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Réveil d'outre-tombe [H. Musashi | O. Yanosa]

Seigi Gekkō
Seigi Gekkō

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Dim 2 Juin 2019 - 14:53
Étendu sur le sol de pierre, le corps du blond fut agité d’un soubresaut. Puis d’un autre, et encore un autre ; pour ne pas périr, et tender de défaire les Iwajins face à lui, il avait strictement repoussé les limites de son corps. Bien trop, finalement, et il était en train d’en payer le prix. Quoique, est-ce que sont combat expliquait intégralement son état de santé ? Les conditions de détention n’étaient, comme on peut aisément s’en douter, pas des plus agréables, mais ce n’était pas cela non plus qui semblait perturber le blond. En fait, il sentait que l’énergie de son corps avait été bouleversée. Est-ce à cause de ce combat, réellement ? Il sentait encore l’affreux picotement des décharges électriques le consumant, encore un soubresaut de son corps. C’était la première fois que sa conscience émergeait vraiment depuis le combat, mais il sentait qu’il n’avait pas recouvré toutes ses facultés. Sa conscience était comme altérée. Il sentit qu’il ne pouvait pas bouger. Était-il retenu par des chaînes ? Peut-être, mais ce n’était pas de cet ordre-là. Non, il avait la sensation de ne plus contrôler son cerveau pleinement. La seule chose qu’il sentait distinctement, c’était l’extrême perturbation de son chakra. Soudain il sentit comme un choc électrique dans tout son corps. Autour de lui, absolument rien n’avait provoqué une telle décharge, mais il l’avait ressenti de façon si réelle. Il sentit sans même la contrôler que sa respiration s’était accélérée de façon bruyante et saccadée, il sentait aussi une odeur étrange, comme de la… menthe ? Il essayait de regarder autour de lui mais, ses yeux, incontrôlables part fixait à moitié le plafond en divagant, il y avait une aura lumineuse dans son champ de visions, et plein de petit point multicolore, comme lors d’une migraine. C’est alors qu’il entendit un bruit sourd. Un nouveau soubresaut, sa conscience était en train de sombrer de nouveau. En réalité, toutes les stimulations sensorielles qu’il venait de vivre était parfaitement fausse. Ces hallucinations sensorielles étaient causées par une activité électrique anormale de son cerveau, peut-être causé par le trouble ressenti par son chakra. Il ne le savait pas encore, mais il s’agissait chez lui de la manifestation de la résonnance, un phénomène bien mystérieux perturbant le chakra de tout être vivant.

D’un coup, son regard se fixa au plafond, et cette fois, ce fut la panique totale dans corps. Tout son corps fut en proie à de multiple spasme et soubresaut sur une petite minute, il était en train de convulser. Son corps se calma alors lentement. Manifestement, et vu les signes rencontrés par le Seigi, ce n’était pas une « simple » crise de convulsion. Serait-il devenu épileptique, ou bien était-ce seulement le contrecoup de la résonnance ? Après tout, combiné aux multiples attaques raiton, son corps avait de quoi être perturbé. Doucement, il avait repris conscience, et cette fois de façon véritable même s’il était clairement dans le coltard. Le sol était froid. Il remarqua pour de bon qu’il était dans la pénombre. N’y avait-il vraiment aucune lumière ? était-il en sous-sol ? Il n’aurait su le dire pour le moment. Il entendit des pas qui s’approchait. Il hésita. Devait-il parler ou non ? Ses souvenirs venaient le bombarder d’idées. Pourquoi était-il toujours en vie ? Si tel était bien le cas, ne fallait-il pas saisir cette chance pour s’accrocher à la vie ? Il se sentait un peu minable d’avoir échoué. Pourtant dans le fond, pour lui, il n’était pas le seul responsable de cet échec, et il le savait. Mais il chassait cette idée. Il avait perdu, et il se sentait faible. Il détestait cela. « Hoho, il y a quelqu’un », pensait-il avoir crier. Il n’en était rien. Aucun son n’était sorti. Il sentit la fatigue émaner de lui et le clouer allongé au sol, comme s’il pesait des tonnes. Il serra les dents. Comment était-il retenu prisonnier, se demanda-t-il ?


☽☾ Hoho, il y a quelqu’un, murmura-t-il faiblement.

Il se sentait insupportablement faible, et ramollie.

☽☾ HOHO, il y a quelqu’un, parvient-il à arracher de sa gorge sèche.

Sa voix était méconnaissable, éraillée au possible, elle paraissait presque mécanique. Les pas s’étaient arrêtés. Il sentait une présence non loin de lui qui devait l’observer.

☽☾ Hahaha, pourquoi est-ce… Je suis encore… En vie…

Il parlait de la même voix complétement déchirée. Sa respiration avait retrouvé longueur et calme, on aurait presque pu croire qu’il dormait s’il avait eu les yeux fermés.
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Oterashi Yanosa
Oterashi Yanosa

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Dim 2 Juin 2019 - 15:55
La reconstruction battait son plein à Iwa, et les esprits, peu à peu, s’accoutumaient dans la tristesse aux pertes qui avaient été subies par le village. Un esprit toujours combatif animait la plupart des habitants, shinobis comme civils, et une volonté revancharde inassouvie commençait à poindre dans les cœur de beaucoup, donc celui de Yanosa. Préoccupé, il l’était certainement, et pas uniquement par les tenants et aboutissants de cette attaque d’envergure qu’ils avaient subi. Les dangers ne cessaient de survenir de toute part, et il était compliqué d’envisager, dans l’immédiat, les actions d’envergure qui devraient nécessairement être mise sur la table à un moment ou à un autre. La cité n’avait plus de Kage, plus de chef de la police, des rumeurs couraient sur un désastre monstrueux à Hayashi, et le Pays du Fer semblait toujours aussi imperméable à la diplomatie de la Roche. Et tout cela était, bien sûr, sans compter sur l’irruption sur la scène internationale de cette nouvelle force, sur laquelle peu d’informations avaient transpiré jusque là, mais qui avait vraisemblablement jeté son dévolu sur Kumogakure no Satô.

Mais, en tant que Genin, un grade qui lui collait bien trop à la peau, l’Oterashi faisait bien pâle figure face à de tels enjeux, et devait se contenter, bon gré mal gré, de suivre les ordres et les directives qu’on lui donnait pour s’assurer que tout tourne au mieux. Et pourtant, se dit-il en fond, il y avait bien des initiatives qu’il pouvait prendre, même en sa qualité de simple soldat, et ce jour-là, il se mit en tête de concrétiser l’une de ces initiatives. Il commença par en appeler à la collaboration de son coéquipier Musashi, pour lequel il laissa une note sur le tableau d’affichage de l’Académie, l’invitant à le rejoindre au centre de détention quelques jours plus tard. Ensuite, il se rendit au centre en question, afin de prévenir de sa requête, à savoir : interroger les prisonniers qu’ils avaient combattu sur les remparts. Il lui fut bien spécifié qu’il lui était interdit, en tant que Genin, de passer le moindre accord ou de divulguer la moindre information sensible aux détenus, ce à quoi le pugiliste dut consentir, mais il obtenu le papier qu’il désirait en vue de la rencontre prévue quelques jours plus tard. Il n’obtint, cela dit, d’autorisation que pour l’un des deux détenus, le second, la Chôkoku en l’occurrence, étant toujours dans le coma.

Tant pis, se dit-il alors, ils pourraient ainsi être deux pour interroger l’arbalétrier adepte du Fuuton. Le jour venu, Yanosa attendit à l’entrée du centre de détention, guettant les bras croisés la silhouette du blondinet maître en Ninjutsu. Juste à l’heure, elle parut dans l’entrebâillement des doubles portes de sécurité.

« Salut Musashi, content que tu ais pu venir. Un seul des deux est en état, l’autre est encore dans le coma. J’ai les papiers qu’il faut, suis-moi. »

Le tellurique le salua alors brièvement avant de se retourner pour se diriger droit vers les postes de sécurité, où il brandit son autorisation avant de s’enfoncer dans les profondeurs où étaient gardés les prisonniers proprement dit. Les cellules, affublés de Fuuin de sécurité en tout genre, étaient bâties dans la roche, et il ne fallut pas longtemps au duo pour se frayer un chemin jusque dans le cul-de-sac où se trouvait celle de l’arbalétrier.

« Vas-y en premier… susurra-t-il à l’oreille de Musashi. Il s’ouvrira peut-être plus à toi au départ… Je vous écoute d’ici... »
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Han Musashi
Han Musashi

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Lun 3 Juin 2019 - 2:48

¤ IWAGAKURE NO SATÔ ¤
Réveil d'outre-tombe.


Réveil d'outre-tombe [H. Musashi | O. Yanosa] Iwa12

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L’épéiste s’était accordé peu de temps de repos depuis la fin de la guerre. Il était en effet constamment en train d’aider les autres, ne manquant d’ailleurs pas de proposer son aide aux différents services de la citadelle d’Iwagakure, allant de l’hôpital à la police. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’était pas de gaieté de cœur que le Han offrait son soutien aux autres, loin de là, il le faisait parce qu’il estimait que c’était son devoir d’agir de la sorte, un devoir qui, selon lui, devrait être partagé par chacun des Genins, ainsi que tous les autres shinobis disponibles sur lesquels la population comptait et reposait tout son espoir de voir les choses s’arranger très rapidement. Ainsi, à chaque fois qu’il venait en aide à une personne, il n’avait besoin de prononcer des mots, ou alors très peu, sa présence suffisait amplement pour rassurer quiconque ayant besoin d’être rassuré.

Par ailleurs, outre ce devoir qu’il prenait très au sérieux, Musashi s’était lancé dans une quête d’informations, cherchant encore tant bien que mal à comprendre les événements qui s’étaient succédé. Il était parvenu à récolter quelques brides d’informations par-ci et là, mais c’était loin de le satisfaire, car beaucoup d’interrogations demeuraient toujours sans l’ombre d’une réponse. Si pour l’heure il avait encore du mal à appréhender et expliquer les rumeurs qui couraient sur Hayashi et le village de Kumogakure, le manieur de cristal voyait malgré tout beaucoup plus clair sur la guerre qui opposa les mercenaires à la cité d’Iwa. En réalité, il avait surpris une conversation dans laquelle Toph, Ryôko, ainsi qu’une prisonnière discutaient en affirmant qu’une personne aurait contrôlé toute cette horde de mercenaire et les auraient lancés contre Iwagakure. Si pour le Han il était difficile d’imaginer qu’une seule personne puisse être à l’origine d’une technique d’une telle envergure, il était malgré tout contraint d'accepter les faits.

Quoi qu’il en fût, Musashi poursuivait malgré tout son enquête, toujours aussi déterminé à récolter le plus de renseignements possibles. Cela tombait parfaitement bien car, en se rendant à l’académie, on lui remit un message de son camarade, l’Oterashi, avec qui il avait combattu et défait deux des mercenaires qui attaquèrent la cité militaire d’Iwagakure. Un message simple et court, dans lequel l’adepte du Taijutsu l' invitait à le rejoindre devant le centre de détention du village. Un message qui tombait à point nommé, car nos deux protagonistes allaient pouvoir – enfin – dialoguer avec leurs deux adversaires et chercher en apprendre plus autant sur eux que sur ce qui les avaient motivés et poussés à s’en prendre à Iwa. Les prisonniers étaient, bien entendu, libres d’obtempérer ou non, mais s’ils avaient bel et bien été manipulé, alors il serait peut-être tout à leur avantage de coopérer, du moins c’était ce pensait le Genin. Bref, une fois arrivé devant le centre pénitencier, Musashi repéra immédiatement son partenaire, ne manquant pas de le rejoindre au plus vite. L’Oterashi le salua en premier, lui indiquant qu’un seul des deux prisonniers était conscient et qu’il avait les autorisations nécessaires pour lui rendre visite.

« Salut Yanosa, je vois, c’est parfait, merci d'avoir pris les devants pour les autorisations, allons donc lui rendre visite. » Rétorqua Musashi, en saluant son partenaire et en le suivant à l’intérieur du centre de détention.

Les cellules étaient sous haute surveillance, ce qui était en un sens logique, surtout compte tenu des événements récents. Ainsi, nos deux protagonistes durent d’abord passer les postes de sécurité, en brandissant leur autorisation, avant de s’engouffrer dans le centre pénitencier jusqu’à arriver non loin de la cellule de l’arbalétrier. Cependant, alors que le Han espérait échanger avec le prisonnier en compagnie de son partenaire, ce dernier s’arrêta soudainement, lui suggérant de s’y rendre seul, du moins pour le moment, pensant que le blond s’ouvrirait peut-être plus au manieur de cristal. Si on ne prenait pas en compte les événements récents, notamment la résonance, qui semblait avoir affecté d’une façon assez étrange le Han, ce dernier aurait probablement chercher à convaincre son partenaire de le suivre, cependant là il n’en était rien, se contentant en effet d’un simple hochement de tête en guise d’approbation. Enfin, l’épéiste finit par se présenter devant la cellule du prisonnier qui, visiblement, semblait bien agité.

« Pourquoi est-ce que tu ne le serais pas ? » Lança Musashi, en se posant au sol, en tailleur, face à l’arbalétrier qui se tenait quand même à une certaine distance de lui.

Le Han se saisit de ses trois bouteilles d’eau, qu’il s’était procuré au moment d'entrer dans le centre pénitencier, lançant immédiatement l'une à travers les barreaux qui le séparaient de son interlocuteur.

« Tu ne crois quand même pas que tu allais t’en tirer aussi facilement, hein ? » Poursuivit-il, d’un air neutre. « … Dis-moi, qu’est-ce que ça fait de se retrouver cloîtrer là-dedans ? Est-ce que ça en valait vraiment la peine ? » Conclut-il, en guettant attentivement le comportement de son interlocuteur.



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Réveil d'outre-tombe [H. Musashi | O. Yanosa] Musa

« Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre »
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Seigi Gekkō
Seigi Gekkō

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Mer 5 Juin 2019 - 13:10
Du coin de l’œil, il vit la présence qui avait approché près de lui, derrière les barreaux qui le retenaient prisonnier. Cette vision périphérique ne lui permettait pas de distinguer bien les couleurs, mais au moins, il voyait les contrastes. Malgré la luminosité faible, il reconnut le visage, et la voix qui s’adressa à lui. Il pouvait alors envisager la blondeur de son interlocuteur, et ses mouvements, sans le voir de façon directe. En lui répondant, il s’assit derrière la grille de métal. Gekkō lui, était toujours allongé sa tête au plus près du Han, et ses pieds au fond de la cellule. Le blond se forçait de réfléchir. Quel comportement devait-il adopter ? Il n’arrivait pas à savoir que faire. Son égo lui avait toujours interdit d’envisager qu’il puisse se trouver dans une pareil situation. Et ainsi par la même, de prévoir une quelconque façon de réagir.

☽☾ Peut-être... parce que j’ai vu mes parents... morts depuis bien... longtemps et que pensait les avoir... rejoint. Indiqua difficilement le blond avec la même voix déchirée.

Gekkō ne sut totalement voir ce que faisait son interlocuteur, mais le mouvement allait bientôt lui donner une réponse. Une gourde d’eau roula jusqu’à lui. touchant son épaule. Après quelques instants, le blond s’en saisi. Il avait à peine redressé la tête et risquait l’étranglement, mais il réussit à boire quelques gorgées avant de reposer sa tête contre le sol froid. Son corps était encore si lourd.


☽☾ Merci, osa-t-il à voix basse.

Sa voix éraillée venait d’être un peu apaisé par l’eau. Mais elle était encore loin de paraître normale, mais à voix basse, on ne pouvait s’en rendre exactement compte. Musashi poursuivit. Ce qu’il disait avait beau être assez classique, le Seigi se sentait atteint plus qu’à l’habitude. Il laissa un certain silence. En vérité, il ne savait juste pas quoi répondre. Avait-il trop de choses à dire, ou pas assez ? Cela aussi, il était incapable de le dire.


☽☾ J’ai choisi depuis longtemps ma voie, sans trop me préoccuper des conséquences.

C’était sorti tout seul. Gekkō tentait d’analyser ce qu’il venait de dire, mais, il n’y arrivait pas. C’était étrange, quelques instant auparavant, il avait été incapable de dire une chose bien claire, et désormais, il avait dit une chose claire qu’il aurait été incapable de dire, dans le sens où il n’en comprenait pas totalement la signification. Comme si son inconscient avait parlé à sa place. Il sentit sa bouche s’ouvrir de nouveau.

☽☾ Mes parents, étaient originaires d’Ame. Lorsque ma mère fut enceinte de moi, ils ont décidé de s’installer à Joheki, pour être plus en sécurité. La vie était paisible derrière le Rempart. Il y a à peine plus de dix ans, ma mère attendait un nouvel enfant, il y avait aussi ma petite sœur, qui avait un peu plus d’un an, mon père et moi. Pour son travail, mon père sortait souvent du pays, et parfois, on allait avec lui. Alors qu’on rentrait, et qu’on était presque arrivé à Joheki. On a fait une derrière pause. Je suis allé chercher du bois, comme me l’avait demandé mon père. Quand je suis revenu, ma mère et lui était en train d’agoniser. Dans le chao de la situation de Hi, ils ont été pris pour d’autre, et torturer. Heureusement, ma mère avait réussi à cacher ma petite sœur, et ils n’ont rien pu lui faire ou s’en servir. Je ne te dirais pas ce que m’a dit mon père dans son dernier soupir. Mais couvert de sang, l’enfant que j’étais à pris sa petite sœur dans les bras et j’ai couru, couru sans m’arrêter jusqu’à Joheki. Je me suis effondré au pied du garde frontière, et… et puis le néant.
La version officielle pour Joheki ? Je n’avais de sœur ou de famille. J’étais juste un orphelin paumé qui avait fugué. Pendant toutes ses années on m’a bourré le crâne. Bien sûr ça ne partait pas d’une mauvaise intention… Mais pourquoi me mentir à ce point. Je n’ai jamais pu revoir ma sœur ou savoir ce qu’elle était devenue. Un jour, je me suis fait une raison. J’ai fait mine d’accepter tout cela. J’ai pris toute les connaissances médicales que je pouvais assimiler, pour ne jamais plus voir quelqu’un que j’aime mourir devant mes yeux. Et j’ai fini par déserter ce pays.
Et toi, tu me demandes ce que ça me fait d’être cloitrer ici ? Hahaha… Je crois que je préfère être cloîtré ici, que cloîtré derrière un rempart millénaire de mensonges.


Gekkō réalisait ce qu’il venait de dire. Il risquait sans doute bien plus gros en avouant être un déserteur de Joheki. Mais il n’avais pas contrôlé son expression était devenu très bavard d’un coup. Sa voix était toujours atteinte, mais ne le faisait pas souffrir. Il avait l’impression de vouloir se faire plaindre, et c’était tout sauf ce qu’il voulait. Malgré le poid de son corps. Il se redressa. Bu entièrement l’eau que lui avait donné son homologue blond, avant de se lever pour s’approcher de lui. Il tendit le contenant à travers les barreaux. Et regarda sévèrement celui qui se tenait assis devant lui.

☽☾ Ne crois pas que je t’ai dit ça pour attirer ta sympathie, je sais très bien que ça n’a aucune chance d’arriver, et j’en aurais que faire. Si tu en venais plutôt aux faits. Pourquoi est-ce que tu es là, qu’est-ce que tu me veux ?


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Han Musashi
Han Musashi

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Sam 8 Juin 2019 - 0:27

¤ IWAGAKURE NO SATÔ ¤
Réveil d'outre-tombe.


Réveil d'outre-tombe [H. Musashi | O. Yanosa] Iwa12

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Le mercenaire déclara avoir eu une vision de ses parents, morts depuis bien longtemps : il crut alors les avoir rejoints. Le Han agita légèrement la tête, lui faisant ainsi bien comprendre qu’il était encore dans le monde réel. Pour combien de temps encore ? L’épéiste l’ignorait. Cependant, il se doutait bien que le mercenaire, et d'ailleurs tous les autres qui avaient pris part à la guerre en s’attaquant à la cité d’Iwa, ne s’en sortiraient pas aussi facilement. Peut-être qu’ils seront tous très bientôt exécuté. Peut-être que certains seraient pour une raison ou une autre amnistier. On le saura bien assez tôt, pour l’heure le manieur du cristal se contentait de jeter une gourde d’eau au prisonnier. En écoutant le timbre de sa voix, Musashi se disait qu’il avait bien fait d’apporter ces gourdes avec lui.

Quoi qu’il en fût, le Han finit par interroger son interlocuteur sur les conséquences de ses actes, il voulait savoir si le mercenaire était prêt à assumer ce qu’il avait fait, même si cela signifierait mourir. Il lui demanda aussi naturellement si les choix du blond en valaient la peine. Musashi, comme bien d’autres Iwajins, savait que les mercenaires qui s’en étaient pris à la cité n’avaient pas agi de leur propre chef. Cependant, le Han voulait toute de même s’assurer que son interlocuteur, pour qui il ne pouvait de toute évidence rien faire, avait pris plaisir à s’en prendre au village d’Iwa. Si cela ne changeait peut-être strictement rien au sort qui attendait l’arbalétrier, Musashi s’interrogeait toute de même sur comment bien gérer cette affaire pour le moins complexe.

Enfin, le prisonnier se lança dans un long monologue, partageant ainsi une partie de son histoire au manipulateur de shôton. Musashi se reconnut dans certaines parties de l’histoire de son interlocuteur, se remémorant soudainement ce qui s’était passé avec son clan et pourquoi il avait été contraint de fuir sa terre natale. Il revint toutefois rapidement à lui, prenant alors quelques gorgée d’eau, alors que le mercenaire lui confiait préférer être enfermer dans cette prison que de se trouver cloîtrer derrière le rempart de son pays. Cela n’expliquait pas pour autant la raison de sa présence à Iwa, car si Musashi savait que c’était à cause de Mamushi, le blondinet n’avait pas encore l’air d’avoir réalisé qu’il fût le pantin de la lieutenant de l’homme au chapeau.

Quoi qu’il en fût, Musashi restait neutre, observant le mercenaire se redresser et s’avancer près des barreaux qui les séparaient. Une fois qu’il était au plus proche du Han, le prisonnier finit par préciser qu’il ne cherchait aucunement la sympathie de l’épéiste, l’exhortant alors à lui faire part de ses intentions. Musashi préféra se taire pendant quelques instants, laissant ainsi le silence régner en maître, alors qu’il fixait toujours son interlocuteur du regard.

« Je crois qu’à ta place, je préférais aussi me retrouver ici que de vivre dans un tel lieu… » Finit-il par déclarer, après un léger soupir brisant la tension qui régnait. « Cela dit… » Reprit-il, d’un air neutre, regardant de nouveau le mercenaire droit dans les yeux. « Cela n’explique pas ta présence ici. Tu ne vas quand même pas me dire que tu as traversé je ne sais combien de kilomètres dans l’espoir de fuir ton pays ? Ce qui serait clairement insensé, puisque tu te retrouves à attaquer celui des autres... Vu que tu as été mon adversaire, je vais être direct avec toi, je veux comprendre pourquoi est-ce que tu t’en es pris à notre cité ? Vous étiez nombreux, j’aimerai savoir si vous vous connaissez entre vous et si vous faites partie d’une organisation qui en voudrait à Iwa… Bien sûr, tu n’as aucune raison t’obtempérer, et quoi que tu dises, cela ne changerait probablement rien à ton sort… Cependant, si tu te montres coopératif, je te ferais part de certaines informations, qui, à ta place, j’aurais bien voulu les connaître avant de mourir, si tant est que c’est bien le sort qui t’attend. » Poursuivit-il, d’un air neutre.

Bien sûr, Musashi n’avait aucunement l’intention de lui apprendre plus que l’histoire du sort lancé par Mamushi, si tant est que le mercenaire n’en ait pas eu conscience. De toute façon, c’était une histoire connus de tous désormais, lui apprendre cela ne serait aucunement aller à l’encontre de l’intérêt du village loin de là. Cependant, peut-être que l’Oterashi ne serait pas du même avis, auquel il devra se montrer pour empêcher l’épéiste de partager cette information avec le prisonnier. Mais pour en arriver à là, encore fallait-il que les réponses du mercenaire satisfassent le Han et démontre que le prisonnier n’eût conscience d’avoir agi contre son gré.

« Sinon, maintenant que tu m’as raconté ton histoire, peut-être que tu peux aussi me donner ton nom… » Conclut-il, en reprenant quelques gorgées d’eau.



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Seigi Gekkō
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Sam 8 Juin 2019 - 12:53
Gekkō écouta son interlocuteur avec attention. Il avait agrippé deux barreaux de la cellule de ses mains, et avait laissé son front retomber contre un autre. Le contact métallique froid n’était pas des plus agréable, mais permettait au blond de focaliser son attention malgré la fatigue. Musashi était en train de développer son propos, il cherchait plus d’information sur l’attaque d’Iwa, et surtout sur ce que savait le Seigi de cette attaque. Il y avait-il une carte à jouer pour le voleur. Son égo avait pris un nouveau coup avec cette défaite. Il regrettait de s’être épanché à cet inconnu, fragilisant sa position. Il venait de donner un moyen de pression supplémentaire à des gens qui n’étaient pas dans son camp. Au travers des barreaux de la geôle, Gekkō transperçait du regard l’Iwajin face à lui. Aucun des deux ne semblaient vouloir arrêter de soutenir ce regard. Celui de Gekkō était dans le fond assez perdu. Il regardait son adversaire des jours précédents d’au dessus, puisque ce dernier était en tailleur. Un long moment après quoi le blond se laissa tout simplement tomber au sol, pour s'asseoir en tailleur pile en face du Han. Sans ce lieu et la grille les séparant, on aurait puis l’espace d’un instant voir deux amis du mêmes âges. Avait-il compatis pas sincérité, ou par intérêt ? Ou bien un peu des deux ? Au point où il en était, autant conclure son pensa Gekkō.

☽☾ Lorsque j’étais à l’école, à Jōheki, les autres enfants se moquaient de moi. On m’a traité de fou, on se moquait de mes vieux habits de l’orphelinat… J’ai fini de grandir dans ce milieu très pauvre, je n'avais rien comme les autres orphelins. Mais peu importe. Je me fichais bien après tout. Je n’ai jamais eu besoin de personne pour confirmer mes choix, ou croire en mes capacités. Un jour, j’ai décidé que puisque la vie ne me donnait pas ce que je voulais, j’allais me servir. Et je suis devenu un voleur dans le but de devenir le voleur le plus doué et le plus fort.

Voilà pourquoi j’ai autant voyagé. Quand j’ai appris pour le casse du siècle à la banque Sabaku, mon intérêt a été atteint. Le contrat du siècle, qui est paru au même moment ne pouvait pas être une coïncidence… Et même si mon instinct me disait que c’était louche, je savais très bien dans quoi je m’engageais. On ne peut pas attendre que son destin se forge tout seul. La vérité, et je suis sûr que tu le sais déjà, c’est que tout cela n’était qu’un piège pour attirer une foule incommensurable de mercenaire, et s’en servir comme une armée. Si tu suis l’actualité comme moi, une seule personne au monde peut à ma connaissance lever de telle ressource pour un tel projet…
Je n’aime pas vraiment les villages cachés, parce qu’ils sont pour moi responsable du chao que connaît le monde. Mais j’en veux plus à Kumo, qu’à Iwa, si tu veux tout savoir. Je ne gagne rien à tuer des gens, et je n’éprouve pas de plaisir à faire du mal. J’ai rarement des alliés, car j’ai du mal à travailler en équipe. Je ne connaissais même pas la manipulatrice d’argile, et elle m’a tout sauf servi…


Gekkō se racla la gorge, sa voix était toujours très chaotique, mais ce n’était plus spécialement douloureux Il espérait vite ne plus avoir cette voix de robot. Il n’avait rien à perdre en étant si sincère, mais sans doute pas plus à gagner. Il avait malgré tout une idée derrière la tête. C’était naturel pour quelqu’un de si jeune que lui, prêt à entrer dans le couloir de la mort, de se rattacher à la survie.

☽☾ Qu’est-ce que je gagne à te dire mon nom ? Par respect pour feu mon père, je ne devrais même pas le porter, je crois que je l’ai suffisamment déshonoré par mes défaites. Tu n’as qu’à me donner une identité, par toi-même....

Ce n’était pas exactement la véritable pensée du blond, mais il hésitait à dire sa véritable identité, malgré toute les informations données, il savait que le Pays du Rempart n’était pas spécialement des plus coopérant avec les autres pays, et quand bien même, ça n’aurait pas changé grand chose à son destin. Il avait peut-être simplement envie de garder son nom pour lui. En réalité, peut-être qu’il nourrissait à travers sa demande l’espoir d’un nouveau départ.

☽☾ Je me doute bien, que tu ne sais pas le sort qui m’est réservé. Mais si la décision te revenait, que choisirais-tu ? Tu penses que je devrais être tué ici, ou bien, livré à Jōheki ?

Il était curieux de connaître son point de vue, sans doute voulait-il sa mort. Laissant la question en suspend, il planta de nouveau ses yeux dans ceux de Musashi, comme si rien ne pouvait l'atteindre.



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Oterashi Yanosa
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Sam 8 Juin 2019 - 13:57
« Et que dirais-tu d’une troisième option ? »

La voix, rauque et rocailleuse, avait jailli de derrière le prisonnier blond encore anonyme, au fond de sa cellule creusée à même la montagne. Un buste y sortait du mur, sombre et terreux, des bras lisses de roche pure croisés sur le poitrail, tandis qu’une forme de tête approximative, indéfinie, sans trait véritablement reconnaissable, trônait au-dessus. Patiemment, Yanosa avait écouté le déroulé de la conversation, laissant le versant plus sociable et avenant de Musashi faire son œuvre pour recueillir tout ce que l’assaillant pourrait avoir à dire, enregistrant les informations, véridiques ou non, concernant son passé, son enfance au Pays du Rempart, où il était vraisemblablement recherché. Le tout se tenait, en apparence du moins, et le choix final auquel il semblait s’être résigné laissait assez peu de place à l’imagination. Dans un cas comme dans l’autre, l’arbalétrier semblait prêt à mourir, prêt à admettre que sa vie se terminait dans cette cellule quoi qu’il arrive, en dépit du fait qu’il ne s’était jamais réellement senti vivant d’après son récit.

Au fond de lui, l’Oterashi pouvait compatir avec ce genre de profil. Il pouvait comprendre son parcours, ses intentions, sa volonté de vivre plutôt que de survivre, et d’utiliser les dons qu’il avait reçu pour cela. Mais l’objet de cette visite aujourd’hui n’était pas de faire ami-ami, non, et Yanosa ne se voyait pas vendre une relation amicale factice au blondinet dans le seul but d’obtenir plus d’informations ou de coopération de sa part. Il était, en réalité, une pierre précieuse à l’état brut, du genre de celle qu’on emmenait ensuite en atelier pour la polir, la raffiner, lui donner forme, lui trouver une utilité. Le pugiliste aux cheveux rouges savait qu’il n’avait aucune autorité pour décider du sort du prisonnier, que toutes les promesses ou les paroles qu’il pourrait proférer ici et maintenant pouvait se trouver invalider par sa hiérarchie, mais cela le prisonnier n’avait pas besoin de le savoir.

« Tu sembles résigné. Tu as déserté ton pays. Tu as rejoint les rangs de ses déserteurs, t’exposant aux sentences qui leur sont réservées, qu’il s’agisse de mort ou d’autre chose de plus avilissant. Mais si tu te décides à jouer cartes sur table, alors, peut-être qu’il existe un autre chemin pour toi. »

Lentement, Yanosa décroisa les bras, les laissant pendre le long de son buste, qui disparaissait dans la paroi du mur du fond au niveau de là où aurait été situé un nombril.

« Si tu es prêt bien sûr à travailler pour un village caché. Ce qui n’est pas dit apparemment… Tu nous penses responsables du chaos qui s’étend, mais as-tu seulement imaginé ce que serait le monde… si nous ne fédérions pas des centaines de guerriers, chacun capable d’asservir de petits villages à eux seuls, en leur donnant un but plus noble à poursuivre ? Les shinobis… apprennent les voies de la mort, afin de mieux protéger la vie. Que tu sois d’accord avec ça ou pas ne change pas les faits.

Tu as des compétences. Des compétences qui pourraient être utilisées à bon escient, si tu le voulais. Et ce n’est pas te faire une faveur, que de t’offrir l’opportunité de le faire. Car la chose la plus dure en ce monde, c’est d’y vivre. Donnes-nous ton nom, en gage de bonne foi. Dis nous qui tu es, et ce que tu attends de la vie au-delà d’une richesse illusoire qui ne t’apporterait que la ruine. Ne désires-tu pas… retrouver ta sœur, un jour ? La serrer dans tes bras ? Reconstruire une famille, à l’abri du besoin et du danger permanent d’être traqué ?

Si tu as conscience de ce qui t’es arrivé à Ame, tant mieux. Nous aussi, nous le savons. Et c’est précisément pour cette raison, au final… que tu as plus de choix que tu sembles le penser.
 »
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Seigi Gekkō
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Sam 8 Juin 2019 - 16:55
Alors qu’un court silence s’était installé, une troisième voix s’invita dans la conversation. À son écoute, Gekkō tourna la tête. Il ne se retourna pas complètement, mais compris qu’un autre Iwajin, peut-être plus gradé, était là, et qu’il venait de pénétrer la cellule grâce sans doute à la maîtrise de la roche. C’est lui qui répondit à tes questions en premier. Sans doute avait-il tout écouté depuis le départ, Gekkō n’était pas suffisamment alerte pour savoir si les bruits de pas entendu était double ou non. Le blond détourna la tête, et plutôt que de fixer encore l’autre blond, il pointa son regard vers le plafond rocheux, pour montrer son attention à l'égard des parole de l’Iwajin. Lorsqu’il eut fini son discours, Gekkō commença du tac au tac, en serrant son poing sur le sol.

☽☾ S’il te plait, ne parle pas de ma sœur.

En cet instant précis, le blond se détesta profondément. Il était en train de se servir du souvenir de sa sœur. Toutefois, il avait ouvert son cœur, et ne pouvait plus revenir en arrière, alors autant que cela puisse lui servir. Il montra te façon brève un certain tremblement, comme s’il cherchait à réprimer une émotion. Puis il ferma les yeux en les serrant fort. Une larme unique et solitaire perla le long de sa joue droite. L’inclinaison de la tête du Seigi en arrière, propulsa la fine gouttelette dans l’air, avant qu’elle ne s’écrase contre le sol. Il surjouait son émotion pour se montrer plus vulnérable qu’il ne l’était. Est-ce que les deux Iwajins allaient s’en servir ? Peu importait à Gekkō, tant que l’impression était là, il savait quoi faire dans les deux cas. Le Seigi rompu le bref silence en train de s’installer, en agitant la tête.

☽☾ N’est-ce pas quelque peu présomptueux de croire avec tant de certitude que sa propre cause est plus noble que celles d’autres dont on ne connait rien ? Mon hubris est fort développé, pourtant même moi je n’oserais pas dire cela.

Le blond était en apparence résigné, mais en son for intérieur, s'était tout le contraire. Il était bien sûr prêt à accepter la mort si elle venait à se présenter à lui. Mais il voulait avant tout vivre, et s’il n’y avait pas de porte de sortie, il fallait la créer.

☽☾ Un vieil ancêtre m’a dit un jour : ne crains pas le criminel, crains le héros. Cette phrase était peut-être les déblatérations d’un vétéran rusard et sénile, mais j’ai la naïveté d’y croire encore aujourd’hui, et vous devriez y réfléchir vous aussi...

Il était on ne peut plus sérieux en prononçant ces mots, ce n’était en aucun de la comédie. Et malgré sa voix, cela se sentait. Il espérait sincèrement faire réfléchir ces deux interlocuteurs.

☽☾ Protéger la vie, hein… Soit, mais quelle vie dis moi ? Les vies que tu protèges, sont au prix d’autres vies. Ces vies que tu protèges, sont ni plus, ni moins, celles de ceux qui te font vivre en te payant. C’est ça, les faits. Il y a toujours des intérêts particuliers, ce n’est pas un égoïste comme moi, qui te l’apprend aujourd’hui. Alors, comment peux-tu me parler d’un but noble ? Il est noble pour toi, et ceux de ton propre camp. Ça s’arrête là… Hélas… Dans un tel monde, la prospérité de l’un, se fera toujours au détriment d’un autre…

Toujours empreint de sincérité, alors qu’il voulait lui-même manipuler son auditoire à son propre intérêt, le blond laissait dans le fond transparaître sa grande sensibilité.

☽☾ Ce que je n’aime pas, c’est, la suffisance de vos certitudes. Pourquoi me juger, alors que dans le fond, tu me connais si peu. Je connais mes propres fautes, et je pense être à même de les analyser moi-même. Pourquoi est-ce que les autres, ne peuvent-ils pas faire de même, au lieu de n’avoir de cesse que de fournir des leçons…?

Le blond ria en soupirant. Au fond, jouer la comédie pour s’en sortir, revenait, à ne pas jouer tant la comédie que ça, et à parler avec tant d’honnêteté sur ses propres sentiments ?

☽☾ En réalité, je m’inclus dans le lot, et je ne suis pas mieux que vous. Alors sans doute que je pourrais soigner les vôtres pour ma propre survie. Mais saches que, tu ne me connais vraiment, si tu supposes que je fais cela pour la richesse. Et si tu crois pour ta propre personne que la paix peut exister dans un tel monde… Cela veut sans doute dire que tu es aussi naïf et candide que moi.

Il était tant de mettre les pieds dans le plat et de confronter ce dilemme.

☽☾ Sans aucune garanti, tu me demandes mon nom et mon obéissance, en échange de ma vie c’est bien cela grossièrement ? Même si je te répondais. Aucun de nous deux n’auraient réellement avancé, non ? Car dans le monde shinobi, vu que tout ne provient que d’intérêts particuliers, c’est la méfiance qui est de mise. Peut-être que je te dis tout cela pour te faire perdre ton temps, ou bien est-ce le contraire, ou peut-être même les deux ?
Te donner mon nom, en gage de bonne foi, c’est ça qui est illusoire. Car il pourrait être faux comme vrai, que ça ne changerait rien. Si je te dis que mon gage de bonne foi, c’est justement, de ne pas te le dire. De toute façon je ne connais même pas le votre. Tu as une partie de mon histoire et qu’elle soit vraie ou fausse c’est déjà un gage de résignation de ma part.
Dis-moi plutôt comment je pourrais réellement prouver ma bonne foi.



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Han Musashi
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Dim 9 Juin 2019 - 21:44

¤ IWAGAKURE NO SATÔ ¤
Réveil d'outre-tombe.


Réveil d'outre-tombe [H. Musashi | O. Yanosa] Iwa12

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Même s’il ne laissa rien transparaître, le Han fut quelque peu attristé par l’histoire de son interlocuteur. Désormais, il comprenait un peu plus les raisons qui l’avaient poussé à fuir son pays et le contraindre à devenir un voleur. Et même si le Han répugnait les mercenaires du plus profond de son être, il ne semblait étrangement éprouvé aucune animosité envers l’arbalétrier.
Par ailleurs, il appréciait particulièrement la franchise dont ce dernier fit preuve, notamment en lui confiant cette partie de son histoire, car rien ne l’obligeait à aller si loin. D’un autre côté, on pouvait se demander si le prisonnier ne cherchait pas à attendrir et manipuler le manieur du cristal pour ainsi le mettre dans sa poche, ou quelque chose qui s’en rapprocherait. Une interrogation légitime, mais à laquelle le Han n’y songea pas une seule seconde, car il se disait que de toute évidence, peu importe les intentions de son interlocuteur, il ne pourra rien faire pour lui. Après tout, Musashi n’était qu’un simple Genin, il n’avait par conséquent aucun pouvoir décisionnel, ni même le droit de proposer ou suggérer quoique ce soit à ses supérieurs, mais cela, le voleur devait probablement s’en douter.

Quoi qu’il en fût, Musashi méditait sur les propos de son interlocuteur concernant les villages cachés. S’il pouvait comprendre pourquoi l’arbalétrier en était arrivé à cette conclusion, le Han était loin d’approuver la remarque du détenu. Pour le manieur du cristal, le fond du problème n’était pas les villages cachés, mais plutôt les shinobis. Il repensa brièvement à cette époque où il répugnait les shinobis et avait refusé d’en devenir un, décision qui lui avait coûté très cher, puisque tous ses camarades se sacrifièrent pour le protéger et l’aider à fuir son pays.
Il se souvint également de ce samouraï, déguisé en simple voyageur, l’ayant sauvé des griffes des hommes de son grand-père, il se souvint de leurs conversations, et à partir de là il ne pouvait que donner tort à son interlocuteur. Cependant, le Han se disait que pour le moment, il était inutile de se lancer dans un long débat philosophique, car ce qui l’intéressait c’était d’en apprendre encore un peu plus sur son le voleur et surtout de connaître son nom. Cela n’avait certes que peu d’importance, mais l’épéiste semblait beaucoup y tenir.

Le Han finit par laisser tomber, puisque son interlocuteur ne semblait pas très enclin à lui en dire davantage. Après quoi, Musashi pris quelques gorgée d’eau, réfléchissant sur l’interrogation du blondinet. Qu’est-ce qu’il ferait s’il pouvait décider du sort du prisonnier ? Le tuer ? Le renvoyer chez lui, là où il était recherché ? Une interrogation pourtant simple, mais qui visiblement semblait torturer le Han. Après réflexion, l'épéiste se disait qu’il ne choisirait ni l’un ni l’autre. S’il pouvait décider, il l’utiliserait probablement pour sévir les intérêts d’Iwa. Bien des idées commençaient à lui traverser l’esprit, certains plus tordues que d’autres, témoignant de l’évolution de sa personnalité. Cependant, lorsqu’il s’apprêtait à répondre au blondinet, une voix venue du fond de la cellule l’arrêta dans son élan. Aucun doute possible, il s’agissait bien de l’Oterashi. Une entrée en fanfare comme savait si bien le faire. Il reprit alors les arguments et l’histoire du prisonnier, cherchant visiblement à le manipuler, du moins c’était ce qu’en conclut Musashi. L’adepte du Taijutsu laissait entrevoir une petite espoir pour le mercenaire, une espoir qui en réalité n’en était absolument pas une compte tenu du fait que l’écarlate n’avait aussi aucun pouvoir décisionnel, chose que le prisonnier ne pouvait deviner.

Le Han ne dit pas un mot, laissant son partenaire parler jusqu’au bout, observant attentivement la réaction de son interlocuteur. Ce dernier n’avait guère apprécié que l’Oterashi se serve de sa sœur, un élément dont le village pourrait à visiblement s’en servir d’une façon ou d’une autre, si nécessaire. Musashi écouta alors la suite avec beaucoup d’attention. Il dénota que le prisonnier avait une vision bien triste de la vie, pas moins réaliste sous certains aspects, une vision que le Han avait par ailleurs partagé pendant un certain temps. Le détenu s’emporta, reprochant aux deux hommes de le juger alors qu’ils ne savaient rien de lui. Le Han resta silencieux, observant attentivement son interlocuteur qui commençait étrangement à rire. Il leur fit alors savoir qu’il était prêt à soigner les vies d’Iwajins, si cela pouvait lui permettre d’échapper à son sort, du moins c’était ainsi que Musashi interpréta ses propos. Enfin, le Genin écouta la suite aussi attentivement que possible, puis il finit par soupirer un bon coup, décidant finalement d'interpeller l’arbalétrier :

« Tu t’emportes un peu trop facilement, mercenaire. A moins que tu préfères que je t’appelle le voleur ? C’est comme tu veux… » Fit-il, en regardant le mercenaire droit dans les yeux. Il soupira une fois de plus, prenant alors quelques gorgées d’eau. « Musashi, moi c’est Han Musashi…. Que tu ne veuilles pas nous donner ton nom, cela te regarde. Que tu ne sois pas d’accord avec les propos de mon collègue, soit. Que tu sois sur la défensive, je peux le comprendre… Mais cesse de te dire tout et son contraire ! Tu parles comme si tu as traversé le monde entier, comme si tu as connu toutes les guerres et les souffrances qui existent, comme si tu connaissais tout sur tout… » Reprit-il, d’un regard sombre. « Au final, on n’est pas venu ici pour te juger, et comme mon camarade l’a si bien souligné, tu as peut-être plus de choix que tu ne le penses, Johekijin. Tout à l’heure tu m’as posé une question, permets-moi de te répondre par une autre question : qu’est-ce que tu serais prêt à faire pour retrouver ta liberté ? Qu’est-ce que tu serais prêt à donner pour retrouver ta sœur ? ... » Conclut-il, en appuyant là où ça fait mal, cherchant visiblement à contraindre son interlocuteur à tenir davantage à la vie...



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Réveil d'outre-tombe [H. Musashi | O. Yanosa] Musa

« Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre »
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Oterashi Yanosa
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Lun 10 Juin 2019 - 11:45
Comme il l’avait pressenti, le détenu, passé le brouillard qui avait obscurci son jugement les premières minutes après le début de la conversation avec Musashi, était doué d’une rhétorique certaine et retorde, mais quoi qu’il puisse en penser, cela donnait en réalité du grain à moudre et des informations importantes à l’Oterashi de constater de première main quelles pensées pouvaient traverser son esprit. Pour Yanosa, qui affectionnait les arts du verbe et de l’argumentaire pour son temps gargantuesque passé à éplucher de grandes quantités de livres, il y avait là à boire et à manger, à commencer sur cette réflexion sur les héros et le danger qu’ils représentaient en réalité pour la société. Le guerrier rouge voyait bien à quoi l’arbalétrier faisait allusion, pour l’avoir déjà lu dans une fiction : le sens du devoir venu d’en haut, le zèle de celui qui croit en ses convictions, celui-là est capable tant de faire irradier la lumière sur les peuples que de les faire sombrer dans les ténèbres, engloutis sous la vision d’un seul homme. Pertinent, et à la fois ancré dans une idée d’un monde bien trop manichéen.

Ce qui, en un sens, entrait en conflit avec l’argument suivant du jeune blond, qui mettait en avant les zones de gris et les partis pris par les différents villages cachés. La valeur des vides défendues, face à celles qui pouvaient pâtir de leurs actions officielles… comme officieuses. Yanosa fit apparaître un rictus presque amusé sur son faciès de roche. Il continua à l’écouter patiemment, décortiquant chaque propos tenu, chaque inflexion, en se délectant, au fond, d’avoir face à lui un individu à la fois si résolu à sa propre fin et si pugnace dans la défense de ses convictions.

« Ça s’appelle l’équilibre. Que tu en discutes l’équité, je peux le comprendre… Mais, comme tu l’as bien souligné… Les héros qui cherchent à faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre… sont parfois les plus à craindre. Peut-être es-tu de ceux-là… ? 

Quoi qu’il en soit, le jugement que nous portons sur toi, en cet instant précis, importe peu. Mais peut-être ne réalises-tu pas non plus ta chance, relativement aux événements. Un autre village t’aurais sans doute déjà exécuté sans autre forme de procès. Que ta position ne t’inspire pas… le plus grand des conforts… c’est très compréhensible. Tu es sur la défensive, c’est tout naturel.

La richesse… n’est pas une fin en soit, nous sommes d’accord là-dessus, et nul doute qu’avec la récompense du contrat que l’on t’a fait miroiter, tu espérais pouvoir accomplir quelque chose... Promouvoir tes intérêts. Échapper à Jôheki. Retrouver ta sœur.. Des causes nobles, même pour un voleur, et je dis ça sans ironie. Ne vois-tu pas ton raisonnement tourner en rond ? Ne vois-tu pas tes préconceptions voiler ton jugement, sur moi, sur nous, sur Iwa ? La paix, la véritable paix, ne se trouve que dans la mort. En cela, elle n’est pas illusoire, mais je doute que ce soit là ta véritable ambition. 
»

L’Oterashi marqua une pause, laissant intervenir son camarade à l’autre extrémité de la cellule. Le pugiliste, pour avoir déjà assez longuement conversé avec Musashi, savait qu’il pouvait lui faire confiance pour ne pas faire d’impair lors de cette entrevue improvisée, et le laissa aller au bout de son propos sans l’interrompre, le laissant poser sa question finale et pour le moins pertinente.

« De ton temps, de ton énergie, un peu de ton sang peut-être ? Ne crois pas parce que nous vivons dans un monde de mensonges et de tromperie que c’est tout ce qui t’entoure ici. Il y a un temps pour tout, ici bas. Et peut-être est-il venu celui où tes intérêts pourraient converger avec ceux d’Iwa. Ou peut-être pas. Comme je te l’ai dit, c’est à toi de décider. »

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Seigi Gekkō
Seigi Gekkō

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Ven 14 Juin 2019 - 15:01
Gekkō fut interloqué par les propos de son adversaire, et son visage le montrait. Il ne s’agissait même pas de comédie en ce cas, mais simplement de l’expression de ses sentiments les plus internes qu’il n’avait pas pu réfréner. La réalité, c’est qu’il se demanda s’il avait bien interprété les paroles du vieil homme au final. Il avait naturellement pris la place du criminel, car c’en était un, mais peut-être que les rôles n’étaient pas ceux qu’avait envisagé le jeune homme de prime abord. Il fronça les sourcils. Son égo était blessé une nouvelle fois par ce constat. Sa chance, pour sur, il la connaissait. Et il n’avait pas eu idée de s’en défausser. Elle l’avait accompagné à de nombreuses reprises, toujours fidèle. Lorsque l’iwajin évoqua de nouveau sa sœur, le Seigi serra les dents. En soi, l’adversaire ne faisait que pinailler, et n’avait pas une vision si éloignée de la sienne. Il cherchait surtout à voir s’il était possible de rallier le blond à sa cause, on ne pouvait pas le blâmer pour cela, c’était même louable, même si non-dénué d’un certain intérêt. De plus, c’était exactement ce que recherchait Gekkō. Il savait pertinemment que c’était probablement l’une des seules façons de s’en sortir, il voulait simplement donner du crédit à tous cela. Même si tout naturellement, longtemps les iwajins se méfieront de lui, il devait montrer qu’il était prêt à renoncer à lui-même en partie, pour épouser leur cause et leur être fidèle. Le premier iwajin repris la parole.

Il était devenu un peu plus sec, comme s’il avait été vexé par le comportement du voleur comme il l’appela. Bien sûr, ce n’était pas vraiment son sentiment, et lorsqu’il continua, il prouva sa bonne fois en lui donnant son propre nom. C’était le signal que Gekkō attendait. D’ailleurs, il n’était pas totalement d’accord avec ce que disait ce Musashi. Toutefois, il comprenait son point de vue, peut-être n’avait-il pas présenté assez humblement son propos. Même si c’était difficile pour lui, il ne voulait pas être arrogant en exposant son point de vue et il ne comptait pas s’en départir sans s’expliquer. Il baissa les yeux, comme pour y trouver une réponse et malgré la crispation toujours lisible sur son visage, mais qui était désormais plus joué que sincère, il répondit.

☽☾ Tu as raison. Je suis désolé si j’ai pu donner cette impression. Je ne faisais que mes propres constats, et je ne prétend pas qu’ils sont meilleurs que ceux des autres. S’ils m’ont guidé jusqu’à présent, et que je les défend, ça ne veut pas dire que je ne peux pas évoluer. Je ne suis qu’un gamin après tout.

C’est alors que l’autre blond répondit avec une autre question, à celle posée plus tôt. Deux autres en fait. À peine avait-il fini d’énoncer la première, que le cerveau de Gekkō était entré en effervescence pour tenter d’y répondre. À l’évocation de sa sœur, il voulu montrer une fois de plus son affection. Ses sourcils se froncèrent de nouveau, et ses dents serrées se mirent à faiblement grincer. Il avait aussi le point serré. Il garda cette tension. C’était peut-être le bon moment. L’autre iwajin entama de répondre à sa place. Les parties étaient somme toute arrivée à un certain point dans leur argumentaire. Il était tant de passer le niveau suivant. Où se situait véritablement le point de vue de Gekkō ? Est-ce que finalement, il jouait réellement la comédie, ou bien est-ce dans le fond, les paroles prononcées l’avait atteintes plus qu'il ne l’aurait pensé, et qu’il fut un minimum convaincu ? Savait-il lui-même, où s situer son point de vue à cet instant ? Son corps était resté tout en tension. Ses deux poings s’étaient serrés désormais. Il semblait retenir un peu sa respiration. Il avait fermé les yeux, a présence devant et derrière lui semblait l’oppresser. Ou bien est-ce ce qu’il voulait montrer ? Un silence s’installa. Il fut alors coupé par un déchirement. Réel ou factice, il ne s’agissait pas d’un déchirement physique, mais plutôt psychique.

Toujours animé par une grande tension, Gekkō s’était penché en avant. La main tremblante, il s’était mit à dessiner sur le sol les kanjis de son prénom : d’abord celui de la lune, puis celui de la lumière. Il s’était redressé, le regard toujours baissé sur ce qu’il avait écrit. Mushashi devant lui, ne devait pas voir très bien son visage, même vu d’en bas, en revanche il devait distinguer les larmes qui s’écrasèrent sur le sol. Puis, de façon instantanée, quelques secondes plus tard, toute la tension dans le corps de Gekkō se stoppa net. Et comme une marionnette dont on aurait coupé les fils, il s'effondra sur le sol. Il avait l’air de pleurer intérieurement, mais ne montrait plus de larmes. Comme-ci, les précédentes lui avaient juste échappées, et qu’il n’avait jamais voulu montrer cela. À genoux devant Musashi, il remonta lentement les yeux vers lui, pour s’ancrer dans les siens une nouvelle fois. Son regard était profond, empreint de pardon et de renoncement, et d’autre chose d'imperceptible. Trop subtile, c’était une pointe de dégout envers lui-même. Gekkō ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sorti. Il se résigna, ferma la bouche et les yeux et baissa de nouveau sa tête jusqu’à ce qu’elle touche le sol. Était-il en train de demander pardon ? Perdu dans ses propres sentiments, il était dur de savoir ce qu’il lui passait vraiment par la tête.

☽☾ Je ferais absolument tout ce que vous me voudrez pour revoir un jour ma sœur... avant de mourir… même si je sais que c’est impossible…

Sa voix, même chuchotée, était bien clairement toujours aussi détériorée, un peu comme si c’était le prix à payer. Peut-être ses cordes vocales s’étaient-elles endommagées.



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Oterashi Yanosa
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Lun 17 Juin 2019 - 13:24
Les argumentaires et tribulations verbales des deux soldats d’Iwa, semblait-il, avaient fini par percer la carapace que s’était constitué l’arbalétrier, à la fois victime du Genjutsu de Mamushi et coupable d’agression envers le village. Yanosa, au fond d elui, s sentait presque coupable d’imposer ce genre de pression à un homme qui avait déjà tout perdu, mais il savait que c’était à la fois la chose la plus juste et la plus pragmatique à faire. Il ne devait, sous aucun prétexte, laisser la proximité physique avec ce shinobi brisé l’attendrir à son égard. Tel était son devoir, sa façon de protéger Iwa, et il ne pouvait pas s’en détourner.

Quand il parlait de chance au prisonnier, ce dernier sûrement n’imaginait pas que l’un de ses interlocuteurs aurait presque préféré tout simplement l’exécuter, ce qui aurait débarrassé Iwa de toute menace potentielle le concernant. Mais l’Oterashi ne pouvait se résoudre, pas encore, à appliquer jusqu’au bout un tel raisonnement. Une part de raison un peu timide l’en empêchait, le poussant à envisager d’autres options, plus compliquées, plus alambiquées, mais toujours avec cette ferme intention de servir les intérêts de son village. Car il était son cocon, désormais, et rien ni personne ne le lui enlèverait. Toujours assimilé au mur du fond de la cellule, arborant des traits grossiers et peu reconnaissables, Yanosa haussa le menton lorsqu’il constata la fêlure dans la posture de l’arbalétrier. Rattrapé par sa condition, par les conséquences des choix qu’il avait devant lui, il entreprit de dessiner avec un doigt, lentement, d’aucun dirait fébrilement, deux idéogrammes dans le sol terreux et granuleux de sa cellule. « Gekkô ». Le guerrier rouge ne bougea pas d’un pouce, surveillant à la fois les réactions de Musashi ainsi que les tremblements à peine perceptibles qui parcouraient le prisonnier qui lui tournait le dos.

Le travail était fait, songea-t-il, et ils avaient à présent un rapport à rédiger pour rendre compte de l’avancée acquise avec ce détenu. Mais ce dernier, soudain, se figea, habité par une nouvelle fermeté. Et contre toute attente, de façon absolument explicite et en ramenant de lui-même le sujet de sa sœur sur le tapis, le dénommé Gekkô abdiqua tout à fait, dans un souffle mêlant désespoir et détermination. Sa qualité d’être humain, pour ainsi dire, sauta à la gorge de Yanosa. Difficile d’aliéner l’humanité de quelqu’un, d’en faire un simple levier, sans subir soi-même de contre-coup. A sa place. Qu’aurait-il fait, qu’aurait-il pensé à sa place. La question le traversait, sans toutefois se figer dans son esprit.

« Il y a assez peu de choses impossibles, dans un monde où une personne peut commander à une centaine d’autres de partir à l’assaut d’une cité contre leur volonté. Tu viens déjà de faire le premier choix… d’une série qui pourrai peut-être t’amener à retrouver ta sœur. Tu coopéreras avec nous. Tes prochains choix t’appartiendront davantage : à toi de prévoir le poids de leurs conséquences. A bientôt, Gekkô. »

Ces mots prononcés, auréolés d’un soupçon de sourde menace, l’Oterashi disparut dans la paroi, sans un bruit, pour retourner vers l’entrée du bloc, où il retrouva son apparence humaine en posant pied dans l’allée. Tout cela, songea-t-il, pouvait se révéler au final bien futile si le Conseil prenait une décision aussi radicale que celle qu’il avait lui-même envisagé un moment, mais le travail préparatoire avait le mérite d’être fait, quand bien même c’était par deux Genin. Et peut-être, au final, serait-ce grâce à eux que ce Gekkô pourrait continuer à vivre. Du moment que c’était avec les intérêts d’Iwa à l’esprit.
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Han Musashi
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Dim 30 Juin 2019 - 20:29

¤ IWAGAKURE NO SATÔ ¤
Réveil d'outre-tombe.


Réveil d'outre-tombe [H. Musashi | O. Yanosa] Iwa12

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Après avoir écouter attentivement son collègue, le Han ajouta quelques mots de plus dans l’espoir d’amener le mercenaire à sérieusement réfléchir sur les choix qui lui restaient. Accepter la mort, sort qui l’attendait probablement, comme la plupart des mercenaires ayant été défaits par les forces de la cité, ou coopérer et ainsi espérer échapper à la peine capitale, chose qui lui laisserait alors peut-être une chance de retrouver sa sœur, un jour. Un choix qui ne paraissait pas très compliqué à faire, du moins du point de vue de l’épéiste, qui n’aurait à priori pas hésiter. D’un autre côté, Musashi savait que les choses n’étaient jamais simples, et il fallait donc prendre en considération le vécu et la personnalité du détenu, qui pourrait peut-être le pousser à préférer la mort à la vie et l’espoir de retrouver sa frangine. Peu probable, mais pas impossible.

Quoi qu’il en fût, le natif de Kaze était toujours assis en tailleur, à quelques mètres de la cellule du mercenaire, l’observant avec une certaine attention. Il espérait tout d’abord lui arracher son nom, et peut-être que le fait d’avoir donné le sien en premier rendrait le détenu plus enclin à coopérer. Outre cette information secondaire, les deux Genins espéraient obtenir une totale coopération de la part de celui qui venait tout juste de s’excuser, pour la première fois, affichant curieusement un état d’esprit allant clairement dans le sens de l’objectif recherché par les deux Iwajins. En l’observant avec la plus grande attention, Musashi dénotait un certain changement dans le comportement de leur interlocuteur, et il arrivait d’une certaine façon à ressentir les tensions qui commençaient à l’animer, à moins bien sûr qu’il ne jouât la comédie, auquel cas le mercenaire serait probablement le plus talentueux des acteurs qu’il lui ait été donné de voir.

Soudain, les deux Genins furent interpellés par les inscriptions que le détenu grava sur le sol. L’épéiste avait du mal à lire depuis sa position, et ce d’autant plus que les inscriptions s’affichaient à l’envers, puisqu’il se situait en face du mercenaire. Pour l’heure, il préféra plus s’attarder sur les larmes qu’il crut entrevoir et sur le comportement de son interlocuteur, qui se trouvait curieusement à genoux, comme s’il avait enfin capitulé. Le regard du Johekijin en disait long, au point que Musashi se sentait mal de le voir dans cette situation, il se sentait aussi mal d’avoir profité de leur statut de vainqueur pour le contraindre à s’abaisser de la sorte, mais en fin de compte il savait que c’était pour son bien…et bien sûr pour l’intérêt d’Iwa, car Musashi ne ferait rien qui irait à l’encontre des intérêts de son village, et on pouvait certainement en dire autant de l’Oterashi.

Enfin, le prisonnier leur confia son souhait de coopérer, déclarant qu’il était prêt à faire tout ce qu’il fallait si cela pouvait le conduire à revoir un jour sa frangine. Intérieurement soulagé, avec le sentiment d’avoir accompli leur « devoir », le Han se leva, prenant ses bricoles avec lui, et s’approcha de la cellule du détenu. C’était alors qu’il put lire les inscriptions gravées par le blondinet, qui avait, à travers ces deux Kanjis, fournit son nom : « Gekkô ». L’Oterashi fut le premier à prendre la parole, confiant en effet au détenu qu’il y avait en fin de compte peu de choses impossibles dans ce monde, ce à quoi Musashi ne manqua pas de hocher la tête en guise d’approbation. Puis, le guerrier à la toison rouge interpella Gekkô sur ses choix, le premier étant celui qu’il venait de faire, en acceptant de coopérer, et les autres seront ceux qu’il aura à faire à l’avenir, pouvant potentiellement l’amener à revoir sa sœur, un jour. Enfin, il ne manqua pas de le saluer avant de disparaître dans la paroi rocheuse, grâce à son incroyable faculté. Musashi posa quant à lui ses mains sur les barres de la cellule, regardant Gekkô de haut, puisque ce dernier était au sol, à priori toujours à genoux.

« Si on part du principe que nous sommes des êtres dotés du libre-arbitre, alors je suis de ceux qui pensent que nos choix jouent un rôle majeur dans notre destin. En choisissant de coopérer, tu viens de rendre ce qui aurait pu être impossible, possible, Gekkô… » Lança -t-il, en regardant son interlocuteur droit dans les yeux. « Mais tu te doutes que le destin n’est pas seulement une question de choix, alors sache que nous feront notre part de boulot, nous feront en sorte que le sort te soit favorable, pour que tu puisses peut-être un jour retrouver ta sœur… » Poursuivit-il, en regardant une nouvelle fois les inscriptions gravées sur le sol. « Comment s’appelle -t-elle ? » Demanda -t-il, après lui avoir lancé la gourde d’eau qu’il avait de base pris pour son camarade.

Musashi attendit la réponse de son interlocuteur, puis hocha légèrement la tête en guise d’approbation. Enfin, il se retourna pour aller rejoindre son camarade et rédiger leur rapport. Seulement, avant, il jugea bon de répondre à une des interrogations de Gekkô, qu’il avait délibérément laissé de côté.

« Ah, et pour répondre ta question… » Fit-il, en tournant légèrement la tête vers son interlocuteur. « Admettons que je sois à ta place et que la décision finale te revenait, que décideras-tu ? Me tuer pour quelque chose dont je n’ai pas vraiment été responsable, pour la simple raison que je sois un mercenaire, qui a eu le malheur et la malchance de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment ? Ou me livrerais-tu à mon pays qui me recherche et qui veut ma mort, pour ainsi t’épargner de te salir les mains et peut-être même en profiter pour t’attirer les bonnes faveurs de Joheki ? » Demanda -t-il, d’un air curieux. « Ou alors t’autoriserais-tu une troisième possibilité… Une option à laquelle tout homme aimant l’ordre et la justice ne pourrait se permettre d’écarter… » Reprit-il, d’un air sérieux, en espérant que son interlocuteur saisisse où il voulait en venir.

Le Genin venait d’une certaine manière de répondre à sa question, il n’appartenait plus qu’à Gekkô d’analyser son monologue pour en déduire la réponse.

« Je demanderai à un médecin de passer t’examiner, en attendant médite bien et à bientôt, Gekkô. » Conclut-il, en se dirigeant vers la sortie, là où l’Oterashi devait probablement l’attendre.



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« Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre »
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Seigi Gekkō
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Mar 9 Juil 2019 - 20:39
Gekkō ne se faisait aucune grande illusion sur ce que lui indiquait l’interlocuteur rocailleux avant de lui faire ses adieux auxquels le blond répondit d’un mouvement de la tête. À part le Han, qui lui avait donné son identité, il ne savait rien de l’autre, et tout cela n’était que des paroles, peut-être que dans le fond, rien ne changerait. Il était même plus probable pour le Seigi qu’il soit encore un simple mort en sursis pour Iwa, mais si ce n’était pas le cas, alors il devait tout tenter pour survivre. Musashi resta plus bavard, et lui déblatéra un peu plus de justifications, auxquels Gekkō croyaient peu. Une part de lui se disait que si cela s’avérait vrai, c’était tout bénéf pour lui, et dans le cas contraire, ça ne ferait que renforcer l’image qu’il avait des villages cachés. Lorsqu’il demanda au Seigi le nom de sa sœur, celui-ci resta coi quelques instants, son regard était triste. Cela ne lui coûtait rien de lui dire, ce n’était pas cela qu’il chagrinait l’adolescent. non, c’était plutôt le fait que vu son jeune âge lorsqu’il avait été séparé, la petite fille avait probablement vu son nom changé. Il grimaça en fronçant les sourcils avant de répondre faiblement.

☽☾ Nijiko, quelques jours avant qu’elle naisse, il n’avait cessé de pleuvoir, et lorsqu’elle est arrivée un rayon de soleil a percé, et un arc-en-ciel est apparu…

Nijiko, littéralement, l’enfant de l’arc-en-ciel, croyant fortement dans les signes de la providence, la mère Gekkō aimait donner à ses enfants un prénom symbolisant le moment de leur naissance. Gekkō ne savait pas vraiment pourquoi il s’était montré si précis. Peut-être que l’intérêt, même s’il était peut-être factice, qu’avait montré le Han l’avait touché. Il le regarda de nouveau, on pouvait lire un certain désespoir dans ses yeux même s’il le cachait.

☽☾ Je doute qu’elle s’appelle encore ainsi désormais…

Avant de partir, Musashi souhaitait soumettre Gekkō à une sorte de dilemme. l’emploi du mot justice le toucha, après tout, c’était les kanji de son nom de famille.

☽☾ Je ne peux pas te mentir, même pour ma propre cause. Si nos places étaient inversées, je crois que je t’aurais livré à ton pays. Je ne peux qu’être honnête avec toi, je ne suis pas un mercenaire avec de la malchance, même en ne connaissant pas les conditions de ce contrat qui m’a amené ici… J’ai fait mes propres choix, qui n'étaient pas bons et comme tu l’as dit tout à l’heure, c'est cela qui détermine mon destin.

La voix du blond était toujours si peu harmonieuse, si bien que l’autre blond indiqua qu’il ferait passer un médecin. Peut-être était-il sincère alors. Mais qu’en serait-il de ses supérieurs…

☽☾ Merci… Hem, et s’il te plait, est-ce que j’ai le droit d’avoir quelques journaux à lire ? J’aimerais savoir ce qu’il s’est passé ailleurs, même si je dois mourir demain.



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