Derniers sujets
Partagez | 

[Scénario n°1/Libre] Le Conservateur


Lun 24 Juil 2017 - 20:26
« Eh le vieux ! »

La voix qui avait brisé le silence pourtant accoutumé à cette route de l’île principale de l’Eau semblait à la fois jeune et puissante. La silhouette encapuchonnée – celle qui avait été ciblée par l’exclamation précédente – se retourna docilement. En effet, il s’agissait d’un jeune homme. N’ayant sans doute que la trentaine tout au plus, le gaillard se donnait des airs de brigands de bas-étage avec sa cigarette au bec. Forcément, lorsque son vis-à-vis regarda plus bas, il put remarquer des arguments bien plus convaincants. Le jeune malpoli était bien armé, tout comme ses deux amis, et même la demoiselle qui accompagnait ce trio étrange.

Car oui, l’homme qui venait d’hurler n’était pas seul. A la tête d’un quatuor aussi minable qu’agressif, il n’y avait que peu d’espace pour le doute sur leurs intentions vis-à-vis de l’inconnu encapuchonné. Ce dernier n’avait d’ailleurs pas ôté sa capuche, mais ses possibles ravisseurs pouvaient désormais voir davantage les traits du vieil homme.

Aucun doute, il avait au moins soixante printemps à son actif. Mais il était difficile de déceler entre ses rides si son impassibilité apparente était due à de l’inconscience de sa part ou… à autre chose. Les faits, eux, étaient les mêmes : l’encapuchonné ne bougeait pas. Et cela, il le faisait si bien que le chef de gang dut faire un pas de plus, tout en élevant son ton vers quelque-chose d’encore plus… détestable.

« Bah alors ? Donne-nous tout c’que t’as, qu’on en finisse ! »

A la surprise générale, un ricanement timide mais l’étant de moins en moins s’échappa du vieil homme. Les brigands de Mizu no Kuni se regardèrent tour à tour, mêlant dans leurs visages incompréhension et drôlerie : est-ce que cet homme était fou ?

« Dans quel monde croyez-vous vivre ? commença-t-il à questionner d’une voix rauque. En être arrivé à croire qu’il suffit de porter une quantité soi-disant suffisante d’armes pour exiger et exercer les plus risibles méfaits…
Parce que c’est pas l’cas p’tet ? Tu n’as aucune arme, et même si tu en avais, tu ne pou…
Tu te méprends, comme toute ta génération
, coupa-t-il. Des armes, j’en ai. »

Le vieil homme montra ses mains. Mais comme le quatuor de brigands l’avait observé avant, leur cible n’avait sur lui aucune épée ou arme de la sorte. Que leur racontait-il alors ? L’encapuchonné pointa du doigt le katana dégainé par le « chef ». Il s’approchait même de ce dernier.

« J’ai les vôtres.
Qu’est-ce que tu m’chantes ?
hésita le chef à rétorquer.
Tu t’en branles Kento, troue-le ! hurla l’un des brigands.
Ton katana jeune homme, ce n’est pas toi qui le manie. C’est moi. »

Désormais à dix mètres des brigands, le vieil inconnu les dévisageait sous sa capuche. La confiance qu’il semblait dégager avait presque écrasé l’hypothèse d’une sénilité de sa part. Et cela avait semé la confusion chez le quatuor.

« J’ai une quête à accomplir. Perdre du temps avec vous, c’est m’écarter un tant soit peu du chemin qui m’est tracé. Est-ce là ce que vous voulez ? »

L’hésitation que ressentait le trentenaire se transforma en colère. Il leva son katana et d’un large mouvement de bras, le fit s’abattre sur le vieil homme. Mais l’instant d’après, ce dernier était toujours debout… Tandis que le brigand s’effondrait au sol, sa propre lame enfoncée dans l’abdomen. Les trois autres n’avaient pas eu le temps de réaliser la chose que leur attention était captée par un simple rictus de la part du vieillard. Inutile de dire qu’ils eurent aussitôt compris que c’était le dernier qu’ils verraient de leur vie.

« Soit. J’ai toujours affectionné les remontrances sur les nouvelles générations. »

Cela ne dura que quelques instants. Le lendemain, les autorités du pays – également occupées par la disparition du Conseiller Raonaka Ao – trouvèrent quatre cadavres. S’ils pouvaient se satisfaire que ces derniers soient ceux de brigands qu’ils recherchaient, ils avaient vu apparaître un nouveau sentiment. Une inquiétude, pour être exact. Celle de savoir – après autopsies – que quelqu’un, probablement seul, avait été capable de terrasser ces voyous, d’une manière si étrange qu’on pourrait croire que les défunts s’étaient eux-mêmes tués avec leurs propres armes.

