Soutenez le forum !
1234
Partagez

Un moment d'égarement × Junko

Akuji Naraku
Akuji Naraku

Un moment d'égarement × Junko Empty
Dim 19 Mai 2019 - 11:54

Junko × Naraku

Un temps brumeux qui se retirait peu à peu pour laisser la pluie reprendre le flambeau. Rien de bien étrange, une habitude qui ne choquait plus Naraku. Errant comme à son habitude dans le village, il n'avait aucun but précis et il se contentait simplement d'aller à la rencontre de l'inconnu. Depuis son arrivée au village de la Brume, son état psychologique semblait rassurant, mais cette lueur d'espoir qu'il gardait au fond de lui pouvait disparaître à tout moment. Conscient de cette extrême fragilité, il prenait de nombreuses précautions, même s'il se sentait bien mieux que par le passé. En ce lieu, personne ne le jugeait et les habitants semblaient même lui tendre la main, ce qui l'apaisait en quelque sorte. Cependant, cela ne suffisait pas pour qu'il puisse retrouver le sourire et effacer cette tristesse absolue qui prenait possession de son visage depuis bien trop longtemps. Naraku était un être incapable de ressentir et d'exprimer le moindre sentiment joyeux. Bien trop emprisonné par ce passé qui le hante, il n'a pas encore la force de tourner le dos à ses démons.

Perdu dans ses pensées les plus profondes, le regard vide, le mizujin continuait sa route sans se préoccuper de ce qui l'entourait. Trempé par cette pluie qui s'abattait de plus en plus violemment sur le territoire du pays de l'eau, son périple semblait l'amener tout droit vers un quartier dont il ignorait encore l'existence. Laissant son corps le guider, il ne tarda pas à se retrouver nez-à-nez face à une ruelle sans issue. Reprenant peu à peu le contrôle de son esprit, il fixa alors le mur devant lui, avant de se retourner. « Hum...» Son regard inexpressif ne trahissait donc pas son inquiétude, qui pourtant grandissait à chaque seconde. Visiblement ce quartier lui était encore étranger, il lui restait donc tout simplement à rebrousser chemin au plus vite. La moindre chose étrangère pouvait totalement le déstabiliser, ce qui provoquait des réactions parfois disproportionnées, même si Naraku arrivait depuis très peu de temps à mieux se contrôler.

L'inconnu effrayait véritablement le mizujin, ce qui le poussait donc à rapidement retourner dans la ruelle principale qui se trouvait à quelques pas seulement. Quelque peu rassuré, il avançait donc dans cette direction, retrouvant peu à peu ses esprits. Alors qu'il semblait apaisé de pouvoir quitter ce lieu qui ne lui plaisait guère, une douleur vint le frapper de plein fouet. Une collision venait d'avoir lieu en l'espace de quelques secondes seulement. La douleur n'était certes pas très présente, mais le choc avait amplifié le ressenti de Naraku. Posant une main contre le mur, afin de se retenir, il regarda instinctivement en direction de l'autre victime. « Excusez-moi... Vous n'avez rien ? » Malgré les excuses et l'inquiétude qui le parcourait, le ton était glacial comme à son habitude. Tant que son cœur n'était pas libéré de toute cette tristesse, il lui était impossible d'exprimer la moindre douceur.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6471-naraku#54166
Date Junko
Date Junko

Un moment d'égarement × Junko Empty
Dim 19 Mai 2019 - 12:31

La pluie battait sec contre les carreaux. Un martellement continu, brutal, redoublé par les habituels cris des soulards. Par ce temps, ils se réfugiaient à l'intérieur, et, pour se consoler du froid qui pénétrait leur peau et glaçait leurs os, réchauffaient leur sang par la boisson. Les esprits s'échauffaient vite, dans ce genre de soirée. Le grondement sourd de l'averse n'arrangeait rien, et ne faisait qu'agacer plus encore. Tout semblait concourir à l'énervement, à la prodigieuse et excessive excitation des sens. La violence de la pluie appelant celle des hommes, les brutalités ne tarderaient pas à se manifester, et l'atmosphère, déjà électrique, deviendrait orageuse.

Junko pensait à tout cela, le menton posé sur le dos de sa main, le regard vague fixé sur les carreaux de couleur. Elle ignorait tout le remue-ménage de la salle autour d'elle. Pourtant, les clients de ce soir n'étaient pas particulièrement discrets. Ils braillaient à se crever la gorge, riaient comme des tambours et cassaient les bouteilles tant ils les entrechoquaient avec force. Mais elle s'en fichait. Les trois hommes qui étaient attablés en sa compagnie étaient plus discrets, et c'était tout ce qu'elle demandait. Ils étaient absorbés dans une conversation tendue, sans lui prêter attention. Elle n'était pas très avenante, à vrai dire. C'était à peine si elle leur avait adressé un mince sourire, quand ils étaient venus la rejoindre. Mais ils étaient habitués. Si belle qu'elle soit, Junko avait gagné cette réputation fort commode d'être très lunatique. Les clients devaient composer avec son humeur. Sinon ...

Elle se leva, dans un murmure d'étoffes et de bijoux. Elle en avait assez. Elle avait l'impression que son crâne allait éclater tant le bruit lui pesait. Elle salua les trois hommes, qui lui rendirent la politesse, et se dirigea vers une porte dissimulée par un rideau pourpre. Mais, alors qu'elle allait écarter le tissu pour se faufiler par l'ouverture, une main retint son geste. Elle se retourna vivement, et figea son regard d'ambre sur l'impétueux. C'était un ivrogne gras, à l'air patibulaire, et passablement stupide.

"Eh, Junko ! T'allais pas partir comme ça, quand même, hein ?"

Tout se passa en un éclair. Le regard de la jeune fille sembla jeter des étincelles. L'instant d'après, l'homme poussait un rugissement de douleur, son regard embrumé par l'alcool fixé sur la main par laquelle il avait saisi le poignet de Junko: la surface de la paume était couverte de cloques noirâtres, purulentes. Cette diversion laissa suffisamment de temps à la jeune femme pour disparaître. Voilà pourquoi les clients étaient tenus de jouer selon ses règles.

La scène ne l'avait pas perturbée outre mesure. Elle n'avait pas l'habitude de se faire du mauvais sang pour ça. Elle était désormais dans une sorte de remise. Elle se débarrassa de ses bijoux, trop lourds, et surtout trop clinquants. Elle s'enveloppa dans un épais manteau aux couleurs chatoyantes, et en rabattit le capuchon sur sa tête. Elle avait envie de profiter de l'air nocturne. Elle se glissa par un escalier étroit, qui lui assurait de ne pas être vue des clients, et quitta l'établissement.

Les rues étaient désertes, à l'exception de quelques badauds enfarinés qui essayaient tant bien que mal de se faufiler entre les gouttes. C'était l'avantage des soirées de grosse pluie: on était plus tranquille dehors que dedans. Elle marcha à son rythme. Les gouttes s'écrasaient sur son capuchon, mais elle restait au chaud et au sec, tout emmitouflée dans sa grosse cape. Elle regardait le pavé d'un air distrait, hypnotisée par le fracas du déluge sur les pavés.

Elle fut sortie de cette sorte de léthargie par un choc soudain. Elle vacilla mais ne tomba pas, et se tourna vers l'homme. Elle fut frappée par sa pâleur, mais n'en laissa rien voir. Instantanément, une sorte de pitié s'empara d'elle. Tout semblait pathétique dans l'apparence de cet inconnu, et appelait à la miséricorde. D'instinct, elle sut qu'il était très différent des hommes qui achetaient généralement sa compagnie.

"Tout va bien. Mais vous n'avez pas l'air dans votre assiette."

Elle hésita un instant, se pinçant la lèvre. Finalement, elle tendit la main la plus délicate vers ce garçon, comme une invitation:

"Venez. Je connais un endroit où on pourra vous trouver un petit remontant."

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6392-date-junko-finie http://www.ascentofshinobi.com/t6749-kiri-equipe-04-ukiyo-monde-ephemere-temporairement-fermee http://www.ascentofshinobi.com/t6448-date-junko-carnet-de-route#53726
Akuji Naraku
Akuji Naraku

