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Deux félins dans le désert. [Reikan]

Saiseiki Kanna
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Dim 26 Mai 2019 - 2:45

Deux félins dans le désert.


190, Hiver, Kaze no Kuni.

Le désert, en hiver, est secoué de brutales tempêtes de vent. Il souffle, souffle, souffle, emporte tout sur son passage et ne laisse rien derrière lui. Pourtant, même dans ces circonstances désagréables, il faut continuer de vivre. Impossible de s’arrêter. Dans leur petite tanière, la famille de Kanna patiente tranquillement que la tempête s’apaise pour aller chasser. Quand elle passe, elle reste un certain temps, puis tout se calme pendant un moment suffisamment long pour sortir, trouver une proie, chasser et rentrer. L’hiver est la saison la plus rude, mais rien n’est insurmontable.

Le vent cesse de souffler : c’est le moment. Toute la troupe s’extirpe et se met en route. Comme souvent lors de leurs parties de chasse, les chats se séparent tous dans une direction : ils ont désormais trois heures pour trouver une bête, l’attraper et la ramener au point de rendez-vous. Hiroyuki, le patriarche, sait exactement où sont ses petits : si l’un d’entre eux manque à l’appel, il ne manquera pas de le retrouver. Autrement dit, tout va pour le mieux. Ils sont en sécurité et, de toute façon, ils doivent aussi apprendre à se débrouiller. À leurs âges, ils sont tout à fait capables de se débrouiller.

Kanna file à toute allure à travers le désert. Ses pattes épousent le sable encore frais, tout retourné par le vent. Elle fait corps avec la matière, s’y mêle. C’est si satisfaisant …

La truffe levée au ciel pour percevoir les odeurs, les oreilles tendues pour entendre le moindre bruit suspect, Kanna attend le signal. Le son de sa future proie. Elle ferme les yeux et patiente, paisible. Quelques secondes s’écoulent, puis des minutes, puis … Là. Elle l’entend. Ce mouvement qui foule le sol, qui remue le sable, au loin. C’est sûrement une très grosse prise.

Kanna s’élance à toute allure en direction du bruit, pour ne surtout pas le manquer. Elle file, file, secoue le sable, retourne ce qui passe sous ses coussinets. La nourriture, la nourriture, la nourriture ! Le chat s’arrête brusquement lorsqu’il atteint sa cible. Ce n’est pas de la nourriture, ça. Ça ne se mange pas. Elle a un mouvement de recul. Instinctivement, elle remet son museau au travail, pour savoir à qui elle a affaire. Non. Cette odeur ne lui est pas familière. Kanna hésite. Fuir ? Rester ?

« Mrrreow ? »

Une première perche tendue vers l’inconnu. Bonne ou mauvaise augure, elle ne peut pas le savoir, mais elle ne peut pas se laisser abattre pour le moment. Qui sait, cette rencontre est peut-être le signe d’une chasse ratée ? Ou d’une nouvelle amitié ?

Spoiler:
 


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Yasei Reikan
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Dim 26 Mai 2019 - 14:46
Bien avant de parcourir les monts et les mers du Yuukan, la merveilleuse ramure qu'était en train de devenir notre chère Reikan avait trouvé racines dans les terres arides du Kaze no Kuni. Connu pour être la tanière du Dieu du Désert, ce pays aux conditions de vie aussi dangereuses qu'insupportables avait pourtant caché en son sein, et ce durant des décennies, d'improbables formes de vie ; comme des êtres doués de métamorphoses et de prouesses physiques capables de dépasser les limites du corps humain. C'est sur ce territoire sauvage et imprévisible que la jolie brune avait vu le jour et fait ses premiers pas, au beau milieu d'une toundra infertile, bercée par l'amour de sa horde et l'impétuosité des tempêtes. Il s'agissait là d'un paysage prenant, où seuls les plus téméraires pouvaient se permettre une existence si périlleuse, une vie littéralement cachée du monde entier.

Voilà déjà plusieurs jours qu'une perturbation de grande ampleur donnait du fil à retordre à sa horde. Mais c'était sans compter sur l'intelligence de Yasei Ragna, son meneur, ainsi que sur la robustesse de chacun des membres de la famille, que la tribu était parvenue à affronter la bourrasque. Et cela n'avait d'ailleurs pas perturbé la fillette dans ses habitudes ; dès que la tempête eut finit de gronder, la féline s'était empressée de retourner vadrouiller dans la mer de sable. Malgré son jeune âge, quelques pas vifs et habiles lui permettent de s'éloigner pour ne trouver que le silence et la caresse du vent brûlant dans sa chevelure d'ébène. Les dunes dressées sur son chemin ne résistèrent pas longtemps à sa curiosité, couplée à une endurance incroyablement bestiale. Pourtant, Reikan avait tout l'air d'être une petite fille tout bonnement inoffensive, bien qu'un tantinet intrigante sur les bords. Après quelques minutes de marche, une pause était de mise pour celle qui s'apprêtait à vivre son sixième printemps. Ses iris éthérées et en amande parcoururent les ondulations du Désert pour fixer les steppes désertiques à l'horizon, pendant que ses chevilles profitaient de la chaleur du sol sablonneux. Est-ce qu'il y a vraiment quelque chose au-delà de cette arène de grains?

La brise sèche lui amena une odeur particulièrement étrange et suspecte, obligeant son corps à sonner le glas de l'alerte. Son esprit lui, bien trop absorbé par son appétit de découvertes, n'en fit rien, soumettant son enveloppe charnelle à la paralysie la plus totale pour mieux se questionner sur ce qui se trouvait au-delà de cette étendue d'ergs. Peut-être que moi aussi, un jour, je pourrais voir des forêts verdoyantes à perte de vue et des mers d'eau salée, peut-être qu-... Ses songes furent brusquement avortés par la sensation de chute, qu'elle ne put retenir tant elle fut surprise. De la tête dans les étoiles, Reikan se retrouva la nuque contre ce coussin de sable, allongée sur le dos. Ses paupières se rouvrirent pour offrir à ses yeux la vue d'un féliné, qui avait la patte posée sur son poitrail. Sans se débattre, la changeforme laissa le temps à la petite bestiole de prendre du recul, avant de redresser son buste et de tapoter ses vêtements orientaux qui s'étaient noyés dans le sable. En cet instant précis, son visage enfantin n'exprimait pas de colère ou de rancœur, la métamorphe ne ressentant qu'un simple intérêt pour ce chat sauvage au pelage immaculé. D'une voix innocente, la petite brune s'exprima à son tour.

« Désolée de te décevoir, mais je pense être une trop grosse proie pour un petit chat comme toi. »

Et pour cause, cette phrase prenait tout son sens si l'on réfléchissait à la femme et la bête qu'allait devenir Reikan, à l'avenir. Ses traits harmonieux se sublimèrent davantage, à l'instant où la féline esquissa un sourire teinté de pureté et d'aménité à l'égard de la petite boule de poils dont la chasse avait été interrompue. La débrouillarde, apparemment bien élevée, témoigna d'une bienveillance à toute épreuve, finalisée par un geste symbolique lors d'une rencontre imprévue ; sa dextre s'étendit ainsi lentement jusqu'à l'animal pour s'arrêter devant lui, comme si elle attendait une réaction. Peu importe qu'il s'agissait d'un simple chat du Désert ou d'une métamorphe comme elle, aux yeux de Reikan, la moindre forme de vie revêtait une importance capitale et méritait autant d'amour que n'importe qui.

« Tu sais parler? »

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Saiseiki Kanna
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Dim 26 Mai 2019 - 15:26

Deux félins dans le désert.


Quelle surprise, tout de même. Une petite fille, pas un animal. Mais elle sent … Elle sent cette odeur si particulière, si caractéristique, qui a trompé son flair. Kanna l’observe attentivement. Brune, avec des prunelles aussi brillantes que les siennes. Elle est … jolie. C’est rare de croiser d’autres personnes, dans ce coin. Et, surtout, c’est très rare de voir un être qui trouble autant l’odorat de l’animal. Il y a quelque chose de surprenant, d’étrange, chez cette demoiselle. Quelque chose que Kanna ne comprend pas, encore trop jeune pour le saisir. Au moins, cette fille est gentille. Certains auraient fui, d’autres l’auraient attaquée. Cette demoiselle se contente de constater, de lui dire qu’elle est bien trop grande pour être mangée. De toute façon, Kanna n’aurait pas tenté de la manger : elle ne chasse que les animaux ! Hors de question de s’attaquer à un être humain.

L’inconnue tend la main en direction de Kanna. Une mimine adorable, toute petite, frêle et fine. Les pattes restent ancrées dans le sol un instant puis, toute barrière semble disparaître aux yeux de la boule de poils blanche. Elle s’approche lentement et renifle méthodiquement les doigts, puis la paume, à la recherche de quelque chose, d’un indice qui trahirait son étrange odeur. Elle se sent … pareille à elle, finalement. Il y a un petit détail qui les rapproche, que la chatte ne saurait expliquer.

Son attention revient sur l’instant présent et la réalité, extirpée de ses pérégrinations mentales. Est-ce qu’elle parle ? Eh bien, Kanna a miaulé, n’est-ce pas un signe ? En réaction, le félin met un petit coup de museau contre la main tendue et recule doucement. Quelques petits mouvements de papattes vers l’arrière, puis elle hoche la tête.

« Oui, je sais parrrler. »

Un hochement de tête, réaction typiquement humaine réalisée par l’animal. La voix qui s’échappe est douce, trahit la féminité et surtout la jeunesse du chat à pieds noirs. De petit chat à chaton, pour de vrai. Les iris céruléens détaillent toujours un peu plus la demoiselle, alors que Kanna essaie de comprendre d’où elle vient, qui elle est. Peu de personnes se seraient intéressées à cette faculté, cela signifie probablement quelque chose, mais quoi ? Son petit esprit turbine, encore et encore, à la recherche de réponses. Puis, face à son incapacité de résoudre le problème qui se dresse devant elle, l’animal décide de rendre les armes : la meilleure façon de se cultiver est soit de lire, soit de dialoguer. Voilà donc le moment idéal pour choisir la seconde option.

« Mais les animaux ne parrrlent pas, norrrmalement … Comment as-tu deviné ? »

Kanna s’assoit tranquillement dans le sable, les deux pattes avant bien droites. L’intérêt ressenti pour son interlocutrice grandit, au fur et à mesure que la blanche se fait ses petites réflexions. Cette fille a l’air de savoir beaucoup de choses, bien plus que tous les humains qu’elle a croisés jusqu’ici. Et puis … Il y a toujours son odeur atypique, qui alerte tous les sens de Kanna. Elles se ressemblent, c’est certain ; mais jusqu’à quel point ? La petite blanche veut mener son enquête, découvrir. Elle veut tout savoir sur cette fille, tout comprendre. Et s’expliquer pourquoi son flair s’est fait malmener de cette façon.


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Yasei Reikan
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Dim 26 Mai 2019 - 16:38
Des mots, et non pas des miaulements, s'échappèrent de la gueule de cette chatte blanche comme neige ; faisant d'ailleurs tache froide dans cet environnement ardent. Et contre toute attente, il n'y avait pas de place à la panique ou à la fuite, pour la petite humaine. Agréable pour l’œil, son sourire persistait sur ses lèvres charnues, jusqu'à en dévoiler sa pâle dentition qui inspirait à la fois intérêt et effroi, du fait de ses canines plutôt carnassières. Reikan était un point émerveillée sans trop en faire, trouvant un certain amusement dans la manie à rouler certaines consones de la petite boule de poils. Sous la chaleur agressive du zénith, qui trouait les derniers nuages persistants malgré le souffle de la dernière tempête, les joues de la brune ne purent que se mettre à rougir du fait de sa gaieté, révélant de plus belle ses éphélides sur son teint hâlé.

Loin d'agir de façon brusque ou déplacée, la métamorphe resta stoïque pendant que certains bouts de tissus de son accoutrement oriental se laissaient dompter par le vent sec et poussiéreux du pays. Ses fins doigts s'écartèrent au contact de la minette, qui par la clarté de sa voix et son attitude distinguée, en profitait pour extérioriser sa féminité. Une chatte qui parle. Se pourrait-il qu'elle soit... comme moi? Sans même posséder de moustaches, de truffe ou un quelconque don de sensorialité animale à cette période, Reikan avait été en mesure de pressentir la particularité du petit animal. La féline ramena alors instinctivement sa main le long de son corps, alors que la bestiole posait déjà son arrière-train sur le haut de la dune où elles étaient. Ses pupilles d'un bleu roi profond scrutèrent sa propre poigne, puis le paysage, avant de replonger dans celles de la chatte. Et face à sa question, le rictus de ses lèvres se teinta d'une malice atypique, traduisant le caractère espiègle de la jeune native du Vent.

« Tous les animaux parlent, d'une certaine manière. C'est juste que les humains ne les comprennent pas toujours. Une chance que l'on se comprenne, alors. »

Ses genoux se plièrent pour permettre à son séant d'atteindre le sol en toute délicatesse, laissant même cliqueter ses boucles d'oreilles griffues et les petites préciosités qui ornaient sa personne. Ni une ni deux, la petite fille se retrouva assise aux côtés du féliné sauvage, sans daigner montrer d’agacement ou de fatigue sous l'atmosphère étouffante du Kaze no Kuni. Néanmoins, sa personnalité et sa façon de se comporter apportait une certaine fraîcheur ; une sorte d'oasis, que nul n'aurait pu imaginer trouver dans un tel endroit. Que ce soit aux yeux de ses proches ou des inconnus, Reikan apparaissait comme une véritable bouffée d'air frais mêlant mystères et espoirs, sympathie et audace.

« Mon nom est Yasei Reikan, fille de Shizuka et de Ragna. Je fais partie d'une horde de métamorphes félins. Et toi, qui es-tu donc, dans ce Désert? »

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Saiseiki Kanna
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Sam 1 Juin 2019 - 22:12

Deux félins dans le désert.


Une adorable petite fille. Kanna l’observe avec une grande attention. Le désert regorge d’êtres uniques, dotés de capacités toutes différentes. La blanche ne cesse d’apprendre : chaque jour qui passe est une nouvelle aventure, qui apporte toujours son lot d’expériences et de savoirs. Yasei Reikan apparaît alors de deux manières : une rencontre particulièrement intéressante, mais aussi une part d’ombre salvatrice dans la chaleur étouffante du désert. La minette s’étonne de la perspicacité et de la maturité de son interlocutrice. Jeune, mignonne, pourtant capable de réflexions dignes d’une adulte. Kanna penche la tête, ses prunelles bleues rivées sur la délicate brunette.

Elle a raison, au fond, tous les animaux parlent, mais ils ne se font pas forcément comprendre. Un miaulement entre la chatte et un autre membre de sa famille sera un message compréhensible, pourtant, le même son lancé à un être humain ressemblera juste à une énième manifestation adorable, mais insensée. Les règles de la communication s’appliquent de la meilleure des manières à leur situation : tout le monde parle, finalement, mais est-ce que tout le monde se comprend ? Kanna apprendra, par la suite, que ce n’est pas vrai que pour les animaux et les humains, mais bien pour les humains également. Elle hoche doucement la tête, approuvant ce que lui dit Reikan.

« C’est vrrrai ! Heurrreusement que nous parrrlons le même langage, alors. C’est beaucoup plus simple. »

Une réponse pleine d’ingénuité et de candeur, peut-être même une manifestation légèrement à côté de la plaque, témoignant de toute l’innocence de la gamine. Elle relève une patte et passe un coup de langue dessus, pour remettre en place des poils secoués par le vent, malmenés par le sable. Satisfaite, Kanna dépose de nouveau ses prunelles sur sa cousine.

« Je m’appelle Kanna. Je suis une Yasei comme toi, j’apparrrtiens à une petite meute de chats à pieds noirrrs. Nous avons prrrofité de l’accalmie pour sorrrtir chasser. »

Yasei Kanna. Un souvenir qui s’effacera progressivement au fil des années, pour donner naissance à Saiseiki Kanna, jeune femme émancipée de cette famille à laquelle elle attribuera bien des maux. La blanche s’étire et ses membres se modifient peu à peu, jusqu’à dévoiler une gamine aux longs cheveux blancs et aux yeux d’un bleu pétillant. Son pantalon en toile beige, large, s’arrête juste au-dessus de ses chevilles. Quant à son t-shirt, rose clair, il n’a pas de manche. Une tenue appropriée à la lourde chaleur qui pèse sur leurs épaules, bien que Kanna préfère être sous forme animale.

« Mmmh … Je ne me balade pas souvent comme ça. Je trrrouve que c’est quand même plus simple d’apparrraîtrrre comme un chat aux yeux des gens. Ils sont plus gentils avec les animaux qu’avec les enfants, même si … »

Kanna penche une nouvelle fois la tête, de l’autre côté, accompagnant le geste d’un doigt posé sur sa joue.

« Même si, parrrfois, c’est l’inverrrse … »

Elle soupire lourdement. Les histoires d’animaux maltraités sont légion, surtout pour une enfant de cet âge. Un seul récit suffirait à la dégoûter de l’humanité. Elle tente de ne pas leur en vouloir, de les comprendre, mais ce n’est pas toujours simple.

« Que penses-tu des autrrres êtrrres humains ? Ceux qui ne sont pas … comme nous. Tu penses qu’ils sont différrrents ? »

Tombée du bout des lèvres, comme une vérité amère, à laquelle Kanna n’ose pas se confronter. Les hybrides sont-ils meilleurs, ou pires ? N’y a-t-il aucune différence ? Quand l’instinct se mêle à la raison, les résultats sont parfois fâcheux … parfois extraordinaires. Difficile pour l’incarnation de la blancheur de se dire qu’il n’y a pas que du noir ou du blanc, mais aussi des nuances de gris qu’elle ne peut pas ignorer.


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Yasei Reikan
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Lun 3 Juin 2019 - 21:39
♫ Origin — Agito to Kain

Bien que dans la retenue, c'est avec fascination que Reikan assista au spectacle qu'était la métamorphose dite inversée, le retour à la forme humanoïde ; voilà quelle était la véritable enveloppe charnelle de ce petit animal vorace, dénuée de tout artifice faisant appel au chakra. Yasei Kanna, l'enfant d'une meute de chats à pieds noirs. Les pattes sveltes et habiles laissèrent ainsi place à des bras et des jambes d'enfants, alors que la bestiole perdait déjà de son poil pour se garnir d'une fine couche de tissu. L'immaculée se présenta à la petite brune sous sa nouvelle apparence, sa chevelure reflétant les rayons agressifs du zénith. Cette dernière paraissait d'ailleurs être à l'opposé total de celle de notre chère Fille du Désert, dont la noirceur pouvait rappeler le manteau dont se couvrait le ciel une fois la nuit tombée. Après l'avoir zieuté droit dans les yeux, la brunette détourna sa concentration sur les empreintes félines imprimées dans la couverture sablonneuse, tandis qu'elle écoutait les propos tenus par celle qui en était la source.

Assise en haut d'une des innombrables dunes dessinant les courbes du Désert, la future kunoichi pencha alors la tête sur le côté, à l'image d'une mimique qu'un félin aurait fait pour mieux réfléchir. Une question assez intrigante venait tout juste de lui être soumise ; ceux n'étant pas doués de métamorphose animale étaient-ils capables de bonté et de gentillesse comme elle? Le visage de Reikan se tourna vers l'horizon, alors qu'elle entourait ses genoux pliés de ses deux bras. Seul un sol pauvre, conséquence d'un hyper-aridité permanente, attendait sagement d'être balayé par son regard perçant, à tel point que sa profondeur paraissait être sans limites. En soi, la changeforme n'avait encore jamais été proie à la haine bordant le cœur de l'être humain. Cette jeune fille qui avait la tête pleine d'ambitions préférait certes parfois la compagnie des bêtes à celle de l'Homme, néanmoins, elle avait hérité du caractère bienveillant et de la délicatesse de ses parents. Quoi de plus ironique pour celle dont la mère allait, des années plus tard, perdre la vie à cause de la cruauté humaine?

« J'éprouve de la pitié envers eux. Non pas juste parce qu'ils ne peuvent pas nous égaler dans l'emprunt de la force animale, mais plutôt pour la simple et bonne raison... qu'ils sont dans l'ignorance. Mettre de côté les animaux comme s'ils n'étaient que de vulgaires outils est pour moi un affront. Seule une poignée d'entre eux sait reconnaître la vraie valeur de la faune, forgée dans l'innocence, la curiosité et l'amour. D'ailleurs, pourquoi l'humain a-t-il associé la férocité des Bêtes à la bêtise humaine? Ce simple rapprochement m'a toujours intrigué, surtout venant de personnes aussi étroites d'esprit. »

Une vibration terrestre sollicita son attention, justifiant la courte pause qu'elle venait de marquer lors de sa réponse. Un museau noir parvint à éventrer les grains de sable situés devant ses chevilles, qui étaient munies d'un alliage métallique traditionnel, dont la forme griffue s'apparentait presque aux pattes d'un félin. Une... truffe? L'organe olfactif remua pour mieux renifler l'air ambiant, comme s'il s'assurait qu'aucun danger ne le guettait, pendant que deux grosses et longues oreilles ne s'extirpent du sol instable et brûlant. Sur ses gardes, Reikan releva sa dextre afin de se protéger du sable balancé par l'élévation de ces deux radars auditifs. Ce n'était rien d'autre qu'un fennec qui sortait des entrailles du Désert, avant de se secouer et de fixer les deux jeunes filles qui conversaient. J'imagine qu'il est inoffensif. Rassurée par l'air serein que le petit renard arborait pendant qu'il s'asseyait et malgré le fait qu'elle ne connaissait pas le but de sa venue en cet instant précis, la métamorphe resta dans la même position en vue de continuer son argumentation, digne d'un sage traînant une longue existence derrière lui.

« Malgré tout, j'ose espérer qu'il est toujours possible de les éduquer, de leur montrer à quel point les animaux ne sont pas que des bêtes dénuées de raison. Je suis sûre qu'au fond, un jour... les Hommes et les Bêtes parviendront à... »

Cette fois-ci, les dires de Reikan n'eurent pas le temps de trouver suite. Plus qu'une simple dérobade du sable sous leurs pieds, le sol s'affaissa après avoir palpité. Qu'est-ce que c'est, cette fois-ci?! Sans bouger d'un poil, le futé à grandes oreilles à leur côté releva son arrière-train, à l'instant même où une armada de petits canidés du même gabarit se précipita depuis les profondeurs de la dune pour remonter à son sommet, à l'abri des regards. Tous percèrent le point culminant de l'erg et se retrouvèrent sous Kanna et Reikan ; mais cette manœuvre était loin de paraître involontaire. Sans pouvoir réagir, la petite brune fut surélevée par ce tapis de fennecs qui s'efforça de ne pas ralentir, emportant les deux jeunes métamorphes dans sa course afin de descendre à toute vitesse la dune et continuer son chemin. Et leur formation n'était pas faite au hasard, trahissant le caractère prémédité de cette manifestation inattendue ; les plus costauds d'entre eux firent ainsi barrage aux victimes sur les côtés pour qu'elles ne puissent s'échapper durant ce trajet secouant.

LES KIDNAPPEURS EN QUESTION:
 

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Saiseiki Kanna
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Dim 9 Juin 2019 - 19:02

Deux félins dans le désert.


Une gamine, hein ? Kanna n’aurait jamais poussé la réflexion aussi loin que cette petite fille. L’instinct face à la sagesse, l’animal face à l’humain. Cette demoiselle semble avoir un avis logique et précis sur l’Homme et ce qu’il est réellement. Au fond, elle a raison. Ils ne sont pas détestables, juste … Il y a quelque chose de triste en eux, qui donne envie de s’apitoyer sur leur sort. Kanna hoche doucement la tête en l’écoutant. Malheureusement, si pour elle, l’innocence, la curiosité et l’amour sont des valeurs qui existent dans son cocon, elle se rendra compte plus tard que l’animal peut être aussi cruel que l’humain, si ce n’est plus. Pour le moment, néanmoins, la blanche ne peut que répondre par la positive. Les Hommes perdent énormément à considérer les animaux comme des outils, sans tenter de les comprendre. S’ils pouvaient cohabiter, le monde entier pourrait assister à bien des prouesses, pour le moment irréalisables.

Une petite truffe apparaît, suivie de près par de grandes oreilles. Un fennec. Kanna en a croisé plusieurs, ils sont très malins, mais pas particulièrement dangereux. L’hybride observe le nouveau venu qui s’installe auprès d’elles. Il n’a pas l’air bien méchant, tranquillement assis là à les contempler. Il n’a pas l’air comme elles, c’est un animal comme un autre. La blanche détourne son attention pour se concentrer sur Reikan, qui poursuit sa réflexion sur une note d’espoir, qui témoigne de sa douceur et de son optimisme. Kanna sourit. Cette demoiselle deviendra une adulte impressionnante, aussi intelligente que …

Les pensées de l’hybride cessent, brusquement interrompues par l’arrivée d’autres fennecs, qui débordent les deux demoiselles par leur nombre. Organisées comme un troupeau de chasseurs, les bestioles adoptent une formation quasiment militaire, qui empêche Kanna et Reikan de s’extirper. La blanche observe, cherche une parade ou une faille pour pouvoir s’y glisser, mais rien n’y fait : leur chasse était préméditée et drôlement bien ficelée. La chatte doit se rendre à l’évidence : ces bêtes ont bien caché leur jeu, jusqu’à être capables de les surprendre et leur fondre dessus, sans leur laisser une chance. Kanna soupire, secouée mais incapable de se mouvoir : jusqu’où iront-elles ? La descente est rude et elle ne sait pas où elles vont se retrouver. Pour le moment, l’hybride ne peut pas se métamorphoser, les secousses perturbent sa concentration. Il faut attendre, les laisser les mener jusqu’à leur destination.

Le kidnapping se poursuit jusqu’aux confins du désert, dans une zone que Kanna n’avait encore jamais vue. Une tanière digne de ces petites créatures, d’où leur odeur explose jusqu’à saturer la truffe de la minette. Elle plisse les yeux. Les bestioles les relâchent et les laissent au milieu d’un cercle qu’elles s’affairent rapidement à former, jusqu’à laisser apparaître une autre créature, plus grande que toutes les autres et particulièrement menaçante. Kanna lève la tête et observe le grand fennec, craintive. Un kidnapping perpétré par des animaux, qui les laisse toutes deux sans défense, pour le moment. La blanche inspire profondément et guette le moment opportun pour revêtir sa forme animale.

Une chose est sûre, néanmoins : si ces créatures les ont menées ici pour les manger, Kanna ne se laissera pas faire. Elle ne deviendra pas le repas d’une bête, n’importe laquelle, sans s’être battue. Parce que, de toute façon, la blanche est petite, certes, mais elle est un vrai prédateur. On ne chasse pas le chasseur, jamais.


