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Une grande aventure


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Lun 3 Juin 2019 - 15:48
♫ Shadow of the Colossus 02 — Prohibited Arts

Printemps de l'An 190, Kaze no Kuni, Temple du Désert, en début de matinée

Une décennie avant que la rébellion aride ne renverse le Premier Cercle et que la tragédie du Dieu du Désert ne bouleverse tout le Kaze no Kuni, les habitants de Taiyô n'avaient jusqu'à lors connu que les tourments territoriaux, infligés par un climat aussi dangereux qu'imprévisible. A priori reconnu comme étant le seul havre de paix dans cette prison d'ergs, la capitale regorgeait pourtant d'inégalités entre les Hommes. Mais malgré ce sillon social creusé par des années vouées à un lent développement, chacun avait le droit de se recueillir à l'Autel du Dieu du Désert, véritable mythe divin partagé par la plupart des tribus de ce pays désertique. Qu'ils soient travailleurs, malades, vieillards, pauvres ou bien aisés, tous avaient été élevés dans cet environnement suffocant avec une pointe de fanatisme dans leur esprit ; et nul ne passait une lune sans s'isoler du monde extérieur auprès de la déité, pas même la horde de notre chère Reikan qui ne faisait alors pas exception.[invisible_edit]

Aussi libres d'esprit ses membres pouvaient-ils être, chacun d'entre eux apportait au Pays du Vent et à ses coutumes, sources de stabilité et de nostalgie, un attachement tout particulier. Cette troupe se composait d'un couple dominant, qui n'était nul autre que celui de Ragna et Shizuka, père et mère de deux enfants à l'avenir prometteur ; c'était autour de ce noyau familial que gravitaient d'autres atomes, d'autres proches à part entière du clan. Aujourd'hui était un jour révélateur pour ces métamorphes, où toutes les branches de la ramure génétique devaient se retrouver au Temple pour discuter de la direction qu'allait prendre la famille. Le Temple du Dieu du Désert était une bâtisse religieuse battant toutes les espérances que l'on pouvait posséder à son égard avant de l'avoir réellement vu ; gorgé de secrets et surveillé en permanence, cette prouesse architecturale gisait au milieu des dunes et des montagnes de rocs.


Sous l'accablante chaleur du soleil à peine levant, une silhouette capuchonnée et de la taille d'un enfant se déplaçait sur le sable brûlant. Le moindre de ses pas engendrait le grincement aigu de l'acier de son équipement de chevilles contre la couverture sablonneuse, avant de la mener jusqu'à l'entrée du Temple si sacré où des fidèles priaient déjà face à l'autel. Elle aussi préservée par un voile sombre mais fin, la jeune fille prit un temps de pause pour relever la tête et zieuter la voûte principale. Elle décortiqua du regard les frises et les bas-reliefs ornant la façade ensoleillée. C'est peut-être la dernière fois que je reviens ici, et pourtant... Un soupir, témoin de sa nostalgie, sortit tout droit de sa gorge suite à sa réflexion intérieure. La dissimulée ferma les yeux et retira sa capuche à l'aide d'une de ses mains, toutes deux couvertes d'un alliage métallique atypique et intriguant. La tête de la gamine s'extirpa alors de la pénombre dont elle avait assez profité, dévoilant une longue chevelure d'ébène ponctuée de parures exotiques et un visage aussi innocent qu'harmonieux. À l'ouverture de ses paupières, deux topazes truandèrent cette atmosphère ardente pour se poser sur le sanctuaire trônant au fond du Temple. Silencieuse, la féline gravit la poignée d'escaliers avec lenteur et caressa de ses pupilles l'intérieur du lieu de recueil, comme si elle n'allait plus jamais le revoir à nouveau. Cet endroit avait beau être régulièrement proie à des tempêtes meurtrières, il paraissait n'avoir jamais épongé le moindre tourment climatique, à tel point que sa conservation pouvait en étonner plus d'un ; c'était à croire que les dévotions presque fanatiques n'étaient pas vaines, offrant protection en toutes circonstances à la tanière du Dieu du Désert. Toutes, sauf celle de sa libération, dont personne n'aurait pu se douter à cette époque encore paisible. De toute évidence, qui aurait pu penser que sous tous ces croyants dormait un Bijû?

Face au spéos, une brise sèche et réchauffante vint balayer quelques unes des mèches primitives de la métamorphe. Le silence était roi, pesant pour certains et lénifiant pour d'autres ; ainsi, Reikan le préserva au mieux afin de profiter de ce dernier moment de culte, jusqu'à ce qu'une imposante ombre grimpe sur son dos pour envahir le sol face à elle, la dépassant de loin. Dès qu'elle eut remarqué et reconnu la silhouette en raison de sa carrure, la petite brune se mit de profil pour relever son minois et adresser un regard accueillant à son père, Yasei Ragna. Ce dernier ouvrit le bras droit sur le côté pour attirer l'attention de sa fille sur le couple et l'enfant à la tignasse écarlate l'accompagnant. Une œillade eut suffit à la future kunoichi pour analyser l'attitude des nouveaux arrivants ; une femme à l'allure plutôt hostile accrochée au bras d'un homme à l'air fourbe mais loyal, couple au teint mat et dont les iris d'or contrastaient étrangement avec la peau laiteuse et les pupilles de rubis de celle qui était censée incarner leur progéniture.

« Tu as pris de l'avance, Reikan, ça ne m'étonne pas. Je te présente Keiko et Takeshi, ce sont d'anciens amis à Shizuka et moi. Et voici leur fille, Hanae.
Yasei Reikan, enchantée. »


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Dernière édition par Yasei Reikan le Jeu 13 Juin 2019 - 3:25, édité 1 fois
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Mer 5 Juin 2019 - 21:02


"Trop chaud... P'pa, on part quand ? J'en peux plus du désert !"

Hanae tient fermement le pantalon de son père, qui refuse de bouger malgré les demandes incessantes de sa fille, et son impatience. Le désert est aride, et la petite est bien contente que la troupe décide de partir de là. Elle n'a jamais aimé cette chaleur étouffante, cette sensation de brûlure sous la plante de ses pieds, et surtout le fait d'avoir constamment soif. Peut-être que les Yasei n'ont pas ce genre d'égards, mais pour une enfant adoptée, trouvée dans un coin perdu et sans aucun parent à proximité, tout ici est hostile. Une large main recouvre alors sa tête, avec à peine plus de force qu'une caresse, et une voix forte et rassurante rompt le silence éphémère que la rouquine a finalement créé en se taisant un peu.

"Allons dans le temple, nous ne pourrons pas y retourner avant longtemps."

La naine saute de joie, et se rend compte qu'elle n'a pas été très maligne en retombant sur ses fesses, sentant le sable brûlant à travers ses habits, et se relevant aussitôt en poussant un petit cri aigu. Après s'être nettoyée, elle rejoint sa mère, pour lui saisir la main, les larmes aux yeux. A cette époque, Hanae était une enfant hyperactive et très énergique, faisant souvent rire ses parents, qui n'ont pas une seule fois regretté de s'occuper d'elle. D'aucuns diraient que cette étrangère apportait un grand bonheur par sa seule joie de vivre. Un homme avait même dit, une fois : "Je me demande si quelqu'un réussira à lui retirer cette force, un jour." en riant fort. Eh bien, quelqu'un y est arrivé, sept ans plus tard...

