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Dim 5 Mai 2019 - 18:50
And who are you the proud Lion King said.

Only a cat of a different coat.

La nuit, l'impression d'étouffer et de plonger petit à petit chaque soir dans une nouvelle découvert de ses sens. La folie qui rongeait son système nerveux, la violence qui envahissait ses pensées pour tout balayer sur son passage comme un ouragan emportant maisons et habitants, son corps entier la brûlait tantôt la paralysant dans des crises de nerfs durant, durant et semblant ne jamais s'arrêter. Alors, alors elle errait dans les rues du village cherchant de manière insatiable à satisfaire la faim pourrie qui rongeait son estomac, pourrissant de l'intérieur ne semblant revivre et renaître qu'à chaque fois que ses poings rencontraient un corps étranger. La sortie des bars, les embrouilles dans les ruelles sales et étroites tout lui convenaient. Mais sans jamais la rendre heureuse, avait-elle déjà été seulement heureuse une fois dans sa vie? Et qu'est ce que le bonheur quand on voue sa vie à un village médiocre dont les seuls occupations sont de sacrifier ses intérêts et sa personne, dans le but de le rendre plus fort? Qu'était-ce donc que ces Dieux païens auxquels vouaient des cultes les shinobis de différents horizons? Le village tomberait bientôt, car aucun des shinobis du culte de la foudre ne s'adonnait vraiment à sa foi, ne donnait complètement les rênes à cette engeance démoniaque.

La liberté, le danger et surtout la monotonie rongeaient comme des poisons chaque partie du corps de l'errante. Derrière son masque, la balafrée n'esquissait plus aucun rictus comme si subitement elle avait prit conscience de sa triste réalité et condition. Rien ne serait plus jamais comme avant, rien ne procurerait autant de sensations que celles hors des murs du village, le village était son tombeau et elle agoniserait à petit feu. Et elle, faible et seule se rendait compte du merdier dans lequel elle avait mit les pieds. Yamiko allait mourir surement un jour, ou peut-être que la masquée déciderait de disparaître avant sa connaissance. Et ensuite, et ensuite quoi? Pourquoi avoir rejoint la foudre sur un coup de tête, pourquoi avoir finalement tenté de s'intégrer à un monde qui ne lui correspondait pas? La bouteille d'alcool, le masque s'ouvrant et le gosier recevant l'attention mérité. Une grimace, une quinte de toux et la figure élancée qui s'avance dans l'obscurité, le regard vide et hagard car rien ne semblait troubler sa marche punitive silencieuse.

Un poing qui heurte un mur, un craquement et le sang qui coule, comme les cailloux du petit poucet indiquant le passage d'une hurluberlue. Jun, enfant soldat reconvertie en shinobi? Jun ouvrant la marche aux damnés et aux âmes perdues incapable de quitter cette terre pour partir dans l'au delà. Une cigarette, un bruit de briquet et la nicotine transformant son haleine en un savant mélange de vice et de dégoût. C'était marrant, enfin si on pouvait rire de cette situation pathétique, de semer le trouble et de se faire réprimander mais au final personne ne fuyait ou n'échappait à la réalité indéfiniment. Jun ne changerait pas, pas plus que l'organisation militaire ne lui ouvrirait miraculeusement les bras. Elle n'aimait pas les gens, et c'était relativement pareil dans le sens inverse. Alors oui, des rencontres elle en avait fait mais comme dans la vie de chacun au final le contact se perd, les visages s'effacent et les souvenirs aussi. Le shinobi ne vivait que pour mourir.

Et Jun vivait pour traîner sa carcasse, un lendemain de plus.

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Lun 6 Mai 2019 - 16:14




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la demoiselle masquée
@Joo Jun

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In a coat of gold or a coat of red, a lion still has claws.
And mine are long and sharp, my lord, as long and sharp as yours.



La nuit drapait les montagnes d’un châle qui à défaut d’être perceptible, donnait au tableau des airs grandioses. Seuls les larges pics s’illustraient, côtoyant la mer nuageuse. Revenu de la forêt Nara quelques heures auparavant, un large rouleau shinobi accroché au bas de son dos, le Jônin du Nuage foulait les pavés sculptés au millimètre sans réel but, profitant seulement du fait d’être en vie ; seulement de la justesse de son plan qui se déroulait pour l’instant sans accrocs. Chaque geste, chaque parole prononcée depuis son arrivée dans les rangs de l’armée Kumojine n’avait eu qu’un seul but.

Comme on pouvait s’y attendre d’un Nara, travailler dans l’ombre faisait ressortir ses plus grandes qualités et ce fut sans surprises que personne n’émit de réserves quant à sa fidélité, du moins plus après ces vingt-quatre mois de bons et loyaux services. Son ascension -aidée par la cheffe de clan- avait été fulgurante. Pourtant, à le voir ainsi vêtu de façon si singulière, pourvu d’une démarche peu altière et baignant de discrétion, qui pouvait déceler en cet énergumène un si grand potentiel de changer les choses ?

Jouer d’apparences, se vêtir de l’ombre qu’il manipulait comme peu dans son entité clanique. Voilà ce qu’était Kansei ; un être capable de tout pour arriver à son but ultime, quel que fût le temps à attendre et à jouer.

Mais il restait tout de même dans sa comédie aussi naturel que tout un chacun. Et c’est les yeux mi-clos qu’il passa près de cette ruelle, où il aperçut une demoiselle au demeurant inconnue, les phalanges rougeoyante, empestant la nicotine et les effluves de spiritueux. Une kunoïchi ?

Pénétrant entre les deux murs, l’épaule collée contre l’un d’eux, sa voix résonna tandis que son ombre vint lécher celle de Joo.

« Tu as l’air bien tourmentée. » N’exhalant ni de quelconque jugement ou d’autre chose moins pieuse, il la toisait. Elle pouvait bien fuir ou l’insulter, il n’en avait cure et continuerait son chemin ; comme il l’avait toujours fait.





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Mar 7 Mai 2019 - 18:02
And so he spoke, and so he spoke.
That lord of Castamere.

-Et toi de pas te mêler de ton cul.

Elle ne s'était pas retournée, laissant un blanc faire office de conclusion, craquant lentement ses articulations essuyant sur le marbre son sang et sa blessure. Son corps prit d'un spasme, les crocs sortant derrière son masque, son visage défigurée fixant l'horizon sombre de la ruelle, la sensation désagréable de ne jamais pouvoir assouvir son envie de solitude. Même à cette heure tardive, alors que l'endroit semblait désert elle tombait sur un shinobi? Un habitant du village s'enquérant de son état? Ils avaient quoi dans ces environs, à prendre en pitié chaque ombre relativement éméchée et titubant. Elle n'avait besoin de rien, de personne et encore moins d'une Takara biss à ce moment précis. Haussant les épaules, finissant d'une traite la flasque dans sa main non ensanglanté, ouvrant la gueule et le masque avant de secouer sa tête et de cracher sans aucune retenue contre le pavé, d'éclater la bouteille contre le mur. De maudire sa condition, sa vie et cette prison aux murs dorés. Un zoo, ce village était un putain de zoo dans lequel elle avait l'impression d'être le seul chimpanzé conscient de cette situation. On ne la sortait que pour faire le show, impressionnez les enfants et manger une cacahuètes mais comme dans le film éponyme elle préparait son évasion. Un jour, elle se tirerait de cette cage aux barreaux trop solides à son goût.

-C'est ton trip de rentrer à la suite d'une jeune femme bourrée, dans une ruelle sombre?

Et ses yeux rubis se tournèrent en même temps que son corps en direction de son interlocuteur, son masque couvrant la défigurée qu'elle était. Une sale gueule, un sale caractère et une clope dans le bec de son masque, tirant bouffée sur bouffée, laissant le sang couler au sol éclaboussant parfois les murs l'entourant. Tout détruire était tentant, tourmentée? Il ne pensait pas si bien dire cet inconnu, elle ne l'était pas mais cela faisait un moment qu'elle n'avait tourmentée, torturée ou laisser ses violentes pulsions dicter son comportement. Qu'il était lassant, ennuyant de ne pas correspondre aux clichés du parfait petit soldat de plomb, capable de disparaître pour une idéologie qu'elle ne comprenait pas. L'errante ne voyait pas suffisamment Yamiko et son amant à son goût, comme si la drogue qu'ils constituaient amenait forcément une sacré redescende et contre la descente, pour toujours planer et oublier ce contexte pathétique , de boire de noyer son humeur plus que maussade dans l'alcool et les bagarres de piliers de bars. C'était ridicule et pourtant, pourtant même si cela aujourd'hui l'ennuyait tout autant, probablement que sans ça serait encore pire. Une cure de dés-intox qu'on lui imposait alors, alors qu'au contraire elle ne demandait qu'à faire une overdose de nouveau pour se sentir vivante dans la douleur et le sang, le sang et les muscles se craquant, les masques tombant et la folie dansant dans ses iris rubis fixant l'ombre à l'autre bout de la ruelle. Qui était encore ce drôle d'énergumène.

-Je résume donc, tu fais psychologue à tes heures perdues, et tu suis les femmes à l'attitude louche, le portrait n'est pour le moment pas bien élogieux, c'est peut-être ça qui me tourmente.

Putain, elle aurait presque rigoler, mais hélas la seule chose provoquant son rire, n'était guère sain symptôme d'une pathologie qu'elle n'assumait que trop bien. S'avançant légèrement, acceptant de faire demi-tour vers sa destination précédente qui était nul part, tirant sur sa cigarette au travers de son masque. Ne baissant guère le regard, cette nuit lui réservait encore une rencontre? La dernière fois elle avait philosopher avec une Suzuri sur son allégeance, aucune envie de réitérer son discours aujourd'hui, alors qu'il était probablement pire. Non aujourd'hui, les longues phrases l'ennuyait au plus haut point. Qu'ils aillent tous se faire voir chez les Kirijins, chez les gueux du marais.

-Je te préviens j'ai rien à boire, me reste juste des clopes si c'est ça que tu veux taxer.

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Mar 7 Mai 2019 - 19:39




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la demoiselle masquée
@Joo Jun

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La façon dont elle l'invectiva lui fit lever le sourcil ; il fut insulté ou quelque chose s’en rapprochant comme il s’y attendait de quelqu’un dans cet état à cette heure tardive. Cependant à bien y regarder ce n’était point une civile qui lui faisait montre de son épine dorsale, mais bel et bien une collègue. Sa signature chakratique effaça tout doute possible.

Elle se tourna avec peu de délicatesse féminine dans sa direction, le bas de son visage orné d’un masque métallique aux allures canines où dépassait un tube de tabac allumé, la fumée imprégnant son odorat autant que les vapeurs d’alcool dont elle semblait imbibée. Ca et là, un peu de sang semblait fuiter de sa blessure superficielle, teintant le tableau macabre d’un carmin explicite.

Il l’écouta être condescendante et hautaine ; là où elle s’exprimait avec moquerie il faisait office d’un visage n’exprimant aucune émotions. Seuls se deux iris pourtant noirs semblaient se détacher de la large ombre du Jônin. Il soutenait le brûlant des siens, sans sourciller, écoutant sans répondre, sans se mouvoir d’un pouce. Ô ses intentions n’avaient rien de mauvaises même si un esprit simplet aurait pu prendre sa posture et son manque de réaction comme autre chose.

« Ai-je vraiment besoin d’être psychologue pour déduire cela d’une femme aux poings sanguinolents qui se masque et empeste l’alcool ? » Répondit-il enfin à ses propos précédents, tandis qu’elle s’approchait sans que lui ne fasse le moindre mouvement superflu.

« Je n’ai ni raison ni envie de me mettre dans un état aussi ‘avancé’ que le tien. J’imagine que toi oui. »

Il s’anima d’une moue interrogatrice sans être moqueuse. Qu’est-ce qui pouvait bien pousser une kunoïchi à se mettre si minablement bas, dans un endroit qui ne l’était pas moins ? Autant de question auxquelles son interlocutrice ne se presserait pas pour répondre.






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Lun 13 Mai 2019 - 16:54
-On est dans le jugement de ses pairs maintenant dans ce village? Je savais bien que le patriotisme et le vivre ensemble c'était qu'hypocrisie, mais quand même pas sur que ce soit les valeurs des shinobis de la foudre. Le droit des femmes, c'est de se mettre autant de murge que les derniers poivrots que j'ai rencontré, et qui probablement se réveilleront en se demandant ou sont passés une partie de leurs dentition. Mais visiblement, ton manque d'émotions, ton calme et ton froid n'ôtent pas ta détermination, tu bosses pour les flics, tu partiras pas sans avoir de réponses? Rien à signaler monsieur l'ombre, j'irai passer ce qu'il me reste d'humeur sur mes murs.

Derrière le masque, derrière les rubis scrutant l'ombre et plongeant dans le vide sans fond, derrière la position décomplexée de son interlocuteur, les raisins de la colère, une haine, une colère et du ressenti à foison, de quoi nourrir probablement tout un village de jeunes éphèbes idiots et naïfs, ne voyant dans le village qu'une vie et une manière de servir. Pourquoi, pourquoi étaient-ils tous aussi captivés par les intérêts de la foudre? Et de la même manière, qu'était-ce la loyauté dans un monde pareil? Comment faire passer les intérêts de tous avant la survie, avant l'envie de survie quand chaque jour, la mort emportait nombre de shinobis. Son corps se tordant dans un spasme de mépris, la haine prenant place dans ses iris rouge comme le sang, le sang coulant de sa main ensanglanté passant doucement sur son masque. Non, il n'avait pas besoin d'être psychologue pour deviner qu'au vu de son attitude, la masquée possédait certainement raisons, mais parfois non. Parfois se mettre dans un état pitoyable, proche du pathétique suffisait comme raison. L'alcool rendait mauvais la plupart des personnes, aidant à faire sortir les vérités enfouis par la bienséance et la conduite a jeun, mais parfois il n'y avait aucunement besoin de drogues, de substances et d'alcool relativement mauvais et fort pour que la franchise prenne le pas sur l'hypocrisie du genre humain.

-Moi j'ai pas mal de raisons ouais, mais pourquoi je parlerai avec franchise avec une ombre que je ne connais ni d'Adam ni d'Eve. Mais soit, je ne crains plus grand chose dans ce bled. Mais la politesse voudrait que tu lâches au moins ton blaze, ou à défaut un pseudonyme. On m'a toujours dit de me méfier des inconnus surtout ceux suivant les jeunes femmes dans les ruelles sombres. Jun, le mien c'Jun. Et je raconterai pas ma vie, pour qu'au final ça rentre dans ton oreille pour ressortir par l'autre, alors je vais faire au plus simple mon grand. Kumo ça pue, habituée à parcourir librement les pays, à n'assouvir que mes pulsions et besoin me voilà catapulter soudainement au service d'une patrie que je ne connais pas, avec des chaînes en guise d'asservissement et entre des murs s'apparentant à ceux d'un Zoo. Et j'ai pas franchement la gueule d'une babouin, j'ai d'ailleurs pas la gueule de grand chose mais c'est une autre histoire ça. En résumé, en résumé je viens de te décrire mon ressenti et mon amertume que je traîne depuis que j'ai mit les pieds ici. Et putain ça commence à me rendre malade, au point même que les bagarres d'ivrognes ne réussissent plus à étancher cette soif indescriptible de violence que je ressens, alors ouais j'ai pas mal de raisons d'être en colère. Mais les émotions c'comme la gueule de bois, ça fait mal une fois qu'on s'en rend compte et puis ça disparaît petit à petit demain je serai de nouveau froide et silencieuse et la vie sera comme avant. Une suite sans fin de jours se ressemblant.

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Lun 13 Mai 2019 - 19:23




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la demoiselle masquée
@Joo Jun

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Celle qui parlait jusqu’à alors par simples phrases concises s’était mis à vider son sac d’une façon surprenante mais presque prévisible quand on connaissait les ravages des spiritueux et qu’on les avait soi-même expérimentés. Plus proche, il restait tel un roc, impassible, son regard braqué dans le sien sans pour autant qu’il y soit lisible toute la véhémence intérieure que pouvait laisser paraître la demoiselle à la chevelure flavescente descendant en cascades sur ses fines épaules.

Restant au tutoiement, sa mâchoire se desserra pour laisser place à son éloquence empreinte de son même flegme signature. « Disons que je suis seulement un citoyen concerné. » Evidemment son grade de Jônin l’engageait à surveiller les rues de sa patrie et les possibles fauteurs de trouble, mais il n’était en rien partie de la police Kumojine. « À en croire ta verve venimeuse, tu es celle qui juge les habitants de ce pays. Là où tu vois de l’hypocrisie, j’y vois la nature humaine dans son ensemble. Crois-tu que c’est une composante du Nuage, vraiment ? N’as-tu jamais quitté ces murs que tu sembles tant haïr au point de les rouer de coups ? » Froid, il l’était peut-être. Mais quelle réaction pouvait-il avoir face à celle qui laissait ses démons et ses émotions prendre le dessus pour des choses si importantes ? Elle avait face à elle un gradé et pourtant, elle déblatérait en faisant fi des conséquences. La loi martiale régent les shinobis était bien plus dure que celle faisant office d’adages pour les civils, le savait-elle ? Vu son niveau d’alcoolémie, ce n’était de toute façon pas très important. Au pire, elle blâmerait la boisson si elle était emmenée à témoigner de son comportement devant les hautes-instances. Ou ne s’en cacherait pas ?

Le noir se mêlant au carmin des pupilles de la masquée, il continua d’écouter. Elle en avait, des choses à dire.