Un moment d'égarement × Junko Empty
Dim 19 Mai 2019 - 13:23

Junko × Naraku

Visiblement elle semblait tenir le coup. Le choc n'avait pas été d'une grande rudesse, mais tout de même. Soulagé par la réponse de la femme à la chevelure écarlate, il pensait pouvoir s'échapper de cet endroit qu'il n'appréciait guère, mais il n'avait pas prévu que la deuxième victime de la collision engagerait la conversation. Pour lui, plus le contact avec les gens était bref, mieux il se portait. Malheureusement, cette situation semblait être totalement différente et allait le pousser à parler bien plus qu'il n'en avait envie. Naraku commençait à être gêné par les vêtements qu'il portait et qui étaient entièrement trempés, mais ne montrait rien comme à son habitude. Tirant un peu sur la manche de sa veste blanche, il plongea son regard émeraude dans celui de l'étrangère. « Il est inutile de s'inquiéter. » Parler de lui, de son état ne l'aidait pas à avancer. Il avait conscience que son visage pouvait trahir une certaine mélancolie, une tristesse profonde. Certains avaient donc pitié de cet homme à l'apparence unique et intrigante, ce qui l'agaçait plus qu'autre chose et pouvait même le mettre dans un très mauvais état. Naraku ne supportait donc pas que l'on puisse le prendre en pitié et c'est ce qui se passait actuellement avec la femme à la chevelure de feu. Son regard était donc identique, mais au fond de lui, une certaine colère semblait prendre le dessus sur tout le reste « Je n'ai pas besoin de votre pitié. » Toute sa vie il avait été abandonné par ses proches, prit en pitié par des gens qu'il pensait sincères. Hors de question pour l'âme égarée de connaître de nouveau, une telle situation. Peut-être que les intentions de l'étrangère n'étaient pas mauvaises, mais il voyait bien dans ses yeux une certaine pitié, ce qui l'exaspérait au plus haut point. Il était temps pour lui de partir, avant qu'il ne commette un acte qu'il pourrait regretter par la suite.

Tournant alors les talons, il s'apprêtait à rejoindre la ruelle principale et à rentrer chez lui. Blessé une nouvelle fois, il arrivait à tenir le choc grâce à cette petite flamme qui brûlait encore à l'intérieur de lui. Cette soirée était à oublier au plus vite pour le mizujin qui devait à tout prix reprendre ses esprits et ne pas laisser sa colère prendre le dessus. Il était donc nécessaire pour l'âme égarée de rejoindre son domicile au plus vite.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6471-naraku#54166
Date Junko
Date Junko

Un moment d'égarement × Junko Empty
Dim 19 Mai 2019 - 14:31

Junko le regarda s'éloigner sous la pluie. Il avait véritablement l'air misérable. Ses vêtements, trempés, lui collaient à la peau. Elle avait froid pour lui, alors qu'elle-même était chaudement enveloppée. Même sa démarche respirait la misère. Et le ton de sa voix résonnait en écho aux oreilles de la jeune femme. Un ton sec, qui lui avait paru cassant, et beaucoup trop violent pour traduire un véritable bien-être. Elle connaissait ce ton-là, et cette attitude. Elle-même en avait été une adepte. Elle pouvait l'être encore maintenant, si elle n'y prenait pas garde, et si on la poussait trop à bout. Une sorte d'instinct, ou peut être d'identification excessive, la poussa à ne pas abandonner l'affaire ici.

Elle prit le même chemin que le garçon. Il n'avait pas encore eu le temps de la distancer sérieusement, aussi n'eut-elle aucun mal à le rattraper, en quelques enjambées dynamiques. Elle posa sa main sur son épaule, ignorant le contact glacé du tissu ruisselant sous ses doigts, et le fit se retourner. Elle était capable d'une force surprenante pour sa carrure, et surtout pour son apparence faussement délicate et maniérée. Elle tenait l'épaule du garçon d'une poigne de fer. S'il voulait s'échapper, il faudrait qu'il le veuille vraiment, car elle n'était pas disposée à le laisser partir.

Elle ficha son regard d'or droit sur le jeune inconnu. Sans doute ses yeux avaient-ils déjà reflété plus de douceur qu'en cet instant. Mais elle savait également se montrer plus agressive. Et, tout têtue qu'elle était, elle n'aurait pas hésité à faire montre de cette dernière qualité si la situation venait à l'exiger: elle ne lâchait pas une cause qui lui tenait à coeur comme ça. Et, voyant un peu d'elle dans ces yeux d'émeraude, elle était fermement décidée à ne pas lâcher cette cause-là.

"Je me fiche pas mal de ce que tu peux penser de moi. Mais je te prie de croire que tu vas me suivre, que ça te plaise ou non."

Et, d'une main toujours aussi ferme, tenant toujours le garçon par l'épaule, elle reprit sa marche vers quelque ruelle sombre. Parce qu'elle le savait bien: on avait toujours besoin de pitié.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6392-date-junko-finie http://www.ascentofshinobi.com/t6749-kiri-equipe-04-ukiyo-monde-ephemere-temporairement-fermee http://www.ascentofshinobi.com/t6448-date-junko-carnet-de-route#53726
Akuji Naraku
Akuji Naraku

Un moment d'égarement × Junko Empty
Dim 19 Mai 2019 - 16:46

Junko × Naraku

Un besoin absolu de rester seul, de s'éloigner à tout prix de cette jeune femme qui ne semblait ressentir que de la pitié pour lui. Une chose que ne supportait pas Naraku qui essayait de contenir toute cette colère. Des souvenirs ne cessaient de lui revenir en mémoire, de longues années de souffrance qu'il ne voulait pas revivre. Une raison pour qu'il s'éloigne de cette étrangère et qu'il puisse oublier cette maudite soirée. Trempé de la tête au pied, l'âme égarée continuait son chemin en direction de son habitation. Un modeste appartement, qui lui servait exclusivement de lieu de repos. Quand il ne passait pas ses journées à errer dans le village, il s'entraînait. Naraku essayait de maîtriser son pouvoir du mieux qu'il pouvait.

Le mizujin s'éloignait peu à peu, certain d'être en paix et de pouvoir prendre un peu de repos. Sa colère retombait peu à peu, il reprenait le contrôle petit-à-petit, ce qui le soulageait. Il n'aimait pas se mettre dans des états pour si peu, mais il n'arrivait pas à empêcher cela, c'était plus fort que lui. Sa fragilité le mettait souvent à l'épreuve et il n'avait d'autres choix que d'apprendre à canaliser ses émotions négatives. Victime de cette pluie qui ne cessait de s'acharner, ses pas devinrent plus rapides, mais alors qu'il s'apprêtait à plonger à nouveau dans ses pensées les plus profondes, il sentit une main se poser sur son épaule. Visiblement, la personne semblait avoir de la force, car cela obligea l'âme égarée à se retourner. Encore elle. « Il me semble avoir été clair... » Avant même de pouvoir ajouter quoi que ce soit, la jeune femme à la chevelure écarlate semblait décider à prendre la parole à son tour. Un geste comme celui-ci qui n'avait rien d'amical aurait pu le mettre hors de lui, lui faire comprendre qu'il était menacé, mais étrangement sa réaction semblait différente cette fois-ci. Le mizujin semblait perturbé par cette étrangère qui ne semblait pas avoir envie de lâcher l'affaire. Têtue, elle venait clairement de signifier ce qu'elle désirait et elle n'allait sûrement pas renoncer.

Guidé par la jeune femme, il ne tarda pas à arriver dans une ruelle sombre. Arrivé à ce qui semblait être la destination de la jeune femme, il s'empressa de lui faire retirer sa main de son épaule d'un geste rapide et précis sans pour autant la blesser. « Que cherches-tu à faire ? » Laissant le silence s'installer quelques secondes, il reprit de plus belle, plongeant son regard émeraude dans celui de l'étrangère. « Je n'ai jamais vu une femme aussi têtue que toi. » Prenant ses distances, il avait toujours envie de partir et de lui faire comprendre qu'il voulait être seul, mais d'un côté sans pouvoir l'expliquer, cette âme en perdition semblait se reconnaître en elle.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6471-naraku#54166
Date Junko
Date Junko

Un moment d'égarement × Junko Empty
Dim 19 Mai 2019 - 17:33

Il se dégagea de la prise de Junko quand ils arrivèrent à destination. L'endroit n'était pas particulièrement accueillant, mais au moins il était discret et peu fréquenté, sinon par les quelques habitués qui connaissaient l'adresse. Junko avait eu l'astuce de la dérober à quelque client saoul, un soir de beuverie parmi tant d'autres dans un des nombreux bouges du village. Depuis, il lui arrivait de fréquenter les tables de cet établissement, et surtout les petites salles privées qu'il mettait à la disposition de ceux qui les réclamaient. C'était un lieu de repos bienvenu, dans certaines situations. Et elle estimait qu'il serait parfait pour ce soir.

Elle ne rentra pas de suite, écoutant d'abord les râleries du garçon. Elles étaient vaines, et aucun d'eux n'y croyait vraiment. S'il avait vraiment cherché à se libérer de son emprise, il aurait eu largement le temps de le faire. Il n'avait qu'à courir un bon coup. Elle ne le retiendrait pas, cette fois-ci. Mais elle était convaincue qu'il ne le ferait pas. Une sorte d'instinct, sans doute.

"Je suis sans doute la femme la plus têtue que tu rencontreras jamais, alors autant t'y faire."

Et elle poussa une petite porte à moitié cachée dans l'ombre.

L'atmosphère changea du tout au tout. A la pluie battante, glacée et incessante du dehors succéda une douce chaleur, une lumière dorée et enveloppante, et de délicats arômes. Junko se débarrassa de son capuchon, et libéra sa longue chevelure de feu. Elle ne se retourna pas, mais se doutait que le garçon la suivrait. Une jeune fille vint à leur rencontre d'un pas pressé.

"Nous sommes deux. Préparez-nous une salle."

La jeune fille s'inclina, et s'éclipsa. Un instant après, on les conduisit à travers un couloir étroit, mais d'une propreté impeccable et d'une certaine élégance. On leur désigna l'entrée d'une petite pièce: il n'y avait là qu'une table et deux coussins pour y prendre place. Mais c'était largement suffisant. Junko remercia, et s'assit la première, dans une cascade de tissus colorés et éclatants de luxe. Elle fit signe à son invité de l'imiter. Puis, après avoir passé une simple commande de thé, on les laissa seuls.

Le calme retomba, à peine dérangé par le sourd écho des conversations lointaines qui se tenaient dans d'autres salons. Junko fixait du regard le garçon.

"Je ne te veux pas de mal, tu sais. C'est même plutôt l'inverse. Tu as l'air tellement misérable que tu me fais pitié, et ça me donne envie de t'aider. Parce que s'il y a bien une chose que je sais, c'est que j'aurais tué pour qu'on me prenne en pitié, moi aussi, fut un temps."

Elle se tut. Elle guettait une réaction. L'animal avait l'air farouche: mieux valait ne pas le braquer. Il l'intriguait, et elle voulait comprendre pourquoi elle se sentait une telle proximité avec lui. Pour cela, il fallait à tout prix éviter de le brusquer.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6392-date-junko-finie http://www.ascentofshinobi.com/t6749-kiri-equipe-04-ukiyo-monde-ephemere-temporairement-fermee http://www.ascentofshinobi.com/t6448-date-junko-carnet-de-route#53726
Akuji Naraku
Akuji Naraku

Un moment d'égarement × Junko Empty
Lun 20 Mai 2019 - 15:24

Junko × Naraku

Le temps ne s'améliorait guère, ce qui commençait à sérieusement gêner l'âme égarée qui n'avait donc aucun moyen de pouvoir sécher les vêtements qu'il portait. Alors qu'il devait subir l’entêtement incessant de la jeune femme à la chevelure écarlate, Naraku se demandait vraiment ce qu'elle cherchait à faire. Ils ne se connaissaient pas et pourtant, il se sentait proche d'une certaine manière, il avait cette étrange impression qui le poussait à croire qu'elle n'était pas si différente de lui. Il était évident que s'il avait voulu fuir, le mizujin n'aurait eu aucun mal à la semer, mais au fond de lui, cela lui faisait du bien de passer du temps avec quelqu'un, même s'il n'osait pas se l'avouer.

Plongeant son regard émeraude dans celui de cette femme dont il ignorait tout, il ne tarda pas à se faire embarquer par cette dernière et à rejoindre un endroit plus reposant. Ce n'était pas vraiment son genre de traîner dans des endroits de la sorte, mais au moins cela lui permettait d'être au sec. Il fallait bien avouer que l'endroit était charmant, même si le côté luxueux de ce lieu insolite ne lui plaisait pas particulièrement. L'important était de pouvoir être au chaud et de profiter d'une atmosphère bien plus agréable qu'à l'extérieur. L'établissement semblait être un lieu idéal pour passer un bon moment, peut-être même pour oublier les soucis du quotidien. Alors que le mizujin semblait absorber par tout ce qui se trouvait autour de lui, une femme ne tarda pas à rejoindre les deux individus, afin de les emmener vers ce qui ressemblait fortement à un salon privé. Le calme semblait omniprésent dans cette partie de l'établissement, ce qui rassurait petit à petit l'âme égarée. Malgré cet apaisement certain, Naraku semblait encore sur la défensive et très fragile, il suffisait d'une autre parole maladroite de sa comparse pour déclencher une réaction négative. Elle en avait certainement conscience, il voyait bien qu'elle était loin d'être idiote. « Pourquoi m'amener dans cet endroit ? » Question futile, mais qui avait son importance pour le mizujin, qui ignorait encore à cet instant précis, le but précis de la jeune femme.

