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La veille des ennuis [Seitamaro]


Jeu 20 Juil 2017 - 18:38
Il régnait, dans l'établissement fringant portant le nom du Salon d'Akamaro, une ambiance festive dont les échos de musique et de conversation portaient jusqu'à plusieurs pâtés de maisons, en amont et aval de la rue. Sis au cœur du village d'Iwa, ce qui il y avait quelques années encore se résumait à un boui-boui un peu miteux s'était transformé, sous la houlette éclairée d'Akamaro, en une auberge de bonne réputation. Déjà, parce qu'il ne tolérait plus la moindre incartade, contrairement au précédent propriétaire ; ensuite, parce qu'il était frère d'une demie-douzaine de Chûnins, cousin de deux fois plus, et pas en reste lui-même pour distribuer quelques salades de phalanges lorsque le besoin s'en faisait sentir. La plupart du temps, toutefois, c'était un homme affable quoique d'aspect bourru, avec sa crinière hirsute et sa grosse barbe mal taillée. Il avait les épaules d'un ours, et puis les pattes aussi, de même que la voix.

Nala l'aimait bien. Surtout qu'il la laissait à peu près s'enivrer à l'oeil, tant qu'elle lui ramenait des clients. A sa façon bien à elle ; mêler l'utile à l'agréable faisait partie de la philosophie de la Genin (un mauvais esprit aurait rajouté qu'à choisir, elle opterait toujours pour la seconde option, mais là n'était pas le propos).
Il y avait foule, d'ailleurs, ce soir. Une lune gibbeuse s'était levée depuis peu, annonçant la fin des heures de labeur et, de l'avis de la jeune Kenku, le début de celles de l'amusement. Le repos, c'était pour les faibles : qu'elle soit de mission le lendemain n'allait pas la faire se coucher tôt, ça, jamais de la vie. C'eût été décevoir Akamaro qui comptait sur elle, ne cessait-elle de se répéter lorsqu'une pointe de bon sens l'assaillait.

La salle principale du Salon ne se différenciait du modèle classique du bauge que par sa scène surélevée, pour l'heure seulement occupée d'une Nala confortablement installée dans une chaise montée là pour l'occasion. Une cithare à vingt-et-une cordes, pas une de moins, reposait sur ses genoux et son bois vernis renvoyait, à la lumière des larges chandelles donnant à l'endroit son atmosphère chaleureuse, des reflets aux tons d'ambre. Elle en pinçait les crins comme distraitement, tirant des accords indépendants qui ne formaient aucune mélodie. Pas encore. En bonne artiste, elle attendait l'instant propice.

Qui ne tarda pas. Le propriétaire venait en effet de lui apporter un grand verre qu'elle vida de quelques lampées expertes. Là, c'était le momentum.

Ses doigts coururent sur l'instrument, décochant une suite d'aryas sonores qui s'envolèrent au-dessus des tables. Puis une seconde, une troisième ; les notes venaient assourdir les conversations, taquiner l'attention qu'elle quêtait comme un rossignol aux premières lueurs de l'aurore. Les regards se tournèrent vers son estrade, sa chaire et son trône : un sourire malicieux lui ourla la bouche.

« Connaissez-vous l'histoire de Susaro ?

Elle avait la voix qui portait, claire et ferme. Il aurait fallu bien la connaître pour faire le rapprochement entre cette grande perche aux longs cheveux sombres et la kunoichi en armure ouvragée qui fréquentait les autres jeunes Genins.

- Susaro était un homme de ce village. Naguère, aux temps où on ne le connaissait pas encore comme Iwa, aux temps même où l'existence de nous autres ninjas n'était pas encore venue aux oreilles du monde.

Elle ponctua sa déclaration de quelques accords péremptoires.

- Susaro... n'était pourtant guère différent de nous. Il se levait le matin en grommelant, se dépêchait de bâcler ses besognes quotidiennes - ne niez pas - et s'empressait de franchir le pas de sa taverne préférée le soir venu.

Sous ses mains agiles, la cithare donna l'impression de ricaner.

