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Pour le meilleur ou pour le pire. [Ryû]


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Ven 5 Avr 2019 - 12:29

Pour le meilleur ou pour le pire.


La lumière blanche s’allume dans un long grésillement. Dans le silence, le moindre petit bruit peut être entendu. Les respirations, les battements de cœur. Tout paraît intensifié, ici, alors qu’il ne se passe rien. Aucun son, aucun bruit. Rien. Juste le silence assourdissant causé par ce qu’elle a vu. Causé par le contact de ses prunelles sur la silhouette de l’homme qu’elle aime. Ryû. Hatsu, Nibanme, Hinoe, Yokka. Une entité complète, que Chiaki s’est promis de chérir en entier, sans jamais en laisser un seul de côté, même si cela lui cause des problèmes. Même si l’un d’entre eux la déteste. Même si l’autre veut sa mort. Quatre personnalités, un seul être.

La Chûnin avance. Ils sont enfermés. L’odeur de la pièce stérile lui rappelle le réconfort, l’habitude. La douceur de sa routine. Chirurgienne un jour, chirurgienne toujours ? La voilà face à Ryû. Assis sur un siège, ligoté aux mains et aux pieds, il ne peut absolument pas bouger, à part la tête et la poitrine, à la limite. Cette crinière bleue, ces yeux vairons. La beauté de l’amour de sa vie. Sa perfection. L’amour qu’elle ressent pour lui explose, rattrapé par l’image de la gamine éventrée, qui lui éclate à la figure. Ici, Ryû ne mourra pas. Mais il perdra peut-être une partie de lui. Une partie qui n’est plus nécessaire. Qui devient trop dangereuse. Chiaki pose une main sur sa tête et soupire.

« Je suis désolée. »

Un haut-le-cœur la secoue. Elle ne sait que trop bien ce qu’il va se passer. S’il tourne la tête, il peut aussi s’en douter. Un chariot, sur lequel est posé un plateau avec beaucoup d’instruments chirurgicaux, n’attend que de servir à sa maîtresse. S’il regarde partout, il peut remarquer qu’ils se trouvent dans une sorte de salle d’opération, complètement fermée, où personne ne risque d’entrer. Chiaki a déposé des bâches partout, pour éviter que le sang ne recouvre la pièce et devienne un problème. Tout a été géré, tout a été pensé. Chiaki n’a rien laissé au hasard. Ce qui va se passer-là risque d’être terrible, elle ne le sait que trop bien. Elle recule, fait face à Ryû et laisse ses prunelles se déposer dans les siennes.

« Tu as quelque chose à me dire ? »

Une fausse question. Après tout, Chiaki sait pertinemment ce qui s’est passé. Elle sait très bien ce qui va suivre. C’est juste une manière d’entrer en jeu. De la rhétorique. La chirurgienne soupire. La réponse ne lui sert à rien. La brune ne peut plus reculer, désormais. Peu importe combien ça lui coûte, peu importe combien elle a mal à l’idée d’imaginer ce qui va suivre. Peu importe tout ça. Cet événement est l’événement de trop. C’est allé trop loin. Elle en a mal au cœur, elle en a mal à l’âme. Elle en a mal partout. Ryû, Ryû, Ryû. La perfection entachée par sa propre imperfection. Une imperfection que Chiaki s’est promis d’aimer … Mais qu’elle ne peut pas tolérer. Qu’elle ne peut plus laisser sévir.

Peu importe la douleur. Peu importe la peine. Peu importe ce qui cogne dans son cœur. Ici, maintenant, les choses vont changer.

Pour le meilleur, ou pour le pire.

Spoiler:
 
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Sam 6 Avr 2019 - 13:18
Yokka était fier de lui, profitant pleinement de sa montée en puissance et jouissant de son crime, il arborait le monde sous ses pieds, se demandant qui serait sa prochaine victime du soir, parmi la foule en panique... Son meurtre était aussi cruel et inhumain qu'il était parfait. Aucune preuve pouvant le relier à la fillette, son apparence n'avait jamais été visible, depuis qu'il était parti de chez lui, et personne ne se trouvait à proximité de toute façon. Même si quelque l'avait aperçu, il n'aurait vu que le père de la petite s'échapper du lieu de l'infanticide... C'était d'ailleurs la raison pour laquelle le malade mental fût relativement surpris et choqué de sentir ses pieds décoller du sol. Une frappe puissante, qui ne lui cassa rien, à première vue, mais lui fit perdre connaissance, alors qu'il tombait de son piédestal. Tous étaient endormis, même Hatsu qui de toute façon n'était pas dans un état où il aurait pu réfléchir de manière logique. Le reste ne fût que ténèbres, pendant quelques minutes, peut-être une heure ? Difficile à déterminer...

Le réveil fût rapide, l'homme ouvrit les yeux, et se trouvait dans un endroit inconnu... Un rapide coup d’œil de parts et d'autres lui firent perdre son sourire habituel, et des mouvements au niveau des jambes et des bras lui firent comprendre qu'il était à la merci de cette personne... Il la fixa alors, et son visage afficha un air pouvant signifier quelque chose entre "Bon, c'est rassurant" et "C'est une blague ?"... Un demi sourire, il ne dit rien, son air n'était pas celui de Bakatsu, alors il n'était pas possible de dire avec certitude s'il s'agissait de Hatsu ou de Yokka... Les deux autres étaient sages, comme des enfants prêts à recevoir une punition. Mais le premier, le vrai, le leader... Il n'était pas "là" à proprement parler. Sa conscience était littéralement absente, prise dans une spirale infernale de remords, de honte, de haine, de colère, de tristesse... Ne sachant que penser de tout cela, il préférait se poser en tant que victime, car il en était une, dans cette histoire... Si cette secte ne lui avait pas imposé ces êtres abjects en tant que pensionnaires, s'il n'avait pas été jugé "inutile" à tous ceux qui l'avaient manipuler comme un vulgaire cobaye, avant même sa naissance, et surtout, ces choses ne seraient pas arrivées si ces monstres n'avaient pas mis une anomalie de la nature dans son corps.

Des excuses, de la part de Chiaki, qui savait, autant que le Katsu, que ce qui allait suivre ne serait pas joyeux. Ce-dernier n'arrivait pas à être aussi médisant et hautain qu'à son habitude, il le voulait, il tentait de montrer le monstre, mais il n'était au fond qu'un lâche qui aimait détruire ces choses fragiles, et se cachait après l'avoir fait. Assumer ses actes, ce n'était pas au programme, mais le vrai Ryû n'était pas en mesure de reprendre le contrôle, et il n'avait jamais vraiment pu forcer Nibanme et Hinoe à le remplacer... Lorsque la question arriva, il usa de sa plus belle ruse, modifiant au mieux sa voix, tentant de se faire passer pour Hatsu...

"Chiaki... Je n'ai pas pu le contrôler... Je... Je suis désolé, il a réussi..."

Des larmes, presque sincères, mais il ne pouvait totalement cacher qui il était, et c'était assez stupide de l'essayer, car son œil droit dévoilait tout. La panique ? Ce n'était pas une chose qu'il pouvait censément ressentir, mais plutôt de l'auto préservation. Il ne craignait pas pour sa vie, mais ne voulait pas souffrir, et les outils dispersés n'étaient pas là pour soigner, bien au contraire... En fait, le plus terrifiant était le fait d'avoir une Irounin en face, doublée d'une chirurgienne... Elle pouvait le blesser à foison, et le soigner, puis réitérer... Peut-être que finalement, les frissons qui parcoururent son échine étaient un peu guidés par une peur viscérale, et qu'il n'était pas un monstre à ce point. Mais il savait, qu'il ne pouvait la leurrer, de toute façon. Son sourire apparut alors, il allait user de la ruse, et dans le pire des cas, si elle le mutilait tout de même, elle en ressortirait avec un certain traumatisme, ce n'était pas possible autrement, ce corps là était celui de l'être aimé, elle ne pouvait l'entailler sans que ça ne lui arrache le cœur. Yokka espérait voir Hatsu émerger avant la fin, la douleur étant partagée, ils allaient tous s'amuser...

"Avant que tu ne commences, sache simplement une chose ma belle... Il sentira tout ce que tu fais... Il te maudira, il ne voudra plus te parler, te toucher ou te voir, il me déteste, mais lui et moi sommes ensemble pour le meilleur et pour le pire, pas comme avec toi ! Oh, et à propos de mon chef d’œuvre : tu aurais dû assister à ça, les cris de la petite étaient FA-BU-LEUX !"

Son regard défiait toute logique, provocateur mais aussi terrifié, il ne pouvait rien faire d'autre que la culpabiliser, il ne voulait pas souffrir, c'était son Némésis, la douleur physique, la seule qu'il pouvait ressentir, et la brune semblait déterminée à s'occuper de son cas... Qu'en ressortirait-il ?


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Lun 8 Avr 2019 - 17:17

Pour le meilleur ou pour le pire.


Une imitation presque parfaite de la voix de Hatsu. Des larmes, plein de larmes, trop de larmes qui ne permettent au crocodile que de tenter de manipuler son prédateur. L’animal sauvage, brutal par nature, se trouve désormais face à beaucoup, beaucoup plus fort que lui. Rien n’y fait, il est là, ligoté, incapable de bouger, face à Chiaki. Un sourire étire les lèvres de la brunette. Ses prunelles émeraudes le détaillent longuement, avant de se planter dans les yeux vairons. La chirurgienne n’est pas dupe, elle connaît sa moitié, tout de même. Espérer qu’elle se trompe alors que son œil lui indique clairement quelle est la personnalité en présence … Et cet être se dit monstrueux ? Cet être n’est qu’un assassin de pacotille, à peine capable de s’en prendre à une petite fille.

Chiaki se plante devant lui et croise les bras sur sa poitrine. Il déblatère, il déblatère. Il a beaucoup à dire pour un être qui va se prendre nombre de punitions pour ses actes immoraux. Il a même, beaucoup trop à dire. Utiliser Hatsu, utiliser l’amour de la Chûnin pour cet être innocent pour tenter de se disculper … Yokka n’a aucune limite. Il n’a aucun scrupule. Il est l’être le plus lâche qui soit, capable de vendre l’hôte principal du corps qu’ils partagent pour tenter de se sauver. Chiaki s’approche lentement, d’une démarche prédatrice, avec un calme à toute épreuve. Un calme … terrifiant. Un calme qui pourrait faire fuir n’importe quelle personne. Arrivée à sa hauteur, elle dépose une main sur sa joue, un ravissant sourire sur les lèvres.

« Tu sais, Yokka … Si je venais à te tuer, peut-être en serait-il plus heureux. Peut-être ne supporte-t-il plus que tu prennes le contrôle pour perpétrer de tels meurtres. Est-ce que, finalement, Hatsu ne sera pas content que je te massacre ? Que je te fasse comprendre ce que ça fait, de souffrir ? »

Chiaki caresse la peau sous sa main avec un grand sourire, puis la récupère. Elle recule, suffisamment loin pour ne pas du tout être atteinte, par la tête, par un mouvement brusque, par n’importe quoi. Une fois à bonne distance, Chiaki s’abaisse, les jambes fléchies, assise sans support. Les prunelles émeraudes viennent chercher les prunelles vairons. Elles n’y décèlent rien, à part la peur. Une peur panique de ce qui approche. Mais la chirurgienne veut aller plus loin. Attraper ce qui se cache derrière, la personne la plus importante de son univers. Hatsu. Il faut atteindre Hatsu. La Chûnin inspire profondément.

« Hatsu. Je sais que tu as peur, je sais que tu souffres de ce que tu as vu. J’ai besoin que tu m’écoutes, tu pourras te cacher après, d’accord ? »

Elle ferme les yeux, puis les rouvre. Un sourire adorable étire ses lèvres. Le sourire qu’elle n’offre qu’à Hatsu, dans toutes les situations où ils sont ensemble. Quand ils ont l’occasion d’être eux, rien qu’eux. La même mimique. La même douceur. La même voix plus paisible. Chiaki soupire.

« Je suis désolée pour ce que tu vas subir. Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas, que je ne t’en voudrais jamais d’être victime de Yokka. Vraiment, je suis désolée pour tout ce que tu vas voir, tout ce que tu vas ressentir. Je ne cherche pas à te blesser, mais je pense qu’il est temps que cela cesse. Qu’il est temps que ton plus brutal prédateur comprenne qu’il y a plus gros monstre … Je ne veux plus que tu subisses. Je ne veux plus que tu souffres à cause de lui. Alors je vais museler Yokka. Je vais faire en sorte que les peines qu’il te cause n’aient plus jamais lieu. »

La brune se redresse, enlève ses lunettes. Aux bords de ses prunelles, les larmes semblent prêtes à cascader, brutalement, d’un seul coup, sans jamais cesser. Des larmes menaçantes, que Chiaki tente d’effacer de son mieux, pour ne pas faiblir. Elle dépose son accessoire sur le chariot et revient faire face à sa moitié.

« Une dernière chose, Hatsu … Je sais, ça va paraître ridicule, vu notre contexte, mais … Je t’aime. Maintenant, enfuis-toi mon amour. Quand tu reviendras, tu seras indemne. C’est promis. »

La chirurgienne ferme les yeux et soupire une nouvelle fois. L’aimer suffira-t-il à préserver leur relation ? Iront-ils aussi bien après tout ça ? Après l’horreur qui va bientôt se jouer ? Chiaki ne le sait pas. Pour une fois, ses convictions sont ébranlées. L’hésitation est grande, gigantesque même. Elle la dévore. Mais la Chûnin sait que cette situation n’est plus supportable. Cela ne peut plus avoir lieu. Ils ne peuvent plus s’amuser de cette façon. Yokka ne peut plus se manifester comme bon lui semble et embarquer des vies comme si cela n’avait aucune conséquence. La brune se saisit d’un scalpel et revient vers Yokka. Les quatre prunelles se mêlent une nouvelle fois, mais il n’y a plus de douceur dans les émeraudes. Plus aucune gentillesse. Seulement cette haine brûlante, mordante et dévorante qui grandit encore et encore et prend toute la place.

« Alors, Yokka … Commençons doucement, tu veux bien ? Tu lui as fait quoi, à cette gamine ? Aaaah … Je me souviens … »

Chiaki met un grand coup de scalpel sur le poignet droit du jeune homme, faisant de son mieux pour enfouir en elle que cette enveloppe corporelle est celle de sa perfection, de celui pour qui elle donnerait sa propre vie. Oui, il lui faut rester la plus calme possible et enterrer, loin, au plus profond de son cœur, que Hatsu se trouve quelque part ici. Que Nibanme et Hinoe la voient tous les deux. Il faut oublier tout le reste. Yokka, Yokka, Yokka.

Yokka, Yokka, Yokka …
Yokka, Yokka …

Dans un mouvement rageur, Chiaki tranche le poignet gauche du jeune homme. Aussi fort qu’au début, tranchant quasiment tout sur son passage. Hatsu n’existe plus, Nibanme et Hinoe ne font que la voir … Il n’y a plus qu’elle et Yokka. Rien qu’elle, rien que lui. Deux êtres monstrueux qui ont laissé leur humanité derrière eux. La chirurgienne sourit. Yokka, Yokka, Yokka. Les deux poignets saignent, répandent le précieux liquide rouge sur les accoudoirs de la chaise, avant de tomber sur le sol. Les premières taches. Magnifiques ou terrifiantes, nul ne le sait, pas même Chiaki. Mais elle n’y réfléchit plus. Yokka, Yokka, Yokka.

« Alors, ça fait quoi d’être la victime, pour une fois ? »

La Chûnin s’approche et pose ses mains sur les avant-bras du bleu. Ses prunelles se mêlent aux siennes pendant un cours instant, un instant de silence, d’absence, de vide. Jusqu’à ce qu’elle lâche prise et appuie brutalement sur les deux membres sous ses mains.

« Alors, Yokka ? Ça te plaît ? Ça te fait bander, de souffrir ? »

Chiaki serre, serre. Pas d’hyperforce, pas encore … Mais elle appuie, remue, serre.

« Je ne t’entends pas … »

La brune bascule la tête en arrière et le relâche. Elle ne l’entend pas, non. Elle veut qu’il hurle. Elle veut qu’il soit à sa merci comme cette petite fille a pu être à la sienne. Qu’il sache ce que ça fait, d’être la chose d’une autre personne. D’être sans défense. D’être faible.

D’être face à un monstre, sans scrupule, sans cœur, sans âme. D’être face à son propre reflet.
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Lun 8 Avr 2019 - 21:47
La peur, la terreur, pour un monstre capable d'infliger des sévices tout bonnement inhumains à ses victimes, il n'était pas vraiment un adorateur de la souffrance. Se trouver dans cette position de faiblesse, de soumission, ne lui plaisait guère. Il aurait bien pleuré, il se serait fait dessus, mais il savait que cela ne changerait rien. Si la corde sensible, Hatsu, ne fonctionnait pas, rien ne pourrait arrêter cette femme, piquée dans son orgueil, elle qui avait tenté de raisonner le fou, se retrouvait avec une victime sur les bras, et peut-être se sentait-elle coupable ? Pour la fillette, pour Hatsu qui l'avait crue lorsqu'elle lui disait que la cohabitation était possible... Mais le plus difficile pour elle devait être le fait que l'être qu'elle aimait se trouve incapable de sortir de ses ténèbres... Il n'entendit pas, les propos adressés à Yokka, et ce-dernier ne répondit pas, estimant sans doute qu'il n'avait rien de plus à dire...

Où était le vrai propriétaire de ce corps ? Celui qui se faisait appeler Nozomi Ryû ? Une étendue sombre, un sol aussi consistant que du sable, il avançait, cherchant une réponse et une sortie. La réponse pouvait être la sortie ? Mais la sortie était-elle la réponse ? Il n'en savait rien, et souhaitait-il seulement sortir ? Revoir ce monde, après le massacre causé par l'un des... "siens" ? Il n'était pas le responsable, non, lui n'avait rien fait, il n'aurait jamais fait de mal à cette fillette... S'il l'avait vue, lui, il lui aurait offert un sucrerie, ou une peluche, une caresse sur la tête, tout au plus... Les larmes commençaient à couler sur ses joues, lorsqu'il entendit la voix, au loin, de Chiaki... Mon amour, où es-tu... Pourquoi suis-je seul ? Où suis-je ? Aucun son ne sortit, mais il arrivait presque à l'entendre, il comprenait le principal. Sa cadence augmentait, il avançait de plus en plus vite, cherchant d'où pouvait provenir sa voix, il voulait la serrer contre lui, et ne jamais plus la laisser partir... Vivre avec elle, partager le même toit, ne pas passer une seule journée sans la voir au moins une fois... Elle seule pouvait arrêter Yokka, elle seule en avait la force... Mais elle n'était pas là, et Ryû avait mal agi, mal contrôlé sa bête intérieure, et une innocente, d'une pureté étincelante, avait perdu la vie... Il tomba alors à genoux... La mort, il la méritait, et peut-être que la Sentetsu allait la lui donner. N'en souffrirait-elle pas trop ? Ce n'était pas un mal, elle ôterait une vilaien épine du pied de tous, ici, à Kumo, en agissant de la sorte. Les paroles de sa moitié lui étaient inaudibles, il commençait à sombrer, le sable l'absorbait, le quatrième prenait de plus en plus ses aises, son emprise sur le corps était totale. Si c'était irréversible, alors tuer le Chûnin était la seule solution... Et que faisaient Hinoe et Nibanme ? Une vive douleur arracha un cri silencieux au pauvre homme, il ressentait tout, alors elle avait opté pour la torture ? Que cela lui serve de leçon...

Si les deux autres se tenaient sages, endurant leur propre souffrance en silence, celui qui la ressentait le plus était l'actuel propriétaire du corps. Son sang, si pur, si important, il coulait... Et la douleur, il pouvait en bénéficier totalement, même si ce n'était pas vraiment une chose plaisante. Il serrait les dents, ne souhaitant pas pousser de cri qui ferait bien trop plaisir à celle qui lui faisait face... Son regard avait tout d'un défi, il la mettait au défi d'y aller plus fort, car il savait pertinemment qu'il n'était pas seul à en pâtir, mais elle l'ignorait certainement. La seconde entaille lui arracha un gémissement, il ne l'avait pas contrôlé, et faisait une drôle de grimace... Si cela était déjà douloureux, alors la suite le serait sans doute plus. Lorsqu'elle s'approcha, il tenta de la frapper, en vain, s'infligeant encore plus de souffrance... Elle était proche, mais il n'avait que ses dents pour attaquer... Ses dents étaient serrées, à un tel point qu'il pourrait les fissurer, la force de Chiaki était déjà très grande, sans utiliser son hyper force. Lorsqu'elle le relâcha, il se tenait à carreau, mais avait encore mal... Il finit par se lancer dans une nouvelle provocation.

"J'espère que tu apprécies ça, parce que ton tour viendra... Tu ne peux pas me tuer sans le tuer lui... Un jour ou l'autre, tu baisseras ta garde, et je me passerai le plaisir de te faire souffrir, je te tuerai en une fois, salope !"

Il cracha en sa direction, mais la rata, le pauvre ne savait que faire, pourtant, la chirurgienne restait encore bien trop généreuse envers lui... La petite avait souffert, beaucoup plus... beaucoup trop...

"Et pour ton information, la lopette ne peut pas t'entendre, mais il sent bien tout ce que tu fais là..."



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Mar 9 Avr 2019 - 11:34

Pour le meilleur ou pour le pire.


L’horreur de l’entendre hurler, la douleur d’être la cause de cette souffrance. Chiaki serre les dents. Elle sait pertinemment qu’elle ne peut pas s’arrêter ici, qu’il faut continuer, aller au bout, peu importe la douleur ressentie. Elle sait aussi que les blessures seront soignées, qu’elles ne laisseront aucune trace. La chirurgienne ne peut plus reculer. Il faut aller au bout des choses, taper un grand coup et faire cesser les agissements de Yokka, au moins temporairement. La demoiselle observe, regarde le quatrième. Ils se fixent un instant, un instant très court, qui permet à la Chûnin de se souvenir qu’ici, maintenant, Hatsu n’existe pas. Hatsu est perdu, quelque part, dans les limbes.

Elle s’apprête à répondre à la provocation, quand autre chose lui saute aux yeux. Un crachat ? Rien à faire. Une provocation ? Rien à faire. Une menace ? Qu’il vienne. Mais ça ? Ça ? Non. Il n’a pas le droit de dire ça. Il n’a pas le droit ne serait-ce que de mentionner Hatsu. Alors quand les quelques lettres du mot « lopette » cognent contre son cerveau, la brune arque un sourcil. Son cœur manque un battement. Lopette ? Hatsu ? Son Hatsu ? Il a osé dire, ce déchet, là, cette chose, cette sous-merde qui ne mérite même pas de voir un nouveau jour, lui, a dit que son Hatsu est une lopette ? Chiaki bouillonne, bouillonne, comme débordante de vapeur. La haine gonfle sa poitrine. L’envie de lui arracher les yeux, de tout faire sauter et de le tuer fait éclater son âme. Mais elle se retient. Hatsu est en-dessous. Il ne faut pas le tuer. Surtout pas le tuer.

Chiaki s’approche et lui colle un premier coup de poing. Juste un. Manifestation de la colère sous sa forme la plus douce. Pas de scalpel, pas encore. Juste … Juste un contact, entre sa peau et la sienne. Ses phalanges qui s’écrasent contre son visage. Cette délicieuse sensation de savoir qu’il est à sa merci, là, qu’il panique comme jamais à l’idée de prendre des coups. À l’idée de ne pas pouvoir se défendre. À l’idée de souffrir.

« Tu vois, ça, Yokka ? C’est pour avoir dit que Hatsu est une lopette. »

Chiaki recule et remue les doigts, amusée. Sa colère est un cran au-dessus, encore. Elle ne peut pas laisser passer ça. Elle ne le pourra jamais. Hatsu est victime de ses personnalités, surtout de ce fameux quatrième. Et pourtant, il tient bon. Sa perfection est inaltérée, inaltérable. Yokka ne pourra jamais le salir pour de vrai. Mais … Il essaye. Et parce qu’il essaye, il doit souffrir.

« Hatsu est plus courageux que toi. Quand toi, tu tues n’importe qui et tu disparais au fin fond de son esprit, tu es tranquille, hein ? Tu n’as plus à bouger, tu n’as plus à réfléchir. Tu as tué, mais tu es invisible. Quand toi, là, créature lâche et faible, tu te livres à un meurtre, qui doit s’occuper de faire face aux conséquences ? Qui souffre en permanence parce que tu n’es pas foutu d’assumer la portée de tes actes ? Qui craint chaque fois que tu t’éveilles ? Qui doit porter le fardeau de tes crimes ? C’est toi ? Non, je crois que non. Je crois plutôt que Hatsu est bien plus courageux que toi. Parce que lui … »

La chirurgienne s’approche et dépose une main sur sa tête. Elle tire sur la tignasse et bascule toute la tête en arrière.

« Parce que lui s’occupe de tes crimes. Parce que lui vit avec. Parce que lui, chaque jour, se lève et se dit qu’il va devoir faire face à une autre de vos crises. Nibanme, Hinoe, Yokka. Vous êtes trois, à graviter autour de Hatsu. Si les deux premiers sont les plus silencieux, vous lui avez tous fait vivre un enfer. Pourquoi ? Parce que vous vivez dans son monde. Vous intervenez dans son monde. Vous changez son monde. Et qui doit s’en occuper ? »

La poigne sur la crinière bleutée se raffermit. Chiaki serre, serre. La tête est encore plus penchée.

« Hatsu. Ça n’a toujours été que Hatsu. Lui et juste lui. Qui vit avec vos interactions. Avec vos choix. Avec vos faiblesses et vos forces. C’est lui qui évolue dans cet univers avec le poids que vous posez sur ses épaules. Lui. Seul. Face à un monde dans lequel il ne peut pas profiter parce qu’il est pieds et poings liés par Hinoe le paranoïaque et toi, TOI ! »

La chirurgienne assène un nouveau coup de poing à Yokka, un uppercut qui fait craquer sa mâchoire. Elle balance sa tête et le relâche.

« Oser dire que Hatsu est une lopette alors que tu n’es qu’une sous-merde, Yokka. Vraiment ? Tu as du culot. Tu penses que tu es un monstre, que tu es fort et que tu peux tuer, alors que tu n’es rien. Tu n’es capable de t’en prendre qu’à des petites filles et tu n’as aucune force mentale. Parce que toi, sur ton petit nuage, tu n’as RIEN à encaisser, tu n’as RIEN à assumer, JAMAIS ! »

Chiaki charge jusqu’à la chaise et met un grand coup de scalpel en diagonale le long du torse de Ryû. Le sang perle partout. Une plaie ouverte, une de plus.

« Ne parle plus jamais de Hatsu, ou je te le promets, Yokka. Je te fais disparaître de ce monde pour de bon. Et crois-moi, je suis chirurgienne. La science me permettra de faire n’importe quoi. »

Chiaki recule une nouvelle fois et regarde son œuvre. Un Yokka aux portes de la mort. Un Yokka qui a pris une claque droit dans l’ego, mais aussi partout ailleurs. Un Yokka en souffrance ? La chirurgienne compte dans sa tête. Vu la quantité de sang perdue, il lui reste encore plusieurs minutes avant de devoir le sauver, en prenant en compte le temps nécessaire pour la guérison. Un temps primordial, offert au quatrième pour qu’il réfléchisse. Qu’il souffre. Autant qu’il fait souffrir l’homme que Chiaki aime. L’homme qui ne devrait jamais souffrir. Hatsu.