Lorsque les portes sont visibles, l'enfant lâche la senestre de sa mère, et cours jusqu'à se retrouver dans l'ombre, se vautrant en ratant une marche, puis se relevant en moins de deux secondes, prenant une sorte de pose de la victoire. Personne ne la voit le faire, ce qui est plutôt une bonne nouvelle étant donné le ridicule qu'elle aurait pu se donner. Très vite rejointe par Keiko et Takeshi, elle leur lance un sourire satisfait, trop heureuse de ne plus être en train de cuire. Le trio avance alors un peu plus, la mère de la jeune Sendai approchant un peu plus son père, se collant carrément à lui. Une moue boudeuse sur le visage, la petite murmure une phrase à peine audible:

"Toute façon c'est moi qu'il préfère, papa."

Sa bouderie est interrompue par la venue de deux personnes. L'homme est impressionnant, et la toute petite se cache derrière son père lorsqu'il commence à parler. Elle a le même air qu'un chat apeuré, pourtant il ne devrait y avoir que des personnes gentilles, par ici. Elle ne remarque qu'après l'enfant, du même âge qu'elle sans doute, qui se présente assez vite après que son père ait fini de parler. La rougeoyante comprend avec un peu de retard qu'ils ne sont pas hostiles, et sort timidement de sa cachette. Sa mère prend les devants, en venant s'accroupir devant la toute petite brune et lui saisit le menton pour pouvoir mieux apprécier la vue de ses saphirs.

"Qu'elle est mignonne avec son air sérieux ! Tout le contraire d'Hanae !"

La dernière citée vient au triple galop, jalouse de cette comparaison fort dévalorisante, et s'approche pour prendre la place de Keiko, collant presque son visage à celui de Reikan. Elle reste ainsi quelques secondes avant de s'écarter. Elle hoche la tête, avant de la secouer...

"Hanae, enchantée ! Mais je suis plus mignonne que toi !"

Dit-elle, en croisant les bras et bombant le torse, fièrement. Si elle n'est pas une Yasei, elle a au moins une fierté, et comme dit souvent son père "Si tu n'es pas née intelligente, assure toi au moins de rester fière.", phrase qu'elle aime beaucoup même si elle ne semble pas en comprendre le tout.



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Mer 12 Juin 2019 - 15:59
♫ Shadow of the Colossus 02 — Prohibited Arts

Pie. Un oiseau au plumage bicolore et à la longue queue, bruyant et criaid, dont la principale activité se résume à la plus mauvaise des cleptomanies ; en bref, un volatile bien détestable. Ce fut le premier nom d'oiseau qui vint à l'esprit de la petite brune, lorsqu'elle eut malgré elle le minois presque collé à celui de cette presque inconnue. Avec ses saphirs plantés dans les ambres de l'adulte, grands ouverts comme ceux d'un félin interrompu en plein durant sa toilette, Reikan reçut la caresse de Keiko sous son menton sans rien dire. Et sous les airs de fausse provocatrice de la Yasei mûre, la petite fille put distinguer une once de bienveillance à son égard, quoi qu'aux tendances mal placées et à la gestuelle un peu trop intrusive. L'air sérieux sur lequel venait d'appuyer la mère adoptive d'Hanae rayonnait d'ailleurs de plus belle sur le faciès de la gamine. Mais la féline n'eut guère plus de temps pour allonger son descriptif de la femme aux oreilles pointues et velues, étant donné qu'une chevelure rougeoyante eut vite fait de se dresser entre elle et sa pilleuse de regards.

Ses pupilles d'un profond bleu roi roulèrent d'une tête à l'autre, pour se figer dans les rubis de celle aussi grande qu'elle qui avait osé une telle approche. Perplexe, mais loin de se laisser faire, Reikan resta avant tout stoïque face à l'adversité - ou plutôt, la rivalité. Plus... mignonne? La jeune tigresse était loin d'être sotte, mais se rabaisser à une telle comparaison n'avait pas lieu d'être à ses yeux ; en réalité, déjà à l'époque, elle constituait un pur joyau de naïveté raisonnée et d'innocence. Celle qui allait devenir une sublime demoiselle n'avait bien sûr pas encore conscience de ses atouts et de la beauté bestiale que l'ensemble de ses traits, de sa chevelure et des parures ornant déjà à cette époque multiples parties de son corps, constituait. Et que ce soit parmi les grains du Désert ou dans la brume de Kiri, son apparence charnelle, bien que soignée, ne paraissait pas si importante pour l'enfant des bêtes.

« Tu n'es pas d'ici, pas vrai? Tu es pâle comme une morte. »

Bien qu'à peine âgée de six ans, la petite brune possédait déjà un œil d'esthète et un esprit aiguisé au détail près ; ce qui lui permit de faire cette simple constatation, en se référant à la blancheur de la peau de la rougeoyante. Même si la sienne n'était pas aussi orientale que certains, elle était assez hâlée pour témoigner de son appartenance au Désert et de son quotidien presque exotique. Suite à sa remarque, elle roula des yeux comme pour montrer son ennui, sous lequel gisait pourtant un brin de nostalgie quant au Temple. Et la prise de parole de Ragna envers l'autre couple, qui ne laissa pas le temps à la rose rouge de répondre à Reikan, porta aux sommets l'impatience des membres de la troupe, quant à ce qui les attendait.

« Il faudra absolument faire une escale à Taiyo avant le zénith de nôtre départ. Comment s'est passé votre petit bout de chemin jusqu'à lors?
Ça a roulé comme sur des roulettes! Pas un piège ou un brigand en vue pour venir jusqu'au Temple depuis le Sud. Mais je doute que ce sera la même une fois que la capitale sera derrière nous.
J'en doute fortement aussi. D'ailleurs, Ragna, tu as établis les points de repos avant que nous atteignons les forêts du Feu?
Bien évidemment. Je vous montrerai ça une fois le ravitaillement fait.
Qu'attendons-nous, alors? »

Lors de cette discussion d'adulte, la future kunoichi en avait profité pour s'éloigner quelques mètres plus loin, comme si elle souhaitait préserver un silence implacable pendant sa dernière visite en ce lieu. Ses yeux étripaient presque chaque élément de l'intérieur du Temple ; décidément, la féline se préparait déjà à ce fameux voyage, celui qui allait la bercer des années durant. Le redoutait-elle? Certainement pas. Elle avait même hâte de voir de ses propres yeux la beauté du Yuukan, dans laquelle ses parents l'avaient plongé par le biais de tant d'histoires, de tant de souvenirs. La petite se contenta de rester là à observer, jusqu'à ce qu'elle ressente le poids du regard pesant mais bienveillant de son père sur ses épaules. Ce signal l'obligea à détourner les talons de l'autel afin de descendre les marches et retrouver la couverture de sable qui commençait déjà à subir les assauts du soleil.

« Plus rien, maintenant. Allons-y.
Viens, Hanae. Ça te dit qu'on s'achète une surprise au marché de Taiyo?
Et moi, je n'ai pas le droit d'avoir de surprise? MARI INDIGNE! »

Sur le chemin de pierres, Takeshi n'eut même pas le temps d'attraper la main de sa fille adoptive que son crâne avait déjà rencontré la paluche de sa femme, par une ahurissante torgnole droit dans sa tronche. Cette dernière fit son bout de chemin les bras croisés, boudeuse, alors que lui, pleurait à chaudes larmes en touchant la bosse grosse comme un roc qui surplombait sa chevelure grisonnante. D'un air de victime faussement peinée, il proposa à Hanae en levant les bras vers elle de monter sur ses épaules pour le trajet jusqu'au cœur commercial du Désert. Et au fond, il pria. Il pria de toutes ses forces, pour qu'elle ne prenne pas un malin plaisir à titiller le beignet d'hématomes qui gonflait en haut de son front. Et pendant que ce trio semblait animer la tête de la troupe, Yasei et Shizuka restaient aux devants pour guider, se retenant de pouffer de rire, pendant que Reikan leur tenait respectivement la main. Face à eux se trouvaient désormais la dernière ligne droite, avant le début... d'une grande aventure.

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