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Une grande aventure


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Lun 3 Juin 2019 - 15:48
♫ Shadow of the Colossus 02 — Prohibited Arts

Printemps de l'An 190, Kaze no Kuni, Temple du Désert, en début de matinée

Une décennie avant que la rébellion aride ne renverse le Premier Cercle et que la tragédie du Dieu du Désert ne bouleverse tout le Kaze no Kuni, les habitants de Taiyô n'avaient jusqu'à lors connu que les tourments territoriaux, infligés par un climat aussi dangereux qu'imprévisible. A priori reconnu comme étant le seul havre de paix dans cette prison d'ergs, la capitale regorgeait pourtant d'inégalités entre les Hommes. Mais malgré ce sillon social creusé par des années vouées à un lent développement, chacun avait le droit de se recueillir à l'Autel du Dieu du Désert, véritable mythe divin partagé par la plupart des tribus de ce pays désertique. Qu'ils soient travailleurs, malades, vieillards, pauvres ou bien aisés, tous avaient été élevés dans cet environnement suffocant avec une pointe de fanatisme dans leur esprit ; et nul ne passait une lune sans s'isoler du monde extérieur auprès de la déité, pas même la horde de notre chère Reikan qui ne faisait alors pas exception.[invisible_edit]

Aussi libres d'esprit ses membres pouvaient-ils être, chacun d'entre eux apportait au Pays du Vent et à ses coutumes, sources de stabilité et de nostalgie, un attachement tout particulier. Cette troupe se composait d'un couple dominant, qui n'était nul autre que celui de Ragna et Shizuka, père et mère de deux enfants à l'avenir prometteur ; c'était autour de ce noyau familial que gravitaient d'autres atomes, d'autres proches à part entière du clan. Aujourd'hui était un jour révélateur pour ces métamorphes, où toutes les branches de la ramure génétique devaient se retrouver au Temple pour discuter de la direction qu'allait prendre la famille. Le Temple du Dieu du Désert était une bâtisse religieuse battant toutes les espérances que l'on pouvait posséder à son égard avant de l'avoir réellement vu ; gorgé de secrets et surveillé en permanence, cette prouesse architecturale gisait au milieu des dunes et des montagnes de rocs.


Sous l'accablante chaleur du soleil à peine levant, une silhouette capuchonnée et de la taille d'un enfant se déplaçait sur le sable brûlant. Le moindre de ses pas engendrait le grincement aigu de l'acier de son équipement de chevilles contre la couverture sablonneuse, avant de la mener jusqu'à l'entrée du Temple si sacré où des fidèles priaient déjà face à l'autel. Elle aussi préservée par un voile sombre mais fin, la jeune fille prit un temps de pause pour relever la tête et zieuter la voûte principale. Elle décortiqua du regard les frises et les bas-reliefs ornant la façade ensoleillée. C'est peut-être la dernière fois que je reviens ici, et pourtant... Un soupir, témoin de sa nostalgie, sortit tout droit de sa gorge suite à sa réflexion intérieure. La dissimulée ferma les yeux et retira sa capuche à l'aide d'une de ses mains, toutes deux couvertes d'un alliage métallique atypique et intriguant. La tête de la gamine s'extirpa alors de la pénombre dont elle avait assez profité, dévoilant une longue chevelure d'ébène ponctuée de parures exotiques et un visage aussi innocent qu'harmonieux. À l'ouverture de ses paupières, deux topazes truandèrent cette atmosphère ardente pour se poser sur le sanctuaire trônant au fond du Temple. Silencieuse, la féline gravit la poignée d'escaliers avec lenteur et caressa de ses pupilles l'intérieur du lieu de recueil, comme si elle n'allait plus jamais le revoir à nouveau. Cet endroit avait beau être régulièrement proie à des tempêtes meurtrières, il paraissait n'avoir jamais épongé le moindre tourment climatique, à tel point que sa conservation pouvait en étonner plus d'un ; c'était à croire que les dévotions presque fanatiques n'étaient pas vaines, offrant protection en toutes circonstances à la tanière du Dieu du Désert. Toutes, sauf celle de sa libération, dont personne n'aurait pu se douter à cette époque encore paisible. De toute évidence, qui aurait pu penser que sous tous ces croyants dormait un Bijû?

Face au spéos, une brise sèche et réchauffante vint balayer quelques unes des mèches primitives de la métamorphe. Le silence était roi, pesant pour certains et lénifiant pour d'autres ; ainsi, Reikan le préserva au mieux afin de profiter de ce dernier moment de culte, jusqu'à ce qu'une imposante ombre grimpe sur son dos pour envahir le sol face à elle, la dépassant de loin. Dès qu'elle eut remarqué et reconnu la silhouette en raison de sa carrure, la petite brune se mit de profil pour relever son minois et adresser un regard accueillant à son père, Yasei Ragna. Ce dernier ouvrit le bras droit sur le côté pour attirer l'attention de sa fille sur le couple et l'enfant à la tignasse écarlate l'accompagnant. Une œillade eut suffit à la future kunoichi pour analyser l'attitude des nouveaux arrivants ; une femme à l'allure plutôt hostile accrochée au bras d'un homme à l'air fourbe mais loyal, couple au teint mat et dont les iris d'or contrastaient étrangement avec la peau laiteuse et les pupilles de rubis de celle qui était censée incarner leur progéniture.

« Tu as pris de l'avance, Reikan, ça ne m'étonne pas. Je te présente Keiko et Takeshi, ce sont d'anciens amis à Shizuka et moi. Et voici leur fille, Hanae.
Yasei Reikan, enchantée. »


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Mer 5 Juin 2019 - 21:02


"Trop chaud... P'pa, on part quand ? J'en peux plus du désert !"

Hanae tient fermement le pantalon de son père, qui refuse de bouger malgré les demandes incessantes de sa fille, et son impatience. Le désert est aride, et la petite est bien contente que la troupe décide de partir de là. Elle n'a jamais aimé cette chaleur étouffante, cette sensation de brûlure sous la plante de ses pieds, et surtout le fait d'avoir constamment soif. Peut-être que les Yasei n'ont pas ce genre d'égards, mais pour une enfant adoptée, trouvée dans un coin perdu et sans aucun parent à proximité, tout ici est hostile. Une large main recouvre alors sa tête, avec à peine plus de force qu'une caresse, et une voix forte et rassurante rompt le silence éphémère que la rouquine a finalement créé en se taisant un peu.

"Allons dans le temple, nous ne pourrons pas y retourner avant longtemps."

La naine saute de joie, et se rend compte qu'elle n'a pas été très maligne en retombant sur ses fesses, sentant le sable brûlant à travers ses habits, et se relevant aussitôt en poussant un petit cri aigu. Après s'être nettoyée, elle rejoint sa mère, pour lui saisir la main, les larmes aux yeux. A cette époque, Hanae était une enfant hyperactive et très énergique, faisant souvent rire ses parents, qui n'ont pas une seule fois regretté de s'occuper d'elle. D'aucuns diraient que cette étrangère apportait un grand bonheur par sa seule joie de vivre. Un homme avait même dit, une fois : "Je me demande si quelqu'un réussira à lui retirer cette force, un jour." en riant fort. Eh bien, quelqu'un y est arrivé, sept ans plus tard...

Lorsque les portes sont visibles, l'enfant lâche la senestre de sa mère, et cours jusqu'à se retrouver dans l'ombre, se vautrant en ratant une marche, puis se relevant en moins de deux secondes, prenant une sorte de pose de la victoire. Personne ne la voit le faire, ce qui est plutôt une bonne nouvelle étant donné le ridicule qu'elle aurait pu se donner. Très vite rejointe par Keiko et Takeshi, elle leur lance un sourire satisfait, trop heureuse de ne plus être en train de cuire. Le trio avance alors un peu plus, la mère de la jeune Sendai approchant un peu plus son père, se collant carrément à lui. Une moue boudeuse sur le visage, la petite murmure une phrase à peine audible:

"Toute façon c'est moi qu'il préfère, papa."

Sa bouderie est interrompue par la venue de deux personnes. L'homme est impressionnant, et la toute petite se cache derrière son père lorsqu'il commence à parler. Elle a le même air qu'un chat apeuré, pourtant il ne devrait y avoir que des personnes gentilles, par ici. Elle ne remarque qu'après l'enfant, du même âge qu'elle sans doute, qui se présente assez vite après que son père ait fini de parler. La rougeoyante comprend avec un peu de retard qu'ils ne sont pas hostiles, et sort timidement de sa cachette. Sa mère prend les devants, en venant s'accroupir devant la toute petite brune et lui saisit le menton pour pouvoir mieux apprécier la vue de ses saphirs.

