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Or et plaisir [Yasei Reikan & Aditya]

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Sam 4 Mai 2019 - 18:46

Le bouge résonnait des cris et des braillements imbibés d'alcool des clients. Il n'était pas si tard. Pourtant, l'atmosphère était déjà lourde, pesante. D'habitude, la boisson mettait du temps à pénétrer les esprits, à les aiguiser, à en tirer toute l'aigreur pour la faire ressortir, formidable, agressive, hostile. Que ce soit parce que les derniers événements avaient particulièrement secoué le village, à commencer par la mort de la Mizukage, ou simplement parce que la journée avait été mauvaise, le vin avait frappé vite, ce soir. En vain les filles de plaisir se précipitaient auprès de leurs clients, chargées de lourdes bouteilles, et essayaient d'apaiser leur courroux d'ivrognes d'un sourire, d'une caresse parfois. Elles n'avaient droit, pour seule réponse, qu'à des invectives, des regards méprisants et des insultes. L'atmosphère n'était pas à la gaieté légère, ce soir.

Junko observait tout ça dans un coin de la vaste salle, faiblement éclairée par quelques chandelles emprisonnées sous des cages de papier rouge. La jeune femme était à moitié dissimulée derrière un rideau de soie, si bien que, dans la pénombre qui régnait, elle pouvait tout à faire passer inaperçue. Elle était une ombre dans le décor. De toute façon, les hommes étaient trop saouls pour faire attention à elle. Et ils l'effrayaient trop pour qu'elle ait envie de se mêler à eux. Elle n'était pas comme ces filles, qui couraient de table en table, trop soucieuses de leur propre sécurité pour penser à elles. Si Junko se réfugiait dans ces endroits, au fond, ce n'était pas pour des raisons si différentes de celles des hommes. Elle aussi venait chercher une vie de plaisirs, de légèreté, de luxe, qu'on lui avait refusé jusque là. Elle compensait durant ses nuits ces grandes ténèbres qu'avaient été son existence.

Mais ce soir, le fond de l'air était trop imbibé d'alcool pour elle. Qui sait, certains des ces hommes auraient pu réagir de façon brusque en l'apercevant ? Après tout, elle était nettement plus belle, plus désirable que les autres filles. Elle aurait pu s'en défendre. Elle l'avait déjà fait. Rien ne l'empêchait de recommencer, si ce n'est cette crainte des répercussions. Elle était en plein coeur du village, les autorités étaient à vif, à cause des derniers événements. Si on lui mettait la main dessus, elle pouvait être certaine de tirer un trait sur ses occupations si oisives. Elle retrouverait une nouvelle cellule de pierre, peut être plus enviable à celle qu'elle avait côtoyé durant toute son enfance, mais pas de beaucoup.

Elle tira le rideau devant elle, en un soupir. L'ambiance était tendue à Kiri, ces derniers temps. Elle l'avait bien remarqué. Les hommes étaient moins guillerets. Elle se mêlait de moins en moins à leur compagnie. Elle était arrivée au village à un mauvais moment. Il y avait du trouble dans l'air. Comme un danger qui approche.

Elle tira d'un repli de son kimono élégant le bandeau de shinobi qu'on lui avait donné quand elle s'était engagée parmi les soldats de Kiri. L'accessoire n'était pas vraiment en accord avec sa tenue. Pourtant, elle l'aurait bien volontiers troqué contre ses atours de charme, ce soir. Elle avait besoin d'une escapade nocturne. D'une traque de quelques criminels, peut être, qui pouvait bien se finir en combat. Elle ressentait la soif du pugilat. Comme un besoin de se défouler, d'écraser sous ses poings qui elle voulait. Elle se décida, et commencer à ôter ses vêtements.

En un instant, elle avait passé une tenue beaucoup plus adaptée à des activités de shinobi. Un vêtement noir, une tunique écarlate par-dessus. C'était tout ce dont elle avait besoin. Elle ceint son bras gauche de son bandeau frappé aux armes du village. Ses yeux d'ambre pétillaient d'une lueur sauvage. Quiconque l'aurait vue évoluer dans les arènes d'Asosan quelques semaines plus tôt aurait frémi en reconnaissant ce regard.

Elle s'apprêtait à sortir de sa cachette et à trouver une sortie, lorsqu'elle entendit un cri de femme derrière elle. Elle se figea, glacée par cette exclamation qui semblait bien trop familière à ses oreilles. Tout du moins, le ton de panique qu'elle traduisait lui rappelait étrangement sa propre horreur quand ...

Elle fit volte-face, et écarta doucement le rideau devant elle, d'abord, avant de l'écarter d'un geste brusque. A une table, trois hommes s'étaient levés, et entouraient une jeune fille qui devait avoir à peine seize ans. Elle était visiblement paniquée, tant son corps tremblait de la tête aux pieds. Deux des hommes avaient tiré de sous leur veste des couteaux, avec lesquels ils jouaient d'un air nonchalant. Le troisième avait acculé la jeune fille à un mur, et la déshabillait du regard. Le patron arriva. Un petit homme rondouillard, à l'air parfaitement inoffensif.

"Je ... Je vous en prie messieurs, pas d'esclandre. Nous ... Nous ne faisons pas ça, ici ...

-Oh, on ne cherche pas de mal ... C'est celle-là qui vient réclamer, pas vrai ma mignonne ? Qu'est-ce que tu dirais que je t-"

Il fut coupé net. Une main, incroyablement délicate et impérieuse, s'était posée sur son épaule. Il se retourna, l'air d'abord enragé. Mais sa fureur se figea, et il resta stupéfait devant ce visage. La langueur de son regard avait été éclipsée par ces cheveux écarlates, par ces pupilles d'or, et cette peau blanche. Junko fit glisser sa main jusqu'à la gorge de l'homme, et raffermit sa poigne. Il y eut alors un sursaut général. Les deux autres ivrognes pointèrent leur lame sur Junko, sans oser pourtant l'attaquer. L'autre sourit.

"En fait ... Toi, tu me plais plus. J'aime les femmes qui ont de la poigne."

Junko lui rendit son sourire. Un sourire d'ange, quand ses pupilles crachaient des braises. Elle approcha sa tête de celle de l'homme, leurs deux regards entrecroisés. Elle l'embrassa alors, avec un feu singulier. Leur étreinte ne dura qu'un instant. Mais ce fut suffisant. Quand ils se séparèrent, ce n'était plus qu'un corps éteint que Junko tenait enlacé. Elle le relâcha d'un geste dégoûté, et essuya au coin de ses lèvres une goutte d'un liquide noirâtre qui perlait. Elle se retourna vers les deux hommes de main. Mais ils l'entouraient déjà, et tenaient leurs lames appliquées contre sa gorge. Elle sourit.

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Yasei Reikan
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Jeu 9 Mai 2019 - 23:32
Shiroitora. Voilà un nom sous lequel la métamorphe commençait à se faire connaître, jusque dans le fin fond des rues les plus sombres de la Brume. Que ce soit dans des salles de jeux clandestines, par des missions de démantèlement de réseaux criminels ou encore des escapades nocturnes pour tabasser du sacripant, la féline n'avait pas chômé, depuis son arrivée entre les murs de Kiri la Grande. En ce sens, elle respectait son nindō à la lettre, passant sa formation militaire à mettre sous les barreaux les malfaisants et à aider les plus innocents. Ce soir-là, Reikan avait fait de sa cible un nouvel établissement de plaisir, qui n'était évidemment ni déclaré aux autorités ni accepté par les mœurs de l'Archipel. Et pour agir, elle avait également prit soin d'en avertir son meilleur ami, Aditya, l'enfant du bois. Bien que ce dernier n'était pas de nature à raffoler des services proposés par ce type de maison, il n'était certainement pas contre l'idée d'en fermer les portes pour préserver l'intégrité et les valeurs du village. Ainsi, le duo arriva sur les lieux, non pas du crime, mais du plaisir. La métamorphe fit une halte avant de pénétrer par la porte principale, échangeant un regard avec son confrère pour le rassurer.

« Je te conseille de garder la tête froide. Il ne vaut mieux pas pour nous qu'il y ait un écart dès le départ, si tu vois ce que je veux dire. Faisons d'abord le tour de la maison avant de nous engager dans quoi que ce soit. »

Dès qu'elle l'eut averti de ce qui les attendait, la jolie brune caressa du dos de sa dextre le noren obstruant la terrasse, pour pénétrer dans l'infrastructure. Vêtue d'une tenue sombre et près du corps, aussi discrète que pratique, Reikan prit les devants dans la salle principale. Plusieurs groupes s'étaient déjà formés, étant donné que la nuit était bien avancée lorsqu'ils arrivèrent dans la maison. Et dès qu'elle posa le pied sur le sol de velours, les premières agitations pouvaient se voir à vue d’œil. Ce lupanar m'a l'air d'être bien connu, cela m'étonne que je n'en ai pas entendu parler avant, tiens. Sa naissance doit sûrement être encore fraîche. Par chance, aucune trace de bandits déjà appréhendés par la nomade ; sa couverture était donc encore d'actualité. Sans daigner accorder d'importance à Aditya, la changeforme fit petit à petit le tour de la maison, laissant son regard myosotis se balader sur chaque personne sans trop d'insistance, tel un prédateur qui cherchait ses proies.

Dans ce bordel assez sage, la plupart des hommes étaient déjà bien imprégnés par l'alcool, ce qui accentuait inéluctablement leur caractère ; soit ils regardaient la passante avec désir, soit ils détournaient les yeux en cas d'échange de regards. Il fallait dire que même si la kunoichi avait mis au placard ses plus beaux accoutrements, ses boucles d'oreilles et ses parures de tête ne laissaient pas indifférents les natifs du Mizu no Kuni, dont les prunelles étaient attirées par la lueur de l'or nichant dans sa longue chevelure d'ébène. Rien qu'à l'apparence, il était certain que la nomade ne venait pas des marécages embrumés, mais bien d'au-delà des frontières de l'Eau. Et cette particularité orientale attirait la convoitise de bon nombre de personnes. Mais cette dernière ne leur rendit pas la pareille, dès l'instant où sa fine ouïe lui permit d'entendre un cri venant du fond. Elle fit ainsi une fixette sur un homme trapu et corpulent, qui se dirigeait déjà vers sa provenance. C'était trop beau pour être vrai, j'imagine. Une maison close sans débordements, si c'était vraiment le cas, il y en aurait à tous les étages de la Brume. Sans se précipiter, la métamorphe emboîta furtivement le pas de celui qui était en réalité le gérant de la maison de plaisirs, avant de s'engouffrer dans l'ombre d'un rideau aux atours lugubres.

De fait, Reikan s'immisça dans une conversation en cours de route, adressant un regard flegmatique à la jeune fille prise en étau contre un mur, par un trio d'hommes mûrs. Mais elle porta un tout autre intérêt à la rouquine présente, qui semblait leur tenir tête. Ses paupières se plissèrent, à partir du moment où elle discerna le bandeau marqué de l'insigne de Kiri sur son bras gauche, alors que le sien était dissimulé dans sa sacoche. Une kunoichi? Se pourrait-il qu'elle ait eu... la même idée que nous? Sa remarque intérieure engendra un petit rictus au coin de ses lèvres charnues, qui ne tardait pas à se transformer en un sourire plutôt amusé. Une moue qui disparut aussitôt, dès qu'elle constata la chute de l'un des hommes après son embrassade avec la jeune femme. Ses pupilles azurées s'attardèrent sur la perle assombrie qui perlait au coin de sa bouche, alors qu'elle se collait déjà au tissu pour prendre appui, accroupie. Du... poison? Nul besoin d'y penser pour l'instant, il lui fallait agir. Ainsi, Shiroitora s'extirpa du rideau pour se retrouver aux côtés de l'un des hommes de main. Ni une ni deux, son bras dominant s'écarta pour faucher le premier assaillant, alors qu'elle se redressait déjà vers le second pour lui coller une pêche au plexus. La force du coup fut si prononcée que ce dernier ne put s'empêcher de tituber vers l'arrière, le souffle coupé, quand bien même il pouvait passer pour un colosse au vu de sa carrure masculine. Et le temps que le premier homme se relève après avoir été balayé, Reikan redressa le visage pour adresser un regard à la rousse, alors que des ombres menaçantes se dessinaient déjà autour du cocon de tissu. D'autres rigolos en renfort. Et dire que je pensais passer inaperçue jusqu'à la toute fin... Un sourire espiègle vint sublimer les traits de son minois.

« J'espère que tu sais te servir de tes poings. »

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Aditya
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Sam 11 Mai 2019 - 20:42
Or et plaisir

ft. Date Junko & Yasei Reikan


An 203, Kirigakure no Satô, maison close, début de soirée.


Quelques bruits de pas, des coups d’œil perçant adressés aux échoppes… voici tout ce qu’Aditya laissait derrière lui, couvert par le doux manteau de la nuit. Ce genre d’escapades nocturnes commençaient à devenir une habitude en compagnie de la féline, dont le regard qui d’ordinaire, n’aurait su manquer d’espièglerie. Mais ce soir, c’était pour une tout autre raison qu’ils arpentaient les rues de Kirigakure, non pas pour se repaître l’estomac de toutes sortes de breuvages et de mets qui happaient l’œil de la métamorphe, mais bel et bien pour réitérer leur acte de bienfaisance de leurs débuts ; une sombre mission incluant un nudiste dans le bar du Cheval Aqueux. Désormais, ils devaient réunir des informations sur cet établissement douteux – une maison close, en somme, où des jeunes femmes échangeaient leurs charmes et leurs corps contre un peu de monnaie – dans l’unique objectif de le forcer à stopper ses activités.

Si tout comme lui, Reikan avait pensé à se vêtir en conséquence et à se fondre dans la foule, il n’eut aucun problème à discerner sa silhouette et de lui emboiter le pas. Il ne put retenir un léger rire, lorsqu’inquiète, elle lui intima de « garder son calme » dans une telle situation.

« Je ne sais pas si je dois me sentir flatté que tu t’inquiètes ainsi pour moi, ou affligé que tu penses que je puisse être propice à ce genre de… débordements, d'autant plus lors de ce genre d'escapades. », glissa-t-il sur un ton entre l’indifférence et la taquinerie, et profitant de l’entrebâillement des noren prodigué par sa comparse, il se glissa à l’intérieur.

A son tour, il put observer à quel point l’ambiance et les effluves qui se dégageaient de la maison close pouvaient être si enivrants. De nombreux hommes et femmes éméchées s’adonnaient à quelques pratiques désastreuses dans l’ombre d’un rideau, sans la moindre once de pudeur pour les personnes attablées à leurs côtés. Aditya n’en était pas le moins dérangé, bien au contraire. S’il avait éprouvé dans l’enfance une certaine réserve quant à son propre corps, il avait appris à s’en dissocier, et à penser celui des autres comme le sien comme ce qu’il était : une coquille faite de chair et de sang, semblable à bien d’autres. Ce qui l’importait réellement… c’était avant tout l’esprit dont pouvait faire preuve les personnes qu’il rencontrait, d’où l’amusement qui s’était éprit de lui à la question de la changeforme ; après tout, elle était toute naturelle. Ce genre de sujets n’était pas de ceux qu’ils avaient encore abordés ensembles. Aussi s’arracha-t-il à la contemplation dédaigneuse de ce genre d’activités insalubres pour emboiter le pas à sa partenaire. Tout ce qu’il espérait, au fond, c’est qu’on ne le confonde pas avec l’une de ces jeunes courtisanes, avec ses cheveux ainsi détachés sur ses épaules. Le moment n’en serait que plus gênant pour son vis-à-vis, à qui Aditya se ferait le plaisir d’apprendre la vérité sur un ton désinvolte.

Mais visiblement, la tournure qu’allait prendre la soirée était tout autre : une échauffourée semblait avoir prit place dans l’arrière-cour du bâtiment. Deux jeunes femmes étaient entourées de quatre hommes, dont l’un avait tous les traits d’un gérant, ne serait-ce que par la sobriété dont il faisait preuve et l’inquiétude dont il faisait preuve à leur encontre – chose bien trop exceptionnelle dans de tel logis, au grand dam du blond. Son regard fut happé par l’éclat métallique d’un insigne au bras d’une demoiselle aux cheveux de feu : instantanément, il la reconnu comme membre des forces de la brume, et par extension, comme une comparse bienvenue dans une telle situation.

Ou tout du moins… jusqu’à ce qu’un des trois assaillants ne tombe à terre après qu’elle lui ait offert un baiser.

Dans un premier temps, Aditya ne réagis pas, à l’exception de l’un de ses sourcils relevé par la surprise. Et devant la perle sombre qui s'échappait de ses lèvres, il n'y avait aucun doute quant à la nature de son inconscience. Vient-elle vraiment… d’empoisonner cet homme en l’embrassant ? L'espace d'un instant, il perdit des yeux les courbes de la tigresse qui s'était lancée corps et âme dans le combat, afin de venir en aide à ces deux femmes. Délaissant un soupir quant à leur discrétion avortée, il s'élança à son tour dans l'affrontement, en enfermant entre ses doigts un poing destiné à la métamorphe... contre qu'il fit rapidement suivre d’un coup puissant dans les entrailles de l'assaillant qui s'effondra sur lui-même, le souffle coupé. Quant aux bruits de pas qui ne cessaient de redoubler d'intensité, ils étaient le signe non négligeable que d'autres brigands allaient se joindre à eux. Aussi glissa-t-il une œillade inquiète à la jeune courtisane qui s'était échouée sur le divan en satin où elle avait demeuré plus tôt, et lui intima quelques paroles sur le ton de la confidence.

« Tu devrais en profiter pour fuir, et ne pas être prise dans une bagarre générale. Fais comme si de rien était. Ton travail est déjà assez difficile sans qu'il n'ait à être empoisonné par de tels comportements. »

D'un geste sec, il souleva l'un des battant d'un rideau à proximité donnant sur un des nombreux couloirs de la maison close, afin qu'elle s'y engouffre et quitte les lieux en toute sécurité. Il eut tout juste le temps de relever un regard vers le groupuscule qui s’amoncelait autour d’eux pour éviter un coup porté à son visage, le dos courbé. Son coude vint s’enfoncer dans le visage de son assaillant avant que sa jambe ne trace un mouvement habile pour venir faucher ses chevilles. Se sentant acculé, il fis quelques pas en arrière, heurtant son dos aux silhouettes conjointes des deux jeunes femmes qui couvraient leurs propres flancs.

« Qu'est-ce que tu disais déjà Reikan... Quelque chose au sujet d'être discrets, c'est ça ? », lâcha-t-il, entre indifférence et amusement.



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Date Junko
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Dim 12 Mai 2019 - 0:34

Tout s'était passé très vite. Les hommes étaient tombés, un à un, sans que Junko puisse clairement identifier la source de leur chute. Le parquet nettement ciré, et si reluisant encore un instant auparavant, était maintenant maculé de taches de sang. Seul un corps n'avait pas saigné: celui du chef, tombé aux pieds de Junko. Ses yeux étaient révulsés, et laissaient voir un blanc laiteux. Il n'avait pas souffert. Il était mort sur le coup. Elle le regrettait. Sans doute avait-elle un peu trop forcé la dose ... Les conséquences suivraient sans doute. A moins que ce premier sang ne se mélange dans une confusion de violence que Junko croyait déjà deviner. Car c'étaient bien les pas de nouveaux adversaires qui résonnaient, de plus en plus forts.

Elle comptait deux nouveaux soutiens. Des shinobis, eux aussi, sans doute. Une femme et un homme. Inconnus, évidemment. Elle connaissait très peu de shinobis, quand on excluait ceux qui fréquentaient ses maisons de perdition. Ces deux-là semblaient être d'un tout autre genre. Elle crut entendre le nom de la fille au hasard d'une remarque de l'homme, mais ne put le comprendre. Le sang battait à ses tempes, emplissait ses oreilles d'un vacarme de tambours. Elle connaissait cette sensation. Elle y était très familière. Elle ressentait la même, exactement, quand elle se battait dans les arènes d'Asosan. Aucun secours à attendre des autres. Elle se battait pour sa peau, contre des gens qui en faisaient de même. Il n'y aurait pas de quartier. Elle n'aurait aucun scrupule à tacher de sang l'insigne de fer qui couvrait son bras, et qui lui rappelait quelle était maintenant sa fonction.

La nouvelle vague d'assaillants arriva. Ils étaient maintenant tous trois adossés. Junko ignora la remarque de la jeune femme. Evidemment qu'elle savait se servir de ses poings. Userait-elle à nouveau de poisons ? C'eut été risqué. L'espace était trop restreint, et les ennemis trop nombreux. Utiliser un gaz empoisonné aurait pu toucher ses propres alliés, et elle ne pouvait pas se permettre de cibler chaque ennemi avec un venin. Ce serait un combat sans propreté.

Elle discerna l'éclat de lames. Ils étaient armés ... Elle esquiva un premier coup de sabre donné maladroitement d'un simple pas sur le côté. Armés mais ivres. Peut être seraient-ils assez saouls pour s'entretuer ? Elle assomma son assaillant d'un coup vif et net porté sur la nuque. De la paume de son autre main, elle frappa violemment à la mâchoire un second adversaire. Les os produisirent un craquement sinistre, et l'homme s'effondra à son tour. La salle était maintenant remplie d'un vacarme de cris, de fer sifflant et de brisure d'os. Une véritable arène. La débauche du lieu venait de prendre un tout autre visage. Le plaisir de Junko n'en était pourtant pas diminué, car elle retrouvait une violence qui lui était familière.

Trois hommes arrivèrent droit sur elle, sabre au clair, braillant comme les ivrognes qu'ils étaient. Elle arrêta le premier d'un lancer de shuriken qui, à cette distance, ne pouvait pas manquer sa cible. Il interrompit sa course, saisissant son épaule où le fer était venu se ficher dans la chair. Le second était plus coriace. Il reçut également un shuriken en pleine épaule, mais, aveuglé par sa fureur ou étourdi par l'alcool, il ne sembla pas remarquer sa blessure et s'apprêtait à frapper un grand coup de sabre. Junko l'arrêta d'un coup de kunaï précis et agile, qui lui sectionna une bonne partie des nerfs du bras. Et il s'écroula à son tour, dans les cris. Arriva alors le troisième. Il était rapide, sans doute moins imprégné par la boisson que les deux autres. Sa lame pointait déjà vers Junko. Elle devinait qu'il serait plus habile à esquiver des attaques simples. De son kunaï, elle dévia le coup de sabre qui fila le long de son bras sans la blesser. Elle lâcha alors sa propre arme, et composa des mudras simples et rapides. Elle n'aurait pas le temps de synthétiser un poison violent, mais au moins ...

Le troisième homme s'effondra, comme ses deux acolytes. La peau de son visage était noircie par une sorte de liquide pâteux, noirâtre, purulent, et des cloques semblaient se former sur le derme. Junko se retourna vers ses deux camarades de combat. Qui étaient-ils, qui étaient venus lui porter secours sans même savoir qui elle était ? Ils l'intriguaient, et la rendaient méfiante tout à la fois. Cet homme, particulièrement. Il lui semblait comme distant. Et cette femme ... Elle semblait avoir la fougue des combattants aguerries, une fougue que Junko savait reconnaître. Qui étaient-ils ?

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Yasei Reikan
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Dim 12 Mai 2019 - 20:48
Dos collé à celui de la rouquine, la jolie brune ne put se retenir d'esquisser un sourire taquin à la remarque de son plus fidèle acolyte. Mais son amusement ne fut poussé à son paroxysme qu'à partir du moment où, du coin d'un œil d'esthète, elle perçut les agissements de cette jeune femme inconnue. À ce que je vois, elle se débrouille assez bien. Tant mieux, parce que... Souriante, Reikan détourna le minois en direction des assaillants qui lui faisaient face, au nombre de cinq. Je n'ai pas le cœur à défendre quelqu'un tout en combattant des sacripants, ce soir. Alors que la métamorphe prenait déjà de solides appuis pour mieux accueillir les querelleurs à moitié enivrés par l'alcool, les traits de son visage laissèrent s'envoler son sourire, bien qu'une teinte de malice y persistait. Dans ce que l'on pouvait appeler une pièce du fond privée, aménagée d'une table et de canapés assez solides pour soutenir les plaisirs de tout un chacun, le glas des hostilités fut sonné.

La première résonance de ce dernier fut d'ailleurs incarnée par l'envol d'un coup de poing ennemi, provenant d'un homme de corpulence plutôt massive. Pauvre garçon. Devant son visage, Reikan bloqua le poing fermé arrivant de sa seule dextre, sans l'once d'une difficulté. Il s'agissait presque là d'un véritable spectacle ; puisque voir un colosse pareil se faire arrêter de la sorte par une jeune femme ressortait de toute évidence de la banalité. Et pour cause, le malabar ne put qu'arracher une grimace, dès l'instant où l'emprise de la féline s'étendit sur toute sa poigne. Une force absolument surhumaine émana des fins et élégants de la féline, à tel point que le poing fermé du premier assaillant fut brutalement broyé, ses structures osseuses poussant un râle sinistre sous une telle pression. Au milieu de ce jeu de puissance a priori particulièrement inégal, le colosse fut rapidement mis au tapis, ses genoux étant les premiers à caresser le sol face à la féline.

« RRRAAHHH!! PUTAIN MA... MA MAIN... ESPÈCE DE MONSTRE! »

De haut de son mètre soixante-et-onze, Shiroitora fixa le bagarreur caustique qui était à genoux face à elle, avec des pupilles de prédateur dont la lueur éthérée n'avait d'équivalent que l'intensité de ses parures dorées. Aussitôt, son regard se balada entre les quatre autres opposants qui n'avaient pu retenir un cri communément effaré, à la vue de la soumission du plus costaud d'entre eux. Mais ils n'avaient pas démordu de leur rancœur pour autant, surtout face à une femme. Doucement, la féline relâcha sa prise sur la poigne du mastodonte, avant de l'enjamber pour réceptionner le plus courageux du groupuscule lui étant réservé. Et s'il espérait s'en tirer un peu mieux avec un long sabre, ses espoirs furent vite avortés lorsque Reikan mit son corps de profil dans l'optique d'esquiver son premier coup. Ni une ni deux, son poing dominant vint frapper le bas de son ventre pour l'obliger lui aussi à rejoindre le sol, pendant que les deux derniers crièrent leur angoisse et se jetèrent bêtement dans la gueule du... tigre.

Entre temps, la féline ne put s'empêcher d'adresser un regard à la chevelure flamboyante qui semblait maîtriser sa part de brigands. Ainsi, elle put remarquer qu'un énième homme à la face hideuse et nécrosé croula à ses pieds. Pas possible... ne me dites pas qu'elle est en train de tous les tuer? Sait-elle au moins ce à quoi elle se risque en agissant de la sorte alors qu'elle porte son bandeau? Mais la changeforme n'avait pas le temps de réfléchir à cela. Il lui fallait maîtriser les opposants restants, ce à quoi elle s'affaira dans l'immédiat. L'avant-dernier fut spectateur d'une de ses habiles pirouettes, avant de sentir la force de ses jambes le quitter à la seconde où la kunoichi le balaya. Malheureusement pour lui, il n'eut même pas le temps de reprendre ses esprits qu'il vit son dernier camarade s'abattre sur lui, assommé par un coup de coude de la féline dans les côtes.

L'adoratrice du voyage se redressa simplement, pour mieux regarder Aditya faire sa part de boulot, avant de plonger que ses iris de saphir ne croisent celles d'or de la rousse. Fidèle à sa nature espiègle et bestiale, la féline lui esquissa un faible sourire mesquin lorsqu'elle se sentit dévisagée. Je me demande bien ce qu'une fille comme elle pouvait bien faire toute seule en ce lieu. Enfin, cela se rapproche un tantinet de mes escapades nocturnes, mais... De la tête aux pieds, elle fixa cette nouvelle rencontre pour s'imprégner de sa tenue. Ceci dit, je ne pense pas qu'elle soit venue ici pour donner la mort à quelques personnes, ce soir. Finalement, elle prit la parole d'une voix douce et franche, pour combler le silence imposé par cette dernière.

« Yasei Reikan, Genin de la Brume. Enchantée. »

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Aditya
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Ven 17 Mai 2019 - 15:57
Le sifflement d’un sabre fendant l’air, le crissement de poings sur la garde d’une arme, le choc d’un coup, le craquement d’un os… Toute cette cacophonie guerrière avait empli l’espace au rythme de ce combat improvisé, entraîné par la fougue de ses participants. Aditya lui-même s’était pris au jeu, et bien qu’il n’appréciât pas le fait de se battre sans raison, il n’était pas pour autant démuni face à ce genre de situation. Si à son arrivée il s’était apparenté à un chat sans défenses, qui avait encore tout à apprendre sur les arts ninjas… il n’avait désormais plus rien à voir avec ce chat dépourvu de griffes.

Le visage d’un des assaillants vint s’encastrer avec force dans le mur le plus proche, froissant les lames de bois sous les facettes broyées de son visage, où plusieurs perles sanguines s’écoulaient des coupures parsemant son faciès. Son arme de jet lui fut arrachée dans un craquement sourd avant qu’elle ne se fiche dans la cuisse de l’un de ses compères, qui porta instantanément un genou au sol en beuglant des gémissements sans liens. D’un coup franc, l’ascèse vint rompre l’afflux respiratoire d’un troisième guignol s’étant approché trop près. Frapper fort, mais sans provoquer de blessures trop importantes ; après tout, la majorité de ces nouveaux détracteurs n’étaient animés que par la ferveur d’un combat qui n’était pas le leur. Leur seul péché du soir… était un excès de curiosité.

Alors qu'il relâchait la gorge d’un énième chenapans, les paumes d’Aditya se trouvèrent afin de se défaire de poussière et sang accumulés. Un calme sensible s'installa dans la pièce, marquée par l’échauffourée qu'elle venait d'accueillir. Son regard perçant glissa sur les traits de cette inconnue aux brins ardents, l'air réfléchir. Si ses iris magnétiques pouvaient tromper bien des âmes perdues sur ses réelles intentions en attirant l'intérêt d'hommes peuplant cette bâtisse de débauche, il n'en était rien pour lui. Tuer sans raison aucune était loin d'être quelque chose de plaisant à ses yeux, d'autant plus lorsque cet aveuglement tenait en joug des presque-innocents.

« Rompt ton poison. Ces gens-là n’avaient rien à voir avec les trois premiers. », il se retourna vers les deux femmes qui s’étaient visiblement échangé quelques politesses au milieu d’un tel vrombissement. « Le bandeau à ton bras n’est pas celui d’une cité assassine. »

Bien que ses paroles pouvaient sembler incisives, son ton mesuré tentait d'inciter la jeune femme à l'accalmie, sans volonté aucune de lui imposer une quelconque volonté néfaste ; cela semblait simplement être aux yeux d'Aditya la meilleure chose à faire à cet instant précis. D'un coup d’œil, ses pupilles azurées roulèrent sur le visage de la tigresse afin de s'assurer de son état, bien que ses adversaires du jour semblent avoir essuyé de plus grands maux. Un soupir mêlé d'exaspération

« Je crains que cette entrevue n'attire plus de problèmes qu'elle n'en règle, Reikan. », glissa-t-il en faisant une légère allusion à la raison de leur venue en ces lieux. Quant à ses nouvelles paroles furent adressées à leur fameuse inconnue, accompagnée d'une œillade à son insigne évident. « Aditya. »




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Date Junko
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Ven 17 Mai 2019 - 19:00

Le calme retombait. Quelques râles s'élevaient bien encore, ça et là. Mais le remue-ménage avait cessé. Le flot des assaillant s'était tari. Le patron lui-même avait disparu, certainement parti se réfugier dans quelque recoin de son bouge. La jeune fille que Junko avait défendue s'était également volatilisée. Le silence qui s'installait était sinistre, et semblait présager des augures assez mauvais. Junko était de l'avis de l'homme aux cheveux blonds. Mieux valait ne pas s'attarder ici. Les rues étaient peuplées d'hommes qui ne demandaient qu'à se battre et à faire bouillir l'alcool qui coulait dans leurs veines, à cette heure-ci. Elle s'adressa aux deux shinobis:

"Suivez-moi."

Elle se tourna vers une tenture aux motifs compliqués et tachés de sang, et l'écarta d'un geste de la main, révélant une ouverture aménagée dans le bois du mur. Elle s'y glissa elle-même la première, et monta l'étroit escalier en colimaçon sur lequel donnait le passage. L'ascension fut suffisamment longue pour qu'elle ait le temps de se calmer. Les derniers mots du shinobi aux cheveux blonds lui revenaient en tête, et elle les ressassait. Elle n'éprouvait cependant aucun remord. Elle ne regrettait pas le meurtre qu'elle avait commis ce soir, et était persuadée d'avoir agi pour le mieux. Quant à son bandeau et à ce qu'il représentait ...

L'escalier aboutit finalement au plein air. Junko posa le pied sur la dernière marche, et savoura une pleine bouffée de ce vent frais et consolant des nuits d'agitation. Ils se trouvaient au sommet d'une sorte de tour, un nid-d'aigle surplombant l'établissement qu'ils venaient de ravager de leur combat acharné, et qui dominait une bonne partie du village. Là, ils seraient tranquilles. L'entrée n'était connue que des filles qui fréquentaient les lieux. Aucun autre ivrogne à l'esprit échauffé n'aurait l'idée de venir les trouver là. Ils étaient seuls.

"Je m'appelle Date Junko. Nous ne serons pas dérangés ici. Peu de monde connaît le passage que je vous ai montré, et certainement pas les clients. Si d'autres viennent visiter ce bordel, ils ne trouveront que leurs camarades inconscients. Ils fouilleront les lieux, mais ils renonceront vite. Ils partiront, et ils oublieront, l'alcool aidant."

Cette nuit ne serait pas bien différente des autres, en somme. Il y aurait simplement un cadavre, parmi les estropiés, mais on l'enterrerait bien vite. Et le lendemain, on retournerait voir les filles et fesser la pinte sans plus se préoccuper de la veille.

Junko fixa son regard d'ambre sur le shinobi blond. Aditya. Un nom étrange.

"Je n'ai tué qu'un seul homme, ce soir, et il le méritait. Libre à vous de me juger, mais je ne considère pas avoir outrepassé mon devoir. Je n'ai fait que blesser les autres. Leur vie n'est pas en danger."

Elle disait vrai. Tous ceux qui étaient venus pour l'arrêter, elle les avait seulement mis hors d'état de nuire sans leur infliger de blessure trop importante. Tout au plus les séquelles dureraient quelques semaines, si les secours tardaient trop, mais sans plus. Elle n'avait même pas eu l'intention de les tuer. Elle ne galvaudait pas le meurtre. Elle savait, mieux que ces deux shinobis, peut être, la saveur et le poids qu'il a. Et elle ne s'affligeait généralement pas d'une telle peine sans une excellente raison.

Elle dénoua le bandeau qui entourait son bras droit. Son regard était farouche, et déterminé.

"Prenez-le si vous jugez que ma conduite n'est pas celle d'un shinobi de Kiri. Peu importe. J'ai ma conscience pour moi."

Elle tendit le bandeau aux deux shinobis, et sa main ne tremblait pas.

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Yasei Reikan
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Sam 18 Mai 2019 - 22:05
Après s'être présentée, Reikan adressa un regard rassurant mais bref à son comparse. Pour la première fois depuis qu'elle l'eut aperçue, la féline entendit la voix de celle qui avait empoisonné un homme, quelques minutes plus tôt. Pas de salutation ni même de présentation, une seule invitation à suivre ses pas sans d'autres indications. Ils ont raison, mieux vaut partir tant qu'il en est encore temps. Sans se demander ce que la rouquine leur réservait, la jolie brune s'avança pour lui emboiter le pas, alors qu'une main vint interrompre la continuité de sa marche ; les doigts du plus balèze ayant entouré l'une de ses chevilles. En tournant la tête sur le côté, la féline baissa ses prunelles pour les plonger dans celui qui retenait son pied au sol. Ses iris myosotis caressèrent la main invalide de l'agresseur qui agonisait sur le parterre, couverte de sang et d'hématomes, causées par sa propre poigne. Son seul regard, dénué de toute compassion, eut rapidement suffit à venir à bout de la détermination déjà bien erronée de l'homme sans vertu. Et sans qu'elle ne lève le petit doigt, ce dernier se résigna à abandonner la prise qu'il avait sur la kunoichi, lui permettant de prendre la direction des escaliers étant sur sa route.

Son ascension bien trop courte ne lui permit pas de se remettre les idées en place après un tel échauffement d'esprit ; seul son rythme cardiaque avait retrouvé avec brio l'apaisement pour qu'elle puisse garder la tête froide. Une fois au sommet de maison de passe, le visage de Reikan fut agressé par la brise nocturne, annonciatrice de la saison estivale. Mais ses oreilles ne perdirent pas une miette des propos de cette femme rousse, aux capacités drôlement mortelles. Date Junko. Son identité s'ancra alors dans l'esprit de la nomade, comme une trace indélébile qui s'inscrivait dans la voûte de son psychique. Et tout comme elle fixait son meilleur ami, Shiroitora ne se retint pas de la zieuter de la tête aux pieds. Une femme a priori dangereuse, mais qui semble savoir ce qu'elle fait. Cela justifierait-il de tels actes? Qu'aurais-je fait, à sa place? En pleine réflexion, l'Indomptable bête observa la rousse se défaire de son bandeau de combattante pour mieux le tendre vers le duo. Et face à la fermeté des dires de l'empoisonneuse, la native du Vent jongla entre ses yeux d'ambre, témoignant d'un sang-froid à toute épreuve et le bandeau marqué de l'insigne de la Brume qui lui était dorénavant tendu. Finalement, la féline décida de lever sa dextre pour refermer ses doigts sur ce symbole, empoignant franchement ce dernier. Mais elle ne fit rien pour se l'accaparer ; bien au contraire, elle poussa le bandeau vers la rouquine pour qu'elle puisse le raccommoder à son bras droit. Et alors que ses boucles d'oreilles griffues et ses parures de tête remuaient sous les mouvements de son bras dominant, la féline ramena sa main le long de son corps, plongeant ses pupilles éthérées dans le feu de celles de Junko.

« Je ne suis personne pour t'ôter le droit de porter ton insigne. Si tu ne l'avais pas tué, c'est moi qui l'aurait fait, étant donné ce que cette ordure s'apprêtait à faire. »

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Aditya
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Dim 19 Mai 2019 - 16:10
Son regard vagabondait sur les ombres brumeuses qui se dérobaient à sa vue depuis ce perchoir inconnu. Quelques lumières orphelines parsemaient les rues de leur effervescence mourante, attendant patiemment la venue du jour pour reposer leur flamme. Mais l’astre lunaire semblait bien décidé à imposer sa suprématie sur ce ciel nocturne, dont la brise fraîche venait caresser la nuque d’Aditya, laissée à nu. D’un coup d’œil, il avisa les silhouettes féminines qui l’avaient précédées à l’entrée de ce nid ; l’étrangère se présentait enfin, d’une voix posée mais qui laissait pressentir une méfiance sublimée par leur présence. Alors elle se nomme Date Junko. Ainsi donc, ce toit où ils étaient venus se réfugier sous son injonction était paré d’un secret qui n'était connu que de quelques personnes, dont l’ascèse et la féline faisaient désormais partie. Adossé à l’une des renforts de bois empêchant quiconque de s’effondrer dans le vide, l’éphèbe glissait un regard indifférent en sa direction, oscillant parfois sur les mèches brunes de sa comparse. Ses prunelles céruléennes rencontrèrent les ambres enflammées de ladite Junko, se refusant à quitter leur compagnie le temps d’une œillade.

Par les meurtrissures apparues sur le corps de ses « victimes » du soir, Aditya avait supposées qu’elles en avaient succombées ; mais d’après ses dires, seul le premier ayant écopé d’un baiser avait rompu tout lien avec le monde des vivants. En un sens, cela le rassura, non pas pour lui, mais pour ces silhouettes agonisantes qu’ils avaient laissées derrière eux ; un nouveau jour se lèverait pour elles, où, peut-être, elles pourraient remettre en question leur comportement et trouver un nouveau chemin. Et alors qu’elle défaisait le bandeau à son bas d’un mouvement fin, ses pupilles suivirent chacun de ses mouvements, jusqu’à ce qu’elle ne le tende en leur direction. Mais ce fut sans compter le geste empreint de compassion de la changeforme, qui referma le contenu de sa paume tendu contre son buste. Après qu’elle se soit exprimée, Aditya prit la parole à son tour sur un ton des plus posés, mais toujours empreint de cette douce indifférence qui ne quittait jamais ses traits.

« Je ne suis rien de plus qu’un homme parmi tant d’autres. Il n’est pas de mon devoir de juger les actions de qui que ce soit. », ses yeux glissèrent une seconde sur les traits de la métamorphe. « Bien que le comportement de cet homme ait outrepassé de nombreuses limites envers cette jeune femme, l’expérience m’a permis de savoir… que ce genre d’énergumènes n’en sont jamais à leur coup d’essai. Ton geste n’était pas nécessairement malvenu. »

Pas un instant son regard n’avait quitté celui de leur vis-à-vis, tant pour lui prouver la véracité qu’il attachait à chacun de ses propos que par respect. Et alors qu'un léger silence s'était installé à la suite de leurs échanges, Aditya glissa une question à son adresse.

« Puis-je te demander d'où tu viens ? »

Une question simple, presque innocente. Si elle ne laissait transparaître aucune pression quant à la réponse attendue, elle témoignait néanmoins de l'intérêt que portait le blond à son encontre.




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Date Junko
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Dim 19 Mai 2019 - 16:35

Junko se vit retourner son bandeau avec une douceur à laquelle elle ne s'attendait pas. Elle plongea ses iris dans ceux de la métamorphe, intriguée. Cette jeune femme avait quelque chose de singulier, qui n'était pas vraiment désagréable. Junko avait l'impression de retrouver une part d'elle-même en elle. De ce qu'elle en disait, elle n'aurait pas eu une réaction bien différente de celle de l'empoisonneuse si elle s'était trouvée à sa place, alors ... Et puis, elle avait observé du coin de l'oeil son style de combat pendant qu'ils luttaient. Il était élégant, mais violent, brutal. Quelque chose qui n'était pas étranger à Junko, et qui lui rappelait sa propre façon de faire les choses. Vraiment, elle était intriguée par cette consœur, Reikan.

Et puis il y avait lui. Un homme bien singulier, qui ne dégageait absolument pas la même aura que tous les autres, avec qui elle avait l'habitude de monnayer ses soirées. Il n'était pas de cette trempe-là. C'était certain, instinctif: elle ne semblait pas éprouver avec lui la même crainte qui lui venait d'instinct, hors des soirées de débauche, au contact des hommes. Peut être était-ce le seul effet de la présence de Reikan ? Elle n'en savait rien, et, à la vérité, n'avait pas vraiment envie de le savoir. Elle éprouvait une sorte de soulagement, et elle était contente de pouvoir pleinement le savourer sans avoir à se préoccuper de potentiels ennemis qui lui feraient face. Pourtant, le temps d'un regard entrecroisé avec cet Aditya, elle tressaillit.

Elle renoua avec soin son bandeau autour de son bras gauche. Elle était satisfaite de pouvoir garder sa place dans les rangs de Kiri, quoi qu'elle en dise. Cela lui assurait une situation stable, des ouvertures d'avenir, et surtout une certaine légitimité quand les choses se corsaient autour d'elle. Et puis, c'était peut être aussi sa façon de remercier un village qui constituait sa seule terre d'accueil. Elle possédait un savoir-faire certain en matière de combat, et un talent rare, qui se montreraient certainement utiles en temps voulu. Quitte à mettre sa vie en jeu. Mais n'était-ce pas ce qu'elle avait fait jusqu'à très récemment ? Au moins, cette fois-ci, cette lutte servirait-elle une noble cause.

La question d'Aditya resta un instant sans réponse. Sans qu'elle s'en rende compte, Junko avait été prise d'un frisson, qui pouvait cependant aisément passer pour une réaction naturelle à la brise qui balayait la tour depuis ses hauteurs. Mais le léger tremblement qui s'était emparé de sa main trahissait, lui, une vive émotion. Junko serra le poing, et s'efforça de rassembler ses idées et de se composer un masque robuste d'assurance et de calme. La tâche était ardue. Mais elle y parvint assez bien. Après tout, elle avait laissé ces mauvais souvenirs derrière elle.

"Je ne suis pas née à Kiri. En fait, je ne suis arrivée que très récemment au village. Mon bandeau est encore neuf. Je viens d'une des îles de l'archipel de Mizu. De l'île d'Asosan ..."

Elle laissa tomber cette réponse comme une pierre. Elle s'efforçait de ne plus craindre son passé, de se persuader qu'il appartenait au seul domaine de la mémoire, des chimères. Pourtant, les stigmates étaient toujours là. Elle avait vécu son martyr, et s'en était libérée par le prix d'un sang qui n'était pas le sien. Les saints pouvaient-ils ôter la tête de leur bourreau, et rester saints ?

Après cette courte réponse, elle resta muette. Elle n'avait pas envie d'en dire plus long sur ses origines. Elle répondrait à contre-coeur si on la questionnait, bien sûr: elle devait au moins ça à ces deux nouveaux camarades. Mais ce serait tout.

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Yasei Reikan
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Dim 19 Mai 2019 - 20:40
Ainsi, cette jeune femme aux talents mortellement venimeux n'était pas native du Mizu no Kuni, tout comme notre chère Reikan. Nomade dans l'âme, elle ne connaissait que trop bien ce sentiment qui tempérait son quotidien depuis le début du printemps ; l'incertitude et la difficulté de s'intégrer entre les murailles de la Brume. Et sur aucune terre du Yuukan, quelle soit volcanique ou forestière, en haut des monts ou au beau milieu des océans, la féline n'avait daigné baisser les bras quant à son mode de vie, qu'elle regrettait presque en permanence. Mais à force d'être conditionnée par la sédentarité, elle avait fini par apprécier ce village qui l'avait accueilli, à tel point qu'elle s'était même documentée sur les différentes îles de l'Archipel. Asosan. Une île riche en massifs rocheux et a priori difficile d'accès, où seules règnent les traditions gladiatrices et commerciales. Avide de découverte, les iris céruléennes de la féline s'illuminèrent presque d'espoir ; l'espoir de sortir de ces murs pour satisfaire sa soif de voyage, qui n'avait pas été comblée depuis son arrivée à Kiri. Tout comme Aditya qui lui-même était né bien loin de ce territoire embrumé, elle trouva alors un peu de réconfort mutuel dans les propos de Junko, malgré le fait qu'ils n'avaient pas été prononcés sur le ton de la compassion.

« Je ne suis pas non plus née dans ces marécages. Ce n'est d'ailleurs pas cet Archipel qui m'a vu naître, mais le Désert aride du Kaze no Kuni. Nous sommes dans les rangs de la Brume que depuis la fin de l'hiver. »

Bien qu'intriguée par le passé de la rouquine à Asosan, Reikan s'obligea de ne pas appuyer sur ce détail, pour l'instant. En effet, les rumeurs autour des arènes et du recrutement d'hommes n'avaient pas manqué de parvenir aux oreilles de la métamorphe. Et même si une faveur assez particulière germait en son sein vis-à-vis de ce qui rattachait Junko à son île natale, la changeforme parvint à contenir ses espérances. Comme une bête muée par ses ambitions, elle passa sa dextre à son cou pour l'enfouir dans les plis de son haut oriental et dévoiler son bandeau ninja. Tout aussi brillant que celui de ses pairs, celle qui n'avait auparavant jamais imaginé pouvoir supporter de telles obligations affichait désormais fièrement cet insigne. Il s'agissait là d'un symbole de renom, qui témoignait d'une ferme appartenance au village caché de la Brume ; celui qui lui avait offert l'opportunité de tracer son propre sillage vers les sommets de la puissance de l'être humain dans le Yuukan.

Quelques secondes s'écoulèrent, avant que la jolie brune n'esquisse un sourire aussi franc qu'apaisant, sans montrer ses canines de carnassier. Ses traits n'en furent que plus sublimés, alors que l'éclat lunaire ne faisait que soutenir la lueur éthérée de ses pupilles et les éphélides se baladant sur son visage. En face d'elle se trouvait une kunoichi qui éveillait sa curiosité ; un grain parmi tant d'autres, dans une mer de sable aussi dense que celle du Vent, faisant partie d'une poignée de soldats assez intelligents et intéressants pour se démarquer de tous les autres. Sans même faire appel à mon sixième sens félin, je sais pertinemment que cette femme a dû en voir de toutes les couleurs. Un regard de braises comme le sien... L'espace d'un instant, Reikan perçut Junko comme étant un miroir qui reflétant sa propre personne, s'y reconnaissant presque malgré les nombreuses différences, aussi bien physiques que psychiques. En un échange de regards perçants, celle qui recherchait de précieux atouts sur son chemin pour supporter ses lourdes ambitions voyait dorénavant en la rouquine une pièce importante sur l'échiquier de son parcours. Qui sait, pouvait-elle prochainement devenir un appui solide pour soutenir la féline dans le périple qui l'attendait? Finalement, la quiétude qui régnait sur le minois de Shiroitora fut à son paroxysme lorsqu'elle invita la rouquine à se joindre à eux.

« Que dirais-tu de mettre de côté cet incident et de passer la fin de soirée en notre compagnie? Nous étions venu ici pour refaire le portrait aux plus malveillants, mais je crois qu'ils ont eu leur dose pour ce soir. »

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Aditya
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Lun 20 Mai 2019 - 21:07
Ses iris ne quittèrent pas les traits enflammés de la jeune femme, tandis qu’il détaillait chacune de ses réactions d’un regard maladroit, mais dénué d’une quelconque curiosité malsaine. Au contraire, il s’était teinté d’intérêt lorsqu'il reçu cette confirmation escomptée ; comme ce à quoi il s’attendait, elle n’était pas originaire de Kirigakure mais d’une denrée plus exotique, celle de l’une des îles de l’archipel. L’île d’Asosan, que tous connaissaient pour ses combats de gladiateurs et son arène aux mystères engloutis sous le sable et le sang. Si Aditya n’avait pas encore eu l’occasion de fouler ces terres, il était cependant dénué de toute cette adoration que portaient ses confrères à observer ainsi des êtres humains se battre à mort, parfois contre des bêtes assoiffées et affamées. Tout cela était pour lui d’une barbarie sans nom, tant pour l’un que pour l’autre. Mais il tâcha de garder ses pensées pour lui, au vu du frisson qui avait parcouru le corps de leur nouvelle rencontre ; s’il n’était pas animé par les températures fraîches qui régnaient en maître sur ce toit à l’abri des regards, il traduisait à ses yeux un avertissement à ne pas poursuivre sur ce chemin. Dans le doute, mieux valait s’abstenir.

Ses yeux perçants quittèrent enfin la silhouette de Junko pour se reporter sur la crinière ébène de la métamorphe lorsque celle-ci prit la parole en révélant ses origines arides. Or, ce ne fut pas tant cela qui poussa un léger sourire au coin de ses lèvres, mais l’éclat félin qui dansait dans son regard farouche lorsqu’elle s’adressa à elle, à la manière d’une tigresse reconnaissant l’un de ses pairs, ou tout du moins, qui considérait son vis-à-vis avec respect et intérêt.

Quelques mèches d'or s'échouèrent sur ses traits lorsqu'il arqua un sourcil à la demande de la changeforme, un geste qu'il ravisa bien vite. Reikan avait toujours été, au même titre que lui-même, d'une hospitalité et d'une compassion sans pareille, la voir tendre une telle proposition à l'adresse de Junko n'était pas quelque chose de surprenant. Ses prunelles revinrent trouver les ambres cachées derrières ces paupières méfiantes avant que d'une voix posée, il n'appuie les propos de la brune, de cette même voix désintéressée et exemptée de toute obligation.

« Je doute que rester ici soit une bonne idée, aussi serein que ce toit puisse être. Et si toutefois tu acceptes de rester à nos côtés en cette soirée, peut-être que Reikan pourrait nous guider sur le chemin de sa demeure – qui doit certainement être plus proche que le Temple Seidou de là où nous nous trouvons. »

D’autant plus que la jeune femme serait d’autant plus à l’aise au sein d’une bâtisse tenue par l’une de ses consœurs qu’un temple rescellant de moines et d’homme de foi, qui, bien qu’ils soient d’une compagnie des plus agréable, risquaient de la rebuter par leur nombre. Le nid douillet de la féline, outre qu’il soit d’un calme sempiternel à cette heure de la nuit, serait sans nul doute le meilleur des accueils.




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Dernière édition par Aditya le Sam 25 Mai 2019 - 15:50, édité 1 fois
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Date Junko
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Lun 20 Mai 2019 - 21:26

Junko considérait ses deux nouveaux camarades. Ils étaient étrangement avenants. C'était presque douteux. Ils n'auraient pas dû réagir avec autant de sympathie. Après tout, ils l'avaient vue tuer un homme d'un seul baiser, et déclencher une émeute. Ils l'avaient vue se battre, ne pas épargner les coups, comme elle avait pu le faire dans l'arène. Et ils l'avaient vue leur tendre son bandeau, prête à renoncer à sa dignité de soldat de Kiri pour défendre ses actes, certes, mais sur un coup de tête. Tout cela n'était pas raisonnable. Elle aurait passé pour folle, ou pour simplement téméraire pour quiconque d'autre. Alors pourquoi une telle amicalité ?

Elle croisa le regard de la métamorphe. Un regard bestial, à ne pas s'y tromper. Elle connaissait cette lueur d'animalité. Elle l'avait déjà vue, dans les yeux de nombre de ses adversaires qu'elle avait terrassés. Mais, dans les prunelles de cette jeune femme, elle voyait plus encore ressortir la bête. Il y avait quelque chose d'étrange dans ces yeux, quelque chose qui n'était assurément pas humain. Et cette humanité tronquée semblait vraiment familière à Junko. Après tout, était-elle encore tout à fait humaine pour ôter la vie avec tant de facilité ? N'avait-elle pas laissé une part d'elle-même sur le carreau, toutes ces années auparavant, quand elle avait tué pour la première fois ? Et le geste avait été tellement répété qu'elle ne pouvait plus se souvenir de ce premier meurtre.

Et Aditya ? Qu'y avait-il qui pouvait le pousse à envelopper Junko de sympathie ? Dans son cas, ce n'était certainement pas la parenté, qu'elle soit réelle ou fantasmée. Junko n'aurait pu imaginer être aussi différente d'elle. Déjà, c'était un homme. Mais d'une telle retenue, et d'une telle sobriété ... Elle qui était animée de passions, qui bouillait sur le feu de son instinct, semblait apaisée étrangement par ce regard calme à l'extrême. Il était son opposé parfait, en tous points. Peut être était-ce cette polarité dissymétrique qui le faisait la considérer avec bienveillance ?

Qu'avait-elle de mieux à faire que de les suivre ? Si elle restait là, au sommet de la tour, elle était certaine de recevoir de la visite, tôt ou tard. Et il vaudrait sans doute mieux pour elle qu'elle ne se représente pas dans cet établissement avant un certain temps ... C'était dommage. Elle avait commencé à apprécier les lieux, et la compagnie de certains clients. Bah, elle en trouverait bien d'autres pour les remplacer.

Elle enjamba le garde-fou, et sauta sur un toit proche avec une agilité parfaite.

"Je vous suis."

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Mar 21 Mai 2019 - 18:02
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À la vue de la rousse qui prenait les devants, Reikan ne put que teinter son sourire d'une malice sans pareille, sans oublier d'adresser un regard taquin à Aditya. La brise tempérée qui maltraitait le haut de cette tour vint finalement se nicher dans sa longue chevelure primitive, avant qu'elle ne décolle elle aussi de ce sommet pour retomber avec agilité sur une charpente et leur montrer la route. L'heure avait beau être tardive pour certains, pour d'autres, elle était idéale, aussi bien pour continuer de telles escapades nocturnes ou rentrer chez soi. Mais la nomade dans l'âme pouvait-elle véritablement considérer cet appartement comme étant son foyer? La concernée elle-même ne pouvait vous offrir réponse. En tout cas, elle s'y dirigeait par des bonds assurés. Je n'y songe que maintenant, mais c'est la première fois qu'Aditya va voir où je loge... Quelle piètre amie je fais. Peu de temps eut suffit au trio pour rejoindre le domicile de la métamorphe, en passant par le sommet du Temple Seidou au Nord du village. À travers une dernière écharpe de brume étreignant la bâtisse, la svelte silhouette de l'hôte se dessina sur les escaliers au pas de sa porte ; chemin qu'elle n'avait l'habitude d'emprunter qu'en compagnie de visiteurs, ce qui était très rare, puisque préférant aller et venir par la baie vitrée en temps normal. D'un cliquetis de clés, la porte en bois qui renfermait son cocon s'ouvrit, pour libérer une tout autre atmosphère. Et d'un pas décidé, elle y pénétra la première afin de mieux accueillir Junko et Aditya sans une once de gêne vis-à-vis de la découverte d'une partie de son intimité, en les guidant d'une ouverture du bras vers les Zabuton (座布団, litt: Futon-siège) qui encadraient la table centrale.

« Voici mon logis. Faîtes comme chez vous, je vais préparer du thé. »

Comme un appel à l'ataraxie totale, les narines des invités furent directement éprouvées par une confusion olfactive, due aux divers effluves émanant de l'appartement. Mais très vite, ils purent distinguer différentes fragrances a priori lointaines, mêlant aussi bien la délicatesse des végétaux que la chaleur produite par une maison bien entretenue. Un parfum subtil vint presque les câliner, comme pour préparer leurs yeux à contempler ce qui se présentait à eux ; l'intérieur de la tanière de Shiroitora. Dans toute la pièce principale, que ce soit au sol ou aux murs, divers éléments étaient susceptibles d'attirer leur attention. Des bribes de ses voyages étaient déposées sur le mobilier, apportant une pointe d'étrangeté à ce logement particulièrement bien équipé et organisé, où le seul brin de folie qui régnait n'était autre que celui des richesses déposées ça et là. Une grande vitre permettait à l'astre lunaire d'arroser de son éclat tous ses bijoux d'or parsemés de pierres précieuses, jusqu'à en illuminer les bordures d'un miroir assez imposant et révéler les formes orientales de la décoration, pleine de trésors issus de l'itinérance. À l'image de la changeforme, le moindre meuble ou objet griffu paraissait à la fois beau et bestial, doté d'un raffinement si prononcé qu'on pouvait croire qu'il s'agissait là de la demeure d'un Daimyō. Partout dans l'antre était éparpillée une multitude de babioles, qu'elles soient préciosités sentimentales ou de réelle valeur, retraçant une histoire profondément attachante et portée par des traditions claniques très prononcées. Obstrué par un voile de lin, seul un recoin isolé de l'habitacle laissait demeurer le suspens, laissant à la vue des invités un plumard bordé par de lourdes peaux de bêtes nordiques ; visiblement, Reikan préférait la douceur du poil à celle du noble satin qui se cachait en-dessous. En ce sens, sous tous les angles possibles, le nid de la kunoichi incarnait presque une autre dimension, définitivement coupée de l'extérieur, voire de l'écoulement du Temps ; à tel point que même les centaurées au milieu de l'unique table à disposition semblaient inaltérables. Quant à la luminosité, une grande variété de lueurs tamisées, provenant de la brillance des dorures ou des petites lampes à huile, venait réchauffer l'ambiance.

Les pas de la jolie brune la menèrent jusqu'au coin cuisine pour se mettre à exécution, alors qu'elle tournait le dos à ses deux comparses. Quelques allers-retours près des malles de chêne et d'acier de ses placards lui permirent de s'accaparer un plat déjà garni et une poignée de bourses en cuir, dans lesquelles sommeillaient bon nombre d'aromates. J'imagine que les trois là feront l'affaire. Mieux vaut éteindre les braises des esprits déjà bien trop échauffés, après ce début de soirée plutôt virulent. Une à une, Reikan versa une partie de leur contenu dans une eau déjà bouillante, qui réclamait d'ores et déjà l'infusion ; jasmin, passiflore et menthe, voilà quelles étaient les herbes pleines de vertus et prêtes à ravir les papilles de la rouquine et du blond. En peu de temps, l'hôte parvint au bout de sa tâche et tourna les talons en vue de retrouver ses invités. Et seulement après qu'elle eut déposé face à eux le thé et les Shoutao (寿桃, litt: Pêches de longévité), petits pains fourrés aux graines de lotus, la féline prit enfin le temps de s'asseoir en seiza en leur compagnie. Son odorat fut aussitôt alerté par l'odeur divinement enivrante de sa boisson chaude remontant avec la fumée de sa tasse, qui allait d'ailleurs de concert avec l'intriguante beauté de son repaire. Une telle senteur était capable de séduire n'importe qui, même les plus haineux de la théière, qui pouvaient aller jusqu'à s'imaginer d'immenses vagues couleur de jade sur les flancs des montagnes, sources de précieux jardins de thé. Aussi bien la soucoupe des gâteaux en forme de pêche que les tasses de thé écarlates, les contenants n'échappaient en rien au décor, puisque tout aussi épurés et précieux que ce dernier.

« Ne vous en faîtes pas, il y a assez d'arômes là-dedans pour apaiser nos corps sans leurrer nos esprits. Je vous en prie, servez-vous. »

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Dernière édition par Yasei Reikan le Ven 7 Juin 2019 - 22:03, édité 4 fois
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Aditya
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Sam 25 Mai 2019 - 16:46
Au même titre que ceux de ses comparses, les pas d’Aditya le guidèrent sur le chemin sinueux menant à la bâtisse qui abritait le doux logis de la tigresse qui, malgré le temps passé ensembles au sein du village de la brume, lui demeurait tout aussi inconnu qu’il ne pouvait l’être pour Junko. Ses yeux curieux dessinèrent les reflets et contours de l’édifice avant qu’un fin cliquetis ne vînt résonner dans ses oreilles. D’un geste empreint de simplicité et de politesse, il invita la fougueuse inconnue à entrer en premier et tâcha de refermer la porte avec calme dès lors que leurs deux silhouettes furent engouffrées à l’intérieur. Mais ce fut sans compter ces effluves orientaux qui assaillirent ses sens, alors qu'il parcourrait d'un regard cet environnement énigmatique. La lumière effervescente des dorures se reflétèrent dans l'azur de ses prunelles lorsque l'espace d'un instant, il autorisa cette pointe de curiosité à rouler sur chacun des ornements présents dans ce logis qui semblait être insufflé d'une partie de son esprit félin. Il étouffa un souffle rieur alors que les peaux de bêtes trônant sur son lit ne se dérobèrent à sa vue. Cela ne me surprend même pas, venant d'elle.

D'un mouvement porté par l'accalmie, le bout de ses doigts vint effleurer les diverses reliques obtenues au court de ses voyages, accompagnés par la caresse de son regard qui semblait rechercher une chose en particulier. Ses recherches semblèrent s'arrêter sur un objet finement tracé dans un bois reluisant de beauté, dont le symbole courbe représentait celui d'un nœud sans fin, gage de longévité et d'harmonie dans les traditions Hayashijines. Une lueur chaleureuse s'éveilla dans son regard lorsqu'il retraçait avec attention les nervures sylvestres, tandis qu'un sourire se dessinait sur son visage. Alors elle l'a bel et bien gardé durant tout ce temps. Mais devant cette trouvaille, il ne put que constater qu'une autre des reliques de la féline ne trônait pas parmi ses consœurs, ni autour de son cou.

Il fut si absorbé par l’atmosphère enivrante de la bâtisse qu'il ne remarqua l'absence de la féline que lorsqu'elle se joignit de nouveau à eux, portant au creux de ses paumes un plateau surmonté d'une théière d'où s'échappait un doucereux arôme. De la menthe et... du jasmin ? Et alors que son esprit se questionnait sur les parfums que rescellait ce fameux thé, Aditya se rapprocha de la féline, sa main venant entourer la anse afin de servir à chacune des deux jeunes femmes un verre largement rempli, avant qu'un troisième ne les rejoigne pour lui-même. Aditya prit place face à elle, tandis qu'il lui adressait un regard teinté d'espièglerie.

« On dirait que finalement, tu as réussi à t'imprégner une partie de Kiri. Et moi qui n'avait jamais mis pied dans ta demeure, je suis surpris qu'elle te ressemble autant. », il délaissa un léger rire. Après tout, chaque centimètre de cette bâtisse émanait de la nature bestiale et luxueuse de la jeune femme. « Mais... Je t'avoue que je n'ai pas vu ta dague, toi qui ne la quittes jamais. J'espère que tu ne l'as pas perdu avec tous ces voyages. », bien qu'il ignore totalement ce qu'elle signifiait pour lui, Aditya savait néanmoins que ce simple objet tenait en son cœur une place des plus importantes, si bien que l'idée qu'elle en soit involontairement séparée fit naître une pointe d’inquiétude dans son regard, légère, mais bel et bien présente.

Soucieux, il glissa une œillade en direction de Junko, ses yeux retraçant l'onde ardente de ses cheveux. Se plaisait-elle, dans un tel logis ? Il espérait tout du moins que sa complicité partagée avec la métamorphe ne l’ait nullement mise mal à l’aise.




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Date Junko
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Dim 26 Mai 2019 - 18:02

Junko avait observé avec la même attention qu'Aditya le nouvel environnement dans lequel leur troisième comparse les avait menés. Elle avait parcouru d'un regard curieux la pièce, les bibelots qui en chargeaient les meubles, qui respiraient un certain luxe, un plaisir de l'avoir et des petits trésors qui n'était pas pour lui déplaire. Elle avait remarqué les peaux de bêtes, ne s'en était pas étonnée outre mesure. Tout le logis semblait être en harmonie avec sa résidente, et Junko se trouvait de plus en plus d'affinités, à mesure qu'elle explorait la salle, avec Reikan. Elle devinait qu'elles auraient sans doute quelques expériences à partager, qui ne manqueraient pas d'être riches en apprentissages. Car elle devinait que, tout comme elle, la métamorphe avait un passé chargé. Elle prenait pour seule preuve la multitude des breloques et des pacotilles dont l'appartement était fourré.

Junko s'installa, et se laissa servir, sans un mot. Elle n'avait pas l'habitude des logis. Les maisons qu'elle fréquentait généralement étaient bien particulières, et ne ressemblaient en rien à ce genre de lieu-là. Il n'y avait pas la même chaleur naturelle, enveloppante, réconfortante. Elle, elle connaissait l'étuve des lieux de plaisirs, la fournaise des bordels. Et, à la réflexion, elle se rendit compte que c'était la première fois qu'elle mettait les pieds dans un vrai foyer. Elle ne savait pas comment s'y comporter, quels étaient les usages. Devait-elle se plier à une étiquette stricte ? Convenait-il de faire certains gestes, de dire certaines paroles à son hôte ? Elle l'ignorait, mais s'en fichait. La complicité qui existait déjà entre Aditya et Reikan, et qu'elle sentait commencer à se nouer peu à peu vers elle, la mettait assez à l'aise pour qu'elle se passe d'affecter une politesse trop artificielle.

Junko sirota son thé encore brûlant, tout en écoutant la conversation des deux autres. Reikan avait voyagé, on ne pouvait pas s'y tromper. Sans doute sa collection était-elle le produit de ses expéditions. Des souvenirs, ramenés de pays lointains. Elle avait dit venir d'un autre pays, non ? Elle avait dû en voir défiler, des terres et des mers, avant d'échouer à Kiri. Junko l'enviait. Sa jeune vie trop longtemps gardée captive dans une geôle de pierre la poussait au voyage. Peut être, un jour, pourrait-elle assouvir ce désir ? Son rang l'en empêchait pour l'instant.

"Ta collection est impressionnante. Tu as dû voir beaucoup de pays."

Elle s'était immiscée dans la conversation comme un cheveu sur la soupe. Elle n'était pas très douée pour ce genre de chose. Sans doute manquait-elle de tact lorsqu'il s'agissait de parler avec des gens qui n'avaient pas payé pour profiter de sa compagnie. Elle était sans le filtre de la politesse que lui imposait son office. Elle était nue.

"Tu as de la chance. D'avoir autant voyagé, et d'avoir cette maison."

Elle se tut, et but simplement une gorgée de son thé, le regard perdu dans les vaguelettes du breuvage.

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Yasei Reikan
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Dim 26 Mai 2019 - 20:13
Les pupilles bleu roi de la changeforme s'attardèrent un instant sur Aditya, qui était rassuré de savoir qu'elle avait gardé le totem de leur rencontre depuis tout ce temps. Cette vue arracha à Reikan un petit rictus avant qu'elle ne clore les paupières, alors qu'elle portait à ses lèvres la boisson chaude qu'elle venait tout juste de concocter. Ses bronches furent les premières à se laisser porter par ces effluves, avant que ses papilles n'en soient définitivement comblées. Et étrangement, le thé avait beau être chaud, les arômes qu'il laissait aux palais des assoiffés ne s'en trouvaient que plus rafraichissants. Ma demeure... Puis-je véritablement appeler cela mon chez-moi? Ses yeux se rouvrirent, pour ne zieuter que du coin son meilleur ami et faire face à sa remarque à propos de la dague de cristal. Le son entrechoquant fragilité de la tasse de thé et rigidité du bois de la table mit un terme au silence de la nomade d'esprit, dont le sourire venait de s'envoler pour ne laisser que les traces d'une expression sereine malgré elle.

« Ne t'en fais pas, elle n'est pas perdue. Je l'ai remise à Kaguya Sesshū pour illustrer la promesse que je lui ai faite, il y a quelques temps. Elle me reviendra tôt ou tard, si je m'y tiens. Comme quoi, même avec un tel logis, je ne suis pas la plus grande des matérialistes. »

Voilà qu'Aditya venait de rappeler à notre chère Reikan combien de temps avait passé sans voir cet homme ; à qui elle avait d'ailleurs abandonné une partie de sa confiance, et certainement l'objet le plus précieux à ses yeux et celui de son clan. Une pointe d'inquiétude gronda dans son regard, avant de disparaître aussitôt pour laisser la féline retrouver sa nature confiante et rassurante. Tout à coup, son attention revint sur la rougeoyante qui paraissait impressionnée par son habitat. Si elle ne redoutait pas l'avis de l'enfant du bois, elle ne savait pas à quoi s'attendre avec la rouquine. Jusqu'à ce qu'elle l'observe boire le contenu de sa tasse, décidément assez à l'aise pour se joindre à la conversation et même la complimenter sur l'intérieur de son appartement.

« J'estime que n'importe qui devrait avoir le droit de voyager là où bon lui semble, sans se fixer de limites. Je suis fière d'avoir parcouru tant de monts et de mers en compagnie de ma horde. Et même si je me suis au départ retrouvée ici à contre-coeur, je suis désormais tout aussi fière de faire partie des rangs de la Brume. Même si j'ai parfois du mal à me sentir chez moi, ici. »

Desséchée par sa prise de parole, la gorge de la changeforme réclama une deuxième gorgée de son beuvrage pour se revigorer. Ses pupilles, cracheuses de flammes bleutées, se plantèrent sur l'un des voiles orientaux ornant son mur. Un court silence s'imposa avant que Reikan ne revienne à elle-même pour fixer Junko. Elle a dit qu'elle venait d'Asosan. Une île de gladiateurs, de guerriers. Pas de mères et d'enfants... En ce sens, les derniers mots de la rousse perturbèrent quelque peu la métamorphe dans sa réflexion, pressentant presque un trait un tantinet envieux envers sa vie dans le brin de sa voix.

« Je serai ravie de t'accueillir à nouveau dans cette maison ou encore de te faire voyager autant que je l'ai fait si tu en as toujours le désir, le jour où je me déciderai de lever le camp. Je n'en sais que peu sur l'île d'Asosan, mais par-delà les frontières du Mizu no Kuni se trouvent des choses dont vous ne suspecteriez même pas l'existence. »

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Aditya
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Mar 28 Mai 2019 - 19:30
Glissant le bout de ses doigts sur les pourtours de son verre, Aditya prit congé de la proximité des deux jeunes femmes. D’un pas souple, ses pupilles purent bientôt s’abreuver de la vue qu’offrait cette large baie vitrée, les lumières de la ville reflétant leurs chaleureuses lueurs sur son visage. Et bien que sa silhouette longiligne tournât le dos à ses deux comparses, elle ne demeurait pas pour autant étrangère au dialogue qui se tenait entre elles. D’un geste entretenu par l’habitude, l’ascèse se délecta d’une gorgée épicée dont le goût était bien loin de lui déplaire. Un frisson parcouru ses bras lorsque la chaleur de cette décoction se répandit dans tout son corps, revigorant ses muscles raffermis par la fraîcheur du soir. Ses paupières se plissèrent tandis un air nouveau emplit ses poumons, empreint d’accalmie. Aditya avait retrouvé ce confort rassurant, reclus dans un mutisme salvateur alors que la voix de Reikan s’élevait dans le silence, brève et maladroite. Son épaule vint trouver un appui réconfortant sur cette large plaque de verre alors que son regard vagabondait de nouveau sur les traits de la métamorphe.

Ainsi dont, cette relique s’était échouée entre les mains de l’augure à l’occasion d’une promesse formulée. D’un léger hochement de tête, il témoigna de son discernement à ce sujet ; à ses yeux, Sesshu était un homme des plus respectables. L’objet clanique n’aurait pu rêver d’un meilleur gardien. Un sourire conciliant illumina son visage le temps d’une œillade avec la féline avant que son air indifférent ne reprenne le dessus : déjà, ses yeux s’étaient déposés sur le visage de la rougeoyante dont la timbre de voix, peut-être plus timide et réservé, se joignait aux répliques de la changeforme. L’espace d’un instant, ses sourcils se froncèrent ; était-ce l’ombre d’une discrète amertume qu’il distinguait dans ses paroles ?

En un sens, la réponse de sa partenaire fit écho à ses propres expériences, à cette fascination dévorante qui s'était éprit de lui lorsque la magnificence de ces paysages inconnus s'étaient dérobées à ses yeux, combien l'aride désert du Pays du Vent avait pu trancher avec la vivacité de la mer arborée d'Hayashi et les dédales rocailleux de la Terre. Mais malgré tout, un sentiment de nostalgie cernait son cœur au même titre que la métamorphe ; bien que la cité de la brume avait su effacer leurs regrets, elle n'aurait jamais pu remplacer la douceur de leur foyer qu'ils avaient quitté il y a bien des lunes. Cette lueur de mélancolie qui s'était élevée dans son regard se perdit dans l'onde glissante de son propre breuvage, dont les arômes ne cessaient de raviver l'appétit. Aditya laissa une nouvelle fois le silence s'installer tandis qu'il portait à ses lèvres quelques gorgée de thé. Ses prunelles azurées, elle, revinrent trouver les traits de Junko et après un long moment d'absence, sa propre voix rejoignit leur discussion inopinée.

« Si l'on t'en donnais l'occasion, quelle contrée du Yuukan aimerais-tu découvrir ? »




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Date Junko
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Jeu 30 Mai 2019 - 11:14

Des choses qu'elle ne pourrait pas même imaginer de l'autre côté des frontières de Mizu ? Cette seule phrase faisait rêver. Combien de fois Junko s'était-elle laissée aller à songer à toutes les merveilles qu'elle pourrait trouver dans des pays lointains, par-delà des chaînes de montagnes immenses et des mers profondes ? Elle en avait rêvé, de cette grande évasion, quand elle n'habitait encore qu'une geôle de pierre, froide et étroite. Combien le dehors lui paraissait immense ... Et l'air de l'aventure plus attrayant que celui du sang et du combat, qui peuplait ses jours. Elle pouvait très bien s'imaginer parcourant les routes inconnues, traversant des paysages exotiques, merveilleux, ou horribles. Peu lui importait, finalement. La seule perspective de l'inexploré suffisait à remplir sa tête de merveilles.

A côté de cela, son îlot natal paraissait bien malingre. Quel charme Reikan pourrait-elle trouver à Asosan, si elle avait déjà contemplé les charmes du monde ? Junko n'y avait vu que misère et dégoût.

"Je doute que tu trouveras quoique ce soit à Asosan qui puisse te plaire ... Cette île respire tout ce qu'il y a de plus mauvais dans la nature humaine. Le seul exotisme qu'il puisse y avoir, c'est celui des bêtes que l'on fait venir pour les tuer dans l'arène. Avant même mon départ, on avait fait venir un lion qu'on disait particulièrement féroce. Je me demande s'il est toujours vivant ..."

Elle avait vu la bête, une fois, au détour d'un couloir. C'était juste avant qu'elle prenne la fuite. Un animal fier, qui lui avait semblé géant. Elle ne l'avait pas combattu. Mais elle avait entendu dire que tous ceux qui avaient eu à l'affronter avaient été mis au tapis. Ce genre de bêtes-là, on les convoitait particulièrement dans les arènes clandestines d'Asosan. Elles haranguaient les foules mieux que n'importe quel gladiateur.

Junko se tourna vers Aditya. La question était ouverte, mais elle n'aurait su y répondre franchement. Elle baissa les yeux sur son thé, encore fumant.

"Je ne sais pas. Je ne connais pas les pays du Yuukan. Je n'ai jamais vu de carte du continent de ma vie. De là d'où je viens, on n'encombre pas les gens comme moi de ce genre de document."

Elle ne savait pas même lire. Mais ça, elle ne l'avoua pas. Elle ne voulait pas passer pour une idiote, pour une sauvageonne, alors qu'elle était en train de se faire des ... amis ? Elle aimait leur compagnie. C'était une compagnie tellement différente de celle qu'elle marchandait à ses soirées perdues, et infiniment plus agréable. Elle ne portait pas de masque, ou presque pas. Elle se sentait étrangement libre.

"Pour l'instant, de toute façon, je suis bloquée ici. Je ne suis qu'une Genin. On ne me laisserait pas même sortir du village ... J'ai troqué une cage pour une au-"

Elle s'interrompit, au dernier moment, ravalant ses mots. Quelle idiote elle faisait. Elle ne voulait rien dire de sa captivité, et voilà que les mots sortaient tous seuls de sa bouche. Elle but une gorgée de thé, et resta muette.

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Yasei Reikan
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Jeu 30 Mai 2019 - 18:03
Tout ce qu'il y a de plus mauvais dans la nature humaine? Suite aux propos tenus par la native de l'île d'Asosan, les paupières de la féline se plissèrent. Le discours de la rouquine paraissait dénué de tout mensonge et de toute trace d'hypocrisie. Les mots de Junko sentaient la franchise à plein nez ; et par la même occasion, sa peine de traîner le passé qu'était le sien semblait facilement discernable, malgré la rigidité de ses expressions. Mais la réflexion qu'était en train de nourrir Shiroitora fut ébranlée par la mention d'un événement improbable. Un... Lion? Ses pupilles éthérées et écarquillées plongèrent aussitôt dans le brasier de celles de la rousse, pour n'y trouver qu'une lueur mêlant peur et fascination. Reikan ne put s'empêcher de repenser à une figure emblématique de son clan ; qui n'était autre que son père, Yasei Ragna, le Lion d'Atlas. Son visage vint gangréner son esprit l'espace d'un instant, avant de partir en fumée et de laisser courir les dires de l'invitée. Et bien que son intérêt venait d'être titillé au plus haut point, la métamorphe contint la mer de questions qui atteignait déjà les côtes de son psychique pour ne pas agresser celle qui venait d'aguicher sa curiosité.

En apparence, la surprise et l'impatience la quittèrent pour mieux germer en son sein. Reikan mit de côté cette information qui venait de lui être délivrée au sujet de cette bête féroce, avant de reprendre son calme habituellement impassible. Toute ouïe, elle ne put garder pour elle un soupir assez expressif, au moment même où Junko ne trouva plus la force de tenir la parole. Je sais que les plus heureux sont les idiots ou les ignorants, mais... je n'arrive tout de même pas à y croire, à celle-là. Son séant décolla du zabuton l'ayant bercé jusque-là, laissant ses pas la guider près d'une malle cuirassée qui gisait dans la pièce. De ses fins doigts, elle en ouvrit la partie supérieure afin d'y dégoter une longue feuille de papier enroulée sur elle-même et un bocal couvert par un fin morceau de tissu. Aussi vite, elle retourna s'asseoir auprès de son meilleur ami et de sa nouvelle connaissance, qui était prometteuse.

Reikan déposa le récipient en verre au centre de la table avant de le détacher du tissu, révélant ainsi son contenu ; le bocal était porteur de plusieurs lucioles, sources d'une lumière apaisante et naturelle en vue de préparer ce qui allait suivre. Elle déroula le parchemin ancien mais pas abîmé, dont seules les extrémités semblaient avoir enduré l'épreuve du Temps. Quelques écritures claniques parcouraient le papier inspirant nostalgie, mais l'essentiel résidait dans les dessins faits par un plume assez plaisante et simple à saisir ; il s'agissait là d'une carte retraçant les différents territoires composant le Yuukan, avec une précision exemplaire. Le document était extrêmement bien fourni, décrivant les frontières de chaque pays et annotant même la plupart des villages reconnus par le monde entier. La féline accorda alors un regard attentionné à Junko, avant de venir pointer de son index droit l'une des minuscules îles de l'Archipel, qui lui-même n'incarnait, selon l'échelle des plans, qu'une infime partie de toute l'immensité représentée.

« Voici l'île d'Asosan, celle qui t'a porté et fait partie de l'Archipel. Comme tu peux le voir, on pourrait dire qu'elle n'est qu'un grain de sable parmi toute l'étendue qui se trouve au-delà des mers. Impressionnant, n'est-ce pas? »

Dans son ensemble, la carte présentait tant d'éléments qu'il était difficile à croire qu'une seule vie avait pu suffire à la façonner entièrement ; en effet, cette œuvre aussi intéressante que pratique, aujourd'hui entre les mains de la changeforme, était le fruit du travail de plusieurs générations métamorphes nomades avant elle. Son index se déplaça d'ailleurs lentement entre les inscriptions d'encre, passant par le village de la Brume pour traverser le plus gros point d'eau représenté par le carte et enfin, se stopper au beau milieu d'un gigantesque pays, à l'opposé même du Mizu no Kuni. Traversé de veinures s'alliant aux dunes territoriales, les terres visées s'apparentaient plus que toutes autres au pays le plus hostile du monde, aussi bien berceau de Reikan que celui du Dieu du Désert.

« Et voilà le Kaze no Kuni et son Désert. C'est ici que j'ai vécu ma plus petite enfance, avant de suivre ma horde et de parcourir le monde. »

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Aditya
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Dim 2 Juin 2019 - 12:12
Tandis que l’éphèbe s’adossait à cette large baie vitrée donnant sur l’extérieur, son regard roula sur la silhouette des deux jeunes femmes emportées par l'effervescence de leur discussion ; alors que la métamorphe déroulait sous les yeux de l’ardente une ancienne carte, fruit du travail conjoint de ses ancêtres, son homologue semblait bien loin de partager son enthousiasme. Ses yeux parcourraient les inscriptions sans réellement les voir, les sourcils froncés et visiblement préoccupée. Aditya se rapprocha du centre de la pièce à pas lents, son visage éclairé par les douces lueurs des lucioles enfermées dans ce carcan de verre alors qu'un air maladroit s’était installé sur les traits de Junko, l’espace d’un instant. Il devint évident pour lui qu’elle était tout à fait incapable de lire les inscriptions que la changeforme lui pointait du doigt tandis que l’esquisse de son passé se dessinait dans l’esprit du blond – mais cela, il le garda pour lui. Pendant de longues secondes il continua de l’observer sans indécence aucune avant qu’il ne réalise pleinement ce qu’elle s’était évertuée à leur cacher depuis le début de leur rencontre, où, au sein de cette maison close, elle avait démontré un étonnant talent au combat pour une courtisane. …C’était une gladiatrice.

Les propos qu'elle avait tenu sur Asosan, cette île regorgeant de misère, ne pouvaient que soutenir sa pensée. Ses paroles étaient empreintes d'une telle proximité, d'une telle connaissance qu'il était incontestable qu'elle n'ait pas, ne serait-ce qu'un jour, arpenté les dédales du Colisée. Et quand bien même ce lion imposant qui avait titillé l'intérêt de Reikan aurait pu rendre l'âme, la jeune femme avait été témoin de son arrivé et des traitements qu'il avait subi, à l'époque. Mais ce qui troubla le plus Aditya fut sans nul doute cette tristesse éphémère qui avait teinté ses dires, lorsqu'elle s'était sentie prisonnière des rivages de l'Eau, incapable de se détacher des enclaves qu'imposaient ses lois. Et alors qu'elle se murait de nouveau dans le silence après avoir lissé s'échapper une bride de sa psyché, il glissa quelques mots à son encontre.

« Peut-être n'as-tu jamais quitté la première. »

Ses iris azurs se plantèrent dans les ambres de la rougeoyante alors qu'il reposait son verre près de la théière, l'ombre de son bras traversant la carte ancienne. Mais sa voix, elle, était demeurée tout aussi dénuée de malveillance que n'aurait pu l'être son regard, plongé dans une sempiternelle indifférence ; car s'il était évident que le corps de Junko n'était plus retenu captif au sein des geôles d'Asosan, son esprit, lui, en était encore marqué. La cité brumeuse, pour des amoureux du voyage tel qu'Aditya et Reikan, n'avait jamais été une prison. Mais pour elle, chaque chose, chaque lieu restreignant sa liberté lui rappelait inlassablement le passé qu'elle avait cherché à fuir mais dont son esprit demeurait encore esclave. Et se refusant à lui imposer une quelconque pression, son attention revinrent se glisser sur les détours de la carte, caressant des yeux les pourtours des frontières d'Hayashi. S'il ne s'était pas prêté au jeu des présentations au même titre que sa partenaire, rien ne laissait penser qu'il ne révélerait pas ses origines si toutefois la question lui était posée.




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Date Junko
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Dim 2 Juin 2019 - 14:20

Junko posa les yeux sur la carte que Reikan avait déroulée, et elle en contempla les motifs avec une sorte d'ébahissement. Devant elle, elle avait le monde. Les pays, les îles, les déserts, les forêts et les mers, tous immobiles, comme figés par le temps, en suspension. Et là, ce petit bout d'archipel que lui pointait Reikan, c'était Asosan. Une tache microscopique, juste un point, presque, incomparable en taille face à l'immensité du continent. C'était là qu'elle avait grandi, souffert, vécu, en un mot. Et il lui semblait incroyable que tous ses malheurs aient pu se produire dans ce si petit îlot.

Elle ne prêta pas grande attention au reste de la carte. A quoi bon ? A quoi bon apprendre des noms de pays si elle ne devait jamais en voir les paysages de ses propres yeux ? Elle jeta simplement un coup d'oeil à Kaze no Kuni, par simple déférence à l'égard de Reikan. Un vaste désert. Sans doute sa beauté lui échappait-elle. Mais son esprit était de toute façon trop concentré sur Asosan pour qu'elle puisse vraiment admirer la forme des autres pays. Elle contemplait son îlot natal avec une sorte de fascination. Voilà l'endroit où elle avait vécu. Combien les hommes devaient être petits, et leurs souffrances insignifiantes, à l'échelle du monde. Tout ce qu'elle avait vécu, finalement, tout ce qui avait empli sa vie, qu'est-ce que tout cela représentait pour le monde ?

Elle tourna vivement la tête en direction d'Aditya en l'entendant reprendre la parole. Et elle resta muette. Son regard de feu s'était embrasé l'espace d'un instant, mais s'était vite calmé, et glacé, même. Que voulait-il dire ? Qu'elle était restée à Asosan ? Qu'elle y avait passé toute sa vie ? Eh bien oui, c'était le cas, et alors ? N'avait-elle pas assez souffert pour avoir gagné ne serait-ce que le droit qu'on ne remue pas le couteau dans la plaie ? Son regard de feu s'embua soudain. Elle sentait ses nerfs craquer. Elle baissa le regard, et s'efforça de chasser toute trace d'émotion de sa voix.

"Je dois partir. Merci pour le thé."

Et, sans un mot de plus et sans un regard, ni à l'adresse d'Aditya ni à l'adresse de leur hôte, elle quitta l'appartement d'un pas vif.

La nuit était déjà tombée. Elle était chaude, et pleine de bruit. Mais Junko était ailleurs. Elle sautait de toit en toit, sans aller nulle part, défoulant son corps. Et elle pleurait abondamment, à chaudes larmes, comme une enfant. Jamais elle n'avait autant pleuré de sa vie. Elle gémissait comme une petite fille, et laissait rouler de grosses gouttes d'eau sur ses joues claires. Elle regrettait déjà son départ précipité. Elle regrettait de s'être emportée, parce qu'elle comprenait bien que c'était sans raison. Mais une cascade de chagrin se déversait en elle, en continu, sans jamais devoir s'arrêter. Elle comprenait que sa vie avait été malheureuse, et tout ce malheur l'accablait maintenant, d'un seul coup.

La nuit allait être longue. Dans les hauteurs, quelques oiseaux poussaient leurs cris nocturnes, voletaient, comme des taches claires sur la face du ciel, sombre. Et le reflux des vagues, pareil aux soupirs, languissant et triste.

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Yasei Reikan
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Lun 3 Juin 2019 - 16:35
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Reikan était une femme fière ; fière de montrer qui elle était et les richesses de son éducation hors du commun. Mais, celle que les civils considéraient comme étant une jeune fille sauvage que personne n'apprivoisera jamais, n'avait pas prit en compte certains paramètres vis-à-vis de sa nouvelle rencontre. Elle, qui avait délaissé le Désert pour embrasser le Yuukan sous l'impulsion de ses proches, ne connaissait pas la douleur d'avoir été enfermée comme un vulgaire outil, du moins pas depuis qu'elle avait vu le jour. Ce manquement coûta à l'hôte le désintérêt total de son invitée, à qui elle venait pourtant de promette presque monts et merveilles. Et à l'entente des dires de la rousse, ses paupières s'écarquillèrent, alors que son index peinait à tenir position sur les dunes l'ayant bercé. La métamorphe leva son séant et l'un de ses bras pour la retenir, mais il était déjà trop tard. Junko était partie, ne laissant aux yeux éthérés de Reikan qu'une dernière lueur de rancœur dans son regard. Ainsi, seul le claquement de la porte vint mettre un point d'honneur à l'arrivée d'un silence pesant et regrettable. Plusieurs secondes furent nécessaires pour qu'elle reprenne ses esprits et qu'elle rabaisse enfin le bras qui avait cherché à retenir la chagrinée. Le sourire qui sublimait d'habitude son faciès venait de s'envoler, alors qu'elle tournait la tête vers Aditya, la mine si tarée par l'incompréhension que l'on pouvait déjà remarquer les remords qui la guettaient.

« ...Ai-je fait quelque chose de mal, Aditya? »

La changeforme, d'une confiance d'habitude si olympienne, fut finalement perturbée de cet envol si précipité. Malgré le fait qu'elle vienne jusqu'à en culpabiliser, ce n'était en réalité de la faute de personne, pas même d'Aditya. Ses iris myosotis cherchèrent alors un endroit où se réfugier dans sa tanière si atypique, avant de se figer sur Asosan ; ce petit bout d'Archipel dont les seuls souvenirs venaient de mettre Junko dans tous ses états. Des bribes de ses échanges avec la rouquine firent surface dans sa voûte psychique, l'obligeant à ne pas détourner son attention de cette île qui, en réalité, avait été un réel enfer pour l'empoisonneuse. Un Lion... en captivité. Les fins doigts de sa dextre se plièrent sur eux-mêmes pour devenir poing, serrant à tel point que le sang quitta ses phalanges. La simple idée de savoir qu'un animal était asservi par l'humain pour mener des combats d'arène vint faire bouillonner son sang qui tamponnait contre ses tempes, cette dernière serrant les dents. Au vu de sa réaction, naître et vivre à Asosan n'a pas dû être de tout repos. J'avais vu juste, mais de là à... Décidément, notre chère Reikan avait beau être d'un calme imperturbable, le départ de cette femme, témoin de son calvaire et de sa peine, l'avait profondément touché. Les os de sa main craquèrent sous la force de sa poigne, avant qu'elle ne relâche toute pression et que ses doigts quittent sa paume. Enfin, Shiroitora bifurqua son regard désolé dans celui de son meilleur ami.

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Dernière édition par Yasei Reikan le Ven 7 Juin 2019 - 22:04, édité 2 fois
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Aditya
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Lun 3 Juin 2019 - 17:46
Au même titre que la métamorphe, Aditya avait pu contempler la fuite de la rougeoyante dans la plus palpable des impuissances, ses pupilles encore rivées sur la porte où sa silhouette s’était dérobée à leur vue. Un lourd soupir s’échappa de ses lèvres alors que ses bras venaient trouver le repos sur son buste, croisés. Ses yeux glissèrent sur les traits de la changeforme, visiblement troublée par ce départ anticipé, au même titre qu’il ne pouvait l’être ; il se questionnait, même. Ses mots avaient-ils été trop durs pour elle ? Pourtant, ils ne pouvaient être moins empreint de vérité. Junko ne pourrait se libérer de son passé tant qu’elle y restait enfermée aussi volontairement. Et s’il lui fallait du temps et de l’espace pour être à même de le comprendre… le blond le lui offrirait sans hésiter. L’une de ses paumes vint se poser sur l’épaule de Reikan, accompagnée d’une légère pression qui se voulait réconfortante. Par ce geste, il tentait d'apaiser les émotion qui se déployait derrière son regard tempétueux.

« Tu n’as rien à te reprocher. Elle a très certainement des choses à régler par elle-même. »

Alors que sa main quittait le corps de la métamorphe, ses iris roulèrent sur la carte qui demeurait ouverte devant elle. La soirée avait prit un tournant tout à fait différent de ce à quoi ils avaient pu s'attendre, de leur combat improvisé au sein de cette maison closes jusqu'aux révélations de leur nouvelle connaissance sur les plus sombres aspects de l'une des îles de l'archipel. Et cela ne semblait pas avoir laissé Reikan indifférente, d'après l'air tourmenté qui s'inscrivait sur son visage. Était-ce cette proximité qu'il avait pressentie entre les deux jeunes femmes qui l'accablait encore, ou cette fougue ardente qui avait fait frissonner ses membres lorsque Junko leur avait révélé que de nombreux animaux se tenaient en ce lieu aux côtés des gladiateurs, dont un lion des plus imposants ? Lui qui avait eu par le passé la chance de contempler la puissance de son père, un Lion d'Atlas, et la splendeur féline qu'elle partageait avec sa mère, il ne pouvait que comprendre à quel point ce récit avait pu la toucher. Depuis leur arrivée, pas une fois elle n'avait mentionné son paternel devant lui si bien qu'il se doutait que quelque chose avait du survenir entre eux. Au fond, il espérait qu'il n'avait pas essuyé le même destin funeste que sa mère. Bien que sa rencontre avec le chef de la horde avait pu être houleuse, il avait apprit à voir en lui un homme digne de confiance.

Ses yeux revinrent trouver ceux de Reikan alors qu'il prenait place autour de cette petite table, avec tout autant de douceur que sa main s'était posée sur son épaule quelques temps auparavant.

« Qu'est-ce que tu comptes faire ? », glissa-t-il en désignant la carte, et plus précisément l'île d'Asosan qui demeurait à moitié voilée par son index. Il était évident que même s'il n'avait pas mentionné ce lion, il était l'objet principal de ses interrogations.





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Yasei Reikan
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Jeu 6 Juin 2019 - 2:20
Reikan cogita de longues secondes, à tel point que ce laps de temps lui parut être une éternité. Avait-elle fait fausse route? S'était-elle trompée au sujet de Junko? Devait-elle sortir à toute vitesse pour la rattraper et écraser ses tourments? La métamorphe était perdue dans ses pensées, gangrenée pour la première fois par la culpabilité. Toutefois, la poigne chaleureuse et attentionnée de son meilleur ami sur l'une de ses épaules vint aussitôt ébranler ce moment de doute. Extirpée de ses songes, la féline fut remise sur le droit chemin par Aditya, l'obligeant ainsi à abandonner sans plus attendre l'idée de l'auto-accusation. Il a certainement raison. Je ne voulais pas lui montrer le Yuukan qu'elle avait raté jusqu'à lors, mais bien lui faire passer le message qu'il n'attendait qu'elle.

Les saphirs qu'étaient les yeux de la nomade déboulèrent à nouveau sur la carte, parcourant monts et mers en quelques secondes, pour mieux terminer leur course affolante sur Asosan. Plus qu'une fixette, le regard de Reikan et la dilatation de ses pupilles témoignèrent de la profonde curiosité qui l'avait envahi. Mais cette dernière fut rapidement remplacée par la colère, lorsqu'elle repensa au félin mentionné par la rouquine et à la tragique fin qui l'attendait, malgré toute la férocité qu'il pouvait déballer. Celle qui préférait les animaux aux Hommes sentit son cœur se fendre, rien qu'à l'idée de se résigner à un tel destin pour un être aussi fascinant. Impardonnable. Si son poing ne se ferma pas à nouveau à ce moment-là, son esprit lui, se colmata d'une rancœur à la fois légitime et obsédée. Maintenant qu'elle avait découvert le vrai visage de cette île, il lui était impossible de faire marche arrière ; notre chère Reikan était bien décidée à changer le cours du destin d'autrui si ce n'était le sien, une nouvelle fois. Et la question d'Aditya ne put qu'accélérer cette prise de décision, qui au fin fond de l'âme de la féline, paraissait être d'une importance capitale et sans appel. Bien qu'il était déjà peut-être trop tard pour cette bête d'arène, la kunoichi avisa.

Ainsi, d'un air froid mais sadique, les yeux proies à la flamme de la détermination, elle s'empara d'une arme blanche accrochée sous la table pour en coincer la pointe aiguisée au cœur du bout de terre parmi les flots qu'était Asosan. Le fracas du métal qui pénétrait le bois ne put que truander le silence, ouvrant la porte à la réponse de la métamorphe.

« Dès que les hautes instances me le permettront, je me rendrai là-bas pour libérer ce Lion captif. Il me faudra néanmoins l'aide de Junko... puisqu'elle est la seule native d'Asosan que je connaisse personnellement, à ce jour. »

Les fins et élégants doigts de Reikan relâchèrent prise sur le manche de la dague meurtrière, tandis que ses pupilles bifurquaient déjà sur Aditya. Pourvu qu'il comprenne et n'essaye pas de m'en empêcher, parce que ce serait peine perdu. De toute façon, il n'aura pas le choix. Rien ne pourra retenir l'appel de la liberté. Elle l'observa alors du coin de l’œil pour anticiper sa réaction, en vain, avant de retourner la tête vers les tasses et l'assiette gourmande vides. L'attention de la jolie brune glissa sur la vive lueur dégagée par les lucioles prisonnières du verre, alors que ses mains se pressaient déjà contre le couvercle pour les laisser voler où bon leur semblaient dans le logis. Après s'être embrasée d'irritation, la voix de la jeune femme retrouva douceur et détachement.

« Il se fait tard, je ne vais pas te retenir plus longtemps, Aditya. Je te remercie de m'avoir suivi ce soir et j'espère que tu en retiendras tout de même un bon souvenir, hein? »

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Or et plaisir [Yasei Reikan & Aditya]

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