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Sam 2 Mar 2019 - 22:46



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A l'entrée de l'Arche Grise,
Le regard fixe, Takara détaillait l'horizon - Et les songes reprenaient leurs droits.
Trente ans plus tôt, en ce même exact emplacement, elle était déjà là à porter son attention au loin. Alors en ce temps, le décors n'était pas le même ; si derrière elle Shitaderu s'agitait au gré d'un fracas permanent pour devenir peu à peu ce qu'elle était aujourd'hui (autre chose, en témoignait son nouveau nom), au devant, cela demeurait incomparable. Alors on distinguait la foret seulement pourfendue par une poignée de sentiers, alors on ressentait l'appel de cette nature bienveillante, alors on sentait, au delà des mots et des envies éphémères qui nous traversaient l'esprit, une solution, une réponse simple à quelque chose d'existentiel, d'intîme.
On ? Peut-être que non, peut-être que cela ne la concernait qu'elle, ainsi que quelques marginaux.
En tout les cas cette nostalgie devenait de plus en plus floue. Car en cet instant, son regard ne pouvait saisir plus que les montagnes et leurs pics, là où plus bas s'étendaient de nouveaux quartiers. Hors du dit "village", mais certainement pas hors de la civilisation ni de sa zone d'influence.

Elle ne pouvait de toute manière se rendre bien loin, et n'en ressentait pas l'envie. Elle qui durant toutes ces années s'était attachée aux petites terres, s'écartant de familles et amis et laissant de côté une carrière de shinobi en pleine essor, elle qui s'était retirée dans une maison à Teitetsu pour vivre de peu, vivre simplement. Cela fonctionnait, fût un temps. Mais un esprit avisé ne peut se tromper lui-même éternellement, et la Suzuri conservait un espoir ne pouvant s'épanouir au travers de l'isolement. Un espoir pour ce monde dont les travers empiraient désespérément.

Un rêve peut donner l'impulsion, les forces et l'endurance. Les moyens et les épaules.
Reste le temps, ni ami ni ennemi, se jouant des notions que l'on lui affuble en passant parfois bien vite, tantôt trop lentement. Depuis le retour de la trentenaire à Kumogakure, ce dernier semblait stagner, riant d'elle alors qu'elle se pliait finalement au système shinobi, autrefois condamné. Aujourd'hui plus que jamais, elle ne se sentait pas chez elle malgré la nécessité de sa décision. Shuuhei avait pourtant insisté sur cette phrase. Bienvenue chez toi.

Comment se sentir chez soi quelque part lorsque le monde entier ne nous ressemble pas ?

Parler de mourir
L'évocation de cette terre
Que je n'ai jamais vue


Un simple Haiku. Elle ne les inventait pas, certains lui revenaient parfois en tête lorsque ses pensées prenaient le pas sur le reste.
Parmi tous les ouvrages de la grande bibliothèque de Kumogakure ne l'intéressaient plus que ceux reliés aux arts ou à la poésie, seule et dernière source de respiration face au fort élan de technicité qui emportait en catimini le libre arbitre du Yuukan sur son passage...
Pourquoi personne n'ouvrait les yeux ?

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Jeu 7 Mar 2019 - 7:05
AGONIE SPIRITUELLE

La tête plongée vers le sol, les yeux vides de sommeil, le shinobi se guidait de l'habituel boucan du village pour trouver son chemin. Chemin qui ne comportait aucun changement depuis son premier pas après la foudre. Deux, voir même, trois ans s'écartaient de cet étrange événement, marquer à jamais par une vaste cicatrice de la tête au torse. Si la tempête l'avait épargné, où serait-il dans le Yuukan ? Dérivé sur la philosophie d'un monde parallèle ne lui correspondait pas, mais par la fatigue et l’épuisement, son esprit ne pouvait que profiter de l'instant présent pour exploiter les mots interdits. Dans ce conte de fées, apercevrait-il le sourire de la guerrière Yoshino ? ou peut-être approchait-il un pays où l'eau et le froid règnent ? Les possibilités ne se limitaient pas et n'allaient jamais se limiter, puisque l'ancien vagabond n'avait jamais accompli son but. Le monde ne lui appartenait pas. Son être appartenait maintenant à Kumo. Coincer dans une barrière de montagnes.

Une bête en cage ne vaut pas mieux qu'un homme respectant son devoir de citoyen. Avec les printemps, il avait accepté son misérable destin, n'avouant jamais ses plus grands désirs. Ses prunelles ne pouvaient que pleurer à la vue d'un sentier vers la liberté. L'Arche Grise le tuait à petit feu. Une seule décision. Un mouvement. Une vie à nouveau. Enfin, plus maintenant. Contrairement à ses derniers passages vers la porte finale du village caché des nuages, un sentiment peu familier l'habitait. Le souhait de quitter n'arrivait pas. Est-ce cette lourde fatigue qui lui jouait un tour ou l'acceptation d'être un pion de guerre parmi tant d'autres ? Kei l'ignorait, mais un visage hantait ses pensées. Une certaine masquée. Il recalculait régulièrement la nuit chaude et agréable qu'ils avaient partagée. L'idée de croiser à nouveau sa bouille boudeuse le ravissait.

En longeant le mur trop haut à son goût, le shinobi entendit une voix au loin. Un simple poème qui lui caressa son faible intérêt pour la socialisation. Cette mélodie triste et inconnue l'intrigua et l'incita à continuer droit devant. Face à ces simples choix de mots, l'émotion de se reconnaître vint le chatouiller au fond de sa coquille. Se pourrait-il enfin quelqu'un qui ne porte pas à coeur ce donjon ?

« Le décor qui vous entoure ne vous ravis plus ? » dit-il doucement.

Une femme. Il approchait sans acte de prédateur, un drapeau blanc à la main. Son visage, habituellement limité par sa colère, ne montrait aucun signe du démon. Un manque d'expression le masquait, pour le bien de l'aînée. Avec un manque de finesse, il posa rapidement une main devant sa bouche et échappa un long bâillement. Nul besoin de s'excuser, les cernes qui noircissaient son regard expliquaient facilement l'origine de son geste précédent. Il soupira et sans demander la permission d'envahir l'espace de son interlocutrice, il s'assit à ses côtés. Toujours aussi grand même en indien, ça ne changeait rien à son importance.

« Vous avez d'autres Haiku ? C'est jolie avec votre voix. »

S'il avait été complètement dans son corps, il se serait frappé pour cet unique compliment. Mais surtout, il se détestait pour se répéter en boucle la même phrase: elle ressemblait à sa propre mère. ou enfin, elle dégageait le même aura que celle-ci.

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Ven 8 Mar 2019 - 20:24


Le bruit incessant des vagues
Mon village natal,
Si loin.


Fredonnait la trentenaire, transposant ce haiku ancien à sa vision du moment. Elle ne s'était pas retournée à l'approche nonchalante de l'inconnu qui semblait l'avoir entendu, s’immisçant dans cet instant au gré d'une flatterie qui ne manquait pas de décocher un sourire chez cette dernière. Les paupières closes, elle inspirait profondément une fois, désormais prête à changer d'attitude et se verser à la conversation. Une fois détournée de l'horizon la Suzuri pivotait légèrement sa nuque et détaillait l'interlocuteur brièvement.

Tout décors a sa part de beauté tant que nous savons préserver notre sensibilité...
Mais je crois que la mienne s'épuise peu à peu, au delà de la nostalgie, je sens qu'il me faut voir bien plus loin encore que ce je connais déjà.


A son tour elle s'accroupissait gracieusement, quand bien même l'herbe d'autrefois n'était plus que pavés, et sortait une gourde de thé chaud de sous son châle. Une tasse fût sitôt remplie, puis déposée devant le genou du quidam alors qu'elle en remplissait une seconde. L'invitation se déroulait aussi naturellement que expéditivement, comme s'il n'existait aucune différence entre les mots et cette situation de partage matérielle.

Ma voix seule se transformerait en comptine. Si vous vous endormez, je ne serai pas de celle à veiller sur vous... Justifiait-elle finalement par précaution.

Elle ne semblait pas gênée par sa présence. Néanmoins l'idée de se retrouver assise à côté d'un cadavre ne la ravissait pas non plus ; à son odeur, à l'énergie qu'il dégageait, cet homme souffrait visiblement d'une hygiène de vie attristante, ou du moins chaotique. Comme beaucoup d'autres. Ils se laissaient tous aller, puisaient leurs forces et leurs engouements dans des plaisirs aussi passagers que addictifs. Elle les jugeait toujours un peu, au fond d'elle, même si ce jugement n'influençait ni son empathie ni son relationnel.
Provoquant souvent mélancolie plutôt que mépris.

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Sam 9 Mar 2019 - 5:50
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Son court récit fut suffisant pour glisser l'indice que le ciel des Nuages ne correspondait plus à ses désirs de jeunesses. Par ses traits et son éloquence, il devinait qu'elle dépassait son savoir. Se comparer à une telle humaine ne mènerait à rien, mais Kei ressemblait à un louveteau insouciant et naïf. Ses prunelles ne semblaient plus posséder le brillant de l'aventure et de l'inconnu. À son malheur, il se doutait qu'elle soit une kunoichi au titre haut pour quitter les montagnes. Tout comme lui, elle partageait un destin fermé. Ou, se trompait-il ?

Inutile de lui préciser que déserté mènerait à la mort. Le géant comptait de nombreuses nuits à calculer une fuite, pour un résultat négatif à chaque fois. Bien sûr, après acceptation, Kumo n'était pas si mal. Surtout depuis quelques semaines. Ses nouvelles rencontres lui apportaient une nouvelle occupation. Socialiser. Et même cette kunoichi blonde l'inspirait à discuter. Il s'étonna lorsqu'elle accepta sa présence en prenant place au sol avec lui. Il accepta avec plaisir le thé chaud qu'elle lui offrit, mais ne tenta pas le diable jusqu'à ce qu'il la voit prendre une gorgée. Ce n'est pas parce qu'elle semble gentille et porte le titre de kumojin qu'il doit perdre ses bonnes habitudes. Un poison dans le thé, ce n'est pas nouveau. Kei laissa enfin le liquide tiède se glisser dans sa gorge lorsqu'elle lui répondit.

« Je ne dors pas face à un inconnu. » dit-il en soufflant l'air chaud.

Encore une fois, un visage familier lui revint en tête. Elle était une exception. Kei n'arrivait pas avec facilité à laisser le sommeil s'emparer de lui lorsque des personnes l'entouraient. Il pouvait rester éveiller plus de soixante-douze heures, il avait déjà noter cet exploit. Présentement, il approchait les ving-quatre heures, un retour sous son toit serait apprécié par son corps qui devenait de plus en plus lourd.


« Merci pour le thé. Ce ne sont pas des herbes d'ici non ? »

Kei jouait sur ses mots. Il ignorait tout du thé, mais la composition ne ressemblait pas au breuvage des Kumojins de la vieille génération, ni de la jeune. Il se félicitait pour tenir une conversation hors du sang et de la stratégie. Les mots lui venaient naturellement, sans réfléchir. Il avait l'impression d'être avec une amie ou une bonne connaissance. C'était une sensation qu'il ne comprenait pas tout à fait. Lorsqu'il l'observa, il remarqua que beaucoup de détails les séparaient. Les bijoux et la richesse forment son corps mince, au contraire de Kei, musclé et au manque de style. Jeune, il avait eu le droit à l'argent et à la sécurité, maintenant, il créait sa propre défense et gagnait un revenu aux missions. Devait-elle se débrouiller ainsi ou continuait-elle de vivre dans un endroit commun avec ses semblables ?

« Vous êtes d'un clan. » remarqua-t-il. C'était plutôt un fait qu'une question. « Et vous souhaitez quitter, c'est étonnant. »

Peut-être se trompait-il, mais rare sont les shinobis aux belles paroles et aux multiples bijoux seuls. Il pouvait parier qu'elle était l'enfant d'une grande famille du pays.

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Sam 9 Mar 2019 - 14:42

Sans répondre au remerciement, elle trempait doucement ses lèvres dans le thé chaud, y puisant une mince gorgée avant d'en détailler le contenu.

C'est une concoction à base de différentes plantes séchées qui viennent de mon jardin, à Teitetsu. Je la prends le matin, ces plantes ne sont pas rares dans ce pays mais je les ai choisies pour stimuler l'énergie au réveil. Le gout est donc particulier.

Elle les appréciait d'autant plus depuis que son jardin ne lui appartenait plus. Evidemment, il lui était possible de reprendre ses innocentes activités ici-même à Kumogakure, mais ni la terre ni l'atmosphère ne seraient comparables à l'havre qu'elle avait put fonder dans ce lieu reculé des montagnes dont elle connaissait tout et imprégnait de sa propre touche chaque parcelle. Cependant l'attention de l'homme semblait d'avantage centrée sur elle que sur la composition exacte de la mixture.
Lorsqu'il soulevait soudainement son analyse, elle esquissait alors un sourire.

Bien vu.
Sauf que je ne souhaite pas quitter quoique ce soit, au contraire. J'ai appris que s'éloigner de ce qui nous déplaît n'est pas toujours la meilleure réponse à nos ressentis... Ce que l'on cherche au plus profond de soi se situe souvent là où l'on rechigne à l'idée de mettre les pieds.


Takara posait son doigt sur une dalle, puis de son vernis s'écoulait une fine trace d'encre pourpre. Elle y dessinait alors deux points, séparé d'un trait net.

Entre là où on en est, et là où l'on souhaite se rendre, on s'imagine parfois devoir franchir un mur impossible. On s'imagine alors que de l'autre côté, nous trouverons la solution à tous nos ennuis - L'opposé de ce que nous vivons alors. Mais...

Voilà qu'elle traçait un rond englobant les deux points ainsi que le trait. Puis l'encre se déplaçait d'elle même au sein du cercle, un des points gagnant en hauteur et l'autre se mouvant vers le bas, alors que le trait ondulait : Le symbole du yin et du yang saurait plus clairement aux yeux.

Il n'existe nulle finalité à l'opposition des concepts. Même s'ils sont solidement encrés dans notre esprit et nous façonnent... ce monde est basé sur une harmonie dont chaque élément existant est dépendant d'un autre. Il n'y a alors rien à quitter ; juste accepter cet ensemble, et trouver comment équilibrer ce qui a été dénaturé...

Elle ouvrait sa main, rappelant au bout de ses doigts son vernis d'encre.
Cette drôle de tirade semblait sortir tout droit de ses songes du moment, tombant subitement entre les mains de son interlocuteur qui avait ouvert la porte sans savoir ce qui se situerait derrière. Ce dernier pouvait simplement deviner qu'elle traitait d'un sujet plus vaste que celui d'un clan ou d'un village, à moins que sa sensibilité soit d'avantage développée. Difficile alors de savoir si elle se parlait à elle même ou apportait une véritable réponse à son interlocuteur...

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Mer 13 Mar 2019 - 7:02
AGONIE SPIRITUELLE

Stimuler l'énergie au réveil ? Rien qui emportait force au Yoshino, donc. Il ne bouderait pas pour le manque d'effet, ce cadeau lui plaisait de toute façon. Il trouvait un confort dans la chaleur du breuvage, se calmant encore plus. Il nota qu'elle possédait un jardin et que les herbes se trouvaient facilement à Kumo. Récolter des herbes pourrait être une bonne activité hors de ses entraînements. Si le thé et les différents mélanges lui apportaient des boost naturels, ce serait une bonne solution en mission. Même si ce sujet l'intéressait, Kei changeait les cartes sur la table pour toucher directement à son interlocutrice.

s'éloigner de ce qui nous déplaît n'est pas toujours la meilleure réponse à nos ressentis. Cette phrase fit presque cracher le guerrier. Ça se confirmait, cette journée devenait de plus en plus bizarre. Son sommeil, qui l'apportait loin de la réalité s'interrompit pour laisser un Yoshino touché et soudainement.. triste ? Son visage ne formait aucune expression, mais son intérieur bougeait un tourbillon de fragments du passé. Il l'écoutait avec une oreille très attentive et ses prunelles n'échappèrent à aucun des mouvements de la femme. Le schéma qu'elle formait suivait à merveille ses mots.

Lorsqu'elle finit son dialogue et que l'encre quitta la dalle, il resta muet. Même si l'envie d'ouvrir une porte à la femme l'intéressait, il se rappelait que son esprit était envahi par la fatigue et non son vrai lui. Délaissées, de telles informations sur sa personne ne représenteraient rien de bon pour le futur. Ça ne concernait que lui. Tout comme le passé de son interlocutrice, ça ne concernait qu'elle.

« Désolé si vous avez souffert avant. Vous n'êtes pas la seule. »

Une gorgée plus tard et sa tasse fut vide. Il la déposa devant lui et posa son regard un peu partout avant de regarder la blonde. Tous les Kumojins semblaient posséder de vilains secrets qui les détruisaient. Vivait-elle encore avec un fardeau sur ses épaules ou réussissait-elle à respirer librement ? Quels drôles de questions pour le shinobi.

« Yoshino Kei. » dit-il enfin en présentant sa main. « Je ne suis pas d'ici, contrairement à vous. »

À ses yeux, il ne ressemblait pas à un habitant de Kumo, mais avec les années, il avait probablement adopté des tendances Kumojins. Il n'inspirait pas à devenir comme eux d'une manière ou d'une autre. Bien que cette femme d'un clan mystère l'aidait à mieux comprendre certains points, son rêve de quitter le pays ne changeait pas. Il chérissait ce désir depuis beaucoup trop longtemps pour l'abandonner si tôt.

« Vos paroles sont uniques. Si j'avais eu une telle philosophie plus jeune, nous nous serions probablement jamais croisés. »

Une telle façon de pensée pour un adolescent ou même un enfant serait si rare. Pourtant, s'il avait eu cette vision de ce mur et des deux points, il n'aurait probablement jamais connu Kumo. Ni Aya. Ni Jun. Ni ce cher Ryu. Au final.. était-ce si mal ?

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Dernière édition par Yoshino Kei le Ven 12 Avr 2019 - 19:22, édité 1 fois
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Sam 23 Mar 2019 - 13:56

D'abord muette, elle attrapait la main tendue pour y répondre.

Takara du clan Suzuri.

Elle ne se sentait pas touchée par cette remarque sur la souffrance. A cela, elle pouvait répondre bien des choses. Chaque âme comptait ses propres peines et se débattait en conséquence, alors que dans bien des cas, il s'agissait de la pire réaction à adopter. Des sables mouvants, rien d'autre.

Le pensez-vous vraiment ? Peu importe d'où nous venons et où nous allons, le chemin compte d'avantage. Il ne s'agit ni d'une course, ni de chance ou de malchance, nous sommes exactement là où nous devons être et chaque instant présent mérite d'être vécu en pleine conscience. L'humain a tendance à se laisser aveugler par ses buts et à saborder sa vie, trop pressé pour vivre son présent et accumulant les regrets sans ne jamais changer... Il perd pied, considère qu'il est trop tard, toujours trop tard... Réaliser que nous avons le temps est la première étape vers la paix de l'esprit.

Un enfant, un adolescent, un adulte, un vieillard, quelle importance ? Une vie est égale à une autre. Le corps diminue mais l'âme s'enrichit, et à la fin, seule l'âme demeure. Les limites imposées progressivement par un corps vieillissant ont tendance à aiguiser l'esprit, mais dans ce monde où l'enseignement premier consiste à repousser toutes limites, à devenir plus fort, à déjouer ses ennemis, et que le chakra et la science rendent possible l'impossible - Comment y voir encore clair ?

La souffrance peut nous broyer ou nous donner de l'énergie, selon la solidité de notre esprit. Mais plus important encore, si elle a un tel impact sur ce que nous sommes, c'est donc qu'elle mérite d'être comprise et canalisée. Ni la réprimer ni l'attiser, juste l'accepter. Car nous transmettons ce que nous sommes ; être en paix avec soi-même et la meilleure façon de contribuer à un monde plus sain. En cessant de mettre des coups d'épée dans l'eau...

Cela paraissait si simple, et pourtant. Sa foi la transformait probablement en idéaliste, du moins c'est ce que la plupart pensait d'elle désormais. Même Shuuhei la maudissait clairement, à mesure de leurs conversations ; mais celui-ci, quand bien même possédait-il les épaules et l'esprit pour assumer et encaisser, derrière sa nonchalance, vivait-il bien ses actions passées ? Était-il confiant quant à l'avenir de Kumogakure, malgré sa rude participation dans une spirale de violence et de domination ? Elle savait que non. Simplement, il était déjà parti trop loin pour faire machine arrière.
"Trop tard", n'est ce pas ?

Dans leurs malheurs, les esprits "rationnels" avaient besoin de solution immédiate pour ne pas déverser tout leur chaos intérieur autours d'eux.
Tel était leur propre fléau, ils ne pouvaient sortir de cette spirale tout simplement car leurs esprits ne leur permettaient plus ce type de réflexion.
Quand une vision s'étrique et ne se cantonne plus qu'à un tunnel, comment y apercevoir autre chose que la Mort ?

Peut-être ne devriez-vous pas m'écouter. Je ne suis pas là pour parler au nom d'un clan ou d'un village. J'estime juste que nous sommes trop enclin à chercher des réponses ailleurs, alors que nous les avons déjà en notre for-intérieur... De là prennent justement naissances nos troubles. Ils n'existeraient tout simplement pas, sinon. Ne nous effleureraient même pas l'esprit.

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Ven 12 Avr 2019 - 19:22
AGONIE SPIRITUELLE

Le clan Suzuri. La famille du savoir, la famille déchue tel un ange tombant du ciel. Les trahisons s'y comptaient comme dans les meilleurs histoires à potins. Ne pas connaître cette partie de Kumo semble impossible. Trop présent pour être ignoré, même le colosse se sentit faible face à la blonde. Il comprenait ainsi d'où provenait sa voix, sa philosophie. S'incliner devant son cerveau serait une honte, mais il saluait ses connaissances et sa posture face à l'avenir, à la vie.

« Je ne pense à rien en particulier. Je dis ce qui me passe par la tête sans réellement réfléchir. Si je dois me poser quelques instants pour voir la réalité de ma phrase et de vos propos, j'aurais tendance à répliquer qu'il n'y a rien de telle comme la destinée. »

La paix avec soi-même ? Kei ne connaissait pas en particulier cette forme d'appréciation. Il est vrai que ses objectifs et ses désirs le dévoraient de l'intérieur, juste à ce moment présent face à la blonde, il sentait son corps tombé par la force qu'il mettait à tenir debout. Pour son futur. Jour et nuit, il s'épuisait au rêve de devenir le plus fort, sans compter le temps. Toujours plus rapide, la faim qui ne cesse de se calmer. Que pouvait-il donc faire pour respirer ? Cette Suzuri tenait-elle la clé de la réussite ? S'il prenait quelques minutes à regarder son sablier, peut-être remarquerait-il que le sable est stable.

« Considérez-vous être en paix avec vous même, Takara ? »

Le son de son prénom sur sa langue sonnait drôlement bien. Une belle composition pour un visage si élégant. Pas de difficulté à croire la puissance de ce clan de Kumo. Pourtant, le rouquin pouvait juger qu'elle sortait du lot. Elle dégageait une aura très lourde même si ses dialogues allégeaient les questions du Yoshino. Peut-être vivait-elle la misère face à son propre reflet ?

« Votre voix est trop précieuse pour ne pas être entendue. Même si ma personne ne correspond pas totalement à votre philosophie, j'apprécie les solutions que vous offrez. Il est vrai qu'une fois qu'on réalise que le temps ne manque pas, notre vision change. Pourtant, je ne peux pas nier que mes objectifs vont continuer à me bloquer sur une éventuelle évolution. »

Kei se leva enfin et s'étira. Maintenant que son esprit se composait des dires de la miss Takara, il ne demandait qu'à rejoindre son lit pour se reposer et tomber dans les bras de Morphée. Une dernière question régnait. Sans rapport à leur précédent échanges. Kei resta debout et regarda de haut son interlocutrice.

« Dites-moi, que pensez-vous de l'amour chez les shinobis ? »

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Hier à 12:15

La trentenaire s'offrait un temps de latence suite à la question de son interlocuteur. Derrière tant de paroles liées, connaissait-elle la paix ?
Elle répondrait que oui. Sans être un mensonge, une telle affirmation occultait toutefois certains tenants qui démontraient que sa posture sur la question restait fragile, incertaine. Si la tranquillité d'esprit lui était entièrement acquise, sans doute sa vie l'aurait amené à un isolement plus sacré encore. Or ce n'était pas le cas, contrairement aux sages qui ne transmettaient leur nindo qu'aux rares personnes dont la destinée les guidaient jusqu'à eux, Takara elle avait finalement renoncé à cette configuration pour plutôt œuvrer au cœur de ce qui la perturbait. Elle prenait donc le parti d'impacter ce monde, en jouant sur une frontière bien mince qui pourrait tout aussi bien lui faire défaut, autant dans son discours que dans ses actes.
Un choix certes, mais un choix qui dénotait bien sa propre implication émotionnelle envers les aléas du Yuukan et leurs répercussions. Car à l'instar de bien des profils pourtant condamnés, elle se sentait intimement habitée d'une Mission.

Je le suis. Et même lorsque les obstacles se dressent sur ma route il s'agit de ma seule priorité ; vivre en accord avec mes principes et n'éprouver aucun regret quant à mes actions. Il est plus saint de s'écouter et de s'épurer de nos propres tracas que de nous calquer aux lois établis par les hommes, ou notre entourage. Tout ce qui nous entoure nous parasite, c'est pourquoi la vigilance et la méditation sont fondamentales si l'on ne s'ouhaite pas perdre pied sans s'en rendre compte.

Elle terminait sa tasse de thé, concluant ce thème suite à la remarque de Kei comme quoi il ne saurait faire usage de cet apprentissage.

Vous n'avez pas à vous forcer. Tout comme le reste, cette conversation aussi est parasite... Soulevait-elle en dévoilant un bref sourire complice.
Ce n'est qu'une graine. Peut-être que le terreau sera fertile et qu'elle fleurira à un moment que vous ne prévoirez pas, ou peut-être que non.

Ce dernier se levait. La fatigue prenait le dessus, et pour cause, il terminait sur une question qui ne manqua pas d'arracher un rire fugace à la Suzuri. Question qu'elle n'avait pas vu venir mais qui ouvrait une drôle de porte vers les tumultes intérieurs de celui-ci.

Cette question n'a aucun sens... Ou plutôt ne devrait pas en avoir. Reprenait-elle donc.
L'amour, réel, j'entends, chez les humains est la chose la plus merveilleuse et naturelle qui soit. Si ce n'est pas le cas chez les Shinobi, alors il y aurait un problème plus grave encore que je le pensais parmi cette caste.

La trentenaire ne développerait pas plus. Même si elle ne l'avait pas rencontré et ne le cherchait pas naïvement, elle savait pertinemment que l'amour existait et ne s'attaquerait pas à ce concept. D'autant que son interlocuteur semblait désormais bien plus à la recherche d'un oreiller que d'une prolongation de la conversation, ce qui ne l'encourageait pas à surenchérir d'avantage. Elle lui adressait seulement un sourire conciliant, espérant simplement qu'il ne s'encombre plus à penser en tant que "shinobi", sans quoi tout sujet abordé serait pour le coup assurément sabordé par des réglementations latentes définitivement factices en ce qui concernait la vie.

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Agonie spirituelle [Pv: Kei]

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