"Qu'elle est mignonne avec son air sérieux ! Tout le contraire d'Hanae !"

La dernière citée vient au triple galop, jalouse de cette comparaison fort dévalorisante, et s'approche pour prendre la place de Keiko, collant presque son visage à celui de Reikan. Elle reste ainsi quelques secondes avant de s'écarter. Elle hoche la tête, avant de la secouer...

"Hanae, enchantée ! Mais je suis plus mignonne que toi !"

Dit-elle, en croisant les bras et bombant le torse, fièrement. Si elle n'est pas une Yasei, elle a au moins une fierté, et comme dit souvent son père "Si tu n'es pas née intelligente, assure toi au moins de rester fière.", phrase qu'elle aime beaucoup même si elle ne semble pas en comprendre le tout.



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Mer 12 Juin 2019 - 15:59
♫ Shadow of the Colossus 02 — Prohibited Arts

Pie. Un oiseau au plumage bicolore et à la longue queue, bruyant et criaid, dont la principale activité se résume à la plus mauvaise des cleptomanies ; en bref, un volatile bien détestable. Ce fut le premier nom d'oiseau qui vint à l'esprit de la petite brune, lorsqu'elle eut malgré elle le minois presque collé à celui de cette presque inconnue. Avec ses saphirs plantés dans les ambres de l'adulte, grands ouverts comme ceux d'un félin interrompu en plein durant sa toilette, Reikan reçut la caresse de Keiko sous son menton sans rien dire. Et sous les airs de fausse provocatrice de la Yasei mûre, la petite fille put distinguer une once de bienveillance à son égard, quoi qu'aux tendances mal placées et à la gestuelle un peu trop intrusive. L'air sérieux sur lequel venait d'appuyer la mère adoptive d'Hanae rayonnait d'ailleurs de plus belle sur le faciès de la gamine. Mais la féline n'eut guère plus de temps pour allonger son descriptif de la femme aux oreilles pointues et velues, étant donné qu'une chevelure rougeoyante eut vite fait de se dresser entre elle et sa pilleuse de regards.

Ses pupilles d'un profond bleu roi roulèrent d'une tête à l'autre, pour se figer dans les rubis de celle aussi grande qu'elle qui avait osé une telle approche. Perplexe, mais loin de se laisser faire, Reikan resta avant tout stoïque face à l'adversité - ou plutôt, la rivalité. Plus... mignonne? La jeune tigresse était loin d'être sotte, mais se rabaisser à une telle comparaison n'avait pas lieu d'être à ses yeux ; en réalité, déjà à l'époque, elle constituait un pur joyau de naïveté raisonnée et d'innocence. Celle qui allait devenir une sublime demoiselle n'avait bien sûr pas encore conscience de ses atouts et de la beauté bestiale que l'ensemble de ses traits, de sa chevelure et des parures ornant déjà à cette époque multiples parties de son corps, constituait. Et que ce soit parmi les grains du Désert ou dans la brume de Kiri, son apparence charnelle, bien que soignée, ne paraissait pas si importante pour l'enfant des bêtes.

« Tu n'es pas d'ici, pas vrai? Tu es pâle comme une morte. »

Bien qu'à peine âgée de six ans, la petite brune possédait déjà un œil d'esthète et un esprit aiguisé au détail près ; ce qui lui permit de faire cette simple constatation, en se référant à la blancheur de la peau de la rougeoyante. Même si la sienne n'était pas aussi orientale que certains, elle était assez hâlée pour témoigner de son appartenance au Désert et de son quotidien presque exotique. Suite à sa remarque, elle roula des yeux comme pour montrer son ennui, sous lequel gisait pourtant un brin de nostalgie quant au Temple. Et la prise de parole de Ragna envers l'autre couple, qui ne laissa pas le temps à la rose rouge de répondre à Reikan, porta aux sommets l'impatience des membres de la troupe, quant à ce qui les attendait.

« Il faudra absolument faire une escale à Taiyo avant le zénith de nôtre départ. Comment s'est passé votre petit bout de chemin jusqu'à lors?
Ça a roulé comme sur des roulettes! Pas un piège ou un brigand en vue pour venir jusqu'au Temple depuis le Sud. Mais je doute que ce sera la même une fois que la capitale sera derrière nous.
J'en doute fortement aussi. D'ailleurs, Ragna, as-tu établis les points de repos avant que nous atteignons les forêts du Feu?[invisible_edit]
Bien évidemment. Je vous montrerai ça une fois le ravitaillement fait.
Qu'attendons-nous, alors? »

Lors de cette discussion d'adulte, la future kunoichi en avait profité pour s'éloigner quelques mètres plus loin, comme si elle souhaitait préserver un silence implacable pendant sa dernière visite en ce lieu. Ses yeux étripaient presque chaque élément de l'intérieur du Temple ; décidément, la féline se préparait déjà à ce fameux voyage, celui qui allait la bercer des années durant. Le redoutait-elle? Certainement pas. Elle avait même hâte de voir de ses propres yeux la beauté du Yuukan, dans laquelle ses parents l'avaient plongé par le biais de tant d'histoires, de tant de souvenirs. La petite se contenta de rester là à observer, jusqu'à ce qu'elle ressente le poids du regard pesant mais bienveillant de son père sur ses épaules. Ce signal l'obligea à détourner les talons de l'autel afin de descendre les marches et retrouver la couverture de sable qui commençait déjà à subir les assauts du soleil.

« Plus rien, maintenant. Allons-y.
Viens, Hanae. Ça te dit qu'on s'achète une surprise au marché de Taiyo?
Et moi, je n'ai pas le droit d'avoir de surprise? MARI INDIGNE! »

Sur le chemin de pierres, Takeshi n'eut même pas le temps d'attraper la main de sa fille adoptive que son crâne avait déjà rencontré la paluche de sa femme, par une ahurissante torgnole droit dans sa tronche. Cette dernière fit son bout de chemin les bras croisés, boudeuse, alors que lui, pleurait à chaudes larmes en touchant la bosse grosse comme un roc qui surplombait sa chevelure grisonnante. D'un air de victime faussement peinée, il proposa à Hanae en levant les bras vers elle de monter sur ses épaules pour le trajet jusqu'au cœur commercial du Désert. Et au fond, il pria. Il pria de toutes ses forces, pour qu'elle ne prenne pas un malin plaisir à titiller le beignet d'hématomes qui gonflait en haut de son front. Et pendant que ce trio semblait animer la tête de la troupe, Yasei et Shizuka restaient aux devants pour guider, se retenant de pouffer de rire, pendant que Reikan leur tenait respectivement la main. Face à eux se trouvaient désormais la dernière ligne droite, avant le début... d'une grande aventure.

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Dernière édition par Yasei Reikan le Ven 5 Juil 2019 - 23:57, édité 1 fois
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Sam 22 Juin 2019 - 14:21
Pâle comme… une morte ? Hanae se fige, se demandant si elle doit rire, s’énerver, pleurer, demander à son père de lui coller une correction ou juste ignorer. Une personne censée serait passée outre, n’aurait pas relevé, et aurait opté pour l’ignorance plutôt que d’entrer dans un jeu comme celui-ci – qui n’en est pas forcément un, étant donné que Reikan n’a que six ans – mais … la Sendai a six ans, et est loin d’être la plus maligne des filles de son âge. Elle se prépare à assaillir verbalement l’autre enfant, mais est prise de court par le beau monsieur qui doit être son père. Même si la brune ne peut le voir, le regard de la rougeoyante est plein de mépris, elle se vengera, tôt ou tard. Grommelant, la naïve laisse cette affaire de côté, se promettant intérieurement de ne pas laisser sa fierté entachée. Les propos de l’adulte rappellent alors à la sauvage que le voyage va enfin commencer. Quitter ce pays, c’est leur objectif sous peu. Mais avant, il parle de passer par Taiyo, un endroit inconnu de l’ignare, qui est donc prise d’une curiosité brûlante à l’idée d’en apprendre un peu plus.

Lorsque son père lui propose de lui acheter quelque chose au marché, les yeux de la flamboyante s’illuminent. Si vite oubliée sa rancune pour la fillette aux saphirs, mais elle resurgira au meilleur moment, sans doute, pour plus d’explosivité.

« Oui ! Je veux une surprise ! Mais ce sera quoi ? Je veux savoir !! »

Manquant le concept de « surprise », l’idiote semble bien insistante, mais Takeshi ne cède pas, trop occupé à masser la bosse que sa femme lui a faite. La petite affiche un sourire narquois, elle, la préférée de son père, après tout, elle est adorable contrairement à sa mère. Enfin, elle aime ses deux parents d’un amour inconditionnel, quoi qu’il en soit. Grimpant sur les épaules de son paternel, elle est satisfaite de ne pas devoir poser les pieds sur le sable bouillant, malgré ses chaussures, quoi qu’elle ne les porte plus, pour une raison inconnue…

« Euh, papa, je crois que j’ai encore perdu mes chaussures… Oh, et c’est quoi Taiyo ? »

Dit-elle, avec une voix d’ange, comme pour faire oublier sa bêtise. Plus loin, elle toise la brune, qui marche d’elle-même. Puis regarde de nouveau la route.

« On t’en achètera au marché, même si je me demande si tu ne devrais pas rester pieds nus. Taiyo, c’est la capitale de ce pays, la plus grande ville dans les environs, tu devrais beaucoup aimer ! »

La voix de son père est enjouée, lui aussi se réjouit à l’idée d’y aller… Et ainsi débute ce voyage, direction la capitale, pour l’instant. Les deux fillettes et leurs familles ne savent pas ce qui se trouve sur le chemin, personne ne le sait d’ailleurs, mais le désert n’est pas un endroit des plus sûrs, et si certains doivent être méfiants, la rouquine se sent invulnérable sur sa monture.

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Mar 9 Juil 2019 - 21:57
♫ FMA — Far East Suite

Kaze no Kuni, Taiyo, en fin de matinée

Une heure entière de marche fut nécessaire pour atteindre la Porte Sud de Taiyo. Capitale du Vent, cette cité était tout bonnement un oasis d'abondance, où les plus aisés jouissaient de richesses et les plus pauvres de paix. À elle seule, la ville regroupait plus d'êtres vivants que le Désert en comptait dans son intégralité. Bornée par une végétation dense et exotique, où l'eau ne manquait à personne, les remparts de Taiyo faisaient constamment barrière aux arides tempêtes du Kaze no Kuni et à la vague de sable l'entourant. En ce sens, la capitale n'était accessible que par le biais de souterrains ou par les airs. Cette singularité faisait aussi bien son aménité que sa disgrâce ; à vrai dire, puisque recluse dans les entrailles du sable, Taiyo était encore proie à des mœurs et des traditions que le Yuukan se voulait combattre à ce jour, comme l'esclavage.

Le soleil était à son zénith, lorsque la horde de métamorphes se présenta au tunnel du Sud. À l'entrée même de ce dernier, les éleveurs et les marchands se partageaient déjà le passage, entre bêtes et étals de bonne augure. Le couple meneur qu'étaient les parents de Reikan s'affaira à ouvrir la marche souterraine, alors que la petite brune adressait un dernier regard à l'astre solaire qui berçait le Temple du Désert. Est-ce qu'il sera le même, une fois de l'autre côté? Cette pensée enfantine était franche, mais surtout pleine d'innocence. Notre chère petite changeforme était loin de se douter du long chemin qu'elle allait parcourir, à la recherche du monde entier. Bientôt, ses pieds - ou plutôt ses pattes - goutteront à l'herbe fraîche, aux fleurs, aux cours d'eau et même... à la neige. Le simple fait de s'imaginer ce que pouvait être cette poudreuse blanche, selon les récits de ses deux parents, lui donna le tournis. Mais pour l'instant, il leur fallait effectuer une ultime halte dans cette ville marchande, avant le grand départ.

Les pierres du sous-sol rectiligne étaient froides, presque humides, à l'inverse de la couche sablonneuse qui couvrait les terres du Vent. Accrochée aux mains de sa mère et de son père, Reikan avançait au même rythme qu'eux, sans même oser se plaindre d'une quelconque fatigue ; c'était à croire que cette gamine n'était pas humaine, comparé à la fragile qui était portée par un autre membre de la troupe. Décidément, cette gamine est pleine de ressources. Après tout, c'est la fille de Shizuka et Rag-... Takeshi s'arrêta net, avec la jeune Hanae sur ses épaules. Droit devant, collée au plafond entre lui et le duo de meneurs, gisait une armada de chauves-souris bleutées. Penchées la tête en bas, les chiroptères fixèrent l'homme et sa fille adoptive avec leurs yeux globuleux, qui parfois clignotaient.

NOS AMIES LES CHAUVES-SOURIS:
 

Les yeux de Takeshi s'illuminèrent d'une lueur bien amusante ; et sa femme soupirait déjà de ce qui allait suivre. Sans en prévenir la flamboyante, il fonça tête baissée dans la nuée de chauves-souris pour envoyer la tête d'Hanae dans ces dernières et les faire s'envoler. Il courra parmi elles une bonne dizaine de secondes pour effrayer la gamine, avant de sortir de la nuée de chauves-souris et que celles-ci ne se raccrochent au plafond de roche. Un sourire malin aux lèvres, Reikan le regarda faire du coin de l’œil, attirée par les rires du métamorphe, avant de retourner la tête vers l'avant sans même apprécier davantage la réaction de la fille aux cheveux rouges. L'une d'entre elles s'était déposée sur l'épaule de la brunette, avec un air farouche à la tronche, mais elle ne lui apporta qu'une petite caresse sur le nez, avant qu'elle ne rejoigne ses frères et sœurs. L'air frais, provenant de l'autre bout du tunnel, se faisait déjà ressentir, caressant son épiderme et apportant à son nez les effluves du marché. De l'autre côté, les nomades feraient face à un tout autre monde ; celui des sédentaires. Stable, calme, rassurant, Taiyo incarnait la passerelle vers une vie que tous qualifiaient de normale et paisible. Et la féline avait hâte de savoir si ces éloges étaient mérités. Avant d'en voir le bout et de monter les dernières marches vers la surface, le Lion d'Atlas marqua un temps de pause pour s'adresser à ses pairs.

« Nous entrons dans Taiyo. Je sais que bon nombre d'entre nous y avons déjà mis les pieds, mais ne vous y perdez tout de même pas. Faites un maximum de provisions, pour ce qui nous attend, puis retrouvons-nous à la Porte Nord dans une heure. »

Aussitôt, il tourna les talons et remonta à la surface, relâchant la main de Reikan pour qu'elle se débrouille seule. La clarté du jour, après ces longues minutes de marche dans les profondeurs, eut vite fait de l'éblouir, si bien qu'elle éleva le dos de sa dextre devant son visage. Il lui fallut une poignée de secondes pour s'habituer à une telle lumière, alors que ses oreilles étaient déjà malmenées par la confusion sonore urbaine. La petite fille ouvrit les paupières, pour observer avec une grande attention les bâtiments, les échoppes, les commerces, les nombreux puits d'eau qui jonchaient les artères de Taiyo. La Porte Sud les avaient menés sur une place assez fréquentée, où les pauvres et les riches se mêlaient, bien que distingués par la qualité de leurs accoutrements. C'est donc ça, Taiyo?

Pendant que les membres de la horde se dispersaient de part et d'autre de la place, la Fille du Désert s'avança, à tel point qu'elle se libéra de la douce emprise de la main de Shizuka. Ses pas assurés la guidèrent jusqu'à des étals de bons marchands, où dormaient des fruits gorgés de vie, à côté de poignards capables de la retirer à des êtres dotés de conscience. Sans état d'âme et confiante en sa gestuelle féline, la petite aux cheveux nocturnes apposa l'une de ses paumes sur le manche de l'un d'entre eux pour l'empoigner, sous l’œil peureux du vendeur. Une dernière fois, elle caressa de ses pupilles myosotis la façade des bâtisses aux alentours. Comment des gens... peuvent-ils vivre enfermés dans de tels murs? Ne risquent-ils pas d'étouffer, passé un certain seuil? Dès ses six premiers printemps déjà, la jeune fille se questionnait sur un mode de vie qui était celui de beaucoup, mais pas le sien. Et l'appel de la liberté cognait déjà de toutes ses forces, contre les parois de son âme. Sortie de ses songes, la métamorphe distingua dans le reflet de la lame qu'elle portait une silhouette familière, à la chevelure sanguine, qui s'approchait dangereusement d'elle. Encore elle?

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Sam 13 Juil 2019 - 16:21
Sur les épaules de son père, Hanae était à la meilleure position pour parcourir ce désert inhospitalier, malgré la chaleur étouffante qui y résidait. L'heure de marche les séparant de l'entrée sud de Taiyo passa donc assez vite, la petite discutant à peine, perdant ainsi sa joie de vivre habituelle pour laisser place à une fatigue assez étonnante, due au climat omniprésent. Elle maudissait le soleil, intérieurement, pour sa simple existence, qui lui rappelait à chaque jour que Dieu faisait à quel point elle le détestait. Mais un coin d'ombre était en vue, et son sourire parvint presque à se frayer un chemin sur ses lèvres, du moins l'effort y était. Les environs étaient jolis, bien que ce qui l'intéressait le plus était de se réfugier, loin de la chaleur qui lui brûlait la peau. Regardant tour à tour les différents membres de la troupe, l'enfant fût satisfaite lorsque la lumière brûlante ne fût plus sur sa peau et que la fraicheur, toute relative qu'elle était, commençait à se faire sentir. Lorsque Takeshi parla, la rouquine comptait bien lui coller une bonne mandale, lorsqu'il s'arrêta. Le spectacle qui s'offrait à eux était grandiose, de véritables créatures adorables se tenaient là, toutes éveillées, et la sauvage aurait bien voulu les approcher, mais craignait un peu leur réaction. Sa monture n'eût pas la même réflexion et fonça directement vers les chauves-souris, de sorte que la Sendai entra en contact avec certaines, tandis que ces dernières fuyaient, autant effrayées que la jeune fille. D'ailleurs, cette dernière, retenant d'éventuels cris, se débattit un moment avant de bondir loin de son père, revenant plus près de sa mère. Elle adressa une grimace à l'homme, et marmonna des mots, que personne ne put comprendre, mais qui concernaient sa vengeance qui allait venir. Une petite pleine de rancune, voilà ce qu'était l'écarlate, à cette époque.

Le chemin commença alors, au travers de ce tunnel, et la sauvage choisit de continuer à pied, se détachant même de sa mère. Elle aimait beaucoup être portée par ses parents, ou être à proximité d'eux, néanmoins, à cet instant, elle faisait la tête et préférait rester seule, sans pour autant s'éloigner du groupe. Elle constata d'ailleurs une chose, en regardant le dos de la brune qui se faisait passer pour plus maligne qu'elle, avec son air hautain: un bébé chauve-souris était accrochée à ses vêtements, et elle ne l'avait pas vue. Mais à quoi bon la prévenir, qu'elle se débrouille, après tout. Hanae ignora donc cela et écouta Ragna donner les consignes. Pas étonnant que Reikan était si sûre d'elle et qu'elle se pensait supérieure, étant donné que son père était un tel homme. Ne prêtant plus attention aux autres, l'adoptée du désert emprunta son propre chemin, et fût éblouie par le soleil, après être restée quelques instants dans ce tunnel ombragé. Elle aimait un peu trop s'éloigner seule, et ses parents redoutaient toujours que quelque chose lui arrive, ce que la naine pensait impossible...

D'une démarche assurée, la rubiconde s'avança au milieu des étalages, cherchant ce qu'elle pourrait faire acheter à ceux qui l'ont élevée. De la nourriture, des vêtements, des bijoux... Rien ne plaisait à cette petite guerrière, qui préférait la bagarre. Quoi que la nourriture aurait pu la combler, à la nuance près que la chaleur lui coupait tout bonnement l'appétit. Elle s'arrêta alors devant un étalage et des étoiles naquirent, dans ses yeux. Takeshi l'avait suivi, et il savait précisément ce qui avait attiré l’œil de sa fille. C'était la raison pour laquelle, quelques secondes plus tard, la rougeoyante se retrouva avec une sorte de dague longue, en bois, qui faisait tout de même la même longueur que son bras. Elle ne tarda pas à en faire usage, cherchant sa victime du regard... La brune aux yeux bleus la vit arriver, mais était-elle prête à ce qui allait suivre ?

"Reikan, je te défies. Prends l'arme que tu veux... La gagnante... Pourra demander ce qu'elle veut à la perdante."

Le ton, le regard, la posture... Tout indiquait qu'Hanae ne plaisantait, en demandant ce duel en plein milieu de la rue. La jeune fille hautaine allait-elle refuser, faisant preuve de maturité ? Ou accepter pour voir laquelle des deux était plus puissante ? Pour sa part, la Sendai était sûre d'elle, et comptait bien se venger, peu importait la réponse, elle était gagnante que la brune accepte ou non.


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