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Reconstruire sans faillir [Borukan Ashitaka]


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Dim 2 Juin 2019 - 11:27
L’oisiveté n’était pas à l’ordre du jour, et heureusement, car si il en avait été autrement, Iwa aurait certainement compté une autre bombe à retardement dans ses rangs, prête à faire feu de tout bois et à faire déferler sur le premier quidam venu un océan de colère. Le pugiliste aux cheveux rouges, depuis la dernière bataille menée pour défendre le village, depuis les pertes qu’elle avait signifié, était en effet dans un état d’ébullition constant, une cocotte minute sous haute pression qui n’avait presque aucune vraie envie de se retenir davantage. Mais l’état de la cité, pour le meilleur comme pour le pire, lui permit de justifier aisément d’investir son temps et son énergie dans toute autre chose qu’une quelconque quête vengeresse, qui aurait été à ce stade de toute façon totalement irréfléchie et condamnée, au mieux à un échec, au pire à une succession d’erreurs tactiques. Iwa avait besoin de lui, plus que jamais en un sens, surtout après ce phénomène énergétique qui était survenu après la bataille.

En effet, bien que l’Oterashi avait déjà commencé à défricher le terrain en explorant ses nouvelles facultés d’assimilateur, il disposait à présent d’un accès presque immédiat à ces ressources il y a quelques semaines de ça encore en sommeil. Tout était devenu, d’un seul coup, beaucoup plus fluide et naturel, comme si un verrou avait sauté dans son crâne, et quand on considérait le fait que des dizaines de shinobis étaient morts, dispersés en leur propre affinité à cause de cette vague d’énergie, ce n’était pas foncièrement surprenant. Yanosa avait au départ connu quelques couacs, comme ce moment dans le commissariat où ses bras, ses jambes et une partie de son visage s’étaient transformés sans même qu’il le veille, comme si son chakra avait été parasité par une entité extérieure, mais ces perturbations s’étaient depuis lors calmées, et il pouvait donc, en toute logique, aider à la reconstruction des bâtiments endommagés ou détruits pendant la dernière bataille.

Il n’était pas encore midi, ce jour-là, et le travail battait son plein dans les quartiers résidentiels touchés par l’attaque. Le guerrier à la toison rouge n’y connaissait pas grand-chose en maçonnerie, mais il se trouvait que depuis l’éveil de son pouvoir, celui-ci était particulièrement utile à l’établissement de bâtisses en pierre robustes et durables : placé sous la responsabilité d’un civil qui en avait, lui, fait son métier, il suivait donc ses consignes avec application, noyant ses émotions extrêmes sous ses directives en tâchant de les suivre à la lettre. Là où il fallait un mur, le tellurique posait les mains au sol, canalisait son pouvoir, et créait la matière nécessaire, faisant jaillir de terre le mur souhaité, avec la taille et l’épaisseur souhaitées, tout cela en quelques instants. Cela ne dispensait toutefois pas l’équipe de bâtisseurs d’oeuvrer de façon plus classique en parallèle, le chakra de l’Oterashi n’étant pas illimité. Yanosa alternait donc entre moments d’efforts et de concentration intenses et phases de repos et de restauration de son chakra, papillonnant d’un endroit à l’autre du chantier là où ses talents étaient les plus utiles.

Lui qui au fond exécrait quelque peu la vie marchande et commerçante, il était ravi d’avoir été affecté à une équipe chargée de restaurer les quartiers d’habitation. Plus que de pouvoir consommer, les iwajin avaient de surcroît d’abord besoin de se loger. Le contremaître, après un moment de répit, interpella de loin le pugiliste depuis un toit, lui demandant à nouveau d’aller faire pousser un mur du côté nord. Posant ses mains sur les genoux pour se remettre debout, Yanosa grimaça de douleur, une routine pour lui, et se mit en route. En chemin, alors qu’il passait entre plusieurs bâtisses encore inachevées où s’affairaient plusieurs ouvriers, un craquement sinistre se fit entendre. Écarquillant soudainement les yeux en percevant ce bruit caractéristique, le tellurique tourna la tête et vit l’un des murs, pourtant classés parmi les façades qui avaient tenu le coup, se détacher tout à fait du reste du bâtiment qu’il composait et tomber droit sur les ouvriers. Son sang ne fit qu’un tour, avant de disparaître tout à fait tandis qu’il se transformait intégralement en être de roche, et il se propulsa vers le petit groupe qui travaillait en contrebas sur les canalisations.

Instinctivement, Yanosa étendit son corps, perdant tout à fait sa silhouette humaine, et s’étira au-dessus des civils. Le mur lui tomba dessus, ce qui ne lui provoqua en soit aucune douleur, mais le poids faillit passer outre sa résistance et le faire s’effondrer sur les ouvriers. Le choc initial amorti, le Genin aux cheveux rouges se mit alors naturellement à fusionner avec les débris qu’il retenait encore, les assimilant jusqu’à pouvoir les repousser en douceur sur le côté, où il se reforma lui-même petit à petit, regagnant ses traits humains, essoufflé et fatigué. Il marqua quelques pas de recul, s’appuyant sur ses genoux pour reprendre son souffle. Le regard reconnaissant et respectueux des ouvriers, devant lui, valait bien la peine qu’il reste debout, même si il aspirait à s’allonger sans plus bouger le petit doigt pendant au moins quelques jours...


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Mar 4 Juin 2019 - 0:54
Après avoir ramené à l'hôpital l'irounin qui lui avait plus ou moins sauvé la vie en mettant la sienne en danger, Ashitaka avait commencé une ronde pour aider les gens qui étaient blessés et qui ne pouvaient pas bouger. Il aida ainsi un homme à sortir sa jambe de sous des débris, coupant une branche d'un arbre proche pour lui en faire une canne de fortune pour qu'il puisse aller de lui-même à l'hôpital recevoir des soins. Le Loup continua ses recherches, vérifiant l'état de quelques bâtiments, aidant les hommes à rassembler les cadavres ou les blessés, chargeant les iwajins suffisamment épargnés par le combat pour ramener ceux qui en avaient besoin aux centres de soins.

Alors qu'il se rapprochait des Crocs Rocheux, les dégâts résultants de l'attaque étaient plus visibles, plus nombreux. Heureusement, Iwa avait su arrêter la plupart des assaillants avant qu'ils ne puissent rentrer et détruire le village, sans quoi le village caché de la Roche serait dans un état bien moins glorieux, mais les pertes, bien que considéranblement réduites par rapport à ce qu'on aurait pu s'attendre suite à un assaut de cette ampleur, étaient réelles. Et les morts comme les blessés étaient nombreux. Chaque pas le lui confirmait, lui dévoilant un nouveau bâtiment en partie détruit sur sa façade, une nouvelle personne en train de se faire soigner, un nouveau corps sans vie.

Il se mordit la lèvre et accéléra le pas, surveillant toujours autour de lui, dans la recherche d'autres actions à faire pour son village. Il ne fallait cependant pas attendre, lancer les réparations, relancer la vie sans quoi la mort s'imposerait comme image dans l'esprit des iwajins. Pourtant... Pourtant c'était une victoire. Cette attaque sans la moindre annonce, sans bannière, elle avait été balayée par les défenseaurs mais c'était un mauvais signe. Celui que les batailles rangées ne seraient pas de mise, que les déclarations de guerre ne se feraient pas.

Dans ce climat, il fallait une direction forte et présente pour le peuple. Il comptait bien être cette figure. Mais derrière cette envie de diriger se trouvait bien une volonté du meilleur pour Iwa. Et son absence jusque là dans les tables décisionnelles était pour lui une erreur à réparer au plus vite. Sortant de ses pensées pour le futur, il se rendit compte qu'un mur était sur le point de s'écrouler. Mais alors qu'il était en train de commencer ses mudras, un homme se jeta sous les débris qui tombaient sur les quelques civils placés en dessous.

Un peu étonné par ce comportement, Ashitaka remarqua cependant la peau de l'homme en question changer de texture puis, sous l'impact des débris, absorber ces derniers alors que son corps s'était distendu pour protéger tous les civils. Un assimilateur doton. Intéressant. L'homme de terre se redressa alors, reprennant une forme normale. Les civils semblaient encore sous le choc, mirent quelques secondes avant de le remercier chaudement. Un léger sourire sur le visage, Ashitaka marcha vers lui.

« Belle réactivité. »

Il jeta un regard autour de lui, découvrant des ouvriers qui étaient en train de travailler. Un chantier de reconstruction, déjà, c'était plutôt encourageant. Les iwajins ne perdaient pas espoir. Aussi faut-il dire que ces hommes de la Roche étaient, tout comme lui, indestructibles. Le moral était fort, même dans les situations difficiles. Il avait déjà pu le voir aux morts des différents Tsuchikage ainsi que juste après l'attaque kirijine sur Iwa qui avait eu lieu il y a deux ans bientôt.

L'homme qui avait intercepté les débris était maintenant appuyé sur ses genoux, semblant épuisé après cette simple action. Sans doute les répercussions étaient plus importantes que le Loup avait pu le croire pour le corps d'un assimilateur.

« Ça va aller ? Besoin d'aide pour le chantier ? »

Le rouquin fixait l'homme aux cheveux rouge vif, lui proposant sa main pour l'aider à se redresser après cet effort ainsi que pour la lui serrer en signe amical.

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Mar 4 Juin 2019 - 21:20
Conscient de n’avoir fait que son devoir, Yanosa n’en retira pas moins de cette innocente fierté en voyant les ouvriers si reconnaissants pour leur vie. Relevant une main paume ouverte, il les salua en expirant lourdement, comme pour recueillir leur gratitude, avant de la ramener sur sa cuisse. La fatigue était cuisante, mais pas extrême, et l’Oterashi savait dès lors que la reprise du travail n’était pour lui qu’une question de volonté, même si son chakra était sérieusement entamé. Il y avait quelque chose de foncièrement grisant, dans le fait de sauver des vies. Le pugiliste savait qu’il s’agissait pour lui d’une obligation contractuelle, et qu’il n’aurait pas pu se dire shinobi d’Iwa s’il n’avait pas au moins tenté de sauver ces gens, mais il ressentait bel et bien, en plus de la satisfaction du devoir accompli, un plaisir assez égocentrique à le faire. Un plaisir presque coupable.

Mais alors qu’il tâchait de se nourrir de cette énergie pour se redresser et reprendre son travail sur le chantier, une voix l’interpella sur le côté. Tournant la tête, Yanosa identifia rapidement son origine : il s’agissait d’un jeune homme qui partageait, à y regarder, plus d’un trait commun avec lui, tels que ses cheveux rouges ou sa musculature marquée et empreinte de la force de la jeunesse.

« Ha.. Merci… Quand il faut, il faut... »

Les efforts fournis pendant un combat, en effet, avaient cela d’artificiel qu’ils devaient souvent être le fruit d’une réflexion et d’une analyse rapides, où il fallait peser la rentabilité de chaque mouvement. Quand il s’agissait de sauver des vies, en revanche, surtout dans ce genre de situation simple, tout était affaire de réactivité. Fronçant les sourcils, l’Oterashi regarda à nouveau vers le jeune homme qui s’approchait. Sans le connaître le moins du monde, il le reconnaissait pourtant assurément, et lui tendit sa main sans se faire prier pour se relever avec son aide tout en lui rendant sa poignée de main.

« Si t’es adepte du Doton, tu pourras sûrement aider, oué… En ce qui me concerne… c’est surtout d’un médic dont j’aurais besoin… pour me filer un petit coup de fouet. J’suis là-dessus… depuis un certain temps. » dit-il en désignant le chantier.

Le Genin aux longs cheveux rouges expira et inspira lourdement pour gorger son organisme d’oxygène, se tenant à présent les hanches en fixant au loin l’endroit où le contremaître avait sollicité son intervention un moment auparavant. Il posa à nouveau son regard sur le jeune homme, essayant de sonder son propre esprit pour voir si son nom y traînant quelque part, sans succès.

« On a déjà du se croiser… mais ton nom m’échappe. Moi c’est Yanosa. Yanosa Oterashi. C’est rare… de se sentir aussi utile qu’en ce moment, même si, au final… on s’en passerait bien. Allez... »

Remotivé, son souffle récupéré, il fit quelques pas vers le bâtiment à restaurer, mais s’arrêta net.

« Hmm… je peux peut-être tenter quelque chose d’ici, remarque. »

Il s’accroupit alors, visualisant à une dizaine de mètres de là le bâtiment qui avait besoin d’un morceau de façade, et plongea littéralement ses bras presque jusqu’au coude dans le sol devant lui comme si ne s’était agit que de beurre. Ses bras transformés en roche, il tâcha alors d’assimiler le sol devant lui, en faisant une extension de lui-même, ce qui causa au départ quelques secousses. Stabilisant sa prise sur son élément, il se sentit « arriver » au pied du bâtiment : de là, comme il l’avait fait auparavant, il créa la matière nécessaire, remontant le long de la paroi éventrée jusqu’à créer une réparation sur mesure presque aussi facilement que lorsqu’il l’avait fait à bout portant. Le tellurique fit ensuite sortir ses mains du sol, plutôt fier, mais suant d’autant plus à grosses gouttes.

« Hé ben… ça consomme… mais ça marche... »
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Mer 5 Juin 2019 - 11:40
L'homme semblait un peu dans les vappes suite à la forte consommation de chakra que devait lui engendrer ce genre d'intervention surprise. Il mit quelques instants à réagir, instants que le Loup lui accorda sans mal. Le voilà donc face à un jeune homme volontaire aux cheveux rouges tout comme lui, mais qui maîtrisait la terre quand lui dominait Yôton eau et vents.

« Je suis ni Irounin ni maître du doton, désolé. Par contre je maîtrise le Yôton le suiton et le futon alors intercepter ce genre de débris, je peux le faire facilement. Et s'il y a besoin d'une pièce précise, je pense être assez câlé avec mon Yôton pour la créer et la refroidir avec mon Suiton. Par contre je n'y connais pas grand chose en architecture donc je ne peux aider que si on m'indique quoi faire. »

Souriant légèrement, il ne voulait pas s'imposer mais plutôt se montrer comme une aide présente. Il jeta alors un oeil au chantier qui semblait bien avancer et regarda notamment les fondations. Ces dernières étaient solides et n'avaient certainement pas besoin de son aide. Il remonta alors petit à petit pour voir l'avancée des travaux sur ce bâtiment, et elle était plutôt bonne. Il remarqua seulement quelques éléments qui avaient besoin de consolidation selon lui et il échangea quelques mots avec un ouvrier proche pour avoir confirmation.

« Pour mon nom, je suis Borukan Ashitaka. Et c'est vrai que chaque paire de bras est utile en ce moment. »

Il creusa rapidement un trou dans un endroit non gênant et le remplit d'eau directement. Ainsi, il put créer ses formes de Yôton directement dans l'eau pour durcir rapidement ce dernier dans la forme qu'il lui donnait avant d'aider les ouvriers à les mettre en place là où ils le souhaitaient ou le lui indiquaient.

De son côté, Yanosa semblait bien s'en sortir sans qu'Ashitaka puisse dire exactement ce qu'il faisait puisqu'il paraissait agir directement sous terre et se fatiguer, être particulièrement concentré. Sans doute s'occupait-il de fondations moins solides que ce que ne l'avait supposé à première vue le Borukan peu connaisseur du domaine ?

« Si tu es trop fatigué pour utiliser ton chakra, n'hésite pas à simplement m'indiquer quoi faire puisque tu sembles plus câlé que moi. »

Le travail avant tout, Ashitaka ne voyait pas trop de raisons de forcer une conversation tant que la bâtisse n'était pas finie, et le déploiement de ce pouvoir d'assimilateur semblait exiger beaucoup de concentration de sa part. Aussi préféra-t-il ne pas trop s'étendre et le laisser maître de son temps, de sa manière de travailler. Le Loup restait cependant attentif à toute la zone, ses sens en alerte, prêt à réagir en cas de nouvel accident. Ce n'était pas le moment d'allonger la liste des morts à déplorer.

Après un moment à travailler ainsi, il se redressa, regardant un peu l'avancée des travaux. C'est à cet instant qu'il remarqua un ouvrier sur le point de tomber. Réagissant rapidement, il le poussa légèrement avec un mudra, un courant d'air le remettant droit sur ses pieds. Il fit un signe de tête à l'homme qui avait visiblement compris que quelque chose venait de le sauver d'une chûte, non pas mortelle mais qui aurait probablement eu raison de ses jambes pour les deux prochains mois voire plus s'il était malchanceux.

« Une pause pour tout le monde me semblerait la bienvenue messieurs dames. Je sais que le village est blessé, mais ne vous tuez pas à la tâche. À chaque jour suffit sa peine. »

Nouveau sourire, pointé de tristesse. Chacun voulait avancer aussi vite que possible mais ils ne devaient pas ignorer les limites de leur corps. S'ils continuaient ainsi, les accidents se multiplieraient. Le travail accomplit était déjà plus que remarquable, il ne fallait pas trop tirer sans quoi l'effet inverse se produirait. Il se tourna alors vers l'Oterashi qui avait fait une part plus que raisonnable du travail et regarda un peu son état après tous ces travaux. Se sentait-il d'attaque pour continuer ou avait-il lui aussi besoin de souffler ?

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Jeu 6 Juin 2019 - 12:52
Si il avait vaguement espéré que ce nouvel arrivant soit un adepte du Doton pour pouvoir patager avec lui la charge de travail, Yanosa déchanta rapidement lorsque son interlocuteur lui détailla le panel au demeurant très impressionnant des affinités qu’il maîtrisait. Et au-delà de leur nombre, ce fut la nature de l’une d’elles qui le fit tiquer. La lave, avait-il dit ?

« Ah, je vois. Impressionnant comme curriculum… J’en serais presque jaloux. »

Mais il savait que dans l’absolu, il était déjà très chanceux de pouvoir compter depuis quelques temps sur son pouvoir particulier, son lien privilégié avec la Terre, et que sans celui-ci, en dépit de tous ses efforts, il aurait horriblement stagné en tant que shinobi. Mais plutôt que le sien, c’était le pouvoir du jeune homme qu attirait davantage son attention, et lorsqu’il lui donna finalement son nom, tout fit sens dans son esprit.

« Aah, un Borukan, oui, évidemment.Content de te rencontrer officiellement Ashitaka. Entre la lave et ton Suiton, il y a effectivement quelque chose à faire. Demande au contremaître de quoi il a besoin, moi je t’avoue que j’apprends le métier sur le tas, je te serai pas d’une grande utilité au niveau technique... Mais, à deux, on ira certainement plus vite. »

Mais, du coin de l’oeil, Yanosa s’aperçut que le Borukan avait déjà les choses bien en main, creusant rapidement une cuve dans le sol qu’il remplit d’eau grâce à son Suiton après quelques mudras. Se dirigeant vers la bâtisse où un pan de mur venait de s’écrouler, l’Oterashi jeta un coup d’oeil en arrière tout en s’accroupissant face à la base du mur encore intacte pour observer le Yoton d’Ashitaka en action. La lave s’écoula de ses mains, créant des volutes de fumée épaisses et un bruit d’évaporation particulièrement intense. Même sans Doton, ce gaillard semblait tout à fait capable d’aider sur le chantier, se dit le pugiliste aux cheveux rouges, et il put d’autant plus sereinement s’atteler à son propre travail. Avec leurs efforts combinés, sous les consignes du contremaître, le chantier du quartier avança à vitesse redoublée, les formes d’obsidienne noire d’Ashitaka se retrouvant fermement fixées dans les failles et autres trous par de petites interventions du Doton de Yanosa, faisant économiser de grandes quantité de chakra à ce dernier.

L’entente et la coopération entre shinobis, ainsi qu’avec les civils aux compétences techniques cruciales, faisait réellement des merveilles. Une alchimie qui, l’espace d’un long moment partagé, fit oublier à l’Oterashi la colère qui faisait rage en lui depuis l’issue de la bataille. S’épuiser à la tâche, voilà un bon moyen de se gorger d’énergie positive, même si cette énergie faisait encore pâle figure face à l’ampleur de la tempête qui battait son plein dans son coeur. Soudain, tandis qu’il terminait péniblement l’établissement de nouvelles fondations, le guerrier rouge entendu un glissement caractéristique, un prélude de tragédie, quelques mètres plus loin. A peine eut-il le temps de se relever d’un bond en titubant presque sur le côté qu’il vit l’ouvrier dans les airs, presque suspendu, accompagné vers le sol par des vents concentrés sous son corps. L’intervention que fit ensuite Ashitaka, qui venait de secourir cet ouvrier, fit absolument sens dans l’esprit de Yanosa, même si il avait un mal fou à admettre qu’il faille s’interrompre pour récupérer des forces.

Allant s’échouer contre un mur refait récemment, il y glissa jusqu’à s’asseoir au sol, les bras sur les genoux, expirant un grand coup.

« Oué… ça me coûte de l’avouer… mais c’est plus sage. On aura tout le temps qu’on veut pour mettre nos vies en danger plus tard. Quand ça en vaudra vraiment la peine. »

Il marqua une pause, songeur. Ashitaka semblait à peu près du même âge que lui, et contrôlait pourtant avec brio pas moins de trois affinités, en plus e le faire avec une maîtrise bien supérieure à la sienne lorsqu’il s’agissait de son pouvoir d’assimilation. Son envie était dure à réprimer, mais d’autres émotions prenaient le pas dessus pour le meilleur comme pour le pire.

« Merci pour ton aide. Elle était pas de trop… J’ai hâte que tout ça soit fini. Qu’on puisse arrêter de réparer, de soigner, et de réparer encore… La dernière fois… La dernière fois que c’est arrivé, ça m’a coûté presque deux ans de coma. Cette fois, je m’en sors mieux, et pourtant… J’ai l’impression d’être tout aussi impuissant. Que des chaînes invisibles nous retiennent… Dis moi… Avec ton assurance, tes compétences… tu dois au moins être Chûnin, je me trompe ? On peut se sentir aussi frustré dans ces moments là ? Aussi… incapable de prendre les initiatives qu’on sait nécessaires ? J’ai été dans les chaussettes d’un gradé quelques semaines avant mon coma, mais le contexte était différent. Je n’imaginais pas… qu’on pouvait se retrouver avec autant… de colère… sans pouvoir rien en faire. C’est à en perdre la raison, et sans raison, dans notre corps de métier…. On finit vite sa carrière. »
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Ven 7 Juin 2019 - 11:52
Le travail avançait bien et le soleil baissait doucement dans le ciel. Il ne devait être que le milieu de l'après-midi mais déjà la longue journée de labeur se faisait sentir partout. Aussi, la pause que le Borukan proposa fut acceptée par tous, chacun comprennant le danger de s'obstiner pour gagner quelques minutes. Souriant face à cette réponse positive, l'homme setourna vers Yanosa qui semblait avoir un moment d'hésitation avant que ce dernier ne s'installe contre un mur.

Le rejoignant, Ashitaka se posa contre un autre pan d'une nouvelle bâtisse en équerre, s'installant à quelques mètres de lui pour discuter calmement sans être trop proche, lui laissant la place de respirer pour mieux se reposer. Question d'intimité aussi, ce n'était pas très agréable d'être collé sans raison à quelqu'un dont on connaissait tout juste le nom. Enfin, c'était son avis.

Le loup écouta alors un long monologue de l'Oterashi qui lança la conversation. L'homme semblait couver une rancoeur interne, allez savoir contre quoi, mais elle semblait bien réelle. La sensation d'impuissance alors ? Il s'en veut peut-être à lui-même de ne pas avoir pu faire plus pour peser dans la balancer et éviter plus de morts et de destructions ?

« C'est normal. Je suis aussi Iwajin. Même si ce n'est pas mon toit, j'aide à rebâtir. Parce que c'est Iwa et qu'Iwa est ma maison. Iwa est ma famille. Alors je ne compte pas m'arrêter tant qu'Iwa aura la moindre plaie. Tu sembles avoir un passé dur, mais tes efforts ne sont pas invisibles, ils ne sont pas sans but. »

Le Loup prit quelques instants pour pour continuer, cherchant légèrement ses mots.

« Pour la colère qui peut t'habiter, la seule chose que je peux te conseiller c'est d'apprendre à la canaliser. Pour ça, les arts martiaux sont très utiles. Les Samouraïs excellent particulièrement dans cet art. Sans avoir à apprendre à manier le katana et le chakra comme eux, discuter avec eux du Bushido pourrait t'aider. Sinon, tu peux aussi simplement apprendre par toi-même. C'est ce que j'ai fait personnellement, Ça a plutôt bien marché. Pour ce qui est de la mort, elle est partout autour de nous, on ne l'évitera pas. Alors autant profiter sans se laisser dévorer par la haine. Non ? »

Il sourit un peu, essayant de lui donner quelques pistes. Il n'était cependant pas connu pour ses capacités de professeur, se contentant de dire quelques banalités qui pouvaient être utiles de rappeler à Yanosa. Le rouquin observa alors les ouvriers qui discutaient entre eux, le contre-maître faisait le tour du chantier, vérifiant que rien n'allait s'écrouler pendant cette pause.

« Ah, et je suis Jônin. Et je ne compte pas m'arrêter là. Les évènements laissent Iwa avec trop peu de guides, j'espère pouvoir en faire partie cette fois-ci. »

Un léger sourire aux lèvres, il s'étira un peu avant de s'installer plus confortablement. La pause était méritée, il avait utilisé une certaine quantité de chakra et respirer un peu ne faisait pas de mal. Autant en profiter.

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Sam 8 Juin 2019 - 0:04
En diagonal par rapport à lui, le Borukan s’était installé peu ou prou dans la même position, créant ainsi un effet miroir qui n’était pas pour déplaire à Yanosa. En effet, pour lui qui était prompt à tomber dans l’excès d’envie ou dans les méandres du complexe d’infériorité, voir ainsi un homme de son âge significativement plus qualifié se mettre à sa hauteur avait, symboliquement, un poids assez important. Il devrait être au-dessus de ça, et il le savait, mais il ne pouvait pas s’empêcher de comparer mentalement toutes les qualités martiales que pouvaient posséder ses voisins aux siennes, remarquant ainsi d’autant plus facilement ses faiblesses, ses lacunes, et tous les aspects du combat qu’il pouvait encore améliorer. La lumière au bout du tunnel, heureusement, était aujourd’hui une réalité tangible pour le pugiliste. Depuis qu’il avait découvert et maîtrisé au moins en partie son pouvoir d’assimilation, des possibles démultipliés s’étaient ouverts à lui, et il lui appartenait, et à lui seul, de les explorer, des les raffiner, et de les maîtriser. Et cela, il en était certain, il en était plus que capable. Il avait pourtant fini sa tirade sur un brin de pessimisme, possédé qu’il était ces jours-ci par un mélange indissociable de colère et de frustration qu’il avait du mal à gérer : aussi, lorsque Ashitaka entama sa réponse avec assurance, il l’écouta avec soin. Et dans la première partie de son propos, il se retrouva absolument.

« Iwa… Oui, c’est vrai. J’ai toujours eu du mal à me sentir partie intégrante de quelque chose. Ce n’est que depuis que j’ai commencé à travailler ici… que j’ai découvert peu à peu ce que pouvait être une famille. J’ai toujours du mal à l’accepter, cela dit… Trop confortable, en un sens... »

Le Borukan disait vrai, en ce sens que Yanosa voyait bien que ses efforts amenaient un bien concret à la population, et qu’il participait à un ouvrage plus grand, plus global, qui devait ultimement mené à la sécurité absolue pour toutes et tous au sein de Tsuchi. Mais les utopies et l’Oterashi ne faisaient pas bon ménage, et si il restait convaincu du bien fondé de leurs actions, demeurait convaincu malgré tout de l’inexorabilité de la violence et de ses manifestations aussi plurielles que vivaces. Peut-être était-ce cela, au fond, qui l’empêchait de se laisser aller au réconfort d’avoir des camarades, des amis, de faire partie de cette famille militaire, ou peut-être était-ce tout simplement dû à la déception profonde, à la blessure qu’il gardait gravée en lui vis-à-vis de son premier modèle familial.

Ashitaka, après un instant, reprit son discours en abordant cette fois le sujet de la colère, cette colère qui le rongeait de l’intérieur, lui le simple Genin d’Iwa qui avait envie de combattre le monde entier. Et aussi pertinente que fut sa première intervention, lorsque le guerrier aux cheveux longs et rouges l’entendit parler de contrôle et de mantra samourai qui pourrait l’aider à supporter le poids de ses émotions, il eut un rictus désabusé. Et aussi assurément qu’il ne souhaitait pas manquer de respect à son coéquipier du jour, son langage corporel véhicula l’idée que ce qu’il entendait n’était pas du tout en phrase avec sa réalité à lui. Avec un brin d’ironie dans la voix, il tâcha alors de lui répondre, sans artifice, sans se cacher derrière un hochement de tête poli et bienvenu en pareilles circonstances.

« La canaliser… J’excelle déjà pour ça, en réalité. Tant de choses… me révulsent. M’irritent. Me retournent les nerfs, tous les jours. Depuis mon réveil, surtout. J’ai bien été obligé de trouver un moyen, pour ne pas finir englouti par… par tout ça. On m’a aidé, heureusement. Mais j’ai autant appris des échecs de mes camarades à m’engager sur une voie que de leurs quelques réussites, si ce n’est plus. J’ai appris à respecter le Bushido… tout comme j’ai appris qu’il n’était pas fait pour moi, katana ou pas.

Je pense qu’au fond… j’ai besoin de ces douleurs… de cette souffrance, agressive, pour trouver l’énergie qu’il me faut. Le problème… c’est que cette énergie a peu d’endroits où se déverser. Pas assez en tout cas ces derniers temps. La mort… C’est peut-être une fois mort, finalement, que j’aurais une idée de ce qu’est la vraie paix. Aussi dur et longtemps qu’on puisse essayer sur cette Terre, elle semble en tout cas se dérober toujours davantage... 
»

L’Oterashi, qui se dévoilait peu à peu, voyait peu d’intérêt à cacher son ressenti à sa nouvelle connaissance. Il n’avait pas d’agenda secret, de plan machiavélique, de manigances à long terme, et accordait au fond assez peu d’importance à ce qu’on pouvait penser de lui, pourvu qu’on le laisse faire ce qu’il aimait. Se bâtir une façade sociale avenante représentait pour lui bien trop d’efforts inutiles, des efforts presque douloureux pour son esprit, qu’il n’était pas du tout enclin à consentir.

« Ooh… je vois. On est ambitieux, alors ? Avoir la marge de manœuvre d’un Chûnin serait déjà un premier pas pour moi, et j’ai assez peu la notion, finalement, de ce qu’un Juunin est en mesure d’accomplir seul… L’autonomie. C’est peut-être ça après quoi je cours. Et qui se refuse à moi. »

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Sam 8 Juin 2019 - 13:13
Le Loup écouta tranquillement le genin de son âge. Ce dernier disait avoir du mal à se sentir intégrer, mais ses explications montraient que cela venait plus de lui-même que des autres. C'était ses sensations qui le poussaient à croire ceci plus que des arguments logiques et construits. Ashitaka n'était malheureusement pas capable de trouver des solutions à ce genre de problème, il pouvait seulement répéter ce qu'il avait entendu ça et là.

« Je vois. L'accepter ne veut pas dire non plus se laisser aller tu sais. Tu peux le prendre en considération et continuer de donner tout ce que tu peux pour que ce soit encore mieux. C'est un peu simpliste, un peu utopique, mais cette vision des choses aide aussi à garder le moral dans les moments où on pourrait flancher. »

Le Borukan lui expliqua alors les possibilités qu'il connaissait mais cela sembla irriter le jeune homme aux cheveux rouges face à lui. Sans doute lui avait-on déjà proposé ceci. Loin de s'en offusquer, Ashitaka l'écouta à nouveau jusqu'au bout, hochant un peu la tête, se tenant un peu plus droit pour mieux lui prêter attention.

« Si tu ne te laisses pas déborder et que tu parviens à avancer, c'est le principal. Veille juste à ce que ça ne prenne pas ta capacité à avancer. Et la mort arrivera en temps voulu ne cherche pas à la rejoindre trop tôt. Je suis certain que tu as des gens proches de toi qui ne souhaitent pas te perdre, même si tu ne le vois pas. Garde ça en tête et fais de ton mieux pour Iwa. C'est notre devoir à tous. »

Il lui dit alors ses ambitions avec son grade, et la réponse de l'Oterashi le fit sourire. Oui, il était ambitieux. Il le savait et il était prêt à affronter les murs qui se dresseraient devant lui, quels qu'ils soient. Iwa devait avancer, elle ne pouvait plus prendre autant de temps pour réfléchir comme elle l'avait fait jusque là. Ces temps étaient certes nécessaires mais ils devaient être plus efficaces. Parce que le mystérieux Homme au Chapeau continuait d'avancer ses pièces dans l'ombre et eux ne voyaient rien, ne faisaient rien. Ils envoyaient quelques groupes ça et là pour des résultats minces voire négatifs. C'était rageant.

« Le grade, tu l'auras sans doute quand on aura une Ombre qui sait faire avancer la barque. Ces derniers mois, elle a été trop stable. Difficile de faire ses preuves dans une situation pareille. Certes, cela nous a peut-être aidé à défendre le village cette fois-ci, de ne pas avoir nos troupes ailleurs dans le Yuukan. Mais peut-être manquons-nous d'informations cruciales. Peut-être allons-nous subir le contrecoup de ce manque de mouvement dans les prochains mois, dans les prochaines semaines. Je pense que le village ne doit plus se contenter d'attendre que tout lui arrive dessus. Il doit prendre l'initiative pour une fois. »

Ashitaka avait regardé droit devant lui pendant sa tirade, au loin, comme s'il y cherchait l'avenir et ce qu'il pouvait contenir en lots de dangers et de misères qui s'abattraient sur Iwa. Il voulait aller de l'avant, ne plus patienter. Il se tourna à nouveau vers Yanosa, encore un peu pensif.

« J'ignore à quel point il est complexe d'apprivoiser un pouvoir comme le tiens. Mais entraîne-toi et fais en sorte d'avancer vite. Le futur est plus proche que ce que l'on croit, j'en suis certain. Être prêt à se battre ne suffira pas, mais cela sera nécessaire. Et ce, au meilleur de nos capacités. Quant à l'autonomie, c'est une liberté mais c'est aussi un poids. Être autonome signifie aussi avoir des responsabilités plus lourdes. Se tromper ne concerne plus seulement soi mais aussi les autres. Son équipe, son clan, son village. Ce n'est pas un cadeau, l'autonomie dans un village caché. C'est une épée à double tranchant. Libératrice mais asservissante. N'y vois pas un conseil d'éviter de monter en grade, c'est juste une petite indication. L'autonomie n'est pas forcément un but, c'est plutôt un moyen d'atteindre ce que l'on souhaite. »

Souriant légèrement, il se releva pour attraper son sac, sortant une gourde d'eau fraîche qui l'aiderait à reprendre le travail. Buvant quelques gorgées, il la tendit ensuite vers Yanosa.

« Un peu d'eau pour repartir ? »

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Sam 8 Juin 2019 - 22:26
Voir et entendre le Borukan aussi soucieux de sa situation au sein du village et dans l’exercice quotidien de ses fonctions de shinobi avait de quoi remplir le cœur de Yanosa d’une vague de chaleur doucereuse et agréable. Un confort, presque superflu, qu’il ne savait pas vraiment apprécier à sa juste valeur, ou du moins dont il ne savait pas profiter comme il l’aurait pu. Dans son esprit, ce qui était trop positif recelait nécessairement une faille, un élément de faiblesse, un défaut capital, qui rendait toute finalité caduque et inutile. Et si il restait conscient de la pertinence de certains des propos tenus par Ashitaka, quelque chose au fond de son esprit lui soufflait que la vérité, c’était lui qui la détenait et personne d’autre. Notamment sur la question des êtres chers qui, supposément, pensaient à lui et craignait pour sa vie. Une bien belle hypothèse, qui ne trouvait malheureusement d’écho pour l’Oterashi que dans le néant de ses relations avec sa famille, et qui faisait simplement remonter, au final, le ressentiment le plus primaire et personnel qu’il détenait en lui, le conservant dans une cage comme un précieux souvenir, une ancre inamovible, la fondation de son monument.

« Je connais mon devoir. Je n’aspire qu’à le remplir. Mais… pour moi-même, finalement. Pas pour autrui. Pas pour avoir la chance de revoir le visage des gens que j’...j’apprécie. La satisfaction d’oeuvrer pour ce tout qu’est Iwa, là je peux m’y retrouver. Quant à la mort, elle ne m’attire pas, mais m’intrigue assurément, ce qui est heureusement assez différent. Et il est logique, au fond, que des hommes et des femmes comme nous s’intéressent à elle, vue la part de nos vies qu’elle accapare. »

Lorsqu’Ashitaka aborda ensuite le sujet de la stagnation qui frappait le village, les yeux du pugiliste s’illuminèrent d’une lueur nouvelle, se rendant rapidement à l’évidence que le manieur de lave était, sur ce point, sur une longueur d’onde très similaire à la sienne. Trop de sur place, trop d’hésitation, pas assez d’initiative : même à son niveau, Genin de son état, Yanosa avait ressenti tout cela, s’en était agacé, mais n’avait rien pu faire pour déverrouiller quoi que ce soit. Et voir un Juunin faire montre des mêmes regrets et frustrations avait à la fois quelque chose de rassurant et d’effrayant. Car si même un haut gradé ne parvenait pas à faire infléchir la trajectoire d’Iwa, qui le pouvait si ce n’était le Kage lui-même ou ses plus proches lieutenants de confiance ? L’Oterashi comprenait mieux, dès lors, que le Borukan fasse état de telles ambitions. Tout comme lui, il voulait agir, être proactif et trancher dans le vif. A quel point, cela restait toutefois à déterminer, et le guerrier rouge fit cette fois preuve d’un minimum de retenue.

« Tu prêches un converti, Ashitaka. Constater et partager, en quelque sorte, cette impuissance, c’est rassurant et terrible à la fois. Je voudrais aller sur le terrain... Traquer l’information, les responsables. Je m’en sais capable, à présent. Rien ne pourrait se mettre sur ma route, et encore moins appuyé par des coéquipiers qualifiés. Mais, j’obéis aux ordres. C’est ce qu’on m’a appris… et c’est ce que je fais. »

Le Borukan cru ensuite nécessaire de rappeler les vertus et le caractère indispensable de l’entraînement et de la préparation, ce à quoi Yanosa ne put qu’acquiescer sans en rajouter. Il faisait déjà, en la matière, tout ce qui était humainement possible, et parfois même un peu plus. Depuis qu’il avait découvert son pouvoir, il l’avait exploré, l’avait conquis, au moins en partie, et couplées à la santé retrouvée de son corps, ces nouvelles facultés allaient l’aider à avoir la force de ses convictions. Et, de la même façon qu’il avait manifesté son accord absolu sur la question de la politique d’Iwa, le pugiliste aux cheveux rouges ne put que trouver un écho parfait de ses propres convictions dans les propos d’Ashitaka sur la question de l’autonomie.

« Oh, ça, c’est évident. Ça fait bien longtemps que j’ai passé le cap de l’adolescence, tu sais, même si je ne suis certainement pas devenu shinobi depuis aussi longtemps que toi. Si je cherche à obtenir plus de liberté dans le cadre de mon travail, c’est évidemment pour endosser les responsabilités qui vont avec. Je sais, que je peux les gérer. Parce que… aussi prétentieux que ça paraisse… je me trompe rarement. Et je sais… surtout maintenant… ce que je peux apporter à Iwa. »

D’une certaine façon, il se morfondait, mais ce n’était pas comme si il avait rien d’autre à faire et à penser, en cet instant précis, que ses aspirations les plus pressantes. Le village avait besoin de lui, pas pour combattre, pas pour sauvegarder ses intérêts à l’extérieur ni promouvoir l’économie de Tsuchi, mais pour se reconstruire lui-même. Ashitaka lui tendit une bouteille d’eau, qu’il réceptionna bien volontiers en absorbant rapidement de grandes gorgées d’eau. Cette conversation, bien qu’orientée sur des sujets synonymes de souffrances lancinantes et de frustrations de fond, l’avait aidé à évacuer un peu de ses pensées parasites. Il ignorait si le Juunin ferait usage, d’une façon ou d’une autre, de ce qu’il lui avait confié, mais peu importait. Il ferait ses preuves, autant qu’il le faudrait, pour avoir les moyens de ses ambitions. Se relevant, l’Oterashi s’étira longuement en expirant.

« Merci, ça aussi ça fait du bien. Allez… Genin comme Juunin, on est là aujourd’hui pour la même chose. Allons voir si on peut pas consolider la base de cette tour effondrée là-bas, avant de lui refaire une beauté... »


Dernière édition par Oterashi Yanosa le Lun 10 Juin 2019 - 21:37, édité 1 fois
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Lun 10 Juin 2019 - 21:14
Ashitaka prit le temps d'assimiler un peu toutes les réponses que pouvait lui faire Yanosa. Dans l'ensemble, il ne semblait pas vraiment pessimiste, mais il y avait ce fond un peu étrange qui lui donnait une impression qu'il n'arrivait pas à qualifier. Il semblait septique à la plupart des arguments optimistes en tous cas.

La part de la vie des shinobis que la mort occupait était certes grande, plus que pour la plupart des gens, mais le Loup n'avait jamais vu ça comme quelque chose de définitif, d'inévitable à court terme. Il savait qu'elle viendrait et il l'affirmait lui-même, mais il n'était pas de ceux qui l'attendaient avec impatience. Lui jouer quelques tours était d'autant plus intéressant.

« Attention à cette idée. On se trompe tous à un moment ou à un autre. C'est peut-être plus rare pour certains, mais ça finit toujours par arriver. Et quand c'est plus rare, c'est plus dur à accepter. Et d'avancer en conséquence. »

Le Loup récupéra finalement sa gourde et la rangea dans son sac. Il s'échauffa un petit peu de quelques gestes de bras, puis se dirigea vers le contre-maître, prêt à suivre à nouveau ses directives. Les ouvriers semblaient avoir bien profité de cette pause improvisée par l'homme aux yeux ambrés et s'y remirent avec une ardeur retrouvée. Ils avancèrent ainsi jusqu'à la fin de la journée, le gros-oeuvre étant totalement fini.

Un léger sourire de satisfaction sur le visage, Ashitaka regardait les travaux terminés pour cette bâtisse. Les shinobis n'étaient plus nécessaires ici, il s'agirait plus d'un travail de finitions que les artisants feraient d'autant mieux sans qu'ils ne soient dans leurs pattes. Le Borukan se retourna alors vers Yanosa, bien fatigué, observant un peu son état. Il n'y avait pas eu d'autre incident à déplorer ici, mais le travail pour la ville n'était pas fini.

« Tu comptes enchaîner ou tu as eu ta dose pour la journée ? Personnellement je comptais aller faire un tour au bar pour voir un peu comment se remettent les populations de ce choc, prendre la température, et profiter d'un bon verre de saké suite à cette longue journée. Si ça te tente, tu peux venir aussi. »

Calme, il regardait le genin, l'invitant à le suivre si ce dernier le souhaitait. Ils pourraient alors discuter d'autre chose si l'Oterashi en avait envie, ou il se contenterait de faire cette part plus informelle de ce qu'il considérait être son devoir seul, avec les habitants du quartier.

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Mar 11 Juin 2019 - 13:51
Son gosier rafraîchi, ses muscles et son chakra reposés, Yanosa se sentit d’attaque pour reprendre le travail et se releva quelques instants après, jaugeant de nouveau Ashitaka du regard. Le bougre semblait en bien meilleure forme que lui, et même s’il était arrivé un peu plus tard que lui sur le chantier, il lui apparut malgré tout évident qu’il était doté d’une constitution supérieure à la sienne. Cela avait de quoi l’attrister, et le frustrer encore une fois, mais l’Oterashi savait d’où il revenait, et devait déjà se satisfaire d’avoir récupéré son niveau physique d’antan. Le Borukan, fort de son grade de Juunin, avait du mener une carrière complète et ininterrompue, et avait donc nécessairement plus d’expérience que lui. Mettant ces considérations envieuses de côté, et prenant note sans relancer le débat du dernier avertissement du jeune homme, le pugiliste se remit au travail de concert avec lui en suivant à nouveau les directives du contremaître. Apprenant peu à peu l’un de l’autre, les deux shinobis parvinrent à accélérer la cadence avec efficacité et bientôt, alors que le jour arrivait à son terme inexorable, ce fut tout le quartier qui fut entièrement rénové. Ne restait alors que les finitions de confort à installer, responsabilité des seuls ouvriers.

Un tantinet exténué, l’Oterashi se prépara à rentrer chez lui après avoir salué l’équipe et rejoignit Ashitaka pour faire de même avec lui, mais se vit coupé l’herbe sous le pied par une idée assez habilement tournée par le Borukan. Il était apparemment certains devoir, ne lui en déplaise, qui allaient au-delà de la simple protection, et qui pouvaient même étrangement ressembler à un moment de détente entre collègues après un dur labeur. Le pugiliste aux longs cheveux rouges ne put réprimer un petite rire, amusé, sachant quelle allait être sa réponse à l’invitation savamment formulée par le Juunin.

« Ha… c’est pas souvent… qu’on a l’occasion d’entretenir ce lien de proximité avec les civils, hein ? Pas assez souvent en tout cas. Allez, je t’accompagne. Allons tâter la température.. et la qualité de leur breuvage. »

D’un pas un peu las, caractéristique d’un homme au corps labouré par la fatigue, Yanosa accompagna donc le Borukan dans le centre commerçant où la soirée commençait tout doucement à se lancer, baignée dans la lumière brisée du soleil qui avait disparu derrière les chaînes de montagnes. D’un commun accord, ils entrèrent dans l’un des bars de l’artère principale du quartier, où déjà hommes et femmes semblaient s’alcooliser seuls ou en groupes avec un entrain palpable.

« L’humeur est à la célébration on dirait… ou à l’oubli, c’est selon. »

Le tellurique se fraya un passage jusqu’au comptoir pour s’y installer en créant un espace pour Ashitaka, faisant signe au tenancier de la main pour annoncer sa commande.

« Une carafe de votre meilleur saké, deux verres. Merci. »

Yanosa n’était pas vraiment un afficionados de la boisson, mais savait s’accommoder de quelques verres pour partager un moment agréable en gardant ses sens à peu près intacts. A peu près. Les conversations de tous côtés semblaient avoir pour focus l’autosatisfaction de la victoire, comme si une forme de fièvre s’était emparée du tout venant pour aider la population qu’elle était peut-être passée à deux doigts du trépas. Quelques individus plus isolés et moins nombreux, eux, se morfondaient au contraire sur des tables solitaires ou à une extrémité du comptoir.

« Hm. Ajoutez-nous une assiette de viande séchée s’il vous plait. Je vais avoir besoin de solide... »

Il songea un bref instant à sa découverte dans les tréfonds insondables du village, et à ses conséquences potentielles sur le sursis dont profitait la population. Il balaya cette pensée, reportant son attention sur le Borukan, associant son visage au magma qu’il avait vu dans les profondeurs.

« On pourrait presque croire, en les voyant.. qu’on vient de remporter une grande victoire. Qu’on a accompli quelque chose. On est assez loin de la réalité, mais pour eux… C’est peut-être mieux, finalement, qu’il se voilent un peu la face. Tout le monde n’a pas besoin de vivre… dans l’appréhension et la peur, même si la mort de Kyoshiro est une réalité pour tout le monde. »
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Sam 15 Juin 2019 - 13:55
Ashitaka eu un léger sourire amusé. Oui, il avait tourné l'idée de manière à la rendre un peu plus noble. Mais il y avait un fond de vérité dans ses paroles, il ne comptait pas juste boire mais réellement voir comment se remettait le village en interne. C'était important que tout se remette bien en place, un village uni qui avançait dans la bonne direction.

« Un travail tout aussi important bien qu'un peu plus sympathique, on ne peut pas le lui enlever. »

Choisissant un bar avec l'Oterashi, ils s'y engouffrèrent pour découvrir un peu l'ambiance qui y régnait. Visiblement, ce n'était pas la dépression qui était de mise, et c'était rassurant. Se morfondre n'aidait à rien. Passant au travers des fêtards, le Jônin s'installa au comptoir à côté du genin, s'étirant un peu au passage.

« Un peu des deux. Il faut profiter d'être en vie pour ceux qui n'ont pas cette chance. Je suis plutôt de cette philosophie. »

Attrapant le verre tendu par le barman, l'homme aux yeux dorés en but une gorgée pour commencer à se détendre un peu, pour profiter du moment. Le liquide transparent était en cela agréable qu'il était honnête. Lorsqu'il buvait un verre de saké, le Borukan le savait, il n'y avait pas cette traitrise de certaines boissons qui se camouflaient sous des goûts sucrés et se montraient particulièrement vicieuses.

Laissant Yanosa s'installer un peu, il était prêt à l'écouter avec attention, ayant aussi proposé ceci pour une discussion informelle. Il n'aimait pas particulièrement les face à face dans un bureau, sans doute la raison pour laquelle il n'était pas dans une unité spéciale jusque là. Qui sait, peut-être changerait-il si jamais il atteignait son but ultime, devenir Tsuchikage. Mais pour l'instant, il avait ses préférences et attrapa un morceau de viande dans l'assiette.

« Je ne pense pas qu'ils se voilent la face. Je pense juste qu'ils sont heureux d'être en vie et que c'est leur manière de le célébrer. Tous n'ont pas la chance de pouvoir le faire et ils en sont conscients. C'est important de vivre. À quoi ça sert de gagner si c'est pour se laisser mourir de chagrin ? »

Ashitaka avait une philosophie de vie assez marquée et n'avait pas peur de l'affirmer. La vie était courte, en profiter était important.

« Tu en penses quoi toi, de Kyôshirô, de sa mort. Tu penses qu'il va se passer quoi maintenant ? Et tu ferais quoi de tout ces prisonniers si tu étais en capacité de décider de leur sort ? Tu serais plutôt magnanime ou cruel ? Les deux ont leurs avantages. »

Il fit un peu le tour de la pièce et repéra les différentes personnes chagrinées ça et là dans le bar.

« Si tu devais les réconforter, les aider à continuer leur vie pour leurs proches morts, tu t'y prendrais comment ? »

Bien sérieux, le Jônin cherchait lui-même une réponse à cette question difficile. Comment parvenir à aider les iwajins, ses camarades, qu'ils soient combattants ou non, à avancer ? Il but une nouvelle gorgée, pensif. Comment ?

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Lun 17 Juin 2019 - 0:22
Ainsi installé dans ce bar, en compagnie d’un Juunin qu’il venait de rencontrer et avec lequel il avait déjà partagé un chantier, Yanosa ressentit l’espace d’un instant fugace cette détente, cette relaxation, ce savoir empirique qui lui soufflait qu’il était bien, en sécurité, dans un cocon qu’il aurait été impossible de lui arracher. Mais l’instant suivant, il revint tout de suite à la réalité : aussi à l’aise qu’il pouvait se sentir ici, dans cet établissement, dans ce quartier, dans ce village, à ce moment précis, cela ne résolvait en rien tous les problèmes de l’extérieur, tous les conflits de l’intérieur, ni aucune des innombrables problématiques qu’il pouvait rencontrer lui-même ou qu’Iwa devait gérer au jour le jour. Se prélasser dans un état second, où rien n’aurait plus eu d’importance, avait un moment paru appétissant à l’Oterashi, mais la réalité lui était rapidement revenue en pleine face. Coutumier du fait, il grimaça légèrement en buvant ses premières gorgées de saké, succulent, et écouta ce que le Borukan à ses côtés avait à lui répondre.

« Oui. Bien sûr. Chacun fait ce qu’il peut à son niveau, j’imagine. Mais pour ce que j’en pense… se renfermer dans son deuil ou s’enivrer dans l’oubli… deux facettes différentes d’une même faiblesse à mon avis. Mais je jette de pierre à personne, c’est naturel au fond. Pour vivre vraiment, pour ne pas être hanté par des fantômes ou rattrapés par ses choix, il faut savoir oublier certaines choses. Tout shinobis que nous sommes, nous devons nous-même souvent oublier une part de notre humanité pour bien faire notre travail. C’est comme ça. »

Il reprit une gorgée après avoir lâché sa tirade un tantinet pessimiste et fataliste. Yanosa était assez sûr de son fait, et ne voyait pas comment envisager les choses autrement. Pour lui-même, en tout cas. Et selon ses propres critères, il faisait donc lui aussi preuve de faiblesse. Il était conscient de cela, et savait ce que cela lui coûterait d’aller plus loin dans son raisonnement si il en suivait la logique. C’était peut-être pour cela, finalement, qu’il n’avait pas encore pu avancer davantage d’un point de vue hiérarchique dans le village. Mais rebondissant sur ses propos antérieurs, Ashitaka le questionna alors sur plusieurs points en rapport avec les prisonniers, ainsi que la mort de leur Ombre. Et venant d’un Juunin, même dans ce cadre amical, il était difficile de ne pas percevoir ces questions par le prisme de la déformation professionnelle, donnant pour ainsi dire presque l’impression au guerrier rouge qu’il se livrait à un interrogatoire en étant du mauvais côté du bureau.

« Hm. La question piège classique. Par défaut, si un prisonnier ne présente aucun intérêt stratégique particulier ou pouvait représenter un danger pour Iwa même sans être manipulé, c’est simple, je suis pour l’exécuter. Remplir des prisons n’a jamais mis qui que ce soit en sécurité. Certains, peut-être… pourraient être « persuadés » de rembourser leur dette envers le village en nous rendant quelque services. Mais s’assurer de la loyauté, même limitée dans le temps, de ce genre d’individu… c’est un défi en soit. On passera certainement pour des bourreaux, en exécutant nos assaillants à tour de bras. Mais ça aura le mérite d’envoyer un message assez clair. De là à appeler ça de la cruauté… je sais pas. »

Les tons de gris semblaient être en définitive la réponse donnée par l’Oterashi, qui dans la lignée de son hésitation précédente, savait ce qu’il devrait faire, en théorie, sans pour autant arriver à s’y tenir jusqu’au bout à cent pour cent. Pour être efficace, se disait-il, il fallait se donner corps et âme à son objectif, et si celui-ci consistait à rendre Iwa plus sûre, alors…

« ...Les réconforter ? Honnêtement… je sais pas si j’en serais capable. Débattre… intimider, argumenter, échanger, expérimenter… Il y a des tas de formes de communication dans lesquelles je me sens à l’aise. Mais emprunter la peine d’une personne, pour la comprendre vraiment, pour ressentir ce qu’elle ressent… et pouvoir lui donner une vérité qui pourra foncièrement lui redonner le moral.. ? Autant élaborer un pieux mensonge. Je pourrais presque… te dire ce que ressent, grossièrement, chacune des personnes qui se trouvent ici… et chacune, finalement, dans ce qu’elle a de particulier, d’unique, dans son vécu, son passé, son caractère… aura besoin de quelque chose de différent pour palier ses peines. Des différences parfois inconciliables. »

Une autre gorgée de saké.
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Mar 18 Juin 2019 - 12:38
Le Borukan écoutait les réponses du genin, pensif. Oublier une part de son humanité pour être shinobi ? Vraiment ? Était-ce nécessaire ? Est-ce que la Taichô morte l'avait fait, elle qui semblait tout donner pour défendre Iwa ? Est-ce que Akimoto avait oublié son humanité ou bien était-ce ce qui avait prit finalement le dessus sur tout le reste ? Certes pour Kyôshirô, c'était plus complexe à déterminer. Il n'avait pas laissé grand chose paraître de ses sentiments au final. Peut-être était-il en cela un meilleur shinobi que les deux autres ?

