Soutenez le forum !
1234
Derniers sujets
Partagez

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise]


[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Sam 16 Mar 2019 - 13:51
C’était une farce. Une plaisanterie de mauvais goût concocté par le destin, un tour joué par le diable. C’est ce que voulut presque croire Yanosa lorsqu’il reçut ce matin-là son nouvel ordre de mission et qu’il le lut avec empressement. Avant même de prendre connaissance de ses objectifs, il déroula l’entièreté du rouleau pour identifier immédiatement avec qui il devrait cette fois partir en vadrouille, et à la lecture de cette information, ses mains se crispèrent sur le papier. Hyûga Bankise… Ce chauvin incapable de faire preuve de la moindre neutralité et trop sûr de ses capacités, prêt à tout pour le discréditer. Et voilà qu’en prime, on l’affublait pour cette fois d’un membre supplémentaire du clan Hyûga, un certain Kurise qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Seule la présence d’Ibiki Chôkoku, qui l’avait parfaitement épaulé lors de leur dernière mission, le réconforta quelque peu. Un ersatz de lumière au milieu d’un océan d’obscurité. Emporté par la colère, l’Oterashi lança nonchalamment le rouleau sur son bureau, frustré et gorgé d’incompréhension. Puis il voulut relativiser, pour que la situation lui paraisse moins pénible qu’elle ne l’était : après tout, la hiérarchie aurait pu tout à fait remplacer Ibiki par ce Kurise, l’isolant davantage qu’il ne l’était déjà, mais elle ne l’avait pas fait, n’est-ce pas ? Cela formait donc un groupe de quatre personnes, quatre shinobi, constituant donc sur le papier un groupe plus fort que la fois précédente et…

Yanosa se figea. Il n’avait pas pris le temps de lire les informations relatives à sa mission. Il se hâta de reprendre le rouleau en mains pour savoir ce qui pouvait justifier de mobiliser quatre shinobi pour une même tâche, et comprit rapidement le pourquoi du comment. La mission qui leur était confiée était en effet d’un tout autre niveau que la précédente, ce qui eut tendance à redonner un peu de moral à l’Oterashi, en dépit du fait qu’il ne représentait en définitive qu’un quart du groupe. La confiance accordée était bel et bien là, au final, car c’était cette fois aux confins du Pays de la Terre, près de la frontière avec Ame no Kuni qu’ils allaient devoir officier. Les ordres demeuraient toutefois plutôt vagues : Yanosa fronça les sourcils à leur lecture, se demandant si il n’y avait pas derrière tout ça une petite histoire de privilèges lié à un lien de parenté entre un officiel et un habitant du village dont il était question, Boka. Il ignorait si Bankise, leur chef d’équipe, aurait davantage d’informations, mais en l’état, ils partaient pour une intervention qui pouvaient avoir des ramifications diverses tout aussi bien que se limiter à la neutralisation de quelques bandits survivants. Le guerrier aux cheveux rouges n’appréciaient pas ces zones de flou, d’autant qu’elles seraient autant d’opportunités pour Bankise pour ignorer son avis et ses observations. Mais les choses étant ce qu’elles étaient, il n’avait pas vraiment d’alternative.

Le départ était prévu pour la fin de matinée. Le voyage les obligerait à une nuit de bivouac, et il fallait donc qu’il prévoit son équipement en conséquence : il commença par enfiler son uniforme de Chûnin, le même qu’il avait revêtu la fois précédente et dont il avait hérité de ses quelques semaines à ce poste avant son coma, et remplit de quelques rations et d’équipement de survie son sac à dos tactique. Cette fois-ci, se dit-il, il mettrait un point d’honneur à arriver le premier au lieu de rendez-vous sur les remparts sud-ouest : pas question que ses coéquipiers lui coupent à nouveau l’herbe sous le pied en arrivant juste un peu plus en avance que lui. Question de principe. Sans tarder, se fichant bien de l’avance totalement exagérée qu’il prendrait cette fois, Yanosa sortit de chez lui et sauta de toit en toit pour rejoindre les remparts. Il n’avait personne à prévenir, personne à qui dire au revoir, et c’était tout aussi bien comme ça. Sa douleur, de toute façon, était déjà un compagnon suffisamment pesant au quotidien, et il n’avait pas besoin d’en rajouter. Une fois arrivé sur le rempart, l’Oterashi s’immobilisa en tailleur face au vide, et commença à rassembler toute la colère et la frustration qui bouillonnait en lui pour les transformer en pure énergie. A l’extérieur, un calme olympien. A l’intérieur, un volcan en éruption.


@Hyûga Kurise
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Dim 17 Mar 2019 - 2:45
Kurise, dans ses habits de Genins, se tenait tranquillement devant la porte glissante de son supérieur Hyûga, attendant tranquillement que ce dernier termine ses propres préparatifs. Elle n'était pas excitée ou nerveuse, quoi qu'elle était inquiète quand à sa performance de mission futur.

La première mission avait été accomplie de façon rapide et efficace mais celle ci se faisait devant un Hyûga de la Soke et était autrement plus complexe que l'ancienne. Adieu au couple de bandit en recherche permanente d'adrénaline : cette fois, le problème abordé touchait les Coeurs Noirs, un groupe... décimé. Ou, du moins, grandement affaibli au cours d'une mission précédente. Le village, toutefois, souffre de nouveaux heurts, et il en revient donc à une nouvelle équipe de quatre de se débarrasser pour de bon des Coeurs Noirs.

Ou de ceux qui ont profité des dégâts de ces derniers pour causer leurs propres dégâts... ils allaient bien voir. Du coup, Kurise avait été assignée à un groupe à trois, qui comptait un membre de sa hiérarchie supérieure. Pour cette raison, il serait le chef de la mission, un rôle qu'il avait accepté. Elle savait qu'il aurait tôt fait de se révéler juste et capable de bien délivrer ses ordres, mais la Hyûga espérait que ses camarades de mission se révéleront aussi compétents que Karasuma. Après tout, si elle réussissait la mission, ce serait la gloire : elle serait triomphante devant le village mais aussi un membre de la branche supérieure.

Qui sortit bien rapidement pour la confronter, souriant. Kurise ne lui répondit pas avec un sourire, baissant simplement la tête et se mettant à genoux. Il y'eut un silence gêné mais il fit un signe de la main, et elle se releva en réponse, le jeune homme poussant un soupir un peu surpris.

On va se rendre au point de rendez-vous assez tôt, et on part directement. Nous n'avons pas le temps d'attendre, après tout.

Effectivement. La mission sera faite selon les standards de la Sôke : Parfaite.

Les deux se lancèrent bien assez tôt, Kurise suivant doucement son supérieur alors que ce dernier accéda au rampart. Facile de remarquer leur co-équipier : un grand homme se dressait sur la muraille, en méditation. Ayant encore un peu de temps, la Hyuga s'approcha doucement, mais surement, et le dévisagea, consciente qu'elle avait mise assez d'espace pour réagir à une attaque soudaine.

Le quatrième membre arrivera bien assez tôt. Relevez vous, je vous prie.

_________________
[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] ?imw=506&imh=284&ima=fit&impolicy=Letterbox&imcolor=%23000000&letterbox=true
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Dim 17 Mar 2019 - 11:52
Le temps ne lui parut pas long. Pas trop, en tout cas. Sa réserve de colère était telle qu’il avait l’impression de ne pas pouvoir en toucher le fond, le tout étant il fallait l’avouer très aidé par le fait qu’il n’avait qu’à pivoter légèrement le buste pour déclencher une poussée de douleurs incisives qui venaient nourrir d’autant plus ces sentiments puissants et source d’énergie. Aussi, lorsqu’il sentit une odeur reconnaissable approcher des remparts, Yanosa se trouvait pour ainsi dire gonflé à bloc et prêt à affronter le monde entier. Y compris Bankise, à qui appartenait cette fameuse odeur. Une autre empreinte olfactive l’accompagnait : très certainement celle de Kurise, qui faisait partie également du clan Hyûga. Le guerrier aux cheveux rouges entendit les pas légers et précis des deux shinobis se poser dans son dos comme deux plumes. Puis, une voix, légère mais empreinte d’une fermeté indéniable, lui parvint aux oreilles.

« Décidément, vous autres Hyûga aimez donnez des ordres. Que vous soyez gradés ou pas... »

Yanosa ne bougea pas d’un iota, terminant de rassembler ses dernières forces en inspirant longuement. Une autre odeur qu’il connaissait bien approchait, et approchait vite. Puis il finit par tourner la tête en direction de l’adolescente nommée Kurise en ouvrant les yeux.

« Il est déjà là, d’ailleurs. »

Et en effet, à la seconde près, Ibiki Chôkoku fit son entrée, plein d’enthousiasme et d’énergie, en terminant une course folle qu’il avait du mener à la verticale le long du rempart intérieur. A ce moment, l’Oterashi finit de se retourner et se releva dans la foulée, droit comme un i, détaillant au passage la jeune Hyûga au regard dur qui lui avait adressé la parole.

« Bankise senpai. Kurise san, Ibiki san. Je suis ravi de faire équipe avec vous tous pour mener à bien cette mission.
- Oui, et bien… nous verrons cela, Yanosa san. J’ai des regrets quant à… la façon dont s’est conclue notre précédente mission ensembles. Et je compte bien corriger le tir cette fois-ci : il n’y aura pas d’insubordination, pas plus qu’il n’y aura la moindre discussion sur les ordres qui seront donnés. C’est bien clair ?
- Limpide, Bankise senpai.
- J’espère bien. Allons, en route, nous n’avons pas de temps à perdre.
 »

Le Hyûga prit alors la tête du groupe pour entamer le voyage qui devait les mener tous au village de Boka loin au sud-ouest, suivi de près par Ibiki, qui lança un regard entendu et complice à l’Oterashi avant de le dépasser. Ce dernier prit le temps d’accorder quelques mots à Kurise avant de lui emboîter le pas.

« On est pas forcément partis du bon pied et… mon passif récent avec Bankise senpai n’est pas des plus agréable. Mais je suis sûr qu’ensembles on fera du bon travail. Moi c’est Yanosa, Yanosa Oterashi. Je n’ai pas votre finesse à vous autres Hyûga mais ça reste dans la mêlée que je me sens le mieux. Et… je crois qu’on devrait vite filer avant qu’ils prennent trop d’avance ! »

D’un bond, Yanosa sauta alors par-delà la muraille pour ensuite courir dessus à la verticale et marcher dans les pas d’Ibiki et Bankise, direction Boka.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Jeu 21 Mar 2019 - 13:58
L'envolée quasi-héroïque du quatuor dans le ciel de Tsuchi ne dura pas très longtemps : que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, l'un des deux membres du clan Hyûga fut en effet contraint et forcé de se faire rapatrier à Iwa. Tout ce que regrettait Yanosa, c'est que c'était probablement le moins antipathique des deux qui avait du se retirer du groupe, c'est à dire la jeune Kurise. Si cela avait été Bankise qui s'était tordu la cheville entre ces deux traîtres rochers, Yanosa aurait pur avoir la paix, d'une part, et aurait pu commencer à tenir un véritable petit Compendium des maladresses du Chûnin trop rigide en prime. Le fait que la mission aurait dut être annulée en l'absence de chef d'équipe apte reléguait toutefois les pensées de l'Oterashi au rang de fantasmes irréalistes et, après qu'il se soit chargé de ramener Kurise en haut des remparts, Yanosa rejoignit donc ses équipiers habituels, direction Boka.

Après une nuit de bivouac, où les paroles échangées se cantonnèrent sobrement aux politesses hypocrites d'usage, le trio repartit vers le théâtre de l'opération qui lui avait été confiée afin d'arriver durant la fin de l'après-midi suivant. Si près de la frontière avec le Pays de la Pluie, et en cette saison, le biotope et le climat donnaient à la forêt des airs de jungle tropicale. Le village de Boka était en vue, au creux d'un petit vallon naturel, ses larges bâtiments en pierres anciennes témoignant de la pérennité de ce poste commercial privilégié. La position géographique de Boka lui permettait en effet depuis des décennies, si ce n'étaient des siècles, d'entretenir des relation d'affaire aussi bien vers l'intérieur que vers l'extérieur de Tsuchi, et le commerce y avait donc toujours été florissant. Un flux de richesses qui avait naturellement attiré son lot de malandrins, à l'image de ces Coeurs Noirs qui avaient du être déboutés avec l'intervention d'une équipe de shinobis il y a peu. Bankise toujours en tête, le trio s'approchait à marche reposée des grandes arches qui délimitaient l'entrée nord du village, qui était presque en vue. C'est à ce moment que Yanosa osa proposer une idée qui lui avait trotté dans la tête tout le long du voyage, et dont il avait peur de deviner par avance la réaction de Bankise.

« Bankise senpai. On ne sait pas trop où on met les pieds cette fois. J'ai pensé... que pour mener cette enquête, laisser planer un doute sur la hiérarchie de notre groupe pourrait s'avérer profitable.
- J'ai peur de comprendre, Yanosa san. Vous suggérez de vous faire passer pour le chef d'équipe ?
- Oui et non. Nous avons le même uniforme : en apparences, nous sommes du même grade. Seul... Ibiki, sort du lot en réalité.
Dit-il en tournant son regard complice vers le jeune Chôkoku.
- Pardon ? Vous... vous réalisez l'absurdité de ce que vous proposez ?! Du danger que vous voulez faire peser sur Ibiki ?
- Tu peux gérer, j'en suis sûr
, répondit-il cette fois en s'adressant directement au jeune Genin.
- .... Qu'il puisse le gérer ou pas n'est pas la vraie question », dit Bankise l'air pensif.

Le Hyûga était, pour ainsi dire, pris à son propre jeu : lui qui faisait les louanges de son protégé à l'issue de la précédente mission ne pouvait plus à présent faire marche arrière et douter de ses capacités. Quant à l'initiative que voulait prendre l'Oterashi, elle était objectivement risquée, mais également très pertinente. Et la mauvaise foi, comme toute chose, avait ses limites.

« … Hmmmph... Ibiki, passe devant. Nous allons opérer comme l'a suggéré Yanosa san. Reste aussi neutre que possible et si je te fais signe, passe-moi vite la main.
- Compris Bankise senpai ! Je ne vous décevrai pas... 
»

Ibiki semblait déterminé au possible, et pour cause, en dépit de sa timidité et de son recul apparent, il possédait un coeur passionné et volontaire. D'un pas décidé, le Chôkoku passa donc en tête du trio et rehaussa son menton, fier de sa posture et bien dans son rôle. Derrière lui, et peut-être pour la première fois depuis le départ du groupe du village, Bankise et Yanosa échangèrent un regard, les yeux dans les yeux. L'Oterashi n'aurait pas su dire si son chef d'équipe avait revu son attitude à son égard un tant soit peu ou si le fait qu'il ait accepté son plan ne dépendait que de l'argumentaire totalement imperméable qu'il lui avait opposé. Le temps le dirait bien vite, pensa le guerrier aux cheveux rouges, qui reporta son regard sur le village droit devant lui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Ven 22 Mar 2019 - 13:52
A les voir arriver ainsi, le jeune et petit Chôkoku en tête avec les deux larges et grandes silhouettes de Bankise et Yanosa derrière lui, la scène aurait pu prêter à sourire si l'on était au courant du petit stratagème mis en place par le trio. Mais aux yeux des gardes et habitants qui posèrent les yeux sur lui, Ibiki incarnaient véritablement le leader précoce à merveille, et inspira autant de peur que de respect auprès de ceux qu'il croisa. Sans se débiner, il interpela un garde posté en hauteur sous une arche en pierre, impressionnant silencieusement Yanosa et Bankise par son aplomb.

« Hey, vous ! Où est-ce que je peux trouver votre capitaine, j'ai à lui parler !
- Heum, bah, il doit être à l'inspection à cette heure-ci, enfin je pense.
- L'inspection ?
Répondit-il, inquisiteur.
- Le grand hangar, au sud. On inspecte toujours les marchandises en transit. Et vous...
- Merci !
 »

A deux-cent pour cent dans son rôle, Ibiki venait e couper court à la conversation avec le garde en lui coupant la parole. Décidément, se dit Yanosa, endosser une autre identité avait vraiment débridé le Chôkoku de façon inattendue.

« Il aurait été bon de savoir le nom du capitaine, avant de continuer tête baissée... Réfléchis, Ibiki », susurra Bankise à l'oreille du jeune homme.

Sur ce point, Yanosa ne pouvait pas donner tort au Hyûga, et il se contenta donc d'avancer en suivant son chef d'équipe factice. Le village était empreint d'une effervescence surprenante pour une bourgade de cette taille, et il s'en fallut de peu pour que le trio dusse jouer des coudes pour progresser jusqu'au fameux hangar, reconnaissable à sa tôle rouillée qui jurait énormément avec la pierre aux accents presque antiques qui constituait la plupart des bâtiments. Sous la toiture très étendue, on pouvait voir les multiples caravanes de marchands qui faisaient étape à Boka, les paquetages et cargaisons diverses à la vue de tous. Et très vite lorsqu'ils s'approchèrent, Yanosa et les siens remarquèrent autre chose qui jurait avec le reste de façon ostentatoire : il s'agissait selon les critères de l'Oterashi, de la parodie d'un homme. Bardé d'une armure grotesque aux accents dorés et d'une cape proprette du même acabit, celui qui selon toute vraisemblance menait les inspections sous ce préau géant était bedonant au possible et son visage bouffi débordait de gras, témoignant d'une vie d'opulence et d'excès sans borne. Affichant une moue perplexe et dégoutée, le guerrier aux cheveux rouges fit un léger signe de tête à ses coéquipiers.

« Je pense que même sans connaître con nom, on aura pas trop de mal à le retrouver.
- Ca...c'est clair
 », rétorqua instinctivement Ibiki.

Forçant le pas, le jeune Chôkoku mena son équipe jusque sous le préau, où il interpela le supposé capitaine avec autant de désinvolture qu'il ne l'avait fait avec le garde.

« Hey, vous ! Vous êtes bien le capitaine de la garde ?
- Hm ? Hn ? Ah euh, oui, oui bien c'est c'est bien moi, Jibun Kobane, mais vous qui êtes-vous, jeune homme très mal élevé ?
- Ibiki Chôkoku, shinobi en mission ! Mon équipe et moi on doit vous parler en privé rapidement. Vous avez un bureau ?
- Oooh, euh, oui, naturellement, suivez-moi messieurs. 
»

Pour un homme aussi gros, se dit Yanosa, il marchait drôlement vite. Ses petits pas maladroits mais rapides étaient en tout cas rendus on ne peut plus ridicules par les cliquetis erratiques de son armure, ajustée au-delà du raisonnable, et mille insultes traversèrent l'esprèt de l'Oterashi pendant le trajet qui les mena jusqu'au bureau du capitaine. A l'intérieur, Bankise détailla chaque parcelle d'étagère tandis qu'Ibiki conservait sa position de leader factice. Jibun, lui, s'assit bruyamment dans son large fauteuil en cuir usé en expirant lourdement, comme s'il avait couru un marathon.

« Alors, ahem, j'imagine que vous êtes là pour élucider ces... terribles meurtres, c'est ça ?
- C'est donc de ça qu'il s'agit, de meurtres ?
- Oui, enfin, je ne vois pas... pourquoi vous seriez là, sinon, non ?
- On va déjà partir de là ! Combien y-a-t-il eu de victimes ?
- Et biennnn... Il y a trois jours, je crois bien qu'on a enregistré la cinquième victime. C'est là que le conseil civil a décidé d'en appeler au Daimiyô.
- Vous croyez ?
- Je veux dire, j'en suis sûr, évidemment !
- Ok ! Et... Hm.
- Les corps, où sont-ils ?
Demanda alors subitement Yanosa pour rattraper l'errance d'Ibiki avec le plus de nonchalance possible pour camper au mieux son rôle de subalterne.
- Les deux premiers sont inhumés au cimetière, à l'est de la ville. Les trois autres... sont encore au frais à l'antenne médical. Vous, euhm... vous voulez que je vous assiste dans votre enquête ?
- Restez juste dans le coin, ça ira. 
»

Le trio se retira alors comme un seul homme dès qu'Ibiki tourna les talons, laissant Jibun presque assimilé par son fauteuil seul dans son bureau. De retour à l'extérieur, Bankise repéra rapidement l'enseigne rouge caractéristique et parla à voix basse.

« Vous deux, vous allez à la pêche aux infos dans ce qui leur sert de morgue. Je vais parler aux autochtones, voir ce qu'ils peuvent me dire. Je vous retrouve au pied de l'antenne médicale. »

Sans piper mot, les deux Genin acquiescèrent, Ibiki donnant le change d'un mouvement de bras sur le côté pour « commander » le Hyûga d'interagir avec la population.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Sam 23 Mar 2019 - 15:49
« Il te fait vraiment confiance, ça fait plaisir à voir, lança Yanosa tandis qu’il montait les larges marches en pierre menant au centre médical de la ville.
- A toi aussi ! Sinon, il ne t’aurait pas envoyé avec moi !
- Bien au contraire, Ibiki, bien au contraire... 
»

Un peu aigri, l’Oterashi tâcha de se recentrer sur leurs objectifs : les jeux de piste comme ceux-ci pouvaient s’avérer très intéressants à mener, mais seulement si l’on mettait la main sur suffisamment d’éléments sur lesquels s’appuyer. Ne louper aucun de ces éléments était donc crucial pour le duo, qui se présenta rapidement aux services en charge pour accéder à la morgue. Ce fut Ibiki qui parla, bien sûr, mais son bandeau shinobi faisant foi, le personnel ne fit aucun cas de son jeune âge et de fit pas de difficulté. En compagnie de Yanosa, le jeune Chôkoku prit place près d’un bureau au sous-sol de l’installation après avoir exigé qu’on leur apporte les dossiers de toutes les victimes recensées. En attendant que les dossiers en question leur parviennent, les deux Genin aux physiques diamétralement opposés examinèrent leur environnement : tout le bâtiment était fait de cette même pierre ancienne qui semblait avoir servi à la construction de la majorité des maisons et commerces de la ville, des lierres millénaires courant le long des murs comme autant d’oreilles indiscrètes et muettes. Pour seul aménagement moderne, ce sous-sol frais, presque glacial, qui servait de morgue à Boka, comptait quelques néons blanc s et aveuglants qui éclairaient très bien autours de leur emplacement mais laissaient les zones non éclairées dans une pénombre insondable.

Quelques minutes passèrent, puis les trois brancards arrivèrent en trombe, tirés par deux infirmiers, les cinq dossiers négligemment posés sur l’un des corps.

« Voilà pour vous messieurs. Vous nous préviendrez quand vous… ?
- Oui oui, ne vous en faites pas 
», répondit sèchement Yanosa.

Rendus seuls, Ibiki et le guerrier aux cheveux rouges se répartirent naturellement les tâches, le premier prenant sur lui d’examiner les corps en ouvrant leur sac mortuaire pendant que le second commençait à étudier les premiers dossiers.

« Heurg, j’ai encore du mal avec ça, dit Ibiki en se penchant sur l’un des corps dénudé et pâle comme la neige.
- Le jour où tu prendras la mort à la rigolade, là je m’inquiéterai. Tu te débrouilles très bien Ibiki. » répondit calmement Yanosa en feuilletant les premières pages.

Quelques instants plus tard, l’Oterashi tirait déjà ses premières conclusions.

« Apparemment… ils tenaient chacun un commerce très rentable… Des riches commerçants. Ce qui est étrange par contre… c’est qu’aucun vol n’a pu être relevé sur les scènes de crime. Ils sont tous morts à leur domicile mais… on ne leur a rien volé ? Ça n’a pas de sens.
- Je peux confirmer en tout que… ce sont des assassinats purs et durs, Yanosa san.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- A chaque fois, je ne vois qu’une seule « blessure », et encore j’ai du mal à considérer ça comme une blessure. Venez-voir.
 »

Yanosa se rapprocha du corps désigné par Ibiki en gardant les dossiers en main, penchant la tête vers la nuque du cadavre pour examiner la marque circulaire que le Genin lui indiquait. Celle-ci était plus large qu’une piqûre, mais bien moins voyante que n’importe quelle blessure à l’arme blanche.

« Qu’est ce que c’est que ce truc…
- J’en sais rien mais c’est la seule trace qu’ils ont en commun et il n’y a rien d’autre.
- Hmmm… Dans la description des scènes… aucune mention de mare de sang, donc il n’y a pas eu d’hémorragie… Dommage qu’on ait personne d’Iwa sous la main pour faire quelques test toxicologiques, je pense qu’on aurait trouvé des choses intéressantes.
- Et aucune trace de lutte… On les a forcément eu par surprise.
- On a donc quelqu’un qui tue des riches commerçants à leur domicile en les piquant avec… quelque chose ? Et qui quitte les lieux sans prendre de butin.
- C’est… assez bien résumé.
 »

Le duo continua un moment ses observations. Yanosa prit le temps de mémoriser les noms et les éléments forts de chacun des dossiers avant de les reposer sur le bureau métallique et de rajouter :

« En tout cas on a le profil type des victimes, on va peut-être pouvoir anticiper un tant soit peu la prochaine attaque du ou des tueurs. Viens, allons retrouver Bankise. »

Les deux Genin remontèrent du sous-sol glacial en saluant les personnels infirmiers au passage et retrouvèrent comme prévu le Hyûga en bas des marche. Du moins, presque comme prévu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Lun 25 Mar 2019 - 13:59
Bankise était en effet bien là, mais il était apparemment très occupé à gérer une véritable crise de nerf de la part d’une autochtone. Celle ci avait de longs cheveux blonds et était vêtue d’une tunique assez richement décorée sans être trop voyante, et à en juger par sa gestuelle et le ton qu’elle employait, elle n’était vraiment pas prête de se calmer et continuait sans relâche à harceler verbalement le Hyûga. Ibiki et Yanosa se regardèrent un petit moment, hésitant sur la marche à suivre, puis finirent par se rapprocher en descendant les dernières marches.

« Alors vous allez rien faire ? Mais vous servez à quoi, les shinobis, hein ?!
- Ecoutez, madame, moi et mon équipe, je vous le répète, nous ne somme pas là pour régler des histoires de succession, d'accord ?
- Votre supérieur ! Il est où votre supérieur, c'est lui ?
Dit-elle en pointant Ibiki du doigt.
- Hrm, madame, oui je suis bien le chef de cette équipe, mais...
- Alors vous pouvez m'aider ! Je suis la nièce de Suzuka Omoune ! Elle tenait un bazar de curiosités à la renommée internationale ! Et depuis sa mort, rien ! Pas de clients ! Et vous savez pourquoi ? Parce que des marchandises, j'en ai plus !
- Ma foi... la mort de votre tante a l'air de vraiment vous avoir bouleversé...
lança Yanosa, sardonique.
- Com... Comment est-ce que vous pouvez oser dire...
- Cela dit
, la coupa Yanosa, vos déboires peuvent effectivement être en rapport avec notre enquête, dit-il en regardant tour à tour Ibiki et Bankise.
- Vraiment...
- Hmmm... Donc... Quand vous dites que vous n'avez pas de marchandises à vendre...
- .... Quand je suis arrivée ici, pour percevoir mon héritage... j'ai bien hérité des murs, ça oui, et de quelques meubles, mais c'est bien tout ! Plus rien en réserve, rien à vendre, et imp-po-ssible de savoir pourquoi ou comment !
- Ibiki senpai, il faudrait qu'on parle 
», annonça Bankise, l'air insistant.

Prenant congé de la jeune femme à peine calmée par l'écoute finalement obtenue auprès du trio, ce dernier s'isola plus loin dans la rue pour faire le point. Yanosa et le jeune Chôkoku détaillèrent alors leurs trouvailles à Bankise, qui en tira les mêmes conclusions qu'eux.

« Il n'y a pas eu de vol, mais les biens de Omoune ont bel et bien changé de propriétaire, c'est clair. Et je serai prêt à parier qu'on pourra constater un « phénomène » similaire pour les autres victimes, héritages ou pas.
- Bien joué, tous les deux... Considérant ce que vous m'avez appris... il vaut mieux qu'on se sépare à nouveau pour être plus efficaces. Yanosa san, vous allez m'accompagner : nous allons inspecter la dernière scène de crime en date pour voir si nous pouvons recueillir quelques indices. Ibiki, tu vas creuser la piste du profil des victimes : prospecte en ville pour voir quels autres marchands pourraient être touchés par ce ou ces tueurs. Allez go.
 »

Ibiki appréciait foncièrement la compagnie de Yanosa, mais il ne put malgré tout contenir sa joie de se voir attribué une tâche à lui tout seul, à accomplir dans une autonomie totale. Yanosa, lui, était très moyennement emballé par l'idée de passer du temps avec le Hyûga, mais se rappeler son devoir de shinobi et se concentrer sur la résolution de cette enquête l'aidait grandement à passer outre. Tout en détaillant du regard tous les passants, comme si chacun d'eux pouvait à sa façon se révéler être coupable de quelque chose dans cette histoire, le duo se fraya un chemin au bout de l'artère principale de Boka et pénétra dans la boutique de minéraux précieux que tenait la dernière victime en date. Les étagères étaient vides, ce qui ne surprit pas beaucoup les deux hommes.

« La victime a été retrouvée dans son atelier, au fond à priori.
- Bien, alors allons-y.
 »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Mar 26 Mar 2019 - 23:08
Comme la grande majorité des structures de Boka, celle de feu la boutique de minéraux précieux était intégralement constituée de cette pierre ancienne et robuste. Par endroit, l'on pouvait observer des craquelures, marques inévitables du temps passé, qui ne mettaient pour autant nullement en danger la stabilité de la structure. Plutôt que cela, ces fêlures et autres imperfection avaient permis à des végétaux souterrains de se frayer un chemin au travers, jusque dans le commerce, qui faisait aussi office de logement pour son ancien propriétaire. Des plantes grimpantes et vivaces qui fortifiaient la cohésion de l'ensemble tout en apportant une touche esthétique non négligeable. A tâtons, Yanosa et Bankise avancèrent au coeur de la pénombre qui se renforçait à chacun de leur pas jusque dans l'arrière boutique, où l'Oterashi parvint finalement à dénicher un interrupteur qui activa plusieurs lampions aux couleurs douces et orangées. L'endroit, qui devait théoriquement contenir des stocks divers et des commandes en préparation, n'était plus qu'une salle vide de plus où traînaient ça et là quelques outils.

« Quelqu'un de bien placé est forcément dans le coup, ce n'est pas possible autrement, lança Yanosa.
- En effet. Si il n'y a pas eu vol, il y a eu magouille. Et si le tueur n'a rien récupéré lui-même, alors c'est qu'il est nécessairement dans le coup. »

Les deux hommes passèrent alors au crible l'arrière salle sans trouver quoi que ce soit de vraiment concluant ou vaguement intéressant pour leur enquête, puis décidèrent de se rendre sur la scène de crime proprement dite, qui se trouvait un demi étage plus bas dans l'atelier de l'artisan très coté qui vivait encore ici il y avait de ça trois jours. A nouveau, l'Oterashi chercha un interrupteur qui pourrait illuminer la pièce afin de leur simplifier la tâche, mais lorsqu'il le trouva, lui et Bankise constatèrent que les lampions dans cette zone-ci dysfonctionnaient : pendant que l'un s'allumait, l'autre vacillait ou s'éteignait même tout à fait, comme le thorax d'une luciole capté en pleine nuit. Le duo avait donc de la lumière, mais de façon très sporadique et capricieuse, ce qui ne simplifiait pas la recherche d'indice. Toutefois, Bankise eu tôt fait de trouver une piste grâce à son Byakugan, scrutant les parois de roche avec attention comme s'il remontait les traces d'un animal blessé dans la neige. Yanosa, qui de son côté faisait choux blanc, s'intéressa naturellement de plus près au flair visuel de son chef d'équipe, même si cela lui coûtait une fois de plus d'admettre que ses propres facultés sensorielles étaient encore loin d'être suffisantes pour gérer ce genre de chose en solitaire.

« Qu'est-ce que vous voyez, senpai...
- Ces lierres... ils ne sont pas tous...
 »

Bankise n'eut pas le temps de compléter son observation. D'une craquelure en hauteur dans la jointure du mur et du plafond, ce qui aurait pu s'apparenter à un tentacule darda rapidement vers lui, vers sa nuque. Usant de ses réflexes acquis de longue date, le Hyûga parvint à exécuter un mouvement de recul... mais pas assez vite. La pointe du tentacule lui avait éraflé le cou, faisant couler quelques gouttes de son sang sur la pierre polie du sol. Immédiatement, Bankise se mit à tituber.

« Senpai ! »

Yanosa attrapa le bras du Hyûga le plus rapidement possible, tâchant du mieux qu'il pouvait de garder à l'oeil ce qui ressemblait à s'y méprendre à l'appendice d'un monstre marin. La chose s'agitait dans la pénombre régulièrement rompue par les lampions capricieux, à la recherche de ses proies. Attirant Bankise à lui pour le sécuriser entre ses bras musculeux, l'Oterashi prit une grande inspiration, reniflant et stockant l'odeur de cette chose dans un coin de sa tête, avant de se retirer aussi promptement que possible à travers le couloir. Après avoir rejoint l'entrée de l'ancienne boutique, le guerrier aux cheveux rouges s'arrêta un instant pour faire un point sur l'état de son senpai : il suait abondamment et son souffle était saccadé. Il parvenait à peine à garder les yeux ouverts et, au fond de l'arrière boutique, Yanosa pouvait entendre le frottement indistinct de quelque chose qui progressait sur la roche.

« Merde, fais chier...! »

Le Genin repartit de plus belle, emmenant Bankise à l'extérieur en regardant frénétiquement de tout côté dans la rue. Dans sa tête, mille idées et préoccupations se bousculaient et se disputaient la place d'honneur. La priorité, finit-il par conclure, était de mettre le Hyûga en lieu sûr. Mais ce qui était également certain, c'est qu'il aurait vite besoin de l'aide d'Ibiki. Se remémorant les informations figurant sur les dossiers, il chargea Bankise sur son dos sous l'oeil intrigué et inquiet de plusieurs passants et chercha du regard l'enseigne qui pouvait correspondre au bazar de curiosités dont avait hérité cette femme un peu plus tôt. Déambulant à toute vitesse dans l'artère de Boka, il finit par identifier la devanture qui devait nécessairement correspondre. Déboulant à l'intérieur sans s'annoncer, il installa en hâte son chef d'équipe sur une large table en bois.

« Omoune san ! Omoune san !!
- Que... Quoi, vous ?!
Répondit-elle en apparaissant dans l'ouverture au fond de la salle. Qu'est-ce que vous venez faire ici !
- J'ai besoin de votre aide, il faut à tout prix que vous preniez soin de mon coéquipier...!
- Mais... qu'est-ce qui est arrivé... et pourquoi je vous aiderais, d'ailleurs !
- Écoutez, la vie de ce shinobi est en jeu, vous comprenez ? L’un des individus impliqués dans vos galères pécuniaires est le responsable c’est certain, et je dois le retrouver à tout prix pour pourvoir sauver la vie de mon camarde ! Je dois faire vite ! Est-ce que vous me comprenez ??
 » finit-il en hachant volontairement chaque mot pour les rendre aussi percutant et intelligible que possible.

En réponse, rattrapée par l’urgence et l’extrême de la situation, la nièce de Suzuka Omoune finit par hocher timidement de la tête, confrontée à un réel cas de crise immédiate.

« Je le soignerai aussi bien que je peux je vous le promets... »

Yanosa acquiesça d’un air entendu et déterminé, puis sortit par la porte du fond afin de ne pas trop s’afficher aux alentours de cette boutique en perdition commerciale. Si leur agresseur était à l’affût, il pouvait effectivement le repérer et se rendre à l’intérieur pour finir le travail. La priorité à présent était pour l’Oterashi de retrouver son ultime coéquipier. Il dévala la rue principale de Boka à toutes jambes vers les commerces où Ibiki avait sans doute mené son enquête de son côté et, fort heureusement, le croisa très vite au détour d’une allée presque déserte.

« Ibiki ! Je vais avoir besoin de toi… ! Les meurtres, les piqûres, j’ai compris d’où elles venaient. Bankise… Il a été empoisonné ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Ven 29 Mar 2019 - 17:23
« T’es en train de dire que c’est un shinobi qui a fait le coup ?! Un utilisateur de Mokuton ?
- C’est exactement ce que je suis en train de dire. Et si on ne le retrouve pas très vite, Bankise va y passer !
 »

Yanosa avait tapé sur l’épaule d’Ibiki aussitôt qu’il l’avait retrouvé pour l’inciter fortement à lui emboîter le pas avant de s’élancer vers la forêt à l’ouest. C’était par là que se trouvait la seule et unique piste dont disposait l’Oterashi, une vague odeur qu’il avait réussi à identifier dans le feu de l’action et à laquelle il s’agrippait aussi fortement que possible avec son flair. Si il perdait la trace de l’assassin, c’en était fini de Bankise, et peut-être même de l’enquête.

« Du lierre. Il devait y avoir du lierre dans tous les bâtiments où ont été commis les meurtres. Il les a utilisé comme voie de passage discrète pour son jutsu, et à en juger par l’état de Bankise, après avoir été simplement éraflé, ce n’est pas étonnant que les victimes aient succombé sans résister… !
- D’accord, d’accord, mais… je ne pense pas que ce soit aussi le voleur, ça ne colle pas…
- Pour la simple et bonne raison qu’il de doit pas y avoir de voleur. Du moins au yeux de la loi...
 »

Les deux Genin bondissaient de branche en branche, Yanosa en tête, cherchant frénétiquement le moindre indice du regard. Au bout de quelques minutes de pistage de plus, la senteur caractéristique qu’avait enregistré l’Oterashi se manifesta de façon plus prononcée, comme si sa source s’était rapprochée. Ou que lui, s’en était approché. Yanosa se risqua à s’arrêter subitement, sous peine de perdre sa piste, pour ne pas foncer tête baissée dans un piège. Il ferma le poing pour signifier son arrête à Ibiki et lui fit signe de s’approcher.

« Il vaut mieux que tu prennes à nouveau la voie des airs… Et n’oublie pas, aucun contact direct, et il nous le faut vivant ! »

Ibiki hocha la tête, l’air grave, et eut tôt fait de créer un volatile en argile sur lequel il sauta pour prendre de la hauteur au-dessus des arbres. L’heure était grave, pour le duo à l’expérience très relative. Yanosa savait ce qu’il devait faire, ce qui était indispensable à la survie de son senpai, aussi antipathique qu’il lui soit, mais avait-il vraiment la force, et surtout les compétence nécessaires pour cela ? Il ignorait tout de cet individu qu’ils pourchassaient, de son niveau, de ses facultés. Il n’avait jamais affronté quiconque maîtrisant le Mokuton, et n’avait qu’une idée bien trop floue et large de ce qui devenait possible en utilisant cet art très rare. La maîtrise du poison semblait en tout cas en faire partie, ce qui compliquait déjà énormément les choses. Le guerrier aux cheveux rouges se remit donc en mouvement avec toute la prudence du monde, se concentrant de plus belle sur cette senteur boisée empreinte de touches florales étranges. Mais alors qu’il parvenait à la tracer à nouveau la piste olfactive, celle-ci commença à se faire presque étouffante, omniprésente, et l’Oterashi ne fut bientôt plus en mesure d’établir un cap quelconque vers lequel poursuivre.

Il se mordilla les lèvres avec appréhension. Au mieux, cela voulait dire qu’il avait perdu ses moyens, ou que l’assassin avait placé un leurre puissant quelque part non loin. Dans le pire des cas, cela pouvait aussi signifier… que les rôles étaient en train de s’inverser.

« En voilà un joli shinobi d’Iwa, perdu dans les bois... »

La voix semblait venir de plusieurs directions à la fois, comme si son échos rebondissait sur les troncs d’arbre massifs pour semer le trouble dans l’esprit de Yanosa. Il savait que c’était impossible, que cette voix cristalline, celle d’une femme à fortiori, venait bien de quelque part, mais il aurait été bien incapable de dire d’où.

« Mais ne t’inquiète surtout pas, car je vais m’occuper de toi, ô bellâtre en émoi…
- Et à part débiter de la poésie, tu sais faire quoi ?!
Demanda agressivement Yanosa en se tournant en tout sens pour tenter de trouver son interlocutrice.
- Oooh, mais je crois que tu le sais déjà, mon beau. Ton ami… ne vendra pas cher sa peau.
- Attend juste que je mette la main sur la tienne… ! 
»

Soudain, ce fut comme si tous les bruits de la forêt s’étaient tus en même temps, à l’approche d’un danger qui surpassait ceux qu’opposait normalement la nature. Le guerrier aux cheveux rouges se força à ne pas regarder dans les airs au-dessus de la cime des arbres, là où la pâle silhouette du destrier volant d’Ibiki pouvait se trouver. Si cette meurtrière pouvait éviter de le repérer, ce serait pour le mieux. Yanosa avait toute confiance dans le Chôkoku pour profiter de la moindre ouverture qu’il pourrait arriver à créer, mais encore fallait-il qu’il puisse engager l’ennemi… Ce qu’il n’eut pas le luxe de faire en premier. Sur son flanc, une pointe de bois acérée darda vers lui en provenance d’un large tronc d’arbre : instinctivement, le pugiliste bondit en arrière pour l’éviter, se réceptionnant sur une branche en hauteur. Il réalisa très vite son erreur sitôt que son pied y atterrit, deux nouvelles pointes jaillissant du tronc auquel appartenait la branche. Dans l’urgence, Yanosa se laissa tomber en arrière dans le même mouvement : une manœuvre efficace, qui ne lui permit pas cependant d’éviter une entaille sur le torse, qui aurait pu s’avérer bien plus létale à quelques centimètres près.

En catastrophe, l’Oterashi se réceptionna sur la terre ferme en épiant les alentours.

« Je t’aurais bien proposé de te battre comme un homme, mais ça n’a pas l’air d’être au programme, je me trompe ?
- Hihihii ! Tu es amusant… je vais, je pense, m’amuser avec toi un moment.
 »

Lorsque Yanosa vit fondre sur lui deux lianes semblables à celle qui avait empoisonné Bankise, il douta légèrement de cette dernière annonce, car si il se faisait érafler par l’une de ces choses, alors le combat n’aurai même pas le temps de commencer. Regagnant sa concentration, le pugiliste se mit à virevolter pour éviter les lianes qui le pourchassaient, dégainant un kunai qui lui permit de couper l’une des deux au détour d’une esquive particulièrement réussie de sa part. Puis à nouveau, comme lors de son combat contre Igo, la fatalité du dénouement d’un tel « affrontement » lui apparut. Ses compétences ne lui permettaient tout simplement pas se lutter efficacement contre ce genre d’adversaire : d’une façon ou d’une autre, il devait se montrer plus malin qu’eux s’il voulait avoir une chance. Et alors qu’il respirait à pleins poumons cette étrange odeur qui l’avait mené jusqu’ici, il comprit soudainement pourquoi celle-ci s’était faite tout à coup aussi omniprésente. Son ennemi était maline, mais en voulant trop anticiper les réactions de Yanosa lui avait en réalité donné la solution. Une solution qu’il allait s’empresser de mettre en pratique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Ven 29 Mar 2019 - 17:25
Tout en continuant à échapper aux assauts incessants de la liane restante, le guerrier aux cheveux rouges renifla l’air ambiant à pleins poumons. Il tâcha de filtrer l’odeur qui lui agressait presque les nasaux pour ne sentir que le reste : il fallait qu’il parvienne à percevoir, au-delà de cet écran de fumée odorant, ce qui se cachait derrière. Pendant plusieurs secondes, tandis que la liane se dédoublait pour tenter de le prendre en défaut pour lui infliger sa piqûre mortelle, Yanosa ne sentit rien d’autre que la forêt, dans tout ce qu’elle avait de diversifié et de foisonnant. Mais alors qu’il changeait de direction pour prendre les lianes à contre-pied, une senteur inédite lui parvint. Une odeur de chaire brûlée, de métal… un mélange indistinct, qui ne pouvait nécessairement se retrouver que sur un être humain. Immédiatement, il s’accrocha à cette senteur chargée, sans la lâcher, mais sans toutefois trop s’en approcher. Son odorat avait en effet beau être bon, il ne l’était pas suffisamment pour pouvoir remonter cette piste jusqu’à son point d’origine, pas assez vite en tout cas pour pouvoir éviter que l’assassin ne change de position en toute discrétion. Yanosa connaissait ses limites… et c’est donc ce moment qu’il choisit pour faire intervenir Ibiki.

Évitant toujours la folle avancée des lianes, ainsi que les pointes de bois qui dardaient occasionnellement dès qu’il passait trop près d’un tronc, l’Oterashi se rapprocha de la zone dans laquelle, il en était certain, la senteur qu’il avait capté trouvait sa source. Il prit alors de la hauteur pour atteindre très rapidement la cime des arbres et, sitôt qu’il eut le volatile d’Ibiki en visuel, tendit le bras droit devant lui en effectuant une perpendiculaire avec son autre bras. La direction et l’intensité de la frappe était données, en vertu du code instauré entre le Chôkoku et ses coéquipiers, et alors que Yanosa redescendait rapidement vers le niveau du sol, une myriade de formes ovoïdes blanches se mirent à pleuvoir du ciel en direction de la zone en question. Les yeux rivés vers l’horizon indéfini de la forêt sombre et dense, le guerrier aux cheveux rouges se prépara aux déflagrations en surveillant les mouvements des lianes… Un océan de feu déferla alors sur la forêt, provoquant des souffles successifs qui balayèrent les végétaux les plus frêles et brisant des troncs parmi les plus épais en projetant des échardes en tout sens. Par endroit, les explosions causèrent des débuts d’incendie qui se voyaient balayés par la détonation suivante : à mesure que le maelström progressait dans la zone visée, Yanosa lui avançait au travers des débris et des corps éventrés des arbres, et alors que la vague d’explosifs touchait à sa fin, il aperçut une silhouette se déplacer rapidement derrière un tronc en pleine chute.

Il touchait au but. Pressant le pas en prenant une vive impulsion sur une butte au sol, il chargea vers la silhouette et sa position présumée, kunai à la main, et n’attendit même pas de pouvoir détailler le visage de la kunoichi avant de lui bondir dessus pour tenter de la poignarder dans l’épaule. Toutefois, la surprise des déflagrations passée, l’assassine aux cheveux noirs bouclés eut amplement le temps de réagir face à cet assaut téméraire : ses mains jointes en un mudra, l’assassine débusquée fit apparaître une paroi de bois provenant du tronc tout proche, où le kunai de Yanosa vint se planter. Pendant un instant, leur regard se croisa et ils s’imprimèrent l’un dans l’autre. Incapable de retirer assez vite son arme, il prit du recul d’un bond en arrière pour éviter toute contre-attaque et se posta face à son adversaire finalement mise à nue.

« Oh, petit shinobi d’Iwa, me voilà dans de beaux draps… Du moins c’est ce que tu espérerais, mais ne sois pas trop sûr de ton fait.
- Ta prose je m’en fous. Maintenant que je te tiens, je vais te démolir juste assez pour pouvoir te remmener avec moi, que tu puisses guérir mon coéquipier.
- Me tenir ? Oh, mon cher ami décérébré, vous êtes j’en ai peur très, très loin de la vérité.
 »

A peine avait-elle finit ses mots que Yanosa sentit ses membres inférieurs se figer au sol. Tentant instinctivement de relever les pieds, il s’aperçut qu’une masse de bois venait de les lui enserrer jusqu’en bas du mollet. Frénétiquement, il tenta de tirer et de tirer encore de toutes ses forces pour se défaire de l’emprise, tout en jetant un regard empreint de colère et de frustration à la kunoichi. Puis il la vit brandir cette longue lance de bois dentelée et acérée, créée depuis le corps de l’arbre couché au sol. Elle l’arma, le plus naturellement du monde, préparant méthodiquement son lancer : l’Oterashi, désemparé, ne pouvait plus bouger d’un iota, cloué au sol, et vit sous ses yeux écarquillés la lance partir à toute vitesse dans sa direction. Il était mort. Il voyait sa mort, là, qui arrivait, aussi subitement et stupidement que n’importe quelle autre mort de shinobi. C’était son tour, et il devait s’y faire… mais quelque chose en lui refusait de l’accepter. Une voix, sa voix, hurla dans sa tête, le sommant de réagir. Un instinct nouveau, sorti des limbes de ses gènes, éveillé par la nécessité, lui dicta de plonger vers le sol, vers la terre. Obéissant à cet instinct sans réfléchir, le pugiliste acculé se tordit pour toucher la terre molle et retournée au sol en y plongeant ses mains, la lance presque arrivée sur lui. Puis tout devint noir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Ven 29 Mar 2019 - 22:58
Tout était noir, et pourtant il était encore bien là, vivant et onscient. Aucune douleur particulière ne l’accablait. En fait, pas la moindre sensation désagréable n’était là pour lui signifier qu’il était bel et bien vivant : il douta donc pendant un court instant de sa condition, de son état, coincé dans un paradigme inédit. Car si il était encore vivant, comme se faisait-il que ses cicatrices ne lui infligeaient plus cette souffrance continue à laquelle il avait fini par s’accoutumer ? La théorie de sa mort commença toutefois à s’évaporer lorsque, malgré tout, Yanosa se mit à recouvrer des sensations. Il bougeait, ou plutôt, se mouvait. Il parvenait à se déplacer dans cet espace, où il se sentait à la fois écrasé et libre de tout, et à mieux y penser, on aurait dit qu’il se « frottait » chaque parcelle de la peau contre de la roche et de la terre plus ou moins dense. Le guerrier aux cheveux rouges ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais il était sûr d’une chose : c’était amplement préférable à l’empalement.

Cela ne résolvait toutefois pas la question du « où », car si il était bel et bien vivant, alors il était toujours en plein combat contre la kunoichi assassine, et en son absence, Ibiki devenait sa seule cible. Il fallait qu’il réfléchisse, et surtout qu’il agisse, vite. Instinctivement, en se basant sur une sensation empirique de la gravité, Yanosa « nagea » alors vers ce qu’il pensait être le haut, car c’était là la réaction la plus naturelle lorsque l’on se sentait submergé par quelque chose. Et peu après avoir commencé à progresser dans ce sens, quelle ne fut pas la surprise de l’Oterashi lorsque, soudainement, la lumière tamisée de la fin de journée parut à nouveau à ses yeux. De même que les pieds bottés de la kunoichi, à quelques centimètres de lui à peine. Il était donc… dans le sol ? Sa conscience de son propre corps lui semblait si étrange que cela lui parut à la fois difficile à croire et à la fois tout à fait logique avec tout ce qu’il avait ressenti jusque là. De peur de se faire repérer, en ne prêtant pas attention aux jurons lancés par la kunoichi, il s’enfonça à nouveau sous terre, se déplaçant lentement pour atteindre le dessous d’un rocher qu’il avait repéré à la surface plus tôt.

Avait-il subitement révélé et développé une affinité pour le Doton ? Non, se dit-il, cela allait bien au-delà de ça. Il n’était pas seulement sous terre, réalisa-t-il, il était la terre. Son corps n’avait plus de forme distincte, n’était plus régit par les mêmes règles qu’il avait du accepter toute sa vie. Ébloui par cette découverte, Yanosa fut également saisi par cette réalité factuelle : sous cette forme qui s’était révélée à lui, il n’avait plus mal. Il ressentait toujours son corps, son existence, mais aucun nerf mortel ne semblait plus lui être attaché. Sous cette forme, songea-t-il, il était enfin libre. Mais, avant de pouvoir profiter et expérimenter cette liberté à proprement parler, il lui faudrait conclure cette mission. Et pour cela, il devait mater cette furie arrogante à la prose douteuse. Si il pourrait tirer parti de ce pouvoir absolument inédit pour lui afin d’y parvenir ? Sans aucun doute. Mais ce qui pouvait tout aussi bien arriver, pensa-t-il une fois en position « dans » le rocher, c’est que son absence totale de maîtrise et d’expérience dudit pouvoir le conduise à sa ruine. Il considérait avoir de bons instincts, mais ceux-ci ne faisaient pas tout dans l’utilisation d’une capacité aussi unique. Faisant poindre son visage à la lisière du rocher pour le faire dépasser légèrement, il put ouvrir les yeux et observer en silence l’errement de la kunoichi, visiblement incapable de comprendre ce qui venait de se passer. Yanosa songea alors à une stratégie qui, si elle s’avérait tout à fait aléatoire dans son efficacité, pouvait tout aussi bien retourner totalement la balance de ce combat jusque là à sens unique.

Faisant doucement sortir sa main du rocher, il frotta vivement ce dernier pour créer un bruit distinctif avant de se cacher à nouveau tout à fait à l’intérieur de sa cachette solide. Il entendit alors les pas de son adversaire se rapprocher en faisant craquer les brindilles et morceaux de bois explosés. Elle ne se méfiait pas, se dit-il, et c’était parfait comme ça. Malgré tout, ses pas se mirent à ralentir, puis s’arrêtèrent. Au jugé, elle devait à présent se trouvait à moins d’un mètre du rocher, suffisamment près pour qu’il puisse lui bondir dessus par surprise et la neutraliser. La manœuvre était risquée, mais l’Oterashi se sentait acculé en dépit de la découverte de son nouveau pouvoir, et il n’avait pas de temps à perdre en tergiversations dangereuses. Bankise était en danger de mort, et chaque seconde pouvait compter. Il s’élança donc, les bras en avant, et initialement, tout se passa comme prévu. Ses bras redevenus de chair et de sang plaquèrent violemment les épaules de l’assassin, ses jambes suivant le mouvement en immobilisant les siennes et, lorsque les deux combattant furent à terre, Yanosa ne lui laissa aucun répit.

A califourchon sur elle, il la matraqua de coups de poings au visage avec la furie d’un homme qui venait de retrouver ses douleurs quotidiennes et qui refusait d’admettre la défaite. Attrapant la kunoichi par le col, il s’apprêtait à lui asséner un violent coup de tête quand il sentit le bois bouger sur son flanc : une pointe acérée poussa d’un coup vers lui et, sans qu’il ne puisse faire autre chose que se déporter sur la gauche, fut sévèrement entaillé. A quelques centimètres près, son poumon aurait pu être perforé : la kunoichi, en dépit de sa position, n’avait rien lâché, et avait réussi à composer des mudras.

« Toi… mon gars… Saloperie d’assimilateur…. Tu vas me le payer cher !! »

Sur le recul, accusant le coup de sa blessure, Yanosa se relevait à peine que devant lui et sur les côtés, quatre lianes empoisonnées venaient d’apparaître. Son seul salut dans cette position était de monter : sautant aussi vite que possible vers les hauteur des restes de la forêt, le pugiliste sentit un appendice s’enrouler autours de sa cheville et le ramener au sol, où il fut violemment plaqué. Et là, au-dessus de lui, dardaient déjà vers lui deux autres lianes, prêtes à frapper en lui inoculant leur toxine mortelle….
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Jeu 4 Avr 2019 - 21:35
Encore sous le choc, le corps engourdi et douloureux, Yanosa se savait incapable d’échapper aux lianes vénéneuse, toujours retenu par la cheville. Sa fin, pensa-t-il, était peut-être finalement arrivée, beaucoup plus tôt qu’il ne l’avait imaginé, et de façon bien moins héroïque, mais alors que ses bras se plaçaient en croix devant son visage et que ses jambes se recroquevillaient vers son ventre, le guerrier aux cheveux rouges perçut une sensation à la fois étrange et familière lui parcourir le corps, comme une vague d’énergie qu’il aurait invoqué sans y penser. Et lorsqu’il sentit enfin la « piqûre » des lianes le condamner de leur toxine, l’absence de douleur le saisit tout autant que si elle avait été foudroyante et lui fit écarquiller les yeux. Il vit alors ses bras « recouverts » de terre et de roche, comme enveloppés de boue séchée. Il en allait de même pour son ventre, où une liane était venue se ficher. D’où pouvait lui venir cette capacité à manier la terre de façon aussi intuitive ? Maniait-il réellement la roche, d’ailleurs, ou bien… était-il vraiment littéralement cette roche ? Tout portait à croire qu’il s’agissait de la seconde option à présent, mais qu’un tel pouvoir ne lui soit révélé que maintenant l’emplissait d’une peur incompréhensible et irraisonnée.

« Sale vermine… Crève !! »

Les lianes se retirèrent, reprenant de l’élan pour revenir frapper de plus belle là où le corps du guerrier mis au sol n’était pas protégé. Yanosa tenta à nouveau de se relever, agrippant la liane qui enserrait sa cheville, puis…

« Aaaahrhg ! »

Tel un ange tombé du ciel, Ibiki venait d’exécuter une superbe attaque plongeante, lacérant le dos de la kunoichi avec son katana. C’était maintenant ou jamais : l’Oterashi tira aussi fort qu’il le put sur la liane pour la déchirer en deux et, profitant des pas titubants de leur adversaire dans sa direction, lui fonça dessus comme un animal enragé et lui envoya une manchette dans la trachée pour lui couper le souffle. Passant immédiatement sur son flanc, il attrapa son bras en appuyant sur l’omoplate de façon à le lui déboîter, ce qui lui arracha un nouveau cri de douleur étouffé par le manque d’air. La plaquant à plat ventre sur le sol, Yanosa frappa alors frénétiquement les tempes de l’assassin en lui maintenant son bras indemne dans le dos. Et après une série de coups furieux, le corps de la jeune femme finit par se détendre soudainement, neutralisé par ce barrage de violence Reprenant son souffle, Yanosa se redressa lentement au-dessus du corps inanimé, guettant la respiration de son adversaire vaincu.

« Ibiki… décidément… ton timing est vraiment impeccable…
- Oui, merci, mais… c’est pas fini.
- Non en effet... 
»

L’Oterashi se pencha sur la kunoichi inconsciente et l’attrapa pour la charger sur son dos, prêt à repartir à grandes enjambées vers Boka.

« Par contre, Yanosa san… il s’est passé quoi, tout à l’heure ? J’ai cru que…
- Je sais pas vraiment non plus, mais on verra ça plus tard.
 »

Sur quoi, le pugiliste se rua à travers la forêt, suivi de près par le Chôkoku à nouveau perché sur son oiseau d’argile. Le duo et leur proie furent bientôt revenus à Boka, où Yanosa les conduisit directement dans le bazar au commerce autrefois florissant. Ils y retrouvèrent la nièce Omoune, qui épongeait la sueur du front de Bankise, le regard particulièrement préoccupé. Elle ne cacha pas son soulagement lorsqu’elle vit arriver les deux shinobis, retour synonyme de relâche pour elle.

« Ah enfin vous revoilà ! Je ne sais vraiment pas si… enfin..
- On s’en occupe, merci infiniment », lâcha Yanosa, exténué mais auréolé d’une détermination à toute épreuve, tout en déposant nonchalamment l’assassin au sol.

Une fois celle-ci proprement ligotée, Ibiki se chargea d’aller chercher ‘un seau d’eau et l’envoya à la figure de la kunoichi, ce qui eut tôt fait de la réveiller en sursaut. Elle qui auparavant était si confiante qu’elle prenait le temps de faire de la poésie affichait à présent un regard empreint d’une peur frénétique et d’une colère débridée. Yanosa se posta face à elle, le Chôkoku surveillant le moindre mouvement suspect aux alentours. Puis, sans crier gare, il lui décocha un direct droit au visage, lui cassant le nez sur le coup.

« L’antidote. Tu nous fournis l’antidote aux toxines que tu utilises, et on pourra peut-être réfléchir à comment améliorer un peu ton confort.
- Shh ! Shh ! Bâtards, sales chiens d’Iwa !! Vous pouvez crevez !
- … Va pour l’inconfort, alors.
 »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Ven 5 Avr 2019 - 0:41
En dépit de l’urgence de la situation, le guerrier aux cheveux rouges se redressa lentement en dégainant en dégainant un kunai de sa sacoche. Sans ménagement mais en prenant le temps de maîtriser physiquement leur captive, il isola sa main gauche en tirant sur son bras démis et la plaqua sur le comptoir en bois. Puis, avec une cruelle minutie, il découpa lentement le bout de l’index avec la pointe de son arme, se glissant sous la peau en isolant un morceau de chair qu’il déchira doucement, comme un horloger qui démontait une montre. Et, pendant ce temps, la kunoichi criait. Elle cria tant que l’Oterashi en vint à froncer les sourcils d’agacement, avant de s’afficher devant sa proie, la mine réjouie, un minuscule morceau de doigt coincé entre le pouce et l’index.

« Allez, plus que neuf. Ensuite, je pourrai te faire une petite manucure », dit-il en avançant son menton, dans l’attente d’une réponse.

La kunoichi, visiblement éreintée et affectée, respirait bruyamment, un regard haineux dardant droit sur Yanosa.

« Toujours pas alors ? D’accord. »

Et il reprit sa besogne, avec plus de vivacité et de brutalité qu’auparavant, jusqu’à ce que bientôt, dans un océan de cris distordus, alors que le sol et le comptoir commençaient à être recouverts de sang, une main entière fut bientôt écorchée et tailladée.

« Aaaahhgh !!… Hn… ! Hn…. ! Arrêtez… Arrêtez !!
- Ça ne tient qu’à toi de décider quand ça s’arrête, chère amie.
- ...Nngh… ! Non...non...
 »

A ce moment là, l’Oterashi sentit qu’il pouvait perdre l’emprise qu’il avait réussi à s’octroyer sur leur captive. Ibiki, de son côté, restait terriblement muet et apparaissait aussi blême que son argile. C’était le moment crucial où il lui fallait trouver le bon angle d’attaque, ce qu’il en faisant à nouveau asseoir la kunoichi sur la chaise, kunai à la main et accroupi face à elle. De l’autre, il attrapa sa nuque pour la forcer à regarder vers lui, vers ses propres jambes.

« Comment tu t’appelles ? Lui demanda-t-il presque gentiment.
- ..Je…. I...Izumi….
- Izumi, tu aimes bien marcher, et courir j’imagine, oui ? Regarde, je vais t’enlever la possibilité, de marcher et de courir. Je sais comment le faire proprement tu sais, j’ai beaucoup étudié. Je pense qu’il me manque juste… le doigté et la finesse du chirurgien. Et ses outils aussi, peut-être.
 »

Izumi se mit à faire non de la tête de façon frénétique, retenue par la main musculeuse de Yanosa, alors que la pointe du kunai commençait à s’enfoncer lentement sur le côté de son genou. Et, tandis que la lame de l’Oterashi se frayait un chemin dans la rotule, coupant ligaments et cartilages, les hurlements de la jeune femme semblèrent envahir tout Boka. Quand soudain, au milieu de son agonie, Izumi parvint à émettre quelques mots.

« L’antidooote !! Aaaarhhg, noon !! J’le fais, j’le faiiis !! »

Yanosa n’en attendit pas plus et envoya sans ménagement la kunoichi contre la table où se trouvait Bankise.

« Inutile de te décrire ce qui t’attend si tu me déçois. »

Ce ne fut effectivement pas le cas : de ses mains ensanglantées émanèrent de fine tiges terminées par de belles fleurs blanches, dont les spores allèrent se déposer sur le visage du Hyûga qui les inhala et les humecta avec le peu de souffle et de force qui lui restaient. Ses yeux, quelques instants plus tard, commencèrent à se rouvrir. Sans plus de ménagement, Yanosa renvoya Izumi sur la chaise, le kunai toujours planté dans le genou. Quand il ne fit plus aucun doute que Bankise se remettait lentement mais sûrement, le pugiliste se replaça devant l’assassin en piteux état.

« Parfait ! Je suis content qu’on ait pu s’entendre… ! Allez, maintenant, place à l’interrogatoire… Quoi… tu imaginais qu’on avait fini ? »

Ibiki, revenu auprès de Bankisen ne se sentait vraiment pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Sam 6 Avr 2019 - 1:19
« Alors, dis-moi, tes complices… qui sont-ils ? »

Yanosa semblait apaisé. L’urgence était passée, Bankise était en train de se remettre, et l’enquete déjà bien avancée pouvait reprendre un cours plus normal. A l’opposé de cet état de grâce se trouvait Izumi, l’assassin utilisatrice du Mokuton : en dépit de la confiance qu’elle avait affiché au départ, elle était maintenant plus bas que terre. Son corps tremblait en spasmes successifs, ses yeux vidés de leur éclat fixant un point indéfini vers le sol. Aussi forte qu’elle ait pu être, elle n’était à présent plus rien : son contrôle sur toute chose avait disparu, confisqué par l’Oterashi. Cela devait être la première fois, se dit-il, que cette femme se retrouvait dans cette situation, et paradoxalement, en cet instant, il l’enviait d’avoir bénéficié d’un passé certainement moins éprouvant que le sien. Sûrement était-ce pour cela qu’il avait mobilisé autant de sérieux et d’application dans les « soins » qu’il lui avait prodigué.

« Tu sais, je ne prends pas vraiment de plaisir à te traiter comme ça, mais si tu ne dis rien, je ferai mon devoir.
- Yanosa…
intervint timidement Ibiki. Je crois savoir où ont fini les marchandises. Pendant ma tournée des commerçant tout à l’heure, j’essayai de voir lesquels pouvaient constituer les cibles les plus intéressantes. J’en ai abordé plusieurs, et un en particulier paraissait très… serein. En plus de vendre dans ses étales quelques pierres précieuses à l’état brut.
- La boutique de minéraux.
- Il s’appelait Hafudan Motogori.
- Et bien, Izumi, il semble que mon… senpai… ait fait la moitié du boulot pour toi, hm ? Alors, ce Hafudan, complice, oui ou non ?
 »

Sans vraiment marquer la moindre hésitation, la kunoichi hocha rapidement la tête plusieurs fois, fixant toujours ce point dans sa périphérie.

« Ah, enfin on avance. Mais, Izumi… nous savons qu’il y a au moins un troisième homme - ou femme ? - impliqué dans cette histoire. Toi, bien sûr, ton rôle est assez clair… avec tes talents, c’est même certainement toi qui menait la barque, au fond. Hafudan, lui, s’occupe certainement de créer la richesse, après laquelle vous courez tous… Mais, pour blanchir ces richesses, vous aviez forcément besoin de quelqu’un d’autre, avec le pouvoir officiel adéquat…
- Shinobis !! Vous êtes cernés ! Rendez-vous sans résister !
 »

Interloqué, Yanosa s’approcha prudemment de l’ouverture menant à l’extérieur pour jeter un coup d’oeil à ce qui se tramait dehors, d’où provenait cette voix autoritaire.

« La garde de la ville… elle encercle le bâtiment.
- Quoi ?! Mais on est du même côté ! Qu’est-ce qu’ils font ?
- Ils obéissent aux ordres…
- ...Oh…. Oh !
- Je crois qu’une petite discussion s’impose avec ce cher Jibun. Mais avant… j’aurais besoin de ton katana, Ibiki.
 »

Perplexe, le jeune Chôkoku dégaina malgré tout pour tendre la garde de son arme à Yanosa, qui s’en saisit prestement. Son regard, d’une neutralité mortelle, se posa sur Izumi sur le côté, laquelle tremblait de plus en plus, sanglotant frénétiquement.

« Shinobis !! Obtempérez, ou nous utiliserons la force !
- Yanosa, tu…
- Si ça peut te rassurer, elle savait que ça se finirait comme ça. Des dernières paroles ?
 »

Un silence glacial s’en suivit, durant lequel les yeux de la kunoichi se relevèrent enfin, lentement, pour fixer l’Oterashi dans les yeux.

« Très bien. »

D’un geste rapide et précis, le guerrier tortionnaire enfonça la lame en plein coeur de l’assassin. Un râle étouffé et un ultime souffle plus tard, toute vie quittait la dénommée Izumi.

« J’espère que tu comprends Ibiki… que sans parler des risques pour la mission, emprisonner ce genre de personne… c’est mettre de côté une bombe à retardement en espérant très fort qu’elle n’explosera pas. Rappelle toi de Wasure », finit-il en tendant la garde de son arme au Chôkoku, qui avait le visage tendu à l’extrême.

Yanosa s’approcha ensuite de l’ouverture taillée dans la roche ancienne qui servait d’entrée et jeta un nouveau coup d’oeil aux gardes équipés au complet.

« Hm. J’ai peur que ton style de combat soi… un peu trop « définitif » si on veut éviter les morts inutiles. Je m’occupe de ça : toi, veille bien sur Bankise senpai.
- … Compris. 
»

Yanosa sortit. Dans son dos, le soleil commençait son déclin journalier. Parfait, se dit-il.

« Messieurs, vous avez reçu vos ordres d’un traître, j’en ai peur. Vous pouvez donc choisir de les exécuter, ou bien plutôt de m’accompagner pour le mettre aux arrêts»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Sam 6 Avr 2019 - 15:38
Yanosa se définissait lui-même avant tout comme un guerrier, et c’était par le combat qu’il exprimait le mieux sa nature profonde. Pour autant, l’idée de devoir se battre contre un paquet de gardes en armure après s’être déjà consommé dans une confrontation autrement plus exigeante et ce, tout en devant épargner la vie de ces mêmes gardes, ne l’enchantait pas du tout. Cependant, les événements ne lui laissèrent pas vraiment le choix, les lances et les boucliers se mettant en place de tous côtés, annonçant le pugilat à venir. Bon gré mal gré, tâchant de se laisser aller à ses instincts, l’Oterashi se mit à son tour en position, prêt à engager n’importe lequel des gardes. Deux, dans un premier temps, s’avancèrent en tenaille : feignant l’immobilité, Yanosa fondit tout à coup sur celui de gauche en passant sur le côté de sa lance. Il attrapa alors le haut du large bouclier et frappa son porteur au visage avec d’un coup vif avant de tirer dessus pour entraîner le garde vers le sol. D’un coup de pied sur le côté de la tête, le guerrier aux cheveux rouges s’assura du bon sommeil de ce premier malheureux. Il esquiva gracieusement une estocade exécutée par le deuxième homme, enroulant et attrapant le manche en bois de l’arme qu’il arracha des mains de son propriétaire avant de lui frapper le crâne avec, l’envoyant au tapis.

« Je crois… en toute sincérité… que ce serait le bon moment pour brancher vos cerveaux et réaliser que vous êtes en train de faire une belle connerie. Jibun est peut-être déjà en train de s’échapper… ! »

Les cerveaux, malheureusement, restèrent visiblement débranchés. La fidélité de ces soldats, se dit l’Oterashi, était exemplaire, peut-être même un peu trop. L’un d’eux s’approcha et exécuta un large balayage au niveau des jambes à l’aide de sa lance, forçant Yanosa à sauter au-dessus. Un autre garde zélé se rapprocha à son tour pour initier peu ou prou la même attaque un peu plus haut, au niveau du buste, que le pugiliste dut bloquer avec ses brassards. Esquivant une nouvelle estocade, il profita de son mouvement pour exécuter un saut périlleux au-dessus de la tête de l’un des gardes et lui décocha un violent coup de talon à l’arrière de la tête. Et alors qu’il se précipitait de façon hasardeuse vers un nouvel adversaire, l’Oterashi entendut un bruit de coups secs et incisifs suivi de celui d’une armure tombant lourdement au sol. Il fit rapidement volte-face, comprenant qu’il s’agissait de Bankise. L’homme qu’il venait de neutraliser avec son Jyûken, réalisa Yanosa, aurait pu le prendre en défaut et le blesser sérieusement. Il accorda instinctivement un signe de tête respectueux à son senpai, qui le lui rendit, le regard fatigué mais apparemment remis au moins en partie.

« Soldats… Mon coéquipier vous dit la vérité. Les prérogatives d’Iwa outrepassent les vôtres : baissez vos armes. »

Les gardes restants se regardèrent quelques secondes avant de finalement obtempérer, que ce soit par sens de la hiérarchie ou par peur d’être mis violemment au tapis.

« Votre subterfuge n’aura finalement servi à rien, Yanosa san.
- Ha… En effet, senpai.
- Vous avez l’air… épuisé. Et pourtant… j’ai peu d’être encore moins bien fichu que vous…. Ibiki..
- J’aimerais autant qu’Ibiki reste avec vous. Je m’occupe de Jibun…
- … Très bien. Messieurs, vous et moi allons rendre une petite visite à Hafudan Motogori. La garnison de Boka passe sous mon commandement. Yanosa san...
 »

Le capitaine de la garde avait beau n’être qu’un gros plein de soupe, il restait peu judicieux de lui laisser trop d’avance : après un hochement de tête entendu, l’Oterashi prit de l’élan et fonça à toute allure vers le bureau où Jibun les avait reçu plus tôt. Sans surprise, après en avoir défoncé la porte, le pugiliste le trouva vide, plusieurs objets notables manquant ostensiblement. Mais peu importait : se saisissant d’un gant laissé de côté, Yanosa le renifla pour s’imprégner de son odeur et repartit aussitôt en la suivant à la trace. Rapidement, il parvint à corréler la piste olfactive avec les traces d’une charrette qui empruntant grossièrement la grand route commerciale du sud. Moins qu’un quart d’heure plus tard, après avoir cavalé et sauté sans discontinuer, le traqueur retrouvait sa proie, aux commandes d’une charrette à deux chevaux chargée de bien divers cachés sous des couvertures grises. Sans ménager son effet, Yanosa déboula au côté du conducteur, toujours bariolé dans son armure.

« V, vous ?!
- Oui, moi.
 »

Un crochet bien senti plus tard, le capitaine de la garde était inconscient, chargé avec les autres marchandises, sur la route du retour vers Boka.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Sam 13 Avr 2019 - 15:07
Yanosa aurait aimé pouvoir se targuer d’avoir fait un retour triomphal dans l’enceinte du village de Boka, ce hub économique à l’échelle locale qui voyait tant de Ryos circuler de façon quotidienne, mais il n’en fut rien. Lorsqu’il reparut à l’orée de la ville aux commandes de la charrette, Jibun chargé inconscient à l’arrière, les regards qui se posèrent sur lui étaient d’une variété allant du vaguement dégoûté à carrément perplexe, une petite poignée d’autochtones seulement se risquant à un petit sourire amical à destination d’un shinobi qui faisait son devoir. L’Oterashi ignorait si le capitaine de la garde, qu’il venait de capturer, était plutôt bien vu ou non par la population, mais tout tendait à croire que oui, étant donnée les réactions autours de lui qui laissaient deviner un inconfort certain à le voir ainsi malmené et traîné dans une charrette. Yanosa regarda donc simplement droit devant lui, jusqu’à ce que finalement il puisse garer correctement son véhicule sous le marché couvert et décharger sa « cargaison ». Jibun fut donc mis au sol sans ménagement, la terre humide venant finir de souiller son bel habit doré et scintillant, puis ligoté comme il se devait en pareil cas. Fatigué des regards qui s’appesantissaient sur lui et son prisonnier, le pugiliste finit toutefois par haranguer la foule.

« Cet homme, qui était jusqu’à aujourd’hui le capitaine de la garde de Boka, capitaine de la garnison chargée de votre protection à tous, a conspiré et organisé des meurtres avec la complicité d’au moins deux individus, dont une dangereuse kunoichi indépendantes, qui est l’auteur des meurtres en question. N’ayez donc pas trop de peine pour lui car lui, n’en avait pas du tout pour ses victimes, et n’en aurait pas eu davantage envers quiconque pouvait lui apporter un nouveau gain financier… ! »

La foule, majoritairement compréhensive du message et légèrement intimidée par l’allure sale et imposante de Yanosa, se dispersa peu à peu, seuls quelques curieux particulièrement tenaces restant dans les environs. Le guerrier aux cheveux rouges attendit ainsi quelques instants au côté de sa prise, attendant de voir si ses coéquipiers avaient pu conclure leur côté de l’investigation. Et effectivement, cela ne tarda pas, Ibiki arrivant en direction du hangar couvert, le fameux Hafudan tenu en respect par une clef de bras en bonne et due forme. Bankise, quant à lui, escortait le duo en surveillant les environs, sa stature en apparence restaurée mais sa démarche encore un peu hésitante des suites de son empoisonnement. L’équipe au complet se réunit naturellement près du large Jibun, ligoté au sol. Hafudan, qui ne se débattait pas physiquement, n’en démordait pas pour autant verbalement en clamant son innocence de façon acerbe et hautaine.

« Messieurs shinobis, tout cela est absolument absurde et ridicule ! Jamais je ne m’abaisserais à ce genre de bassesse ! Mon commerce est fondé sur une éthique de responsabilité et.
- Ah, une éthique, je vois !
Le coupa Yanosa. Voulez-vous que l’on interroge votre complice ici présent pour qu’il nous détaille un peu mieux cette fameuse éthique ?
- Mon comp… Oh, je… Non, écoutez, ce que vous faites n’est vraiment pas…. 
»

L’Oterashi ne lui laissa pas le loisir de continuer et gifla sans ménagement Jibun pour lui faire reprendre connaissance, ce qui finit par réussir au bout de la quatrième itération.

« Aaah, Jibun san, vous revoilà. Je voulais vous laisser le loisir d’expliquer à votre ami ici présent les raisons qui vous avaient poussé à fuir la ville avec vos biens les plus précieux chargés dans une charrette. Sans doute avez-vous une sublime explication à nous fournir là-dessus ?
- Oooohrrrf… Non de…
- Ou bien, ce que je vous suggère, pour vous épargner les tourments qu’a du subir votre autre complice Izumi, vous nous dites la vérité, et vous pourrez vous contenter de finir vos jours en prison avec d’autres déchets tels que vous. 
»

Après que l’ex capitaine de la garde soit passé aux aveux sans trop se faire prier, sous les yeux horrifiés d’Hafudan qui voyait sous ses yeux toutes ses richesses et ses plans réduits en fumée ainsi que d’autres membres importants de la garnison de Boka venus en témoins, Les deux membres encore vivants du trio qui avait comploté pour s’approprier les richesses de Boka furent alors mis sous les verrous, en attendant d’être transférés par un autre peloton dans une prison de plus haute sécurité plus tard dans la semaine. L’affaire était élucidée, les coupables bouclés. Mais il y avait une dernière chose que Yanosa voulait faire avant de s’en repartir pour Iwa, une requête qu’il formula à Bankise après que Hafudan et Jibun aient été emprisonné.

« Senpai, avant de partir… je voudrais donner une sépulture à Izumi.
- Izumi, cette kunoichi qui s’est rendue coupable de meurtre… ? Celle là même que vous avez torturé sans sourciller pour obtenir les informations qu’il vous fallait ?
- La situation l’exigeait. Je n’ai fait que mon devoir. Mais à présent, j’ai le sentiment que ce même devoir m’impose de respecter sa dépouille. Sa voie l’avait menée sur un chemin sombre et en marge du système, mais elle restait une shinobi.
- Comme vous voulez, Yanosa san. Mais vous devrez vous en charger seul, et nous ne vous attendrons pas.
 »

Ainsi l’Oterashi prit-il le temps d’aller enterrer la jeune femme au cœur de la forêt à une lieue du village, lui prêtant des hommages sommaires mais qu’il jugeait indispensable à une soldat qui avait dévié du droit chemin, une soldat contre laquelle il n’avait aucun grief autre que celui d’avoir nui à la sécurité du peuple de Tsuchi. Il y avait des choses cruelles à accomplir, en tant que shinobi, que ce soit par choix ou parce qu’il fallait suivre les ordres, et Yanosa ne doutait pas qu’à l’image d’aujourd’hui, il se retrouverait à nouveau face à une situation où il devrait faire preuve de cruauté. Un mal nécessaire. Un mal naturel.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise] Empty
Lun 13 Mai 2019 - 13:20
Pendant tout le trajet entre Boka et le village d’Iwa, le guerrier aux cheveux rouges ne cessa pas un instant de penser à ce qui lui était arrivé dans la forêt lorsqu’il avait fait face à Izumi. Sa peau s’était changée en pierre, il avait navigué dans le sol aussi facilement que dans un bassin d’eau clair, et tous ces événements, il était strictement incapable de les expliquer. Avait-il été victime d’une toxine aérienne qui l’avait fait délirer pendant quelques instants ? Cela aurait peut-être pu être envisageable, si seulement ces transformations qu’il avait expérimenté ne lui avaient pas permis, au final, de prendre l’ascendant de façon décisive sur la kunoichi. Mais alors quoi ? Pouvait-il réellement s’agir, après toutes ces années, d’une faculté particulière qui s’était éveillée en lui ? Ne pouvait-il pas y avoir une explication un peu plus logique ? A ces questions, l’Oterashi ne trouva aucune réponse, et ne pouvait pas se faire à l’idée ou se décider à en parler à Bankise. Ibiki, lui, qui avait été un témoin éloigné des événements, se contenta durant le trajet de jeter quelques coups d’oeil un peu inquiets vers Yanosa, sans exiger de lui de lui parler de ce qu’il avait vu. Un gentil garçon.

De retour au village, l’heure était au rapport, en dépit de la fatigue qui s’emparait des corps et des esprits du trio. Le jeune Chôkoku semblait le plus en forme des trois, Bankise souffrant encore un peu de son empoisonnement qui l’avait privée de sa tonicité habituelle et Yanosa étant encore affligé de fatigue tant physique que mentale. Mais, leurs devoirs à tous les trois ne pouvaient pas être remis à plus tard : dans les bureaux prévus à cet effet au coeur d’Iwa, chacun s’arma d’un parchemin et d’un nécessaire d’écriture et s’attabla dans un coin différent de la large pièce sous surveillance, comme de coutume. Et Yanosa, comme il en avait l’habitude, rédigea un rapport exhaustif.

Il n’oublia pas la vilaine entorse de Kurise, cette petite cheftaine Hyûga qu’il avait rencontré sur les remparts et qu’il avait du ramener en urgence après son accident précipité. Il détailla leur arrivée sur place, à Boka, ainsi que son idée finalement totalement inutile d’intervertir les rôles de commandement au sein du groupe pour brouiller les pistes de leurs éventuels opposants. Il relata l’enquête qui s’ensuivit, les pans de celle-ci dont il s’était en tout cas occupé, en transcrivant au plus juste ses suspicions et l’étude de cadavre à la morgue. Sans trop accabler le Hyûga, qui avait essuyé les pots cassés, il décrivit comment, dans le magasin désaffecté, Bankise avait dans le même temps trouvé une piste et s’était fait violemment agressé par cette même piste, la liane vénéneuse contrôlée par Izumi. Sans faire de sentiment ni se lancer de lauriers, il raconta ensuite la traque de la responsable à travers les bois, et l’excès de confiance dont elle fit preuve. Ibiki, une fois de plus, avait joué un rôle décisif pour débusquer et bousculer le danger, sortant la kunoichi de sa zone de confort. Puis… il évoqua, non sans gêne, et avec le plus d’affirmations pragmatiques possibles, comment il avait survécu au combat grâce à l’intervention d’Ibiki, d’une part, mais aussi et surtout de la manifestation d’un pouvoir inconnu qu’il ne formalisa pas.

Lui même ignorait après tout de quoi il était question, et si il revenait à quelqu’un de trouver des réponses, c’était bien à lui-même. Poursuivant son rapport, l’Oterashi passa rapidement sur la coercition physique qu’il employa pour extorquer antidote et informations à la kunoichi, puis l’altercation avec les gardes, stoppée par l’intervention de Bankise. L’interpellation finale des deux suspects restant, elle, ne prit que quelques lignes de plus. Consciemment ou non, il passa sous silence la sépulture qu’il était allé donner à la dénommée Izumi, repensant rétrospectivement à cette initiative comme une marque de faiblesse de sa part, même si il savait en son for intérieur qu’il ne l’avait fait que par respect de combattant à combattant. Concluant son récit pragmatique, Yanosa fut le premier à sceller son rouleau et à le confier au garde des sceaux avant de partir. La mission, à compter de ce moment, était officiellement terminée pour lui, sauf complications. Et, après avoir pris un peu de repos, il allait pouvoir enquêter sur le sujet qui hantait son esprit depuis Boka : lui-même.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t5797-oterashi-yanosa-termine

[Rang B Libre] Tourments sur Boka [Hyûga Kurise]

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Terre :: Tsuchi no Kuni, Pays de la Terre
Sauter vers: