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Orage d'été — ft. Aditya


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Sam 1 Juin 2019 - 15:00

Un plafond blanc, immaculé, dont la seule dissonance résidait dans un abat-jour bleu couvrant une lumière morte depuis longtemps. Voilà ce qui s'offrit aux yeux de Sabaru, lors de son réveil, dans cette pièce qu'il ne connaissait pas plongée dans l'obscurité. Son esprit s'égarait à mesure qu'il cherchait à comprendre, tandis que son coeur battait la chamade. Il avait été réveillé en sursaut par l'étrange tension qui s'était mise à s'accumuler en lui, qu'il ne s'expliquait pas.

Combien de temps ? Il ne le savait pas. Aussi loin que sa mémoire remontait, il faisait face à un démon monumental, et se sentait dériver vers l'inconscience. S'il était encore en vie, est-ce que cela signifiait que Kiri avait vaincu ? Était-il un rescapé du tir, fait prisonnier par ceux ayant amené la bête à leurs portes ? Peut-être rêvait-il, couché face à l'assaut de la créature qui s'apprêtait à réduire en poussière la cité militaire dans un ultime élan de vengeance ?..

Une douleur aiguë à la poitrine le saisit soudainement, lui tirant un gémissement de douleur. Sa dextre se referma avec force sur le drap qui le couvrait, ainsi que sur la blouse dont on l'avait affublé — et qu'il n'avait même pas remarquée jusque là — au niveau de son coeur, avant de tout arracher d'un geste rageur. Les boutons de l'habit sautèrent, et une bonne partie du tissus fut déchiré, dénudant toute son épaule gauche. Ce qu'il y vit, à défaut de donner un nom à l'étrange affliction qui pesait sur son coeur, le laissa pantois.

Ses marques s'étaient toutes évaporées. Les sceaux qu'il s'était constitués quelques semaines plus tôt avaient laissé place à sa chair, dénudée. Les seuls stigmates qui perduraient étaient ses cicatrices. Sa main courut le long de son bras, comme s'il cherchait à y éveiller les tatouages d'ébène qui lui avaient permis de combattre la queue du démon. Mais rien n'y fit. Il se sentit soudainement vide, privé de ses chaînes.

Ces chaînes qui l'avaient autrefois retenu, et dont il s'était fait une arme, l'avaient quitté. Comme un prisonnier souffrant du syndrome de Stockholm, il ressentit une pointe de mélancolie à l'idée d'être enfin libéré. Les questions se bousculaient dans la tête du déchaîné — et cette fois, au sens propre du terme —, dorénavant assis sur son lit d'hôpital. Qu'allait-il devenir ? Avait-il réellement été défait de ses liens, ou avait-il juste besoin de s'y attacher à nouveau ? Dans le cas contraire, pourrait-il continuer sur la voie du shinobi ?

Et l'instabilité qui s'était installée dans sa tête sembla résonner avec celle qui régnait, à son insu, dans son chakra — et qui expliquait la vive douleur au coeur, l'un des tenketsus majeurs du corps humain, tant et si bien qu'il était qualifié de porte de la Mort par les plus érudits. La tension accumulée dans son corps, qui l'avait tiré de son sommeil réparateur, prit une ampleur tout autre. La sensation lui sembla brusquement familière.

C'était celle qu'il ressentait lorsqu'il convertissait son énergie en foudre, juste avant de la libérer. Il n'eût pas le temps d'essayer de réprimer la « conversion » du chakra.

La pièce, autrefois plongée dans l'obscurité, s'illumina tout entière. Le craquement du tonnerre se répercuta sur les quatre murs de la pièce, et l'homme qui y siégeait jusque là en était l'épicentre. Toute sa silhouette s'était mise à rayonner et à libérer des arcs électriques, qui léchaient les objets métalliques dans son entourage direct. La brusque douleur — ainsi que la surprise — qu'avait causé cet étrange phénomène arracha un hurlement au Nō.

C'est ainsi que répondit le corps de Sabaru à la Résonance. Plongé dans un profond sommeil et en cruel manque de chakra, il n'avait pas été directement affecté par le changement; néanmoins, il s'était opéré, et la tension s'était accumulée en lui à mesure qu'il récupérait ses forces.

Il venait d'atteindre le seuil critique, qui lui révéla enfin ce qu'il était devenu, au plus profond de lui: l'incarnation de l'Orage.




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Dernière édition par Nō Sabaru le Lun 3 Juin 2019 - 16:51, édité 1 fois
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Lun 3 Juin 2019 - 16:12
Orage d’été

ft. Nō Sabaru


Été 203, Hôpital général, village de Kiri.

La main portée à son front, Aditya fixait d’un regard perdu la lettre entre ses mains tandis qu’une lancinante douleur frappait son crâne. Depuis la chute du Dieu de l’Eau, elle ne cessait de le harceler au même titre que son chakra ne lui faisait défaut. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au sein de l’hôpital général où il poursuivait son apprentissage de la médecine auprès d’Ōgai, ce phénomène était loin d’être un cas isolé. Bon nombre de leurs concitoyens, qu’ils soient ninjas ou simples civils, avaient été consumés par leur propre chakra. Certains s’en étaient même vus faire le cadeau, après des décennies et des générations où leurs familles en avaient été dépourvus ; à leur contraire, plusieurs des bons éléments que comptait la Brume dans ses rangs n’étaient plus capable de le ressentir, comme s’il avait quitté leur corps au profit d’un autre.

Et bien qu’il n’eût reçu aucune blessure de l’attaque de cette déité, Aditya n’échappait pas à la règle. Parfois, faire usage de son chakra devenait difficile comme s’il avait été renvoyé six mois en arrière à son arrivée à Kiri, où il était encore ignorant à ces arts et incapable de les formuler. Mais sachant que ses pairs qui s’étaient battus à ses côtés et qui n’avaient pas eu la même chance que lui étaient présent en ces lieux, que Sabaru et Reikan se reposaient dans l’une des chambres de l’hôpital, il n’aurait pu laisser cette confusion influencer son esprit. Alors lorsque ses pas le menèrent devant la salle de repos du déchainé, l’ascèse glissa la missive dans l’une de ses poches et frappa de deux coups afin d’annoncer sa présence.

Pendant un temps, le silence fut sa seule réponse – peut-être dormait-il encore. Mais à l’écoute, Aditya perçu un gémissement, bien que faible, avant qu’une lumière flamboyante ne perce les contours de la porte. Des crépitements se joignirent à la cacophonie des malades, alertant tous ses sens. Poussé par l’inquiétude, il s’engouffra dans la chambre sans plus de cérémonie.

Et ce qu’il y vit le laissa sans voix, l’espace d’un instant. La pièce toute entière était illuminée d’arcs électriques et d’impulsions foudroyantes, brisant chaque objet sur son passage. Les morceaux de métal tenant le matériel médical semblaient accueillir les éclairs, attirés en forme longiligne, directe. Quant à son épicentre… il s’agissait sans nul doute du corps de son ami, qui semblait en proie à une profusion de chakra qui dépassait ses attentes. S’il ne semblait pas en souffrir tout à coup, la surprise marquait ce qui restait des traits de son visage, lui aussi à moitié… transformé.

A grandes enjambées, Aditya se glissa à ses côtés et tenta de poser sa main sur son abdomen, là où se trouverait le centre de son système chakratique. Mais sa paume s’enfonça à travers son corps, comme si celui-ci n’existait plus de manière solide. Au lieu d’une peau laissée à nue, il ne put récolter que le toucher des draps attaqués par cette foudre instable. D’un coup d’œil, il comprit que Sabaru était tout aussi incapable de juger de la situation qu’il ne pouvait l’être. Sa dextre se déplaça sur chacun des membres de son corps afin de juger si certains d’entre eux étaient toujours tangibles, essuyant du même fait plusieurs coupures électriques ; mais il eut raison. Le déchainé ne semblait n’être que partiellement formé de foudre. Mais quelque chose lui criait que cela était loin de lui être inconnu. Et si, au même titre que les autres, le brun avait été victime de ce phénomène qui touchait toute la population de Kiri ? Et si son chakra s’était libéré d’une tout autre façon et devenait lui aussi instable ? Il savait par expérience que son comparse maniait le Raiton, avant le cataclysme qu’avait apporté le Dieu de l’Eau… et maintenant, il semblait à la merci de cette affinité qui l’avait aidé à combattre ce titan. Presque comme s’ils ne faisaient plus qu’un, que son corps s’y était assimilé.

Et soudain, l’évidence le frappa de plein fouet. Cette impression de déjà vu, elle lui était parvenue de son entraînement contre Hono, qui avait la singulière capacité de changer son corps en flamme et de l’utiliser comme bon lui semblait, de maintenir certaines parties de son corps tangibles tandis que d’autres se muaient en un brasier contrôlé. Etait-ce seulement la même chose qui frappait Sabaru, à cet instant précis ? Si tel était le cas… il ne lui suffirait que de rendre à son chakra sa stabilité originale, à la manière de cette technique de rupture d’illusion qu’il avait inculquée au déchaîné quelques semaines plus tôt. Incapable de se réguler par lui-même, son système devrait recevoir une piqûre de rappel.

Sa main se renferma sur l’un des bras de son comparse, tant pour attirer son attention que pour juger de la circulation de son flux dans ce membre précis. Au même titre que le reste de son corps, celui-ci était diffus, sauvage et incontrôlable, comme s’il s’apprêtait à exploser en arcs électriques à tout moment. Son regard azur se ficha dans celui de son vis-à-vis, l’air grave.

« Sabaru, je vais avoir besoin que tu contrôles ton flux. », sa main se déplaça légèrement au-dessus de là où devait se trouver son nombril, comme s’il lui indiquait la zone d’un geste bien senti. « Il faut que tu redevienne tangible. Le centre de ton système chakratique se trouve ici. Si on veut arrêter tout ça… il va falloir que j’y accède le plus vite possible avant que la situation n’empire. Tu m’as bien compris ? », demanda-t-il, l’air soucieux. Pouvait-il seulement l’entendre, dans un tel état ?




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Ven 7 Juin 2019 - 23:25

Il fallut plusieurs secondes à Sabaru pour se rendre compte qu'il n'était plus seul. Son visage, à moitié éthéré, s'était retourné vers Aditya, le moine blond. Il ne se demanda pas l'once d'une seconde pour quelle raison il était dans sa chambre, au vu de son état; il était bien trop soulagé d'avoir à portée de main quelqu'un de compétent.

Ses instructions firent écho à l'image que le Nō s'était faite de l'ascète. Malgré les éclairs qui quittaient régulièrement son corps, longeaient les murs en y gravant de sombres stigmates, le blond s'exprima avec un grand sang froid. Il s'était même risqué à attraper son bras encore humain. Face à l'être de chair et d'électricité, il semblait savoir ce qu'il faisait, requérant son aide afin de stabiliser son propre chakra. Sur le laps de temps qu'avait passé Sabaru dans l'inconscience, d'autres cas avaient dû se déclarer — du moins, c'est ce qu'il se dit alors.

Le chūnin baissa les yeux sur ses deux mains. S'il voulait réguler son flux chakratique, il aurait besoin de mudrās; le fait que sa dextre soit complètement éthérée et crépitante représentait donc un problème majeur. Il s'attela donc à la tâche de la rendre solide, d'une manière ou d'une autre. Levant sa paume face à son visage, il l'observa intensément, concentré. Sabaru inspira profondément une première fois, tout en vidant son esprit, comme il l'avait fait au temple d'Aditya dans le cadre de l'apprentissage de la technique de rupture. Cette fois, au lieu d'à peine ressentir le flux de son chakra, il le perçut nettement, en trop grande quantité, fluctuant sauvagement. Logique, puisqu'il était déjà converti en énergie électrique.

Ainsi, il demeura pendant de longues secondes figé, plongé dans l'observation de sa main de chakra. À mesure qu'il se focalisait sur la maîtrise de l'énergie revêche qui animait son membre, celui-ci semblait reprendre consistance, le chakra regagnant peu ou prou ses méridiens. Dès lors qu'elle redevint solide, il la joignit à sa senestre afin de former le mudrā du bélier, qui l'aiderait à progressivement reprendre le contrôle de son système chakratique tout entier, de sorte à le stabiliser et à permettre au moine resté à ses côtés d'apaiser son chakra qui semblait s'être retourné contre lui.

Plongé dans un mutisme imperturbable, Sabaru plia progressivement la foudre qui s'était éprise de son corps à sa volonté d'acier. À mesure qu'il regagnait ses esprits, son emprise sur l'élément se renforçait. Il était inacceptable qu'il ne soit consumé par son chakra. Le fluide vital était son instrument, et l'inverse n'avait jamais été envisageable. Comme un retour de flamme, il consumait l'électricité et la forçait à regagner son corps, avec la même ardeur que celle dont elle fit preuve lors de sa brusque insurrection.

Lorsque son tronc entier fut tangible, il lança un coup d'oeil au moine, sans piper mot pour ne pas rompre sa concentration. Le centre de son système chakratique était accessible. Il ne restait qu'à espérer qu'Aditya soit en mesure de l'aider. Le cas échéant, il devrait compter sur un tour de force pour mater l'élément fougueux par la force pure de sa volonté.


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Lun 10 Juin 2019 - 16:43
Un soupir exalté s’échappa des lèvres du blond lorsqu’il vit que petit à petit, le déchaîné pliait à sa volonté la foudre qui s’échappait de son corps – ou plutôt, qui le formait. Au fur et à mesure que ces secondes s’écoulaient, pourtant si précieuses, une peau nouvelle prenait place sous la paume d’Aditya, qui n’avait autrefois que pour seule compagne cette nature élémentaire éthérée. Tout ce qu’il lui restait à faire, c’est forcer son système chakratique à suivre le flot naturel qui lui était incombé. Et cela ne pouvait être réalisé que par un chakra contrôlé, au même titre que la rupture d’illusion qu’il lui avait inculqué quelques semaines plus tôt. Pour l’heure, seul l’ascèse pourrait lui permettre une telle prouesse, mais il lui faudrait apprendre à contrôler ces pulsions électriques au plus vite. Si ce phénomène est le même que ce qui a touché tous les autres shinobis… Alors tu ne pourras plus jamais user de tes chaînes, Sabaru. Ravalant pour l’instant la triste vérité au fond de ses pensées, l’ascèse commença son œuvre en adressant quelques paroles à son comparse. Il ne fallait absolument pas qu’il rompe son contrôle, sinon, il lui faudrait tout recommencer depuis le début.

« Parfait. Continue comme ça, je me charge du reste. »

Alors qu’il venait de prononcer ces quelques paroles, une aura bleutée s’échappa des pores de sa peau, puisant directement dans son propre flux de chakra jusqu’à ce que celui-ci ne prenne une teinte plus verte et plus claire. A la manière d’un battement de cœur, son flux se lia intrinsèquement à celui de l’alité, roulant dans chacun de ses tenketsus qu’ils soient matérialisés ou non, si bien que son système circulatoire fut redessiné au milieu des effluves électriques qui ne cessaient de marteler la peau laissée à nue du blond. Au fur et à mesure, la foudre qui s’échappait de son buste trouva un moment d’accalmie, elle se fit moins sauvage et plus contenue bien qu’elle n’aurait su perdre en puissance. Bientôt, ce fut l’esquisse d’un parfait membre humain qui se dessinait sous la forme de ces arcs électriques modérés. Et tandis que le chakra d’Aditya continuait d’affluer au centre du système du déchaîné, une véritable peau vint recouvrir et reformer son corps laissé à la dérive, emportant avec lui les céphalées qui le taraudaient depuis son réveil.

« Accroche toi, c’est bientôt fini. »

Quelques temps plus tard, le chakra curatif qui avait entouré la paume de l’éphèbe s’évapora de lui-même, laissant sa main exemptée de toutes les coupures électriques qui l’avait recouvert. Quant au corps de Sabaru, il était revenu à son état normal, bel et bien réel et tout aussi dépourvu de blessures que ne pouvait l’être l’apprenti Irounin. Un nouveau soupir fendit ses lèvres alors qu’il se redressait, un regard glissé à l’encontre de son partenaire d’enquêtes. S’il ne s’inquiétait pas tant de son état actuel qui avait pu être maîtrisé comme tous les autres, c’était le choc d’apprendre qu’il n’était plus le même homme qui avait combattu le Dieu de l’Eau avec ses chaînes qui éveillait chez Aditya une pointe d’inquiétude.

D’une main, il agrippa un tabouret en bois qui trônait dans un coin de la pièce et le rapprocha de ce lit d’hôpital avant d’y prendre place, visiblement en partie rassuré.

« Comment tu te sens ? »

Si bon nombre de ninjas ayant vécu le même genre de phénomène avait pu s’en sortir sans peine, ils n’étaient pas à l’abri d’une rechute, ou d’une quelconque conséquence néfaste qui pourrait entraver son rétablissement. Aussi, il préféra lui poser directement la question en sachant que sa réponse ne serait teintée que de franchise.




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Mar 18 Juin 2019 - 12:45

« Vide. Je me sens vide. »

Ce constat à la tournure assez amère était pourtant prononcé sans grande émotion. En lui, le déchaîné ne ressentait plus rien, si ce n'est la tension dorénavant familière de la foudre. Vide, mais plein à la fois. Empli d'un chakra qui semblait ne pas lui appartenir, ne pas obéir à ses directives. Durant l'étrange insurrection de son énergie, il crût même être sur le point de s'évanouir, peu importe le sens du terme. Inconscience, disparition pure et dure, il n'aurait jamais de réponse à cette incertitude et se garderait bien d'en chercher une.

Son poing, parfaitement solide, se déposa sur son torse. De sa phalange, il parcourut l'ancien tracé de ses marques, disparues mais encore ancrées dans sa mémoire. Avec cette accalmie, il se rendait compte de son changement. La tête froide, il ne s'affola pour autant pas. Chaque chose en son temps, pensa-t-il, alors que son regard redevenu d'émeraude se dardait sur Aditya.

« Je me sens mieux. Du moins, capable de maintenir l'intégrité de mon corps par mes propres moyens. »

Pour un sensoriel, son système chakratique devait ressembler à une fresque raturée et aux traits brusques, mais contenus et figés. Par la force, il réduisait le début de circulation de l'énergie en lui, en se concentrant sur les fameux tenketsus dont le moine médecin lui avait parlé, et sur lesquels il s'était amplement documenté.

« Il y a d'autres cas similaires ? »

C'était l'avide savant qui s'était exprimé, cette fois. Poussé par l'inquiétude, mais surtout par l'envie de comprendre, il questionnait son ami sur son affliction. Dans un premier temps, il lui fallait évaluer la population touchée, afin d'estimer correctement le savoir des guérisseurs quant à ses causes et à ses remèdes. Il espérait, sans éprouver la moindre culpabilité, ne pas être le seul dans cette situation. Plus nombreux étaient les affligés, plus il aurait de sources fiables à interroger.

D'un autre côté, il espérait que les dégâts n'étaient pas aussi répandus. Il ne cherchait pas à se sentir unique, « privilégié » — ce n'était définitivement pas le mot pour coller à son état actuel. C'était l'inquiétude insidieuse qui s'était éprise de lui quant à l'état du village, depuis sa perte de conscience, qui l'étreignit. Après le combat, qu'était-il advenu ? Si les pertes étaient nombreuses, les malades légions, qui pourrait protéger la nation affaiblie ?

Il soupira lourdement, taraudé par ces songes contradictoires qui profitaient de son instabilité momentanée. Son dos retrouva le confort de son coussin, qu'il avait redressé pour pouvoir se tenir assis aux côtés de celui qui l'avait probablement sauvé, envoyé par la providence. D'une oreille attentive, mais bien préparée, il s'apprêta à accueillir les nouvelles, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.

De préférence, bonnes. Le village en avait assez bavé, et lui aussi par extension.


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Lun 24 Juin 2019 - 14:57
L’expression sérieuse qu’arborait l’ascèse ne se troublait d’aucun surprise lorsque le déchaîné se livra à lui, qu’il exposait à quel point il se sentait dépourvu de ce qui l’avait construit depuis toujours. Un frêle hochement de tête suivit ses confessions, son regard glissant sur les mouvements de sa paume qui recherchait, mélancolique, les tatouages qui étaient apparus à l’aube de leur mission d’infiltration il y a plusieurs lunes de cela. L’ombre d’une compassion se voila avec retenue sur ses traits tandis que son regard s’était perdu dans le vague, fixant sans vraiment les voir les contours abstraits propres à ce lit d’hôpital.

Les affirmations de Sabaru complétaient les divers témoignages que chacun avait perçu depuis l’attaque du Dieu de l’Eau ; dès lors que leur chakra s’était rebellé contre les dictats de leurs enveloppes corporelles, chacun était à même de contenir cette force au creux de leur peau comme si elle leur avait appartenu depuis toujours, comme si elle avait toujours été tapis dans l’ombre. Mais la maîtriser était là un tout autre domaine ; et encore leur fallait-ils survivre à ce premier bouleversement, sans quoi ils auraient été consumés par leurs propres essence. Les quelques corps amoncelés au cœur de leur prison mortuaire étaient une preuve des plus convaincantes de la dangerosité que représentait ce phénomène.

Finalement, l’azur qui dormait au cœur de ses prunelles se joignit à l’œillade du déchaîné, désormais amputé de son plus grand atout.

« Tu devrais être hors de danger désormais, mais si tu te sens à nouveau surplombé par ton chakra, ramène le à la raison de la même manière que je l’ai faite. Tu vas devoir apprendre à maîtriser ses allées et venues par toi-même. », glissa-t-il sur un ton impassible ; son ami l’avait sûrement déjà compris. Il ne pouvait pas se permettre d’être ainsi mis en porte-à-faux une seconde fois.

Dans un souffle, l’ascèse expulsa toutes ces pensées qui assaillaient son esprit au profit d’une pleine clarté. Son regard enfouis dans un air las et réfléchi se délecta des légers rayons lunaires qui se reflétaient dans leurs aurores, filtrés à travers les lames de bois recouvrant leur accès au monde extérieur.

« Il y en a eu, oui. Beaucoup, pour être honnête. », son échine se redressa lentement, un geste qui tâchait d’effaçant les rémanences de son inquiétude « Depuis que nous sommes parvenus à vaincre et à sceller le Dieu de l’Eau sur ce littoral… des cas comme le tien se sont déclarés à travers l’ensemble de l’île principale. Nous avons reçu des rapports ce matin que ces genres de phénomènes s’étaient étendus jusqu’à l’île d’Ue ; l’archipel entier pourrait être touché. »

L’une de ses paumes vint s’échouer dans le bas de sa nuque, massant avec parcimonie les muscles tendus qui roulaient désormais sous ses doigts.

« Des personnes qui n’avaient jamais été en mesure de manipuler le chakra se sont trouvées dotés de dons similaires au tien, tout comme des shinobis de la Brume s’en sont retrouvés incapable. Cela touche n’importe quelle personne, avec un hasard démesuré. D’autres en sont morts, consumés par leurs propres capacités naissantes. », d’une œillade, il avisa la silhouette de son comparse. Son regard semblait mesuré, théorique. « Parfois, je me demande si tout cela n’est pas la conséquence de nos actes. Si ces phénomènes ne sont pas la conséquence qu’engendre le scellement d’un Dieu. Ça n’était jamais arrivé auparavant. »

Sa paume vint étirer les traits de son visage dès lors qu’il eut prononcé ces paroles empreintes d’hypothèses. Peut-être n’était-ce qu’une simple coïncidence. Mais un tel pouvoir, enfermé, ne pouvait qu’engendrer des conséquences insondables à leurs yeux ignorants.




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Mar 25 Juin 2019 - 15:36

Non. Les nouvelles ne lui firent assurément pas le plaisir d'être à son goût — du moins, concernant la sûreté de la Brume, de l'archipel entier. Coupable de se réjouir de la présence de semblables, il n'en dit cependant rien. Il vivrait son petit égoïsme anti-patriotique en communion avec lui-même ; comme un véritable égoïste, en somme.

Tous les cas s'étaient déclarés dans la période suivant l'enfermement du Dieu de l'Eau, qui s'était donc bel et bien déroulé sans accrocs, à son grand soulagement. Ce hasard, cependant, ne fit rien pour le rassurer. Avait-il été châtié pour avoir attaqué une supposée bête sacrée ? S'était-il retrouvé dans cet état des suites de son exposition avec le démon ?

Probablement pas. D'après l'ascète, les cas relevaient du hasard, et des individus avaient été touchés jusqu'à Ue. Certains étaient morts, épris de la même crise que lui ; d'autres avaient gagné l'accès au chakra, à sa maîtrise, alors qu'ils ne s'y étaient jamais attelé. Enfin, les plus malheureux sans doutes, étaient les shinobis qui avaient été dépossédés de leurs pouvoirs purement et simplement. Il ne savait où se situer précisément, dans ce triste paysage dépeint par Aditya. Il se sentait vide, mais son chakra n'avait pas perdu en intensité. Il n'avait fait que changer, et littéralement fusionner avec son affinité primaire.

Néanmoins, la dernière affirmation du moine le tira de ses réflexions. Il s'était trompé, et cette erreur le ramena face à ses propres hypothèses. S'il ne pouvait être certain de ce qu'il allait dire, il avait au moins un espoir de frôler la vérité.

« Non, ce n'est pas le premier « Dieu » scellé par les hommes. Je suis sûr que tu as déjà entendu parler du Dieu du Désert, qui était scellé à Kaze, avant d'être libéré et scellé à nouveau par des shinobis. Je ne me souviens pas d'avoir entendu parler, à l'époque, d'un tel bouleversement du chakra. S'il ne s'est jamais produit là-bas, alors que deux sceaux se sont succédé, il n'est pas exclu que cette malédiction ne vient pas du démon que nous avons terrassé. Cela repose néanmoins sur la postulat que ce phénomène est inédit. »

Il haussa les épaules, peu convaincu lui-même de ses premières impressions sur la question. L'incertitude qui le troublait ne découlait pourtant pas de ce qu'il venait d'émettre ; mais plutôt d'une question à laquelle nul ne saurait probablement répondre, en cet instant, pour approfondir son hypothèse.

« Mais si ce n'est pas de là, d'où est-ce que cela pourrait venir ? »

La question restait entière. Au moment de son réveil, Sabaru ne savait presque rien des Fanatiques ; auquel cas ses doutes auraient pointé vers ces êtres sortis des méandres obscurs du Yuukan, et qui disaient vénérer les Dieux.