Ashitaka soupira un peu mais ne fit aucun commentaire. Il préféra reprendre son verre, buvant un peu plus de l'alcool de riz qui s'y trouvait. Il relança la conversation peu après pour en apprendre plus sur le point de vue de Yanosa, attendant de voir ce qu'il allait pouvoir lui raconter dessus. Et, presque sans surprise, il avait sensiblement le point de vue d'Hisa, sauf qu'il avait l'air de savoir un peu plus de lui-même ce que représentait un massacre de prisonniers à l'échelle mondiale.

« Question piège ? Non, je pense pas. Enfin j'essaie pas de te piéger, juste d'avoir ton avis. Je n'arrive pas à me fixer moi-même sur le sujet, dis-toi que c'est plus une aide que tu m'apportes. Donc tu massacrerais ces personnes sans leur laisser la moindre chance ? C'est un positionnement dur. Mais je comprends. Je ne suis pas de cet avis mais je respecte, ne t'en fais pas. Je ne peux juste pas m'empêcher de me dire que si nous faisons ça, nous offrons un argument de taille à l'Homme au Chapeau comme Kumo l'a fait lors du massacre des Hijins. Alors qu'actuellement nous sommes les victimes, nous pourrions passer pour les coupables et obtenir la haine de nombreuses personnes, tu comprends ? »

Ashitaka attrapa un nouveau morceau de viande séchée, se rendant compte que le travail de la journée l'avait au final bien affamé. Alors qu'il échangeait avec Yanosa son envie de réconforter les autres et lui demandait la manière qu'il emploierait, le Jônin reprit son verre, le terminant avant de le reposer sur le comptoir.

« Je comprend. C'est quelque chose de plus difficile qu'il n'y paraît. Je ne suis pas certain d'en être capable non plus à vrai dire. »

Le Loup remplit alors son propre verre et proposa également à l'Oterashi de le resservir si ce dernier le souhaitait. Ce n'était pas avec deux ou trois verres qu'il allait finir saoul, alors autant profiter de ce réconfort modéré.

« Que vois-tu comme futur pour Iwa, toi ? Qu'est-ce que tu imagines dans les prochaines semaines, les prochains mois ? Et pour toi-même, c'est quoi ton prochain but ? »

Des questions qui pouvaient paraître banales mais qui étaient importantes selon Ashitaka. La capacité à se projeter dans l'avenir était l'un des signes de bien portance selon lui. Si quelqu'un ne voyait que la douleur actuelle, il s'en sortirait plus difficilement, il en était certain.

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Mar 18 Juin 2019 - 23:31
Yanosa porta distraitement sa main jusqu’à l’assiette de viande tout en regardant dans une autre direction pour s’emparer de quelques petites tranches tout en portant un regard inquisiteur sur un groupe de clients. Ils avaient l’air heureux, pour autant qu’il puisse en juger, mais sous la surface, il ne pouvait s’empêcher de déceler l’angoisse, la peur, la pénibilité d’un quotidien trop familier avec la mort. Ashitaka n’avait pas relevé sa première remarque sur l’oubli de sa propre humanité : peut-être n’était-il pas d’accord, ou peut-être en était-il aussi bien conscient mais avait du mal à vivre avec. Qui pouvait savoir, au fond. L’Oterashi lui était en tout cas sûr de son fait, comme souvent. Un point qui engagea toutefois davantage de discussion fut le sort des prisonniers capturés des suites de l’attaque. Yanosa était conscient du caractère extrême de la solution qu’il promouvait, et si les conséquences d’une exécution de masse ne lui échappaient pas, celles des alternatives non plus.

« Hm. Les deux événements seraient comparables, oui. Mais que jusqu’à un certain point. Nous avons subi une tentative d’invasion destructrice, sur notre sol. Ce que nous faisons de nos prisonniers, dans l’absolu, ne devrait regarder que nous. Et puis, honnêtement… L’Homme au chapeau aurait un sacré culot… Nous envoyer une armée de shinobis lobotomisés et utiliser leur mort comme excuse faire de nous les meurtriers de l’histoire ?

Il n’y a aucune solution parfaite. Dans un cas, nous passons pour ce que nous ne sommes pas, en donnant des munitions diplomatiques à cet Empire du Feu, et donc à son mécène de l’ombre. Dans l’autre, nous donnons une image tout aussi faussée, de faiblesse et de laxisme, tout en permettant à ceux que nous avons déjà vaincu de retenter leur chance à leur convenance, un peu plus tard… Il y a des solutions intermédiaires… des tractations à mener avec Kiri… mais mon choix par défaut reste le même. Nous avons prouvé notre force, mais nous ne sommes pas des conquérants à ce que je sache. Il nous reste donc à ré-affirmer notre fermeté.
 »

Quand on avait une vague idée de ce qui se tramait, il y avait bien des raisons d’avoir peur et d’appréhender l’avenir. Mais dans cet avenir, Yanosa voyait surtout les combats qui seraient à livrer, et le plaisir qu’il aurait à les remporter. Après que le Borukan ait confessé sa relative impuissance à réconforter ses concitoyens, il fit preuve une nouvelle fois d’une pointe de curiosité qui, si elle n’était pas déplacée, témoignait des nombreuses questions de fond qui arpentaient son esprit. Cela avait le don d’être un tantinet flatteur pour le guerrier rouge, qui se voyait ainsi confiée l’oreille d’un soldat d’élite du village. Ce dernier l’avait bien dit, il n’était pas là pour le piéger, et si il était toujours possible d’être dupé en ce monde, le verre de saké déjà partagé et le suivant que le Borukan leur avait servi à tous les deux invitait plutôt à croire que la confiance était de mise.

« Grandes et larges questions… ! Et dont les réponses s’entremêlent profondément… Je te l’ai dit, tout à l’heure au chantier. Je veux avoir les moyens de protéger Iwa. Des moyens à la hauteur de mes capacités. J’ai pas envie de casser du sucre sur le dos de mes supérieurs, mais je sais que je peux faire mieux que certains d’entre eux. Surtout maintenant. Je veux être en position… pour faire ce qu’il faut.

Notre village… c’est bien loin d’être une utopie. Mais j’y suis chez moi, c’est mon sanctuaire. Mon temple, dédié au perfectionnement de ce qui me tient le plus à cœur. Il y aura sûrement… des moments compliqués. Des missions difficiles à justifier, des vies à prendre qu’on aurait préféré épargner. Mais si c’est le prix à payer pour conserver mon utopie à moi, alors... 
»

Nouvelle gorgée de saké, qui se prolongea pour se transformer finalement en cul-sec. L’Oterashi fit sonner son verre sur le bois du bar en l’abattant dessus, une ferme résolution dans les yeux.

« Et toi, Ashitaka. Tu es déjà un gradé. Mais… tu veux plus, n’est-ce pas ? Tu es à l’autre bout du spectre, et pourtant, tu cherches à t’enfoncer encore davantage dans l’Ombre… Toi qui me parlais du poids des responsabilités, tu serais prêt… à prendre celle du village tout entier ? »
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Reconstruire sans faillir [Borukan Ashitaka]

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