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Ven 14 Juin 2019 - 19:05

♫ Origin — Agito to Kain


Ce fut pleine de sable que Reikan retrouva la liberté de ses mouvements, du moins, dans un petit périmètre bien encerclé par cette troupe de fennecs malins mais visiblement fort impolis. Si le trajet n'avait pas été si long en terme de durée objective, il était évident que ce nouveau moyen de locomotion avait été efficace, en ce qu'il avait mené les deux petites filles au fin fond d'une des artères du Désert. Agenouillée sur la couette sablonneuse, la brune posa ses mains au sol pour reprendre ses repères après tous ces remous ; le soleil lui avait-il tapé sur la tête au point de lui faire oublier les notions de temps et d'espace? Elle soupira discrètement, stabilisant ses appuis afin de relever son minois vers chacun des fennecs qui les entouraient avec Kanna. Une... une grotte? Il fait assez frais pour qu'elle se trouve une bonne maison sous terre, au moins. Mais la métamorphe était bien loin d'avoir perdu son sang-froid, malgré ses six hivers passés seulement. D'un bref geste de sa dextre, elle se débarrassa de tous ces grains de sable dérangeants en tapotant ses tissus orientaux.

Notre chère future nomade se remit alors rapidement sur pieds, en vue de contempler du plus haut possible l'endroit où elle venait d'atterrir ; une spacieuse caverne loin d'avoir été façonnée par la nature seule, où la lumière du zénith nourrissait continuellement de ses rayons les minéraux parsemant le sol. De nombreuses stèles aussi lisses qu'imposantes délimitaient la salle principale, dont le point le plus profond cachait pourtant un bruit d'eau. Un chaleureux dégradé de couleurs, dans les tons si chauds qu'il en donnait presque soif, s'offrit à son regard d'un bleu roi se situant à l'opposé du panel des pigments. Les grains de sable étaient si bercés par la lumière qu'ils côtoyaient de près la lueur même de l'or, à l'instar de la terre d'ocre nappant le Kaze no Kuni. Et même en ce souterrain, des dunes similaires aux ergs de la surface s'étaient élevées avec le temps et les souffles tempétueux ; décidément, le Désert avait ici tous ses droits. Où sommes-nous? Face à ce spectacle, Reikan ravala sa salive dans un gloups, au moment même où les fennecs avaient décidé de s'activer et de se mettre à glapir, pour une raison lui étant encore inconnue. Les pupilles de la féline roulèrent un peu partout, aussi bien au plafond où des volées de grains tombaient de temps à autre, qu'au sol, par peur d'être encore proie à un subterfuge venant des tréfonds.


Stoïque, Reikan adressa un regard bordé de doutes à la blanche immaculée. Ce kidnapping, sans que ni tête, eut finalement raison de sa patience déjà bien affaiblie par son jeune âge ; que ce soit la fine et aléatoire pluie de sable s'échappant de la voûte au-dessus de sa tête ou bien les cris incessants des fennecs pourfendant son ouïe, tout, en plus de l'incompréhension, paraissait avoir été mis en œuvre pour la pousser à bout. Jusqu'à ce qu'une monstrueuse ombre ne se dessine sur l'une des colonnes de pierres, se rapprochant dangereusement d'eux et obligeant les renards du Désert à se pousser pour lui laisser place. Qu'est-ce que...? Toutefois, cette silhouette menaçante eut vite fait de se rétrécir pour ne faire que la taille d'une formation rassemblant deux fennecs et une horreur trônant dans un carrosse sans roues, sur leurs dos. La troupe de petits canidés s'écarta en cercle pour laisser leurs deux compères déposer une bestiole certes plus grosse qu'eux, mais bien plus repoussante.

Vêtu d'une fourrure lapine tachetée et d'une couronne clairement usée par le temps et la poussière désertique, le lièvre nivéen aux longues oreilles dressa son menton couvert de moustaches tordues et ordonna à ses pilotes, d'un coup de patte arrière bien dosé, de s'avancer jusqu'au niveau des deux jeunes changeformes. Mais c'est quoi ce foutoir? Des fennecs qui obéissent à un... lapin aussi laid? Je crois rêver. Par réflexe, Reikan s'empêcha d'effectuer un pas en arrière pour éviter d'affoler les renards des sables à son dos, captivée par la boule de poils qui semblait avoir établi un rapport de maître à esclaves avec cette troupe de voraces, ou plutôt... de roi à sujets? Cela avait peu d'importance, étant donné que le mammifère à l'air hautain et aux yeux luisants et exacerbés jusqu'à en titiller le rouge sang approchait déjà son museau devant le duo d'humaines. Et si ses arcades sourcilières proéminentes ne lui accordaient pas l'once d'un air commode, son regard sanglant, lui, disait tout. Et en plus il chlingue du pif, j'y crois pas. Mais malgré l'air aristocratique que ce fourbe et la voix aussi stridente qu'éraillée - entre autre, produisant des sons insupportables - qu'il empruntait, la féline resta de marbre, ne reculant que la tête pour éviter de se la faire bouffer. Elle prit d'ailleurs soin de se munir d'un pacifisme à toute épreuve pour ne pas le brusquer, ayant vite compris que si elle n'allait pas dans son sens, les fennecs autour de Kanna et elle se chargeraient de leur faire subir son courroux.

SON ABOMINABLE MAJESTÉ ABOU:
 

« SALUTATIONS, CHÈRES... OFFRANDES. J'espère que votre voyage s'est bien passé. Nous avons toujours eu du mal à trouver nos invités dans ce maudit Désert, vous savez. Même un élu du Mimi no Kami comme moi est obligé de faire les frais des tempêtes et du manque de nourriture. Mon nom est Abou, premier du nom et Roi de cette magnifique grotte que vous voyez là.
Enchantée de faire votre connaissance, Abou. Dites, avez-vous bien dit... offrandes? »

*Mimi no Kami (耳の神, litt: Dieu des Oreilles)

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Saiseiki Kanna
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Mar 18 Juin 2019 - 1:19

Deux félins dans le désert.


Cette escapade forcée dans le désert laisse Kanna toute perturbée. La grotte dans laquelle elles ont atterri est magnifique, ça, elle ne peut rien y redire, mais faut-il vraiment en arriver là, pour faire du tourisme dans le désert ? Perplexe, la minette regarde tout autour d’elle. Sa compagnonne de galère n’a pas l’air si mal en point, tout comme son propre corps ne lui envoie aucun signe de fatigue notable. Physiquement, tout est très bien. De là à s’imaginer que le reste est dans un état similaire, hum.

Les prunelles azurées s’échappent un peu de la contemplation pour se reporter sur leur sombre réalité. Ici, elles sont entourées de fennecs. Il y en a partout, formant un cercle compact qui les empêche de tenter quoi que ce soit. Kanna serre les mâchoires, bien consciente que leur situation n’a rien d’enviable. Comment faire pour s’en tirer ? Même sous sa forme animale, elle est incapable de tous les mettre au tapis. Elle ne peut que les observer et attendre. Malheureusement, la patience n’est pas son fort, surtout quand on sait que son excursion était prévue, à l’origine, pour aller se nourrir. Autant dire que Kanna est particulièrement mécontente.

Alerte, lorsque le sable se tord sous l’arrivée de deux autres fennecs, elle a un léger mouvement de recul. Instinctivement, son pied se pose un peu en retrait, pour adopter une posture de trois-quarts. Cela ne lui servira à rien, elle en est consciente, mais rien que ce petit geste lui permet de garder son calme. Au fur et à mesure, les mouvements font apparaître deux longues oreilles blanches au poil abîmé. Un odeur abominable traîne tout autour de sa truffe. Comment peut-on puer du nez, hein ? C’est une bien bonne question mais, là où il y a des interrogations et des impossibilités, ce lapin déjoue les pronostics. L’hybride crispe les narines et retient sa respiration. Il sent terriblement mauvais … D’aucuns diraient même qu’il sent le fennec. Et comme la blague est faite, nous pouvons continuer sur notre lancée.

Les paroles du lapin résonnent dans la caverne d’or. Sa voix éraillée agresse les tympans de la jeune hybride, qui manque de se cacher les oreilles. Néanmoins, il paraît que cette boule puante est un monarque, ou quelque chose d’important ici. Lui manquer de respect n’est peut-être pas la meilleure des choses à faire. Kanna attend qu’il cesse de parler pour inspirer profondément. L’air pue. Mais au moins, elle a récupéré un peu d’oxygène. Silencieuse, la blanche observe la princesse à ses côtés.

Calme, mesurée, elle ne fait aucun mouvement brusque. Pourtant, les mots prononcés par la créature laide et puante sont formels : ces deux-là sont des offrandes. Des cadeaux au grand roi Abou, roi de la grotte. La jeune Yasei arque un sourcil. Un roi, s’il veut, mais, elles, des offrandes ? Non, ça il en est hors de question.

« Je ne suis pas une offrrrande. », peste l’enfant dans un murmure.

Elle réfléchit un instant et refait le parcours dans son esprit. Il a dit « Mimi no Kami ». Le Dieu des oreilles. Naturellement, les prunelles céruléennes font le tour du propriétaire : c’est un lapin, accompagné par des fennecs. Ce qui les rapproche, c’est bien la taille de leurs oreilles. Pour un chat, difficile d’atteindre une telle longueur, même en tirant très fort. Donc s’il est choisi par Mimi no Kami, est-ce parce qu’il a de longues oreilles ?

« Êtes-vous Roi de ces contrrrées parrrce que vos orrreilles sont celles d’un lapin, Abou ? »

Kanna se concentre dessus. Si c’est bien pour cela qu’il est vénéré, c’est quand même assez dérisoire. Ces pauvres fennecs sont contraints à supporter une puanteur pareille, avec un faux pouvoir et de fausses responsabilités. Après tout, un animal ne peut pas régner juste parce que ses oreilles sont longues, ça n’a pas de sens ! Le règne animal n’a jamais tant été bafoué qu’à ce moment. La blanche inspire profondément.

« Que comptez-vous fairrre de nous ? »

Selon sa réponse, la réaction de Kanna sera totalement différente. S’il souhaite les manger ou leur faire n’importe quel mal, l’hybride n’aura aucun mal à se jeter dans la bataille. Personne ne se laisse attraper de cette manière, jamais. Surtout pas dans le désert du pays du vent.


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Yasei Reikan
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Ven 5 Juil 2019 - 1:33
♫ Origin — Agito to Kain

Ce fut avec un regard gorgé de haine que le lapin à la couronne dévisagea la petite aux cheveux lunaires. Rien qu'à voir sa tronche effarée, il semblait perdu, comme s'il n'en revenait pas des propos tenus par une humaine haute comme trois pommes. Ses arcades sourcilières prononcées et poilues se froncèrent, à l'image d'un rictus de colère qu'il avait bien du mal à retenir. Le blanc naturel de ses yeux avait emprunté une teinte rouge sang, tant son cœur bouillonnait d'agressivité. On entendait presque ses battements, à tel point que l'on pouvait croire que son organe vital allait sortir de sa poitrine velue.

Co-Comment... ose-t-elle? Le mammifère aux grandes oreilles était au bord de l'explosion mais miraculeusement parvint à se retenir grâce à un mouvement peu commun. L'un de ses deux membres auditifs vint gifler son voisin, comme si les deux oreilles étaient vivantes et disposaient d'une volonté propre, à défaut de ne pas avoir de bouche pour s'exprimer. La tarte donnée, Abou ferma les paupières pour les rouvrir aussitôt, des veines saillantes venant tout juste de les entourer pour mieux faire circuler son sang et contrôler ses pulsions. Devant ce spectacle, aucun fennec n'osa se mettre en avant et tous se firent le plus petit possible ; décidément, il s'agissait là d'une véritable domination. Mais par quel fichu moyen ce misérable lapin avait-il pu asservir ces voraces du Désert?

Incapable de mettre des mots sur ce qui fit trembler son âme à ce moment, face à cette boule de poils et de puanteur, Reikan se contenta tout bonnement de maintenir son mutisme. Et cette absence de parole ne fut pas vaine, puisqu'elle eut l'occasion de plonger son regard éthéré au fond des rubis du lapin. Ses rétines miroitaient d'artifices, si bien qu'elle pouvait comprendre, malgré son jeune âge, qu'Abou était à l'origine d'un maléfice ; ou plutôt ce que les gens du Yuukan appelaient une illusion. Ces fennecs seraient-ils contraints de lui... obéir? La brunette ravala sa propre salive, alors que ce perfide et ridicule tyran venait d'écarter ses babines pour répondre à Kanna.

« Je ne suis pas qu'un simple lapin, très chère. Je suis Abou, le lapin albinos des sables. Que vais-je bien pouvoir faire de vous, hein? »

Très vite, les traits colériques du lagomorphe laissèrent place à un sourire béat, qui accoucha cette fois-ci de deux grandes dents, typiques à la race lapine. Le sang d'Abou tambourinait toujours plus contre ses veines, malgré ce revirement soudain de comportement. L'usurpateur de pacotille adopta un air faussement infligé, comme pour se dédouaner de ce qui allait se passer. Qu'avait-il concocter pour ses deux invités? Allait-il vraiment mettre ses paroles à exécution? Quelle folie. Un lapin, manipulateur et mangeur non pas de carottes, mais de félins ; le chakra était la seule et unique chose pouvant justifier une telle situation. Entre les mains des animaux les plus éveillés et hélas des plus avides, cette essence spirituelle pouvait faire des ravages, jusqu'à chambouler la chaîne alimentaire de la nature. Mais cela ne pouvait durer plus longtemps. Abou éleva la voix et le séant pour se faire entendre par ses sujets, dans toutes les galeries désertiques.