Hatsu, Hatsu, Hatsu.
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Mar 9 Avr 2019 - 12:30
La souffrance était encore tolérable pour Yokka, et dans son esprit, même si les deux autres souffraient, Nibanme trouvait cela juste... Ce pauvre bougre, à titre de comparaison avec Hinoe et Yokka, n'était qu'un colérique incapable de tuer de sang froid comme eux, et il avait été affecté par la mort de la petite fille. Alors il endurait, et trouvait cela satisfaisant que de voir celui qui agissait comme un despote, gouvernant les autres par la peur et la violence, enfin recevoir ce qu'il méritait... Il appréciait Chiaki, finalement, plus qu'il ne le pensait. Mais son rôle n'existait pas dans la présente scène qui se déroulait, et si le paranoïaque, de son côté, était insondable, il n'avait pas plus sa place dans tout ceci. Non, la pièce se déroulait entre trois personnages, deux au devant de la scène, et un qui attendait son tour, même s'il semblait s'être perdu en chemin et ne parvenait à trouver l'entrée...

***

Les limbes... Elles étaient profondes, mais Hatsu comprenait plus ou moins qu'elles étaient l'oeuvre de son fou furieux de colocataire. Son esprit était assez fort pour le retenir ici, et celui du vrai Ryû ne l'était pas assez pour parvenir à ressortir. Il tentait, mais les visions d'horreur du crime du quatrième le faisaient reculer de trois fois la distance qu'il parcourait. Alors il se laissa porter, tentant d'entendre à nouveau la voix de la femme qui était tout pour lui... Cela fonctionna, il l'entendit, enrager contre son alter ego... Un sourire se dessina sur son visage, elle dépeignait une image de lui qu'il n'arrivait pas à comprendre, des choses qu'il n'avait jamais réalisées, qu'il était courageux... Incapable de retenir un tueur en série qui partageait son enveloppe corporelle... Est-ce qu'elle ne se trompait pas ? Non, ce qu'elle disait avait un sens profond, et fit battre le cœur du bleu, qui semblait s'être arrêté depuis qu'il se trouvait ici. Le temps semblait reprendre peu à peu son cours, et son amour grandissait encore pour cette brune aux prunelles émeraudes... Y avait-il une limite à l'amour ? Eh bien, si elle existait, il l'avait sans doute dépassée depuis un bon moment, et pourtant, il continuait de l'aimer encore un peu plus chaque jour... L'espace d'un instant, il oublia jusqu'à l'existence de la fillette, tentant de remonter, de vaincre l'autre lui, surgissant de la surface du sable, il se secoua, mais ne savait toujours pas où était la sortie...

***

Le coup heurta de plein fouet la mâchoire du Bakatsu. La douleur venait s'ajouter au reste, et pour quelqu'un qui n'appréciait pas les blessures, il était servi. Les propos de la brune ne l'affectaient pas, il n'avait aucun amour-propre... Ce qui le faisait enrager était que son "maître" puisse regagner du courage, justement, en l'entendant. Il la fixait, plus ou moins contre son gré, lorsqu'elle le tenait par les cheveux. Son discours était épuisant, et il l'écouta d'une oreille distraite, cherchant des solutions - inexistantes - pour réussir à se défaire de son emprise... Mais rien ne lui venait, évidemment. Le dernier coup acheva de le sortir de lui, il ouvrit la bouche, ressentant une vive douleur, puis se ravisa... La mettre plus en rogne que maintenant n'était pas la meilleure chose à faire, et aucune tentative d'attendrissement ne pourrait l'avoir, alors il n'avait aucune arme utile dans son arsenal pour mettre fin à sa douleur. Le coup de scalpel lui arracha un gémissement assez explicite, montrant qu'il n'était clairement pas insensible à la douleur. Pour ainsi dire, même les deux autres avaient poussé un cri, surpris par ce nouveau degré de violence presque soudain. Au fond du gouffre, cela fit également chuter Hatsu, qui remarquait que son élue ne faisait pas les choses à moitié. Il serra le poing, se disant que c'était un mal pour un bien, qu'il n'y avait pas de raisons d'en vouloir à la chirurgienne, qu'il l'aimait et qu'ils passeraient outre tout cela, lorsque Yokka serait.. parti.

Le regard du malade mental pouvait facilement imager son manque de sang, car il peinait à maintenir ses paupières ouvertes, ayant la tête qui tournait. Le torturé souhaitait lancer une phrase, n'importe quoi, pour la blesser, quitte à l'énerver plus... Le message était passé, et il n'arrivait pas à dire de mal du véritable propriétaire de ce corps... La souffrance qu'il ressentait l'empêchait, ironiquement, de perdre connaissance, et de toutes façons, Chiaki ne le laisserait pas partir si facilement. Il lança alors, à peine audible:

"Je ne vois pas encore... mes tripes. Tu n'es pas... une bonne élève..."

Yokka cracha du sang par terre, sa tête retombant brutalement, il avait encore assez de réserves en sang et en forces, pour tenir face à d'autres sévices... Jusqu'où irait-elle ?



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Mar 9 Avr 2019 - 14:34

Pour le meilleur ou pour le pire.


S’écoule de ses membres le précieux sang de l’homme qu’elle aime. Hatsu, étouffé par la présence de Yokka, se trouve pourtant quelque part. Il est là, au fond de son propre être, il ne bouge plus. Il ne se manifeste pas. Le monstre sanguinaire, seul, remue, se bat contre Chiaki. Une bataille colossale, qui met les deux combattants hors d’haleine. La première, parce qu’elle lutte contre ses propres sentiments pour être capable de lever la main sur sa moitié. Le second, parce qu’il tente de survivre et d’affirmer sa puissance, sa domination sur la chirurgienne, qui n’écoute rien. Aveuglée par sa colère contre la dernière personnalité de Ryû, la brune ne fait même pas attention aux tentatives de Yokka de la dépasser. Il ne peut pas être plus fort qu’elle, il est en position de faiblesse, depuis le début.

Il se manifeste. Il parle. Les minutes s’égrènent, le sang continue de s’écouler. Yokka ne veut pas lâcher prise. Cherche-t-il à la pousser à bout ? À faire en sorte qu’elle le tue ? Peut-être, finalement. Peut-être est-ce ce dont le quatrième a besoin. Mais Chiaki ne peut s’y résoudre, pas sans information, pas en prenant le risque que Hatsu finisse par en mourir. Elle ne peut pas se permettre de le perdre, pas ici, pas à cause de Yokka. Il en serait trop heureux.

Tic, tac, tic, tac. Voilà maintenant que la dernière personnalité est au bord de la mort. Chiaki compose des mudras et s’en approche, les mains recouvertes d’une aura verdoyante. Elle appose ses mains au-dessus de sa poitrine, en laissant du temps pour que toutes les blessures ne se referment. Après un instant, seules les marques sur ses vêtements transparaissent encore. Juste ça. Plus aucune marque, plus aucune blessure. Tout est refermé. La chirurgienne recule.

« Mon but n’a jamais été de te tuer, Yokka. Pas ici, pas encore. »

Maintenant plus éloignée, Chiaki s’étire longuement, fait craquer sa nuque, ses bras, son dos. Libérée de toutes ces sensations, elle lève les mains pour attacher sa longue crinière sombre en une queue de cheval soutenue par un ruban. La chirurgienne se tourne alors vers Yokka, un grand sourire aux lèvres.

« Alors, on recommence ? »

Chiaki récupère son scalpel et s’approche du quatrième. Arrivée à sa hauteur, elle s’en approche, réduit la distance de manière presque indécente. Le sourire sur ses lèvres est carnassier, terrifiant, différent de tous ceux qu’elle a déjà pu offrir à Hatsu. Cette fois, la brune bascule dans l’animalité, la brutalité sans limite qu’elle s’empêche de toucher depuis qu’ils sont arrivés là. Mais s’il le désire …

« Je vais jouer avec toi longtemps … Jusqu’à ce que tu comprennes que Hatsu est ton maître. Que Hatsu a le pouvoir. Qu’il est bien plus courageux, bien plus fort que toi. »

La chirurgienne approche son scalpel de sa joue et y laisse une première entaille, toute petite, droit sur la pommette. Leurs souffles se mêlent, l’odeur de sang lui monte presque à la tête. Chiaki inspire profondément.

« Je continuerai, Yokka. Je continuerai jusqu’à ce que tu réalises que tu n’es qu’un déchet de l’humanité … »

Elle rajoute une nouvelle estafilade.

« Jusqu’à ce que tu comprennes que tu es tellement faible … »

Encore une.

« Que tu ne peux même pas exister physiquement … »

Le scalpel descend, se dirige vers la gorge, qu’elle entaille doucement, en faisant attention à esquiver chaque zone mortelle. Une longue coupure, qui commence du dessous de la mâchoire et s’arrête en haut du torse.

« Que tu es obligé d’occuper un corps qui ne t’appartient pas, Yokka … »

La balade de l’objet métallique continue, filant doucement, tout doucement le long de la peau, s’y frayant un chemin en dévoilant une longue traînée rouge.

« Tu te rends compte … »

Chiaki recule. Son sourire est accompagné de larmes, des larmes de haine, de tristesse, de colère, des larmes incompréhensibles qui roulent sur ses joues, sans explication.

« Tu es si faible, Yokka, que tu vas jusqu’à imaginer que tu es meilleur … »

Le dernier mot tombe plus fort, comme un couperet, qui accompagne le mouvement de Chiaki lorsqu’elle plante le scalpel dans son ventre.

« Meilleur qu’un homme qui te dépasse en tout ! » Deuxième coup. « En force mentale. » Troisième coup. « En force physique. » Quatrième coup. « En émotionnalité. » Cinquième coup. « En tout, je te dis ! »

Chiaki extirpe brutalement le scalpel et le secoue, faisant voler du sang jusqu’à son propre visage.