Une affaire bien étrange, qui allait être rapportée au Daimyô lui-même, et probablement à la cité de Kiri…

Informations:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Mer 26 Juil 2017 - 11:52
Une mystérieuse rencontre

- Eh le vieux !

Une phrase comme une autre au milieu de ce brouhaha sans fin. Il faut dire que la petite bâtisse -pour sa taille-, attire beau nombre de voyageurs et autres vagabonds qui voudraient se reposer un peu. N'est-ce pas là le cas pour le vieil homme, peut-être fatigué de marcher ? Poser silencieusement à sa table, buvant sans faire de bruit son saké habituel, il détourne le regard vers son interlocuteur exprimant une onomatopée concernant l'appel : " Hm ? " un simple mot à l'encontre de celui qui veut entamer la discussion.

- Dis, tu me conseillerais quel Saké ? Tu m'as l'air en âge d'en connaître un rayon.

Voici des paroles pleines de bon sens, c'est ce que se dit le vieux singe en fixant l'homme debout à ses côtés ; curieux de savoir quel alcool serait préférable pour lui ainsi que ses compagnons. Il passe alors le doigt sur la carte, le faisant descendre petit à petit... jusqu'à ce qu'il le tapote sur un saké en particulier. Buvant sa dernière gorgée, il ne se prive plus de répondre désormais.

- Sucré et fin, il accompagnera vos conversations avec finesse : un fin compagnon.

Apprécié par sa bonté et remercié, l'ancien moine ne peut que reprendre sa route après cette courte escapade dans la taverne. Reprenant le sentier des bois brumeux, il marche d'un air nonchalant vers Kiri : Qui sait ce qu'il a bien pu faire entre-temps ?

Sans doute est-il aller prendre des " nouvelles " vis-à-vis des bordels dont il est le propriétaire. La pêche aux nouvelles n'est pourtant pas très gourmande et même assez sèche, il ne sait cependant qu'une chose : pas seulement Kiri possède un chef d'État désormais. C'est quelque chose de bon à savoir et qui est pourtant logique : le monde est en suspens de savoir ce qu'on lui réserve.

Arrive alors l'inconnu : un encapuchonné aux rides qui rappellent au vieux singe l'âge avancé dont il fait également preuve. Il hausse un sourcil et se dirige vers lui, sans l'ombre d'une prétentieuse menace vis-à-vis d'un étranger. Vient-il à Kiri ? Que vient-il faire par ici ? Que de questionnement et pourtant, il ne semble en rien menaçant ; il a tout l'air de celui qui cherche à se balader sans encombre parmi la nature et les animaux.

- Belle nature n'est-ce pas ? Veuillez à pardonner mon irruption face à votre balade, je me demandais juste si vous comptiez vous rendre à endroit précis ? dit-il, n'hésitant pas à jouer de ses doigts avec sa barbichette.

De questions niaises et banales. Et pourtant Netero a toute sa tête, il semble naïf et le fait sans doute exprès ; dans quel but ? Si ce n'est, qu'il est étrangement intrigué par cet homme dont il n'a jamais croisé la personne ou même entendu une rumeur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t183-gattsu-achevee

Jeu 27 Juil 2017 - 17:33
Tu venais de t'établir à Kiri que déjà tu retrouvais ta soif d'escapade. Les murs et la foule, tout cela n'était pas pour toi, non, tu devais laisser à ton corps et à ton esprit le loisir de s'évader pour mener ta mission; aussi courrais-tu dans les alentours du village de ta nouvelle tribu, loin de la mer et de sa présence écrasante. Pieds nus, le torse recouvert d'une simple pièce de toile grandement humidifiée par l'exercice que tu effectuais depuis déjà longtemps, tes pensées vagabondaient dans les sphères de l'imagination, tu en avais oublié jusqu'à ton souffle ample et puissant.
Par moments tu t'arrêtais pour focaliser ton imagination sur les guerriers les plus distingués de ta tribu. Cette fois-ci, tu faisais face à Nomokazé, de trois ans ton aîné et le plus prodigieux des combattants que tu connaisses. Plus petit en taille et moins consistant de carrure, il avait la vitesse et l'explosivité de quatre hommes et un esprit de fer. Sa plus grande froce restait la grande maîtrise des poings dont les dieux lui avaient fait cadeau à la naissance. Il te faisait face, son jeu de jambe nerveux et technique ne te trompait plus, tu entamas les hostilités. De puissants échanges, il cherchait la confrontation directe et tu t'y étais préparé, cela faisait des mois que tu répétais ce combat, des mois que la victoire t'avait échappé de si peu. La puissance de tes coups le martyrisait mais il ne reculait pas, bientôt ton corps commençait à s'alourdir et, comme la dernière fois, après un terrible combat, le coup final vint te mettre à terre.
Au fur et à mesure que tu répétais tes coups, tu te rapprochais de la victoire. Mais connaissant Nomokazé, lui essayait de t'en éloigner toujours un peu plus en, tout comme toi, courant et s'arrêtant pour frapper dans le vide.