Un fourmillement familier ramena le déchaîné à la réalité du moment présent, grouillant dans ses membres. La machine était restée à l'arrêt bien trop longtemps, et même si l'énergie avait été utilisée à bon escient par l'organisme lors de son repos régénérateur, elle ne demandait qu'à reprendre du service. L'envie de décrasser le moteur un bon coup lui parut bien séduisante ; le constat des dégâts promettait d'être dur, mais il était nécessaire au bon retour en service du nouvellement né assimilateur foudroyant.

« Quand pourrais-je sortir, et recommencer à m'entraîner ? »

L'impatience transparut autant dans sa voix que dans son langage corporel. Le poing qui se fermait, les muscles qui tressautaient, et le regard dans le vague à l'intensité palpable ; comme lors de son entraînement avec le défunt Hokkyokusei Yami, il sentait l'écart doucement se creuser entre lui et ses pairs, d'une façon qui lui déplut.


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Sam 13 Juil 2019 - 13:08
Bien que cette réflexion eut été le fruit d’un moment d’absence, elle semblait avoir éveillé chez déchaîné une réflexion des plus intéressantes. Le regard perçant de l’ascèse revint courir sur ses traits alors qu’il évoquait l’apparition du Dieu du Désert, un phénomène qui avait ébranlé les ondes sableuses il y a quelques années et qui, pourtant, n’avait provoqué aucune explosion de chakra telle qu’avait pu le connaître l’archipel. Et même si les détails de ce scellement demeuraient un mystère pour leurs pauvres âmes, Aditya ne pouvait se résoudre à forger d’avantages d’hypothèses à ce sujet. Ils en savaient bien trop peu sur ces entités cataclysmiques, sur ces divinités tout droit sorties de légendes pour oser s’aventurer sur le terrain d’une connaissance orgueilleuse. Tout semblait mener à ces Fanatiques, ce groupuscule paré d’un voile de mystère qui avait réussi l’impensable ; parvenir à sceller l’une de ces essences dans l’un des leurs.

Un soupir las franchit ses lèvres alors que ses mains se glissèrent sur ses genoux, chassant toutes ces pensées de son esprit ; pour l’heure, son attention devrait être tout entière dédiée à ses patients, qui, au même titre que le roi sans couronne, essuyaient les affres de la Résonance. Son dos se déroula avec lenteur lorsqu'il se redressa, tandis que l'une de ses paumes s'entourait d'une lueur d’émeraude. Ainsi échouée sur le bras de son comparse, elle était à même de diffuser son chakra dans son corps avide d'endurcissement ; ainsi, il était à même de dévoiler les lacunes qu'abritaient son organisme et d'y desceller les complications à venir.

Après quelques secondes d'accalmie, l'ascèse rompit leur contact, ses prunelles trahissant un profond soulagement : rien ne semblait prône à l'inquiétude.

« Dans le doute, je préférerais que tu passes la nuit ici ; si quoi que ce soit t'arrivais à nouveau, nous serions là pour y remédier. Quant à tes exercices quotidiens, tu pourras les reprendre dès demain si tu veilles à ne pas outrepasser tes limites. Ton chakra risque de s'affoler de nombreuses fois encore, alors tâche d'apprendre à le contrôler comme tu l'as fait tout à l'heure et tes transformations finiront par devenir naturelles. », glissa-t-il sur un ton qui se voulait rassurant, mais néanmoins empreint d'une cette fermeté naturelle.

Ses pas le guidèrent jusqu'à l'orée de la chambre jusqu'à ce que sa main ne se referme sur la poignée, le regard encore figé sur la silhouette de son camarade allongé. Il lui faudrait du temps pour accuser la perte de ses chaînes, néanmoins... Aditya le savait plein de ressources. Il saurait trouver un moyen de palier à ces changements.

« Tâche de te reposer. »

Dans une dernière œillade, l'ascèse disparu derrière le seuil, laissant le déchaîné face à lui-même et à ses pensées.





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