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La Voie du guerrier


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Dim 17 Mar 2019 - 17:41
Un bouge à Iwa. L’un des nombreux petits établissements qui jalonnaient la périphérie du quartier commerçant. Un lieu de débauche modérée, avec ses règles, ses lois, qu’elles soient officielles ou officieuses, et qui permettait aux civils comme aux shinobis pas trop à cheval sur leur réputation de s’anesthésier l’esprit, à grand renfort de liqueurs, de boisson à base de céréales fermentées et d’autres joyeusetés. Mais ce n’était pas pour la qualité ou la diversité de sa carte que le guerrier aux cheveux rouges, ce soir là, avait pénétré dans cette antre de dépravation en particulier. Nonchalamment, Yanosa était entré comme n’importe quel autre client, habillé de son veston marron usé et de son pantalon beige délavé et sans arborer son bandeau de shinobi. L’odeur âcre de la sueur et de l’alcool mêlées lui emplit les narines en un instant, accompagnée de relents de natures diverses que l’Oterashi ne s’aventura pas à identifier. Contrôlant son dégoût, il s’avança jusqu’au comptoir du bar, duquel jaillissaient quelques lumières blafardes, tel un phare au milieu de la nuit, seul véritable repère pour les âmes damnées qui s’égaraient ici.

Plutôt que de commander à boire, ce qu’il aurait pu être tenté de faire s’il s’était trouvé dans un établissement respectable, il se contenta de quelques mots.

« Je cherche la Salle. »

Tout en terminant d’essuyer la chope qu’il avait en main, le tenancier fit un signe de tête discret en direction d’une porte au fond de la salle sombre et étriquée, devant laquelle se trouvaient des chaises et tables déjà occupées par plusieurs clients transis par la boisson. Un passage discret, mais à la vue de tous. D’un pas lent mais ferme, Yanosa se dirigea vers la porte et la passa rapidement pour ensuite descendre les longs escaliers métalliques à peine éclairés. A mesure qu’il progressat, les bruits lourds et étouffés provenant de la Salle se faisaient plus pressants et se mirent à s’amplifier dans ses tympans, telle la promesse du bon moment qu’il était venu chercher. Un long couloir et deux grosses portes plus loin, la cacophonie atteignit son apogée et envahit les oreilles de l’Oterashi, qui put poser les yeux pour la première fois sur ce spectacle, magnifique aire de jeu pour lui, grand capharnaüm puant pour d’autres. Deux hommes, au milieu de la pièce bondée de spectateurs agités voire tout à fait déchaînés, se trouvaient en plein combat, cognant, frappant et hurlant à chaque coup.

Yanosa, tout en évoluant en périphérie de la foule, examina le sol sur lequel combattaient les deux hommes : il s’agissait de sable, grossier et parsemé. Parfait, se dit-il. Levant les yeux au-dessus des têtes excitées, le guerrier aux cheveux rouges chercha ce qui pourrait ressembler le plus à un bookmaker et finit par le trouver, au sommet des gradins improvisés au fond de la salle. Il s’y fraya promptement un chemin et interpella l’homme, petit et trapu, en forçant sur sa voix pour se faire entendre par dessus le vacarme amiant.

« Hey. Hey ! Je veux aller là, dedans, dit-il en pointant l’arène improvisée du doigt.
- Tout c’que tu veux mon petit ! Faut juste qu’une place se libère. En fait tu tombes super bien, on avait pas d’aut gars pour la suite. Ton nom ?
- Yanosa.
- Ok Yanosa
, dit-il en griffonnant son registre, voilà le topo : t’as le droit à vingt pour cent. Ce sera pas plus, ce sera pas moins, jamais. On s’amuse pas à faire ficher les gens, mais enregistre bien ça : on joue pas au shinobi ici. C’est du mains nues, point à la ligne, t’as pigé ?
- Parfaitement pigé.
- Biennn. Tous les coups sont permis, sauf dans les parties. Eeeet
, prolongea-t-il en observant l’arène au-dessus de l’épaule, je crois bien que ça va être à toi pti mec. Allez, go, go ! »

Effectivement, le combat en cours derrière Yanosa venait de se conclure, et un nouveau pugiliste frais et dispo venait de pénétrer sur le ring cerclé de corde rouge, s’échauffant frénétiquement les épaules. L’Oterashi, concentré et déterminé, se détourna du bookmaker et enleva veston et bottes tout en redescendant vers la foule et l’arène. Sans prêter attention aux spectateurs déchaînés, dont certains remarquèrent oralement ses nombreuses cicatrices, il entra dans le ring, ses pieds nus foulant le sable terni et éparse. D’un calme olympien, il fixa alors son adversaire dans les yeux, droit comme un i, en attendant avec impatience le top départ.
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Mer 20 Mar 2019 - 0:14
Lorsque le gong retentit, et alors qu’il avait passé ces dernières vingt secondes à s’échauffer les bras et les épaules, l’adversaire de Yanosa commença sans préavis par envoyer un large coup de pied télégraphié à celui-ci. Avait-il cherché à l’induire en erreur, était-ce une manœuvre calculée, un… subterfuge ? Quelqu’en fut l’intention, la stratégie du bonhomme, musclé mais sans plus, échoua lamentablement : le Genin déshérité attrapa promptement la cheville qui cherchait à l’offenser tout en bloquant l’attaque, et le poing de son bras libre alla frapper le gaillard au visage, le faisant chuter rudement sur le dos. Tel un fauve épiant sa proie, Yanosa resta debout en attendant que son adversaire se relève, ignorant les bruyants réquisitoires de la foule avide de brutalité débridée. Le bonhomme fut rapidement de retour sur ses pieds, le nez et la bouche maculés de son sang. Ce type-là, songea l’Oterashi, ne serait pas une très grande source de satisfaction, mieux valait donc en finir vite.

D’un pas vif vers l’avant, il plaça sa jambe droite derrière celle de son adversaire, attrapa son épaule en s’enroulant autours de lui comme un serpent et passa tout à fait dans son dos pour fermer sa prise autour du cou du gaillard un peu dépassé. Après quelques instant d’étreinte extrême, de son aisselle droite à la gauche de sa nuque, le combattant amateur tomba, inconscient. La foule était déçue, Yanosa le perçut aisément, mais il n’était pas du genre à défigurer gratuitement un homme qui ne savait pas ce qu’il faisait.

« Bon allez c’est bon ! Au suivant, allez, bouge ! Lui lança le bookmaker du haut de l’estrade
- Je m’en irai quand j’en aurai eu assez, par avant ! Cria-t-il en réponse pour se faire entendre.
- Mon gars, t’es pas très « arène-génique », tu piges ? Tu fais fuir les parieurs !
- Alors envoyez-moi quelqu’un qui pourra me forcer à partir. J’attends… !
 »

Le bookmaker, interloqué, mit plusieurs secondes avant de relâcher son fou rire nerveux. Mais, Yanosa le pressentait, il allait obtenir exactement ce qu’il voulait.

« Oy, Oy, Gyobu ! Jarte-moi ce mec qu’on en finisse. »

Le dénommé Gyobu fendit alors la foule : il s’agissait d’un homme grand, très grand, plus que ne l’était l’Oterashi, et sa masse corporelle laissa ce dernier songeur quant à la part de graisse et celle de muscle qui le constituaient. C’était rare, mais Yanosa se trouva à cet instant positivement impressionné, et encore davantage lorsque Gyobu s’arrêta devant lui. Il le détailla de bas en haut avec avidité, comme un carnivore prêt à dévorer sa pièce de viande, jusqu’à ce que la tension ne devienne palpable. Il n’y aurait pas de gong, cette fois : cet homme était là pour le faire sortir du ring, de gré et aussi surtout de force, il en revenait donc au guerrier aux cheveux rouges de prouver qu’il pouvait rester dans cette enceinte poisseuse et offrir du spectacle aux masses rassemblées autours de lui. Et à cette fin, il laissa le grand Gyobu porter le premier coup. Un crochet, tout ce qu’il y avait de plus basique, qui heurta Yanosa à la tempe avec fracas en l’envoyant presque valdinguer contre la corde rouge qui délimitait le périmètre de combat. Le gaillard, se dit-il alors, avait une force similaire à sa stature, c’est à dire imposante et écrasante. Il ne lui en fallut pas plus pour que son corps se trouve enfin gorgé d’adrénaline et de pulsions combatives, oblitérant une grande partie de l’impact de ses douleurs en un instant. Et sur son visage, tandis qu’il se frottait nonchalamment la joue, se lisait à présent un sourire de prédateur.

Yanosa bondit. Fléchissant les genoux, il passa sous un nouveau crochet lui étant destiné, assénant un uppercut dans les côtes de son adversaire avant de lui adresser un puissant crochet dans les côtes opposées dans la foulée. Se déportant rapidement en arrière pour esquiver un balayage enragé de Gyobu exécuté avec la jambe, il lui adressa le plat du pied dans le dos pour le déséquilibrer et le provoquer, l’envoyant presque dans la foule qui s’agglutinait bruyamment contre la corde rouge. Le géant grogna de colère et repassa rapidement à l’attaque, mais toutes ses chances s’étaient à présent envolées : Yanosa, ou du moins son esprit, n’était plus vraiment là. Ne restait que la violence, débridée et jubilatoire, celle-là même qui lui permettait d’outrepasser et même d’oublier ses souffrances physiques. L’Oterashi intercepta le crochet suivant en frappant à l’intérieur du coude et frappa la mâchoire de Gyobu dans la foulée. La pointe de son pied vint ensuite frapper l’intérieur du genou gauche, forçant presque le géant à mettre le genou opposé à terre, et son poing asséna un terrible direct dans ses gencives, suivi d’un coup de genou qui suivit le même chemin. Les assauts se répétèrent ainsi, redoublant chaque fois d’intensité telle une matrice s’emportant elle-même, et ce jusqu’à ce que le corps de Gyobu finisse gisant, ensanglanté et inerte sur le sol sablonneux. Tel un conquérant, Yanosa se dressait au-dessus de lui, droit comme un i, ses épaules se soulevant au rythme de sa respiration rapide, les poings maculés de sang...

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Mer 20 Mar 2019 - 12:44
« ...Que ce soit clair… pour lui… tu toucheras rien… »

Le bookmaker s’était rassi sur l’estrade, comme s’il avait pris un coup au foi, en gardant les yeux fixés sur le guerrier aux cheveux rouges. Ses doigts manipulaient frénétiquement les papiers où ses comptes étaient tenus, cherchant une fiche à toute vitesse sur laquelle il bascula finalement son regard pour griffonner à nouveau quelques notes. Yanosa lui attendait « calmement » au milieu de l’arène, tandis que trois hommes venaient récupérer le corps inerte de Gyobu. Il ignorait s’il serait soigné, ou cela serait encore possible de lui sauver la vie tout court, mais en cet instant précis il s’en fichait éperdument : tout ce qui comptait, c’était que cet état de tranquillité perdure aussi longtemps que possible. L’effet secondaire indésirable de sa prestation précédente se faisait toutefois sentir dans les rangs des potentiels combattants qui gravitaient vers l’extérieur de la foule. Peu d’entre eux avaient encore envie de passer la corde rouge pour aller affronter Yanosa maintenant qu’il avait prouvé qu’il pouvait détruire un homme comme Gyobu. Fort heureusement, d’autres plus pragmatiques pensaient déjà à leur juteuse victoire contre l’Oterashi, ce dernier devant nécessairement être bien plus fatigué que lorsqu’il avait mis son premier adversaire au tapis. Tout ce qu’il manquait, c’était un homme assez sûr de lui pour tenter sa chance dès maintenant… Un homme… ou une femme.

La femme en question fendit les rangs avec autant d’aplomb que ne l’avait fait Gyobu, en dépit de sa corpulence bien moins impressionnante. Ses pupilles bleues dardaient avec audace en direction du guerrier aux cheveux rouges et dans la pénombre relative qui régnait sous les lampes, on devinait une couleur exotique et incongrue sur sa propre chevelure. Avec ses brassards en acier scintillant sur ses bras, elle termina de se frayer un chemin et se planta devant Yanosa, qui ne broncha pas d’un iota. Devenu imperméable à toute considération autres que celles qui régissaient le combat, seul le gong revêtait pour lui un semblant d’importance. Et lorsqu’il retentit cette fois, ce furent les deux combattants qui se ruèrent l’un sur l’autre. Leur avant-bras respectif s’entrechoquèrent dans un mélange d’attaque et de défense et l’instant suivant, ce fut le tour de leur tibia. Plusieurs coups se succédèrent ainsi sans qu’aucun des combattants ne cède un pouce de terrain, jusqu’à ce que la jeune femme, qui devait avoir le même âge que Yanosa, ne parvienne à surprendre la garde de ce dernier avec un coup de pied retourné qui le frappa au visage.

Tournant sur lui-même pour absorber la force significative de l’impact, l’Oterashi enchaîna en se baissant au ras du sol pour exécuter un fauchage, qui toucha au but et fit tomber la pugiliste dans le sable aggloméré de sueur et de sang. Il se rua ensuite sur elle, incapable de contenir sa soif de violence, mais fut repoussé promptement par le plat du pied de la jeune femme qui le frappa au torse. Les deux protagonistes à nouveau sur pieds, les échanges reprirent de plus belle et Yanosa parvint cette fois à ouvrir la garde de son adversaire pour lui asséner un coup de coude en revers dans l’arcade avant d’enchaîner avec un coup de tibia dans les côtes, qui redoubla à la tête aussitôt. Sûr de lui, le guerrier aux cheveux rouges pensa en avoir fini avec la jeune femme et s’en détourna, un surplus de confiance qui lui valu un coup d’avant-bras dans la tête et qui le propulsa au sol sur le côté. La fatigue le gagnait, et les coups encaissés s’accumulaient dangereusement, mais si la douleur était bel et bien là, elle ne l’atteignait plus : il n’était que combat, survie et abandon. Tentant un crochet un peu hâtif après s’être relevé, l’Oterashi se heurta à la garde solide de la pugiliste, qui contre-attaqua avec un direct, dévié de justesse. Enragé de plaisir, Yanosa enserra de son long bras le cou fin de la jeune femme en passant sous son aisselle et de son poing libre, roua ses côtes de frappes de plus en plus rapides et violentes, jusqu’à ce qu’il sente le corps entier de son adversaire se ramollir.

Il la jeta alors sur le côté et la propulsa contre la corde rouge d’un coup du plat du pied en plein estomac : elle y rebondit mollement avant de s’écrouler, son visage tordu dans un rictus de douleur, ses doigts s’agrippant frénétiquement au sable comme si sa vie dépendait de sa victoire, ici et maintenant. Mais de l’avis général, et tout à fait objectivement, cet affrontement était terminé : le gong retentit, et les trois mêmes hommes qui avaient évacué Gyobu se pressèrent de faire de même avec la jeune femme en tâchant de ne pas être indélicats. Leur prévenance envers elle attira d’ailleurs l’attention de Yanosa, qui la suivit du regard tandis qu’elle disparaissait au-delà de la foule. Intrigué, il ne le resta pas longtemps, car un autre opportuniste déjà se pressait pour aller tenter sa chance de toucher le gros lot...

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Jeu 25 Avr 2019 - 21:10
L’homme qui se présenta cette fois était moins grand que Gyobu mais paraissait significativement plus musclé, et par conséquent plus entraîné. Contusionné, blessé , son sang s’écoulant à grosses gouttes de son arcde, Yanosa respirait bruyamment sous le coup de la fatigue et de l’adrénaline, mais appréhendait toujours avec un plaisir no dissimulé l’affrontement à venir. Peut-être le vaincrait-il ou peut-être serait-il vaincu, mais à ce stade cela lui importait peu. Il avait mal, mais toutes ses douleurs se muaienten un tout indissociable, sans forme ni aspérité, et les tiraillements violents qui lui vrillaient d’ordinaire les nerfs s’en retrouvaient noyés dans la masse. Et tout ce qui pouvait prolonger cet état de grâce était le bienvenu pour le guerrier aux cheveux rouges, y compris le féroce combattant qui s’avançait dans l’arène.

L’Oterashi soutint son regard tout en s’étirant les jambes, ignorant la cohue qui redoublait d’intensité dans la salle, et attendit le retentissement du gong en remobilisant ses forces. Et lorsqu’il retentit, le nouvel adversaires aux cheveux courts et noirs se rua sans attendre sur Yanosa en enserrant ses épaules et son cou de ses mains musculeuses. Le jeune pugiliste accusa le coup de la charge en reculant de quelques pas mais réagit promptement en brisant la prise avec des frappes dans les coudes de son adversaire, envoyant dans la foulée son avant-bras frapper sa tempe pur créer de la distance. L’Oterashi, réinvesti à cent pour cent dans le combat, para le crochet qui suivit en bloquant le bras attaquant dans son aisselle et envoya une manchette assassine dans la trachée de son opposant, qui expulsa douloureusement l’air ainsi bloqué et se retrouva en apparences ouvert à une offensive, qu’initia immédiatement Yanosa.

Cependant, oxygène ou pas, l’homme aux cheveux noirs trouva la force de se baisser et de foncer dans le buste de l’Oterashi pour l’amener au sol. Un direct lui arriva alors dans la mâchoire, propageant un goût et une texture de sang dans sa bouche, mais le guerrier à la rouge toison ne savait que trop bien comment gérer cette position d’infériorité et, lorsque le bras de son adversaire s’arma en arrière à nouveau, il donna une impulsion de la hanche tout en attrapant son autre bras et pivota pour faire passer sa jambe sur la nuque, tirant sur le bras ainsi bloqué et utilisant tout son poids pour plaquer son adversaire au sol avec ses mollets. En temps normal, peut-être aurait-il laissé une échappatoire au pugiliste adverse pour épargner son bras mais la sauvagerie et la brutalité qui s’étaient emparées de lui empêchèrent tout compromis : il tordit donc le bras aussi sec et le brisa dans un craquement long et sinistre, sa victime poussant un hurlement de douleur étouffé par le brouhaha ambiant. D’un coup de pied mollasson, Yanosa repoussa le corps massif du pugiliste brun et se releva péniblement. Et son adversaire, le visage déchiré entre colère et souffrance, en fit de même.