L'inconnue ne tarda pas à prendre la parole à son tour et à lui parler à cœur ouvert. En toute franchise, Naraku ne supportait pas sa manière de s'adresser à lui ou plutôt les mots qu'elle employait. Malgré tout cela, il voyait qu'elle n'était pas dans une mauvaise optique et qu'elle voulait réellement l'aider. Un geste louable, une autre main de tendue, mais il était encore trop tôt pour lui. « Je n'ai aucunement besoin d'être aidé. » Un mensonge pathétique. L'âme abandonnée, n'avait pas encore la force d'accepter de l'aide, il considérait qu'il devait régler ses problèmes lui-même. Il avait trouvé sa lueur d'espoir en rejoignant le village de Kiri, c'était donc à lui de trouver le chemin dans cette brume qui ne cesse d'obscurcir son esprit et son cœur. Il doit absolument trouver son utilité dans ce monde et au plus vite, avant qu'il ne s'égare davantage et que sa flamme intérieure ne disparaisse.« Si tu espérais des confidences, c'est raté. » Et pourtant. En restant près de la jeune femme à la chevelure écarlate, il montrait qu'il avait peut-être besoin de parler à quelqu'un, de faire l'inverse de ce qu'il venait à l'instant d'énoncer. En tout cas une chose est sûr, il avait une connexion avec sa comparse et cela commençait vraiment à le perturber. Se souvenant alors des mots de cette dernière, il plongea une nouvelle fois ses yeux émeraudes dans ceux de l'étrangère. « Tu as dû en souffrir.. » Nul besoin d'en dire plus, elle avait sûrement compris qu'il évoquait ce besoin terrible d'affection et de pitié de la part des autres. Visiblement, cette dernière avait rêvé d'une telle chose, contrairement au mizujin qui a toujours cherché à s'en débarrasser.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6471-naraku#54166
Date Junko
Date Junko

Un moment d'égarement × Junko Empty
Lun 20 Mai 2019 - 20:44

Junko tira d'un des multiples replis de son vêtement une toute petite pipe très longue, et en alluma le bout tout en écoutant le jeune garçon parler. Un fin filet de fumet blanche ne tarda pas à s'échapper du calumet miniature, et à répandre dans la pièce une odeur étonnamment douce. Junko ferma les yeux, se régalant de la chaleur que diffusait le tabac dans ses poumons. C'était un poison, et elle était bien placée pour le savoir. Mais quel doux poison ...

"Tu as raison. J'en ai souffert. Et beaucoup."

L'ouverture de la salle coulissa, et leur jeune serveuse reparut, portant un plateau d'argent chargé d'une vaisselle élégante. Elle déposa devant eux deux gobelets de céramique fine, et versa dans chacun des récipients un thé très sombre, et dont l'arôme puissant parvenait même à masquer celui de la fumée que Junko continuait de souffler en volutes rondes. Cet office accompli, la servante s'inclina et, à reculons, quitta le salon, les laissant seuls à nouveau.

Junko ne toucha pas au gobelet posé devant elle. Elle continua de fumer sa pipe, le regard dans le vague, contemplant sans les voir les formes abstraites qui se dessinaient dans les nuées éphémères qu'elle respirait. Il y avait là tout un monde qui semblait vivant, et qui errait, se perdant jusqu'au plafond et s'évanouissant, peu à peu, ne laissant qu'un léger parfum comme seul souvenir. Etrange ...

"Je m'appelle Junko. Je suis arrivée à Kiri il y a quelques semaines. Avant cela, je vivais sur l'île d'Asosan. J'ai passé toute ma vie comme esclave. On me faisait combattre de force dans des arènes clandestines. J'étais le spectacle de quelques hommes riches. On me forçait à combattre, parfois des amis, parfois des inconnus. J'ai versé beaucoup de sang, comme ça. Mais j'étais très douée. Rares sont celles qui survivent aussi longtemps que moi. Il faut dire que j'avais un petit quelque chose en plus ..."

En disant ces mots, elle souffla un nuage de fumée violette, qui sembla s'élever avec plus de lourdeur dans la pièce. Elle s'en amusa.

"Toute ma vie j'ai vu défiler devant moi des êtres pathétiques, et j'avais bien conscience de ne pas être très différente d'eux. Je vivais dans une cellule. Chaque nuit j'entendais les gémissements de mes voisines, leurs appels au secours. Quand je combattais, je voyais la détresse dans les yeux de mes adversaires. Et je sentais cette détresse, moi aussi. A la fin des combats, le perdant implorait la pitié de son maître. Il était exécuté, souvent. J'en ai tué pas mal comme ça. Et pourtant, ils réclamaient ma pitié."

A nouveau elle s'interrompit, et souffla une volute. Le ton de sa voix était resté léger, très détaché de ce qu'elle disait. C'était une horreur, mais qui avait été sa vie. Comment s'affliger du mal lorsque le mal est tout ce que l'on connaît ? Ce n'est qu'une question de perspective.

"Tout ça pour te dire, mon garçon, que je n'ai jamais rencontré qui que ce soit dans ma courte vie qui n'ait pas besoin d'être aidé. Même ici, à Kiri, les hommes qui achètent ma compagnie respirent la détresse. Ca crève les yeux. Et moi aussi, sans doute, je respire cette impression. Mais moi, je me soigne en me noyant dans le luxe. Je ne t'ai pas traîné avec moi pour que tu me fasses des confidences. Je ne suis pas ce genre de femme-là, et je me fiche pas mal de ta vie, à vrai dire. Tout ce que je veux, c'est te mettre sur les rails. C'est tout."

Et sans doute se ferait-elle du bien à elle-même ainsi. Mais ça, elle n'en souffla mot.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6392-date-junko-finie http://www.ascentofshinobi.com/t6749-kiri-equipe-04-ukiyo-monde-ephemere-temporairement-fermee http://www.ascentofshinobi.com/t6448-date-junko-carnet-de-route#53726
Akuji Naraku
Akuji Naraku

Un moment d'égarement × Junko Empty
Mer 22 Mai 2019 - 16:21

Junko × Naraku

Elle semblait souffrir atrocement. Une douleur profonde qu'elle arrivait tant bien que mal à masquer, mais qui n'allait très certainement jamais disparaître. Un lien se tissait petit petit entre les deux individus, cela ne faisait aucun doute. Naraku souffrait également, mais la situation était bien différente de ce que la jeune femme à la chevelure écarlate avait pu vivre. Passer son début de vie à combattre pour survivre, malgré l'horreur de la chose, elle avait une chose essentielle pour tout être vivant sur cette terre : un but. Affronter les autres pour survivre et essayer d'échapper à cette vie qu'elle s'obligeait à vivre. Pour le mizujin, tout était différent, car il n'a jamais su sa véritable utilité dans ce monde. Un repère en moins qui a obligé Naraku à devenir un être misérable à la recherche d'une raison de vivre. « Ton début de vie n'a pas été simple, c'est une évidence. » Marquant une courte pause, il plongea son regard émeraude dans celui de sa comparse. « Tu as du vivre l'horreur, mais tu avais cette envie de survivre et de ne pas connaître une fin prématurée. Tu avais en quelque sorte une raison de vivre dans ce monde malgré toute cette violence que tu as subie, une chose que je n'ai jamais eue pour ma part. » Vague sur ce sujet sensible, le mizujin ressentait une nouvelle fois de la tristesse. Ce besoin de trouver une raison de vivre, de pouvoir s'accrocher à la vie pour ne pas que son esprit se perdre dans l'obscurité la plus totale.

Pour oublier toute cette partie de sa vie traumatisante, Junko de son doux prénom, passait son temps à profiter du luxe et à offrir sa compagnie à certains hommes. Des êtres perdus qui recherchaient visiblement du réconfort. Le mizujin n'était pas du genre à juger les gens, mais il pensait sincèrement que cette voie qu'elle suivait, n'était pas la bonne. Seulement, Naraku était loin de pouvoir prodiguer le moindre conseil, il n'était rien et devait d'abord surmonter ses vieux démons pour pouvoir conseiller les autres. Au moins, la femme à la chevelure écarlate suivait une voie, alors que lui se contentait de survivre en essayant d'entretenir cette flamme qui brûlait faiblement au plus profond de son être. Sincère, elle semblait prête à l'aider et peut-être même lui offrir un peu de compagnie. « J'apprécie ton envie de m'aider, mais c'est bien trop difficile pour moi. Comme tu le dis ma vie ne t'intéresse pas, je ne suis rien. Toute ma vie n'est que néant, je ne fais qu'errer sur cette terre en attendant de trouver ma véritable raison de vivre » Il est vrai qu'en rejoignant le village de la Brume et en devenant shinobi, son esprit paraissait un peu plus apaisé, mais il lui fallait beaucoup plus de temps. Il avait atrocement besoin d'être certain de suivre la bonne voie et de tourner une fois pour toute la page de ce sombre passé. Chaque "exploit" qu'il accomplissait l'apaisait, mais il lui suffisait de peu pour douter, pour sombrer à nouveau dans le néant absolu. Extrêmement fragile mentalement, chaque jour qui passait pouvait devenir un nouvel espoir, ou dans le cas contraire, une terrible désillusion.

Posant ses deux mains sur la table, ses yeux émeraudes se mirent à fixer la jeune femme. Rester ici n'était pas une bonne idée, Naraku n'était pas encore prêt à accepter cette main tendue. Junko était quelqu'un de bien, il le sentait, elle se cachait juste derrière une sacrée carapace. « J'espère que tu pourras oublier ce passé qui ne cesse de te tourmenter. Tu as beau être froide, voir hautaine dans tes paroles, tu me sembles être quelqu'un de bien. Cette souffrance te pousse à te cacher derrière ce masque, cette carapace. Même si nous souffrons différemment, je te comprends plus que tu ne peux le penser, crois-moi. » Tout en se levant, il déposa de nombreux ryôs sur la table. Un moyen pour lui de la remercier pour le thé qu'il n'avait même pas savouré, mais surtout pour le temps qu'elle lui avait accordé. Déterminé à sortir de cet endroit paisible afin d'affronter à nouveau le torrent extérieur, il se sentait encore un peu plus soulagé, même s'il n’était pas encore prêt pour accepter la main qu'elle n'avait cessé de lui tendre.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6471-naraku#54166
Date Junko
Date Junko

Un moment d'égarement × Junko Empty
Mer 22 Mai 2019 - 22:00

Junko arqua un sourcil - fort gracieux - en écoutant parler le jeune homme. Elle n'aurait su dire à quel moment elle l'avait perdu dans son récit, mais de toute évidence il avait très mal compris l'histoire de ses malheurs. Et la conclusion qu'il en tirait était assez désastreuse. Du tout au tout, l'image - sans doute un peu trop fantasmée - que Junko avait pu se bâtir au sujet du garçon s'était modifiée, et radicalement. Elle se l'était figuré comme un être en détresse, qui appelait au secours. Peut être quelqu'un qui partageait des maux qu'elle aurait pu comprendre ? Mais là, il lui apparaissait sous un tout autre jour.

Le regard de la jeune femme était devenu glace quand elle regarda le garçon se lever et jeter une poignée de pièces sur la table. Elle ne le retint pas, cette fois, mais se contenta de lui adresser quelques derniers mots:

"Je ne sais pas vraiment quelle partie de mon histoire tu n'as pas comprise, mais j'espère que tu ne penses pas vraiment ce que tu viens de dire. Primo, laisse-moi te dire que se battre chaque jour pour sa vie, quand bien même ça forge l'existence en lui donnant un but, ne vaut pas mieux que de ne pas avoir de but. Ouvre les yeux: tu es exactement comme toutes les personnes qui vivent dans ce village.

"Ce qui m'amène à mon deuxième point: je n'ai pas envie d'aider quelqu'un qui se morfond dans l'inertie. Très peu pour moi. J'estime avoir porté assez de boulets dans ma pauvre vie pour ne pas m'accabler de nouveaux poids. Ne pense pas que tout va te tomber tout cuit dans le gosier: la vie, ça ne marche pas comme ça. Contente-toi d'errer si ça te chante, mais n'espère pas arriver à quoi que ce soir comme ça.

"Et enfin, troisièmement, si tu t'imagines que je me porterai mieux en oubliant ce qui m'est arrivé, tu te fourres le doigt dans l'oeil, et jusqu'au coude. Non mais enfin, tu t'entends parler ? Comme ça, il faudrait oublier nos malheurs ? Il faudrait que je pose un voile pudique sur mon passé, juste parce qu'il est trop moche à regarder ? Laisse-moi te dire que, si tu penses comme ça, tu vas tourner en rond un bon moment. Mon passé, c'est ce qui fait ma force. Mes malheurs, je les ai endurés, et ils m'ont rendue plus forte. Ils sont gravés dans ma chair, et leur souvenir me rappelle chaque jour le prix que j'ai dû payer pour gagner ma liberté."

Elle s'interrompit. Sa voix était restée très calme, quoique teintée d'une nuance nouvelle, qui pouvait s'apparenter à celle d'une colère sourde. Elle n'avait détaché le garçon du regard. Elle tira une longue bouffée de sa pipe, et souffla un fin jet de fumée blanche dans l'air déjà pollué de la petite pièce.

"Tu peux partir. Je ne te retiens pas, cette fois. Je ne te demande pas ton nom. Tu viendras me le dire toi-même si d'aventure tu décides de te prendre en main. D'ici là, bon courage. Tu en auras certainement besoin."

C'est tout ce qu'il reçut en guise de salut. Junko posa sa pipe, et but une longue gorgée de son thé. La conversation était terminée. Son thé avait tourné.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.ascentofshinobi.com/t6392-date-junko-finie http://www.ascentofshinobi.com/t6749-kiri-equipe-04-ukiyo-monde-ephemere-temporairement-fermee http://www.ascentofshinobi.com/t6448-date-junko-carnet-de-route#53726

Un moment d'égarement × Junko

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de l'Eau :: Kiri, village caché de la Brume
Sauter vers: