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Lun 27 Mai 2019 - 19:40

On boit ? On boit.


À la taverne, il y a …

Kanna pousse la porte du bar et entre mollement. Une démarche assurée, tranquille, calme. Sous sa forme humaine, la jeune femme semble bien moins énergique, plus tempérée. Ce ne sont que des apparences, ceci dit. Les paires d’yeux se déplacent, se déposent sur sa si petite silhouette. Les gens ne comprennent pas ce qu’elle fait là, avec son apparence d’enfant, mais ils ne disent rien. Elle vient peut-être boire un verre de lait à la fraise, après tout. Ils haussent les épaules et se tournent tous, sans exception. Ils retournent à leurs boissons, parce qu’elles sont quand même plus intéressantes.

La blanche avance et s’installe sur un tabouret, collé au comptoir : au moins, ici, elle ne risque pas d’être considérée étrangement à cause de sa taille. Une fois assise, même si sa petite tête ne dépasse pas celle des autres, elle est plus ou moins à leur hauteur. Ça ne pose donc plus aucun problème.

Le tenancier s’approche et lève le nez. Il la connaît. Pas une habituée, mais c’est la seule personne qui soit venue ici pour lui réclamer un grand verre de lait frais. C’est également la seule demoiselle de cette taille qui, pourtant, ait l’âge de boire les breuvages réservés aux adultes. Kanna lui sourit et lui demande son meilleur saké. Les prunelles de l’homme s’arquent et s’écarquillent : de quoi parle-t-elle ? Du saké ? La jeune fille au verre de lait qui demande de l’alcool ? Dans quel monde vit-il ? À quelle époque ? Bah ! Tant qu’elle paye. Il obtempère et lui tend un verre, qu’il remplit.

À la taverne, il y a
Un chat ♪


L’odeur titille les narines de la minette, qui retrousse les narines pour la faire passer. Son odorat s’habitue et elle s’oublie. Pourquoi tant d’alcool, finalement ? Kanna a eu une sale journée. Voilà. Ça arrive même aux meilleurs. Alors elle se plante là, elle s’assoit, elle prend son verre et elle le descend en une seule fois. La chaleur descend dans sa gorge, accompagnée de ce goût très fort qui lui retourne les tripes. Mais elle tient bon. Ce n’est qu’un peu d’alcool, ça ne peut pas lui faire de mal. La grimace sur son visage s’estompe jusqu’à totalement disparaître. Le tenancier lève le nez et la fixe. Elle en redemande. Une soirée d’alcool et de débauche … Jusqu’à ce que ses pensées disparaissent, noyées sous la puissance de l’ivresse.

À la taverne, il y a
Un chat
Et une humaine ♪


Mais Kanna, Kanna, Kanna, est trop occupée … Et Kanna, Kanna, Kanna, ne l’a pas vue. ♪

Spoiler:
 


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Mer 29 Mai 2019 - 15:27
Encore.

Reprendre le même quotidien fade et insipide mais après tout quel importance? Rien ne comptait dans un endroit pareil, ni les opinions politiques, ni le passé et encore moins le futur se limitant pour une majorité à un lendemain et une promesse de souvenirs douloureux et fantasques de la veille. Ici, qu'importe les origines sociales et le grade, la seule chose qui comptait c'était la Soif. La grande Soif ravageant chaque être humain à un moment donné, celle qui donne le tournis et la tête tournante. Celle qui délie les langues, fait naître des amitiés éphémères, des relations cordiales entre deux paroles. Celle qui augmente les décibels et change le ton de la voix, celle qui envoie valdinguer les plus téméraires dans un cycle infernal condamnant les malheureux à ne jamais s'arrêter comme si, comme si la vie en dépendait alors qu'au contraire ironiquement la grande Soif ne faisait que bien souvent la raccourcir. Mais cela importait peu ici, l'auberge, la taverne qu'importe le nom et l'endroit. Les objectifs étaient bien souvent les mêmes, des réunions d'après travail, des plans à élaborer parmi les ombres et le brouhaha incessant. Ou simplement, simplement tenter de draguer la première créature qu'on trouvait à son goût en espérant que celle ci soit dans le même état sous crainte de se manger un refus bien trop souvent trop cru pour les nerfs alcoolisés. Et pourtant ce Temple de la perdition, dans cet endroit parfois peu fréquentable et bien louche pour les jeunes éphèbes sortant des bancs de l'académie, dans cet endroit il y a une hiérarchie.

Ce ne sont pas les habitués qui trônent en haut, ce ne sont pas d'ailleurs ceux qui dépensent le plus. Les maîtres à penser de la boisson, les véritables assoiffées ne cherchent jamais par habitude à boire, ou à compenser quelque chose. Ce n'est pas un principe de boire, ce n'est qu'un choix entraînant une multitude de conséquences, échapper à la réalité en buvant ne dure jamais bien longtemps. Mais suffisamment pour que la majorité des poivrots, des ivrognes et des badauds reviennent le lendemain, dans l'espoir que la cuite sera moins violente que celle précédente. Les êtres silencieux, ceux qui finissent verre sur verre, bouteille après bouteille sont bien souvent les plus dangereux. Ils ne racontent rien, ne laissant guère transparaître émotion sur le visage, ils ne font qu'ingurgiter avec indifférence les différentes saveurs que le propriétaire dispose sur le comptoir. Ils ne font qu'ignorer ce micro-système, cet univers particulier. Ils sont à la fois dedans et en dehors, comme un certain chat. Ici et ailleurs, sans totalement être fixés, car si le corps est présent l'esprit lui peu vagabonder. L'errante elle ne vagabonde pas, elle se contente de lever sa gueule, d'entre-ouvrir le masque vers le plafond ancien et décrépit, et d'y jeter le contenu du sixième shot de sa soirée. Elle n'est pas la depuis longtemps, mais déjà les effets ne sont que trop faibles à son goût. Lorsque Jun boit ce n'est pas pour s'endormir sur le pavé et ne jamais se réveiller, elle ne contrôle que trop bien son corps à son goût. Lorsque l'errance rencontre la boisson, cette histoire la liant à déjà que trop de personnes, pour que ce soit un hasard.

Un trait de caractère? L’appellerait-elle l'assoiffée après autant de rencontres dans des endroits similaires? Elle en a cure, elle se contente de regarder devant elle en ignorant superbement les bruits, le brouhaha incessant et les départs, les arrivés. On peut se perdre à observer la faune, et ses différents aspects et état. Jun connait le sien et ce qui l'anime, le temps passe plus vite lorsqu'il est altéré et à défaut de le maîtriser, la boisson est un superbe subterfuge. L'ivresse qui change la vision, altère les émotions et la pensée. L'ivresse ce démon de compagnie, le saké ou l'alcool plus fort qu'importe. Machinalement son bras se lève, commande encore et encore. Que fait-on à la taverne?

On boit?

On boit. Et un chat est-ce que ça boit?

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Dim 2 Juin 2019 - 18:55

On boit ? On boit.


Une main se lève sur le côté, perce la bulle dans laquelle la chatte erre. Kanna tourne la tête. Une femme. Une odeur étrange émane d’elle, suffisamment pour attirer toute son attention et faire disparaître l’alcool. L’espace d’un instant, le temps se fige, les prunelles s’immobilisent sur l’inconnue. Des prunelles rouges et un air bien abîmé. Il y a un certain charisme qui l’entoure, qui l’auréole avec une puissance peut-être un peu trop forte. Ou peut-être est-ce l’alcool qui lui monte déjà à la tête ? Kanna prend un nouveau verre, qu’elle vide en une fois, puis elle se lève, descend de son tabouret et grimpe sur un autre, à proximité de la jeune femme.

« La même chose ! », commande-t-elle de sa voix cristalline.

Semblable à un carillon, la manifestation cesse aussi vite qu’elle a commencé. Les aigues-marines se déposent sur l’inconnue, la détaillent, puis repartent. Le verre arrive. L’odeur capiteuse heurte son odorat plus fort que jamais : ce n’est pas du saké. C’est encore au-dessus. Ou en-dessous, Kanna ne sait pas. Mais elle prend le verre et le boit en une fois. Ça monte, ça monte. Ça tourne, aussi. Un peu. Et c’est chaud. Sa peau brûle, elle le sent. C’est étrange comme sensation. L’ivresse, peut-être ? Ça, ou autre chose. Comment le déterminer ? Comment savoir à quoi ressemble l’univers sous un filtre d’alcool, quand on ne boit jamais rien d’autre que du lait ? Kanna penche la tête et sourit à l’inconnue. Ouaip, y a un terrible charisme qui en émane. C’est perturbant.

« Y a quoi, aprrrès l’ivrrresse ? »

C’est vrai, ça. Son état est déjà probablement à ce point, mais qu’est-ce qui vient après ? Qu’est-ce qu’on ressent quand on a trop bu ? Être un peu bien, puis un peu moins bien, puis plus bien du tout, puis mort ? Quelque chose comme ça ? Kanna regarde le verre, puis la femme balafrée. C’est un sacré phénomène, à vrai dire. Elle a l’air d’avoir vécu plus de choses que la minette, avec son air tout plein de cicatrices. Qu’est-ce qui a pu la mener à être dans un état pareil ? Une bagarre colossale avec le plus grand méchant de tous les temps ? Bon dieu, ça doit être drôle … Surtout d’y survivre, en fait.

« T’as l’air d’êtrrre une sacrrrée guerrrièrrre … »

Kanna penche la tête, secouée par un spasme forcé par l’alcool. Un rire nerveux (nerveux ?) s’échappe de sa gorge, puis elle reprend un verre. Un de plus, un de moins, quand l’ivresse est si proche, qu’est-ce que ça change ? Qui sait, peut-être s’y trouve-t-elle déjà ?

« Kanna. »

Juste un nom, glissé comme ça, à l’intention de la femme balafrée. Rien ne les rapproche, au contraire, tout semble les opposer, pourtant, la chatte ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y a un point autour duquel elles peuvent graviter toutes les deux. Un peu plus d’alcool ?

Allez, un peu plus d’alcool. Kanna boit encore et sombre toujours un peu plus, patte après patte, dans la douce folie de l’ivresse.


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Mer 5 Juin 2019 - 14:49
-Après l'ivresse c'est le grand vide. La perdition et souvent pour les moins endurants, le black out total.

Pendant sa tirade, jamais les rubis n'avaient daignés se poser sur la figure féminine qui venait s'installer à ses côtés. Son masque, son visage et le regard vide et absent ne rentrant qu'à moitié dans l'univers qui tournait, la foule gravitant et vivant. Le verre s'approcha de sa gueule, le masque s'ouvrant pour y laisser entrer les saveurs et la liqueur dont l'effet fut presque immédiat, les entrailles et la gorge montant en degrés symbolisant une montée d'adrénaline nouvelle. Chacun avait sa propre réaction à l'alcool, certains devenaient moroses, d'autres des commères s'inquiétant de la vie de tout à chacun, pour l'oublier dans la soirée et comme des poissons rouges recommencer ce cycle à chaque nouvelle intrusion dans les différents niveaux d'alcoolémie. L'ivresse n'était pas un seul stade, plus le foi endurait les verres, plus l'on découvrait sa propre résistance, le vomis n'était pas une option pour les plus aguerris car les différences de liqueurs, ne devenaient que plus rare à apprécier. Jun n'était pas de ceux qui sirotaient du vin en complimentant son origine, doucement en trempant les lèvres et en refaisant le monde. Pas plus qu'elle n'appartenait aux déchets trouvant dans des piteux mélanges, de quoi s'envoyer en l'air et s'exploser le crane. La boisson, la grande Soif n'était qu'une épreuve de plus et comme toutes celles de sa vie elle faisait face sans trembler en assumant les conséquences de chacun de ses actes.

-Tu roules les r parce que t'es éméchée ou t'es juste chelou?

Et tournant légèrement la tête, ses iris rouge sang se posèrent sur la figure qui contrastait avec sa propre carcasse. Kanna, car c'était ainsi que s'était présentée l'inconnue, semblait transpirer la joie de vivre et le bonheur et ça, ça faisait vomir Jun. Fort heureusement dans un contexte comme celui ci, visiblement l'autre semblait d'avantage rechercher les effluves du comptoir que de répandre une drôle de vision de la vie. La conversation, elle l'avait engagée avec un compliment. D'habitude ceux qui complimentaient la masquée, car elle n'en faisait jamais, voulaient partager son lit histoire d'un soir. Mais, était-ce sincère cette fois ci? Les apparences étaient trompeuses, l'habit ne faisait pas le moine et autre adages vieux comme le monde. Une sacré guerrière? Qu'était-ce que la définition du parangon des guerriers, le paroxysme et le point culminant d'un shinobi née pour vaincre l'autre et plier sous son joug des nations entière. Et en toute logique, cette femme en était aussi une. Alors, alors qui était des deux le guerrier le plus reconnu par ses pairs et apte à porter ce titre. Car être un vétéran n'était pas toujours positif, ce titre signifiant parfois avec un passé, pas non plus forcément victorieux, le point ou le guerrier doit se retirer ses capacités étant devenus d'avantages de handicaps qu'autre chose.

-Les sacrés guerriers ne sont-ils pas ceux qui n'ont pas de traces physiques des combats qu'ils ont menés?

Elle se tourne d'avantage, allumant une cigarette et mettant le cône de tabac dans la fente de son masque, tirant dessus son visage derrière le nuage de fumée. Une main se lève, un rapide mouvement des doigts et une nouvelle tournée qui s'engage. Car c'est un marathon, et comme souvent dans la vie c'est l'endurance que prône l'errante qui sera sa plus grande alliée. Car son interlocutrice ne compte visiblement pas s'arrêter, et hors de question de perdre face à quelqu'un qui appuie autant sur une lettre de l'alphabet que ça. Le corps s'endurcie, l'esprit s'aère c'est surement ça les premiers effets notables de l'alcool. Une sensation de légèreté alors qu'il n'en est rien bien au contraire. Fixant Kanna de ses soleils incandescents, sondant et l'observant de haut en bas.

-Jun. T'as l'air d'être une sacré... novice dans ce domaine. Je me trompe?

Et comme pour lui apprendre, pour l'initier aux rites et coutumes de cet endroit, de ces lieux qui se ressemblent tous autant dont la décoration est changeante selon l'humeur et les moyens du propriétaire. Il n'y a qu'une seule règle, boire encore et toujours jusqu'à ce que son adversaire ou son propre corps sente la limite. Une fois la limite connue, on la dépasse car c'est pour ça que sont les limites. Pour être dépassés et transgresser, comme les lois stupides régissant le monde et les piètres villages.

-La seule question, c'est pourras-tu suivre le rythme?

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Lun 10 Juin 2019 - 2:46

On boit ? On boit.


Lequel des deux est le plus animal ? Lequel des deux répond le plus à cet instinct surpuissant, qui lui dit d’aller au bout des choses, sans jamais réfléchir ? Kanna l’observe avec une attention toute particulière. Cette femme est mi-femme, mi-carcasse. Son corps transpire la guerre, les blessures, elle sent le sang à lui en faire tourner la tête. Mais elle est là, sauvage, vivante, à boire son verre comme on boirait de l’eau. Elle s’y connaît bien, apparemment. Après l’ivresse, il y a le vide. Parfois même le black-out. La disparition de la mémoire. Kanna arque un sourcil. Ça n’a pas l’air drôle, comme expérience. Certains vont-ils vraiment jusqu’à tout oublier ? Et pourquoi ? Pour se rassurer ? Se sentir mieux ? L’alcool n’est pas juste un breuvage consommé pour son goût ? Elle y repense un instant et … Hum, non. Le goût n’est sûrement pas l’attrait premier de l’alcool, l’odeur non plus d’ailleurs. Alors, l’ivresse est-elle la seule échappatoire existante ?

Un sourire étire les lèvres de l’hybride. Éméchée ? Non, certainement pas. Ça ne justifierait pas un accent, ou peut-être. Mais ça n’explique pas le sien. Elle hausse doucement les épaules. Premier contact visuel. Les saphirs contre les rubis. L’immense océan contre les flammes brûlantes de la jeune femme. Une chaleur qui émane d’elle jusque de ses prunelles. Incroyable. Kanna la laisse reprendre. Selon elle, les guerriers sont ceux qui échappent aux stigmates, ceux qui parviennent à rester purs de toutes ces batailles. La féline n’est pas d’accord, à vrai dire. Au contraire, d’ailleurs.

Mais Jun est une femme de grande prestance et un vétéran dans bien des domaines, apparemment. La bagarre et l’alcool. Classe ou déchéance, nul ne le sait : le principal étant de vivre avec, bien dans ses chaussures. Kanna hoche doucement la tête. Novice, c’est un euphémisme. La blanche n’a jamais bu jusque-là, et la chaleur de l’alcool caresse déjà son esprit. C’est étrange. Enivrant, mais perturbant. Kanna maintient son regard sur la créature aux yeux rouges, les narines piquées par cette odeur immonde de cigarette. Tous les vices représentés par une seule femme … Jusqu’à quel point ? Kanna commande un nouveau verre. Elle n’a pas peur de la défier, en tout cas. Jusqu’à en rouler par terre.

« Je suis une hybrrride chat. C’est pour ça que je roule cerrrtains R. »

Sourire malicieux, aux bords du charme. Jouer, un peu plus, toujours un peu plus. Elle prend le verre et le descend d’un seul trait. L’alcool grimpe rapidement jusqu’à son encéphale, pour le traumatiser un peu, en même temps qu’il brûle sa gorge. Ce breuvage n’est définitivement pas fait pour son goût, bien que ce ne soit pas si terrible.

« Les meilleurrrs guerrriers sont ceux qui parrrviennent à se relever quel que soit l’obstacle. Tes stigmates sont des prrreuves de ta forrrce, ne laisse jamais perrrsonne te dirrre l’inverrrse, Jun. »

Kanna regarde son verre vide, puis la jeune femme, puis le verre. Pourra-t-elle suivre le rythme, alors qu’elle a déjà l’impression de quitter ce monde ? L’alcool est impitoyable, l’hybride s’en rend compte peu à peu.

« Suivrrre le rythme, je ne sais pas … Mais je peux essayer. »

La blanche commande un autre verre. Même si quelque chose a l’air infaisable, terrifiant ou difficile, rien n’empêche les plus courageux de s’y frotter. C’est comme ça qu’on joue, après tout, non ?

« Tu bois jusqu’au black-out ? Qu’est-ce qui te pousse à venir ici ? »

Et ce n’est pas parce qu’on boit qu’on en oublie les bonnes manières. Venir ici, c’est échanger. Un verre, deux verres, dix verres, peu importe. On parle, on parle, et puis … On verra demain si on s’en souvient.


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Lun 17 Juin 2019 - 15:54
-Les stigmates ne sont là que pour me rappeler, qu'à chaque fois que mon corps fut marqué, la mort n'était jamais très loin. La véritable force, ce n'est pas de couvrir son corps de cicatrices, de se mutiler volontairement. Je ne me suis toujours pas relevé des épreuves du passé, parfois, oui parfois j'envie presque les naïfs et ceux plaçant avant eux, l'autre. Les plus forts sont ceux qui écrivent l'histoire, pas nécessairement ceux se battant en première ligne, la force n'est pas quantifiable et n'est pas une définition universel.

Et un relent de colère, passe sur son visage, disparaissant dans ses iris rubis fixant au delà de la vision pathétique que lui offrait le bar. Empoignant son verre, avec une violence maîtrisé descendant dans les entrailles d'une carcasse ne se muant que par instinct, la liqueur pas vraiment mérité. Alpaguant le tenancier, d'un ton sec et froid, commandant une bouteille et puis en regardant sa camarade de boisson, un léger sourire mauvais derrière le masque. Un deuxième doigt pour une deuxième bouteille, une ultime farce pour voir l'endurance et le débit que pouvait provoquer cette rencontre relativement original. Ce village abritait donc bien des cas, une hybride chat? En d'autre termes, et dans des contextes différents et surement avec une personnalité différente sans doute l'errante aurait-elle pressée son interlocutrice de montrer patte blanche, preuve de ce qu'elle avançait mais plus rien ne surprenait vraiment la masquée. Parlait-elle donc avec un animal ou un être humain, et de toute manière quel différence finalement? C'était peut être mieux ainsi, peut-être que cette fois elle pouvait tomber sur quelqu'un la comprenant réellement. Peut-être que ce chat sous apparence relativement enjolivée pouvait lui aussi dévoiler son instinct animal, composant avec cette double nature, cela devait être toute une vie. Haussant les épaules, écrasant d'un doigt le mégot contre le bois sans prendre aucune forme de soin, ni montrer quelconque remords. Se retournant plus pour contempler le chat jouer à l'humain. Ou l'humain jouant au chat, ça marchait dans les deux sens après tout.

-Et toi, et toi qui emprunte une apparence animalière, puis te retrouve sous les traits d'un Homme. Toi peut-être mieux que quiconque, même mieux que moi, comment composes-tu avec des instincts primitifs, sauvages et pour la plupart des autre, un stigmate régressif symbole de l'animal que l'humain était autrefois. Toi qui ne porte aucun stigmate apparent, as-tu toujours vécue entre deux mondes? N'as-tu jamais du choisir l'un ou l'autre?

Attrapant la bouteille d'une main, trinquant sur celle qu'elle avait offerte à Kanna. Reculant sur le tabouret, ce qui poussait à boire jusqu'à plus soif? La question, intéressante au possible ne trouverait, hélas pas de réponses. Il n'y avait rien à faire d'autre, le village imposait des règles auxquels ne pouvait se plier l'errance incarnée. Les vices dans un corps, ne pouvaient éperdument pas devenir du jour au lendemain l'incarnation même de la régularité et du patriotisme. Néanmoins ce village, finalement n'était pas si mauvais. Plus que le cadre, les personnes qu'elle rencontrait changeait progressivement sa vision des choses, sans évoluer car c'est que redoutait Jun, elle écoutait tout à chacun et composait son propre avis sur la question. Mais faire une introspection d'elle même, un bilan, non cela lui était impossible. Jun fuyait en avant, ne voulant jamais regarder en arrière et par la même occasion faire un point sur sa propre situation. Peut-être était ce, ce comportement singulier qui finalement poussait la jeune femme à vivre ainsi. Entre ermite et animal, entre rejet de la société et s'abandonner dans ses vices les plus purs. Complexe, c'était la vie d'une carcasse, d'un corps n'ayant jamais connu autre chose que le béton et les voyages, que la débrouillardise et le fait de ne jamais se reposer. Jamais faire confiance à l'autre, les sentiments empoisonnants l'esprit et les décisions. Un regard sombre mais juste sur son temps et son époque. Elle posa brutalement la bouteille, l'alcool dégoulinant légèrement de son masque.

-La réponse serait trop longue pour ce soir, et je n'ai pas vraiment une vision globale de ma situation. Disons juste, disons juste qu'il faut mieux parfois noyer son caractère dans l'alcool, que d'affronter la réalité de ce monde. Un comportement de lâche, fuir l'horizon, oublier avec un mal de crane ce qui t'entoure, pour ne te concentrer que sur ton verre et tes souvenirs brumeux de la veille.

A moitié vrai, à moitié faux.

Double face comme ce qu'elle cachait sous le masque.

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Mer 19 Juin 2019 - 1:51

On boit ? On boit.


L’alcool empoisonne son organisme plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Le poison n’a pas forcément un goût exceptionnel, mais ce n’est pas non plus horrible. Kanna essaye de comprendre. Toutes ces choses lui échappent, ses excursions ne lui ont pas permis d’apprendre la différence réelle entre la sobriété et l’ébriété. Voilà qu’elle plonge les quatre pattes dedans, au fur et à mesure. La brume devient de plus en plus épaisse et elle a du mal à comprendre ce que lui raconte l’humaine. La force n’est pas quantifiable, ni une définition universelle. Chacun la voit comme il veut. C’est vrai, ça. Vraiment vrai. Kanna boit un verre.

Mais les cicatrices sur son corps sont cool, quand même. On voit que c’est une guerrière. Même si elles lui rappellent un passé difficile, c’est tout de même ces traces qui lui donneront une raison d’avancer. Enfin, c’est comme ça que Kanna le voit. Le passé, c’est le passé, mais quand il est aussi visible, on fait en sorte de ne jamais le réitérer. Ou quelque chose comme ça.

L’humaine commande une bouteille, passant aux choses sérieuse. Elle en offre une à Kanna, qui ouvre des yeux ronds comme des billes. C’est compliqué, ça, quand même. Une bouteille entière ? Malgré la brume qui pèse sur ses paupières ? Oof. La chatte l’attrape doucement. Bah ! Ce sera à elle. C’est son cadeau. Plus ou moins. Quelque chose comme ça. Et ça devient vraiment difficile de comprendre ce qui se passe.

D’un seul coup, les yeux rubis la lacèrent, se fixent sur elle avec une violence inouïe. Le flot de paroles recommence, assène des coups sur la tête de Kanna. Comment fait le chat, pour vivre entre humanité et instinct primitif ? Comment vivre entre ces deux mondes qui n’ont pas l’air de pouvoir se mêler l’un à l’autre ? Faut-il réellement choisir ? Ohlala. L’hybride sourit, béate. Elle ne sait pas pourquoi mais, d’un coup, elle sourit. Ses lèvres s’étirent en cette mimique particulière, alors qu’elle ne peut pas la contrôler. C’est rigolo.

Surtout que l’autre, en face, continue de boire comme un trou. Elle ne répond pas à sa question, d’ailleurs. Elle se contente de rester évasive. Parfois, l’alcool c’est mieux, apparemment ça permet de noyer le poisson, euh, non, le caractère. Même si, le poisson, c’est super bon. Bref. Donc ça noie le caractère et ça permet d’aller de l’avant. Alors, l’alcool c’est pour ceux qui n’assument pas ? Pas beau, ça. Kanna attrape la bouteille et boit. Ou alors c’est pour oublier demain ? Elle n’a pas compris. Mais le breuvage est dégueulasse. Elle tire la langue.

« Berrrk. »

Le goulot revient jusqu’à ses lèvres et Kanna recommence. Peut-être que la première fois, c’est pas bon, mais qu’on s’y habitue puis ça va mieux. Peut-être. Ou pas. Non, franchement, c’est dégueulasse. La minette grimace un peu, puis c’est à son tour de parler. Paraît que ça marche comme ça.

« J’ai vécu bien des choses, va. Un long voyage pour arrriver jusqu’ici. Ça m’a perrrmis de rencontrrrer des gens cool. J’ai aussi vu des trrrucs frrranchement moches. Mais il faut de tout pour fairrre le Yûkan, alorrrs pas de discrrrimi … Discrrrimination. Sinon c’est méchant. Je me contente de vivrrre comme tout le monde. Je suis pas bien différrrente de toi, j’ai juste des instincts plus forrrts. Ça n’fait pas d’moi quelqu’un de bizarrre. Je vais avoir tendance à plus me battrrre, à êtrrre plus fièrrre … Et avoir l’instinct d’meute. Ce genrrre de choses. »

Kanna boit encore un coup, puis pose la bouteille. Elle ne peut plus. C’est trop pour elle. Pour son gosier, son foie, son esprit. C’est trop, vraiment trop. Alors elle décide de ne plus boire, pour ne pas offrir une galette en live à tous ces gens qui ont l’air de bien tenir l’alcool. L’ascension jusqu’à l’ivresse est une sensation étrange. L’hybride ne sait pas si elle aime.

« Tu aimes êtrrre lâche, Jun ? »

Elle arque un sourcil, pas sûre de savoir si la question est la bonne. Mais elle s’en fout. Y a au moins ça de bien, avec l’alcool : Kanna n’en a rien à battre. Elle pose les questions. Elle demande. C’est tout.


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Kitten Kanna:
 
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Lun 8 Juil 2019 - 13:49
-J'aime la vie même si je passe mon temps à la détruire. J'aime rester en vie un lendemain de plus, même si je peux disparaître à tout moment. J'aime respirer même si je fume à ne plus savoir quoi en faire, j'aime tout et son contraire Kanna mais plus que tout j'aime pouvoir me dire que la lâcheté permet de vivre des lendemains nouveaux. Un jour je partirai d'ici, et le village lâchera surement des traqueurs à mon derche, la lâcheté ce n'est pas seulement péjoratif tu disais que les grands guerriers restent en vie, les lâches ne sont-ils pas les vainqueurs ultimes? Se contentant d'esquiver les ennuis et de rester hors d'atteinte. Il faut de tout pour faire un monde?

Elle explose de rire, la première fois que ça lui arrive, et descend un autre verre tandis que ses rouges se teintent d'une couleur rouge, le regard devient légèrement brumeux mais elle en a que faire. L'autre abandonne, Jun non, dans sa nature, dans ses veines coule une détermination presque morbide à aller au bout des choses, une fois qu'elle se fixe une idée en tête impossible de lui ôter de l'esprit. Jusqu'au boutisme mais qu'importe si cela doit lui porter préjudice, ce chat à l'apparence humaine la distrait une soirée de sa triste réalité. Qu'importe si l'avenir est sombre, et si cette rencontre est unique, pas plus qu'elle ne peut la qualifier de camarade ou d'ami. Kanna est ce qu'elle est, une déduction simpliste mais réaliste, un franc parlé et de quoi vexer bien des hommes, mais pas l'errante qui a depuis longtemps ravaler son amour propre et la pudeur pour s'adonner corps et âme au vice et aux moyens de corrompre son âme. La sagesse, l'apaisement ne gagne jamais son corps ni son esprit depuis longtemps. Les différences ne sont pas seulement physiques, et tandis que l'alcool change la vision et délie les langues le fond lui reste le même. Une rancune, une amertume qui ne peut la quitter malgré elle une sensation désagréable la poussant à se noyer dans les parfums, dans les arômes parfois secs et brutaux des boissons qu'elle avale sans sourciller.

-Tu ne bois plus? Une limite c'est fait pour être repoussée Kanna. Tu ne peux déjà plus suivre le rythme, certains te diraient que c'est bien cela prouve que ton corps n'est pas habitué à boire autant de litres. Le mien, est à l'instar des cicatrices se montrant sur mon corps, brisés mais pas anéanti, en piteux état mais avec encore de la réserve pour toujours plus se mutiler, l'instinct de meute je ne l'ai jamais eu et je ne crois pas que je l'aurai un jour. Seule j'ai survécu, seule je vivrai. Mieux vaut être seul que d'être mal accompagné, si tu t'es trouvée des compagnons et au vu de ton discours je suppose que je ne peux que te féliciter mais méfie toi petit chat, certains n'auraient d'intérêts que d'endormir ta confiance et de te tordre le cou au dernier moment. Je l'ai fait, et je le referai si l'occasion se présente, les missions, les contrats que j'ai fait, gagner la confiance et endormir la cible pour la faire disparaître dans un moment de faiblesse. Ce monde n'est pas jolie, vivre ou mourir, s'incliner ou dominer.

Et soudain son regard devient froid, elle fixe droit devant elle à travers la bâtisse, à travers ce village, et sa main manque d'éclater la bouteille et de faire couler le liquide carmin coulant dans ses veines. S'incliner, devant personne jamais de son plein gré plutôt mourir que de devenir redevable ou de bosser pour quelqu'un. La confiance, qu'elle ne possède pas l'empêche d'apercevoir ce monde à travers des filtres plus sympathiques, comme si on ne lui avait donnée que la moitié d'une humanité. Sans famille, sans proches, juste elle et sa détresse criante parfois, juste elle et ses démons et chaque nuit ils sont de plus en plus nombreux, alors pour ne pas les voir elle boit le contenant restant de la bouteille se lève en tentant de cacher ce titubant caractéristique. Puis de regarder de ses rubis la figure féminine de son interlocutrice, une sorte de mélancolie lancinante dans son regard.

-Et toi, es-tu heureuse Kanna de vivre ainsi?

Un séjour au toilettes ne lui ferait pas de mal aussi. Mais comme toujours, la fierté prend le dessus ne pas partir avant l'autre. Forcer le respect, ou dominer l'autre, cette femme n'échappe pas à cette règle même si... Même si son visage se fait étonnement plus cordial avec ce chat jouant avec elle.

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Lun 15 Juil 2019 - 16:44

On boit ? On boit.


Paradoxale. Kanna l'observe avec autant d'attention que possible, à travers le voile désagréable qui lui gâche la vue. C'est brumeux, c'est flou, comment font les gens pour apprécier cette sensation ? Elle ne se sent déjà plus maîtresse de ses actes et, pourtant, elle n'a pas beaucoup bu. Tout lui paraît plus complexe, il lui faut plus de temps pour que les informations ne parviennent à son cerveau. L'alcool, ce n'est pas drôle, définitivement pas.

Les yeux plissés, l'immaculée ne lâche pas d'une semelle la jeune femme bestiale qui se trouve à ses côtés. Elle revient sur les mêmes mots, la même impression, toujours : cette femme est un paradoxe. Son amour des choses est contradictoire, sa perception des choses également. Ce n'est rien de grave, mais c'est tout de même étonnant. Le chat a bien trop d'ego pour accepter de vivre comme un lâche. Alors, elle la regarde, elle hoche la tête, elle tente de comprendre. Vivrait-elle réellement, s'il fallait se cacher en permanence? Laisser les autres derrière? Porter le poids de leur disparition? Kanna secoue la tête, dans un mouvement qui fait remuer tout l'alcool qui empoisonne son corps. Il faut probablement de tout pour faire un monde, mais l'hybride n'accepterait jamais de mener une existence comme celle de la blonde, quitte à en mourir. L'honneur, le courage, deux valeurs qu'elle ne laissera jamais tomber.

La femme, presque aussi hybride que Kanna, explose de rire brusquement. Un rire franc, ou nerveux, quelque chose comme ça. Difficile de comprendre quelle comédie se joue sous ses yeux, quand elle comprend à peine ce qu'on lui dit. La métamorphe se contente de la regarder. L'autre boit, encore et encore, probablement jusqu'à ce que son corps lâche prise. Une noyade volontaire, un plongeon dans un univers nappé d'une brume salvatrice pour certains, mortelle pour d'autres. Kanna regarde son verre, posé au loin. Mortelle pour elle.

Un sourire amusé étire les lèvres de l'immaculée. Non, elle ne boit plus. L'autre femme, en tout cas, enchaîne les litres et se dévoile de plus en plus, sous le regard fatigué de l'hybride. Elle boit, elle boit encore, elle montre à Kanna ce qui peut être, en réalité, absolument terrifiant. Lâcheté, malhonnêteté, des vices de tous les jours qu'elle emploie pour survivre. Un univers cruel, méchant, qui ne laisse aucune chance et force l'Homme à devenir un être abject. Cette femme fait partie de ces êtres dégoûtants, que Kanna ne peut estimer. Mais elle peut aussi la comprendre. Qui sait ce qu'elle a vécu, finalement ? Qui peut réellement se targuer d'être comme elle ? Fièrement ou non ? Cette demoiselle a des valeurs. Pauvres, aux yeux de certains, mais des valeurs quand même. C'est honorable, en soi.

Quand les prunelles incarnates tombent dans l'océan, un sourire bienveillant étire les lèvres de l'immaculée. Est-elle heureuse, hein? Est-ce que sa vie lui a apporté ce qu'elle n'a pas su offrir à Jun? Haussement d'épaules.

▬ Je pense, oui. Il faut êtrrre heurrreux de ce qu'on a, Jun. Même si ce qui nous a mené jusque-là est affrrreux. Même si ce qu'on a vécu avant est un mauvais souvenir. Le futur n'attend que nous. À nous de choisir, quand tout commence, si on veut s'enfoncer dans un monde sombrrre, ou dans un monde de lumièrrre. Mais toi ...

Kanna s'approche, dépose une main sur celle de Jun.

▬ Tu as choisi les ténèbrrres, on dirrrait. Par choix ou par dépit, je ne sais pas. Mais tu y es. L'alcool ne te sauverrra que ce soir, peut-êtrrre demain, quand tu recommencerrras. Ne veux-tu pas, pourrrtant, êtrrre l'unique acteur de ta proprrre vie ? Tu attends d'êtrrre la dominante, non la dominée, mais ne l'es-tu pas déjà ? Au final, tu mets des bâtons dans tes prrroprrres roues. On se remet d'une trrrahison, on ne se remet jamais d'êtrrre complètement seule.

Son sourire s'étire davantage, comme un croissant de lune. Jun est belle, entre les lueurs sombres qui l'entourent et l'alcool qui vrille le cerveau de Kanna. La blanche s'approche, encore un peu, jusqu'à la prendre dans ses bras.

▬ Tu peux ne plus êtrrre seule, tu sais.

Le murmure se hisse dans le silence, parvient jusqu'à l'oreille de la blonde. Les lèvres de Kanna sont très proches, trop proches de la peau. La blanche laisse sa tête tomber contre son cou. Sans s'en rendre compte, elle s'imprègne de son odeur, laisse toutes les effluves se mêler en une seule. Entre l'alcool, la sueur, le dédain, le sang et la violence, voici Jun. Là. Dans ses bras. Offerte. Probablement bourrée comme un coing. Ou peut-être qu'il s'agit simplement de Kanna, qui ne discerne plus bien la réalité des choses. Elle recule doucement, les prunelles azurées se heurtant directement aux flammes brûlant dans les iris de la blonde. L'étreinte est terminée, l'hybride a complètement relâché sa prise. L'alcool l'enivre toujours un peu. C'est bizarre, mais pas désagréable.

La malice disparaît de son visage. Elle pourrait ne plus être seule. Ce serait temporaire, peut-être. Sûrement. Mais Kanna s'en fout. Où va le temps, quand on a perdu sa notion ? L'éthanol lui brûle les neurones. Si ce n'est que pour ce soir, alors ce ne sera que pour ce soir. Tant pis. Mais ce sera déjà ça de pris.


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Kitten Kanna:
 
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