« Et tu imagines encore que tu le vaincras un jour ? Avant, tu aurais pu, il était seul face à toi. Il ne pouvait pas se rebeller, il te craignait. Il ne pouvait pas savoir si demain serait un jour meilleur, il ne pouvait rien faire contre toi. Mais maintenant … Maintenant il m’a moi et tu sais ce qui est différent, Yokka ? »

La brune s’approche une nouvelle fois. Près de son oreille. Grâce à son hyperforce, elle maintient sa tête immobile avec sa main.

« Il ne sera plus jamais seul. »

Un murmure, une confidence glissée autant à Yokka qu’à toutes les autres personnalités présentes dans la tête de Ryû. Une promesse, aussi, en quelque sorte. La promesse de rester ensemble pour toujours, quoi qu’il arrive. Dans la douleur et la maladie, dans la richesse et dans la pauvreté, dans la joie et dans la peine …

Pour toujours. Pour le meilleur et pour le pire.
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Mer 10 Avr 2019 - 12:06
Le mutisme chez Yokka c’était instauré. La douleur n’était déjà plus tolérable pour celui qui n’y était décidément pas habitué, et il ne restait plus beaucoup de temps pour lui, avant qu’il ne supplie la brune de l’épargner ou de le tuer. Bien entendu, il savait également que la seconde option n’était pas envisageable, Chiaki ne souhaitant pas mettre fin aux jours de Hatsu, et seulement lui. S’il ne s’était agi que des trois autres, tout conciliant que fût Nibanme, elle les aurait déjà fait emprisonner ou les aurait tués sans l’ombre d’une hésitation après ce qu’avait fait le quatrième. Lorsque les soins arrivèrent, la vie revint quelque peu dans les yeux du fou furieux, mais ce n’était pas pour l’arranger… La perte de connaissance aurait été salvatrice pour lui, mais la chirurgienne savait comment s’y prendre pour ne jamais lui laisser de répit. Elle lui fit comprendre, d’ailleurs, alors que son regard était de nouveau plein de haine et d’envies de meurtre.

Les propos de la jeune femme seraient difficiles à entendre pour beaucoup d’êtres humains, mais Yokka ne craignait aucune torture psychologique, il ne pouvait pas être atteint par des mots qui le mettaient plus bas que terre. Au contraire, ses propres mots étaient bien souvent des poignards pour Hatsu, qui en souffrait énormément, même s’il avait appris à l’ignorer avec le temps. La Sentetsu n’hésitait plus, quitte à entailler le visage de celui dont elle était amoureuse, et elle ne s’arrêta pas à cela… La douleur des précédentes tortures n’était presque plus, suite aux soins, mais déjà cette fine découpe à la surface de sa peau arrachait au bleu une grimace assez explicite… Lorsque le scalpel arrêta sa course, le quatrième espérait que c’était fini, ses yeux retenaient difficilement des larmes de douleur, ses poings sont serrés, il voudrait que cela ne s’arrête… Un monstre qui était au fond humain, outre les quelques cases qui lui manquaient…
Le premier coup, la lame qui s’enfonçait dans la chair sans crier gare, arracha un cri de surprise mêlée à la souffrance que ressentait à cet instant le Bakatsu. Le second, puis le troisième, d’autres gémissements qui devaient donner de la joie à la brune, du moins l’espérait Hatsu, qui pouvait pleinement entendre tout ceci, autant qu’il pouvait en ressentir une partie, assez faible par rapport à ce que vivait le quatrième, qui l’avait bien cherché. Les quatrièmes et cinquièmes coups l’avaient plus ou moins achevé. Il n’avait plus la force de la provoquer, de l’insulter ou de la mépriser. Il la fixait, les larmes coulant, de vraies, sincères larmes…

« Achève moi… Je t’en supplie, tue-moi. »

Il ne prononça pas un mot de plus, il en était arrivé au point de supplier qu’on mette fin à tout cela… De son côté, le premier voyait son monde s’illuminer, son esprit devenant bien plus solide que celui de l’autre, il n’était plus prisonnier… A tout moment, il pourrait reprendre le dessus, mais le voulait-il vraiment ? Un peu plus et Yokka serait hors course pour un long moment, il pouvait le sentir, peut-être même que sa volonté en serait brisée… Il fallait l’achever, c’était le moment et son élue en avait le pouvoir… Mais le bleu pensait aussi aux sentiments de sa moitié, qui pourrait vivre très mal le fait d’avoir mutilé le corps du Nozomi… Juste un peu plus, et il sortirait, lorsque le quatrième ne serait plus « là ».

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Jeu 11 Avr 2019 - 0:00

Pour le meilleur ou pour le pire.


Des larmes. Des larmes chaudes qui roulent sur ses joues. Des petites perles qui ruissellent, caressent la peau et s’échouent mollement. Juste ça. Des larmes. Chiaki sourit. Elle a brisé Yokka. D’une certaine manière, ça la tue de voir des pleurs sur le visage de sa moitié, mais … Le reste de son être lui rappelle rapidement que, actuellement, dans cette pièce, il n’y a qu’elle et le quatrième. La peine suscitée par son propre carnage s’efface assez rapidement. Les prunelles émeraudes ne lâchent pas le bleu. Elles se fixent sur lui comme le glas sur un condamné à mort. Ding, dong, tic, tac. Une mélopée savoureuse pour l’une, mortelle pour l’autre. Chiaki s’approche et lui caresse la joue, récoltant son sang et ses larmes sur la main. Fausse manifestation de douceur.

« Tu crois que c’est si facile ? »

La brune réduit un peu plus la distance et dépose un baiser sur son front. Yokka, pauvre Yokka. Victime de sa propre monstruosité. Le scalpel revient dans la partie, toujours aussi menaçant. Il trace dans la peau de nouvelles marques, aux côtés des précédentes. Pas de pitié, jamais de pitié. Il n’en a jamais montré, il ne peut pas en mériter. Dans un souffle, Chiaki se manifeste de nouveau.

« Tu crois qu’on peut simplement demander à mourir, quand rien ne va plus ? »

Son sourire s’élargit. La proie et le prédateur ont échangé leurs places. Yokka n’est plus le grand monstre assoiffé de sang qui domine les autres par sa brutalité. Yokka n’est que le petit agneau, embarqué dans une spirale de souffrances, qui ne peut plus en sortir et aimerait simplement retrouver la paix. Pauvre petit être, souffrir autant alors qu’il est … Oh, non, en fait. Il n’est pas gentil. Il n’est pas doux. Il n’est rien de tout ça. Chiaki dépose le scalpel sur le chariot et dépose ses mains sur les poignets de sa victime. Ses prunelles émeraudes se mêlent aux joyaux vairons. Ils seraient magnifiques, s’ils n’étaient pas parés de cet hideux kanji qui les souille.

« Tu ne mourras pas, Yokka. Pas ici, pas aujourd’hui. Mais je ne veux plus jamais entendre ou voir que tu as commis un meurtre. Une seule exaction et je te montrerai pourquoi on n’emmerde pas une chirurgienne. »

Une nouvelle fois, la brune s’approche et dépose un baiser sur son front. Hatsu, Hatsu, reviens … Reviens vite. Elle recule.

« Je te laisse t’échapper pour cette fois, je me suis assez amusée … »

Chiaki lui sourit et caresse sa joue, juste à côté de son oreille, du bout de la langue. Geste parfois tendancieux dans certaines situations, cette fois, il semble simplement manifester une brutalité et un sadisme illimités.

« J’espère ne pas te revoir avant très, très longtemps, Yokka … »

Le scalpel se plante une énième fois dans sa peau, mais ne découpe rien. Il agit simplement comme une menace. Puis Chiaki recule, un gigantesque sourire sur les lèvres. En théorie, le quatrième devrait fuir. Hatsu devrait ressurgir. Enfin, ça, c’est la théorie. Peut-être que Yokka en veut encore, finalement ? Qu’il n’a pas encore envie de s’enfuir, dans les tréfonds de la conscience de l’homme qu’elle aime ? Chiaki attend, impatiente, prête à soigner Ryû dès qu’il s’éveillera. Un espoir qui scintille, au fond de son être … Le calme, après la tempête …

Hatsu, Hatsu, reviens … Reviens vite.
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Jeu 11 Avr 2019 - 13:08
Un geste de tendresse de la part de Chiaki, ou du moins un qui pourrait y ressembler, sembla être une lueur d’espoir, pour Yokka. Cela témoignait bien de son état actuel, lui qui savait habituellement qu’elle n’agirait jamais de la sorte à son égard, car il était bien trop monstrueux pour ça. Non, ce n’était pas de l’amour, ou alors il ne lui était pas destiné. Les douleurs étaient trop fortes, même si certaines personnes habituées à ce genre de sévices pourraient sans aucun doute surpasser cela sans mal, lui ne l’était pas. Sa vie antérieure, il ne s’en souvenait pas, et tout ce qui lui en restait était une envie irrépressible, un besoin constant et viscéral de faire le mal, de faire souffrir les autres. Depuis le tout début de sa cohabitation avec Hatsu, il s’était toujours arrangé pour ne jamais être celui qui subit la blessure, laissant le premier endurer à sa place. Sur ce point, le premier était bien plus résistant que les autres… En fait, il l’était sur beaucoup de points, comme l’avait si bien mentionné Chiaki.

La torture continua quelques instants encore, mais le Bakatsu n’était plus vraiment là, il était comme piégé dans sa tête, pensant tantôt à la façon dont il la torturerait un jour, comme il lui arracherait chaque membre un à un, avec des outils bien rouillés et irréguliers pour augmenter ses souffrances, comme il profiterait de son corps sans ménagement, puis oubliant cette idée, se disant qu’il n’y voyait aucun intérêt personnel… Son esprit était embrouillé, et sa haine démesurée. Si, fût un temps, il manquait clairement de respect à la brune, il ne l’avait jamais pour autant haïe comme pouvait le faire Hinoe. Mais à cet instant, son degré de haine avait largement surpassé celui du troisième.