- Mais Susaro, aussi, était amoureux.

Le ricanement se mua en un son qui rappelait étonnamment bien un soupir énamouré. Et, lentement, insidieusement, Nala soufflait son chakra dans les mots. Les nombreuses flammèches de la salle vacillèrent et reprirent, donnant aux ombres d'étranges mouvements. Un œil exercé aurait pu surprendre, dans leur nouvelle danse, les silhouettes maintes fois répétées d'un homme qui observait une femme.

- Mais à l'époque, voyez-vous, ce n'était pas si simple de faire la cour. Il fallait montrer son pouvoir, son influence ou sa richesse. L'amour avait couleur d'or. » La jeune fille esquissa un geste de la main et lorsqu'elle la leva bien haut, une pièce scintillait avec force au creux de sa paume ; d'une pichenette, elle la fit bondir vers le plafond. La monnaie n'en redescendit pas. « Mais Susaro n'avait rien de tout ça.

Les lieux semblaient s'être quelque peu obscurcis. Outre la kunoichi, on n'entendait guère que quelques échanges chuchotés ici ou là. L'instrument poursuivit seul pendant un moment comme elle se taisait, laissant les accords exprimer la déception de Susaro.

- Il y avait toutefois un espoir pour lui. Un espoir de conquérir le cœur de sa belle. Un espoir fou, auraient dit certains, parce qu'il consistait à rallier la grotte de l'ancien et à en trouver le trésor. Ce trésor, voyez-vous, est celui qui fit la richesse de Rokkusu mais ceci (Elle leva un docte index avec un sourire malicieux) est une autre histoire. Le jeune homme, plein d'allant, chercha des jours entiers la caverne, errant dans les cols les plus escarpés et les plus oubliés.

Sous l'effet de sa voix, les ombres avaient repris leur manège et paraissaient esquisser, de-ci de-là, un vaillant alpiniste qui manquait dégringoler une falaise ; un explorateur glissant au fond d'un ravin ; et même un illustre inconnu, à genoux, désarçonné une fois de plus par la montagne.

- Et à force de résolution, il finit par la trouver. Quelque part non loin d'ici, dans une faille ouvrant sur le ventre de la terre, Susaro trouva l'or perdu de Tsuchi no Kuni. L'or, mais aussi un marteau et une enclume, et le feu de la roche. Tout ce qu'il lui fallait, à son avis, pour forger la plus belle alliance qu'on eût jamais vu.

Nala s'interrompit pour faire reparaître la pièce auparavant disparue ; elle l'approcha nonchalamment d'une chandelle et, comme par enchantement (c'était d'ailleurs le cas), le feu baigna le mur du fond d'éclats dorés. Elle murmura, d'inaudibles paroles chargées de son chakra, et la lumière d'ambre se para de nuances expressives. On pouvait y distinguer un homme et ses mouvements acharnés, levant et abattant son outil, dans une aveugle détermination. De sa main libre la Genin tira des vibrations sonores à la cithare, qui résonnèrent dans la salle comme les coups de marteau de Susaro.

- Il créa sa bague. Elle était magnifique, parfaite. Si belle qu'il ne pu résister à la tentation d'en faire une seconde ; et une troisième. Et il y avait encore de l'or de la terre, encore de son feu, alors... il continua. Encore et encore.

La mélodie passa de rythmique à lancinante. Elle perdura, jusqu'à ce que d'un claquement de doigts la narratrice fasse disparaître pièce, reflets et musique. Le silence se fit un instant.

- La légende ne dit pas s'il se libéra un jour de sa fascination pour les trésors qu'il découvrit dans la grotte et s'il retourna à sa belle, ou s'il y resta à jamais. Mais l'autre jour, je me promenais aux abords du village et savez-vous ce que j'ai trouvé ?

Elle marqua une pause, les yeux pétillants, avant d'empoigner un sac d'apparence pesant qu'on avait laissé traîner à quelques pas. Elle l'ouvrit et, d'un ample geste, fit s'envoler le contenu en direction de son public. Une pluie de bagues au scintillement ambré retomba.