***

Tu avais repris la course sur les sentiers à un rythme plus soutenu, ton corps devait encaisser la durée des combats les plus acharnés, tes tripes devaient cultiver ce second souffle qui caractérisait tous les guerriers d'exception, ton corps et l'effort ne devaient faire qu'un. Bientôt tu rentrerais en faisant le chemin inverse et continuerais l'entraînement.
La gourde contenant le petit dieu s'ouvrit.

-Hoplà ! T'as soif ? Fit-il en montant sur ton épaule. Maintenant qu'il le disait, c'est vrai que tu avais besoin d'eau.

-Je t'en serais très reconnaissant, petit dieu.

-Mouais, bah avant tu devrais peut-être regarder par là-bas. Mon instinct divin me dit que ces deux gus ont des choses à te dire. Qui sait, c'p'eut-être une quête ?

Tu acquiesças et entrepris de désaltérer ton corps après quoi le petit dieu revint à l'intérieur. Tu le sentais déjà ricaner comme s'il avait placé ces deux anciens sur ton chemin par pure espièglerie. Ton pas assuré quoiqu'un peu alourdi par l'effort t'amena non loin d'eux. D'habitude, les rencontres que te faisait faire le petit dieu étaient bénéfiques, le seul soucis résidait en ce qu'il se gardait bien de faire l'étalage des détails concernant les personnes vers lesquelles il te guidait voire pire, il avait coeur à te donner de fausses informations. Le plus délicat résidait tout de même en ce qu'il était difficile de les aborder en leur signifiant qu'un dieu guidait ton chemin, aussi tendis-tu ta gourde -le petit dieu s'était liquéfié- avant d'ajouter.

-Le chemin doit être pénible. Je vous en prie, acceptez quelques gorgées. Le ton révérencieux d'usage lorsque l'on s'adressait aux anciens fut de mise, comme à l'habitude.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Sam 12 Aoû 2017 - 15:38
Encore une ou deux heures de marche, s’autorisait-il à penser. Si son vieil âge était parfois un handicap, le Conservateur savait qu’il lui était bénéfique désormais pour ces longues marches. C’était toute une île qu’il avait traversée, sans compter le parcours qu’il avait eu avant d’y parvenir. Mais comme il l’avait parfois redouté durant son voyage, on n’allait pas le laisser tranquille.

Un homme, de sa génération apparemment, s’était invité sur sa route. Forcément, lorsqu’il se rappelait les quatre brigands qu’il avait tués un peu plus tôt, il ne pouvait écarter la possibilité que tout soit lié. Mais son art si « particulier » du combat faisait du Conservateur un homme serein lorsqu’il s’agissait de se persuader qu’aucune preuve n’avait pu le lier à ses combats.

« Je me rends à Kirigakure no Satô, et vous ? »

On disait souvent que l’âge était synonyme d’expérience, mais c’était loin d’être vrai. L’idiotie et l’intelligence étaient des concepts étrangers aux printemps qui passaient, et pour l’Homme qui vieillissait, il courait également le risque de la sénilité. Etait-ce le cas de cet inconnu ? Et s’il semblait être un local, était-il Kirijin ? Difficile de se faire une idée pour le Conservateur.

« Si vous le souhaitez, vous pouvez m’accompagner. »

Un autre homme, cette fois-ci bien plus jeune, se présenta à eux. En leur proposant des gorgées, ce fut bien l’expérience qui parla pour le voyageur : il ne comptait plus ceux qui avaient attenté à sa vie via des moyens aussi banals que dangereux. Mais fort heureusement, il avait lui aussi une gourde, qu’il sortit à la vue de ses interlocuteurs, signifiant qu’il avait ce qui lui fallait.

« Merci tout de même. A présent, comme je le disais, je vais reprendre ma route pour le village de la Brume. »

Sur quoi il se tourna à nouveau vers le bon côté du chemin. Il ne tarderait plus à découvrir les désormais fameux marécages…

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

[Scénario n°1/Libre] Le Conservateur

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de l'Eau :: Mizu no Kuni, Pays de l'Eau
Sauter vers: