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De defectu membrorum [Aditya]


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Mer 27 Fév 2019 - 0:11
A nouveau, Zô se tenait devant les hauts bâtiments de l'hôpital. Cette fois, aucun frisson de crainte ne parcourait son corps. Il ne sentait plus ce froid qui, plusieurs déjà auparavant, avait parcouru ses veines alors qu'il contemplait les lieux. Même l'odeur si caractéristique qui flottait dans l'air ne suffisait pas à faire refluer dans sa mémoire les souvenirs de ses angoisses passées. Il connaissait la cause de cette soudaine prise de confiance en lui-même. Il pouvait s'en douter, du moins. C'était assez évident, à bien y réfléchir: s'il avait craint l'hôpital par le passé, c'était parce qu'il révélait une facette de sa personnalité qu'il ne connaissait pas, ou trop peu pour bien l'appréhender. Et c'était une facette de lui-même qui lui faisait peur, parce qu'elle était presque radicale. Mais à présent, il avait réussi à se faire à l'idée que cette partie-là de lui existait, et il avait même réussi à accorder son esprit avec ses ambitions. Il était prêt à affronter les lieux avec calme.

Il déambula dans les couloirs de l'hôpital pendant un certain temps. Il avait perdu la notion des heures et des minutes depuis un moment, trop absorbé qu'il était par ses propres desseins pour se préoccuper de ceux du temps. Il se livrait à l'observation la plus fidèle dont il était capable. Il voulait en apprendre le plus possible sur cet environnement, son fonctionnement, et surtout sur ses patients. Car c'étaient eux qui l'intéressaient particulièrement aujourd'hui. Ceux qui l'avaient d'abord rebuté par leurs maux divers, il voulait à présent les étudier de près, se familiariser avec leurs maladies et leurs plaies. Aussi jetait-il des regards curieux dès qu'il le pouvait, pour attraper au vol une vue d'un patient en plein examen, ou d'un médecin en train de préparer un remède.

"Pardon monsieur, est-ce qu'on peut vous aider ?

-Hein ? Que ... Pardon ?
-Je vous ai vu passer plusieurs fois ... Je me suis dit que vous auriez peut être besoin d'indications. Franchement, vous avez l'air perdu."

C'était une jeune fille, aux cheveux blonds ondulés tombant en cascade sur ses épaules. Son regard d'un bleu pur respirait la candeur et la bonté. Sa tenue indiquait qu'elle était infirmière. Zô afficha un léger sourire, et se composa un visage affable.

"Je vous remercie, c'est bien aimable de votre part. Mais ne vous inquiétez pas, je ne fais que passer. Je ne viens visiter personne. Je suis simplement un curieux, voyez-vous. Oh, je vous rassure, c'est de la bonne curiosité ! Je pense bientôt commencer à étudier la médecine, et je suis seulement venu voir un peu de quoi il retournait, sur le terrain ...
-Je vois ..."

Elle avait l'air soudainement méfiante. A moins que cette nuance légère qui teintait ses pupilles ne soit de la peur ?

"Je ... Je vais vous laisser, dans ce cas. J'ai des patients à ... Enfin, vous savez ..."

Et elle s'éloigna, d'un pas un peu trop rapide pour paraître tout à fait normal. Zô la regarda jusqu'à ce qu'elle disparaisse au détour d'un couloir. Aussitôt, le visage sympathique du jeune homme tomba, et il retrouva une composition de marbre. Quelle étrange petite sotte ... Il reprit son errance à travers les corridors, effaçant bien vite de sa mémoire cet épisode hors norme.

Un moment après, sans qu'il puisse savoir quand précisément, il se retrouva à déambuler dans des couloirs déserts. Il ignorait qu'il pouvait exister dans tout l'hôpital un endroit aussi calme que celui-ci. La lumière qui filtrait à travers les fenêtres des chambres se répandait jusque dans les allées vides des couloirs. Il devait être dans les étages supérieurs, car il entendait le remue-ménagé incessant des médecins et des infirmiers sous ses pieds. Il pénétra dans une chambre, vide, dont la porte était entrouverte, et s'assit sur le lit. Il plongea alors la tête entre ses mains. Qu'avait-il appris, en venant ici ? Que les maux des hommes étaient horribles, douloureux. Que le plus heureux des hommes aurait été celui qui ne les craignait pas. Mais qu'avait-il appris qu'il ne savait pas déjà, alors ? Rien, sans doute. Non, rien.
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Mer 27 Fév 2019 - 13:14
______Les pas d’Aditya, bien que légers, résonnaient à travers les couloirs de l’hôpital général, son regard s’attardant par endroits sur les dures besognes que chaque médecin et infirmière se devait de réaliser au cours de la journée. Il venait tout juste de raccompagner Arata, son partenaire d’entrainement de puis tôt à qui il devait, entre autres, les brûlures qui trônaient sur son bras droit. Mais désormais effacées par les soins précis d’un irounin, son membre paraissait aussi exempt de toute marque du temps qu’il n’y a quelques heures, où aucune blessure ne marquait son corps.

______Il s’arrêta un moment devant une des chambres laissées ouvertes à la vue de tous, sûrement pour faciliter les allées et venues des membres du corps médical. Elle était occupée par ce qui lui semblait être un shinobi, s’il en jugeait le symbole du village qu’il portait à l’épaule – ou du moins, ce qui lui en restait. Le coude de l’homme était recouvert d’un bandage épais, tâché par un écoulement de sang régulier qui traduisait une amputation récente. Néanmoins, l’amoncellement de tissus blancs aux côtés d’un infirmier, arborant une couleur rance, donnait au blond un indice supplémentaire sur la situation. Ça n’était pas la première fois qu’il était témoin d’un tel spectacle, mêlant une tristesse infinie à la suite de la perte d’un membre moteur et l’alégresse d’être en vie malgré tout. Un silence pesant s’était installé dans la pièce qu’il observait depuis lors, rythmées par les seules indications de l’auxiliaire qui manquait vraisemblablement de sommeil.

______Il aurait dû se douter qu’une telle situation sévissait au sein de l’hôpital général, avec le climat de violence permanent qui s’était répandu sur le Yukan une fois que la boite de pandore que représentait le Pays Oublié fut ouverte ; les blessés s’amoncelaient à la suite de mission périlleuses, sans que les forces médicales ne puissent suivre le mouvement. Mizu était certes un archipel plus ou moins épargné par les attaques récemment, mais nombre des forces armées avaient été envoyées au-delà de leurs frontières pour maintenir une paix mondiale. Quand aux tensions que partageaient le village de la brume avec ses confrères du pays de la terre et de la foudre… disons qu’elles n’aidaient pas plus à alléger leur travail.

______Prit de compassion à l’égard de ce mutilé, Aditya s’avança jusqu’au seuil de la porte qu’il frappa de deux coups succins pour annoncer sa présence. Les réactions ne se firent pas attendre, puisqu’il était désormais l’objet d’attention de deux regards surpris. Il expliqua, d’une voix teintée par une douceur nouvelle, la raison d’une intrusion si soudaine ; un souhait profond d’apporter son aide, bien qu’elle ne représente qu’une goute d’eau dans l’océan vis-à-vis du savoir de son comparse. Mais si ses connaissances en Iroujutsu n’étaient qu’à leur prémisses… il savait néanmoins comment bander et suturer des plaies. C’était assez pour permettre à cet infirmier de prendre quelques minutes de repos.

______Le blond prit place aux côtés du lit de l’inconnu après avoir décliné son matricule à l’auxiliaire qui faisait preuve d’une prudence exemplaire – et pour autant, Aditya ne s’en formalisa pas. Il savait que quiconque aurait pu essayer de « terminer le travail » si d’aventure l’amputé se voyait faire l’objet d’un contrat. Pour tâcher d’éteindre ses doutes, il lui proposa de rester à ses côtés pendant qu’il apportait son aide, ce qui lui permettrait tout autant de trouver un peu de repos. Aditya déclina un sourire poli en entendant cet accord formulé. L’infirmier prit place sur l’une des chaises près d’une simple fenêtre tandis qu’il entreprenait de défaire les anciens bandages qui enserrait ce membre absent. Mais une fois qu’il fut mis à nu devant ses yeux, le blond ne put retenir un frisson de surprise que l’amputé ne manqua pas de remarquer.