- Les anneaux de Susaro ! Faites en bon usage !

Il ne s'agissait que de breloques, acquises quelques jours plus tôt par Akamaro en précision de cette petite scène. L'idée avait terriblement excité Nala qui, en conteuse patentée, avait brodé l'histoire lui permettant d'employer ces accessoires. Il était probable que pour toute la semaine, les habitués du Salon parleraient encore de cette soirée à qui voudrait l'entendre : le patron était sûr de rentrer dans ses frais.

La Genin resta encore un peu, se contentant de chanter en fond tandis que les conversations reprenaient de plus belle. Elle finit toutefois par s'accorder une pause, quittant son siège et gagnant une table au hasard à laquelle elle s'installa en se vautrant sans vergogne sur sa nouvelle chaise, gobelet de liqueur à la main.

- Et dire que je pars en mission demain... lâcha-t-elle d'un ton plaintif à son voisin, aimant bien jouer les victimes à l'occasion. Mais bon, Akamaro avait tellement insisté pour cette soirée. Je ne pouvais pas lui refuser.

La jeune fille se redressa alors, toute fatigue envolée, et essaya d'extorquer ce qui lui faisait encore plus plaisir que les pièces, les chansons et les grands verres d'alcool : les compliments.

- Alors, j'étais comment ? »

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Jeu 20 Juil 2017 - 20:41
< Alors tu étais nulle. >


Une petite explosion semblait se créer à l'entrée de la taverne, dégageant un grand souffle à l'intérieur de celle-ci suite à cela. Seitamaro rentrait tranquillement et à son aise dans l'enceinte, regardant de haut les personnes aux alentours de lui. Il semblait mélanger son paquet de cartes qu'il traînait toujours avec lui. Il n'accordait réellement aucune importance aux individus de cette trempe, se servant lui-même du thé dans le comptoir de l'enceinte. Et bien, c'était sans doute la première fois que le calme de cette taverne était brisé. Il tournait légèrement les yeux vers le monde qui s'approchait de lui suite au vacarme qu'il a généré.


Sur le visage de l'individu se dessinait des yeux dont la couleur pouvait rappeler le vert de l'herbe. Son nez, pour le moins fin, faisait part de narines qui ne se dilataient que très peu. Quant à ses lèvres, elles étaient aussi fines qu'une lame de rasoir et sa bouche ne semblait pas marquer de bec de lièvre. Il avait des oreilles aussi hautes que l’œil et elles n'étaient ni lobées ni décollées. Néanmoins, elles semblaient de taille normale voir courte. Ses cheveux paraissaient s'étendre sur son crâne vers le haut. De couleur rouge, ils étaient assez courts et ne paraissaient donc pas cacher une quelconque partie de son faciès. Ce qui était particulièrement remarquant chez lui était la présence de deux tatouages sur ses joues : sur celle de droite, une étoile et sur celle de gauche, une larme.

Sirotant sa boisson au thé vert, un rictus provocateur se faisait voir sur son visage. Il entrait souvent comme cela dans des tavernes, alors il ne verrais pas pourquoi ils devaient réagir ainsi. Il commençait le dialogue avec la conteuse d'histoires avec sarcasmes.

< Tu peux continuer.. je ne vais pas te mangeeeeer ! ♥ >

Le patron de ce lieu arrivait devant Seitamaro, les manches retroussées. Visiblement, il voulait lui mettre un bon pain dans la gueule. Le genin, lui, s'en moquait royalement. Même si ce serait un membre du triumvirat - ou bien les trois - il n'en avait que faire des menaces. S'il était présent dans ce village, c'est qu'il avait un but bien précis. Dès que le vieillard regardait yeux dans les yeux le jeune adulte, il avait les poings fermés, des veines se faisaient voir de même sur son front. Il était rapidement rejoint par un groupe de shinobis qui connaissaient bien le gérant, avant qu'ils ne somment le fauteur de troubles de partir.

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La veille des ennuis [Seitamaro]

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