« Et pourquoi pas ? Tu dénigres ceux qui se nappe d’hypocrisie et tu t’en drappes devant moi sous prétexte qu’on ne se connaît pas ? Voilà un raisonnement falacieux. » Presque moqueur, son rictus fut visible le temps d’une seconde avant qu’il ne se remette à parler. « Je suis Kansei. Pourquoi t’être engagée dans une armée pour la détester à ce point ? Que je sache, Kumogakure no Satô n’a jamais obligé quiconque de mémoire d’homme à s’enrôler. Tu dis ne pas la connaître mais ça ne t’empêche pas d’avoir un avis totalement tranché. » Avait-elle la moindre idée de ce dont elle parlait ? Sa mâchoire se crispa. De son point de vue avec le peu d’informations dont il disposait et le reste de la prose de la dénommée Jun, elle semblait assoiffée d’une denrée qui n’avait pas sa place dans une institution vouée à des desseins tels que ceux du Nuage.

« Que fais-tu encore ici si tu te sens tellement prise au piège ? Aurais-tu peur des Oïnins au point de gentillement baisser le museau et d’accomplir les besognes qu’on t’impose ? » Son ton se voulait cette fois particulièrement méprisant. Une façon comme une autre de la pousser dans ses retranchements pour voir ce que cet esprit tourmenté avait à offrir.

« Certaines émotions ne disparaissent jamais vraiment. Si tu veux de la violence, alors peut-être qu’en tant que shinobi tu devrais la chercher contre ceux qui la méritent vraiment. » Immobile, son ombre immense cachant presque les traits de la renarde, seul le lampadaire derrière eux semblait témoin de cette scène surréaliste.





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Lun 13 Mai 2019 - 19:56
Elle éclata d'un rire cristallin, rebondissant contre les murs de la ruelle faisant écho aux paroles et au discours de l'ombre. La folie prenait le dessus, comme souvent dès qu'elle rencontrait un obstacle de taille et trop important pour elle, celui là était amusant voir intéressant de manière général les discussions barbantes avec des patriotes ne l'amusait guère, personne ne comprendrait son point de vue comme elle ne comprendrait jamais le leurs. Deux mondes, deux mondes drastiquement opposés qui rentraient souvent en collision sans qu'elle le cherche spécialement. Putain, putain qu'est ce que c'était bon de rentrer dans un os, dans un mur ne se laissant visiblement pas faire facilement. Putain, le sang qui tapait contre ses tempes, l'essence et l'odeur du tabac et de nicotine, l'adrénaline prenant le dessus sur un raisonnement logique et sain d'esprit. Et ses iris flamboyants brûlèrent de mille feu et l'ombre grandissante de son interlocuteur, la noirceur et l'obscurité semblèrent bientôt l'envahir. Mais elle avait depuis, depuis ses premiers souvenirs accepté avec aisance de vivre dans les recoins sombres, parmi l'obscurité pour y trouver dans le froid et le noir une toute autre vision du monde. Tirant sur sa cigarette, bouffée après bouffée sans baisser le regard. Le sang tombant par goutte contre le pavé et une furieuse envie d'exploser. Encore, encore il fallait toujours plus de contradictions, cet homme ne méritait pas son temps, c'était soudain d'un ennuie cette rencontre anodine qui se transformait encore en plaidoyer.

-Au contraire, j'ai bien trop connu la vie en dehors des murs pour m'y acclimaté gentiment, comme on apprivoise un vulgaire animal. As-tu besoin de connaître la mort pour la juger? As-tu besoin de connaître ton adversaire pour le juger? Chacun, sait dans sa nature ce qui n'est naturellement pas bon pour lui. Tu es un citoyen Kansei et visiblement concerné, assez pour errer dans les rues de ton village et surprendre les malandrins à la sortie des bars. Ne confond pas hypocrisie et cynisme mon grand.

Croyait-il qu'elle avait peur d'assumer son discours? Mourir pour des convictions, voilà déjà une fin meilleur que de ployer l'échine pour vivre un lendemain de plus. La survie, sa survie passait avant tout mais renier ses convictions, non ça jamais. Pas de son vivant, Joo Jun enfant soldat puis mercenaire et désormais shinobi de la foudre n'effectuerait des tâches qu'elle jugeait indigne ou contre sa propre volonté. Au diable la hiérarchie, rien ne valait plus que la force et le respect qu'on forçait avec. Et cet homme, cet homme pouvait bien être dix fois, vingt fois, cent fois même supérieur à elle il n'aurait jamais, jamais le respect car avec la force et le respect imposé venait également un sentiment, quelque chose d'étrange à décrire. La loyauté, la loyauté n'existait pas et ceux qui affirmaient le contraire étaient tous fou ou incompétents, l'homme ne servait que ce lui rapportait. Personne, personne ne donnait sa vie sans vouloir même dans la mort en récolter les lauriers.

-Je ne me suis pas engagée, j'ai rejoins la foudre pour une personne m'affirmant que je pourrai partir si cela ne me plaisait pas. Crois-tu que je suis stupide? Survivre est plus important, déserter un village pareil sans contexte favorable, partir du jour au lendemain et c'est probablement la mort assuré chaque citoyen consciencieux de ce village ne souhaitant pas divulguer des informations aux autres puissances. Je ne suis pas assez forte pour le faire, et même si je l'étais, cela ne se fait pas sur un claquement de doigts. Mais ne crois pas pour autant que je joue les fidèles compagnons canins, je n'ai pas peur de refuser, j'ai déjà échoué volontairement à des missions et malgré les remontrances et le risque si c'était à refaire je le referai sans hésiter. Je me fiche de la composante des Nuages tout comme je me moque de ton propre jugement, nous sommes et comme avec la plupart des gens de ton genre, de nature opposés. La foudre assouvie comme tu dis, parfois, mes pulsions violentes et cela me suffit pour le moment. Ceux qui le méritent? Je n'obéis qu'à moi même Kansei de Kumo, ceux qui le méritent sont donc ceux que j'estime comme tels. L'être humain n'assouvie que ses propres besoins, et les émotions sont des freins à la véritable liberté. Mais peut être que les consanguins de Kiri sont pareil, ou que les fières automates de Iwa aussi, mais qu'est ce que ça peut me foutre au final? Je suis ici présentement et c'est sur ce village que je porte mon jugement subjectif, et il n'aura jamais vocation à être objectif.

Elle tire une taffe, inspire avant d'expirer longuement.

-Parce que je ne serai jamais objectif en ces conditions.

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Lun 13 Mai 2019 - 20:42




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la demoiselle masquée
@Joo Jun

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Son rire ne fit rien émaner de Kansei, son regard noir n’exhalant rien, comme si Jun n’évoquait chez lui plus aucun sentiment, contradictoire avec ce qu’il venait de dire précédemment. Un autre se serait peut-être senti insulté par telle façon d’agir et de lui ricaner au nez, il n’en fut rien chez le Nara tout aussi stoïque que le mur sous les coups de Jun tantôt, à la différence peut-être qu’il en faudrait bien plus pour ne serait-ce qu’effriter la surface.

Dans le décousu de sa prose, le Kôei put en saisir l’essence et ne la coupa pas pour autant. Elle crachait donc sa bile, abreuvant l’homme de plus d’informations qu’il ne s’attendait à avoir.

« Si tu l’as si bien connue alors tu devrais t’estimer heureuse. Il y a bien pire sort que d’être enfermé dans une cage dorée. Cette même cage dont tu dénonces les jugements de valeur mais cela semble une discipline dans laquelle tu excelles, Jun. » Comme elle avait utilisé son prénom, il en fit de même, laissant les petites piques à sa comparse.

Elle semblait bien blasée, bien que sa cadette. Comme si les événements qu’elle avait vécu avait brisé quelque chose en elle. De là les scénarios possibles étaient multiples mais dans la même veine ; il en avait connu, des personnes comme elles. Esclaves du Colisée, Hijin réduits à de simples exemples et son esprit passaient en revue tout cela, tandis qu’il exhalait de ce même calme olympien.

« Tu me demandes si je te pense stupide. Tu dis toi-même t’être engagée en écoutant quelqu’un, sans même te renseigner sur les conséquences de tel acte. Tu as passé ces soi-disantes chaînes autour de ton cou avec toute la naïveté d’un chérubin et tu parles de la nature humaine comme si tu la connaissais. Dans ce cas, oui, ton acte a été stupide, si tu ne l’es pas toi-même. » Logique froide et implacable, pragmatisme ruisselant d’entre ses lèvres comme autant de lames n’étant pourtant pas crachées dans le but de blesser. « Tu me demandes si je te pense stupide et tu parles de désertion librement comme si c’était désuet de sens. » Son regard lâcha le sien pour regarder le ciel une seconde, avant de revenir faire se mêler ébène et rubis. « Tu sembles fière de cracher sur les objectifs de Kumogakure et d’en saboter les expéditions. » Doucement, il lui tourna le dos et entreprit de sortir de ladite ruelle. Sa bonne action de la soirée n’aurait pas lieu ; il ne pouvait réellement rien pour ôter les oeillères dont Jun était pourvue. À vrai dire, il n’aimait pas Kumo d’un amour plus sincère qu’elle, et pourtant. Ce n’était pas un rôle ni une comédie qui se tenait là. « Tu es bien moins maligne que tu sembles le penser. Soit, enfonce-toi un peu plus dans ces sables mouvants, pour ma part je vais faire l’impasse sur ce que je viens d’entendre. À n’obéir qu’à toi-même, tu risques seulement d’abréger tes jours ou à dilapider ton existence de façon insipide, pas que j’y vois un problème. » Doucement son visage se tourna vers elle, à peine visible tandis qu’il se stoppa. « Evite d’essayer de saboter une ‘mission’ dont je fais partie ou je serai bien moins clément que ceux à qui tu craches délibérément au visage, gaki*. » Pour la première fois depuis son arrivée parmis les rangs du Nuage, il laissa exhaler une faible partie de sa véritable ombre. Dans le seul oeil qu’elle pouvait apercevoir, elle brillait. La volonté du Feu. Celle qui consumerait les obstacles qu’il ne pouvait surmonter grâce à son intellect. Sa large enveloppe quitta l’endroit, doucement, sans se retourner.

* gamine


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Mar 14 Mai 2019 - 21:07
-Je n'ai plaidé être plus intelligente que la moyenne ni au dessus de quiconque Kansei. Pas plus que je n'ai contesté, ne pas être objective ni même lucide. J'ai vécue selon des principes opposés, à des lieux même que la discipline que tu sembles promouvoir me permet de vivre. Ai-je dit que j'étais fière? Qui déforme le discours de l'autre dit moi? Depuis tout à l'heure tu me questionnes, tu es venue à ma rencontre interrompant ma course nocturne, me privant de la solitude et au final quoi? Tu tournes les talons car mon discours ne te convient pas? Ne voulais-tu pas étancher ta soif de curiosité Kansei citoyen qui semble modèle? En quoi différons nous Nara? Qui donne des leçons de morale à l'autre? Qui juge son prochain? Nous faisons de même, tu me menaces pensant peut-être que je tremblerai? Je n'ai peur de rien, ni de personne et écoute bien mon grand. Que tu fusses Kage ou même Homme au chapeau cela ne changerait rien, bien sur que cela raccourcirai ma vie mais j'aurai vécu selon mes propres envies et principes et non comme larbin d'un maître que je ne désire pas. Que tu fasses l'impasse ou non, je m'en branle complet mais tu l'as surement déjà comprit. Il y a une différence, différence que tu ne sembles pas saisir, entre discours et acte si je suis encore ici et libre de mes mouvements, c'est que je fais le minimum. Kumo est visiblement, mon hôte et je suis invitée de force pour un moment il serait impoli de ne pas effectuer corvées quotidiennes, du moins de participer au bon déroulement de la maison un tant soi peu.

Elle s'avança, cet homme se pensait surement au dessus d'elle, son jugement l'emportait-il sur celui de la masquée? A se croire au dessus de tout, il ne se rendait pas compte qu'il faisait strictement la même chose que la masquée. Juger l'inconnu en fonction de ses propres valeurs, tenter d'intimider l'autre et partir quand le discours lui déplaisait, si il n'avait pas déjà dégainé ou qu'il n'avait pas appliqué des menaces à exécutions c'était qu'il ne le pouvait simplement pas. Car en effet, Jun avait raison, entre paroles et actes il y avait un fossé. Avoir une grande gueule, aboyer c'était souvent l'apanage de ceux qui en faisaient le moins, et l'ombre semblait pourtant très vindicatif quand à des éventuelles représailles, que croyait-il, que si elle avait sabotée une mission importante elle serait encore dehors à cette heure? Libre de ses mouvements et de son discours, ne pas aimer sa maison c'était une chose, parler de déménagement, se plaindre du voisinage c'était dans la même lignée. Mais subitement du jour au lendemain disparaître, quitter son domicile comme si de rien n'était, en emportant avec petits secrets entre voisins. C'était tout autre, et personne pour le moment ne lui avait ouvertement parlé de la facilité que cela représentait. Se plaindre, c'était amusant, de provoquer l'ire des shinobis qu'elle rencontrait aussi également. En revanche, au final ils ne valaient pas mieux qu'elle, Jun assumait entièrement sa personnalité et ne considérait pas une seconde changer sans qu'elle ne le désire et lui, et lui quoi Kansei était donc un être supérieur? Cela lui ferait surement trop plaisir de l'entendre de cette oreille. Allumant un autre morceau de mort, tirant sur la cigarette et marchant doucement derrière l'ombre qui semblait vouloir disparaître comme au théâtre dans une position définie et à sa convenance.

-Et toi Kansei, es-tu dispensé de me raconter pourquoi à contrario tu aimes tant ce village? Qui sait peut-être que je nuancerai mon discours, car dit moi si j'ai ouvert mon cœur et ouvertement parlé de ce que je n'aimais pas ici, je ne t'ai pas entendu me reprendre sur le fait que dans ce village j'avais des personnes auxquels j'étais lié. Et si les liens sociaux ne m'intéressent guère, en revanche et malgré la simplicité dans laquelle tu sembles prendre ma personne, si j'ai fait l'effort de rejoindre la foudre, ce n'est pas pour rester les bras croisés devant des menaces. Voulais-tu que je nuance mon discours? J'ai tué pour la foudre, un prisonnier de Wasure. J'ai sauvé des enfants pour la foudre, mais cela personne ne s'en vante, je préfère mettre cela sur le fait des tâches quotidiennes à effectuer, en échange de quoi je me permet d'échouer des missions qui me sont confiés. Crois-tu que je risquerai ma vie en mission avec des compères de la foudre au risque de disparaître? Oh Kansei, j'ai si insisté sur la survie que je pensais que cela coulait de source. La foudre a des vertus, les gens ici sont comme toi obtus, mais certains sont intéressant. Et toi qui de couvre d'apparat et dont l'ombre semble menaçante, pourquoi accordes-tu tant de crédit à la foudre? Les Nara sont-ils originaires du pays? Pourquoi autant de patriotisme au point de menacer une compère shinobi?

Il ne partirait comme ça, c'était trop facile, trop simple d'avoir les réponses qu'il souhaitait et ensuite de faire machine arrière, quand on rencontrait un obstacle. Jun était restée relativement calme, si son comportement était si insolent, il n'en restait pas moins que sa manière de pensée et visiblement pour ne pas trop vexer le fidèle Nara, et parce qu'elle considérait que chaque informations était forcément dans une optique d'échange, que Kansei se livrerait. Et ne partirait pas en ruminant menaces et sous-entendus de manière dérisoire, il y avait tant à faire et apprendre. Il y avait tant de choses à dire, il n'avait fait que la reprendre sur les points qu'il voulait et désormais les rôles s'inversaient. Et son ombre n'impressionnait pas l'errante, pas plus que le risque de mourir ce soir comme chaque jour qui passait. La vie et la mort étaient liés, ses premiers souvenirs concernaient la mort, et les derniers aussi. La vie d'un shinobi s'axait autour de l'art de donner la mort, de délivrer violence aux adversaires et aux ennemis, de la manière de toujours évoluer comme dans la faune sauvage. De s'élever dans la hiérarchie, dans la chaîne alimentaire. Et cela commençait souvent par jauger l'adversaire, par établir un premier contact. Et souvent, dans des moments inattendus des liens pouvaient se nouer.

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Mer 15 Mai 2019 - 23:19




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la demoiselle masquée
@Joo Jun

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Il sentit la masse chakratique de chair et de songes s’approcher dans son dos tandis qu’elle continuait de parler. Kansei se stoppa donc ; anéantissant son premier effort de laisser cela se décanter sans effusions de mots ou de non-sens.

Bien que masqué par sa position, un rictus fissura le masque de chair du Jônin. Jun était imperturbable, même face à ses contradictions et continuait de répandre son intarissable bile. Elle parlait de menaces ; en rien il n’en avait proféré. Il était simplement logique qu’un Jônin ne laisse pas sa tâche bâclée par une quelconque demoiselle en manque d’adrénaline. La manière et les termes l’avaient peut-être chamboulée mais n’en restait pas moins qu’il était resté plus cordial qu’il n’aurait dû et doucement, il se retourna vers elle. Devait-il lui montrer la différence entre une réelle menace et sa sommation précédente ? S’il avait été plus simple d’esprit ou en proie à des démons à l’emprise aussi appuyé que la Joo, cela aurait peut-être été le cas. Mais il n’était plus un adolescent.

« Il n’y a rien de déplacé à s’inquiéter du sort d’autrui. Toutefois tu as raison sur un point, même si je ne l’ai pas fait ; je n’ai pas à te dicter ta conduite. Soit, ni Dieu ni Maître, tu es ton propre chef et tu ne connais pas la peur. Mais je ne vois pas ce qu’il y a d’exceptionnel à se vanter de discourir sans agir. Tu te gonfles donc beaucoup sans rien faire réellement, crache sur un système et vend tes prétendus principes pour survivre. N’est-ce pas pire que la peur dudit système ? Tu es un être plein de contradictions, Jun. » Il lui adressa un sourire bienveillant, tranchant avec l’oeil luisant de précédemment.

Ce qui l’avait poussé à partir, c’était l’aveuglement total causé par le cocon de Jun et pas le déplorable manque d’intérêt dans ses propos. Les discussions insipides, il en avait vécu beaucoup trop pour ça. Mais ses derniers dires avaient suffi à la cerner, sans savoir mettre des termes exacts sur les événements qu’elle avait vécu. En substance, elle lui rappelait certains membres du Soshikidan.


Admirant les formes des volutes de fumée, il continua d’écouter, laissant son épaule s’appuyer contre les pierres empilées. Voilà qu’elle l’interrogeait maintenant.

Une partie de lui-même l’invectiva à rentrer dans son jeu. La partie qui savait très bien qu’avec son bagage, il rabattrait son caquet à jamais. Mais ce n’était pas une compétition victimaire ni un déballage et l’Ombrageux ne ressentit pas le besoin de se changer et de démontrer ses points bien assez clair. Kansei écouta ses faits d’armes et le reste de sa prose. Ses yeux se fondant dans l’obscurité, il répondit encore. Autant rendre son immobilisme et son écoute rentables, pour, qui sait, la dernière fois ?

« Je ne vois rien qui m’y pousse, mais soit, c’est de bonne guerre. Ai-je une seule fois dit aimer Kumogakure ? Réfléchis. » Son rictus bien que moqueur était parlant de vérité. Allait-il vraiment défendre le village qui avait causé Yugure devant cette inconnue ? Il était la preuve de l’évolution dont il faisait l’éloge, non pas du village en lui-même.

« Et le fait que je sois resté muet te pousse maintenant à me parler de ces liens que tu dénigres. » Bien la preuve qu’il comptait à minima à ses yeux d’être reliée à quelqu’un. « Tu le dis-toi même, la Foudre a ses vertus. Je ne vois pas ce qui m’empêche de les respecter. » Il s’approcha. D’un pas. « Je ne mords pas la main qui me nourrit. Effectivement, mon peuple est expatrié, ne rendant l’acception des Kaminarijins que plus belle encore. » Il sortit alors une cigarette de sa poche, qu’il alluma calmement d’un claquement de doigts. « Ne te leurre pas ; nous sommes des shinobis. Le mot ne s’écrit pas avec le Kanji d’endurer sans raisons. Je me comporte simplement en soldat, comme devrait le faire tout un chacun qui sert la Foudre. Peut-on me le reprocher ? »

Pour ce qui était de ses raisons profondes, il faudrait plus que piquer son ego ou demander en tapant du pied pour les connaître. Après tout, ses desseins étaient autrement plus compliqués que la simplicité relative de ceux de Jun.



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Aujourd'hui à 14:08
-Un soldat? Tu es bien trop intelligent Nara pour te considérer comme un simple pion de la foudre, épargne moi le discours de la loyauté et de remercier ton hôte. Tu es aussi remplit de contradictions, tu ne démens pas ne pas aimer Kumo mais serais-tu donc prêt à endurer vents et marées malgré tout? Personne n'a a reproché à l'autre ce qu'il devrait faire ou non, pas plus que j'ai de doutes sur le fait que nous ne soyons malgré ce que tu sembles pensé, pas si différents. Mais pour ça, pour ça il faut comme tu le dis autre chose que des simples paroles. Mais tu as raison sur un point Kansei, la peur n'est pas mon adversaire mais mon alliée, ignorer la peur c'est renoncer à la vie. Je ne me gonfle pas shinobi, tu confonds faits d'armes et vantardise si j'en ai point parlé dès le début c'est qu'au final ça ne compte pas, tout ce qui compte c'est ta propre vision de ta fierté et de tes accomplissements. Je suis obligée de nuancer mon discours, car tu m'as mise en échec et mat, je n'ai point d'orgueil à le reconnaître que tu manies bien la plume. C'est un art, mais l'épée ne bat pas la plume, nous ne sommes pas destinés à endurer toute notre vie, avec la puissance vient l'aisance et avec l'aisance le répit et peut être même parfois le calme.

Haussant les épaules, passant une main dans sa chevelure, derrière le masque la balafrée affichait une moue bien disgracieuse, cet homme était aussi vicieux qu'intelligent. Les pires êtres possédaient la superfluidité et l'art de manipuler l'oratoire, n'était il donc pas simplement un bon orateur? Derrière des paroles relativement froides et simple, derrière cet échange que se cachait-il donc réellement? N'était qu'un soldat, acceptant la pitance que lui donnait la foudre, ou au contraire était-il quelqu'un d'autre? Il fallait faire tomber les masques, mais sans se hâter ni se précipiter. Jun venait de comprendre, que son interlocuteur était prompt à briser conversations sur des sujets qu'il n'appréciait pas. Endurer? Qui endurait donc l'autre à cet instant? Il y avait bien un avantage à résider entre ces murs, développer l'art de la rhétorique, la force lui manquait pour joindre ses ambitions à ses actions. Avoir une grande gueule ne servait pas à grand chose si les gens observaient rapidement que derrière le chien aboyant, rien ne se passait et Jun n'était pas qu'un simple roquet. S'adapter ou mourir, comment évoluer au sein de murs confinant les possibilités et brimant la liberté de chacun? Que troquait donc chaque shinobi de son plein gré en acceptant de s'enterrer ici? La sécurité? Que gagnait donc au change les shinobis, les soldats censés endurer l'enfer pour que le plus méritant ne survive? Pouvait donc parler de loyauté dès ce constat basique?

-Demo Kansei-san, ton peuple ne te manque-il pas? Je n'ai pas d'attaches ni de liens sociaux, c'est peut-être çà qui diffère de nos visions. La définition de foyer je la trouve parodique, personne ne sera jamais chez soit dans des temps pareils. La force s'estompe, les hommes vieillissent et disparaissant dans l'histoire c'est un cycle recommençant en boucle, dès lors que reste-il comme solutions? Endurer pour l'éternité? Ou au contraire assouvir pulsions et envies en assumant que le monde ne sera jamais qu'une grande arène ou l'anarchie n'est finalement que prolifique? Mes propos n'ont pas vocations à être originaux, car je ne suis que le reflet de ce que j'ai vécu Kansei dès lors il est évident, que personne ne change, qu'un changement soudain d'environnement ne provoque rien de bon. Mais dit moi, toi qui t'es enfermé toi même ici de ta volonté comme tu me le disais, personne ne t'a forcé à devenir membre de la foudre, alors pourquoi est-ce qu'une ombre devient si solitaire? As-tu accepté de te trouver un Maître, ou est-ce toi ton propre Dieu? Dit moi Kansei, as-tu agis en ce sens?

Imitant son interlocuteur, tirant sur la cigarette de son masque, observant l'ombre et soupirant légèrement. La malice prenant part dans le regard rubis de l'errante, avaient-ils plus de points communs que n'osait avouer le Nara? Finalement, tous deux étaient apatrides aux dernières nouvelles, des immigrés s’immisçant dans un monde qui n'était pas le leurs. Alors pourquoi, et comment pouvait-il parler d'endurance et de travail? Il avait quelque chose en tête? Des idées, des objectifs assurant qu'il ne soit un fidèle serviteur de la foudre? Sacrifier une partie de sa vie, dans l'espoir d'atteindre des attentes? C'était peut-être ça la principale différence entre les deux shinobis, Jun n'avait pas d'idéaux, pas plus que de but à long terme, simplement l'envie de vivre chaque jour comme le dernier, de se réveiller le lendemain et de maintenir sa frêle personne dans ce monde. Le monde des vivants l'intéressait, pas les rêves ni les visions d'un futur lointain, la force seul lui donnerait l'envie et la motivation d'atteindre un nouveau stade. De se forger des propres idées et des attentes, mais en attendant elle ne pouvait que survivre, de traîner sa carcasse dans les ruelles du village. Peut-être avait-il raison sur plus de points que n'osait l'avouer la défigurée. Peut-être qu'un but, une envie donnerait plus de sens à sa vie. Mais encore fallait-il en trouver un.

Rapidement.

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Aujourd'hui à 23:09




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la demoiselle masquée
@Joo Jun

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Malgré la tournure première de la conversation, voilà qu’elle empruntait un chemin inédit. Pas pour lui déplaire, il prêta une oreille attentive bien que l’air tout aussi stoïque aux propos de Jun qui semblait bifurquer sur un sujet plus sensible, le concernant bel et bien concrètement. Elle était curieuse, voulant comprendre l’envergure du décor et les raisons précises de ses mots.

« Ne me fais pas plus grand que je ne suis. L’humain est rempli de contradiction, peux-tu vraiment me jeter la pierre ? J’ai déjà enduré tout cela et plus encore ; pourtant me voilà dans ces rues en tant que shinobi, cela répond sûrement à ton interrogation. À un certain moment, j’ai peut-être été quelque chose qui se rapprochait de toi ou au moins pensait comme toi. Mais l’homme que tu as en face de toi est bel et bien un Kumojin au même titre que n’importe quel autre, personne ne peut m’enlever cela. » Il avait mérité son titre, chaque parcelle de son grade. Il avait quitté Hi no Kuni et juré une fidélité sans failles honorée à tous les instants malgré les recoins noircis et brûlés de son coeur. « C’est là que tout diffère. Non, ce n’est pas tout ce qui compte pour moi. J’ai assez de recul sur les choses pour l’avoir compris, bien plus jeune que toi. » Il termina sa clope et la jeta d’une pichenette un peu plus loin, s’éteignant dans une petite flaque aqueuse. « Je te remercie, bien que ce soit la plume qui a lancé les plus grands conflits et pas l’épée elle-même. La parole est le fil conducteur, les actes en découlent souvent. Je prie pour que tu aies raison ; le calme est si profitable. » Fermer les yeux, se reposer sans avoir à vaincre et démanteler, blesser et se venger. Une délicieuse sensation à laquelle ses lèvres avaient hâte de goûter à nouveau.

« Mon peuple ? Il a été en partie victime d’un génocide. Ce qu’il en reste grouille au coeur de cette cité et quelques autres sont éparpillés dans le monde. Les miens sont ici, Jun. » Il prit une longue inspiration Elle était plus polie, en cela elle gagna en clarté dans les réponses du ninja. « Mon peuple ? Il a été en partie victime d’un génocide. Ce qu’il en reste grouille au coeur de cette cité et quelques autres sont éparpillés dans le monde. Les miens sont ici, Jun. Encore une fois, c’est la vie qui se veut cyclique, on ne peut décemment lutter contre ça. » Et pourtant, il avait et essayait même. « Parce qu’une ombre s’épanouit grâce à la lumière mais ne se mêle jamais vraiment à elle. Tu poses beaucoup de questions ; je te répondrais juste que je suis mon seul maître, mais que cela ne m’empêche pas de voir de l’intérêt à servir et protéger pour autant. Rien n’est aussi blanc ou noir que tu sembles te l’imaginer. Si tu as vécu tant de traumas, tu devrais le savoir mieux que personne. »

Assez proche d’elle pour sentir sans le chercher ses effluves, il resta immobile, épaule contre le froid de la pierre taillée. Sa rencontre même fortuite avait été une leçon pour l’homme qui ne cessait d’apprendre. Jun était un cas d’école.



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