____________« C’est étrange, n’est-ce pas ? »

______Aditya se reprit rapidement, cachant la gêne de sa réaction en attrapant un tissu vierge de toute trace sanguine entre ses doigts. Le ton presque chaleureux avec lequel l’homme avait décliné ces paroles le rassura néanmoins. Il semblait… étrangement en paix avec la perte qu’il venait d’essuyer.

____________« Navré, je n’en avais encore jamais vu d’aussi près., il marqua un temps de pause alors qu’il enroulait avec une douceur extrême les nouveaux bandages au-dessus du moignon. Est-ce douloureux ?
____________C’est assez intense, à vrai dire. Mais je crois que ça n’est rien comparé au fait que j’ai toujours l’impression qu’il est là, même si c’est évident que non, haha !, il le vit masser sa nuque du bout des doigts avec sa seule main restante alors qu’un rire résonnait dans la pièce. L’infirmier rebondit à son propos, la voix empreinte d’un calme olympien.
____________C’est ce que l’on appelle le syndrome du membre fantôme. Vous ressentirez des picotements et des brûlures pendant un long moment. Pour être honnête, certains ne s’en défont jamais. L’important c’est d’accepter sa perte et de ne pas rester prisonnier des remords. »

______Bien qu’elle ne le voulut pas, sa rétorque installa un nouveau silence entre les trois hommes. Aditya poursuivit sa tâche, l’esprit embrumé par cet échange.

[…]

______Lorsqu’il revint au sein de la chambre que l’on lui avait donné pour se reposer une fois son bras soigné après avoir assisté l’infirmier, Aditya fut surpris de découvrir uns silhouette y ayant déjà élu domicile. Cependant, il était certain de ne pas s’être trompé de numéro. Il se racla la gorge pour attirer son attention, s’adressant à lui d’une voix posée. Bien qu’il n’éprouve aucune gêne vis-à-vis du fait que le jeune homme qui lui faisait face l’utilise pour se reposer, il voulait néanmoins savoir à qui il avait affaire, d’autant plus en ces temps troublés.

____________« Puis-je vous aider ? »


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Mer 27 Fév 2019 - 14:39

Zô releva aussitôt la tête, en entendant une autre voix. Quelqu'un d'autre se tenait dans l'encadrement de la porte. Il pensait pourtant que l'étage était complètement désert. Sans doute s'était-il laissé aller à son imagination. Il avait l'impression d'avoir complètement perdu pied. Et sa tête lui faisait mal. Comme s'il se réveillait d'un long sommeil trop court. Que faisait-il vraiment ici ? Qu'est-ce qui l'avait poussé à errer à nouveau dans les couloirs de cet hôpital ? Il n'en était plus si certain que ça. Et il n'était pas sûr non plus d'avoir très envie de rester là. A présent, ses craintes passées lui revenaient en mémoire, et regagnaient son coeur. Ces mêmes angoisses qu'auparavant ...

L'homme qui se tenait dans l'encadrement de la porte était de belle stature, et d'une certaine beauté à n'en pas douter. Il respirait la sérénité et le calme. Une vision bien apaisante, et pourtant si contraire à celle que pouvait offrir Zô: recroquevillé sur lui-même, assis sur le lit d'hôpital, ses mains encore crispées, le regard apeuré. Il se redressa, essaya de faire bonne figure. Mais c'était une vaine tentative. Il tenta également d'afficher un sourire qui se voulait sincère, mais ne parvint à produire qu'une sorte de rictus nerveux. Il n'essaya pas de se lever. Rester assis était sans doute la meilleure chose à faire, dans la mesure où son corps ne semblait pas vouloir répondre correctement à aucun des ordres qu'il lui donnait. Il se serait vite retrouvé par terre, autrement.

"Non, tout va bien. Je vous remercie. Je ne pensais pas que l'étage était occupé. J'occupe peut être votre chambre ? Si c'est le cas, je m'en excuse. J'avais simplement besoin ... de repos ..."

Oui, il avait un besoin assez urgent de se reposer. Il lui semblait que sa tête allait éclater sous le coup de toutes ses préoccupations. Ces derniers jours, il n'avait fait que penser à ses projets de prothèses, d'étude du corps humain et de façons de contourner ses défauts et ses malfaçons. Son esprit ne tenait plus le coup. Il avait besoin de respirer, de liberté.

"Je ne faisait que passer, je vais vous laisser. J'avais prévu de continuer ma visite de l'hôpital, et peut être de rencontrer un médecin qui veuille bien m'enseigner quelques rudiments, mais je pense que je vais remettre ça à plus tard. Euh ... Encore pardon."

Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait raconté tout ça. C'était comme s'il pensait à voix haute. Et pourtant, il ne connaissait absolument pas cet homme, cet inconnu. Peut être était-ce son visage qui lui inspirait une certaine confiance ? Il y avait sans doute de cela, se dit-il en relevant à nouveau les yeux vers cet inconnu. Mais il ne voulait pas s'exposer à nouveau. Il était déjà suffisamment désagréable d'avoir été surpris dans un moment de faiblesse. Inutile de prolonger la souffrance en se donnant des airs pathétiques. Il se leva, chancela un instant, et commença à se diriger vers la porte.

"Je vous prie de m'excuser ... Et je vous souhaite un bon repos. A bientôt, peut être ..."

Il n'avait même pas remarqué l'insigne de shinobi de l'inconnu. Son esprit était ailleurs, et le tirait à lui, le détournant de cette rencontre fortuite. Et lui, pauvre poisson crédule, se laissait appâter bêtement.

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Mer 27 Fév 2019 - 22:57
______Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Aditya ne se serait jamais attendu à trouver une personne ainsi étendue dans ce lieu de repos. Ce ne fut pas tant la position dans laquelle il s’était installé, ainsi en boule tel un animal blessé, recherchant un moment de répit, mais plutôt l’expression qui laissait de profondes marques sur son visage. Marques qui, malgré tout l’effort qu’il faisait pour les dissimuler, demeuraient visibles aux yeux perçant du blond. Ses traits, à moitié voilés par les tissus qui entouraient son faciès, étaient tout entier tendus dans une sensation presque morbide, entachés par un sentiment de peur insondable qui prenait naissance au plus profond des yeux de son vis-à-vis. Couvert par ce masque d’indifférence qu’Aditya arborait face à tous les évènements que la vie s’obstinait à poser sur son chemin, il ne laissa aucun soupçon de surprise se lire sur son visage. Mais intérieurement, l’intensité du regard qu’il lui lançât l’inconnu le décontenança, l’espace de quelques instants.

______D’ordinaire, il ne s’était jamais attardé sur les états d’âmes d’autrui, considérant cela comme un frein inutile à un échange intelligent. Mais la compassion fut pour lui une sensation bien trop difficile à réfréner une fois qu’il eut trouvé une raison de s’attacher à ce nouveau village. Enfoui dans les contrées d’Hayashi, il était bien plus aisé de n’éprouver envers les inconnus que de l’indifférence et de porter tout son intérêt au bien être de ses proches. Mais désormais… il semblerait que la cadence se soit inversée. Il n'avait plus personne dont il devait prendre soin. Hayashi... était bien loin de lui. Peut-être qu'un jour, il reverrait ces flancs boisés à perte de vue.

______Lorsqu’il voulut rétorquer quelques paroles à l’inconnu, ce dernier s’était déjà relevé, masquant tout ébranlement qui avait pu le traverser quelques secondes plus tôt. Il semblait presque fuir la scène du crime. D'un côté, il pouvait comprendre les sentiments qui l'animait ; il devait très certainement avoir honte d'avoir été surpris ainsi alors qu'il se laissait aller au flot d'émotions qui le traversaient pour une raison qui demeuraient inconnus aux yeux du blond. Alors que ce dernier s’apprêter à le dépasser pour sortir de la pièce, Aditya délaissa un presque soupir, cédant à sa bienveillance.

____________« Si vous cherchez quelqu’un pour vous renseigner sur la médecine, je pourrais peut-être vous aider. », il marqua un temps de pause afin d’étudier la réaction de l’inconnu, ne souhaitant pas le brusquer par de telles paroles qui pourraient paraître déplacées. « Je suis encore novice dans le domaine, mais pas tout à fait ignorant. »

______Son ton de voix était étonnement chaleureux, invitant le jeune homme à se sentir à l’aise à ses côtés si le cœur lui en disait. Aditya n’était pas du genre à s’acharner sur les autres pour des futilités pareilles, d’autant plus si le manque de sommeil troublait les pensées de son comparse. Néanmoins, il eut la politesse de se décaler tout de même, laissant le choix à son vis-à-vis quant à sa décision de quitter les lieux ou d’y rester. Il n’avait rien contre le fait d’apporter son aide, pour la seconde fois de la journée.


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Mer 27 Fév 2019 - 23:29

Zô resta un moment perplexe. Même après que l'inconnu se soit poussé, et lui ait laissé le passage libre, il resta immobile. Il n'était pas certain de l'attitude à adopter, de la décision à prendre. Il était comme tiraillé. Une part de lui lui commandait d'écouter cet inconnu, de lui faire confiance, de ravaler sa fierté et de commencer dès à présent son apprentissage des arts médicaux à ses côtés. Mais d'autre part, sa fierté se manifestait, justement, avec une vigueur toute particulière, et lui ordonnait de fuir, aussi vite qu'il le pouvait, pour ne pas être envahi par la honte d'avoir été surpris dans sa détresse par un inconnu et en plus de bénéficier de ses conseils et de son aide.

"Je ... Merci, mais ... Je dois ..."

Ce furent tous les mots qu'il parvint à articuler avant de se faufiler et de quitter la chambre. Il recommença à parcourir les couloirs de l'étage, toujours apparemment désert, mais cette fois pour fuir le plus vite possible cette chambre qui avait été le théâtre de sa faiblesse. Et surtout cet homme, qui en avait été le témoin muet, et trop compatissant pour que son silence ne soit pas offensant. Le pas de Zô accéléra, devint presque une course. Seul les coups de ses semelles sur les carreaux polluaient le silence de l'étage, vide.

Il ne s'arrêta qu'après quelques minutes passées à se perdre dans le dédale des corridors, à courir tête baissée sans prêter attention à sa direction. Haletant, il s'appuya à un mur et reprit sa respiration. Il avait tellement honte de lui-même ... Il n'était plus qu'impulsions, c'est ça ? Obéissait-il désormais à la première de ses pulsions ? Se laissait-il commander par ses émotions, lui qui s'était toujours vanté de bénéficier d'un esprit remarquablement rationnel ? C'était un homme de sciences, de savoir, avant tout. Et voilà qu'il laissait sa raison être masquée par un sentiment aussi dérisoire que la honte ... Etait-ce là ce qui avait fait se détacher du droit chemin la longue lignée pourrie par l'âge dont il était issu ?

"Vous avez des connaissances en médecine, alors ?"

Il était de retour devant la chambre. Cette fois, les rôles étaient rétablis: c'était lui qui s'appuyait à l'encadrement de la porte, les bras croisés, un sourire assez sincère sur le visage. Il avait changé d'avis, et avait décidé de mettre son ego de côté pour l'occasion. Il avait revêtu ses plus beaux vêtements d'humilité, celle-là même dont doit se parer tout véritable homme de connaissance pour progresser. Or, le progrès était justement sa tâche, son but.

"Peut être que nous pourrions faire de la bonne besogne ensemble ... Après tout, de ce que j'en ai vu, il y a de quoi faire dans les autres étages, là, en-dessous."

Du doigt, il pointa le sol. Oui, il y avait suffisamment de blessés et de malades en tous genres, des plus bénignes blessures aux maux les plus insolites à Kiri pour occuper tous les aspirants médecins du pays.

"Alors je m'en remets à vous pour ... disons, apprendre les rudiments. Je m'appelle Zô, Okubo Zô."

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Jeu 28 Fév 2019 - 15:39
______Aditya arqua un sourcil devant la course intrépide qu’avait début l’inconnu, arpentant les couloirs de l’hôpital à une vitesse folle sans se soucier de ce qui l’entourait. Il avait à peine eu le temps de balbutier une excuse quelconque avant de s’enfuir, si bien que le blond n’avait pu comprendre de quoi il retournait tant sa voix fut étouffée par la gêne. Il resta un moment ainsi, pantois, ne sachant que faire. Que … ? Ses traits se plissèrent alors qu’il jetait un coup d’œil par-delà l’encadrement de la porte, veillant à la refermer après son passage. Si cette intriguant silhouette s’était décidée à le chasser de sa vue, que pouvait-il faire si ce n’est se plier à cette sourde demande ? Alors qu’il chercha à rejoindre la sortie de l’hopital – décidant que, finalement, un repos sain au temple serait préférable à la réservation stérile d’un lit dont d’autres patients en seraient bien plus bénéficiaires que lui – il eut un mouvement de recul, surpris ; l’inconnu était revenu face à lui, profitant de son moment d’absence pour terminer son escapade.

______Il délaissa un rire fin, amusé par le comportement du jeune homme.

____________« En effet. Pour le moment, elles ne sont que théoriques. Mais j'aspire à les élever au niveau pratique et à devenir un ninja médecin. »

______Aditya le vit s'adosser à la porte, les bras croisés avec une assurance nouvelle qui tranchait avec son état désespéré de plus tôt. Bon sang, quel héros de Shonen. Il tiqua cependant à la mention du « travail » qui demeurait à faire quelques étages plus bas. Si le mot, aussi impersonnel soit-il gênait le blond dans sa formulation – car, tout de même, il s’agissait d’être humains dont l’on parlait – il comprenait néanmoins son usage. Ça n’était peut-être pas nécessaire voulu comme du mépris de la part de cet inconnu, simplement un raccourci pour ne pas s’étaler en paroles futiles. Mais qu’importe, il aurait tout le loisir de déceler les divers indices que leur conversation laisserait sur l’état d’esprit de son comparse vis-à-vis du monde qui l’entourait. Se pliant de nouveau aux conventions sociales, Aditya tendit une main rassurante vers lui.

____________« Aditya. »

______Cependant, il rompit leur poignée de main – si d’aventure il venait à lui serrer la pince – après que leur contact n’ait duré que quelques secondes, le minimum syndical. Aditya était en effet peu friand des contacts forcés par quelque ordre que ce soit et ne s’attardant pas sur ce détail, il commença une marche assurée vers l’étage du dessous, invitant Zô à le suivre.

____________« Comme je te l’ai dit, mes connaissances sont assez réduites pour l’instant étant donné que je suis moi-même sous l’enseignement d’une Irounin. Mais cela fait quelques semaines désormais, alors je pense pouvoir répondre à certaines de tes questions. Qu’est-ce que tu voudrais savoir ? »

______Aditya avait en effet délaissé un vouvoiement peu après les présentations d’usage, préférant une proximité teintée de respect mutuel tout en gardant une certaine distance due à leur rencontre récente. Il adressa un regard attentif a l’Okubo, du coin de l’œil en attendant sa réponse.


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Jeu 28 Fév 2019 - 15:56

Zô tendit sa main, et s'adonna brièvement, et avec tout aussi peu d'entrain que son nouveau camarade, à cette convention sociale. Il ne voulait pas paraître discourtois. Il avait déjà eu l'air ridicule, inutile d'en rajouter une couche en passant pour un parfait crétin ... Vraiment, il ne donnait pas exactement l'image de lui-même qu'il aurait souhaité. Cet hôpital le troublait, mettait tous ses sens en alerte. Ce n'était pas très bon. Il devait apprendre à maîtriser ces passions et ces pulsions. Elles ne pouvaient décemment pas le conduire vers de bonnes choses. Mesure, et prudence, étaient mères de sûreté. Et, tout feu tout flamme qu'il était, c'était cette sûreté-là qu'il devait rechercher.

Il ne releva pas le nom de son partenaire, ni ne tiqua, mais le trouva curieux. Alors qu'ils entamaient leur descente vers l'étage inférieur, Zô, tout en l'écoutant parler, observa de dos cet étrange jeune homme. Sa sérénité était vraiment déconcertante. Il avait le profil parfait d'un apprenti médecin, en tout cas dans l'imaginaire du marionnettiste. Le calme, la patience, et surtout la raison -qui découlait naturellement des deux autres vertus- étaient sans doute les qualités primordiales pour celui qui aspirait à guérir les plaies et les blessures en tous genres. Les maux du monde ne pouvaient être soignés par la fougue. Elle ne faisait qu'élargir le mal.

"On peut suivre les enseignements d'un Irounin ? Je ne savais pas ... Je n'ai pas suivi les leçons de l'académie ici, ou peu importe la structure qui s'occupe de former les jeunes shinobis. Je ne viens pas de ce pays et, dans le mien, les préoccupations sont bien loin de la formation de médecins compétents."

Zô eut un léger sourire. Il ne se prenait pas à souvent à évoquer dans sa mémoire le souvenir paisible de son pays natal. La forêt immense, les mangroves, la canopée si haute qu'elle en était presque invisible. Hayashi no Kuni lui manquait, par certains aspects. Mais, à ce premier souvenir était inévitablement associé celui de son père, de sa famille, qu'il avait laissés derrière lui. Et il ne regrettait en rien ce choix.

"A vrai dire, je n'ai que les bases théoriques en matière de soin. J'ai eu souvent l'occasion de lire, beaucoup, à ce sujet, mais jamais de mettre en pratique tous ces savoirs. Quand je suis rentré dans cet hôpital pour la première fois, j'ai été confronté à des images qui m'ont frappé, parce que je n'avais jamais vu des blessures comme ça auparavant. Maintenant, je m'efforce d'y voir un simple dysfonctionnement de la mécanique complexe de l'organisme."

Zô essayait de faire ressurgir dans sa mémoire les lointains souvenirs de ses lectures en matière de médecine. Ils remontaient aux temps où il était encore contraint de s'emplir le crâne de connaissances diverses dans l'immense bibliothèque souterraine dont son père avait la garde. Il pensait pouvoir se remémorer les principes de base, mais il n'était pas certain d'avoir parfaitement retenu les points plus complexes.

"Voyons, si tu as du temps à perdre ... Pars du principe que je suis un novice complet. Enseigne-moi ce que tu peux comme tu le ferais pour un parfait débutant. Je pense que ça reste encore la meilleure chose à faire. Bien sûr, je ne veux pas accaparer ton temps ..."

Il ponctua sa requête d'un sourire qui se voulait à la fois amical et poli. Il aimait ces rencontres hasardeuses, et pourtant si pleines de promesses, dont il avait déjà pu faire l'expérience à plusieurs reprises depuis son arrivée au village. Etait-ce donc ça la vie en-dehors des terres reculées ? La compagnie des hommes ?

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Jeu 28 Fév 2019 - 17:57
______Il déclina un sourire poli en entendant les premières préoccupations de Zô.

____________« Je ne suis pas originaire de Mizu non plus – les étendues forestières d’Hayashi sont bien plus plaisantes au regard que l’opaque voile de la brume. Mais je peux cependant affirmer que l’académie ne permettait pas ce genre d’enseignements ; c’était une initiative de la part de cette Irounin. Kobane Harumi, si jamais cela te dit quelque chose. »

______Il réfléchit un moment au problème qu’il venait de soulever. Si certes le fait d’instruire les jeunes recrues aux techniques essentielles de tout bon médecin – car soyons franc, un kit de premier secours n’allait pas suffire à remplacer ces connaissances, c’était tout au mieux une bonne blague, au pire, un objet réconfort stérile – s’avérait être une idée qui demandait réflexion au vu de l’intérêt qu’elle pourrait apporter au village, Aditya savait par expérience que tout jutsu médical demandait une maîtrise poussée du chakra. Or, exiger cela de nouvelles recrues, dont certaines n’avaient pas même atteint l’âge de raison était tout à fait impossible. Harumi avait souligné le fait que certains Chunin, si ce n’est Jonin, n’atteignaient jamais une maîtrise pareille malgré leurs années d’expérience. A moins de tomber sur une génération entière de génies, il y avait peu de chance que la mise en place de cette idée ne porte ses fruits. Il plissa les sourcils en entendant la suite de sa rétorque.

______Apparemment, il ne semblait pas avoir eu la meilleure des expériences au sein d’un hôpital. Au fond, cela ne le surprenait pas. Lui aussi, il avait ressenti ce sentiment les premières fois où il du panser les plaies de blessés, il y a quelques années de cela, ou bien lorsque la maladie s’insinuait trop profondément dans l’organisme. Il n’avait jamais été particulièrement choqué par des amputations, ou toute perte de membre quelconque – Aditya considérait depuis son plus jeune âge le corps comme ce qu’il était, une enveloppe certes charnelle mais qui ne devait pas revêtir plus d’intérêt que cela. Mais ce furent les visions cadavériques des malades qui lui avaient ravît ses premières nuits où il ne put trouver le sommeil. Et aux confessions de Zô, il ne put que répondre un mantra qu’il s’était évertué de répéter à chaque fois qu’il éprouvait des sueurs froides face à ce genre souvenir insidieux.

____________« Cela devient plus facile, avec le temps. La vue est toujours horrible, il n’y a pas de petite ou de grande douleur. Mais arrive à le supporter, à force. Assez pour faire notre travail comme il se doit. Ils ne méritent pas moins. »

______Son regard se posa, un temps, sur le dialogue enjoué d’un infirmier faisant démonstration de son chakra curatif sur une blessure profonde à la cuisse d’un ninja. Tous deux plaisantaient sur la manière dont il s’était blessé – un moment d’inadvertance en mission, d’après ce qu’il avait cru comprendre. Cela arracha un sourire au blond, qui pointa d’un geste du menton la position des deux hommes.

____________« Pour commencer, et comme tu dois t’en douter, le chakra d’un irounin change de couleur lorsqu’il est utilisé pour soigner des blessures. Contrairement aux reflets bleutés qu’il prend sous sa forme pure, un chakra curatif prend une teinte verte. », il descendit la dernière marche avant de reprendre. « Le contrôle du chakra est la base fondamentale pour tout ninja médecin. Trop peu, et ton patient ne recevra pas les soins nécessaire – ce qui peut devenir épineux en cas de blessure majeure. Au contraire, si tu le concentre trop, la pression exercée risque d’aggraver son état, voire de provoquer d’autres dégâts. Il n’y a pas de demi-mesure en Iroujutsu. »


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Jeu 28 Fév 2019 - 20:43

Cet Aditya semblait être un personnage intéressant. Sa motivation pour apprendre les arcanes de la médecine était ... d'aider les malades ? C'était en tout cas ce que Zô déduisait de ce qu'il avait entendu. Les patients méritaient des soins adaptés, de bonne qualité. Zô admirait cette façon de voir la médecine, et surtout l'implication qui semblait porter Aditya. Il semblait être taillé parfaitement pour l'exercice. Ses explications ne reflétaient rien d'autre que de l'empathie, de la considération pour les malades, et surtout de l'attention à leur apporter le réconfort possible, dans leur état. Zô souri légèrement. C'était un bon sourire, dénué de sarcasme. Il appréciait ces âmes essentiellement bonnes, tournées vers rien d'autre que le bien.

Ces réflexions ne l'empêchèrent pas d'être attentif aux premières explications de son camarade. C'étaient les rudiments, les bases fondamentales. Mais ce premiers exposé soulevait déjà un certain nombre de questions, que Zô n'hésita pas à poser. C'était, après tout, une bonne façon de jauger l'étendue des connaissances d'Aditya. Il se rapprocha du malade en train d'être guéri, et s'arrêta devant la porte.

"Et comment est-ce que ça fonctionne exactement ? J'imagine qu'il ne s'agit pas seulement de faire des jolis effets de son et lumière autour d'un bobo pour le faire disparaître ... Comment on fait ? On insuffle son chakra dans la blessure ? On en recouvre la blessure ? Et quels sont les risques, exactement ? Si on utilise trop de chakra, par exemple, et qu'on étouffe la plaie."

Zô observait avec attention les soins de l'Irounin à l'oeuvre. Il semblait parvenir à faire son oeuvre sans trop de mal, en attestent les plaisanteries qu'il n'arrêtait pas d'adresser à son patient. L'exercice était-il facile à maîtriser ? Ou demandait-il des années d'expérience de pratique ? Sans doute les shinobis étant déjà habitués à manipuler leur chakra, à le faire circuler à leur guise dans leur corps, ou à altérer sa nature, possédaient-ils un avantage conséquent sur le reste des aspirants. Zô ne doutait pas d'avoir lui-même de bonnes chances de maîtriser la chose. Après tout, s'il était capable de tisser des fils de chakra d'une finesse extrême pour manipuler des marionnettes de combat, il devrait également être capable d'utiliser son chakra pour soigner des plaies. Restait à savoir comment.

Mais cette simple première utilisation du chakra curatif semblait en appeler d'autres. Si les médecins étaient capables d'un tel contrôle de leur chakra pour le focaliser sur la longue durée dans leurs paumes, et l'extérioriser avec une telle précision, alors ils devaient être capables d'autres utilisations que le seul soin.

"Ca a l'air assez complexe, comme procédure. Atteindre le bon niveau de précision, je veux dire, pour soigner au mieux la blessure. Mais si un Irounin en est capable, il doit pouvoir faire d'autres choses basées sur le même principe de contrôle de son flux chakratique, non ? Par exemple, je ne sais pas ... Extérioriser son chakra sous d'autres formes ? L'utiliser pour des buts offensifs ?"

Voilà que sa condition de soldat le rattrapait. Il pensait aussitôt à des applications violentes, visant à blesser plus qu'à soigner. Ce n'était peut être pas la plus sage approche de la discipline, surtout s'il avait comme mentor quelqu'un qui semblait considérer avec tant d'estime la vocation curative de l'Iroujutsu.

"Et c'est la seule manière de soigner ? La tâche d'un Irounin se résume à ça, à refermer les plaies en utilisant son propre chakra ?"

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Ven 1 Mar 2019 - 16:43
______Aditya croisa ses bras, s’adossant au dos de la porte, afin de disposer d’une vue d’ensemble sur les allés et retours des différents irounins tandis que d’une oreille attentive, il prenait en compte les questions de Zô. Il s’était questionné sur les mêmes sujets quelques semaines auparavant, lorsqu’il eut commencé son apprentissage auprès d’Harumi – enseignement qu’il coupla à la fervente lecture des ouvrages qu’elle leur avait conseillé, ainsi que certains de son propre choix.

____________« Recouvrir une plaie ne suffira pas. Il faudra l’insuffler au cœur de la blessure pour reconstituer les tissus et décupler les cellules du corps ; si elle est externe, tu verras facilement l’avancée des soins, mais en interne, c’est une tout autre histoire. C’est un peu comme y aller à l’aveuglette, même si certaines techniques peuvent palier à cela. Si ta maîtrise n’est pas parfaite et l’épicentre de l’hémorragie faussement désigné, ça risque de mal finir. »

______Il glissa un coup d’œil vers le brun pour s’assurer qu’il ait comprit toute l’ampleur de la situation. L’ordre et la discipline étaient l’une des qualités principielles de tout ninja médecin ; s’il désirait un jour faire partie de cet ordre au même titre qu’Aditya, il était important qu’il soit en mesure de déceler les conséquences que pourraient entrainer même la plus minime des erreurs. Sa voix fut sans appel lorsqu’il lui demanda des explications plus poussées sur les risques encourus lors de l’utilisation d’une technique de soin. Il lista méthodiquement chaque point qui étaient nécessaires à son apprentissage, reprenant ceux qu’il avait ardemment mémorisé.

____________« Il n’y a qu’un seul risque ; la mort du patient. Comme je te l’ai dit, le chakra d’un ninja médecin est d’une mesure chirurgicale. Et ça n’est pas sans raison. Une erreur de dosage, même minime, aggravera la situation de manière exponentielle. Même une petite entaille – et pourtant, cela paraît si insignifiant que l’on compare souvent ce genre de blessures au battement d’aile d’un papillon dans l’immensité du ciel. Seulement, la plupart d’entre nous oublie facilement que même un battement d’aile peut provoquer un ouragan, ou même une avalanche à l’autre bout du monde. Faire appel aux soins ninja est tout sauf sans conséquences. Si à n’importe quel moment, tu n’es pas certain de pouvoir soigner une blessure, abstiens toi. »

______Quant aux nouvelles interrogations qu’il lui posa, leurs réponses étaient fermement ancrée dans l’esprit du blond, réminiscences de son initiation aux côtés de Ren, Shaka et bien d’autres genins. Harumi avait été plus que claire sur le sujet, aussi, il ne lui fallut pas plus d’effort pour retranscrire ses dires précisément.

____________« La maîtrise du chakra, une fois à son paroxysme, offre des myriades de possibilités, pas seulement le soin. Que ce soit pour extraire un poison ou une maladie, pour démultiplier les cellules afin d’éviter une mort imminente ou augmenter sa force de frappe à un tel niveau que dire qu’il serait possible de pulvériser un corps humain sur le coup, rien de tout cela n’est impossible. C’est même un euphémisme, par rapport à la réalité. Certains chunin et même jonin accomplis, qui démontrent déjà une force de frappe sans précédent n’arriveront jamais au niveau de contrôle et de précision atteint par un Irounin au cours de leurs vies. Je te laisse imaginer la puissance dont ils peuvent être capable sur le terrain. La médecine est à la fois un art effrayant, mais terriblement fascinant. », il prit une légère pause, glissant un coup d’œil vers le mutilé qui venait de voir sa blessure disparaître grâce aux soins qu’il avait reçu.

______Néanmoins il fut forcé de se taire lorsque les deux hommes sortirent de la pièce que le duo de genin encadrait, leur dialogue étant été assez discret pour qu’il soit pas parvenu à leurs oreilles – du moins, du côté d’Aditya. Le blond étira les muscles de son visage du bout des doigts avant de répondre au dernier problème que Zô venait de soulever.

____________« Je crois t’avoir en partie répondu de ce côté, mais, non, un Irounin n’est pas simplement une poche de chakra dotée de jambes. Il est le cœur de chaque équipe d’intervention, et quand aux possibilités que lui prodiguent sa maîtrise du chakra, elles sont théoriquement illimitées. A ce jour, il n’y a qu’une seule limite aux pouvoirs de l’Iroujutsu. Nous ne pouvons pas recréer des membres perdus. Du moins… pas encore. J’espère être capable d’y remédier dans le futur. »


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Ven 1 Mar 2019 - 22:40

Zô commençait à y voir plus clair dans le fonctionnement de l'Iroujutsu. Au moins, il comprenait comment marchait tout le processus de guérison, sur quel base il se posait. Il s'agissait en fin de compte ni plus ni moins de restaurer les pertes du patient en faisant un véritable don de soi, de son chakra, de sa propre énergie. En quelque sorte, c'était un acte d'une certain beauté. L'altruisme par excellence. Cela levait également toute une foule de problèmes, à commencer par celui de la compatibilité des chakras: a priori, rien ne disait qu'un Irounin ne pouvait pas administrer des soins à qui il voulait. De là découlait alors une compatibilité universelle des chakras, une sorte de nature commune, de racine semblable.

Mais ce furent les derniers mots d'Aditya qui firent tiquer Zô. Il ignora complètement le passage de l'Irounin et de son patient, à présent complètement remis de sa blessure, et remua cette idée dans son esprit. Remplacer des membres, les faire repousser ... Voilà une question qui semblait rejoindre d'assez près les recherches qu'il menait lui-même déjà, et qui pouvait se révéler plus qu'intéressante à étudier du point de vue de la médecine shinobi. Après tout, s'il voulait trouver des substituts efficaces aux simples membres humains, vulnérables, il devait bien commencer par apprendre comment ils fonctionnaient, et surtout comment pallier à leur absence.

"Recréer des membres perdus, tu dis ? Ca n'est pas dans les cordes d'un Irounin, alors ... Ca veut dire que les capacités régénératrices du corps sont trop faibles, ou qu'il faudrait une quantité d'énergie trop grande pour que l'exercice soit réalisé ? Parce que sur le principe, ça revient à régénérer des cellules de la même façon que pour des petites blessures, je me trompe ?"

Zô rentra dans la chambre laissée vide par ses précédents occupants, et s'assit sur le lit. Les possibilités multiples de l'Iroujutsu commençaient déjà à se multiplier dans sa tête. Sur le principe, s'il avait bien compris les enjeux de la discipline, les opportunités étaient presque infinies.

"Si un Irounin ne peut pas recréer des membres, il devrait y avoir des façons de contourner l'obstacle, quand même. Sans régénérer, on pourrait réussir à remplacer. C'est peut être une déformation de la chose de ma part mais ..."

Il hésita un instant. Il doutait que la façon dont il abordait le problème convienne tout à fait à son mentor. Sans doute valait-il mieux prendre des pincettes, et s'efforcer de faire preuve de diplomatie.

"En fait, c'est un sujet auquel j'ai déjà réfléchi, assez longuement. Tu vois, je viens d'une famille qui utilise les marionnettes de combat depuis des générations, et qui transmet les secrets de leur manipulation et de leur fabrication, surtout, à tous ses descendants. Ca veut dire que je suis plutôt familier avec la confection de marionnettes, et donc de mécanismes qui sont destinés à imiter au mieux des organes du corps humain.

"Ce que je veux dire, c'est que, de mon point de vue, on pourrait essayer de fabriquer des membres artificiels, des prothèses, disons, qui, correctement dessinées, pourraient faire office de véritable membre pour un shinobi rendu infirme. Des questions complexes seraient à régler, évidemment, à commencer par savoir comment un patient pourrait contrôler un membre artificiel avec autant de facilité qu'un vrai membre organique. Mais sur l'idée ..."

Il était assez impatient d'entendre ce qu'Aditya en pensait. Il n'avait pas tout à fait livré le fond de sa pensée. Dans son idée, ces membres devaient également améliorer les capacités du corps, et dépasser les performances d'un membre organique. Mais une sorte d'instinct lui recommandait de garder ça pour plus tard ... Il fallait encore tâter un peu le terrain.

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Sam 2 Mar 2019 - 19:39
____________« Je pense que le problème vient plutôt d’un soucis de matière. L’Iroujutsu consiste à régénérer des tissus en décuplant la régénération et la division des cellules, qui entraine donc un vieillissement de l’organisme. A ce niveau, cela serait bien trop coûteux pour recréer un membre entier. Il faudrait une substitution, ce serait le seul moyen. », glissa-t-il en rejoignant Zô à l’intérieur, l’épaule accoudée contre l’entrée.

______Il hocha la tête à la proposition de remplacement qu’évoqua son comparse, qui se recoupait à ses propres conclusions. Néanmoins, il arqua un sourcil lorsqu’il entendit que ce dernier avait réfléchit au sujet depuis bien des lunes, ce qui ne manqua pas de le surprendre. Il releva un regard intrigué vers lui alors qu’il s’approchait un peu plus ; le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il avait attiré son attention.

______Alors comme ça, il était manipulait des marionnettes ? Il laissa un sourire espiègle franchir la commissure de ses lèvres. Il n’aurait jamais pensé que de telles pratiques puissent naître à des lieues du désert brûlant de Kaze. Lorsqu’il s’y était rendu au cours de ses nombreux voyages il y a quelques années de cela, cet art était loin d’être rare, au contraire, il s’y imposait parmi les érudits comme un passage obligé, une tradition, presque.

____________« Pour ce qui est de leur création, je pourrais sans nul doute m’en charger. Je maîtrise le mokuton, et le bois serais sûrement une matière plus qu’indiquée pour des prothèses, ou tout du moins... à leur était premier. », il laissa planer le doute sur une possible amélioration, avant de poursuivre. « Mais ça ne permettrait que de « recouvrir », voire de remplacer le membre. J’ai du mal à voir comment l’on pourrait connecter une création dépourvue de nerfs à un cerveau humain. »

______Ses doigts enserrèrent son menton en signe de réflexion intense alors que des milliers de pensées se bousculaient dans l’esprit d’Aditya. Il venait d’évoquer le frein principal à son idée de prothèse, car si les créer en tant que remplacement était une prémisse non négligeable, sans les rendre manipulable par leur porteur, elles ne revêtiraient qu’un aspect esthétique et non pratique – or, c’était bel et bien ce à quoi il aspirait. Avec un système d’emboitement, nul doute que la chose serait déjà bien plus facile à envisager et permettrait un panel d’options bien plus large qu’un simple bloc de bois taillé. Mais c’était loin d’être assez pour le blond qui recherchait une précision et un savoir bien supérieur. Ces gens voulaient contrôler leurs mouvements, et non simplement s’acclimater d’une base stérile qui aurait l’image seule de leur membre perdu. Son regard revint se poser sur Zô, alors que ses élucubrations mentales prenaient fin.

____________« Pourrais-tu me montrer comme tu manipule les mouvements de tes marionnettes ? La forme de leur membre serait sûrement une inspiration première pour créer des prothèses, mais ce qui m’inquiète, c’est la manière dont les patients pourraient les contrôler. Dans ton cas, ce sont les mouvements de tes doigts qui remplacent le cerveau de la marionnette. Peut-être que ça nous ouvrira une voie pavée de réponses. », glissa-t-il sur un ton poli. Après tout, cela pourrait le gêner de dévoiler ainsi ses arcanes à un presque inconnu.


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Sam 2 Mar 2019 - 22:33

"Je vois ..."

Zô n'avait pas complètement saisi cette idée: les soins apportés par un Irounin accéléraient le vieillissement des cellules. Ainsi, l'Iroujutsu apparaissait comme un pis-aller, un remède qui avait des effets secondaires assez regrettables, même s'ils n'étaient pas nécessairement de grande ampleur quand il s'agissait de traiter de petites blessures. Mais en effet, dans le cas de la régénération d'un membre entier, cela reviendrait à sacrifier toute une partie des cellules pour en rajeunir une autre. Ce qui, d'une part, rendait tout le processus caduc, et d'autre part était certainement irréalisable.

Il tira de son dos un petit rouleau de parchemin, qu'il déplia d'un geste assez théâtral. Un instant plus tard, un nuage de fumée en surgissait, duquel émergea la figure sombre, menaçante, de sa marionnette favorite. Oiwa était semblable à elle-même: deux mètres de haut, recouverte entièrement d'un drap noir qui ne laissait rien deviner de ses formes. Seul le masque en forme de crâne de chèvre qu'elle arborait au niveau du visage lui donnait un air vaguement humanoïde. Mais c'était tout.

"A vrai dire, j'ai pensé à la même chose. Je me suis dit que, pour faire fonctionner une prothèse entièrement mécanique, on pourrait très bien s'inspirer, voire copier complètement, les techniques de combat des adeptes du Kugutsu. Après tout, il ne s'agit pas d'un donc transmis par le sang, mais seulement d'un savoir-faire. Il faudrait seulement un temps d'adaptation pour le patient, une sorte de rééducation, mais en théorie, je pense que ça pourrait marcher."

D'un geste de la main, il tissa en un instant des fils de chakra entre ses doigts et les membres de son pantin. Aussitôt, comme prise de spasme, la marionnette s'agita, et se mit en place. Zô la fit bouger, effectuer des mouvements simples mais précis, pendant qu'il reprenait la parole:

"Laisse-moi te faire un topo précis du fonctionnement de notre technique de combat à nous autres marionnettistes. Ce que nous faisons se résume assez simplement: nous relions notre propre corps à celui d'un pantin entièrement mécanique, gavé de rouages et d'articulations, par des fils de chakra, que nous utilisons comme des ficelles pour diriger ses mouvements. La plupart du temps, les marionnettistes le font à partir de leurs doigts. C'est le plus commode, certainement. La main est un des points de sortie du chakra les plus faciles à contrôler. Mais il n'est pas exclu, dans l'idée que l'on puisse faire sortir ces fils à partir d'autres parties du corps."

Il s'interrompit un moment, tout en continuant à jouer de ses doigts, et à actionner un peu au hasard des mouvements de son pantin.

"Prenons le cas d'un infirme. Tout le problème consisterait, si on lui donne une prothèse fonctionnant sur le principe des marionnettes de Kugutsu, à lui permettre de se relier à sa prothèse par des fils de chakra avec suffisamment de précision pour que le contrôle soit efficace. Est-ce qu'on ne pourrait pas supposer ... Voyons, tout ça n'est qu'une conjecture, mais est-ce qu'on ne pourrait pas supposer que, une fois la main coupée, par exemple, les circuits de chakra continueraient à déboucher au niveau de ce qui serait devenu le moignon ? Ca paraîtrait logique: si le sang coule, c'est que le circuit sanguin a été interrompu, sectionné à cet endroit. Alors, de même, si l'on coupe à cet endroit, les canaux de circulation du chakra seraient sectionnés, ou en tout cas interrompus. Et on pourrait alors en déduire que le patient aurait un nouveau point de sortie de son chakra. Il lui manquerait sans doute la précision qu'il pourrait avoir avec une vraie main, mais ... Peut être serait-il possible pour lui de tisser des fils de chakra à partir de son moignon, pour se relier à sa prothèse."

Il interrompit son jeu, et sectionna ses fils de chakra. La marionnette sembla se désarticuler, pour ne plus devenir qu'une sorte de tas d'étoffe informe, morbide.

