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Une main dans les ténèbres. [Zeref]

Yuki Kaelia
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Jeu 25 Avr 2019 - 20:15

Une main dans les ténèbres.


Se dessinent les ombres de son futur comme une mélasse difforme et sombre. Plus rien n’a de sens, plus rien n’évolue comme il le faudrait. Dans cette avancée silencieuse au devant du deuil, Kaelia avance sans connaître sa route. Ses pas la mènent inévitablement vers cette tristesse qui la ronge, peu importe l’activité à laquelle elle s’adonne. Chaque mouvement, chaque respiration, chaque pensée, tout la ramène inévitablement à Mama et à sa mort. Le vide dans son cœur se creuse au fur et à mesure et ne lui laisse aucune échappatoire. Les ténèbres se referment et l’engloutissent. Sortira-t-elle vivante de cette épreuve ?

J’ai laissé mon cœur sur le côté. Je crois que je n’en ai plus besoin. Chaque fois que j’y pense, j’ai mal. Il ne me sert qu’à ça, de toute façon : souffrir. Il n’y a plus que ça. Mama est partie. Mama ne reviendra plus. Et pourquoi ? Pour un village qui n’a pas su faire la part des choses. J’ai beau y réfléchir, j’ai beau tourner et retourner la situation dans ma tête, je ne comprends pas comment Kiri la Grande a pu en arriver là. Je sais, Mama. Je sais que tu t’es battue jusqu’au bout, fièrement. Je sais que tu as adoré ce village, que tu as veillé sur lui depuis ses débuts. Je sais que tu veux le voir grandir. Penses-tu seulement qu’il grandira ?

Kaelia soupire. Ses yeux sont pleins de larmes qu’elle retient difficilement. Sa marche dans le village est lente, maladroite. Au fond, seul son instinct la guide, la brune n’a aucun impact sur ses propres déambulations. Plus rien n’a de sens, ni même ses pieds qui se posent, l’un après l’autre et ne la mènent nulle part. La Genin avance, avance, progresse dans ses ténèbres vers une lumière qu’elle n’imagine plus. Dans sa torpeur, lorsqu’elle a décidé de jeter son cœur, la Yuki a aussi mis de côté un élément primordial de sa propre vie. Pas un lien de sang, pas une résurrection possible de sa grand-mère, non. Quelque chose de très fort, quelque chose qui pourtant ne parvient pas à résonner au fond de son être. Un nom. Quelques lettres. Des souvenirs merveilleux. Mais une bulle opaque qui l’empêche de la rejoindre.

Elle avance encore, tentant d’ouvrir une brèche pour s’extirper du néant. Après plusieurs longues minutes à déambuler, la brune s’arrête. Naturellement, sans y penser, elle a fini par se trouver dans un endroit qui fait tout éclater en elle. Les topazes s’élèvent et se déposent sur la devanture. « Kurayami ». Le nom la frappe. L’évidence. C’est là que se trouve son cœur. C’est là qu’elle doit aller. Il n’y a rien d’autre à dire, rien de plus à réfléchir. Tout était là. Depuis le début.

Kaelia cligne des yeux plusieurs fois et prend son courage à deux mains. S’il n’y a qu’une seule solution, qu’une seule échappatoire à cette sombre histoire, elle se trouve ici. Il n’y a que lui qui pourra l’aider. Sa main se pose timidement sur la poignée et elle ouvre la porte.

« Bonjour. »

Le mot tombe comme un simple gargouillement, quelques sons désassemblés qui ont perdu toute sonorité. Kaelia est une coquille vide de lumière, qui avance à la manière d’un cadavre. Elle ne sait pas si c’était une bonne ou mauvaise idée de venir directement ici, mais il semble que son instinct ait opté pour cette solution. S’en remettre à Zeref. Déposer tous ses espoirs sur ses épaules et laisser sa confiance en lui la guider sur la voie de la lumière. Croire en tout ce qui les unit et avancer. Parce que c’est peut-être là sa seule chance d’en ressortir indemne.

Spoiler:
 
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Kurayami Zeref
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Mar 30 Avr 2019 - 20:15
Les récents évènements m'ont beaucoup fait relativiser sur ma situation, et celle de ce village. J'ai longtemps pensé que les gens ne pouvaient changer, et me suis mis dans la tête que je ne pouvais qu'avoir raison sur ce point. Vint alors une merveille, un sucre, une étoile... mon flocon de neige, qui me fit réaliser que j'avais tort, jusqu'alors. Yuki Kaelia, la première à m'avoir montré le bon que pouvait cacher ce monde, était apparue sans que je ne m'y attende vraiment. Depuis, les événements se sont enchainés, emmêlés, et me voici à chercher comment devenir plus fort. Je l'ai promis à Reikan, cette deuxième personne, unique en son genre à mes yeux, je ne lirai plus avant d'être devenu un Chûnin. Et depuis, je n'ai pas ouvert un seul roman fantastique, quel qu'il soit. De ce fait, je passe mon temps entre entrainements et repos, repos et entrainements. Ma raison ? Devenir fort, pour ne jamais avoir à perdre à nouveau, mais surtout ne jamais avoir à perdre mon élue.

Je me fais sans doute des illusions, mon potentiel étant limité comme pour n'importe qui, mais j'ai ce rêve de pouvoir vaincre quiconque tentera de lui faire du mal. Lire des livres m'a vraiment rendu trop rêveur, Reikan avait raison, mais quand bien même je me tromperais, il n'est pas question que je laisse aller. Le sourire de la Yuki, sa candeur, son côté adorable, sa gentillesse... Si je perds tout cela, alors je perdrai mon but et redeviendrai un loup solitaire, pour de bon, et surtout ailleurs, loin. Mais pourquoi la perdrais-je ? Elle a survécu, comme moi, et en ressortira plus forte, en tout cas je l'espère.

"Saeko, nous devons tenir le magasin, ce matin. Je te laisserai gérer, tu te débrouilles bien dernièrement d'après... papa."

Toujours cette difficulté à le considérer comme mon père, et cette discussion que je repousse inlassablement. Mon humeur est bonne, aujourd'hui, car j'ai enfin un but réel, qui n'implique pas de fuir et d'être pourchassé. Lorsque la porte s'ouvre, je regarde attentivement, prêt à ne pas faire mon plus beau sourire et à saluer la personne qui s'avance. Mais mon sourire vient, naturellement, avant de fatalement disparaitre. Oh, la personne qui entre, je veux la voir, encore et toujours, je ne m'en lasserai jamais, mais la mine qu'elle arbore, et la façon dont elle dit "Bonjour" me font froid dans le dos. N'importe qui comprendrait qu'elle va mal, mais beaucoup se diraient qu'elle doit être fatiguée, ou juste mauvais poil. Pas moi, car je sais qui elle est, et je ressens une grande peine à la voir ainsi.

"Saeko, je te laisse t'occuper de tout, désolé, mais ne vient pas me déranger."

Mes mots étaient entre froideur et chaleur, se voulant stricts mais aussi pas trop durs à recevoir par ma petite sœur. Elle ne sait pas que je suis amoureux, mais va vite s'en douter, même si je me fiche éperdument que quiconque soit au courant de ça. Je vais vite au contact de la brune, et je lui saisis la main délicatement avant de lui glisser quelques mots.

"Bonjour, Kaelia. Je... Suis-moi, allons dans un endroit plus calme."

La librairie est bien calme, mais le fait de pouvoir être dérangés ne me plait guère, alors je l'invite à me suivre à l'arrière boutique, dans une pièce assez étroite qui ne contient que deux chaises et un petit bureau, tous en bois. Je l'invite à s'assoir sur l'une des assises tandis que je prends l'autre, en face, très près. J'attrape alors ses deux mains, terrifié à l'idée de découvrir la raison de son état. Je ne sais que dire, car demander "Que se passe-t-il ?" est bien trop cliché. Mais je n'ai pas le choix, je veux savoir pourquoi ma lueur dans l'obscurité semble éteinte.

"Kaelia, que s'est-il passé ?"

Ma voix est douce, compatissante sans même savoir le mal qui la ronge, et j'attends sa réponse, paré à toutes les éventualités, espérant pouvoir l'aider d'une quelconque manière.



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Dernière édition par Kurayami Zeref le Mer 1 Mai 2019 - 23:26, édité 1 fois
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Yuki Kaelia
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Mer 1 Mai 2019 - 22:34

Une main dans les ténèbres.


Le vide. L’immense vide dans sa poitrine. Kaelia avance de la même manière qu’une machine, ne fait absolument pas attention à son environnement. Tout se passe, le temps défile, mais elle ne bouge pas. Son temps à elle s’est arrêté. Il ne semble pas pouvoir reprendre, pour le moment. Il n’y a rien, rien d’autre que ce néant qui l’absorbe et la laisse dans un état à demi-éveillé, à demi-endormi. Une silhouette qui avance, qui pousse, qui réagit à peine aux stimuli qui lui sont envoyés.

Saeko. Le nom heurte son esprit et ses prunelles se déposent sur la demoiselle qui lui fait face. Une petite fille. Sa sœur, sûrement. Elle travaille ici, avec lui. Une des rares personnes que Zeref porte dans son cœur. Kaelia l’observe sans l’observer, les informations ne parviennent pas à monter jusque dans son cerveau. D’ici quelques minutes, elle aura sûrement oublié – ou peut-être pas.

La main de Zeref se saisit de la sienne et il l’emmène quelque part. Ses membres bougent, suivent le mouvement impulsé par sa moitié, bien qu’elle ne comprenne pas où ses pas la mènent. Où vont-ils ? Pourquoi y vont-ils ? Ah, oui … Parce qu’il veut l’emmener dans un endroit plus calme. La petite pièce s’ouvre et dévoile un petit bureau, avec deux chaises. Kaelia se retrouve assise sur l’une d’elles, les mains dans celles du loup noir. Son cœur bat, son esprit nage dans un océan sombre et ténébreux. Des songes, des peines, des questions, tout se mêle dans une gigantesque sphère incompréhensible, où tout l’écrase sans qu’elle ne puisse en sortir.

« Kaelia, que s’est-il passé ? » Coup de poignard en plein cœur. Il n’a pas le choix, il doit lui demander. « Kaelia, que s’est-il passé ? » La phrase innocente, qui a un effet surpuissant. Elle ferme les yeux, inspire. Son esprit se reconnecte à la réalité. « Kaelia, que s’est-il passé ? » Déglutition. Trop de choses se sont passées, beaucoup trop de choses … Nouvelle inspiration, pour se donner du courage. Pour rester forte face au torrent de larmes qui menace de l’assaillir. Le dire, c’est l’admettre. L’avouer, c’est lui donner une réalité. Est-elle prête à cela ? En a-t-elle le courage ? « Kaelia, que s’est-il passé ? » Elle n’a plus le choix. Au final, si elle est venue jusqu’ici, c’est pour lui dire. Pour trouver le réconfort de sa voix, la douceur de ses mots, la chaleur de sa peau. Zeref, Zeref, Zeref, le seul capable de lui tendre la main et la sortir de ses ténèbres. « Kaelia, que s’est-il passé ? » Il y a quelque chose que je dois te dire …

« C’est Mama … »

Un hoquet. Son menton se tord sous la force des perles salées. Elle va plier, elle va plier, elle va plier. La Yuki sent l’arrivée des larmes, qui lui paraissent beaucoup trop lourdes pour être retenues. Il faut lui dire, crever l’abcès, puis, après, laisser l’océan se déverser. Kaelia ferme les yeux et serre plus fort sur les mains qui tiennent les siennes. Elle inspire, expire, inspire, expire, suffisamment de fois pour que la vague redescende.

« Elle est … Pendant la guerre civile, elle … »

Une nouvelle inspiration, profonde. Les larmes roulent d’elles-mêmes, pour l’instant sans trop la secouer. Ses prunelles, jusque-là rivées sur le sol, remontent et se plantent dans les yeux incarnats de sa moitié. Le contact est inévitable, autant que la crise qui arrive. La brune le sait, ses barrières sont en train de tomber une à une et ne laissent plus rien. Juste … Juste cette peine horrible qui lui massacre le cœur.

« Mama est morte. »

L’annonce tombe comme une guillotine. Les lèvres se tordent de nouveau et sont rejointes par des larmes qui coulent, coulent, encore et encore, sans pouvoir s’arrêter. Kaelia ne bouge pas, ne gémit pas. Aucun son ne s’échappe de sa gorge ni d’entre ses lèvres, il y a seulement les pleurs qui roulent, là, sur ses joues. Qui les noient progressivement et la laissent avec une vision floue et des soubresauts. À la question, « Kaelia, que s’est-il passé ? », voici la réponse : Yuki Manami est morte. Le seul morceau de sa famille qui la rattachait encore au Yuki, sa dernière famille, son étoile s’est envolée. Elle n’existe plus et a rejoint le monde des astres. Ainsi va la vie, elle est donnée, puis elle est prise, seuls les vivants peuvent s’en apercevoir. Et les vivants sont les premiers à être écrasés par le poids de la mort. La brune baisse les yeux et regarde une nouvelle fois le sol. Elle serre les dents, pour tenter de maintenir la crise, mais rien n’y fait. Les larmes filent à toute vitesse, inarrêtables.
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Kurayami Zeref
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Dim 5 Mai 2019 - 17:09
La pression sur mes mains vient s'ajouter au reste, l'ambiance est pesante, et mon cœur bat bien vite, la tension que je ressens quant à l'état visible de Kaelia me rendant littéralement très stressé. Je ne l'ai jamais vue ainsi, et très rarement vue d'une humeur ne se prêtant pas à sourire, mais là, on est bien loin d'une simple grimace ou d'une bouderie. La Yuki semble dévastée, et je ne peux voir ça et y rester insensible. Lorsque les premiers mots tombent, je suis incapable de dire quoi que ce soit. Mama ? Oui, elle m'en a parlé, c'est sa seule famille restante, ici, à Kiri, elle est comme une mère pour elle, mais pourquoi... Que s'est-il passé ? Je ne peux aisément imaginer le pire, pourtant, avec les récents événements, cette guerre civile à laquelle j'ai été mêlé malgré moi, tout a pu arriver. Mais si c'est cela, alors je me dois d'être fort, de la soutenir, de représenter un point de repère stable, et surtout de ne pas l'abandonner. Enfin, ce dernier point est évident, je ne l'aurais pas fait dans tous les cas. Lorsque ses topazes viennent chercher mes rubis, je peux voir ses larmes, et je serre instinctivement mes mains sur les siennes, atterré de la voir dans cet état. Elle finit par le dire, et je deviens incapable de me mouvoir. Je ne voulais pas penser au pire, et pourtant c'est le cas.

Je reste figé, mais je dois agir, là, elle se retient d'exploser, de se laisser aller à sa peine, et de pleurer, mais que faire ? Je ne sais comment réconforter quelqu'un, quels sont les mots ? Existent-ils seulement ? Mes mains lâchent les siennes, tandis que je quitte mon siège. Ma dextre et ma senestre se posent respectivement sur les épaules de Kaelia, et je détruis l'espace qui nous sépare. Je l'attire à moi, et je tombe à genoux, la serrant contre moi, à même le sol, qui s'en inquiétera après tout. L'étreinte est puissante, et si les mots ne sont pas utiles, ce geste a pour but de lui montrer une unique chose : tu n'es pas seule. Elle ne l'est pas, ne le sera jamais, et ne l'a jamais été d'ailleurs. Depuis cette nuit étoilée, au bord de la mer, cette rencontre du destin, ce moment d'une vie, ou plutôt de deux vies, qui s'unissent, et prennent un chemin commun, qui peut se défaire, mais qui ne le fera pas. Je l'ai aimée au premier regard, je pense, et pour la première fois, je comprends à quel point je suis attaché à elle, car je peux ressentir sa peine, et ça m'atteint profondément. Sans la libérer de ma prison, la seule prison que quelqu'un peut apprécier, je murmure près de son oreille:

"Je suis désolé... Je ne peux effacer ta peine, mais ... je la partage. Je ne sais comment t'aider à aller mieux, mais je suis là, aujourd'hui, à cet instant, comme je l'ai été depuis qu'on s'est rencontrés, et comme je le serai toujours, pour l'éternité. Tu dois te sentir seule, sans doute, mais tu ne l'es pas. Tu dois te dire que tu ne peux surmonter cette épreuve... J'aimerais tellement que tu n'aies jamais eu à l'affronter, mais tu dois continuer. Tu ne peux ni ne dois oublier, mais il faut que tu t'accroches, et je t'y aiderai."

Mon discours était porté par cette émotion qui m'assaille, liée à son propre état, et je n'ai pas vraiment pensé à ce que j'ai dit, je n'ai fait que le dire finalement. L'important est là : le malheur est là, il est grand, il est même immense, mais il faut avancer, et la Yuki m'a, moi, pour passer outre. Je relâche légèrement l'étreinte, pour lui donner l'occasion de se libérer, si elle ne veut pas de ce genre d'acte, mais si elle veut rester contre moi, si cela la rassure, l'apaise, alors elle pourra me serrer à nouveau, car je ne veux que cela, être là, l'aider, la soutenir, l'aimer, quoi.

"Je suis là, Kaelia, mon flocon, mon étoile, je ne peux pas effacer ta douleur, mais je suis là. Parle-moi si tu le peux, sers toi de moi pour voir une lueur d'espoir dans ces ténèbres, je resterai avec toi jusqu'à ce que tu n'aies plus envie de pleurer, que ta peine soit partie, même si cela prend des jours, des semaines, alors je resterai ici avec toi, je m'en fiche, je n'ai que toi au monde, alors je suis prêt à tout pour t'aider, même à l'impossible."

"Je n'ai que toi au monde". Cette phrase est vraie, dans le sens où ma vie n'aurait plus d'intérêt sans elle, peu importe le reste, peu importe Saeko, mes parents, mon clan, sans Kaelia, il n'y a pas de suite à mon histoire, donc oui, il n'y a qu'elle au monde.


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Dim 5 Mai 2019 - 18:42

Une main dans les ténèbres.


Une étreinte. La peine brise son cœur, martèle son esprit et l’empêche de réfléchir correctement. Dans sa tête tourne la phrase unique, la même, encore et encore : Mama est morte. Cruelle litanie qui ne semble pas prête de cesser, qui tourne dans les quatre coins de ses pensées sans jamais pouvoir en sortir. C’est la réalité, une réalité indéniable et destructrice, qui lui enlève toute force, toute motivation, toute envie. Kaelia est une coquille, une surface mobile mais complètement vide. Il n’y a plus rien à l’intérieur, seulement quelques réflexes humains et quelques mouvements poussés par son instinct. Un animal. Ses sentiments se sont faits écraser brutalement par la nouvelle, il ne reste plus rien, à part une profonde tristesse. Pourtant, quand Zeref la prend dans ses bras et la serre, si fort, si fort, Kaelia sent une vague de chaleur s’emparer de tout son corps. Comme dans la nuit noire, il apparaît, auréolé de lumière, présent pour la tirer de ses ténèbres.

Bien qu’il ne sache pas vraiment ce qu’elle ressent, bien qu’il ne puisse pas la comprendre, l’hybride se dresse face à la tristesse comme un rempart, un unique pilier qui ne peut faiblir. Les mots qu’il prononce, sa voix douce dans les oreilles de Kaelia, son souffle chaud contre sa nuque, toutes ces choses éveillent en elles bien des sensations qui s’étaient éteintes. Son corps revit, réanimé par un seul être : Zeref. Les larmes ruissellent encore sur ses joues, la peine lui tord le cœur, mais tout le reste revient, parvient à traverser les barrières mentales de Kaelia. Une à une, elles faiblissent, ébranlées par le courage du loup noir. Tel un phénix, la Yuki réapparaît progressivement. Malheureusement, s’il parvient à réanimer chacune de ses émotions, le jeune homme ne fait que laisser libre cours au reste. Les vannes s’ouvrent, libèrent toujours plus de perles salées qui s’enfuient, courent sur les joues de la demoiselle.

Mais il est là. Inébranlable, l’homme se tient face au torrent qui submerge Kaelia. Il la serre contre lui et la maintient, la protège contre les vagues de tristesse qui se précipitent à toute vitesse dans sa direction. La brune le serre doucement contre elle, ses larmes s’écoulant désormais contre ses vêtements, trempant son épaule. Mais il est là. Il ne bougera pas. Aujourd’hui, demain, dans plusieurs mois, il ne bougera pas. Il scelle leur destin, annonce une forme de promesse qui réchauffe le cœur de la Yuki. Il ne compte pas la laisser partir, tout comme il ne compte pas partir non plus. Présent jusqu’au bout, pour toujours, pour cette « éternité » qu’il a mentionné. Kaelia se serre davantage. Les émotions se mélangent, incompréhensibles, se succèdent et reviennent, un pas, deux pas, qui vont en avant et repartent en arrière. Mais elles sont là, et c’est tout ce qui compte.

Les lèvres de la jeune fille déposent un baiser humide sur la joue de Zeref. Il la maintient, il est prêt à se battre pour ne pas la laisser faiblir face à tout cela. Un deuil difficile, mais qu’elle n’aura pas à réaliser seule. Une douleur qu’il partage, qu’il prend sur lui s’il faut la prendre sur soi. Kaelia dépose une main dans sa crinière et le garde un peu plus proche. L’hybride est la plus douce des présences … Et venir jusqu’ici était peut-être la meilleure idée qui lui soit passée par la tête.

« Zeref … »

La Genin avale difficilement sa salive, trouve la force de parler entre deux hoquets. Il n’y a qu’un mot qui s’échappe, mais c’est peut-être déjà bien. Elle ferme les yeux et inspire profondément. Les larmes s’écoulent, mais sont moins virulentes qu’au départ. La peine descend, devient plus supportable. Elle se noie, elle aussi, comme Kaelia. Vaincue par la douceur de l’hybride. Néanmoins, la Yuki le sait : dès qu’il la lâchera, dès qu’ils se sépareront, elle se brisera. Les pensées sombres reviendront, entraînant avec elle cette douleur indescriptible. Il ne faut pas qu’il s’en aille, pas pour l’instant. La brune laisse une main passer de la nuque de sa moitié à sa crinière sombre, dans laquelle elle se perd.

« Merci. »

L’étreinte se veut plus forte, comme une manière de se rappeler qu’il est là, qu’il est vraiment là. Il existe, il ne part pas. Il la maintient, là, serrée contre lui. Il ne compte pas bouger. Unique réconfort de la jeune femme, seule personne capable de tendre cette main salvatrice dans l’infinie quantité de ténèbres qui l’entourent. Kaelia dépose un nouveau baiser sur sa joue. Les pleurs se calment de plus en plus, jusqu’à cesser complètement. Mama est morte, c’est une certitude, elle ne pourra pas l’effacer, mais il faudra vivre avec, progresser. Face à l’adversité, il faudra se redresser, grandir. Ne jamais courber l’échine. Pour Manami, mais aussi pour Zeref.

« Il faut … Il faut que je devienne plus forte. J’ai peur, tu sais. J’ai peur qu’un jour, toi aussi tu sois en danger et que je ne puisse rien faire. Que je ne sache même pas que tu es en train de te battre et que je sois complètement impuissante. Je ne peux pas … » Elle inspire. « Je ne peux pas me permettre de te perdre toi aussi. »

Kaelia ferme les yeux. Que ferait-elle ? Comment se relever ? Après Mama, lui ? Non. Impensable. Leurs vies de shinobis les forcent à se mettre au devant de la scène, au devant du danger sans craindre d’y laisser leurs existences. Ils savent qu’ils sont emmenés dans son monde et qu’il s’agit d’un défi de tous les jours, où n’importe quel moment d’inattention pourra leur coûter très cher – trop cher. Mais ils sont là. Et la seule solution, dans ce genre de cas, est de ne rien lâcher. De se battre plus, plus fort, de continuer sur cette lancée pour vaincre même la plus brutale des menaces. Kaelia doit s’entraîner, encore et encore. Mais il n’y a pas que ça.

« J’ai peur, tu sais ? J’ai peur que Kiri ne soit pas la grande et belle Kiri que Mama me décrivait. J’ai placé tous mes espoirs dans ce nouveau Kage, Kagai Inja, mais sera-t-il à la hauteur ? Est-il capable de transformer ce village qui livre une bataille contre lui-même en un village où nous serons en sécurité ? Je ne sais pas s’il pourra tout changer, si Kiri n’est pas trop marquée par son passé. Est-ce que nous pouvons vivre ici comme dans notre maison ? Est-ce que nous pouvons croire en lui ? Je n’en sais rien … Je l’espère sincèrement, mais je n’exclus pas l’idée de devoir … »

Les derniers mots ne tombent pas. Peut-elle dire à Zeref une telle chose ? Peut-elle lui avouer son désir, lié à toutes ses craintes ? Peut-elle aller jusqu’au bout, et risquer de le blesser ? Kaelia hésite. N’est-ce pas dangereux de penser ainsi ? Avec tout ce qu’ils ont vécu ensemble, ne rien lui dire est une forme de mensonge. C’est lui admettre qu’elle n’a pas confiance en lui. Alors, qu’à cela ne tienne, elle décide de sauter le pas.

« Je n’exclus pas l’idée de devoir quitter Kiri un jour … »

Ils s’échappent d’entre sa bouche avec une brutalité que Kaelia n’imaginait pas. Oui. L’idée de s’en aller l’a effleurée. Après tout … Quitte à être en danger, autant l’être pour une vraie raison, non ? La maison n’est pas un endroit où on est censé craindre pour sa vie … Si c’est le cas, alors ce n’est plus une maison. La Yuki s’en remet à la nouvelle autorité dominante de leur village, à leur nouvelle ombre : Kagai Inja. Sur ses épaules pèse un poids gigantesque, mais il est connu pour ses prouesses militaires, pour son talent et sa poigne de fer. Peut-être parviendra-t-il à ses fins ? Peut-être améliorera-t-il Kiri, pour qu’elle retrouve sa grandeur passée. Des peut-être, aucune certitude mais, au fond, une quantité infinie d’espoirs. Pour Mama, pour elle, pour Zeref. Pour Kiri.
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Mar 14 Mai 2019 - 18:50
La voir ainsi me déchire le cœur, et mon impuissance dans cette situation me rappelle ce combat contre Obayo. Les raisons sont différentes, bien sûr, mais le constat est le même : ne suis-je que le petit ami inutile de Kaelia ? Incapable de la protéger de cet Akimichi obèse, ni même de la préserver du malheur ? Ce qui est fait est fait, je ne peux annuler ce qui est arrivé, et il ne me reste qu'une solution : être là. A Kiri ? Dans cette librairie ? Dans le Yuukan ? Non, je ne parle pas de géographie, je parle de présence. Je vais m'assurer que la Yuki n'ait plus à se retrouver seule face à la cruauté de ce monde. Mais que lui reste-t-il à perdre ? Sa vie, et la mienne. Je ne connais pas toute sa vie, mais elle n'a désormais plus de famille proche vivante, dans la Brume, et si elle pense de moi la même chose que je pense d'elle, alors me perdre pourrait l'affecter à un point où elle serait inatteignable pour ceux qui resteront. Ma force doit grandir, et elle le fera, juste pour cette petite étoile qui a filé au travers de ma vie, par cette nuit au bord de la plage. Elle a capturé mon cœur, et je vivrai pour protéger ce que nous avons, ce que nous représentons l'un pour l'autre. En fait, sans elle, je ne pourrais plus retrouver de raison de vivre, étant donné que je n'en avais pas avant.

Elle se serre, elle est détruite, je sens ses larmes sur mon épaule, c'est si chaud, et pourtant, cela ne parvient pas à me réchauffer, au contraire. Mais lorsqu'elle parle, j'entrevois une lueur d'espoir, un appel dans l'obscurité, un signe que tout n'est pas fini, et qu'elle peut se relever. Un remerciement. C'est déjà bien plus qu'espéré, et surtout, je ne m'attendais ni ne voulais telle chose, mais je peux déceler une légère amélioration, et je dépose un baiser sur sa tête, espérant lui faire ressentir l'amour infini que je ressens, mais ce seul baiser ne peut suffire. Néanmoins, quand elle reprend la parole, après des gestes de tendresse qui me rassurent énormément, je commence à mieux comprendre certaines choses. Son chagrin, sa détresse, ils l'ont fait réfléchir sur le sens même de la vie, et de ce village. Je n'ai pas d'avis sur cela, car je n'en ai jamais eu besoin, mais ce que dit la brune m'interpelle. Je l'écoute jusqu'au bout, et les derniers mots tombent comme un couperet. Je souris, même si elle ne peut le voir, et je me détache légèrement d'elle, gardant une proximité tout de même importante, et je laisse parler la seule vérité que je puisse dire, suite à ce que je viens d'entendre.

"Tu ne me perdras pas. Je ne peux te promettre de ne pas me mettre en danger, mais retiens bien que si je viens à le faire, c'est pour nous deux que je le ferais. Je suis sans doute un mauvais shinobi, sans même parler de ma faiblesse, mais je n'ai que peu d'égards pour les autres. Si je vois quelqu'un en danger, je l'aiderais, bien entendu, mais tout ce que je fais, et ce que je ferai, ce ne sera que pour toi, pour m'assurer que tu te sentes en sécurité, que tu ailles bien. Si je te perdais, de manière physique ou mentale, le monde deviendrait plus sombre qu'il ne l'a jamais été, pour moi... Si toutefois j'y survis."

Je prends une pause, et mes mains viennent saisir les siennes. J'aime le contact de sa peau, si douce, si chaude, si agréable. Je les caresse, mon sourire se dessinant toujours un peu plus, et une main se détache pour venir essuyer les larmes de Kaelia. Elle se pose ensuite sur sa joue, que je caresse avec mon pouce. Elle est si belle, et ne mérite aucunement ce qui lui arrive. Si je meurs, c'est que le destin aura voulu détruire une créature trop bonne pour exister. Peut-être alors, que ce monde n'est pas fait pour la bonté ? Il a déjà bien amoindri cette femme pourtant si douce et si gentille...

"Je ne connais rien de la politique, mais les événements récents... Ils étaient inutiles, à mes yeux, et ont causé bien... bien trop de malheur et de dégâts. Je n'ai jamais fait confiance aux autres, avant de te rencontrer, et je n'aurais jamais pensé que je pourrais aimer à ce point une personne. Nous verrons si ce nouveau Mizukage répète ou non les erreurs de ses prédécesseurs, mais je ne laisserai rien t'arriver, et si quelque chose arrive de nouveau à Kiri, crois-moi, je reviendrai te trouver, vivant et en bonne santé."

Et vient le moment où je dois répondre à sa dernière phrase. Je la regarde, plus sérieusement, posant mes mains sur ses épaules tandis que mes rubis transpercent ses topazes.

"Tu parles de... déserter. Si tu le fais, tu ne seras plus à Kiri. Je t'aime, Kaelia. Si tu pars, je n'ai pas de raisons de rester, car je ne pourrais tenir ma promesse sans être à tes côtés. Si tu pars, je viens avec toi, après tout, il n'y a pas si longtemps de cela, je préparais moi-même une désertion.. Je n'ai jamais trouvé le moment opportun, puis je t'ai rencontrée, et je n'y ai plus repensé."

Elle m'avait parlé avec honnêteté, bien que ce genre de mots puissent lui valoir la prison, alors je n'ai aucune raison de mentir. Même sans cela, je n'ai jamais voulu lui cacher quoi que ce soit. Mais ce détournement rapide de sujet, même s'il était lié aux raisons de la présence de la Yuki ici, ne change pas grand chose aux tourments de la brune. Alors je décide de prendre les devants et de proposer quelque chose qui pourrait au moins l'aider à tenir. A l'heure actuelle, elle n'est pas en état de rester seule.

"Tu peux rester autant que tu veux, et même dormir ici, ce soir. Je n'ai pas envie de te laisser repartir alors que tu es dans cet état. Tu peux également tout me dire, tout ce que tu as sur le cœur. Je ne peux t'aider comme je le voudrais, je ne peux rien annuler, mais je suis là, c'est déjà ça..."


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Yuki Kaelia
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Jeu 16 Mai 2019 - 22:06

Une main dans les ténèbres.


Les spasmes qui la secouent se calment au fur et à mesure que Zeref s’exprime. Les larmes coulent, roulent, mais le fait de parler lui permet d’exorciser sa peine. Les démons s’échappent, fuient son être alors qu’elle continue de parler, qu’elle débite ce flot incessant d’informations, de réalités. Des choses parfois très tristes, des constats qui ne peuvent être exprimés librement dans un tel univers. Mais Zeref écoute, il ne dit rien. Il la serre contre elle, embrasse sa tête. Il lui rappelle à quel point, finalement, elle n’est pas seule. À quel point son existence, cette si petite étoile dans son esprit, parvient à faire rayonner l’espoir. Il brille, il brille de cette lueur indescriptible et surpuissante qui l’empêche de plonger droit dans les ténèbres. Il la maintient contre lui. Tout en lui rappelle à Kaelia que le monde est hideux, mais qu’il n’est pas encore condamné. Il a ses forces, ses faiblesses, ses réalités infâmes, ses peines et ses douleurs … Mais surtout, ce monde a l’espoir. Ce monde a cette possibilité d’évoluer, de progresser, de devenir un univers meilleur.

La brune observe Zeref. Il n’a pas confiance en lui, il le dit lui-même. Il se considère comme un mauvais shinobi et, pourtant, malgré cette perception, il décide de lui dire qu’il se battra, qu’il fera tout … pour elle. Elle et elle seule. Kaelia hoquette. Il veut que ce monde soit plus sécuritaire pour elle, qu’elle s’y sente bien. Un sourire étire doucement ses lèvres. À mi-chemin entre la mimique sardonique et la marque sincère, cette expression sur son visage parvient malgré tout à la sortir de la froide crise de larmes qui la secouait jusque-là. Zeref deviendra fort, à n’en pas douter. Il se lèvera, un jour, en ayant véritablement confiance en lui. Et il se rendra compte à quel point sa force ne trouve pas d’égal. Il le doit, de toute façon. Désormais, ils sont liés. Ils existent l’un pour l’autre, leurs destins mêlés par toutes les promesses qu’ils ont pu se faire.

Les pouces de Kaelia caressent les mains de Zeref, inconsciemment. Elle se rend compte de ce contact lorsqu’il les lâche pour venir les déposer sur sa joue. Les larmes n’existent plus sur cette partie de son visage, laissant une traînée sèche et désagréable. Il continue sur sa lancée, exprime tout ce qu’il a sur son cœur. Kiri a vécu bien des sombres heures qui, il a raison, n’ont servi absolument à rien. Pour le coup, Kaelia ne parvient pas à comprendre pourquoi tout est arrivé, comment ils ont fini par laisser ça se produire. Une ombre trop douce, ou totalement bernée, qui n’a pas été capable de protéger les siens. Mais au final … Un tel basculement, peut-être est-ce pour le mieux ? Peut-être que ces vies se sont effacées pour que les suivantes parviennent à faire mieux ? Pour embellir Kiri … La Yuki ne parvient pas à savoir si cette idée est réellement intéressante, ou si c’est juste une manière de se rassurer. Quand Zeref lui parle de revenir vivant et en bonne santé, néanmoins, cette hypothèse s’ancre dans son esprit et y laisse une marque indélébile. Finalement, peut-être que ce pan de l’histoire kirijine permettra aux jeunes de sauver leur village ? De le rendre plus fort ? D’éviter de réaliser les mêmes erreurs ? Une réalité qu’elle ne peut que toucher du bout des doigts, tant elle s’étiole. Mais l’espoir renaît, progressivement. Il réapparaît au fond de son cœur, comme s’il pouvait se hisser à travers les tourments pour briller de nouveau. Il existe, il est là. Il vit. Symbolisé par cette adorable bouille aux yeux incarnats, l’espoir s’élève. Kaelia s’éveille peu à peu, pour de vrai.

Zeref arrive enfin au problème épineux mentionné par la Genin. Partir. Quitter Kiri. S’en aller, pour trouver une raison de vivre le danger qui les couve. Il aurait pu la raisonner, lui demander de ne pas y penser, d’y croire. Il aurait pu réagir comme n’importe quel patriote, en vantant les mérites de Kiri et ses possibles améliorations. Mais Zeref n’est pas n’importe quel patriote. Zeref est sa moitié, celui qui la suivrait partout, même dans les contrées les plus reculées et hostiles du Yuukan. Encore une fois, il lui promet quelque chose. Un sombre avenir, une promesse d’un futur incertain et terrifiant, qui pourtant les maintiendrait ensemble. Ils se battraient, tous les deux. Aussi alléchante cette idée puisse paraître, elle perd peu à peu tout son sens aux yeux de Kaelia. Au fond, ils seraient en danger tous les deux, non ? Est-ce que risquer de le plonger plus loin dans la violence de ce monde est une bonne idée ? Elle ne peut pas le faire tomber avec elle. Sa chute est personnelle. Alors … Si Kiri n’est pas prospère, si le Yuukan n’est pas prospère, comment faire ? Les prunelles humides de Kaelia se mêlent aux rubis de sa moitié. Si le monde est rempli de dangers, alors il faut l’en débarrasser. Devenir forte est sa seule solution, non ?

Il finit par proposer quelque chose, complètement modifier la donne. Rester ici. L’inviter à dormir, là, pour ne pas rester seule. Au fond, il n’a pas tort. Dès qu’il la relâchera, dès que son emprise sur elle disparaîtra, les démons reviendront, armés jusqu’aux dents. Kaelia a parfaitement conscience de cette sombre réalité. Zeref est peut-être son seul remède, pour le moment. La seule personne qui puisse la tirer hors des ténèbres suffisamment longtemps pour qu’elle ne replonge pas. La tête hors de l’eau, hein ? La brune hoche doucement la tête. La question ne se pose pas, finalement. Ses pas l’ont conduite jusqu’ici, inconsciemment. Au final … Kaelia veut être ici. Elle ne veut pas partir. Sa place se trouve au creux des bras de l’hybride, aujourd’hui comme pour tous les jours à venir. Il est le pilier qui lui permettra de garder les deux pieds sur terre, quoi qu’il se passe.

« C’est d’accord. »

Et c’est tout. Ces quelques mots s’échappent d’entre ses lèvres et elle n’y ajoute rien. La crise de larmes s’est calmée, laissant une Kaelia aux yeux ronges, enflés. Elle essuie ses joues avec ses mains et tente un sourire. Une mimique maladroite, presque tordue, qui déforme son visage un peu plus. C’est un échec, mais c’est déjà une preuve de sa bonne volonté. Elle penche la tête en arrière, déglutit, puis elle parvient à regarder Zeref droit dans les yeux une nouvelle fois.

« Peu importe où nous irons, peu importe ce qui se passera demain … Nous devons devenir forts, Zeref. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre, ni de mourir. »

Kaelia baisse les yeux et regarde le sol. Au fond … Au fond, toute la volonté qui naît au creux de ses pensées, toute cette force qui existe malgré tout, elle la tire à la fois de sa moitié, mais aussi et surtout de Mama. Cette petite femme pleine de bonne volonté, qui ne se serait jamais laissée abattre. Une personne puissante, qui se sera battue jusqu’au bout, quoi qu’il arrive, pour son village et ses convictions.

« Mama … » Ce nom lui arrache le cœur. « Mama aurait voulu que je me batte jusqu’au bout. C’est dur, parce qu’elle est morte pour un village manipulé, mais … Mais elle s’est battue et a péri pour ce en quoi elle croyait le plus. Kiri, depuis sa naissance, est la seule chose en laquelle elle a toujours cru. Pour elle, malgré ses échecs, malgré ses faiblesses, ce village a toujours été le plus grand des villages, sa plus grande fierté. Se battre pour la Brume et mourir pour elle est sûrement le meilleur de tous les accomplissements. J’ai mal, tu sais. Quand j’y pense. Quand je sais pourquoi elle est morte. Pourtant … Pourtant, je sais que Mama est morte par amour pour ce village et qu’elle aura donné tout ce qu’elle avait pour qu’il puisse retomber sur ses fondations. »

Une flamme s’illumine dans les yeux de Kaelia. Quelque chose d’incroyable, qui peine à se frayer un chemin parmi les ténèbres, mais qui éclot comme le premier bourgeon, dans un printemps bien trop attendu par l’hiver. Une détermination sans faille parvient à apparaître, à se glisser dans son cœur et se manifester sur son visage.

« Finalement, si je pars, je laisse toutes les convictions de Mama disparaître. Je les renie. Je ne peux pas faire ça. Alors … Alors j’espère que Kagai Inja sera une vraie figure de proue. J’espère qu’il parviendra à mener Kiri jusqu’à la gloire d’antan, celle qui a fait que Yuki Manami est devenue une fière guerrière du village de la Brume. Je l’espère sincèrement, sinon … Sinon je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour que cela le redevienne. Pour que le Yuukan s’éveille, chaque jour, en se disant que Kiri est une superpuissance et que personne … » Elle s’arrête. « Personne ne pourra jamais la vaincre. »

Ne pas fuir. Ne plus jamais fuir. S’éveiller comme une nouvelle force qui ne peut plus faiblir. Trouver le courage suffisant pour se battre, pour aller au-devant du deuil et le porter comme un nouvel étendard. Plus de puissance, toujours plus. Parce que c’est comme ça que Mama aurait voulu connaître Kaelia. Comme la poigne de fer dans un gant de velours. Elle se saisit des mains de Zeref.

« Merci. »

Après les mains, la brune trouve suffisamment de force en elle pour le serrer un peu plus contre elle, dans une étreinte salvatrice qui l’empêche de perdre pieds. Zeref, encore, toujours. Juste Zeref, rien que Zeref. Dans les abysses, son aura scintille et permet à Kaelia de ne pas se perdre. L’inentamable pilier de toute sa petite existence. Elle embrasse doucement sa joue.

« Merci d’être juste toi … Tu es tout ce dont j’avais besoin. »

Les larmes ont complètement cessé de couler. Dans le deuil, dans la tristesse, dans la peine s’élève une lumière brillante, qui illumine et irradie complètement son univers. Dans les épaisses ténèbres qui la dévoraient jusqu’à lors, finalement, une main apparaît et lui permet de s’éveiller. Malgré la peur, malgré la haine, malgré les doutes qui la rongent, la petite brune s’élève. Kaelia ouvre les yeux. Le deuil ne la vaincra pas. Du moins … Pas aujourd’hui. Pas tant qu’il sera là.
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Kurayami Zeref
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Dim 19 Mai 2019 - 21:21
J'en suis désormais sûr, je ne veux plus jamais la voir pleurer, ni souffrir. Cette vision que j'ai de Kaelia, les larmes aux yeux, ne pouvant que difficilement parler, et tout sauf normalement, ne fait pas partie de ce que j'apprécie. En fait, je déteste cela, et d'autant plus parce que je ne peux annuler sa peine. Si la cause de sa douleur était quelque chose que l'on peut changer, s'il fallait tuer un homme, détruire un village, asservir le Yuukan, ou même lui décrocher la Lune, je trouverais une façon, de manière inéluctable, pour que ses larmes disparaissent à jamais. Mais personne ne peut faire revenir les morts, pas même la plus déterminée et la plus puissante des personnes. Alors je suis incapable de l'aider. Pourtant, d'après ses mots, la brune semble regagner un soupçon d'espoir... grâce à moi ? Je suis heureux, qu'en n'ayant finalement pas fait grand chose d'autre que de laisser parler mon cœur, cela ait suffi à réduire ce désespoir qui l'accablait. Qu'elle accepte de rester est aussi très important, car si mes mots ne sont qu'un faible apport, la chaleur de mes bras peut au moins la rassurer, de la même façon que son étreinte a un effet puissant sur mes émotions. Je l'écoute, avec un sourire qui se veut apaisant, doux, en tentant de lui montrer qu'elle est en sécurité, qu'ici, rien ne peut la blesser, ni la faire souffrir.

Je peux voir qu'il lui est toujours difficile de parler de Mama, ce n'est pas étonnant au fond. Peu importe ce que je lui apporte, à quel point je peux réduire sa peine, les faits sont toujours là, et rien ne pourra les changer. Il n'y a qu'un seul remède pour ça: le temps. Mon attention est indéfectible, je ne perds pas une miette de ce que dit la Yuki, chaque mot étant important, puisque prononcé par ces douces lèvres et cette si belle voix. Voix tout de même affectée par sa peine... Mais au final, elle se ressaisit, et semble tout de même ne pas vouloir quitter ce village. C'est compréhensible, et de plus, la vie hors de ces murs pourrait être un danger quotidien pour nous deux, donc je suis un peu rassuré d'entendre cela. La ponctuation de son discours me fait chaud au cœur, et je la serre contre moi, tendrement, en fermant les yeux, sans prononcer un mot. Je sens la douceur de ses cheveux sur ma joue, alors que ma tête y est un peu appuyée, et je me souviens tout ce que j'aime chez elle. Ce n'est pas si dur de m'en souvenir, car il n'y a qu'une chose qui me fait l'aimer autant, elle est toute simple d'ailleurs : elle. J'aime tout chez elle, et je l'aime comme jamais je n'ai aimé quelqu'un avant, ni n'aimerai quelqu'un après. D'une certaine façon, même si je ne peux vraiment ressentir à quel point elle souffre, je peux dire que sa peine est ma peine, et cela doit être l'origine de cette douleur insoutenable que je ressens au niveau de mon cœur.

"Je t'aime Kaelia."

Une phrase simple, mais qui pourtant contient tout ce que j'ai à lui dire à cet instant, car il n'y a rien d'autre à dire. Je ne peux plus rien faire pour sa peine, à part être présent, et la serrer contre moi. Il est tôt, sinon j'aurais sans doute proposé à la Yuki de dormir, mais a-t-elle seulement dormi cette nuit ? Je me détache d'elle pour regarder ses topazes, qui sont bien moins beaux aujourd'hui qu'à l'accoutumée. Elle est effondrée, mais est-elle fatiguée ?

"Hum... Est-ce que tu veux boire quelque chose ? Tu as sans doute soif."

Ce n'est peut-être pas le mieux à demander, mais je ne sais que dire d'autre, sans risquer de la heurter dans ses sentiments ou paraître froid alors que je ne le suis pas. En fait, je ne suis pas doué pour aider les gens, même si j'aimerais avoir des mots à prononcer à cet instant.



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