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L'éveil [Ouvert/Etsuko]


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Sam 2 Mar 2019 - 14:07
D’abord, il ouvrit lentement les yeux, aussi simplement que s’il se réveillait après une longue sieste. Puis, il hurla. Comme pour le nouveau né qui sent pour la première fois l’air entrer dans ses poumons encore vierges, les souvenirs, pensées et sentiments qui avaient sommeillé tout ce temps refirent surface dans son esprit, lui lacérant le cœur et lui drainant toute force en un instant. Ses collègues et camarades mort à ses côtés lui apparurent par flashs successifs, comme autant de poignards venant se ficher dans ses orbites. Passé ce premier choc, ce fut la douleur, physique et bien réelle, qui se manifesta d’un seul coup : ce fut comme si les lames de vent étaient encore en train de lui labourer les flancs, les jambes, l’abdomen,… Yanosa serra les dents dans un rictus distordu de souffrance, et contracta par pur réflexe instinctif l’ensemble de ses muscles moteurs pour tenter de conjurer cette douleur omniprésente. Bien mal lui en prit, car cela ne fit que raviver d’autres meurtrissures, d’autres maux, qui lui arrachèrent un râle colérique. Des yeux de l’Oterashi se mirent à perler des larmes, qu’il refusa de laisser couler sur son visage. Des bruits de pas lui parvenaient ux oreilles, et il se refusait à être surpris en sanglots, là, immobilisé dans son lit d’hôpital. Immobilisé…

Il avait tenté de bouger, et avait été pétrifié par la douleur. Mais avait-il seulement la force de se mouvoir un tant soit peu ? Animé de ressentiments et de fierté abîmée, Yanosa brava la souffrance et donna une vive impulsion vers le côté droit pour propulser ses jambes en dehors du lit. Il réussit, en un sens, car ses jambes atrophiées quittèrent bel et bien l’emprise des draps blancs, mais il échoua cependant à se réceptionner sur ses pieds, qui se dérobèrent sous lui, incapables de le soutenir. La douleur de la chute était dure à encaisser, mais son caractères humiliant l’était bien plus. L’Oterashi ne tenta pas de ramper. Il sentait déjà le regard de l’infirmière, toute proche à présent, qui pesait sur lui. La honte était déjà trop grande, la souffrance trop cuisante.

« Attendez, laissez-moi vous aider. »

Le déshérité ne rétorqua rien, tendant simplement les bras en grimaçant pour laisser l’infirmière l’aider à se réinstaller sur le lit, en position assise cette fois, le dos calé contre deux coussins. Contrit, en colère, Yanosa n’osa pas croiser le regard de l’eisei-nin.

« Et bien… Pour être franche, on était pas nombreux dans le service à croire que vous reviendriez parmi nous un jour. Comment est-ce vous vous sentez ?

- … J’ai mal, répondit laconiquement Yanosa tout en prenant le temps de détailler les cicatrices sur ses bras et son torse.
- Oui, c’est… très courant, dans les cas comme le vôtre. On a beau faire tout ce qu’on peut, quand l’état comateux se prolonge, les muscles en pâtissent forcément.
- Non, non, c’est pas ça, c’est - »

L’Oterashi s’arrêta de lui-même. L’état de ses muscles, comme venait de le suggérer l’infirmière, témoignait d’un coma de plusieurs mois, si ce n’était plus. Ses blessures, aussi graves qu’elles aient pu être, auraient du être totalement guéries depuis et à en juger par l’apparence des cicatrices qu’il avait sous les yeux, c’était bel et bien le cas. Pourquoi, alors, avait-il aussi mal ? L’infirmière, patiente, attendit qu’il reprenne.

« Mes blessures, c’est comme si… comme si elles étaient à vif. J’ai l’impression d’avoir encore des lames de vent un peu partout dans le corps..
- Oh, je vois...Un...Un expert va venir vous ausculter très bientôt, il pourra vous éclairer là-dessus, et faire le point sur votre état global de santé. Reposez-vous en attendant.
- Vous… Vous savez ce que j’ai. Vous n’avez peut-être pas l’autorité pour poser le diagnostic mais vous le savez, n’est-ce pas ? Dites-moi, finit-il, retenant le mouvement de l’eisei-nin, qui avait pivoté pour se tourner vers le couloir. Elle hésita un instant, mais finit par se résigner.
- Votre corps… a certainement mal géré le traumatisme. Cela arrive dans certains cas, quand les blessures sont aussi graves et nombreuses que les vôtres l’étaient. Au lieu de réagir normalement et d’isoler les cellules nerveuses, il les démultiplie et…
- ...et je suis à vif. A vie. C’est bien ça ?
- Oui, je le crains… Mais… Ah ! J’ignore si ce que je vais dire va beaucoup vous aider, mais c’est déjà un petit miracle que vous soyez encore en vie ! Sans parler du coma : vos blessures, votre trauma crânien,… On a déjà vu des blessés graves moins amochés que vous passer sur le billard et en ressortir les pieds devant. Nos meilleurs médecins se sont occupés de vous, mais votre survie, vous l’avez gagnée. Alors accrochez-vous à cette vie que vous avez mérité. »

Yanosa hocha sobrement la tête pour répondre au petit sourire lâché par l’infirmière avant de partir, percevant ainsi distinctement la cicatrice qui avait fait son douloureux nid au creux de son cou. Des pensées se bousculaient dans sa tête, des plus anodines aux plus morbides. Puis, plus rien. Son esprit se mit en pause, comme saturé, et les yeux verts de l’Oterashi allèrent se perdre par la fenêtre en hauteur face à lui.



Dernière édition par Oterashi Yanosa le Dim 3 Mar 2019 - 16:29, édité 2 fois
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Dim 3 Mar 2019 - 15:52
Etsuko était en train de travailler à l'hôpital depuis quelques heures quand on l'appela, lui donnant un dossier dans les mains. Un nom l'ornait, toujours dans cette même simplicité qu'appréciaient les médecins d'Iwa, Oterashi Yanosa. L'ouvrant et le feuilletant, elle y retrouva rapidement qui il était, ce qu'il avait fait, comment il avait été retrouvé, par quoi il avait été blessé et depuis combien de temps il se trouvait dans la chambre où il dormait actuellement. Enfin, où il dormait jusqu'à il y a quelques instants. De ce qu'on venait de lui dire, il se réveillait après presque deux ans de coma, une sorte de miracle.

La jeune femme traversa les couloirs en saluant ses collègues tous bien occupés, arrivant à la chambre où une infirmière s'occupait déjà de lui. La Naari frappa trois coups avant d'entrer, la porte étant de toute façon ouverte. Elle ne tenait juste pas à passer pour une espionne ou une intru quelconque, quand bien même elle était assez reconnue pour ses talents d'eisenin dans l'hôpital. Elle entra alors, observant un peu la scène avant de se présenter.

« Ohayo gozaimasu, je suis le docteur Naari Etsuko, je vais m'occuper de vous et vous aider pour votre rééducation suite à cette longue nuit que vous venez de passer. »

Elle lui sourit, tâchant de se montrer délicate avec l'homme qui devait manquer de repères et avoir des sensations bien particulières suite au choc qui lui avait causé un si long sommeil.

« La première chose que je vous demande est de bien vouloir me dire si vous savez qui vous êtes et ce qui vous est arrivé. Est-ce que vous vous en souvenez, est-ce que vous savez pourquoi vous êtes là en somme ? »

S'approchant de lui, la jeune femme posa le dossier sur le côté avant de poser sa main sur son épaule, un doux chakra aidant le jeune homme à se détendre pendant qu'elle l'analysait, les yeux fermés. Terminant sa technique, elle hocha la tête.

« En tous cas, je peux vous confirmer que vous n'avez absolument plus la moindre blessure physique sur vous, vous ne craignez rien. »

Etsuko l'observa alors un peu plus en détails, avant de faire quelques gestes de la main.

« Pouvez-vous m'imiter ? C'est pour vérifier que vos capacités motrices ne sont pas entâchées, enrouées. On vous a déjà annoncé depuis combien de temps vous étiez dans le coma ? »

Elle jeta un oeil à l'infirmière qui fit un non de la tête avant que la fleuriste ne retourne les yeux vers son patient. À voir quelle serait sa réponse à lui, même si elle doutait qu'il soit capable de le dire.

« Pour finir pour cette première volée de questions, je voudrais que vous me disiez si vous avez des inquiétudes, des sensations anormales. Je suis là pour vous soigner et pour cela, il me faut savoir ce que vous ressentez. »

Prenant une chaise, Etsuko s'installa face à lui, écoutant sa réponse avec attention. Chaque détail, chaque hésitation pouvait avoir son importance dans le bon rétablissement d'un patient, elle ne voulait pas en louper.

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Dim 3 Mar 2019 - 19:47
L’Oterashi eut l’impression de se perdre dans ses pensées pendant ce qui était une éternité, mais en réalité, à peine l’infirmière s’était-elle mise sur le départ que déjà une autre personne, plus jeune mais à l’aura bien plus pressante, entrait dans la pièce pour se présenter. Sitôt que le tintement de sa voix retentit, Yanosa tourna rapidement la tête vers cette jeune femme brune, haletant encore sous le coup de son brusque réveil et des sensations néfastes qui l’envahissaient. Naari Etsuko, s’appelait-elle. Le jeune guerrier déduisit rapidement qu’il devait s’agir là de l’experte que l’infirmière avait mentionné à l’instant, une conclusion qu’il aurait pu tirer presque par la seule prestance de l’eisei-nin. Yanosa, avant son abominable défaite du moins, était doué pour percevoir et ressentir l’aura des gens, et celle-ci n’avait rien de comparable avec l’infirmière civile qui venait de l’aider à se relever.

« Docteur Naari… Ravi. » répondit-il en tâchant de camoufler, sans grand succès, sa colère et son désespoir grandissant.

Le jeune homme alité savait d’ordinaire bien se tenir lorsqu’il y mettait du sien, mais le contexte avait pour ainsi dire gommer toute trace de la courtoisie élémentaire dont il savait faire preuve d’habitude. Il ne parvint donc pas à rendre son sourire à cette Etsuko, ni même à la regarder clairement dans les yeux. En cet instant, et malgré son immobilité dans ce satané lit, tout son être n’était que fuite. Il voulait fuir cette souffrance brûlante et omniprésente, fuir ces souvenirs agressifs de morts dont il était au moins en partie responsable, s’en aller loin de ce carcan qu’était apparemment devenu son corps. Si il se souvenait qui il était et de ce qui lui était arrivé ? Malheureusement que trop bien.

« Oui, oui… Yanosa, Yanosa Oterashi. Chûnin… lâcha-t-il en réalisant l’absurdité de cette dernière réponse. Des mois sans effectuer la moindre mission, un corps rendu à l’état de plaie légumineuse géante ? Il y avait fort à parier que son grade, fraîchement acquis avant sa défaite, avait du sauter il y a bien longtemps déjà. J’étais… nous étions mobilisés pour défendre le village, contre les troupes de Mizu…. De Kiri. J’ai été blessé. Mon unité s’est faite décimer. Et… j’ai cru être mort peu après. »

Entre sa perte de conscience au moment de ce fameux coup de pied qui lui avait valu ce trauma crânien et son réveil il y avait de ça quelques minutes, Yanosa avait effectivement pensé qu’il était mort, pendant le bref laps de temps où son cerveau était encore à même de traiter la moindre information. Alors qu’il détaillait ses souvenirs, le jeune homme sentit la main de l’eisei-nin se poser sur son épaule, tendre et apaisante, à l’opposer de toutes les sensations qui l’avaient assailli jusque là.

« Plus aucune blessure, oui… Ça ne m’empêche pas de souffrir le martyre dès que j’esquisse un mouvement. C’est comme si... mes plaies étaient encore ouvertes, répondit-il tout en mimant mécaniquement les gestes que produisaient Etsuko. Ses gestes étaient lents et mous, mais suivaient malgré tout le même tracé que celui de la Doctoresse.

« Non, on ne m’a rien dit… mais j’imagine qu’on est loin au-delà du semestre, vu mon état. Que ce soit la cicatrisation apparente… ou la faiblesse de mes muscles. »

A l’écoute de la dernière question de l’eisei-nin, Yanosa eut envie de pouffer de rire, d’un rire jaune et sardonique qui aurait servi à conjurer au moins une partie de cette grande farce. Mais il n’en fit rien, trop frileux à l’idée de se convulser de douleur pour la simple satisfaction de ce petit rire.

« Des sensations anormales ? Tout dépend, Docteur Naari… Vous considérez qu’avoir tous vos nerfs en feu et avoir l’impression que votre corps se déchire au moindre geste est une sensation normale ?! »
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