Les dernières phrases de la jeune femme étaient sans équivoque, pour son amoureux qui les avait entendues. Il força, autant qu’il put, pour que son esprit vienne évincer celui de Yokka, et lorsque son « lui » intérieur arriva, inerte, il s’assura de l’envoyer au plus profond de ces limbes dans lesquelles il s’était débattu pendant tout ce temps…

« Adieu, démon. »

Un adieu ? Difficile à dire, il reviendrait sans doute, plus fort qu’avant, mais d’ici là, le bleu aurait largement assez de temps pour renforcer son propre esprit, et ne plus se faire avoir. Par ailleurs, cette leçon avait sans doute envoyé un message fort à Hinoe, et Nibanme, même si le dernier était beaucoup moins fauteur de trouble. La remontée fût salvatrice, et explicite pour Chiaki, lorsque le kanji redevint « 1 ». La douleur aussi était terrible, mais elle lui servirait, à se rappeler que s’il avait été plus fort, la petite fille serait vivante… Et la chirurgienne, l’amour de sa vie, n’aurait pas eu à souffrir, car oui, elle en avait évidemment souffert…

« Je suis là… Chiaki… Désolé »

Il l’était.


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Ven 12 Avr 2019 - 11:50

Pour le meilleur ou pour le pire.


Une rude bataille, des coups, encore des coups, toujours des coups. Du sang qui perle de ses blessures, tache Chiaki, le sol, mais lui aussi. Se bourrer le crâne en se rappelant qu’il s’agit de Yokka, encore Yokka, toujours Yokka, aura fonctionné jusqu’ici. Mais quand les prunelles émeraudes croisent les résultats de son carnage, son cœur manque un battement. Il faut que Hatsu ressurgisse, cette situation devient vraiment difficile à vivre. La brune ne laisse aucune marque de faiblesse se hisser sur son visage. Il ne faut pas lui donner l’impression qu’il a le pouvoir. Qu’il peut y arriver. Qu’il la fera fuir alors qu’il est celui qui est censé disparaître. Chiaki serre les dents. Elle ne sait pas de quoi l’avenir sera fait, comment il réapparaîtra – s’il réapparaît – mais la chirurgienne pense avoir fait le bon choix. Avoir agi de la meilleure des manières – ou de la pire, en fonction du référentiel.

La voix de Hatsu fait bondir son cœur. Les intonations claires, la voix douce de sa moitié. Les prunelles émeraudes passent de la haine à l’espoir, brillant d’une lueur nouvelle. Il est là. Il est revenu. Il a vaincu Yokka. Ils ont vaincu Yokka ? Chiaki le fixe, regarde ses yeux. Le kanji a changé. C’est vraiment Hatsu. Il est là. Et … Et les stigmates sur son corps ? La Chûnin réagit vivement et s’empresse de défaire les liens qui le retiennent. Hatsu est là. Hatsu est revenu. Ça va mieux. Tout ne peut qu’aller mieux maintenant.

Chiaki secoue la tête lorsqu’il s’excuse. Pourquoi ? Pourquoi devrait-il être désolé ? Ça n’a pas de sens. La brune ne comprend pas. Elle compose des mudras et pose ses mains au-dessus de son corps blessé. Une aura verdoyante les entoure et referme progressivement toutes les blessures. Plus rien. Il n’y a plus rien. Pas de cicatrice, pas de marque, rien. Il n’existe plus aucune trace physique de cette scène de torture. Il n’existe plus que les séquelles psychologiques. Chiaki regarde sa moitié un instant. Un triste sourire se hisse sur son visage.

« Non … Tu n’as pas à t’excuser, Ryû … »

La brune se redresse et recule. Incapable de détourner le regard. De faire autre chose que le fixer. Son Ryû. Le sien. Il est revenu. Sa moitié. La seule et unique personne qu’elle aime, qu’elle aime de tout son être. A-t-elle vraiment réussi à faire fuir Yokka ? Chiaki hésite. Elle veut le prendre dans ses bras, là, le serrer fort pour ne jamais le lâcher. Se rassurer quant à son existence. Se rappeler qu’il existe. Qu’il est vivant. Mais elle n’ose pas s’en approcher. La chirurgienne ne sait plus trop où elle se trouve.

« C’est bon ? Nous sommes débarrassés de Yokka ? »

Des tremblements passent dans ses mains. Une professionnelle comme Chiaki, qui perd le contrôle de son outil principal … Elle se les triture, les joignant toutes les deux, entrelacées, en tournant ses pouces l’un autour de l’autre. La pression redescend, la colère redescend. Toutes les émotions qui lui ont permis de tenir jusque-là disparaissent progressivement. L’adrénaline disparaît. Ses jambes tremblent à leur tour. Qu’a-t-elle fait ? Quel prix a-t-il fallu payer pour que le quatrième s’enterre ? Chiaki recule.

« Je suis désolée. »

Elle baisse les yeux. Hatsu est là. Hatsu a survécu. Hatsu est vivant. Mais elle n’ose pas toucher Hatsu. Parce qu’elle a peur de le briser, elle a peur qu’il soit brisé. Que faire ? Comment réagir ? La chirurgienne est incapable de savoir si cette situation est pardonnable. Si ses actes sont répréhensibles ou non. Pour elle, la réponse est simple : Hatsu, Yokka, même combat. Au final, même si les blessures n’apparaissent plus sur son corps, Hatsu a souffert de cette explosion de violence.

Nouveau pas en arrière. Chiaki baisse les yeux. Elle aimerait se jeter sur lui, là, peut-être même pleurer à chaudes larmes en le serrant fort contre elle. Mais tout se mélange, plus rien ne lui apparaît clairement. Ses jambes se dérobent et l’abandonnent. Ses genoux cognent contre le sol et son regard se perd dans le vide.

« Je suis désolée … »

Un murmure, juste un murmure. Hatsu est vivant, Hatsu a repris le contrôle, mais à quel prix ?
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Sam 13 Avr 2019 - 10:05
Ryû était libre, Yokka défait. Mais à quel prix ? Le bleu n'avait pas une once de ressentiment à l'égard de Chiaki, mais il semblait qu'elle... n'ait pas accepté ses propres actes. Il était évident qu'elle ne pouvait regretter d'avoir torturé le quatrième, mais le Nozomi comprenait assez facilement qu'elle soit déstabilisée des dégâts infligés à l'être qu'elle aimait le plus au monde. Les soins furent ... salvateurs, la douleur s'effaçant peu à peu, mais le corps portait encore des stigmates, bien qu'ils ne fussent pas visibles, dus à cet enchainement et ce déchainement de violence. D'ailleurs, le jeune homme ne bougeait pas, c'était la première fois qu'il n'était plus maître de lui-même pendant aussi longtemps. Les premiers mots de la brune furent... bizarrement comme des poignards pour lui. Oh, ils se voulaient rassurants, mais l'image de la fillette lui fit ressentir une grande douleur. Il repensa à ses parents... Ses faux géniteurs, qui le protégeaient sans cesse... Il n'était pas responsable, non, un tueur habitait son corps, mais ce n'était pas lui... Son visage afficha une grimace, il ne voulait pas qu'elle... emprunte cette voie, celle où il finirait par la détester pour ne pas mettre fin à tout... Mais c'était différent, car elle, dès le premier écart, avait agi et d'une manière efficace.

Ryû regardait son élue, avec une grande tristesse... Elle souffrait, alors qu'il ne fallait pas qu'elle souffre. Sa faiblesse avait engendré cela, la mort d'une innocente, la souffrance de l'être aimé, il n'était pas si fort et courageux qu'elle voulait bien le croire. Lorsqu'elle demanda si le fou furieux était parti, le Chûnin esquissa un sourire timide tout en acquiesçant, il pourrait lui expliquer plus en détail pourquoi il ne serait plus un problème avant un bon moment... Mais là, il ne voulait pas parler de cela, il souhaitait la réconforter, lui dire qu'elle n'avait pas à s'en vouloir... Mais... Elle s'excusa, il n'avait pas pris les devants, et voilà qu'elle faisait quelque chose d'inutile. Il leva un bras, ou du moins tenta, mais la douleur en lui n'avait pas totalement disparu, et rien ne se passa... Elle finit par tomber, s'excusant à nouveau, toute tremblante... Cette situation ne devait pas exister, et prit d'une force dépassant ses propres "limites", Hatsu se dressa sur ses deux jambes... Son intention était simple, il voulait aller jusqu'à elle et la prendre dans ses bras. Mettre fin à cela, lui faire oublier, lui montrer que tout allait bien... Il ne put faire que deux pas avant de s'écrouler... Mais c'était bien plus que suffisant.

Il trébucha, mais était assez proche pour tomber devant elle, à genoux également, assez proche... Juste là où il lui fallait être. Il la fixa dans les yeux, et d'une manière aussi brusque que spontanée, il la saisit dans ses bras, la serrant...vraiment fort... Il voulait que ses tremblements partent, il fallait qu'elle redevienne la Chiaki habituelle, forte et douce à la fois, déterminée, courageuse et surtout... Sa Chiaki.

"Tu n'as rien fait qui nécessite des excuses... Au contraire, je suis... plus fier de te connaître et de t'aimer que jamais."

Il marqua une pause, la douleur avait disparu, un instant, et il se retenait de laisser couler une larme, il devait rester fort, lui montrer que tout allait bien, ne pas se laisser aller aux émotions. Tout cela était derrière eux après tout, il fallait aller de l'avant.

"Tu as fait ce que personne n'avait jamais fait pour moi avant... Malgré que cela ait dû te ... détruire, tu as osé affronter ce monstre, et il ne reviendra plus, je vais devenir fort, et plus jamais il ne fera de mal... Plus jamais il ne t'obligera à faire une chose qui te fait du mal.."

Il ne la lâchait pas, car outre cette histoire sordide, elle lui avait manqué, plus... plus que tout, plus que quoi que ce soit dans sa vie, il ne s'était jamais senti aussi seul que durant ces jours où Yokka le tourmentait, et il ne le voulait plus, il voulait être avec elle, aussi longtemps que possible... Peut-être était-ce cette atmosphère surchargée d'émotions qui le poussa à dire les mots suivants... Mais il était plus que temps, à son sens. Il y pensait depuis un certain temps, mais les apparitions du quatrième étaient un frein à ce genre de pas en avant... Car oui, ceci pourrait la mettre en danger. Mais il ne devait pas hésiter, car c'était ce qu'il voulait, passer le plus de temps possible avec elle...

"Je veux... que tu vives avec moi. Je veux passer mes nuits à tes côtés, toutes... Sans exception. Je t'aime, Chiaki, et rien ne pourra changer ça..."



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Mar 16 Avr 2019 - 17:49

Pour le meilleur ou pour le pire.


La culpabilité. L’immense peine qui creuse un trou béant dans sa poitrine. Non, ça ne va pas. Non, ce n’est pas une victoire. Ryû souffre. Ryû a vu tout ça. Il a vécu tout ça. Le sien, sa moitié, cet être qui ne doit jamais souffrir. Il a été au milieu de tout, au croisement entre la haine de Yokka et la violence de Chiaki. La brune soupire. Elle ne sait plus où se mettre, quoi penser, quoi dire. Est-elle une bonne personne, au final ? Mérite-t-elle qu’il soit là, après cette explosion de violence ? Après tout ça, peut-il toujours l’aimer ? Aussi fort qu’elle l’aime ? Aussi fort qu’elle a l’impression d’avoir tout brisé ?

Les bras de Ryû la ramènent contre lui. Une sensation délicieuse traverse l’intégralité de ses membres. Une chaleur rassurante, qui lui permet de tout oublier, ou presque. Hatsu. Son odeur, sa douceur, sa gentillesse. Là, tout près. Qui se bat contre ses propres douleurs pour la maintenir contre lui. Son Ryû. Il est là. Chiaki pose la tête contre son torse, mue par une sorte de réflexe de survie, comme si sa santé mentale en dépendait. À l’entente de ses mots, la chirurgienne ajoute une main sur son torse et serre doucement son vêtement déchiré. Il la maintient. Il lui garde la tête hors de l’eau. Il la préserve, de leurs démons communs. Chiaki ne bouge plus. Les tremblements cessent peu à peu et les battements de son cœur retrouvent un rythme normal. Ryû est là. Ryû ne lui en veut pas. Ryû l’aime, un peu plus encore pour ce qu’elle a fait.

La Chûnin se blottit un peu plus contre lui, incapable de savoir quoi faire réellement. Sa bouée de sauvetage est là. Ce qui la maintient sur la terre ferme et lui permet de ne pas complètement divaguer. Il est là. Il la serre contre lui. Il l’aime. Ses sentiments ne sont pas altérés, au contraire. Ils sont peut-être plus forts encore. Chiaki sourit. Un sourire mélancolique qui se modifie en une mimique différente.

Elle recule assez brusquement et mêle ses prunelles émeraudes aux yeux vairons. Qu’a-t-il dit ? Après tout ça, après qu’elle lui ait presque ôté la vie, après tout ça … Il … Il veut vivre avec elle ? Il veut qu’elle vienne avec lui ? Qu’ils restent ensemble pour de bon ? Yokka ne reviendra pas, la brune en est certaine. Pour le moment, il est tapi au fond de son esprit, il ne surgira pas avant un bon moment … C’est une victoire, au fond. Une victoire car elle les mène tous les deux vers la paix, mais aussi, et surtout, vers un grand progrès. La brune cligne des yeux une fois, deux fois.

« Ryû ! »

Les prunelles écarquillées, Chiaki déglutit. Son cœur reprend un rythme effréné, qu’elle ne contrôle plus. Cette fois, la peur n’est plus, il n’y a plus aucune crainte qui résonne en elle, non … Juste … Juste cette joie grandissante à l’idée d’être avec lui pour de vrai, de rentrer dans un même appartement le soir … De s’endormir à ses côtés et se réveiller dans ses bras le matin. Cette demande paraît plus être une affirmation qu’une demande. Il ne s’agissait plus tant de savoir si elle le voulait, non … Mais quand, quand ils finiraient par se le dire. Chiaki hoche doucement la tête et revient se nicher tout contre lui.

« D’accord, Ryû. Vivons ensemble. »

D’un mouvement délicat, lent et doux, la chirurgienne remonte la tête et dépose un baiser sur sa mâchoire. Sa moitié. À elle. Pour de vrai. Qu’elle verra tous les jours. Vivre avec lui … Oui, au fond ce n’était qu’une question de temps. Et maintenant, il semble que cette question ne se pose plus. Le doute n’est plus possible. La brune serre sa moitié un peu plus fort, pour se rassurer, mais aussi lui transmettre toute cette excitation qui la gagne. Vivre avec lui ! Vivre ensemble ! Manger ensemble le soir, dormir ensemble, rester ensemble !

« Je dois ranger ici … On peut rentrer chez toi, après. Je ramènerai mes affaires demain. Ce sera plus simple … »

Chiaki remonte un peu et l’embrasse sur la joue, cette fois.

« On fait comme ça ? »

Elle recule légèrement et penche la tête, tout sourire. Effacée, la profonde peine qui écrasait son cœur. Renouvelé, l’espoir d’une vie paisible et agréable. L’espoir de cette vie à deux, avec l’homme qui s’impose de plus en plus comme une évidence. Comme le seul, l’unique être qui parcourra sa vie à ses côtés. Au-delà de leurs imperfections, malgré toutes les difficultés … Au-delà de la mort.
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Mar 16 Avr 2019 - 22:46
La réaction fût immédiate, et positive. Ryû ne savait pas s'il devait sourire, sauter de joie, lui sauter dessus pour l'embrasser... Enfin, sourire était à peu près le mieux qu'il pouvait faire, alors il s'en contenta. Un nouveau pas, peut-être le plus important dans leur relation, celui qui allait définitivement réduire la distance qui existait jusqu'à les transformer en un véritable couple, qui partageait le même toit. S'aimer était une chose, se le dire une autre, et ... le partager au quotidien était la plus grande des preuves d'amour. Aucun des deux n'avait eu d'hésitation, car ils savaient ce qu'ils faisaient, où ils allaient, et ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. La douleur s'était en grande partie envolée, et le cœur du bleu battait à tout rompre. Sa Chiaki, celle qui pouvait lui faire tout oublier aussi longtemps qu'elle était là, allait finalement vivre avec lui. Il ne le réalisait pas, pourtant, il était bien à l'origine de la demande. Il la fixait, incapable de dire un mot, sa joie étant si haute... Haute, oui, trop haute, après ce qu'avait subi la petite fille. Son sourire s'estompa un instant, les pensées noircies par un crime qui ne pouvait être lavé. La chute fût lourde, le jeune homme n'était pas prêt à oublier cela, il voulait expier... Le baiser de sa moitié fût un maigre réconfort, mais l'étreinte n'était pas pour lui déplaire...

Ce n'était pas le premier crime commis par ses autres "lui", et pourtant, celui-ci avait une symbolique bien moche... Terrible, pour sa propre vie. S'il avait oublié un instant pourquoi il avait était enfoui si profondément dans sa propre conscience, c'était dû à elle, et seulement elle. La voir aller mal, c'était au-delà de ce sentiment de honte et de remords intenses. Il ne pouvait lui dire cela, alors qu'elle semblait si heureuse... Lui aussi l'était, mais son esprit était tourmenté, comme si Yokka, du fin fond de sa mue, lui envoyait des idées négatives, des pensées obscures pour le ronger. Il serra la brune contre lui, et l'écouta, sans dire un mot. Sa respiration était très apaisée, presque trop... Il voulait oublier... Il le devait. Lorsque la Sentetsu se décolla de lui, il esquissa un faux sourire, pour ne pas l'inquiéter... Dans l'absolu, il voulait dormir, à ses côtés, la serrer contre lui... Rien de plus.

"Je t'attends alors, rentrons vite..."

Et il la laissa ranger, faire disparaitre toute preuve de ce qu'il s'était passé. Cela ne devait jamais resurgir, pas même entre eux. Le Nozomi avait sans doute perdu beaucoup ce soir-là, mais il refusait de perdre le sourire de sa bien-aimée. Ce serait trop dur à encaisser.

***

La porte s'ouvrit sur cet appartement qu'il ne connaissait que trop bien. Après tout, c'était sa demeure. Aucune odeur particulière, tout était rangé et ordonné, avec simplement une valise qui dépassait de sous le lit. Un vestige du monstre qui se cachait en lui... Les outils utilisés sur la fillette en provenaient... Sa douleur était partie sur le chemin, pourtant il dû se tenir contre le mur pour ne pas chuter... Sa tête tournait à la vue de cette boite... Il ne laissa pas l'opportunité à Chiaki d'intervenir, et dans un élan de rage, il ne lui fallut qu'un instant pour atteindre la malle et la renvoyer sous le sommier d'un coup de pied très puissant... Il tourna alors sur lui-même, involontairement, et se retrouva aussitôt étalé sur le lit, sur le dos... D'une certaine façon, ce coup lui avait fait beaucoup de bien, comme s'il avait directement frappé Yokka en pleine face... Mais il ne s'agissait pas juste d'une querelle ou d'une divergence... Le monstre avait tué, tué quelqu'un de bien trop innocent... Et Ryû avait occulté la présence de son élue : un bien piètre amoureux...


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Hier à 2:55

Pour le meilleur ou pour le pire.


Ranger. Faire disparaître toutes ces horreurs de la réalité. Chiaki le sait, au fond, tout effacer est une bien maigre consolation, une façon de faire taire leurs démons seulement pour un instant. Au-delà du tangible, au-delà de cette matérialité se trouve leur esprit, condamné à se souvenir de ces tristes événements. La Sentetsu a beau essayer, il est difficile d’enfouir ces images. Faire table-rase lui est impossible. Se servir de cette expérience comme d’un tremplin ? Aussi optimiste et positive soit-elle, la chirurgienne ne le peut pas. Pourtant, l’idée de vivre avec sa moitié la réjouit, met du baume sur toutes les blessures mentales qu’ils ont causé, l’un à l’autre. Il y a ce pansement, là, sur son cœur. La perspective d’un futur meilleur, l’amertume d’un passé douloureux.

Chiaki accélère le mouvement, pour que tout disparaisse. Méthodique, minutieuse, la chirurgienne s’assure que toutes les traces restantes soient effacées, pour que le tangible ne puisse plus rappeler l’intangible. Une piètre manière de passer à autre chose, certes, mais déjà un pas vers l’avenir.

Une fois que tout est fait, la brune repart avec sa moitié, cette fois vers cette vie modifiée qui les attend. Une vie où ils ne sont plus séparés, où ils ne sont plus seuls. Une vie qu’ils partagent, sous un même toit. Au fond, tout paraît si beau, dit ainsi. Mais où commence le bonheur, lorsqu’il part avec un bagage bien plus lourd que lui ? De tous temps, l’Homme a été une créature qui accentue le négatif et oublie le positif … Une faiblesse presque universelle, qui coûte bien des moments de joie à tous les êtres. Pourtant, aucun d’entre eux ne semble capable de progresser. Il y aura toujours cette tache noire pour les empêcher de réfléchir correctement. Cette ombre sur leur lumière. Ce malheur, sur leur bonheur.

***

Le cocon. Chiaki sourit en voyant la porte s’ouvrir. Cet endroit a été le théâtre de souvenirs douloureux, mais aussi d’histoires qui ne se content que du bout des lèvres, ou qui ne se content pas. Ces histoires délicieuses qu’on garde en mémoire toute une vie, et qui font rougir quand on y repense.

Cette euphorie redescend presque instantanément quand Ryû croise le chemin d’une valise qui dépasse de sous le lit. La colère, la rage, la haine, cocktail surpuissant d’émotions négatives. Elles éclatent toutes ensemble, matérialisées sous le coup de pied rageur porté par le bleu. Chiaki ne dit rien, attend. Au fond, peut-être est-ce une manière pour lui d’exorciser Yokka. Ce n’est pas forcément la meilleure des solutions, du moins aux yeux de la chirurgienne, mais peut-elle réellement en juger ? La Sentetsu garde le silence alors que sa moitié retombe sur le lit, les yeux dans le vague. Elle pousse un léger soupir.

« Il faudra te le pardonner, Ryû. »

Quelques mots, qui s’échappent et tombent dans la réalité comme une guillotine. Difficile de l’admettre, difficile de vivre avec, pourtant ces événements ont eu lieu et rien ni personne ne pourra les modifier. Le progrès, c’est de les assumer. Ryû n’est pas Yokka, Chiaki ne le sait que trop bien. Pourtant, Yokka fait partie de Ryû, indéniablement. La brune s’approche.

« Je ne peux pas imaginer à quel point c’est difficile … Mais tu dois te nourrir de cet échec, pour devenir plus fort que lui. »

Les prunelles émeraudes balaient l’appartement. La brune est à la recherche de quelque chose pour lui changer les idées. Quelque chose qui puisse modifier cette situation complexe dans laquelle ils se trouvent. Un leurre. La fatigue de ce que son corps a vécu est impossible à ignorer, elle ne fera que revenir, et il tombera. De sommeil ou d’autre chose, il tombera.

« Bon ! En parlant de se nourrir, mangeons ! »

Dérisoire, mais nécessaire.

« Je suis chirurgienne, pas cuisinière, mais je pense savoir faire quelques petits trucs basiques mais efficaces. Donc, nous mangeons, puis nous irons dormir. Tu as bien besoin de ça, je pense. Et moi aussi. »

Chiaki se déplace jusque dans la cuisine et improvise quelque chose en ouvrant les placards. Avec ses piètres talents, la brune se sait capable de réaliser des ramens. Bon, ils ne sont pas exceptionnels et ne cassent pas trois pattes à un canard, mais ils ont l’avantage d’être faits avec beaucoup d’amour – et un peu trop de science. La chirurgienne met tout en place et regarde avec malice les ingrédients à sa disposition. Ça devrait le faire !

« Alors, hum, on ne se moque pas, hein ! »

La demoiselle réapparaît de la cuisine avec une moue boudeuse, comme pour inciter Ryû à la suivre. Motivée, elle retourne sur ses pas et se met au travail, avec une seule idée en tête : faire à manger non pour elle seule, mais pour deux. Alors il faut le faire correctement et faire en sorte que ce soit bon.
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Hier à 12:21
Ryû avait montré un bien piètre spectacle à Chiaki, ce soir. D’abord, il n’avait pas su contenir ce meurtrier en lui, et l’avait plus ou moins laissé commettre l’irréparable, et maintenant il se laissait aller à un élan de rage, pile devant ses yeux, se faisant passer pour un colérique… Mais ce n’était pas Nibanme, ici, c’était bien Hatsu qui avait laissé sa colère émerger. Rage, et honte, toujours cette honte, jamais elle ne disparaîtrait totalement. Les mots de la brune ont peu d’impact, au fond il le savait, qu’il devrait se pardonner, mais il ne savait pas encore comment. Il n’osait pas la regarder, lui qui seulement quelques instants auparavant avait voulu la réconforter. Maintenant, c’était lui qui se trouvait dans une situation nécessitant de l’aide. Mais… Pouvait-elle lui donner ? Pouvait-elle changer son état si facilement ? Si elle ne le pouvait pas, personne ne le pourrait de toutes façons.

Un point était correct dans ce que lui dit la Sentetsu : elle ne pouvait pas comprendre, ni même imaginer, ce qu’il pouvait avoir vécu ce soir, ni même les fois précédentes. Commettre des meurtres, y assister, sans ne pouvoir rien y faire, était la pire des tortures. A côté, les quelques coups de scalpel de son élue n’étaient qu’une partie de plaisir… Au sens figuré bien entendu. Ses paroles étaient cependant fortes de sens, mais n’atteignaient pas le cœur du Nozomi, qui revoyait le visage de la fillette effrayée, et ne pouvait penser en faire une... force, s’en « nourrir ».

La phrase qu’il entendit de la chirurgienne le fit presque sourire, tant elle était inattendue. Une proposition de lui faire à manger ? Il ne savait pas quels étaient ses talents culinaires, mais il l’avait toujours vue se tenir de l’autre côté de la cuisine, pour manger, voire dévorer, contrairement à ce que pourrait laisser penser sa silhouette à la limite de la perfection. Un peu de chaleur se plaça dans son cœur, elle empruntait une bonne voie pour l’aider, celle des petites attentions, celle de l’inattendu également… Mais il ne bougea pas tout de suite, et lorsqu’elle sembla l’appeler sans vraiment le dire, il se leva difficilement… Avant de la rejoindre, il attrapa un t-shirt dans son placard, le précédent ayant été … détruit par sa moitié.

Il s’approcha, le visage totalement différent de d’habitude, et s’assit en face d’elle. La voyant, si belle et si attentionnée, il commença à oublier, pour l’heure, ce qu’il s’était passé… Elle qui était si parfaite, si douce avec lui, alors qu’elle pouvait être si terrifiante avec ses ennemis… Son amour pouvait représenter le seul tremplin qui allait l’aider à passer outre cette épreuve … de trop. Il esquissa alors un sourire, les nouilles ne semblaient pas dignes d’un restaurant, elles étaient même sans doute juste mangeables, mais l’amour que sa chère et tendre avait mis dedans les rendrait sans aucun doute exquises.

« Merci… Je ne savais pas que tu cuisinais… »

Lâcha-t-il, d’une voix pratiquement normale, légèrement blagueuse. Il était aussi heureux qu’il pouvait l’être, et comme l’avait si bien dit la Chûnin : il devait devenir plus fort que Yokka. Ne plus jamais le laisser recommencer. Plus jamais. Il goûta alors, et bizarrement, ou plutôt comme attendu, c’était un véritable délice. Impossible, cependant, de déterminer si le goût avait été influencé par ses sentiments ou la faim qui le tenaillait. Au fond, qui s’y intéressait, du moment que ça semblait être les meilleures nouilles au monde ?


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