la compréhension, la maîtrise et enfin l'altération. Si le monde lui-même était la proie d'un sceau, que le chakra constituait la cause et le chaos ses effets, alors de la même façon, il fallait comprendre, maîtriser, altérer - Pour l'en libérer.

Simple. Ce qui ne veut pas dire facile.
Comment amener un si grand changement à cette échelle, dans un monde où les enfants sont amenés à devenir des lions, des lions enchaînés par la puissance, mais libres d'en user en bien comme en mal. Stop. Les notions de bien ou de mal sont un puit sans fond, parlons donc plutôt des nécessités. Dans sa souffrance, le Yuukan a besoin de force, de ce chakra devenu maudit. Actions, repercussions, peu importe leurs factions et leurs cautions, les sphères s'agitent et se frappent encore et encore, sans fin, puisque là est le coeur de cette malédiction, de ce "sceau". Impossible donc de creuser une solution en rejetant la nécessité de ses villages shinobis, quand bien même décadents dès leurs naissances.

Rejoindre un village devenait donc logique. Oeuvrer en marge du système représenterait toujours un frein dans ce problème global qui se posait.

Ensuite, que faire. Si la politique stagnait, si les esprits s'embrumaient, cédaient aux pulsions et aux émotions, il n'y avait pas tant de raisons à cela. La naissance des villages cachés demeurait un phénomène à double tranchant ; le brassage idéologique, la perte des identités claniques, le sentiment d'autorité supérieure et du droit à l'ingérence, tout cela accentuait la baisse de la moralité de manière générale, et l'éducation militaire prenait le pas sur la sensibilité religieuse et philosophique. Dans cet état de fait, la pire génération serait toujours la prochaine.

Une impulsion nouvelle devait prendre forme. De nouveaux codes, un objectif précis et assumé.

S'opposer frontalement à tout ce qui ne convenait pas mènerait au cul de sac, Takara s'en voyait désormais persuadée. A l'instar d'un sceau, il fallait d'abord se l'approprier profondément, le lier à sa propre essence, afin d'en changer la nature. Avec subtilité ou fermeté, cela importait peu, bien que dans une situation comme celle du Yuukan, qui concernait bien des vies, on ne pouvait penser de façon uniquement matérielle. Le respect du vivant représentait la première étape pour provoquer cette impulsion, la première étape mais certainement la plus absurde compte tenu de la faune carnassière peuplant les tierces pays. Pourtant, il fallait en passer par là. Céder aux consensus face à des âmes frivoles revenait à renier les Lois les plus élémentaires. Aussi, une force, mesurée et éducative, devait être employée.

A quoi pense-tu, Takara... Tout cela semble si complexe, si inatteignable.
Mais alors... pourquoi es-tu revenue ?


Tant pis. Il n'y aurait pas de marche arrière, et ce peu importe le temps, les moyens, les possibilités. Une tentative serait toujours plus honnête que l'abandon.


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