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Premier contact [Nagamasa Hisa]


Lun 4 Mar 2019 - 10:16
Il était temps pour Yanosa de voir plus grand et d'étendre ses ambitions, aussi modestes étaient-elles pour l'instant. Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'il s'était réveillé de son coma : suivi médical imposé, traitement de la paperasse administrative en suspend depuis des mois, officialisation de son « nouveau » grade de Genin, journées entières passées à se reposer bon gré mal gré pour laisser son corps absorber le choc du réveil,... Autant d'occupations futiles voire tout à fait désagréables auxquelles l'Oterashi avait du s'adonner en attendant d'être finalement à nouveau « prêt pour le service » : un euphémisme à peine dissimulé de la hiérarchie pour signifier à l'ex-Chûnin qu'il était de sa responsabilité de se remettre à niveau pour pouvoir à nouveau partir en mission. Et Yanosa, jonglant avec son emploi du temps plus rempli qu'il ne l'aurait voulu, s'était logiquement fait un point d'honneur de récupérer ses facultés opérationnelles aussi vite que possible. Pour le village d'Iwa, d'une part, mais avant tout pour lui-même. Car s'il y avait bien une chose qu'il ne supporterait pas encore très longtemps, c'était de s'éterniser à ce niveau de faiblesse physique.

Heureusement pour Yanosa, et comme il en gardait souvenir, la solidarité à Iwa était de mise. Il avait déjà pu à nouveau bénéficier de cette solidarité à plusieurs reprises depuis son réveil, que ce soit via la fraternité de Towa ou la prévenance du Docteur Naari. Sans l'aide de tous ces gens, qui pouvait savoir où il en serait aujourd'hui ? Peut-être ne serait-il même plus encore en vie pour ce qu'il en savait. Il était de toute façon inutile de laisser de telles pensées l'obséder : il était là encore aujourd'hui, prêt à s'entraîner, et c'était tout ce qui importait. Ce matin-là, Le jeune guerrier à la toison rougeoyante s'était levé particulièrement tôt afin d'habituer à nouveau son corps à être sollicité très rapidement. Les douleurs, depuis ces quelques semaines, n'avaient pas faibli d'un iota. Ce qui avait évolué, en revanche, c'était sa faculté à l'ignorer voire, parfois, à s'en nourrir. Tout ne roulait pas encore parfaitement, bien loin de là, mais Yanosa avait des pistes, et il comptait bien les travailler et les pousser jusqu'au bout avant d'en chercher de nouvelles pour gérer son problème. Après avoir absorbé quelques protéines, l'Oterashi se mit en route pour l'un des Hauts plateaux qui cerclaient le village, profitant du trajet pour s'échauffer à grandes eaux en pratiquant de grandes foulées entre les toits d'Iwa. Plus qu'un simple échauffement musculaire, ce genre de mise en bouche on ne peut plus classique lui servait également à entrer dans un état méditatif léger, un état de relâchement spirituel qui lui permettait de se préparer à des efforts plus longs et surtout beaucoup plus intenses. Les douleurs étaient toujours là, tantôt lancinantes, tantôt horriblement virulentes, mais Yanosa tâchait de les apprivoiser, de les dompter comme on dresse un fauve déchaîné.

Lorsqu'il fut arrivé à destination, ses nerfs étaient donc déjà à vif, et il ne pouvait réprimer des spasmes incontrôlables dans les zones les plus endoloris, mais il savait qu'il avait encore fort à faire. Le jeune guerrier commençait tout juste à récupérer ses forces des suites de sa léthargie prolongée et il n'était pas question de s'arrêter en si bon chemin. Après les étirements d'usage, Yanosa commença ses kata habituelles, grimaçant à chaque mouvement mais ne jamais ne cessant de bouger et de virevolter sur place. Il se voyait auparavant comme un artiste martial, un combattant loin d'être complet mais qui excellait dans son art : à minima, le jeune homme comptait bien récupérer ce niveau. Mais l'ambition qui le consumait était plutôt d'aller encore bien au-delà de son niveau d'antan. Passées les kata, Yanosa voulut travailler sa vitesse: utilisant les parois rocheuses environnantes comme autant d'appuis, il traversa aussi rapidement que possible et de long en large le plateau où il se trouvait, augmentant la longueur de ses foulées et gonflant ses poumons presque jusqu'à l'éclatement. Son entraînement solitaire se passa ainsi presque normalement, si l'on omettait les rictus particulièrement tendus lâchés de ci de là par l'Oterashi, mais se conclut par une note un peu moins optimiste.

Prenant un ultime appui à la vertical contre un pan rocheux et dans l'optique d'augmenter encore sa vitesse, il surestima en effet la résistance de ses muscles : son mollet se vrilla, cédant totalement sous la charge et propageant sa faiblesse au genou. Dans un râle morbide, Yanosa dérapa sur la paroi et entama une chute de plusieurs mètres vers la terre, ferme et poussiéreuse...

@Nagamasa Hisa
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Lun 11 Mar 2019 - 8:55
Assise tranquillement sur le rebord du ravin, j’observais le village en me reposant. J’avais passé une bonne partie de la nuit à m’entraîner avec Yuusuo qui m’avait laissé épuisée par l’effort. Bien que ma première intention fut de rentrer chez moi directement, j’étais restée pour admirer le lever de Soleil en altitude. Enfin, c’était mon projet jusqu’à ce que la fatigue fusse suffisante pour m’endormir.

Je ne devais mon réveil qu’à l’acharnement exemplaire d’un shinobi inconnu qui s’entraînait à l’aube. Il semblait être particulièrement motivé à dépasser les limites de son corps, malgré les dangers évidents que cela comportait. Si j’ignorais les raisons qui le poussaient à agir ainsi, je ne pus m’empêcher de réagir en le voyant tomber, trahis par ses jambes.

Je me laissai alors tomber dans le vide avant de frapper la paroi de la montagne avec mes pieds chargés de chakra pour me propulser vers lui. J’étais rapide, mais trop loin. Je voulais le rattraper en l’air pour lui épargner des douleurs supplémentaires, mais je ne pus finalement lui offrir qu’une main tendue pour s’en relever.

— C’est rare de voir des gens s’entraîner aussi intensément.

Il était évident en le voyant agir ainsi qu’il avait un soucis avec son corps qu’il cherchait à résoudre ou surmonter. Je ne pouvais pas me permettre de l’interroger dessus, malgré ma curiosité, mais je pouvais au moins tenter de l’aider dans son entreprise.

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Mar 12 Mar 2019 - 23:48
Dans un bruit sourd et fracassant, le dos de Yanosa heruta le sol rocailleux. Tout l’air qui se trouvait encore dans ses poumons fut expulsé d’un seul coup sous la force de l’impact, qui fit rebondir le corps entier de l’Oterashi sur le côté. Dans un râle long et contenu, Yanosa exprima sa colère et sa frustration de s’être loupé ainsi. Il aurait tellement voulu que cela aille plus vite : toute cette latence, ces échecs, tout cela le retardait affreusement et lui renvoyait cette image d’impuissance à laquelle il avait pourtant largement pallié ces dernières semaines. Yanosa était sur le point de se relever en pestant quand tout à coup une voix féminine se faufila jusqu’à ses esgourdes. Surpris, il rouvrit ses yeux jusque-là plissés de douleur et vit apparaître au-dessus de lui une main fine et effilée, ainsi bien entendu que la personne à laquelle elle appartenait. Une jeune fille, bien plus jeune que lui, avec le fourreau d’un katana étonnement seyant à son côté. Sans piper mot, un peu honteux de la « démonstration » qu’il venait de faire, il empoigna la main tendue qui l’aida à se relever avec un minimum de souffrances. La fierté le quittant, il tenta maladroitement de camoufler son torse nu, en sueur, mais surtout balafré de toute part.

« Merci… Ahem… et… désolé pour le piètre spectacle, dit-il en faisant mine de contourner la kunoichi par la gauche. M’entraîner dur, c’est tout ce qui me reste, pour l’instant... »

Yanosa se dirigea vers la paroi rocheuse et plaqua son pied contre elle pour étirer sa jambe et son mollet meurtri en particulier, retenant péniblement de nouveaux râles suivant les élans de douleurs propagés dans tout son corps par ses cicatrices.

« Hnngh… comme si ça suffisait pas… fallait aussi que je me viande…. Hnhg ! Fffffuuu… souffla-t-il en ramenant sa jambe au sol tout en jetant un coup d’oeil rapide à l’arme de la jeune file. Joli ouvrage… même sans voir la lame… on devine qu’elle a quelque chose… de particulier… Tu ne serais pas une adepte du Bushido, dis moi ? »

Yanosa laissa sa question flotter dans l’air un petit moment avant de reprendre.

« Moi c’est Yanosa, Yanosa Oterashi. J’avais bien essayé à l’époque, de manier un « outil » du même genre, mais… je ne m’y suis jamais fait. Trop de latence. »

L’Oterashi était transi de douleurs de toutes sortes, mais se trouvait à mesure qu’il parlait étonnement plein de vigueur. Lui qui aurait cru devoir jeter l’éponge après sa chute, il se sentait en réalité encore gorgé d’énergie vitale et de chakra, et avec de la volonté à revendre. Le guerrier aux cheveux rouges, qui récupérait peu à peu son tempérament de pugiliste prompt à défier à peu près n’importe qui, se lança alors la fleur au fusil dans une proposition qu’il aurait certainement le temps de regretter.

« Mais dis-moi, si tu es là c’est que tu veux t’entraîner aussi, non ? Ça te dirait de pimenter un peu l’exercice ? J’essayerai de te ménager... » finit-il sur un air presque moqueur.

Si auparavant, il aurait pu énoncer une bravade pareille avec aplomb, il ne l’avait utilisé ici que pour conjurer le sort qu’il savait l’attendre au tournant. Mais sans adversité, Yanosa doutait de pouvoir atteindre le niveau qu’il voulait dans les temps, et il n’était plus à quelques sacrifices près.


@Nagamasa Hisa
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Jeu 14 Mar 2019 - 9:17
Lorsque l’inconnu me remercia après que je l’eusse aidé à se relever, je fus quelque peu rassurée. Si cela ne m’avait jamais empêché de porter assistance à autrui, l’accueil que je recevais lorsque je le faisais n’était pas toujours très chaleureux.

— Vous n’avez pas à vous excuser après avoir montré autant de détermination. Si nous n’avions même plus le droit à l’erreur durant nos entraînements, il nous serait impossible de progresser.

En l’entendant alors évoquer mon arme, je fus contrainte de retenir un éclat de rire qui se contenta de dessiner un sourire sur mon visage. Je retirais mon Bokken d’entraînement de son fourreau, dévoilant ainsi le bois de sa lame.

— Vous n’avez qu’à moitié raison. Je suis bien une Samouraï, mais il ne s’agit là que d’une arme classique d’entraînement. Cela dit, sa garde et son fourreau sont des répliques de ceux d’un katana légendaire dans ma famille, cela peut porter à confusion.

L’homme au cheveux flamboyants se présenta alors d’un nom qui m’était tout aussi inconnu que son visage. J’étais constamment étonné par ce village capable de me faire rencontrer aussi souvent des gens malgré les cinq années que j’y avais passé.

— Enchantée Yanosa ! Je m’appelle Hisa, du clan Nagamasa. Tout le monde n’est pas fait pour manier le sabre. Moi ce fut l’inverse, on essaya de m’enseigner le Taijutsu, mais je n’osais pas porter mes coups par peur de me blesser. J’étais encore trop petite pour comprendre ma stupidité, mais maintenant ça fait dix ans que j’apprends le Kenjutsu, je ne me verrais pas changer de style.

Yanosa me proposa alors de m’entraîner. J’avais terminé ma séance avec Yuusuo exténuée et je n’avais guère eu le temps de m’en remettre, mais après l’avoir vu s’entraîner, je ne pouvais justifier un refus par la fatigue.

— Ça me va ! J’essaierai de faire en sorte que vous n’ayez pas besoin de me ménager dans ce cas.

Je n’avais aucune idée de la différence de niveau entre nous juste avec les mouvements que j’avais aperçus plus tôt. Je n’avais cependant pas besoin de cela pour comprendre sa dernière phrase comme un défi que je ne pouvais que relever.

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Ven 15 Mar 2019 - 11:11
Le guerrier aux cheveux rouges afficha une mine un tantinet déconfite à la vue du sabre d’entraînement en bois que dévoila la kunoichi. Le fourreau et ses ornements l’avaient poussé à croire qu’il contenait une lame pour ainsi dire presque légendaire, et voilà qu’avec un sourire, la dénommée Hisa lui prouvait toute son erreur avec une bonne humeur contagieuse. Yanosa se sentit un peu bête, mais la situation ne revêtant pas d’enjeu particulier, il se laissa aller à rendre son sourire à la Nagamasa en se grattant la nuque.

« Pas aussi dangereux que je l’aurais pensé en effet... »

Ce n’est qu’ensuite que la jeune adolescente finit par se présenter, une fois ce quiproquo élucidé : comme l’avait cette fois bien déduit l’Oterashi, elle appartenait à un fameux clan de Samourais originaire de Tetsu. Un clan, il l’avait apprit, qui avait perdu beaucoup de son influence au Pays du Fer et dont les membres s’étaient majoritairement repliés à Iwa pour honorer leurs liens étroits avec le village. Voilà qui expliquait aisément la présence de praticiens du Bushido un peu partout dans le village : il était même surprenant que Yanosa n’en avait pas rencontré avant ce jour, mais on n’évitait pas éternellement les lois statistiques. Hisa rebondit ensuite sur la remarque de l’Oterashi concernant l’usage du katana. Elle disait… qu’elle le pratiquait depuis dix ans maintenant ? A en juger par son apparence, elle ne devait pas avoir plus de quinze ans d’après lui,ce qui faisait remonter le début de son entraînement au Kenjutsu à cinq ans, au plus tard… Sans trop le laisser paraître, Yanosa fut estomaqué : ce genre de personne, se disait-il, naissait avec la vocation presque héréditaire de se battre et de devenir des instruments de mort, et si cette fonction ne suscitait aucune répulsion en lui, la précocité avec laquelle elle était apposée, imposée, sur les jeunes enfants le laissait dubitatif. Et en même temps… si lui avait pu profiter d’un entraînement suivi et intensif dès son plus jeune âge, plutôt que d’aller moisir dans un centre militaire pendant son adolescence… ne l’aurait-il pas bien vécu ? Le guerrier aux cheveux rouges courait tellement après la connaissance, le savoir et la puissance qu’ils véhiculent dans le domaine du combat qu’il lui semblait être insatiable en la matière. Preuve en était ce qui allait suivre.

« Ah, ça… pour frapper, il faut accepter de se faire mal, c’est inévitable. Certains l’apprennent dans un dojo… D’autres, comme moi, l’apprennent en défigurant quelqu’un qui leur a fait du tort. Le bon côté de la chose, c’est que les coups que l’on peut prendre ensuite ne nous font plus aussi peur. Ils sont ce qu’ils sont, des forces projetées vers nous, et la douleur s’efface presque dans la mêlée… Cela dit… j’ai appris dernièrement qu’il y avait d’autres frontières à la souffrance, et j’ai peur que son royaume ne soit encore un peu trop vaste pour moi. »

Disant cela, le regard de Yanosa avait dérivé sur le côté. Bien sûr, il avait appris à dompter ses douleurs incessantes, mais chaque jour passé à s’entraîner lui coûtait un peu de sa force mentale, l’érodait, le mettait au défi, au supplice. Il ignorait, en réalité, si il pourrait continuer à monter en régime tout en contenant l’impact de ces violences qui étreignaient sa chair.

« Bien, parfait, alors… dit-il finalement en sautant sur le côté pour atterrir à cinq mètres de la Samourai, nous allons pouvoir… commencer ! »

Pas de meilleur moyen pour lui de conjurer ces pensées négatives que de rentrer, à nouveau, au cœur du sujet. Une fois que la Nagamasa fut bien en place, il fléchit les jambes, plaçant sa garde, et son regard se fit froid et insistant. Il ne regardait pas vraiment Hisa, non : plutôt que cela, son point de mire semblait se trouver à un peu moins d’un mètre d’elle sur sa droite. Un petit moment passa ainsi. Puis, lorsqu’il eut pris toute la mesure de la portée du sabre en bois et de sa potentielle densité, Yanosa chargea. Comblant immédiatement la distance, il prit un contre-appui immédiatement pour se déporter sur la gauche de la Samourai, plaçant aussi vite qu’il le put sa main droite sur le pommeau du bokken pour restreindre momentanément ses mouvements avec son arme. Son poing gauche, quand à lui, commençait déjà à décrire un mouvement de piston se dirigeant droit vers le visage aquilin de la jeune adolescente.



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