"Tout cela est hautement théorique, et parvenir à le mettre en pratique demanderait sans doute des années ... C'est un système qui ne demande que des améliorations, mais ... C'est à peu près ce à quoi j'avais déjà réfléchi sur la question. Qu'est-ce que tu en dis ?"

Il avait laissé de côté pour l'instant la question de la confection des prothèses à partir du bois créé par Aditya. Non pas que le sujet lui paraisse inintéressant, bien au contraire. Mais il touchait à un autre point, que Zô souhaitait aborder plus tard. Pour l'heure, il s'agissait plutôt de fixer une base de réflexion stable, sur laquelle ils pourraient échafauder ensemble des plans plus concrets.

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Dim 3 Mar 2019 - 19:28
______Aditya croisa ses bras sur son torse, se délectant d’un regard de tous ces savoirs qui jusqu’alors lui étaient demeurés inconnus, ou tout du moins, pas avec une telle proximité. S’il avait été conscient que l’art des marionnettistes était largement répandu à Kaze, très peu d’entre eux acceptaient de le montrer avec autant de confiance devant des inconnus, de peur que leurs arcanes ne s’échappent de leur ordre. Et le moins qu’on puisse dire… était que ce spectacle était tout bonnement impressionnant. L’aisance avec laquelle il avait réussi à relier ses fils à sa marionnette forçait au respect, tandis que si Zô n’avait pas informé le blond sur ce fait accompli, jamais il n’aurait pu les deviner par lui-même ; les fils étaient presque invisibles à la lueur du jour, même un œil aguerri à la vision du chakra et connaissant leur position peinait à les distinguer. S’il eut d’abord été surpris par l’apparence de ce pantin, qui se rapprochait d’une idole tribale avec ce masque qu’elle arborait, à l’effigie d’une chèvre, ce sentiment avait rapidement laissé place à de la fascination. Aditya prenait plaisir, plus que tout au monde, à élargir son savoir, à accumuler des enseignements qui lui étaient demeurés voilés jusqu’alors. Ainsi… se retrouver à une longueur de bras d’un art méticuleusement gardé secret donnait à ce moment des lettres de noblesses incontestées.

______Mais si les prouesses de son vis-à-vis étaient impressionnantes pour le blond, le postulat qu’il lui eût proposé quelques secondes plus tard n’avait rien à lui envier. S’il s’agissait véritablement d’un savoir faire et non pas d’un don héréditaire, cela signifiait que n’importe quel shinobi était en mesure d’apprendre à en faire de même, ou du moins, à être capable de formuler une variante du Kugutsu. Les prunelles d’Aditya pétillèrent alors qu’il se rendait compte que, s’il n’avait pas croisé la route de l’Okubo, ses recherches quant à la création de prothèses n’auraient jamais pu voir naître de tels avancées. Il lui adressa une réponse teintée d’une euphorie non dissimulée, pour pousser leur théorie encore plus loin.

____________« …J’en dis que c’est absolument brillant. D’après ce que j’ai pu apprendre sur l’Iroujutsu, il est possible pour un ninja d’expulser du chakra de n’importe quel tenketsu de son corps. Et étant donné que ces derniers sont au nombre de 361 précisément, il suffirait de couper – ou recouper si la mutilation a été faite sur le champ de bataille – le membre quelques centimètres avant le tenketsu le plus proche pour faciliter la tâche aux patients. »

______Aditya entreprit de relever la manche de son uniforme jusqu’au biceps, tandis qu’il pointait divers points illusoires sur son bras, à plusieurs reprise, leur nombre avoisinant facilement la vingtaine. Après avoir reçu les enseignements d’Harumi, il avait tâché, avec une infinie précision, d’apprendre et de mémoriser l’emplacement de chacun d’entre eux en commençant par ceux du bras. Ainsi, ça ne lui était pas si difficile de les retranscrire devant Zô.

____________« Voici ceux du bras. Pour un amputé au-dessous du coude, on pourrait par exemple recouper ici… », il traça une ligne invisible quelques centimètres au-dessus de l’articulation pour étayer son exemple. « Comme ça, le patient aurait une emprise directe et rapprochée sur sa prothèse qui lui permettrait de faire bouger son membre factice avec les fluctuations de son chakra. »

______A tâche d’exemple, il fit ressortir une fine pellicule de chakra du tenketsu visé, qui recouvrit une partie de son avant-bras droit. Si sa maîtrise n’était pas aussi pointue qu’il l’aurait voulu, elle l’était tout de même assez pour que l’on distingue clairement le sens de fluctuation de son chakra. Néanmoins, il releva un regard vers Zô, assez intrigué.

____________« Cependant, si cette théorie fonctionne pour les shinobis… Qu’en sera-t-il pour les civils ? Eux non plus ne peuvent pas être épargnés par la guerre éternellement. »


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Dim 3 Mar 2019 - 21:20

L'enthousiasme d'Aditya était contagieux. Zô se trouvait lui aussi pris d'une soudaine ferveur intellectuelle, d'une excitation qui secouait chacun de ses neurones avec une vigueur nouvelle. Il était ravi de cette sorte d'émulsion mutuelle de leurs savoirs qui s'était mise en oeuvre entre eux deux. Il semblait avoir trouvé là, par un hasard des plus heureux, un partenaire de réflexion sans commune mesure avec tous ceux qu'il avait pu avoir auparavant. Et ils paraissaient tout à fait complémentaires en ce qui concernait la réalisation de leur projet. Car, si Zô connaissait les secrets des mécanismes qui permettraient d'articuler efficacement des prothèses, Aditya pouvait, lui, fournir un matériau d'exception pour leur création. Et ce point-là était crucial.

"C'est vrai, il faut également penser aux civils. Même si ce n'est pas nécessairement la guerre qui peut les blesser, on peut facilement imaginer qu'ils perdent certains de leurs membres dans des accidents du travail, ou à cause d'une maladie, que sais-je ... Et tout le problème réside évidemment dans le fait qu'ils n'ont pas la maîtrise de leur chakra. Ils en ont, bien entendu, mais ne sont pas entraînés comme nous à son contrôle. C'est un problème de taille ..."

Il s'interrompit un moment pour réfléchir. Il n'avait jamais envisagé le problème du point de vue d'un civil. Il s'était toujours penché sur la question en vue d'une application pour lui-même, pour remplacer un de ses membres humains et éviter les affres d'un organisme humain. Pourtant, il devait y avoir une solution plausible.

"Voyons ... Ce qu'il faudrait idéalement pour les civils, ce serait une prothèse qui répondrait aux désirs de son porteur instinctivement, sans qu'il ait besoin de penser à transmettre un ordre à la prothèse. Il faudrait un lien direct entre la prothèse et le cerveau du sujet. Mais ce n'est pas possible matériellement, parce que ça impliquerait que la prothèse elle-même puisse réceptionner un tel ordre et le traiter sur le plan mécanique, pour actionner ses articulations.

"En revanche, ce qu'on peut essayer de faire, c'est de créer une sorte de synchronisation entre la prothèse et l'utilisateur. Je m'explique: partons du principe que le chakra peut agir comme un levier pour les muscles, une sorte de moyen de transmission des ordres du cerveau. Comme un substitut aux nerfs, ou en tout cas un système parallèle. Ca ne paraît pas complètement absurde, pas vrai ? Après tout, pour les marionnettistes, c'est à peu près ça: nos fils de chakra répondent aux mouvements de nos muscles, ceux de nos doigts. Bon, partons de ce principe et établissons-le en axiome, même s'il n'est pas prouvé. On pourrait alors considérer qu'une prothèse pourrait fonctionner entièrement avec les ordres transmis par le chakra, comme des nerfs. Même si ça ne serait pas aussi précis que la méthode inspirée des techniques du Kugutsu, ça pourrait faire office de substitut efficace."

Nouvelle pause, pendant laquelle Zô s'autorisa un léger sourire. Les idées semblaient couler d'elles-mêmes avec une telle facilité qu'il commençait à craindre de partir sur une mauvaise piste.

"Maintenant, toute le problème résiderait dans le fait de faire circuler le chakra de l'utilisateur civil dans la prothèse, c'est-à-dire de créer une sorte de prolongement du circuit chakratique du sujet jusque dans la prothèse. Or, je ne pense pas que ce soit un problème. A vrai dire, je pense que nous n'aurions rien à faire du tout."

Il avait levé le doigt avec un air docte tout en parlant, et pourtant il affichait à présent un sourire certain.

"Tout repose alors sur tes capacités. Tu m'as dit que tu manipulais le Mokuton, c'est ça ? Est-ce que j'ai tort de considérer que dans le bois que tu crées circule ton chakra, comme une sorte de résine ? Si j'ai raison, alors le problème est réglé: dans une prothèse que l'on fabriquerait à partir du bois que tu as produit circulerait ton chakra en circuit fermé. Avec le temps et la proximité avec un autre circuit chakratique, je pense qu'on peut imaginer sans trop se tromper que ton chakra dans la prothèse serait en quelque sorte pollué par le chakra de l'utilisateur, ou en tout cas qu'ils se mélangeraient pour former une seule substance chakratique homogène. Et si c'est le cas, alors le circuit se rétablirait tout seul, se régénérerait, et la prothèse serait reliée au corps du patient comme un véritable membre organique. La chair, les os et le sang en moins."

Il sentait son coeur palpiter puissamment dans sa poitrine. Un flux d'adrénaline se répandait dans son sang, et le faisait battre à ses tempes. Etait-ce ça, le véritable épanouissement intellectuel qu'il était venu chercher hors de son pays natal ?

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Mar 5 Mar 2019 - 11:24
______Aditya resta un moment sans rien dire, et si son corps semblait aussi droit qu’il ne pouvait l’être à l’accoutumée, son esprit lui fulminait sous l’afflux des théories qu’ils venaient d’évoquer. Sa poigne se resserra autour de son menton l’espace d’un instant alors que ses sourcils se froncèrent. Finalement, son regard fut parcouru d’un moment de doute pendant quelques secondes, avant qu’il ne s’évanouisse aussi rapidement qu’il était apparu.

____________« Tu voudrais utiliser mon mokuton comme catalyseur ? »

______Après tout, ça n’était pas une idée dénuée de sens, bien au contraire. Elle était tout à fait plausible ; depuis qu’il avait apprit à manier son affinité pour le moins atypique, il avait remarqué deux choses. L’une, que même lorsqu’une de ses créations n’était plus en contact direct avec son corps ou avec son chakra, celle-ci était parcouru d’une trace rémanente de son flux qui continuait d’agir par elle-même. La deuxième découlait de la première : son bois était bien loin d’être commun à tout autres création de la nature de ce fait, et que même en contact avec du feu imbibé de chakra, celui-ci brûlait difficilement. Ils auraient alors, avec cette utilisation, la complémentarité d’un matériau léger qui n’entraverait en rien les mouvements des futurs porteurs de ces prothèses mais aussi robuste que pourrait l’être une copie en métal. En soi, tout semblait d’une fluidité profonde pour son vis-à-vis. Mais Aditya ne put s’empêcher de craindre que sa propre maîtrise ne suffise pas à pouvoir mener ce projet à bien. Il avait toujours été quelqu’un de particulièrement critique lorsqu’il s’agissait de juger ses propres compétences, bien moins que celles de ses comparses. Profondément perfectionniste, il s’attachait en tout temps à atteindre une version de lui-même qui serait bien meilleure que la précédente. Mais cela suffisait-il ? Il ne pouvait pas se permettre d’offrir une once d’espoir à ces mutilés s’il n’était, finalement, pas en mesure d’honorer sa promesse.

______Ses doigts s’entourèrent autour du calepin qui résidait depuis lors dans sa sacoche, tandis qu’alors que l’Okubo poursuivait ses élucubrations pertinentes, le blond s’attachait à prendre note de toutes les conjectures qu’ils avaient exposé depuis le début de leur rencontre. Sa main se raidit un instant lorsqu’il en eût terminé alors qu’il réfléchissait une nouvelle fois à la proposition de Zô. Il délaissa un soupir volontaire, tentant d’expier avec lui tous les doutes qui s’étaient emparés de lui. Arrachant son regard à la contemplation de ses notes, il vint observer l’expression déterminée de son vis-à-vis, et bien vite, ses doutes ne furent plus que de vastes fantômes. Il était arrivé, en quelques semaines, à rattraper une partie majeure de son retard dans les arts shinobi. Ne pourrait-il pas en faire de même, et, pour une fois, avoir confiance en ses capacités acquises lorsqu’elles seraient utilisées pour venir en aide à quelqu’un d’autre ? Un sourire fin naquit sur ses lèvres alors qu’il refermait l’ouvrage dans un tintement significatif. Il ferait tout pour y parvenir.

____________« L’idée en soi est entièrement réalisable. Tu as eu raison de supposer que mon mokuton avait… cette sorte de « résine » que tu appelles, même s’il s’agit plutôt de résidus de mon propre chakra qui continuent d’alimenter mes créations. Finalement, c’est un tant soit peu comme si ces dernières restaient en vie. Si cs résidus pouvaient être captés par le chakra informe d’un civil, je pense que l’on ne serait pas dans l’erreur de penser que les prothèses agiraient comme une extension du membre perdu. Mais même si nous avons une base théorique solide, il nous faudra encore aborder le plan pratique. Or… C’est bien souvent le plan le plus épineux de toute invention. »

______Ses yeux s’illuminèrent de nouveau de cet éclair d’euphorie qui l’avait quitté il y a quelques minutes, alors qu’il adressait un regard tantôt à la marionnette, tantôt à Zô. Il rouvrit le carnet sur une pair de feuilles vierges, alors qu’il se rapprochait du pantin masqué.

____________« Cela te dérangerait de me montrer comment fonctionnent ses articulations ? Ou, si tu l’acceptes, de m’instruire sur la manière dont tu les fabriques ? Si leur création repose su mon mokuton, cela signifie que je dois d’abord visualiser la chose pour parvenir à la créer. Mais je comprendrais que tu ne veuilles pas le partager, étant donné qu’il s’agit d’un art… assez secret, ou du moins, de ce que j’ai pu en comprendre lors de mes voyages au Pays du Vent. »


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Mar 5 Mar 2019 - 14:32

Il s'agissait maintenant de passer à la pratique, en effet. Zô était soulagé de constater qu'Aditya approuvait ses idées. Il avait craint d'être parti trop loin, d'avoir laissé son esprit d'égarer dans des horizons trop lointains de la pensée. La confirmation de son pair curieux de médecine était pour lui comme une caution de la validité de ses pensées. Ils semblaient réfléchir sur la même longueur d'onde. C'était réconfortant, en quelque sorte. Mais surtout, c'était extrêmement stimulant d'un point de vue intellectuel. Pour la première fois depuis bien longtemps, Zô avait l'impression d'avoir trouvé un esprit concordant avec le sien.

"Je n'avais jamais entendu parler d'autres adeptes du Kugutsu dans le Pays du Vent. La seule connaissance que j'ai de cet art, finalement, c'est celle que m'a transmise ma famille. Or, ma famille comme moi, nous venons de Hayashi no Kuni."

Zô sourit légèrement. Il n'avait pas oublié qu'Aditya lui avait dit venir lui-même de ces terres lointaines. Ils avaient ça en commun.

"Mes parents s'employaient à garder bien secrètes les techniques que mes ancêtres ont développé, avec les décennies. Ils ont un sens aigu de la conservation et du mystère ... A mes yeux, ce sont de sinistres idiots. La connaissance est faite pour être partagée, le progrès pour être universel. Confiner les savoirs dans une bibliothèque souterraine, là est le grand crime."

Il se releva, et effectua un seul mudra. Sa marionnette disparut aussitôt, et retourna dans son sceau. Zô rangea le rouleau dans son dos.

"Je vais m'efforcer de te montrer comment sont articulés les pantins qu'un marionnettiste peut créer. Mais pas ici. L'endroit est trop fréquenté, trop étroit, et trop peu équipé. Nous ne serions pas à l'aise. J'ai aménagé un hangar dans le port, dont je me sers d'atelier et de lieu de travail. Nous devrions y être plus confortablement installés pour commencer à travailler sur ces prothèses."

Il se dirigeait déjà vers la porte, mais il s'interrompit avant d'en franchir l'embrasure.

"Juste, avant qu'on se laisse entraîner dans le travail ... Je dois dire que c'est assez agréable de trouver un esprit avec lequel on peut travailler harmonieusement. Merci pour ça ..."

Un faible sourire, et il sortit. Le port était leur prochaine destination.

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De defectu membrorum [Aditya]

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