« Cela fait un paquet de lunes que je n'ai pas mangé de viande. CAPTUREZ-LES UNE BONNE FOIS POUR TOUTES, QUE L'ON REMPLISSE NOS ESTOMACS AFFAMÉS! »

Par pur instinct, la métamorphe recula l'un de ses pieds contre le sable froid du souterrain pour en rassembler un petit paquet au sol, bien que cernée par la troupe de fennecs sous tous les angles. Contre toute attente et alors que l'écho d'Abou résonnait sous les dunes sableuses, rien ne se passa. S'il avait espéré que ses esclaves poilus lui obéissent à la seconde, celui-ci fut bien déçu lorsqu'il les aperçut s'immobiliser pour lutter mentalement contre l'appel de la chair, forcée par la soumission de l'esprit. Subjugué par son impuissance, le lapin aux yeux injectés de sang tourna la tête dans tous les sens, constatant qu'aucun de ses sbires n'eut été assez faible pour exécuter son ordre. Ainsi désemparé, il s'extirpa de son trône improvisé pour grognasser dans sa barbe neigeuse, avant de cracher ses poumons à nouveau.[invisible_edit]

« QU'EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ, INCAPABLES??!! OBÉISSEZ OU MOURREZ DE FAIM DANS VOTRE COIN! »

Abou déposa une patte après l'autre à même le sol, avant de faire craquer sa nuque. Sans signe apparent pour prévenir les deux gamines de ce qui allait se produire, le lapin mit à exécution son ordre mental ; seule la lueur qui brilla sur l'instant au fond de son regard put mettre ces dernières en garde. Et de concert avec ses victimes, qui ne purent résister à cette seconde pression psychologique, le lapin se jeta sur ses proies. Ce fut dans un élan assuré que Reikan envoya, d'un audacieux coup de pied tournoyant, une salve de grains de sable tout autour d'elle et de sa consœur. Pas le choix! Il faut trouver un endroit plus étroit, où l'on pourra se mettre à l'abri avant de sortir de ces galeries. Et puis, je ne veux pas les blesser. J'espère... qu'elle comprendra. Et aussitôt, elle agrippa la main - ou la patte, si métamorphosée - de Kanna, pour tourner les talons et s'élancer sur les fennecs couvrant leurs arrières, mais aveuglés. Aussi coriace qu'une bestiole guidée par la survie, la féline poussa sans difficulté ni remords les renards des sables qui, même s'ils exécutaient l'ordre de leur maître d'un temps, étaient déjà bien affaiblis par leur combat spirituel. Elle se dirigea immédiatement vers la première galerie se présentant à elle, en espérant que la suite de cette dernière puisse leur offrir une cachette où elles pourraient reprendre des forces et trouver un moyen de s'en sortir. Une courte-poursuite vit ainsi le jour et Abou ne tarda pas à talonner les deux humaines en fuite. Il ne manquait plus qu'à prier, mais il fallait se douter d'une chose ; un Chat à pieds noires et un Tigre blanc ne se laisseraient jamais, ô grand jamais, faire de la sorte.

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Dernière édition par Yasei Reikan le Sam 31 Aoû 2019 - 15:01, édité 2 fois
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Saiseiki Kanna
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Mer 10 Juil 2019 - 18:41

Deux félins dans le désert.


La claque part à toute vitesse. Le fennec n’oppose aucune réaction. Il subit, c’est tout. Kanna observe cette brutalité avec un œil malveillant. Il se sert de ces pauvres bêtes comme d’exutoires. Comment peut-il les dominer alors qu’il n’y a aucune raison pour eux de le suivre ? Ne serait-ce qu’une histoire d’oreilles ? L’hybride observe attentivement le lapin, à la recherche d’une réponse. Elle tente de comprendre, mais ce n’est pas chose simple. Ces bestioles sont probablement à sa merci pour une raison qui les dépasse, aussi bien eux, qu’elle-même. Kanna se mordille la lèvre.

Abou reprend la parole, fulminant mais contenu. Il est le roi de ces lieux, le surpuissant monarque qui règne en maître sur ces pauvres créatures. Si Kanna ne peut pas lui montrer ne serait-ce qu’une once de respect, l’être a tout de même l’air de désirer la mettre à sa merci, comme tous les autres. Mais la métamorphe ne mange pas de ce pain-là. Il a beau sourire, il a beau faire le grand lapin doué de pouvoirs extraordinaires, elle ne se laisse pas impressionner. Il n’a rien de plus qu’elle, finalement. Juste des oreilles de très grande taille, une haleine fétide et des yeux injectés de rouge. Rien pour lui faire peur. Ou, au contraire, tout pour lui faire peur. Elle ne saurait décider.

Il finit par leur donner son verdict : que va-t-il leur faire, à toutes les deux ? Il veut … Non … Non, ce n’est pas possible. Ce n’est pas ça. Elle a mal entendu, c’est obligatoire. Il ne va pas les manger, si ? Elles ne sont pas comestibles, pas pour un lapin ! Il ne mange pas de ça, normalement, les lapins sont majoritairement herbivores !! Kanna recule d’un pas, prête à détaler plus vite que tous les fennecs réunis. Mais il ne se passe rien. Sourcil arqué, l’immaculée regarde tout autour d’elle. Non, il n’y a rien. Les animaux ont décidé de ne pas bouger. Un avis contraire à celui du lagomorphe, qui fulmine jusqu’à l’explosion. On pourrait voir de la fumée sortir de ses oreilles.

Le silence. L’immense sablier du temps s’écoule lentement, sans pour autant que les actions aient lieu. Tout est fixé, comme si plus rien ne pouvait bouger. Une situation immuable, qui laisse tout le loisir aux cœurs d’enfants de s’élancer, à leur tour, dans une course effrénée. Kanna recule encore un peu, remarquant le petit tas de sable façonné par Reikan. Son ingénieuse petite compagne, dès lors que l’ordre prend place, l’envoie à la figure des pauvres victimes du vilain lapin. L’hybride soupire, mais elle n’a pas le temps de réfléchir que la main de la petite brune l’a déjà embarquée pour la faire courir, loin, loin dans d’autres galeries. Kanna inspire profondément. Ce n’est pas possible. Non. Cette situation est inconcevable.

Arrivées dans leur cachette, Kanna darde un œil mauvais sur leur poursuivant. Abou le vilain lapin. Si elles viennent à bout de lui – sans mauvais jeu de mots – alors elle prennent le dessus et libèrent les fennecs. Une pierre deux coups qu’elle ne peut pas négliger, qu’il faut absolument prendre en compte. Après un soupir et un long temps d’attente pour qu’il aille dans une autre direction, l’immaculée décide de faire part de ses idées.

« Nous ne pouvons pas simplement fuir et abandonner les fennecs ! Ils ne sont pas d’accorrrd pour l’aider ! Je suis sûrrre qu’on peut fairrre quelque chose ! »

Elle croise les bras sur sa poitrine.

« Peut-êtrrre qu’on peut tenter de les séparrrer ? Forrrcer le lapin à envoyer les fennecs d’un côté, pour lui tomber dessus de l’autrrre ? Il a l’air trrrès forrrt, mais seul, il n’est qu’un lapin ! Alorrrs que nous serrrons deux ! »

Kanna hoche la tête pour elle-même, presque totalement convaincue par son idée.

« C’est peut-êtrrre dangerrreux, mais je ne peux pas le laisser fairrre du mal aux fennecs sans rien dirrre ! »

Motivée, l’enfant retrouve tout son courage. Elle n’a pas peur de la vilaine bestiole, non ! C’est elle, qui va avoir peur des deux petites filles !


