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Les rois de l'archipel — solo Kuchiyose


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Sam 1 Juin 2019 - 23:21

Les mains encore jointes dans le signe du bélier, Sabaru sentit ses appuis se dérober. Lorsqu'il avait exécuté la série de signes caractéristiques de la technique d'invocation, il était installé sur son séant, sur une grande pierre plate. Sans surprise, elle avait « fonctionné », et il avait été entraîné par des forces le surpassant jusqu'à un tout autre lieu.

L'antre de la créature qui lui était destinée. Sans droit de décision sur sa nature, il s'était laissé aller à la tentation. Il était dès lors engagé, et devrait faire face à sa propre impudence.

S'il avait su où il atterrirait, peut-être y aurait-il songé à deux fois. Avant même d'ouvrir les yeux, il ressentit une forte odeur désagréable, celle du poivre mêlé aux embruns marins. L'odeur était si entêtante qu'il dût se résoudre à couvrir son nez avec sa manche. Se risquant à jeter un coup d'oeil, il se rendit vite compte qu'il se trouvait sous terre, à en juger par la voûte rocheuse qui surplombait l'alcôve dans laquelle il avait été emporté. Le sol, lui, était parsemé de flaques d'eau, et de pierres lumineuses.

Au final, rien n'expliquait l'odeur poivrée qui régnait sur la caverne. De plus, rien ne laissait penser qu'une quelconque créature digne de l'attention de Sabaru était présente. Néanmoins, il n'était pas envisageable que la technique échoue. Il avait été invoqué, et le lieu devait donc représenter quelque chose, être la tanière d'une créature quelconque qui devrait faire surface d'un moment à l'autre.

Puis, tandis qu'il s'apprêtait à faire volte-face pour chercher une quelconque forme de vie, le Nō ressentit une petite pression contre sa jambe. Quelqu'un, ou quelque chose, lui tenait la patte.


« Salutations, petit homme. »

Il fallut un instant de réflexion au chūnin pour identifier la chose qui lui faisait face, et pour digérer le sobriquet dont elle l'avait affublé. Il fixait la chose, ce petit être visqueux au point d'en reluire à la faible lueur de la caverne, qui dépassait à peine son genoux en se tenant sur ses pattes antérieures. Sa voix grave et profonde tranchait totalement avec son apparence chétive.

« Qui oses-tu appeler petit homme ?
Vous.
Il y a méprise, je crois.
Pas du tout. Une seule patte de mes frères pourrait vous écraser. »

La mine du chūnin se referma. Sous ses yeux se tenait une petite bête insolente, mais terriblement confiante, qui avançait que ses confrères pourraient le réduire au silence définitivement. La chose lui tira une vague impression de déjà-vu, qu'il ne savait replacer.

« Pour sortir d'ici, il vous faudra coopérer. Je ne peux pas vous expulser, quand bien même je le voudrais. Seuls mes frères le peuvent. Je suis né chétif, vous savez...
Je vois bien.
...
Conduisez-moi à vos frères.
Suivez moi. »

Et ainsi, l'immonde petite créature se mit en route. La suivant de près, Sabaru put clairement entendre ses ronchonnements, ainsi que le « je vais tout lui dire, t'en fais pas » qu'il avait pensé tout haut. Débutant leur cheminement par un premier tunnel, extrêmement large, ils dépassèrent nombre d'autres alcôves similaires, quoiqu'un peu plus petites. Tout laissait penser que l'énorme galerie, probablement proche de l'océan, abritait une grande colonie.

L'ascension mena le duo disparate jusqu'à une caverne encore plus grande, dont le plafond était creusé en son centre par un trou large, et dont il ne pouvait voir l'extrémité depuis son emplacement. Tout autour d'eux, d'autres tunnels menaient à d'autres branches de la caverne, qui devaient être au moins aussi grandes que celle qu'ils venaient de parcourir sur la dernière dizaine de minutes. Mais là encore, tout était vide, et le silence pesant qui s'installait ne fit que confirmer ses doutes. Quelques idoles ressemblant à la bestiole orange jonchaient le sol, çà et là, parfois même brisées. Il n'y avait plus âme qui vive.

Le petit être s'était immobilisé, regardant droit devant lui en silence.

« Où sont-ils ?
Partis.
Comment ça, partis ?
Ils ont quitté notre foyer il y a quelques semaines. »

D'abord surpris, le chūnin laissa échapper un soupir de déception. Ainsi, le destin s'était moqué de lui. La technique d'invocation ne lui avait offert qu'une petite chose bruyante et insolente, probablement incapable de se battre. Face à l'air vaguement mélancoque qu'arborait la chose, Sabaru se sentit presque triste.

« Je m'appelle Jinichizaki. Je suis la dernière des salamandres de l'île Dejima.
Sabaru, de la famille Nō de Kirigakure. »

Lorsque fut prononcé le nom du village, le petit Jinichizaki se retourna, plongeant sa patte sous sa cape... pour y saisir un petit couteau. Sans crier gare, il bondit vers le Nō, pointant sa courte lame vers son buste pour essayer de l'occire. D'un geste expert, le chūnin se saisit de la patte armée de la salamandre, puis la dégagea de côté avant de la plaquer contre le sol. Son genoux gauche vint s'appuyer contre le dos de son assaillant court sur pattes, l'empêchant ainsi de se relever.

« C'est vous qui avez tué Dame Shiori et fait disparaître Shoka ! Monstres ! Gnnn gnn... »

Alors qu'il se débattait comme un beau diable, le petit Jinichizaki ressentit la froideur d'une lame contre sa nuque. Immédiatement, il se détendit, et lâcha son couteau. Avec ses yeux disposés sur les côtés de sa tête plate, il foudroya Sabaru du regard, sans grand effet. Une petite larme sembla perler au coin de l'oeil de la salamandre, ajoutant encore plus à la culpabilité que ressentait déjà le chūnin en la rudoyant ainsi.

« Tu parles bien de notre ancienne Ombre, Watanabe Shiori ?
Elle même.
Et qui est Shoka ?
C'était l'une de mes soeurs, la favorite de Dame Shiori. »

La pression pesant sur Jinichizaki se relâcha subitement, le libérant de la prise qui le maintenait contre le sol. Après s'être retiré, le Nō posa un genoux au sol, pour se mettre à la hauteur de la salamandre qui se redressait. Lui-même était tellement abasourdi par ce qu'il venait d'entendre qu'il se mura dans le silence. C'était donc de là que lui venait cette impression de déjà-vu.

Il avait été entraîné dans l'antre des salamandres, les créatures ayant noué avec Mizu les liens les plus forts de l'histoire du pays.

« Je suis désolé, petit Jinichizaki. Nous n'avons pas pu la protéger.
C'est de votre faute si ils sont tous partis.
Nous avons été trahis. Elle a accordé sa confiance à un homme qui l'a poignardée tandis qu'elle se battait contre ses propres soldats, qui voulaient la raisonner. »

Un nouveau silence s'installa, durant lequel Jinichizaki sembla réfléchir aux propos de Sabaru, ses pattes jointes devant son ventre. De temps à autre, il adressait une oeillade discrète au Kirijin, en coin, comme s'il cherchait à vérifier sa bonne foi. Après une bonne minute de mutisme, la salamandre se décida à s'asseoir, et retira son petit couvre-chef.

« Depuis le jour de la mort de Dame Shiori, Shoka a disparu. Ce n'était pas la première à ainsi se volatiliser, après avoir coopéré avec les humains de Mizu. Autrefois, nous étions très liés à une certaine famille de l'archipel. Pendant des décennies, le clan Sanshouo s'est battu aux côtés de mes frères. Puis, un jour, il y a une poignée d'années de cela, plus rien. Le clan s'est progressivement éteint, après avoir été privé de son parchemin et de son chef, tué par un homme qui se lia à nous à son tour. C'est lui qui fit signer le pacte à Dame Shiori. »

L'amphibien à la voix de ténor s'arrêta brusquement, tournant imperceptiblement la tête de côté, vers le trou percé dans la voûte rocheuse non loin d'eux. L'instant d'après, il reprit, sa courte lubie lui étant passée.

« Les départs de mes frères ont commencé à cette époque. Nous autres, les salamandres, sommes assez solitaires d'habitude. Nous ne nous rencontrions pas souvent, si ce n'est lors de réunions ponctuelles. Le reste du temps, nous cohabitions sur l'île et dans cette caverne, mais nous n'étions pas réellement unis. Ainsi, mes frères n'ont pas eu de mal à se détacher les uns après les autres, quittant Dejima suite aux contraintes qui nous étaient imposées par ce pacte avec les hommes. Cependant, il restait Shoka. Elle avait constitué un noyau de salamandres prêtes à rester à Dejima, et à perpétuer la tradition, suite à son pacte avec Dame Shiori... Puis elle a disparu, et nous avons appris la mort de la dernière signataire du pacte. Comme plus rien ne retenait mes frères, ils sont tous partis. »

La dure réalité de Jinichizaki s'imposa au chūnin. Il n'y avait plus que lui, et les salamandres avaient abandonné les hommes. Néanmoins, pour peu qu'on puisse dire qu'il était expressif avec son faciès difforme, l'amphibien semblait sourire.

« Comment suis-je supposé sortir d'ici, alors ? Tu m'avais dit que tes frères me permettraient de quitter votre caverne.
Je n'ai pas menti. »

Puis, soudainement, de l'eau se mit à se déverser du trou creusé dans le plafond. Un grondement provint de l'ouverture. L'odeur poivrée qui l'avait saisi à son arrivée, et à laquelle il s'était bon gré mal gré habitué, se renforça subitement.

À la suite de l'eau, une créature colossale chuta. Verte, pourvue de branchies externes, d'un kasa abîmé et d'un katana glissé dans une ceinture de cordes tressées, l'énorme salamandre se dressa sur ses pattes arrières. Au vu de la position des yeux sur son crâne, elle observait le Kirijin, presque de profil. Au moment où il pensa se relever, elle se saisit du manche de son arme et la dégaina d'un geste expert et fulgurant. L'épée, aussi large que son corps d'homme, était arrêtée juste au dessus de sa nuque. Il ne pouvait la regarder qu'au travers des reflets de l'eau qui ruisselait à ses pieds, suite à l'entrée du mastodonte.


« Bon retour, Fumazaki. »


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Dim 2 Juin 2019 - 17:28

« Qui est cet homme, Jin ? »

Sa voix puissante résonnait sur les murs de la grande caverne, autoritaire. Sa lame froide et encore trempée de l'eau qui l'avait accompagné lors de sa chute ne quittait pas le chniūn, tenu en respect. En face de lui, le petit Jinichizaki se frottait les pattes, l'air bien satisfait de la tournure des événements. Petit enfoiré, tu l'avais senti venir, réalisa-t-il, se remémorant son soudain regard vers le tunnel au-dessus d'eux. Dans cette position de faiblesse, il ne pouvait qu'attendre... bien qu'il restât une carte dans sa manche.

« Un Kirijin. Il s'est moqué de moi.
Et que nous veut cet humain ?
Il est apparu ici spontanément. Il s'agit probablement de la technique d'invocation.
C'est la volonté de notre père, alors. »

Pour autant, Fumazaki ne retira pas sa lame. De son oeil sombre, il jaugeait le Nō, qui n'avait toujours pas fait le moindre geste. Son homologue nain, pour sa part, se grattait la tâte avec ses petits doigts boudinés et visqueux. Un silence pesant s'était installé lorsque la salamandre géante avait fait mention de leur patriarche.

La lame se releva soudainement, avant de regagner son fourreau dans un crissement à la hauteur de ses dimensions démentielles. Une puissante secousse anima l'alcôve, tandis que Fumazaki se laissait retomber sur ses quatre pattes, comme une salamandre normale en somme. Affublé de son kasa, la salamandre se détourna vers l'un des tunnels parsemant les murs de l'endroit, son oeil suivant le Kirijin du regard. Le petit Jinichizaki bondit sur le dos de son frère, comprenant immédiatement de quoi relèverait la suite des événements.

« Suis moi. »

Et ainsi, le duo d'amphibiens se mit en route, se glissant dans les tunnels de roches humides. À nouveau, l'étranger humanoïde leur emboîta le pas. Cette fois, cependant, il était sur ses gardes: si Jinichizaki ne représentait pas un danger pour lui, Fumazaki avait démontré qu'il était plus que capable de l'étriper vif. Il semblait cependant avoir une autre idée derrière sa grosse tête plate, autrement plus réfléchie que celle de son petit frère.

Durant leur cheminement, Sabaru se décida à briser le silence, parlant pour la première fois depuis l'arrivée du gros gibier.

« Jinichizaki, tu ne m'avais pas dit que tu étais la dernière salamandre de Dejima ?
Oh. Je suis le dernier né. Fumazaki vit encore ici, avec moi, donc je ne suis théoriquement pas la dernière salamandre... mais c'est un joli titre. »

Un grognement émana de l'aîné, ressemblant étrangement à un rire.

« Puisqu'il n'y avait plus personne à Dejima, je n'avais pas besoin de partir. De plus, qui allait protéger notre précieux patrimoine ? Certainement pas toi. »

En se crapahutant, le mastodonte continua de se poiler, tandis que le petit gringalet orangé se murait dans le silence, enfoui dans sa cape. Pour le reste du trajet, on ne l'entendit plus piper mot.

Le kirijin déboucha, à la suite de ses hôtes, sur une énième alcôve — le réseau de galeries commençait à vraiment lui faire penser à la structure de poumons, vu le nombre de ramifications et d'alvéoles qu'ils avaient croisées — creusée dans la roche. Cette fois, cependant, elle n'était pas vide: un gigantesque promontoire rocheux se trouvait au bout, dans lequel l'inscription « 半崎 » était gravée. Hanzaki.

Tout autour d'eux, des statues de salamandres étaient dressées, de différentes tailles et adoptant différentes postures. Il n'y en avait pas une seule en double, tant les expressions et l'équipement qu'elles arboraient se diversifiaient. Puis, entre eux et le promontoire gigantesque, s'étendait une allée assez large pour laisser cheminer plusieurs bêtes de la taille de Fumazaki de front. Seule une large table l'encombrait, encore chargée d'une énorme coupe de céramique, d'une bouteille à l'échelle et de deux minuscules rouleaux — minuscules à l'échelle du reste, bien évidemment, puisqu'ils faisaient un bon mètre d'une extrémité à l'autre une fois roulés.

La grande salamandre s'avança lentement vers la table, indiquant d'un signe de tête au kirijin de s'y installer. Bien évidemment, il dût se résoudre à bondir pour s'asseoir directement dessus, puisqu'elle était à l'échelle des habitants des lieux. Face à lui, Fumazaki s'était redressé sur ses pattes arrières, voûté en avant de sorte à pouvoir observer l'humain.

« À boire ? »

Après un rapide coup d'oeil, Sabaru comprit qu'il pourrait se noyer dans l'une des coupes qu'utilisaient les salamandres. La perspective de s'y pencher pour y boire comme un chien ne l'enchanta pas.

« Non, merci.
Bien. Tu n'es pas venu boire, après tout. »

L'oeil de l'amphibien jaugea la réaction de l'homme, qui ne sourcilla pas. Bien sûr, il n'était pas question de passer du bon temps. Son objectif était clair. Du moins, il l'avait été; la situation actuelle des salamandres de Dejima l'avait nettement refroidi. Comme s'il avait vu le doute, au travers du masque d'impassibilité du chūnin, Fumazaki secoua la tête mollement.

« Nous avons beaucoup donné aux humains, comme tu le sais probablement. Bien que certains aient été de véritables compagnons, d'autres ne se sont servi de nous qu'en tant qu'armes.
Vous étiez puissants. Un homme signant de son sang une alliance avec des êtres de votre acabit ne le ferait pas sans arrière-pensée.
Tu es franc. J'espère que tu comprends que je n'ai cependant, malgré le début de sympathie que tu m'inspires, aucun intérêt à te prêter la force des salamandres. »

Le mastodonte avança sa patte vers l'un des rouleaux, qu'il fit rouler jusqu'à Sabaru. En roulant, il se dévoila à ses yeux, jusqu'à buter à ses pieds. Dessus, il n'y avait que trois noms, ceux de Hanzaki, Jinichizaki et de Fumazaki. D'innombrables colonnes subsistaient, vides. Le premier, similaire à l'inscription qui surplombait la table, semblait souffrir des affres du temps et était à peine lisible.

La petite salamandre, perchée sur la tête de son aîné, réprima un soupir à la vue du document.

« En tant que shinobi recherchant le pouvoir, j'imagine que tu n'aurais pas grand intérêt à t'allier à nous non-plus.
Détrompe-toi.
Hmmm ?..
J'ai été amené ici, ce n'est pas de ma propre volonté que je me suis montré à vous. Tu as parlé de votre père.
Hanzaki, le sage, en effet. C'est de sa volonté si tu es ici. J'ignore pourquoi.
Alors j'aimerais conclure ce pacte. Tu es fort, tu feras l'affaire. »

Le grand Fumazaki hocha la tête lentement. Sa patte se referma sur la coupe qu'il venait de se remplir, la portant à son immense gueule. Le liquide transparent s'écrasa comme une cascade dans sa bouche, qu'il referma sèchement. Il la reposa ensuite, vide, juste devant le kirijin. Puis, sous le regard suspicieux de Sabaru, il avança son menton juste au-dessus; et un liquide poisseux translucide s'en échappa, pour s'écraser droit sur la céramique. L'odeur de poivre s'intensifia d'autant plus.

« C'est du poison, dans sa forme la plus basique et naturelle. Si tu veux te tenir à mes côtés, tu devras t'habituer à sa puissante odeur, et trouver un moyen de t'en prémunir. Autrefois, nous avions des antidotes à destination du clan Sanshouo, mais tout a été détruit lors du départ de mes frères, pour empêcher les humains de le reproduire. Hanzaki était le seul à pouvoir les préparer, et il a disparu aussi — même si son nom figure encore dans le registre. Tu ne pourras pas compter là-dessus. »

Un rictus étira les traits de l'homme, alors qu'il observait le mucus puant et probablement mortel sécrété par Fumazaki. Bien vite, les deux animaux adoptèrent une mine vaguement interrogative face à leur invité.

Puis, soudainement, l'air se chargea d'une tension similaire à celle de l'orage qui pesait. Les salamandres étant capable de ressentir ces subtils changement dans leur milieu naturel n'eurent aucun mal à ressentir l'accumulation d'énergie au sein de l'humain. Les branchies rougeoyantes de l'aîné se mirent à frémir, avant de se replier contre sa nuque, comme si elles cherchaient à se mettre à l'abri.

Un premier craquement eut lieu, un éclair jaillissant des yeux dorénavant luminescents de Sabaru, léchant la table avant de s'évanouir sans grandement l'endommager. Puis, un second, et cette fois ce sont ses cheveux qui s'illuminèrent, et devinrent comme éthérés.

Enfin, le véritable coup de tonnerre survint. La surprise saisit tant Fumazaki qu'il dégaina son épée encore dans son fourreau, et la plaçait face à lui en guise de protection. L'orage roulait et grondait, alors qu'une lumière aveuglante noyait la silhouette du petit humain, pourtant si insignifiant aux yeux des salamandres. Certaines gerbes foudroyantes vinrent même s'écraser sur le fourreau de l'épée de Fumazaki.

Comme il avait débuté, l'orage se calma. La lumière émanant de Sabaru se tarit peu à peu, jusqu'à se stabiliser au point où les salamandres pourraient le distinguer nettement... ou du moins, distinguer sa silhouette bleutée et instable, parcourue continuellement d'étincelles et d'arcs électriques. Dans son dos, une demi-douzaine de taiko translucides lévitaient, reliés à son corps par un arceau foudroyant éthéré et frappés du symbole de la famille Nō.

« J'admets t'avoir un peu sous-estimé. »

L'incarnation de l'orage haussa les épaules, puis désigna de sa main tendue la flaque de poison qui s'était répandue dans la coupe.

« Je pense que tu as ta réponse, pour le poison. Ce sera peut-être à toi de te protéger de moi, si nous venions à collaborer. »

Un petit rire guttural échappa à l'amphibien, accueillant la bravade de l'humain avec humour. Le fait qu'il se soit révélé comme étant un assimilateur avait remis en question l'écart de puissance qui séparait l'homme de la bête, qui se résigna à considérer le Nō comme plus qu'un simple kirijin avec un peu d'ambition. Sa tête s'abaissa à nouveau, et s'orienta de sorte à placer son gros oeil juste en face du shinobi. Le corps lumineux de Sabaru éclaira la peau bosselée et poisseuse de la salamandre, sous son kasa de paille.

« Passons aux choses sérieuses. »

Et il se redressa, manquant de faire tomber Jinichizaki de sa tête — lui-même faillit y perdre son petit couvre-chef, qu'il maintint fébrilement sur sa petite tête avec ses deux pattes.

La prochaine étape serait forcément la dernière. S'il échouait, il serait probablement renvoyé d'où il venait. S'il y parvenait, il signerait le pacte, et quitterait Dejima avec un allié de poids.


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Lun 3 Juin 2019 - 2:38

Cette fois, le trio dépareillé ne circula pas dans les ramifications du dédale rocheux qui servait d'abri aux salamandres de Dejima bien longtemps. Faisant chemin inverse, ils se rendirent dans l'énorme pièce principale d'où était tombé Fumazaki. L'amphibien vert d'eau se posta sous le trou, la tête détournée pour observer Sabaru, tandis que Jinichizaki s'accrochait d'avance à la cordelette retenant son kasa.

« Pour cette fois, je t'autorise à te tenir sur mon dos. Tu as intérêt à bien t'accrocher. »

Revenu à son état d'humain de chair et d'os, le chūnin hocha promptement la tête, avant de bondir sur le dos de la salamandre, en passant par l'une de ses pattes. Ses semelles glissèrent lors de l'atterrissage, au contact du mucus qui protégeait l'épiderme de la bête en permanence. Rien qu'une bonne maîtrise de son chakra ne sût régler, lui permettant d'y adhérer en reproduisant la technique de marche sur l'eau. Il s'accrocha fermement à la ceinture de cordes retenant l'épée de Fumazaki, sous son regard vigilant.

Une goutte d'eau grosse comme une pomme s'écrasa juste à côté du chūnin, attirant son regard vers ce qui se trouvait au-dessus de lui. Lorsqu'il leva les yeux, il fut surpris de voir une surface aqueuse, en suspension dans les airs, au bout du tunnel. Comme pour faire écho à ses appréhensions, Fumazaki se dressa lentement sur ses pattes, avant de lancer ses derniers avertissements.

« Même si c'est l'histoire de quelques secondes, tu devrais aussi retenir ta respiration. »

Et sans lui laisser le temps de répondre, la salamandre bondit avec une vigueur surprenante, compte tenu de la lenteur dont il avait fait montre, si on omettait son sabrage exemplaire. Les murs de roche défilèrent à toute allure tout autour de Sabaru, entraîné dans l'ascension de l'amphibien. Puis soudain, un violent choc l'atteint de plein fouet, manquant de le désarçonner et de l'assommer par la même occasion. L'entrée dans l'eau glaciale lui fit l'effet d'un coup de marteau gelé sur la tête. S'il réussit à ouvrir difficilement les yeux, il éprouva beaucoup de mal à distinguer la moindre chose sous la flotte, en grande partie à cause de la vitesse à laquelle Fumazaki nageait.

Puis, l'amphibien creva la surface de l'eau, libérant le Nō de la pression de l'eau. L'espace de quelques secondes, son corps d'homme faillit céder à l'instabilité de son élément turbulent, comme s'il avait sollicité ses facultés d'assimilation inconsciemment pour résister au stress engendré par la rapide ascension. Fumazaki se hissa sur la surface de l'eau en nimbant ses membres de chakra, comme le faisaient les shinobis, tout en zyeutant son passager humain avec un air amusé.

« Tu t'en es bien tiré, petit être. C'est une bonne chose, si tu espères un jour voir ton nom inscrit de ton sang sur le Parchemin. »

Époumoné, Sabaru ne répliqua même pas. Inspirant à grandes bouffées, s'affaira d'abord à débarrasser ses yeux de l'eau salée qui les assaillaient.

« Voici Dejima, l'île des Salamandres. »

La fierté qui transpirait du ton qu'avait choisi le petit amphibien orangé dénotait de l'orgueil des salamandres. Malgré le déclin, les deux membres restés à Dejima n'avaient jamais laissé entrevoir une once de défaitisme. La séparation du clan leur avait laissé un goût amer, certes, mais ils respectèrent leurs traditions ainsi que les voeux de leurs défunts. La présence de leurs noms sur le registre déserté en disait long.

Sabaru ouvrit les yeux, ébloui par la forte lumière de l'extérieur, comparée aux lueurs ténues générées par les cristaux de la caverne sous-marine. Autour de lui s'étendait une vaste étendue d'eau, cernée par les deux pans d'une île qu'elle séparait en deux. Le paysage, surréaliste, était parsemé d'arbres gigantesques et de falaises d'où s'écoulaient nombre de rivières et de cascades. Il n'y avait pas le moindre signe de civilisation humaine.

Tandis qu'il se perdait dans on observation, son véhicule marin vivant se mit à ramper jusqu'à l'une des deux moitiés de l'île. L'air pur qui s'offrait à lui depuis leur retour à la surface lui fit presque oublier l'odeur poivrée des salamandres et de leur poison entêtant.

« Comme tu l'as sans doute remarqué, notre flore est légèrement différente de celle que vous exploitez. C'est le chakra de la nature inaltérée de notre île qui a permis cette croissance luxuriante. »

Lorsque Fumazaki prit pied sur la rive, le chūnin s'y laissa tomber. Ses semelles poisseuses s'imprégnèrent immédiatement du sable sur lequel il atterrit, lui tirant une grimace de dégoût. Elle n'échappa pas à l'urodèle géant, qui se fendit d'un petit « heh. » moqueur. Il fit ensuite signe au chūnin de le suivre, alors qu'il s'enfonçait dans la végétation de l'île avec le petit Jinichizaki sur la tête.

***

Lorsqu'ils s'arrêtèrent enfin, après plusieurs minutes de marche et de parkour au sein de la nature brute de Dejima, ils étaient non-loin de l'une des cascades qu'avait aperçu plus tôt le Nō. Le soleil, qui côtoyait l'horizon, berçait l'endroit d'une atmosphère très calme et apaisante. Cependant, il ne s'agissait là que d'apparences.

« Alors, en quoi consiste mon épreuve ?
Tu y es. »

Un rapide tour d'horizon ne suffit visiblement pas à éclairer la lanterne du kirijin. Face à son air perplexe, Jinichizaki prit la parole à son tour.

« Si la nature est inaltérée, elle n'en est pas moins cruelle. Vous vous trouvez à l'un des endroits principaux de reproduction de nos frères qui n'ont pas eu don de parole ni de chakra. De fait, il s'agit aussi de l'un des endroits où le plus de salamandres meurent. En ces temps de reproduction, les salamandres sont cannibales et belliqueuses entre elles. »

Sabaru s'approcha de la rive de la rivière qui découlait de la cascade, et s'y pencha de plus près. Rien qu'autour de lui, il y avait près d'une demi-dizaine de trous dans le lit du cours d'eau, dont dépassaient parfois la tête plate de salamandres aux proportions normales — pour une fois, dans ces lieux, quelque chose semblait respecter l'ordre préétabli de la nature qu'il connaissait.

« Voilà ton épreuve, Sabaru de la Brume. Je veux que tu permettes au plus grand nombre de nos frères de survivre à cette soirée. Nous sommes des animaux nocturnes, donc attends toi à de l'activité. Bien sûr, tu ne devras pas faire usage de tes pouvoirs, sous peine de tuer tous les résidents de cette rivière, ainsi que leurs progénitures. Il n'est donc pas question de t'adapter à notre poison, ni de nous adapter à ta foudre. Tu dois t'adapter à ceux dont tu veux te faire des amis, et agir sagement. »

Sur ces mots, Fumazaki fit demi-tour. Jinichizaki, perché sur son chapeau de paille, lança un dernier coup d'oeil à celui qui s'était vu confier les innombrables vies qui grouillaient au pied de la cascade. Tout en réfléchissant à sa tâche, le Nō les laissa s'en aller et s'affaira à retirer son hanten, trempé et trop chaud au vu des températures estivales qui s'installaient. Il fit de même pour ses chausses gorgées d'eau et souillées par le mucus de Fumazaki.

C'est vêtu d'une légère tunique aile de corbeau entrouverte, et de son pantalon ample, qu'il s'installa sur l'un des rochers qui surplombaient l'eau qui courrait vers l'océan. D'abord affairé à nettoyer ses chaussures, il observa par la même occasion le comportement des salamandres qui l'entouraient. Sa présence ne les gênait visiblement pas outre mesure, puisqu'elles se mirent lentement mais surement en mouvement. L'une d'entre elles s'était tirée de sa tanière, pour se poser sur les pierres jonchant le lit de la rivière. Sa présence à elle, cependant, sembla titiller l'instinct des autres urodèles.

Tandis que l'un d'eux pointait le bout de son nez, détournant l'attention du Nō, un autre se glissait hors de sa crevasse pour s'aventurer près de celle de celui qui barbotait. Lente, mais pas dénuée d'intentions peu louables, la créature rasait les murs en s'aidant de ses pattes pour lutter contre le courant. Sans la réaction du père en passe de perdre sa portée, Sabaru n'aurait même pas remarqué le tueur silencieux. Se saisissant de son sabre, il s'apprêta à abattre le fourreau sur la tête de la salamandre quand elle fit demi-tour hâtivement.

Si la tâche ne mettait aucunement sa vie en jeu, elle s'annonçait plus ardue qu'elle n'y semblait. Dans l'eau, il ne pouvait ni les entendre, ni les sentir. Il ne pouvait compter que sur sa vue. Mais même là, elle lui ferait défaut, au vu du nombre impressionnant de sujets qui peuplaient ces eaux. Il ne pouvait pas tous les garder à l'oeil.

Cependant, il y avait une solution assez simple: se focaliser sur certains d'entre eux, et observer leurs réactions. Plus tôt, Jinichizaki s'était retourné hâtivement en ressentant l'arrivée de son frère aîné, sans aucun signe avant-coureur. S'il était probable que le chakra ait amplifié ses sens, il s'agissait pourtant d'une caractéristique très certainement présente à moindre échelle chez leurs confrères normaux. Au vu de la disposition de leurs yeux, ils doivent avoir une vue exécrable. Ils se repèrent autrement. Dans cette nature cruelle, où chaque salamandre représentait un danger pour ses congénères en période de reproduction, elles devaient toutes êtres sur le qui-vive.

Tandis que l'homme échafaudait son plan, l'urodèle qui s'était jusque là prélassé dans le courant remonta à la surface, se servant de sa queue comme d'un aviron pour se diriger. D'un claquement sec de sa mâchoire, il aspira un petit batracien qui venait d'entrer dans l'eau. Tout autour de lui, les salamandres visibles s'agitèrent, avant de se calmer et de reculer peu à peu dans leur foyer improvisé. Il regagna bien vite le fond, où ses pattes lui permettraient de cheminer contre le courant.

Mais, tandis qu'il touchait au but et se préparait à rentrer chez lui, il fut interrompu par une autre présence. Un autre mâle s'était tiré de sa planque, et venait à sa rencontre bon gré mal gré. Sur ses appuis, cette fois, Sabaru était prêt à intervenir. Du moins, il le pensait, avant que les deux salamandres se mettent à accélérer brusquement pour se confronter avec violence. Son fourreaux fendit les flots hâtivement, pour venir buter contre ce qui semblait être le nez de l'un des deux belligérants. Aussitôt séparés, ils s'écartèrent avec hâte l'un de l'autre. Après avoir touché le fond, ils se mirent à ramper vers leurs rejetons respectifs, encore plus lents qu'au départ.

« Mais à quoi rime cette épreuve ? Dois-je démontrer mon adresse, ma patience ? »

Et la question resta entière, pour les quelques dizaines de minutes qui suivirent.

***

Les salamandres, lorsqu'elles se battaient, se servaient de leur mâchoire pour enserrer un membre, parfois la tête, de leur adversaire. Ensuite, en s'agitant, elles le brisaient et l'arrachaient. Assister à une décapitation aussi brutale était, en soi, assez répugnant et sanglant pour choquer le lambda.

Quand Fumazaki arriva, alors que la lune baignait les lieux de sa lumière argentée, il trouva le Kirijin installé sur son promontoire, un carnet en main. Autour de lui, le calme régnait. Plus aucune salamandre ne se battait pour sa survie.

Pour leur survie. C'était pour cela qu'elles se confrontaient, en mettant en danger leur vie et celles de leurs progénitures. C'est cette réflexion, pourtant toute simple, qui avait mené le kirijin vers son choix final.

« Pourquoi les as-tu laissés mourir ? »

Profonde, et chargée d'animosité, la voix de Fumazaki tira le shinobi de ses notes.

« Tu dois très certainement te rendre compte qu'il y a juste ce qu'il faut de survivants pour faire perdurer l'espèce. Je ne suis pas un expert, mais je le sais avec certitude.
Cela ne répond pas à ma question. »

Refermant son carnet dans un claquement sec, le Nō planta son regard assuré dans l'unique oeil que lui dédiait la salamandre. Jinichizaki, perché sur sa tête, transportait l'un des deux rouleaux qu'il avait aperçu sur la table de la chambre de Hanzaki plus tôt. D'un signe, il scella son calepin, qui disparut dans une volute de fumée, rappelé dans l'un des sceaux de commodités gravés dans l'un des brassards qu'arborait Sabaru.

« J'ai très vite remarqué l'état des salamandres. Elles devaient se nourrir d'urgence. Les insectes et autres proies évitent ce lieu, car ils ont ressenti la présence de prédateurs. Leur option était la suivante : se battre pour se nourrir, ou mourir en essayant. À force de veiller sur leurs portées, de se défendre et de chercher de quoi subsister, elles s'affamaient. En les empêchant de se battre, je ne ferais que retarder l'inévitable, en plus de les affaiblir et de risquer d'en voir mourir bien plus que prévu. Voilà ma réponse : elles sont mortes parce que d'autres devaient vivre. »

L'amphibien orangé abaissa les yeux vers son confrère démesuré, sa mine ne trahissant rien de ses pensées. Pour toute réponse, il eût droit à un coup d'oeil, ainsi qu'un grognement.

« Nous autres, les salamandres, avons vu défiler beaucoup puissants guerriers requérant notre aide. Nous allier aux puissants ne nous aura pas fait que du bien. Dans le déclin, nous avions besoin d'autre chose. »

D'un geste de son crâne massif, Fumazaki fit glisser son jeune frère sur la rive où se situait le Nō. Sans piper mot, il s'avança jusqu'à lui, et laissa le rouleau se dérouler sur l'herbe humide.

« Nous ne pouvons pas sciemment laisser Dejima pour réunir nos frères de nous-mêmes. Si Hanzaki t'a envoyé à nous, c'est probablement pour que tu t'acquittes de cette tâche. Par cette épreuve, j'ai voulu m'assurer que tu étais un homme réfléchi, et pas aussi survolté que ton chakra ne puisse le laisser penser. Ta force m'importe peu. Tu as été capable de prendre la bonne décision, de contenir les foudres qui t'animent. Tu as respecté la nature, et les Salamandres de Dejima. »

Jinichizaki s'approcha du kirijin pour lui tendre son couteau. Alors qu'il s'apprêtait à s'agenouiller et à s'entailler pour marquer de son sang le parchemin, il fut interrompu par un grognement de la salamandre vert d'eau.

« En inscrivant ton nom ici, tu t'engageras à vie avec mon peuple. En échange de ma force et de celle de Jin, tu devras t'acquitter d'une tâche : celle de réunir le clan des Rois de l'Archipel à Dejima. Si tu y manques, sache que nulle salamandre ne répondra à ton appel. Ton sang n'aurait servi qu'à souiller le Parchemin, et la mémoire des Salamandres de Dejima par la même occasion. Tu comprends bien que je ne puisse te pardonner un tel affront.
Le marché m'a l'air équitable. Je m'attendais à devoir payer plus que le prix du sang, de toute façon. »

Fumazaki hocha la tête doucement, ses traits s'étirant en un sourire apaisé. L'homme qui lui faisait face avait la tête sur les épaules, et savait ce qu'il avait à faire pour l'y garder.

Son sang se mit à suinter, d'une plaie fraîchement ouverte dans la paume de sa main gauche. L'index et le majeur de sa main droite s'y trempèrent, puis se déposèrent sur le parchemin.






De son sang, il inscrit son nom. À ses côtés, celui de Watanabe Shiori.

Une promesse de grandeur, ou un funeste présage; c'était au destin de la Salamandre d'en décider.


Fin du RP


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« Le faucon avisé sait cacher ses serres. »

Merci à Yume pour l'avatar
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