L’Oterashi sourit tout en crachant du sang sur le côté, saluant brièvement la ténacité du bonhomme, puis repassa implacablement à l’attaque. Privé d’un bras, le pugiliste aux cheveux noirs tenta de se défendre au mieux, mais fut très vite submergé : à chaque coup, le guerrier à la toison rouge poussait un cri d’exaltation bestiale, comme si chacun d’eux lui donnait la force de porter l’attaque suivante. Et, bien vite, son adversaire chuta au sol, le visage tuméfié et en sang, à peine capable de lever sa main valide pour demander l’arrêt du combat. La foule était cette fois conquise et scandait celui qu’ils appelaient désormais le Guerrier Rouge, de rares parieurs lésés affichant malgré tout une mine déconfite. Mais bien loin de s’enorgueillir, Yanosa était marqué, tant physiquement que mentalement, par cette jeune femme qu’il avait affronté plus tôt. Il emboîta le pas à son adversaire vaincu sans se soucier de qui ou de quoi que ce soit, lança un regard intimidant et entendu au bookmaker en haut de l’estrade sur le côté pour s’assurer de récupérer plus tard ses gains et alla trouver la sortie dérobée et à sens unique au fond de la salle.

L’air frais de la nuit emplit ses poumons, puis il tomba à genoux seul dans la rue. Il se sentait mal, à présent, son corps rattrapant son esprit, mais une pensée l’empêcha de sombrer tout à fait. Cette femme, il voulait la revoir. Il avait besoin de la revoir, quoi qu’il lui en coûte.
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Jeu 25 Avr 2019 - 21:12
Pendant ce qui lui parut une petite éternité, Yanosa attendit assis dans la ruelle qui jouxtait le bar sous lequel la Salle avait pris ses quartiers. Il avait petit à petit repris tous ses esprits, ce qui avait été graduellement accompagné par des douleurs décuplées dues aux coups qu’il avait pris l’heure précédente mais aussi à ses cicatrices historiques. Le visage de la combattante qu’il avait affronté s’était également imprimé plus fermement dans son esprit, même si ses contours restaient plutôt flous, et la nécessité pour lui de la revoir se fit d’autant plus pressante, plus encore d’ailleurs que le fait de percevoir l’argent qui lui était du. Pour autant, la question pécuniaire restait une part importante des raisons qui l’avaient poussé à attendre ici, dans le vague, et l’Oterashi guetta l’arrivée du bookmaker dans l’allée avec une certaine impatience. Ce fut donc au milieu de la nuit, alors que plus un chat ne semblait croiser dans les rues, que la silhouette tassée et bourrue de l’homme d’argent lui apparut, ce qui stimula suffisamment le guerrier à la toison rouge pour qu’il se redresse d’une traite et se hâte dans sa direction. Lorsqu’il le vit arriver vers lui, tout vermoulu qu’il était, le bookmaker eut un mouvement de recul un tantinet effrayé et fit un effort visible pour ne pas détaler aussi sec. Une stratégie qui se serait de toute façon avérée bien peu efficace.

« Vous ne comptez pas vos heures… Moi, en revanche, j’ai compté mes combats, et ce qu’ils doivent me rapporter.
- Oui, oui, bien sûr, pas d’problème t’énerve pas mon gars, ok ? Tiens, voilà je t’avais préparé une enveloppe...
 »

Il lui tendit effectivement une enveloppe, que Yanosa s’empressa de saisir en comptant rapidement la quantité de Ryos qu’elle contenait. Apparemment, satisfait, il rangea l’enveloppe sans ménagement dans son pantalon sans toutefois laisser entendre une seconde par sa gestuelle qu’il était sur le point de partir. Le bookmaker s’en inquiéta, à juste titre, et se risqua à poser la question.

« ...Ca va ? C’est bon ?
- Il faut que je la retrouve. La combattante aux cheveux roses.
- Ah...Haaaa ! C’est elle qui te reste sur le haricot, oookkk !
- J’ai mes raisons, pas besoin de vos commentaires. Vous la connaissez ? C’est une habituée ?
- Oué, oué, c’est… une habituée. On l’appelle le Lilas. Avant que tu te pointes, c’était la seule à pas avoir mordu la poussière une seule fois dans la Salle. Enfin, maintenant, c’est toi, le seul, évidemment… T’as fait.. une sacrée impression, tu sais ?
- Vous savez où je peux la trouver ?
- Euhm, à cette heure-ci, franchement non, désolé… Surtout après une défaite, j’ai du mal à imaginer. Mais, c’qui est sûr, c’est qu’elle reviendra, elle peut pas disparaître comme ça du jour au lendemain. Vu son tempérament...
 »

Yanosa opina discrètement du chef en observant le bitume à ses pieds et commença lentement à se déporter sur le côté, pour le plus grand bonheur du bookmaker qui se voyait mal prolonger l’entretien beaucoup plus longtemps. Mais, comme un dernier coup de semonce, la voix éraillée par l’effort du guerrier aux cheveux rouges retentit une nouvelle fois.


« D’ici trois jours, combien penses-tu pouvoir rassembler de combattants… ?
- Eeeerh, environ, je sais pas… quatre, peut-être cinq… ?
- D'accord très bien.
 »

Et cette fois, pour de bon, l’Oterashi tourna les talons pour arpenter les rues qui le mèneraient à nouveau chez lui, après cette soirée riche en action et en émotions. Car l’attirance qu’il avait éprouvé pour cette femme, il avait du mal à l’admettre, allait déjà au-delà de la simple envie de se frotter à nouveau à un adversaire doué et tenace. Après les quelques coups qu’ils avaient échangé, il avait eu l’impression tenace de déjà la connaître, alors même qu’il ne connaissait pas encore son nom. Tout ce qu’il avait, c’était ce pseudonyme, certainement institutionnalisé par la foule tout comme le sien semblait l’avoir été. Le Lilas. Et cette nuit-là, ses songes furent remplis de fleurs sauvages et acérées, qu’il saisissait à pleines mains sans se soucier du sang qui se mettait à couler à flot en inondant son monde.
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Mar 30 Avr 2019 - 17:22
Le soir suivant, les cinq combattants « promis » par le bookmaker Kotarô tinrent toutes leurs promesses et offrirent également à la foule rassemblée dans la Salle un spectacle comme rarement il y avait pu en avoir. Revigoré, remis en forme, frais et dispo, Yanosa était arrivé comme un homme simple et venu rechercher ces sensations qui lui faisaient tant de bien, mais avait été accueilli comme une célébrité, quoi que très locale. Le Guerrier Rouge, comme ils l’appelaient, était devenu un petit phénomène, qui venait trancher avec les habituels rixes peu enthousiasmantes auxquelles les spectateurs et participants habituels de la Salle avaient pu avoir droit auparavant. En un sens, cet endroit était un petit paradis pour le pugiliste, qui pouvait entre ces murs trouver les sensations qu’il recherchait pour noyer ses douleurs quotidiennes ainsi que s’adonner à l’un de ses plaisirs les plus coupables et les moins consensuels, à savoir se battre à mains nues jusqu’à plus soif contre des adversaires dévoués, comme lui, à la seule pratique du corps-à-corps. Parfois, il pensait reconnaître un confrère de l’Académie ou même un shinobi gradé dans l’assistance ou parmi les combattants, mais il n’accordait aucune importance à ces parallèles totalement superflus, et s’était battu avec la même hargne et la même bestialité qu’importaient les fonctions civiles ou militaires de ses opposants. Ce qui se passait à la Salle restait à la Salle, et chacun avait ses raisons pour s’y rendre. Et parmi elles, en ce qui concernait Yanosa, se trouvait le Lilas.

Il l’avait cherché du regard en arrivant, sans succès, et avait rapidement renoncé pour pouvoir mieux se concentrer sur les joutes à venir, desquelles il était ressorti chaque fois victorieux, et se trouvait à présent seul, dominateur, alpha entre tous de ce petit milieu, son dernier adversaire étendu dans son sang et sa sueur à ses pieds. Consciemment ou non, l’Oterashi avait cette fois veillé à mettre les autres pugilistes au tapis de façon plus spectaculaire, autant qu’il le put et lorsqu’il se sentait suffisamment en maîtrise des échanges de coups. Dans son for intérieur, lui qui s’était retrouvé bien mal doté pour affronter le monde shinobi dans sa globalité trouvait en effet ici une reconnaissance de ses talents qu’il ne pouvait pas réellement obtenir ailleurs, et cette image que lui renvoyaient les spectateurs, même si il ne l’aurait pas admis, lui était rapidement devenue chère. Le Guerrier Rouge était né dans ce ring de fortune, et Yanosa voulait qu’il continue de vivre. Et alors qu’il jetait un dernier regard autours de lui, le souffle haletant, il aperçut une mèche de cheveux couleur rosée, quoi que sa teinte exacte restait difficile à déterminer sous la lumière blafarde de la Salle, transitant en bordure.

La seule possibilité de pouvoir revoir le Lilas suffisait à l’Oterashi pour prendre cet indice pour argent comptant, et il ne tarda pas à fendre la foule en s’extrayant du ring pour suivre cette mèche qui avait commencé à évoluer en périphérie de la foule. Et après avoir joué de coudes en regardant à nouveau Kotarô au passage, il ne regretta pas son initiative en apercevant le dos nu à demi dénudé qui se dirigeait rapidement vers la sortie.

« Hey ! »

Il n’espéra pas vraiment que son interpellation ait un effet quelconque, étant donné le caractère que semblait posséder la jeune femme, mais il tenait à ce qu’elle l’entende en train de le suivre. Lorsqu’elle franchit le seuil menant à la sortie dissimulée, l’Oterashi put reposer les yeux sur la silhouette fine et élancée de la combattante avant qu’elle ne disparaisse. Rincé par ses combats, il restait impératif pour Yanosa d’établir le contact, un contact, n’importe lequel, avec ce bout de femme intrigante et percutante, aussi il lui emboîta rapidement le pas et sortit en trombe dans la rue en regardant de tout côté. Il fut alors presque surpris de la voir là, le dos tourné, immobile à quelques mètres de là. Se détendant, il s’approcha d’un pas, mais s’arrêta net lorsqu’il vit la nuque du Lilas se tendre.

« Tu veux quoi.
- Me battre. Toujours, me battre.
- Alors t’es un crétin.
- Et tu aime fréquenter des crétins ?
- J’aime leur défoncer la tronche
, lança-t-elle de façon agressive en pivotant sèchement sa tête vers Yanosa, ce qui lui permit de contempler ses yeux bleus.
- Eh ben vas-y, essaye, qu’est-ce que t’attends… ? » conclut-il en écartant ses paumes ouvertes sur le côté, comme un défi.

La Voie du guerrier Asuka_10

Le lilas le fixa alors durement et desserra les bras qu’elle avait jusque là gardé croisés sur le torse. Elle fit un pas vers lui, puis il en fit autant. Une distance minimale de sécurité les séparait encore, mais la tension palpable entre les deux pugilistes était vouée à faire des étincelles : cela arriva d’ailleurs très vite, lorsque Yanosa esquissa un glissement de pied qui fit réagir immédiatement la jeune femme, celle-ci expédiant sans crier gare un direct du droit à destination du visage de l’Oterashi.
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Mer 1 Mai 2019 - 0:28
Avec la rapidité qui le caractérisait, Yanosa parvint à repousser le direct d’un petit coup vif sur l’avant-bras du Lilas. Si il s’était attendu à ce qu’elle passe aussi promptement et vindicativement à l’action ? Certainement que oui. Si il s’était attendu à ce que son coup soit aussi rapide ? Peut-être pas. Car si sa parade avait été efficace, il avait du immédiatement canaliser tous ses réflexes et sa maîtrise pour ne pas encaisser un direct qui aurait été dévastateur à en juger par la rigidité du bras de la jeune femme. Elle était taillée dans le roc, et si l’Oterashi était parvenu à triompher d’elle plusieurs jours auparavant, il ne l’en sous-estimait pas pour autant.

A compter de sa défense réussie, les choses s’envenimèrent de surcroît d’autant plus vite : le guerrier aux cheveux rouges lança presque mécaniquement une riposte, qui fut contrée facilement par la jeune femme, et de là l’enchaînement d’attaques et de défenses se déroula telle une partition de musique. Aucun ne changea radicalement de position, chacun révisant ses appuis au sol de façon à se déplacer le moins possible, les jambes et les bras se heurtant les uns aux autres dans une danse martiale qu’on aurait pu croire répétée en amont. En un sens, les deux pugilistes dialoguaient, avec leurs mots à eux, tâchant de se faire le plus mal possible à chaque impact et ne laissant rien passer à l’autre. Un coup passa la garde de Yanosa, qui parvint à répliquer par un coup de pied au visage, et de fil en aiguille les attaques se mirent à causer des dégâts de part et d’autre. Jusqu’au moment où, comme sortie de nulle part, une douleur fit se plier en deux le Lilas, qui fut incapable d’encaisser correctement le revers de l’avant-bras qui lui arrivait au visage. Elle tituba sur le côté, criant de rage et se rattrapant en posant une main au sol tandis que Yanosa réalisait ce qui avait du se produire.

« Hm. Les côtes… sans eisei-nin, elles te feront mal encore quelques temps…
- Tssh.. ! Ferme là enfoiré ! J’ai pas besoin de tes explications… !
- Tu es… sans aucun doute… la meilleure combattante que j’ai jamais affronté. La plus féroce… et la plus rapide.
- T’es… pas mauvais non plus… Enfin… je suis un peu obligée de le reconnaître, après l’autre fois… Hnhg…
- J’ai peut-être eu de la chance. Tu m’as sous-estimé, et je t’ai battu… Et ce soir, tu es toujours blessée. Je veux me battre encore contre toi. A fond, sans ring, sans retenue, en pleine forme.
- T’es… t’es vraiment un cas, toi.
- Et toi aussi. Et je vais te dire, j’adore ça. 
»

L’Oterashi s’entendit prononcer ces derniers mots et ne réalisa pas immédiatement la portée qu’ils pouvaient avoir. Il adorait sa façon de combattre, sa bestialité, sa hargne, ça oui, mais comment pouvait-il se prononcer à ce stade sur l’ensemble de sa personne ? Le Lilas, c’était le seul nom qu’il lui connaissait, et à en juger par la mine à la foi troublée et colérique qu’elle lui lança alors, ses espoirs d’obtenir son vrai nom semblèrent s’évaporer sous ses yeux.

« J’vais t’faire manger tes dents… Dans sept jours, sur le petit plateau nord-est à vingt-et-une heure. Tu me retrouves là-bas, et je te casse en deux. Tu te montres pas : t’es qu’une fiotte, et j’te casse en deux.
- Ça m’a l’air… d’un plan absolument parfait. A dans sept jours, alors… et.. comment tu.. ?
- Ça te regarde pas comment j’m’appelle. 
»

Sans un mot de plus, et dans un râle de rage contenu, le Lilas s’en alla dans la ruelle sombre dans cette nuit fraîche d’Iwa. Et Yanosa ne put s’empêcher de la regarder partir, aussi longtemps qu’elle fut en vue, sans trop savoir pourquoi.
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Jeu 2 Mai 2019 - 10:30
Le terme « hanter » aurait certainement été un peu fort pour qualifier la part des pensées que l’Oterashi dédiait sans vraiment le vouloir au Lilas et à leur brève entrevue, mais dans les faits, il pensa effectivement beaucoup à elle cette semaine-là. Durant sa courte existence, en particulier si l’on en décomptait les temps de servitude au centre militaire et sa période de coma, Yanosa n’avait pas eu beaucoup l’occasion de côtoyer la gente féminine dans un cadre qui pouvait se prêter à l’émergence de sentiments positifs et réciproques, aussi était-il quelque peu chamboulé par ce qu’il pouvait ressentir à l’égard de cette jeune femme mystérieuse et au tempérament en acier trempé. Il était attiré par elle, c’était une certitude avec laquelle il pouvait vivre, mais quant à savoir ce qui, exactement, suscitait ces sensations et ces picotements à chaque fois que son visage lui apparaissait mentalement, c’était une autre paire de manche. Il aimait son style, il aimait sa façon de combattre, sa hargne, son absence totale de filtre, la liberté qui suintait des pores de sa peau, mais ce tout plus ou moins cohérent ne représentait malgré tout pour lui que ce qu’ils étaient:une superposition de qualités, pour la plupart martiales, qui la rendait compatible avec son humeur à lui.

La compatibilité… Un mot teinté de pragmatisme et très neutre par nature. Un mot qui reflétait au fond assez bien, d’un point de vue hormonal, cette attirance charnelle primaire latente entre le guerrier à la toison rouge et le Lilas. Car de mémoire d’homme, lorsqu’il se prépara le jour J à se diriger vers le haut plateau désigné par la jeune femme une semaine plus tôt, jamais Yanosa n’avait ressenti une telle excitation à l’idée de mener un combat contre quelqu’un. Un combat mené purement au corps-à-corps était déjà une raison de se réjouir d’avance pour l’Oterashi, mais le fait que ce soit elle le faisait frétiller dans son bocal. Mais lorsqu’il arriva finalement sur les lieux à l’heur dite, personne n’était encore en vue, en ce début de soirée où le soleil rapatriait déjà ses rayons sous l’horizon. Yanosa crut d’abord à un retard, qui n’aurait pas été sans aller avec le genre de personnage qu’elle était, mais plus les minutes s’égrainaient, plus cette théorie se faisait douteuse.

L’obscurité gagnait peu à peu le terrain, vaguement illuminé par les lumières éloignées du centre ville et quelques poteaux lumineux qui la surplombaient, et l’espoir pour le pugiliste de voir arriver le Lilas diminua exponentiellement jusqu’à ce que, finalement, une fine silhouette émerge des formations rocheuses et se dirige droit sur lui en sprintant. Et à en juger par sa vitesse et la distance qui lui restait à parcourir, se dit l’Oterashi, elle n’allait pas s’arrêter de sitôt : il se mit donc rapidement en garde en souriant, prêt à recevoir comme il se devait la guerrière furieuse qui lui fonçait dessus. Et lorsqu’elle fut sur lui, il dévia son coup de poing débridé sur le côté en la laissant passer pour la forcer à exécuter un dérapage pour lui faire face à nouveau.

« J’ai cru que t’allais me mettre mon premier lapin…
- Quand j’en aurai fini tu souhaiteras que je te l’aies mis !
 »

Elle chargea derechef pour combler à nouveau la distance, et de là découla immédiatement l’un des échanges les plus longs et les plus intenses auquel le pugiliste à la toison rouge avait pu prendre part. Pendant ce qui lui sembla être de longues minutes, les coups s’échangèrent sans qu’aucun ne parvienne à porter, les parades, esquives, contre-attaques et déplacements tous plus rapides les uns que les autres s’enchaînant sans discontinuer. Les deux combattants, cherchant leur souffle, finirent pas se séparer après un choc particulièrement violent, ne se quittant pas des yeux à quelques mètres de distance, mais quelques secondes plus tard à peine, les voilà qui remettaient le couvert en se bondissant l’un sur l’autre avec férocité. Et pendant ce moment volé, qui semblait pouvoir s’étirer à l’infini, Yanosa éprouva un bonheur inouï. Il était comme l’enfant sous la cascade, enivré de sensations naturelles et violentes à la fois, sentant le poids de l’eau sur ses épaules, la roche sous ses pieds, et un futur limpide dans son esprit.




Et lorsque finalement les premiers coups parvinrent à toucher leur cible, une demie-heure déjà s’était écoulée.
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Ven 3 Mai 2019 - 13:33
La nuit était à présent tout à fait tombée sur Iwa. Le calme tout relatif d’un village ninja pesait à présent dans les rues et dans les foyers. Mais sur ce haut plateau, c’était encore tout l’inverse, la faute aux deux pugilistes aguerris et déterminés qui continuaient inlassablement à attaquer et contre-attaquer en une danse brutale qui ne semblait pas pouvoir finir. Et pourtant, de part et d’autre, les coups encaissés s’accumulaient dangereusement : les arcades sourcilières éclatées laissaient s’écouler des lampées de sang qui séchaient aussitôt, les organismes fatigués se mettaient à réagir plus lentement et les douleurs, bien sûr, se multipliaient également, florissant pour ainsi dire comme des parterres de fleurs sur le corps du Lilas et du Guerrier rouge. Aucun d’eux ne voulait lâcher prise, aucun ne voulait montrer de signe de faiblesse que l’autre n’aurais pas déjà affiché : une bataille de corps et d’orgueil implacable, qui tira malgré tout à une fin inexorables lorsque leurs forces à tous les deux se mirent à péricliter.

Yanosa encaissa au visage un balayage du pied en revers qui le mit violemment au sol : en réponse, incapable de se relever, il faucha les jambes de la jeune femme aux cheveux roses, qui accusa le coup de la chute dans un râle fatigué. Et aucun d’eux ne parvint alors à trouver l’énergie pour se relever de plus belle. Réalisant cela, l’Oterashi roula sur le dos en observant les étoiles, puis se mit à sourire de béatitude sans même y penser. Le Lilas, elle, roula sur le ventre, plaçant ses coudes au sol pour tenter de reprendre un peu de hauteur, mais en vain.

« J’aurais pu te buter…. J’aurais p’têtre du…
- … Je vois honnêtement pas pourquoi... tu voudrais me tuer… Ha…
- Ah, tu vois pas, vraiment… ?
- Alors, parce que je t’ai battu une fois… tu m’en veux à mort ? C’est une motivation comme une autre, remarque…. Mais tu sais… moi aussi, j’aurais pu te tuer...
 »

Lâchant ces mots comme une pure information, l’Oterashi ne se doutait pas que le Lilas poserait alors sur lui un autre regard lorsqu’elle pivota la tête dans sa direction. Ses yeux, pour la toute première fois, semblèrent véhiculer une forme de respect qui, si il restait entaché de colère, de rage et de frustration, n’avait pas grand-chose à voir avec les regards qu’elle lui avait accordé précédemment. Mais Yanosa, les yeux plongés dans les étoiles, ne vit rien.

« Et c’est quoi ton truc alors ?
- Quoi… mon pouvoir ? Ça, pour le savoir… il faudra un nouveau duel. Un combat de shinobi, cette fois. Pas que ça m’enchante en particulier… je préfère largement les affrontements comme celui d’aujourd’hui… Ce sera l’occasion pour toi aussi de me montrer… comment tu aurais pu me tuer.
- Compte pas là-dessus. J’ai pas envie de finir en prison pour meurtre.
- Aaah, donc finalement, tu ne m’en veux pas tant que ça.
 »

Cette fois, il la regarda, et vit le regard noir qu’elle lui lançait. Sans que ce soit vraiment volontaire, c’était lui qui, des deux, poussait la conversation, maintenait le contact, comme si il en avait besoin à présent pour subsister. Mais le Lilas, de son côté, ne faisait pas non plus de vrais efforts pour lui fausser compagnie en dépit de leur état à tous les deux, ce que ne manqua pas de remarquer le guerrier aux cheveux rouges.

« J’ai du mal à me faire à l’idée… que j’ai pas réussi à te battre… au final.
- C’est moi qui devrait dire ça enfoiré…
- C’est assez marrant, dans le fond… juste… un peu moins quand on imagine… qu’il y a sûrement bien plus fort que nous là, dehors. Moi c’est Yanosa.
- ...Asuka.
 »
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Sam 11 Mai 2019 - 11:42
Dès qu’elle l’avait pu ce soir-là, celle qui se faisait appeler le Lilas s’était éclipsée sans la moindre discrétion, sitôt qu’elle eut récupéré assez de forces et d’énergie. Ils n’avaient pas échangé un mot de plus, mais Yanosa s’en était satisfait : il avait à présent son prénom, et c’était la la frontière de ses ambitions pour le moment. A ceci près, bien entendu, qu’en l’absence de rendez-vous clairement prévu, il ignorait quand il pourrait à nouveau se frotter à cette guerrier exceptionnelle. Il avait pendant un moment envisagé qu’elle aurait pu être comme lui, du moins son ancien lui, dénuée de pouvoir particulier et totalement et exclusivement dévouée à la pratique du Taijutsu, mais au terme de leur brève conversation, il avait désormais la certitude que cette Asuka était en réalité tout à fait comme lui. Elle aimait le combat pur et dur, quitte à devoir laisser de côter ses facultés spéciales pour pouvoir exprimer cette passion, et cela la rendait d’autant plus admirable, d’aucun dirait désirable, aux yeux de l’Oterashi.

Toujours était-il que pendant plusieurs jours, et une soirée très plaisante et fructueuse à la Salle plus tard, le guerrier aux cheveux rouges ne revit pas le Lilas. Et il se connaissait lui-même assez bien pour savoir que la part de ses pensées qu’elle occupait était anormalement grande : preuve en fut sa petite virée nocturne, improvisée ce soir-là sur le même haut plateau d’entraînement qu’ils avaient utilisé la semaine précédente, jour pour jour, dans l’espoir de la retrouver à l’identique. Mais bien sûr, le Lilas ne se montra pas, et Yanosa en fut « réduit » à s’entraîner seul en se persuadant qu’il avait s’agit de son intention tout du long. Mais le lendemain, il devint assez clair pour l’Oterashi que si il n’entrait pas en contact avec elle d’une façon ou d’une autre, il n’aurait aucune chance de la revoir dans un avenir assez proche à son goût. Il décida donc de laisser une note pour le moins explicite sur le tableau d’affichage de l’Académie, espérant qu’elle le consultait régulièrement et qu’elle y réagirait rapidement. Tous les soirs, à compter de vingt heure, il l’attendrait au haut plateau où ils s’étaient déjà affrontés, et ce pendant une heure ! De quoi lui laisser le temps de s’entraîner en offrant à Asuka une fenêtre assez large pour débouler quand elle le voudrait. Et dès le premier soir, contre toutes ses attentes, alors que le pugiliste à la toison rouge entamait ses routines, il perçut distinctement et d’un seul coup l’aura de la kunoichi se rapprocher à toute vitesse.


Il eut à peine le temps d’esquiver le coup de poing furieux qui était projeté vers lui telle une météorite en se propulsant sur le côté, apercevant dans le mouvement le faciès colérique et tendu de la jeune femme. Dérapant tous les deux sur le sol rocailleux pour stopper leur mouvement respectif, les deux combattants se firent rapidement face.

« Nan mais t’es pas bien !? C’était quoi ce mot à la con ! Tu veux me faire passer pour quoi !!
- J’imagine que tu l’as arraché assez vite… donc tu devrais pas trop t’en faire… Haha.. en tout cas… le résultat va au-delà de mes espérances.
- Je vais te pulvériser… Enflure…
- Parlant de ça, justement… J’aimerais voir de quoi tu es capable. De quoi tu es vraiment, capable.
 »

A ces mots, alors qu’Asuka avait jusque là affiché une tension extrême dans tout le corps, elle sembla défaillir momentanément avant de se reprendre, comme si Yanosa venait de lui demander l’impensable.

« ...J’te l’ai dit, je veux pas aller en prison pour meurtre.
- Hm. Je pense que c’est à moi d’ouvrir le bal alors...
 »

C’était étrange, songea l’Oterashi. Le Lilas, dans toute sa force et sa démesure caractérielle, semblait foncièrement réticente à utiliser toutes ses capacités : tout ce que Yanosa pouvait faire, c’était montrer l’exemple, en quelque sorte, pour lui simplifier la tâche. Rassemblant ses énergies, son chakra, et établissant sa connexion avec la terre sous ses pieds, il ferma donc les yeux un instant en soulevant une masse invisible de ses paumes tournées vers le ciel. Sa concentration, pour déployer son pouvoir, devait encore être absolue en tout point s’il ne voulait pas échouer. Et après quelques secondes, son corps tout entier se mit à crisser, à se craqueler, et à changer radicalement de teinte et de texture. Une marrée ocre s’empara de lui, des pieds à la tête, et il devint la roche, corps et âme, dévoilant sa véritable nature. Son corps ainsi transformé, il ouvrit ses « yeux », ou du moins l’emplacement physiologique où ils auraient du se trouver.

« Je t’assure que pour me tuer… c’est Iwa tout entier que tu devras abattre sur ma tête… Allez… viens !! »

Les yeux d’Asuka s’étaient écarquillés, non seulement de surprise, mais aussi de profond soulagement et de relâchement. Elle renouvela aussitôt sa posture de combat, un mince sourire sur les lèvres, qui se mua peu à peu en une bouche carnassière que Yanosa aurait cru capable de l’avaler tout cru. Et alors que l’Oterashi se préparait à découvrir les facultés de la kunoichi, il entendit un grand Boom. Il eut à peine le temps de réaliser que l’explosion avait trouvé sa source sous les pieds de la jeune femme que tout à coup, elle était là, sous sa garde, ce même sourire sur les lèvres, son poing déjà prêt à frapper. Si le guerrier rouge avait pu écarquiller les yeux sous cette forme, ils seraient certainement sortis de leur orbite. Et lorsque le poing le frappa de plein fouet, un grand flash percutant étouffa toutes ses perceptions.
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