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Yasei Reikan
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Dim 1 Sep 2019 - 14:03
♫ Origin — Houshi Katsudou

C'était un fait ; Reikan était une jeune fille audacieuse, perspicace et adoratrice des animaux... mais surtout très réfléchie. Les sens en alerte mais quiète, la métamorphe accorda un dernier regard au hall de roc, où s'attelaient des fennecs affolés et où résonnaient les grognements frustrés d'Abou. Son petit dos se nicha contre la paroi de l'étroit tunnel, tandis qu'un faible soupir s'extirpa de ses poumons. Sa décision encore toute fraîche de fuir, pour trouver refuge dans une plus petite galerie aux côtés de la petite Kanna, lui permit ainsi de remettre ses idées en place pour mieux accueillir celles de son amie. Aux yeux de l'immaculée, il était hors de question de retourner à la surface sans avoir mis un terme au règne tyrannique de ce lapin. La jolie brune se remémora la lueur dans laquelle baignaient les pupilles du persécuteur de fennecs. Maudite bête qui s'inspire des humains. N'y a-t-il donc pas assez d'esclaves à la surface, à son goût? La paume de sa dextre contre son propre front et les dents serrées, elle croyait nager en plein délire ; un lapin bouffeur d'humains et des fennecs aussi serviables que du bétail.

Loin du soleil étouffant des dunes, la Fille du Vent ferma les paupières pour se ressourcer et apporter du concret aux belles paroles de la chatte blanche. Il faisait frais, dans ces galeries devenues bien silencieuses ; c'était une sensation agréable qui était presque inconnue pour elle. Enfin, elle rouvrit les yeux et zieuta la fille à la chevelure de neige, laissant miroiter leur bleu roi dans la pénombre. Impossible de savoir si, malgré toute sa frustration personnelle, c'était cette nouvelle rencontre qui lui redonnait désormais l'envie d'y retourner. Peut-être que ses adorables mimiques et que sa façon atypique de communiquer, en ronronnant presque, avaient un tantinet rassuré notre jeune nomade, lors de ce kidnapping? Nous serons deux! Quelques secondes de réflexion aux paroles de Kanna, qui flottaient encore dans son psyché, eurent suffit à ce que son courage ne gangrène l'organisme de Reikan, pour éveiller une détermination difficile à égaler. La changeforme acquiesça en dodelinant la tête, se remit sur ses jambes et sortit à l'entrée du petit tunnel, aidée d'une de ses mains. Et avant de retrouver le chemin de sable souterrain, elle tourna son minois vers sa nouvelle et valeureuse amie, afin de lui faire part de l'idée venant tout juste de germer dans son esprit.

« J'ai une idée. Je ne sais pas si ça va marcher, mais tu as raison, nous cacher ici davantage ne nous servira à rien. Cette abomination est un lapin aux grandes oreilles, et donc, il dispose logiquement d'une bonne ouïe. Je suis sûre qu'il nous a d'ailleurs déjà entendu, avec la résonance de ces galeries. Allons au centre de ces profondeurs et faisons en sorte que cet atout devienne le pire défaut qui existe, Kanna. »

La Yasei aux cheveux de nuit accorda un sourire plein de malice à sa consœur, avant de se laisser glisser sur les fesses pour rejoindre le chemin juste en-dessous du trou de leur cachette. Si les deux métamorphes se trouvaient dorénavant dans une artère des profondeurs et non plus une veine, elles pouvaient être certaines que, très vite, la troupe de kidnappeurs n'allait pas tarder à les retrouver. Ainsi, Reikan suivit le chemin et descendit vers les profondeurs, en vue de retrouver cette immense salle où elles étaient tombées nez-à-nez avec Abou et où les murs porteurs allaient lui être utiles. Si tout le poids de son plan reposait sur l'un des sens les plus fins de ce dernier, ce n'était décidément pas par hasard ; cette petite fille, à la mystérieuse gueule d'ange, cachait en effet une redoutable puissance en son sein. La puissance de rugir et de terrasser tous les autres animaux, comme le ferait un Tigre blanc. Mais allait-elle vraiment miser leur liberté et celle de ces fennecs maltraités sur cette terrible force inavouée?

Finalement arrivées au pied de cette pièce démesurée, la jeune métamorphe s'arrêta et leva sa dextre près de Kanna. Si les oreilles d'Abou disposaient d'une impressionnante taille, il ne s'agissait peut-être que d'artifices, car celles de Reikan pourtant humaines à cet instant précis, n'eurent pas manqué les lointains bruits de pas du tyran et de ses servants, plus loin dans la même galerie qu'elles venaient d'arpenter. Il va voir ce que c'est, de s'en prendre à des métamorphes. Ni une ni deux, la féline se dévêtit sans la moindre gêne d'une partie de son haut oriental en dénudant ses épaules et son ventre, avant d'en offrir le bout à la petite chatte à pieds noirs. Ce fut grâce à un signe de tête enfantin adressé à son amie qu'elle lui fit part d'une stratégie simple mais efficace, visant à étirer ce morceau de tissu au ras du sol poussiéreux, pour faire chuter le lapin dès son arrivée. Parce qu'après tout, un roi se tenait toujours à la tête de son armée. Et il fallait les travailler au corps, lui et ses malheureux esclaves, avant même d'essayer de mettre ce cerveau malsain hors d'état de nuire. La petite humaine se retira dans l'ombre et tira légèrement sur son vêtement pour mettre à l’œuvre son plan, tout juste à l'entrée des catacombes. Ne restait plus qu'à attendre que cet abruti ne se jette dans la gueule des fauves.

ABOU PAS CONTENT:
 

Et c'est ce qu'il fit sans réfléchir, pressé comme le malade de faim qu'il était. Aidé par l'odorat des fennecs et son ouïe, il était certain de trouver ses proies dans la salle principale de ces galeries. Mais qui étaient décidément les chasseurs et les chassés, lorsque la troupe de fennecs et son chef furent alpagués par un précieux tissu, assez robuste pour les envoyer au tapis? Désolée, mais... c'est pour votre bien! Aussitôt, la Fille du Désert se redressa, profitant du fait qu'Abou soit en train de recouvrer ses esprits par terre pour s'en approcher. Reikan eut du mal à le reconnaître. Son poil avait perdu de sa blancheur lapine et sa tronche pleine de sable n'était plus qu'un amas de difformités, enfantées par la colère et la folie ; et bien que cela soit dur à croire, il était devenu bien plus affreux qu'avant. C'était comme si sa laideur intérieure avait explosé au grand jour. Cependant, sa chute était loin de l'avoir débarrassé de sa lubie de chair humaine, voire animale. Il était même plus furieux qu'auparavant, si bien qu'il se servit de ses pattes arrières pour foncer à toute vitesse sur Kanna, comme une torpille. Réagissant au quart de tour, la féline s'empressa de se positionner dans le dos du lagomorphe, préparée à le prendre à revers mais aussi à recevoir ses sbires. Il était temps de passer aux choses sérieuses et de mettre un terme aux agissements de ce lapin fou allié.

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Deux félins dans le désert. [Reikan]

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