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Un bien n'a de valeur que si on le partage [Pv: Shiro]


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Sam 8 Juin 2019 - 14:27


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S'il y avait un moment bien choisi pour se livrer à pareil test, alors c'était maintenant.
Le chaos administratif que représentait l'annexion, l'absence de régence et la bienséance de l'armée occupante ; autant de facteurs qui permettaient un zeste de "souplesse" dans les manœuvres que l'on qualifierait seulement de tendancieuses... Puisque la trentenaire avait besoin de quelque chose de particulier : A savoir un corps humain. Cela pouvait paraître immoral, cela pouvait tâcher la douce philosophie, trancher la saine spiritualité, cela pouvait donner matière à des détracteurs potentiels oui. Pour autant, les seules limites à la science que respectaient alors Takara ne concernaient que l'être vivant. Si l'on pouvait donner une seconde vie à un cadavre par les truchements d'un intérêt plus ambitieux, quel était le problème ? Il y en avait. La famille du défunt, entre autre. Mais des victimes esseulées, il y en avait probablement. Peut être même y avait-il des corps donnés à la science ? Peu intéressée par le sujet jusqu'à présent, la Suzuri l'ignorait même si l'idée ne lui semblait pas impossible puisque leur cité se targuait d'être un temple du savoir, et qu'entre le complexe scientifique et les différents projets de recherche, ce type de pratiques aurait pu être légitimé. Elle le découvrirait bien assez tôt.

La morgue, première étape. Sûre d'elle, Takara comptait bien prendre son temps et trouver les mots afin de repartir avec ce qu'elle était venue chercher. Pour autant cela pouvait évidement déraper, même si la stratégie choisie était on ne peut plus simple - Elle comptait y aller franchement. Au moins cela lui éviterait d'avoir à redoubler de mensonges, ce qui n'était pas son fort, et lui faciliterait le dialogue quand bien même elle tomberait sur quelqu'un de peu coopératif. Après tout, un ton assuré et une requête sans détours donnerait d'avantage le sentiment à son futur interlocuteur que la situation n'était pas si anormale.
Evidemment, cela se saurait sans doute. Raison pour laquelle le contexte comptait - Une administration en reconstruction, des fonctionnaires pour lesquels le patriotisme ne rentraient plus en jeu... Il y avait des cartes à jouer afin de limiter voire éliminer les mauvaises remontées futures.

Dans sa tenue de habituelle ne comptant ni bandeau shinobi ni arsenal quelconque si ce n'est ornements esthétiques, la kunoichi pénétrait donc l'enceinte de la morgue jusqu'à se heurter très vite à la première barrière de l’accueil. Il n'y avait actuellement personne, mais cette simple pièce devançant les diverses portes promettant des couloirs labyrinthiques intimait l'ordre de patienter avant de s'aventurer où que ce soit.

Approchant sereinement, elle actionnait la petit clochette qui semblait jumelées à d'autres éloignées dans l'ensemble de l'établissement.
Son cœur battait tout de même plus vite que l'ordinaire. Ce qu'elle s'apprêtait à faire ne comptait pas parmi ses habitudes... Néanmoins, elle avait besoin de matière pour ses prochaines expérimentations. Il lui fallait poursuivre ses travaux, et bien trop de chemins lui étaient encore fermés. Mais peut être pas celui-ci. Encore que... maintenant qu'elle était ici, pourtant, l'idée lui paraissait tellement stupide...

Zut.

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Dim 9 Juin 2019 - 0:55
Le scalpel encore frais de son labeur venait de retrouver sa place parmi tous les différents ustensiles disposés sur le petit plateau de métal brillant. Sans regarder où il le posait, Shirō savait pertinemment où était sa place. Son regard restait absorbé par son patient du jour qu’il venait de préparer à leur conciliabule silencieux. Alors que les gouttes du liquide vermillon vital s’égouttaient lentement de la petite lame, le scientifique entama son inspection. Il n’y avait pas d’infection au niveau des plaies. Aucune malformation interne à première vue. Tout semblait en ordre. Là était la beauté de son métier. Passion serait le terme approprié. Jusqu’à ce qu’il ne mène ses recherches en profondeur, il ne pouvait être sûr de cet étranger qu’il côtoyait sur sa table d’opération.

Il allait se mettre au travail mais il retint sa dextre in extremis. Il troqua sa lame contre la plume. Il griffonna quelques notes sur son calepin qu’il gardait bien à proximité. Il se laissait souvent emballer par ses dissections, qu’il en oubliait l’essentiel : prendre des notes. Toujours recueillir ses observations et impressions. Leur relecture plus tard lui permettrait de progresser comme il l’espérait. Après un rapide croquis de son patient, il déposa enfin sa plume pour se remettre au travail.

Mais la sonnette de l’entrée lui fit suspendre son mouvement. Il releva légèrement la tête vers la porte. Devait-il y aller ? Non après tout. Ce n’était pas son travail et il y avait normalement quelqu’un pour s’en occuper. Même si sa curiosité le poussait à aller glisser une tête dans l’entrebâillure de la porte, il devait continuer. Son patient devait être inhumé le lendemain matin et il avait encore quelques tâches à accomplir pour déclarer le travail terminé. Fort heureusement, il perçut la voix aigüe de la réceptionniste qui venait d’arriver auprès de l’auteur de la sonnette. Encore une fois absorbé par son labeur, il manqua de peu de remarquer la tête de la fameuse standardiste.

Elle se glissa entre les deux portes battantes, le pas hésitant. Elle était à ce poste bien avant que Shirō n’y arrive et elle redoutait encore sa présence dans cette pièce. Elle resta là sans oser parler. Une réaction qui fit soupirer le légiste. Il se redressa, délaissant son petit boulot plaisant pour s’enquérir de la raison de cette interruption.

- Quoi encore ?

- Une dame à l’accueil souhaiterait vous voir.

- En quel honneur ?

Trop tard pour une réponse elle avait déjà disparue. Elle s’était précipitée dehors. Sûrement rattrapé par son estomac fragile. Ce n’était que la cinquième fois cette semaine. Et on était mardi. Shirō semblait condamné à ne pas traiter cet homme tout de suite. Il se résigna à devoir ranger ses affaires à la hâte pour aller voir de quoi il s’agissait. Il franchit les portes séparant son domaine du reste du monde. Il avait une vision sur la porte d’entrée et l’accueil où patientait une femme. Il l’interpella visuellement en levant le bras pour lui faire signe de s’avancer. Lorsqu’elle fut à sa hauteur, il prit les devants :

- Bonjour madame, je suis le légiste. Je ne vous cache pas que je suis débordé mais si vous êtes apte à discuter de la raison de votre venue à l’intérieur, cela me permettrait de ne pas prendre trop de retard. Si ça ne vous ennuie pas ?

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Dim 9 Juin 2019 - 1:58


Idéal. Au moins s'il devait y avoir un frein à un moment donné, l'épopée s'étendrait au delà des trois mètres de distance la séparant du guichet.
La trentenaire hochait légèrement la tête en guise de salutation, laissant traîner son regard de jade sur le légiste afin d'en tirer une première impression. Elle ne comptait ni le faire languir ni se perdre dans les faux semblants ; même si sa requête serait particulière elle ne pouvait se permettre de jouer à la timide, convaincue que cela se retournerait contre-elle.

Enchantée, je suis Takara du clan Suzuri.
Si cela ne nuit pas à la qualité de votre travail alors ça me convient.
Ajoutait-elle tout en se demandant si elle n'allait pas se retrouver nez à nez avec un corps inerte dès les premières minutes de son arrivée.

Bien sûr, c'était le but. Du moins d'avoir accès à l'un d'eux durant un certain temps. Néanmoins, plus elle se rapprocher physiquement du but à travers l’hypothétique mission, plus tout ceci lui paraissait irréel. Les événements récents l'avaient secoué, mais s'était-elle convaincue que tout ceci demeurait normal, ou alors passait-elle un cap sans véritablement s'en rendre compte ? Introspection toujours présente. Ce malaise interne, elle le garderait caché. Le reste néanmoins serait présenté ouvertement, car il y avait généralement dans la vérité tous les moyens de débloquer une situation complexe, pour peu qu'on s'assumait au travers, là où l'on se perdait aisément dans le mensonge.

Aussi la Suzuri n'attendrait pas qu'il lui pose la question. Il était pressé ? Miroir miroir, sa requête ne souffrirait pas non plus d'un délai inopportun. Alors qu'elle emboîtait le pas à sa suite, elle reprenait la parole d'un ton serein, ou presque - Si le propos semblait assumé, le légiste comme n'importe qui d'autre aurait aisément pu deviner qu'elle n'était pas à l'aise avec le sujet, ni le lieu soit dit en passant. Ce n'était pas sa tasse de thé. Une fois échappé au dédale de couloir qui débouchait sur la pièce souhaitée, elle balayait de ses yeux l'étendue de cette dernière avant de rapidement se focaliser sur son interlocuteur, préférant se concentrer sur son rôle plutôt que se laisser distraire ou même déstabiliser par ce qu'il y aurait à voir. Rien ne lui plaisait, à commencer par l'odeur. Qui n'était pas spécifiquement celle de la mort, mais plutôt des divers produits de traitement certainement usés en surabondance dans ce district. Désagréable. Cela devait accrocher les tissus, à trop s'éterniser.

Bien, je mène un projet de recherche spécial. Pour cela il va me falloir un corps, peut-être deux. Commençait-elle naturellement, ne se préoccupant pas encore de la réaction du Légiste. Difficile à dire pour l'instant puisqu'il faut bien commencer par en avoir un et le soumettre à divers tests. C'est une initiative clanique, je n'ai donc pas l'intention d'employer un local à l'Institut. Surtout par les temps qui courent, la surveillance de notre nouveau gouvernement serait trop invasive et c'est la dernière chose que l'on souhaite.

Elle croisait les bras, laissant les motifs d'encre de son châle se mouvoir machinalement alors qu'elle réfléchissait, ou peut-être faisait-elle semblant.

J'ai bien entendu un budget pour cela et je n'ai rien contre le fait que mon nom soit consigné quelque part, si ce n'est que je compte sur le secret professionnel tant que mes études n'ont pas abouti à des résultats, concluants ou non. Il devrait y avoir au moins un corps ici qui ne manquerait à personne, non ?...

Pincement au cœur. Ce n'était pas elle, de surfer aussi froidement sur un tel sujet. Avec la guerre et les dommages collatéraux, évidemment qu'il devait y en avoir, et cette simple pensée l'attristait quelque peu même si elle souhaitait conserver un timbre neutre. En fait, cette réticence de sa part ne la trahissait pas forcément, un travail même dans ce domaine ne signifiait pas obligatoirement que l'on demeurait insensible. D'autant qu'à côté de cela, elle avait présenté la chose avec une logique se voulant naturelle. Ceci couplé à le fait qu'elle était propre sur elle. Peut-être trop ?

Si vous pouviez faire le nécessaire, nous retrouverons chacun notre travail au plus tôt. Alors faisons ça vite et bien, je vous prie. Terminait-elle, esquissant un mince sourire.

Après tout, ça pouvait passer.
Une demande officielle, simple, concise. Elle ne rentrait pas dans la catégorie des fossoyeurs pouilleux prêts à tout pour parvenir à leur fin.
C'était une professionnelle, qu'importe la nouvelle thématique, elle l'aborderait avec standing.

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Lun 10 Juin 2019 - 18:41
Aubaine pour Shirō, sa visiteuse ne semblait pas dérangée par le fait de le suivre. Aussi allait-il pouvoir poursuivre son examen en même temps qu’elle mènerait la conversation. C’était elle qui venait à sa rencontre pour une requête et non l’inverse. Il n’allait pas se forcer à tailler la bavette avec elle. Comme elle lui avait confirmé qu’elle pouvait le suivre, il décrivit la marche en passant devant. Il fut de retour dans son labo, la femme le talonnant. Elle s’était présentée comme une membre du clan Suzuri. Un clan originaire de Kaminari. L’aubaine serait-elle double pour le scientifique.

Remettant naturellement le nez dans la viande froide, il attendit les explications de la nouvelle venue. Il était un peu étonné qu’elle vienne quémander audience, mais après tout pourquoi pas. sa présence ne le dérangeait pas tant qu’il pouvait continuer ses manipulations macabres. Un scalpel à la main et une pince dans l’autre, il écoutait tout en farfouillant son patient. Apparemment, elle était là pour récupérer un corps, voire deux. N’importe lesquels, tant qu’ils ne manquaient à personne apparemment. Une bien étrange demande qui arracha un regard à la trentenaire. Elle se répandait en explications, ce qui attisait la curiosité malsaine de Shirō. De plus, quelqu’un souhaitant se procurer des cadavres, en dehors de lui, c’était très étrange.

Même s’il ne décollait pas le nez de sa besogne, il restait parfaitement attentif à la discussion. Comme elle présentait sa demande et ses arguments, il la laissa pousser sa formulation jusqu’au bout. Lorsqu’il pût noter la fin de celle-ci, il déposa ses ustensiles à leur place. Il se redressa et fixa la Suzuri. Il tendit sa dextre rendue écarlate par le travail pour désigner une table à roulette à côté de laquelle elle se tenait.

- Pourriez-vous m’amener le costotome qui se trouve entre le scalpel et le burin à crâne ?

Il ne l’aiguilla pas plus pour retrouver ce qu’il lui demandait. Un petit test pour voir si cette dame connaissait vraiment son sujet. Elle semblait mal à l’aise. Difficile de savoir s’il s’agissait du lieu, de l’ambiance ou de la présence de Shirō qui n’était pas toujours des plus plaisantes. Ce dernier tenait à mettre un peu à l’épreuve sa visiteuse. Quitte à l’acculer au pied du mur. Il ne lui laissa pas vraiment l’occasion de s’exprimer quant à sa demande précédente qu’il enchaînait déjà :

- Pardonnez ma curiosité intrusive mais puis-je connaître vos capacités en terme de médecine ? Vous avez déjà travaillé dans le corps hospitalier ? Ce sont des corps humains, pas de simples outils qu’on emprunte et qu’on rend.

L’ironie de la situation. Shirō donnant des cours de moralité. Bien sûr il n’en pensait pas un mot mais il trouvait amusant de renvoyer au visage du premier venu ce que la majorité des gens lui crachait à la figure.

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Lun 10 Juin 2019 - 19:16

Le légiste ne semblait pas choqué outre-mesure, ce qui la confortait dans l'idée que sa demande ne constituait pas forcément une exception aux codes préétablis. Attentif autant à son égard qu'à son oeuvre minutieuse, il se contentant de l'impliquer dans son entreprise comme si sa présence la transformait immédiatement en aide de camps. Elle ne bronchait pas, sans savoir exactement de quel objet ce dernier parlait elle savait au moins ce qu'était un scalpel et un burin, lui faisant donc confiance en posant son regard sur l'ustensile situé entre les deux. Takara attrapait une serviette puis saisissait délicatement l'objet avant de le tendre à son interlocuteur - Non pas qu'elle pensait que l'hygiène serait dans ce cas ci aussi importante que lors d'une opération sur un vivant, mais elle souhaitait limiter les contacts physiques avec l'arsenal local.

Elle fut toutefois accueillie par de nouvelles questions, dévoilant cette fois-ci une réticence latente.

Infime, et la réponse est non. Si ces compétences m'étaient nécessaires alors je saurai m'entourer en conséquence je vous rassure. Je n'ai pas l'intention de les charcuter ni de les conserver bien longtemps. Comme vous dîtes ce sont des corps humains, leurs fonctions importent désormais bien peu tant que nulle famille ou cercle proche ne s'en retrouvent affectés. Leur âme n'en souffrira pas.

Une réplique au tac au tac. Elle conservait son assurance, à travers ce constat assumé comme honnête.

Sauf réelle surprise, ce sera un travail expéditif. Mais il me faut en passer par là pour transformer des hypothèses en convictions, et alors envisager d'autres possibilités. Deux corps, ce serait parfait, de morphologie largement différente au possible.

En vérité, elle n'espérait pas tant de cette piste funèbre mais il lui fallait s'essayer à la chose même si les résultats s'avéraient attendus. Au moins ce serait fait. Pour autant, ce préambule de questionnements ne pouvait aboutir que sur une suite de questions qui rentreraient cette fois-ci avec ses codes moraux. Un corps humain inerte pouvait à bien des égards être semblable à un objet, un outil - Le fuinjutsu le prouverait assurément. Mais sceller un être vivant ? Là était la réelle question. Effroyable question. Une question qui était déjà posée, et dont elle n'osait approfondir la recherche qu'à travers des sentiers détournés.
Comme celui-ci, presque hors sujet, mais dont l'on pouvait tirer de premiers éléments de réponse et concocter de premiers sceaux schématiques adaptés.

Votre curiosité intrusive sera t-elle un obstacle ? Demandait-elle soudainement tout en reprenant ses mots, le dardant avec insistance d'un regard pourtant posé.

La Suzuri souhaitait abréger le sentier sur lequel son interlocuteur voulait l'amener. Une conversation certes, mais ici le dénouement prévalait et elle ne comptait pas s'éterniser en palabres pour finalement se retrouver dans une situation de refus catégorique. Si cela était possible, il devait d'abord le confirmer. Et ce sans passer par des mises en garde anodines sur la moralité, souvent soumise à interprétation dans le domaine scientifique.

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Lun 10 Juin 2019 - 19:47
Sur le test de connaissance du matériel, la Suzuri s’en était parfaitement sorti. D’un côté, les indications de Shirō s’étaient montrées volontairement limpides pour ne pas l’effrayer de suite. Il avait donc accepté l’instrument métallique, qu’elle avait pris la peine de ne pas toucher directement. Une précaution qui fit légèrement sourire le légiste. Dans une salle d’opération classique, de telles mesures étaient obligatoires et permanentes. Ici on se souciait un peu moins de l’hygiène, si ce n’est de celle du médecin. Ceux qui passaient sur cette table ne risquaient pas de souffrir de maladies ou de maux post-opératoires.

N’ayant pas encore l’usage du costotome, il le déposa non loin de sa main pour s’en saisir dès qu’il serait plus avancé dans le processus de dissection. La dénommée Takara, manipulatrice d’encre, répondit à ses questions avec assiduité. Elle n’avait que de très légères connaissances en médecine et aucune expérience dans le domaine médical. Cet intérêt pour un corps rendait donc cette interlocutrice d’autant plus intéressante. Qu’un médecin de l’hôpital vienne déranger Shirō dans son travail pour récupérer un corps, l’affaire prenait deux secondes. Mais c’était bien plus amusant ici. D’autant que d’après les dires de la dame, il s’agissait d’un travail trouvant son origine dans une décision clanique. Son léger sourire de tout à l’heure s’intensifia légèrement.

Malgré le fait que son invitée semblait néophyte dans le domaine, elle poursuivit avec la même assurance que précédemment. Ce qui reflétait aussi une certaine honnêteté. Mais c’était également ce qui poussait le légiste tortueux à pousser le vice dans son interrogatoire. Après tout, il était en position de force puisqu’on lui réclamait un service. Autant en profiter ou se divertir. Ou les deux.

- Je suis homme de science aussi je ne m’en fais pas pour le salut de leur âme puisque je n’y prête aucune croyance actuellement. Même si des études sont en cours et semblent dévoiler le poids exact de cette dernière. Quarante-cinq grammes, rendez-vous compte !

Une infime variation de poids entre un être humain vivant et la même personne décédée quelques microsecondes plus tard. Un essai récemment découvert parmi les archives de l’hôpital que Shirō avait épluché lors d’une pause déjeuner. Maintenant était venu le moment d’utiliser le fameux costotome. Alors que le légiste s’en saisit, la manipulatrice d’encre semblait perdre de sa patience. Sa réplique fit passer le sourire du scientifique de la moitié des joues jusqu’aux oreilles. Il semblerait qu’il ait un peu trop poussé les retranchements. Sans pour autant se presser, il se positionna, costotome à la main, et appuya d’un coup sec et franc sur les branches de la grosse pince. L’outil emplit sa fonction première consistant à découper la cage thoracique. Un craquement sourd brisa le silence mortuaire. L’opération devant être répétée plusieurs fois en différents endroits, Shirō poursuivit son œuvre, sans pour autant délaisser verbalement son invitée.

- Encore une fois, excusez cette curiosité. Certes intrusive mais n’allez pas imaginer qu’elle vous ferme pour autant la porte de mon « bureau ». C’est simplement qu’il est rare qu’on vienne me trouver pour de telles requêtes. Surtout quand l’on veut faire passer ça dans le plus grand secret, il est dans ce cas important de tisser un lien cordial avec l’agent opérant sur place.

Shirō avait ponctué chacune de ses phrases par une nouvelle pression sur le costotome. En guise de point de ponctuation, le bruit écœurant de l’os qui se brise sous la lame d’acier. Maintenant qu’il s’était permis son petit cours de bienséance, le légiste poursuivit dans la plus grande sérénité :

- Qu’est-ce qui amène votre famille loin de la Bibliothèque jusque dans mon modeste domaine ? Vos ouvrages auraient atteint leurs limites ?!

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Lun 10 Juin 2019 - 21:44

Cela aurait été bien trop facile.
Oui, trop facile, si elle n'était pas tombée sur un légiste aux penchants vraisemblablement psychotiques. L'attitude hilare adoptée par ce dernier à mesure de la conversation, bien que passablement détournée par le plaisir certain de son occupation macabre à laquelle il s'adonnait cette fois ci en public, suffisait largement à mettre la puce à l'oreille. Mais plus encore, cet homme non content de rappeler son pouvoir décisionnel ne se privait pas d'y aller de son petit commentaire au sujet du clan Suzuri. Pour qui la prenait-il ?

Encore un qui escomptait se repaître à travers quelques provocations ?
Devait-elle leur démontrer à tous, qu'en la matière il s'agissait d'une mauvaise cliente ?

Les yeux grands ouverts en réaction à cette petite pique, elle ne soulignait pas d'avantage cet étonnement feint et se décidait donc à répondre. Des attaques, le clan en subissait un grand nombre ces derniers temps ; plus sournoises, concernant Kaldea ou Wo par exemple. Ici et dans la bouche de cet interlocuteur, il ne s'agissait que de préjugés. Une valeur sure, cela dit. Jusque là il avait su conserver la main grâce à sa ponctuation suffisamment écœurante pour soulever l'estomac de la trentenaire, mais il en fallait bien plus si l'idée consistait à la faire battre en retraite.

Un ouvrage est intrinsèquement limité de base - Une bibliothèque peu importe sa taille, l'est tout autant. La nuance est ailleurs, voyez vous, les éléments contenus dans un livre sont donnés à quiconque l'aborde, sans futilités ni détours. En cela je peux comprendre que l'on puisse préférer les livres aux hommes, parfois. Commençait-elle, ses mots s’enchaînant lascivement sans s'attarder sur les doubles-sens. On peut écorcher les pages, le brûler, le déformer - Lui est si modeste qu'il n'en tiendra rigueur à personne. Lire est simple.
J'aime la simplicité. Elle aussi se fait rare.


S'approchant, sa dextre venait attraper l'avant bras de son interlocuteur. Une main douce et chaude. Mais une poigne sèche.

Enfin... le travail peut bien attendre, si la bienséance nous force à tisser un lien. De la bibliothèque jusqu'ici j'ai réussi à trouver ma route, je pourrai nous amener boire un verre, pour commencer. Ensuite qui sait ?

Elle n'agissait pas sous le coup de l'impatience ni de l'agacement. Stratégie souhaitée, son comportement allait seulement de pair avec l'énergie usée par ce scientifique compère. Takara relâchait franchement sa prise, se détournant finalement puis effectuant quelques pas dans la pièce, l'analysant par défaut.

Ou alors on abrège les commodités. Reprenait-elle sur un ton neutre, las. Avant d'écrire un livre intéressant, il faut mener des travaux à terme. Je ne doute pas que vous soyez prêt à entendre nos objectifs mais pour ma part l'ambiance ici risque rapidement de m'ennuyer, épargnez-moi les banalités, votre curiosité en deviendrait moins intrusive et d'avantage instructive, compris ?
Pour vous répondre donc, en quelques mots: Je mène des recherches sur l'impact du scellement d'un corps humain, scellement et descellement à dire vrai. Sur des périodes plus ou moins étendues, à des distances plus ou moins étendues. Rien de bien phénoménale. De manière plus large, je travaille sur un concept. Ce n'est qu'une énième étape du processus. Si vous espériez tomber sur un complot, je m'excuse mais ce ne sont que des recherches anodines.


La Suzuri s'arrêtait là. Moralité mise à part, même si ce n'était qu'un aspect anecdotique dans le domaine de la recherche, il n'y avait pas grand chose à y redire. Le seul soucis probable étant que l’initiative soit accomplie en solitaire, certes. Mais après tout, depuis l'annexion, y avait-il tant de raison que cela à vouloir apporter d'avantage d'outils potentiels à l'envahisseur ? Un argument comme un autre, même si concernant Takara cela ne comptait pas, elle qui ne reprochait fondamentalement rien de plus aux Hijins qu'aux shinobi dans leur ensemble.
Enfin. Peu importe le fond, le soucis demeurerait le légiste et ses potentiels caprices - Car une chose demeurait concrète, il détenait le droit de refuser, et peu importe ses démonstrations la trentenaire ne comptait pas parmi les personnes prêtes à forcer la main de qui que ce soit.

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Jeu 13 Juin 2019 - 23:52
Shirō avait observé sans sourciller le rapprochement physique de son invitée. Ainsi que son contact physique qu’il aurait intuitivement accueilli d’un haussement de sourcil. Mais il ne tenait pas à montrer sa réelle pensée. Raison pour laquelle il s’était contenté de regarder stoïquement sans pour autant se déconcentrer de sa tâche. Heureusement elle avait vite lâché prise, ce qui évitait au scientifique de la congédier, risquant ainsi de passer pour un rustre. Non pas que cette image lui déplaisait, mais la Suzuri attisait sa curiosité et il souhaitait encore satisfaire cette vilaine envie.

Au moins ses provocations eurent quand même l’effet d’arracher quelques aveux à la trentenaire. Elle avait témoigné de son caractère en exprimant avec subtilité que tout ce petit jeu l’ennuyait. Shirō était un incorrigible gamin. Il venait de terminer son découpage méthodique et il put déposer son outil ainsi que l’avant de la cage thoracique sur un plateau vide se trouvant à côté. Il se pencha pour observer alors que la dame terminait de lui signaler qu’il n’y avait là aucun complot à démanteler. Une remarque qui suscita un sourire radieux.

- Oh vous savez, les complots m’importent guères. Comme je vous le disais, je suis simplement curieux.

Il quitta alors son poste de travail. Il contourna la table, évita son invitée, pour se rendre sur une autre table d’opération, vide celle-ci. Cette dernière était ancrée dans le carrelage au sol, la rendant plus stable et offrant ainsi quelques rangements. Des tiroirs et des étagères dissimulées par des panneaux. Il en fit glisser un pour découvrir le contenu. De multiples objets divers auxquels il ne prêta aucune attention. Sa main s’était automatiquement dirigée vers sa quête. Il se redressa, un rouleau à la main. Il débarrassa le billot des quelques outils s’y trouvant pour libérer un espace suffisant. Puis il fit délicatement glisser le rouleau pour qu’il termine parfaitement à plat sur la surface de métal. L’étendue de papier était vierge, immaculée pour l’instant.

- Tenez, voici de quoi vous aiguiller. Quelle serait votre première approche quant au tracé du sceau ? Je suis moi-même néophyte en la matière et j’ai déjà pratiqué sur des cadavres. Permettez donc que je vous fournisse mon aide au-delà d’un apport de matière première.

Ce fut à ces mots qu’il réalisa qu’il lui manquait un élément. Il quitta la table pour se rendre un peu plus loin vers un bureau plus traditionnel et conforme à un métier lambda. Il déplaça de la paperasse pour exhiber un bocal déposé là. Une macabre décoration d’un embryon d’animal. Il ramena le récipient et son obscur contenu sur la table d’opération, à côté du parchemin déroulé.

- Essayez de commencer avec cela, mieux vaut débuter par de petits formats en général.

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Ven 14 Juin 2019 - 13:18

Son interlocuteur s'était satisfait de sa petite provocation mais n'en abusait pas. D'ailleurs, il ne broncha pas lorsqu'elle interrompit momentanément son travail par le contact physique, cette absence de réaction n'aidait pas la Suzuri à savoir si oui ou non il comprenait que son petit jeu fraîchement amorcé lui infligeait la même chose : Une perte de temps. Probablement que si, car suite à un nouveau sourire aussi lumineux qu'assuré, ce dernier se décidait à tourner la page. S'éloignant, il revenait avec une nouvelle possession on ne peut plus glauque. Avait-il saisi le malaise de sa partenaire éphémère pour se complaire ainsi dans la démonstration de sa boutique ? Quand bien même il présentait cela comme une modeste étape, la trentenaire n’accueillait pas l'exercice avec joie.
Ce n'était pas une néophyte. Même un corps humain abordé pour la première fois finirait scellé en deux temps trois mouvements.
Ce n'était pas ses capacités qu'elle comptait mettre à l'épreuve, mais plutôt celle d'un corps sous la pression et décompression des sceaux à travers l'espace. L'absence de vie dans ces matières limitaient considérablement les résultats, mais cela n'enlevait en rien l'importance de l'accomplissement si jamais elle devait poursuivre sur cette voie, quand bien même l'idée n'était pas encore totalement assumée. Jouer avec la vie, même celle d'un animal, ne concordait pas avec ses valeurs.

Elle observait le nouvel objet d'un air presque dédaigneux. Machinalement, son encre s'étalait sur la surface du parchemin et adoptait naturellement des traits visant à accueillir le bocal. Tel un acte qui avait déjà dû être accompli un million de fois.

En général, peut-être. Ici rien de plus simple, on commence par l'écriture d'un premier cercle, ordonnant le but : Sceller. On y superpose les informations phares : Superficie, volume, poids approximatifs. On insuffle son chakra ainsi que des clauses potentielles pour le descellement. On valide.

Sitôt dit, sitôt fait. Le bocal posé sur le parchemin disparaissait dans un écran de fumée, ajoutant au milieu du cercle et des divers écrits un symbole à son effigie.

Il n'y a rien de plus simple que sceller quelque chose. D'autant plus dans un contenant, quel qu'il soit. Je ne m'en fais pas pour ce qui est des corps en eux-mêmes, mon seul frein étant la manière de les conserver - Je ne sais donner à mes sceaux des propriétés capables de figer leur décomposition. Tout l'intérêt est là d'ailleurs, les sceaux représentent un moyen pratique de stocker et déplacer des objets, mais partir du principe qu'il n'y a aucun impact même minime serait ridicule.

Du moins, on pourrait compenser cela. Ce n'est qu'une question de compréhension et de travail, plus un sceau a de prétention plus il sera complexe dans sa réalisation - Rien de choquant n'est-ce pas ? La vitesse, la distance, la répétition,... Je compte tout essayer, si possible avec un corps n'ayant pas reçu le moindre traitement de la part de la médecine. Je pars à la recherche de ce que l'on est pas sensé voir d'un premier coup d’œil.
Terminait-elle.
Je ne trouverai peut-être même rien.

Cette dernière phrase avait été confiée sur le ton de l'évidence. Pourtant, cela ne semblait pas la dissuader de se mettre au travail consciencieusement. En contant ses intentions, elle ne divulguait finalement pas grand chose - On pouvait y voir des mesures préventives pour s'assurer que le Fuinjutsu ne détériorait pas ses œuvres de par son influence, simplement. Une quête un brin zélée mais qui collait finalement bien au profil de Takara, elle qui trouvait que les shinobi usaient généralement à tord et à travers de tout ce qu'ils avaient entre les mains sans chercher à en comprendre l'essence, au point d'en sous estimer parfois gravement l'impact.

Mais la réalité en revanche relevait du tabou. Un tabou auquel elle ne souhaitait pas se confronter, quand bien même la graine était plantée.
Sceller et desceller la vie elle-même. Sans que cela ne représente un danger, mais ça, c'était un résultat qui demanderait peut-être des sacrifices. On ne pouvait plaisanter avec de telles pratiques. Or dans l'avancée de la science, les échecs répétés contribuaient énormément au succès.

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Mer 19 Juin 2019 - 22:12
Shirō arbora un petit sourire amusé. Rien de mesquin ou hautain ou accusateur. Le simple témoin de son amusement face à la mésentente qu’il y avait eu entre elle et lui. Le bocal qu’il lui avait tendu avait terminé rapidement scellé. Pour le coup, il se retrouvait à la merci d’une experte. Même si elle se posait des questions et menait des recherches, il n’était pas doué des mêmes capacités. Ceci dit, sa lignée en faisait une candidate idéale à l’utilisation de sceaux. La capacité héréditaire de son clan pouvait leur offrir des techniques de Fûinjutsu extrêmement puissantes.

Là où il y avait méprise c’était sur l’objet qu’elle avait fait disparaître dans le sceau créé en même pas une minute. Il lui avait proposé le récipient sans pour autant s’attendre à ce qu’elle le scelle. Il lui proposait de directement sceller l’organisme se trouvant à l’intérieur. Une mésentente se faisait rapidement, aussi ne releva-t-il pas l’erreur plus que ça. Il préférait écouter avec attention son interlocutrice. Ce qui avait débuté comme un jeu pour lui se transformait finalement en échange. Il avait déjà plus ou moins décidé de l’aider dans sa quête. Il ne s’était cependant pas douter qu’elle pouvait énormément lui apporter à son tour.

Ses connaissances en Fûinjutsu et son angle de recherche l’intéressaient au plus haut point. Il ne pipa mot, restant simplement les bras croisés à assimiler ce savoir qu’elle lui offrait. Il se reconnaissait dans sa façon de voir les choses. Elle souhaitait pousser au maximum son étude, sans omettre le moindre détail. Toute application devait être appréhendée. De telles recherches seraient susceptibles de lui être utile à son tour. Aussi avait-il tout intérêt à s’en faire une alliée. Pour cela, il savait précisément ce qu’il devait faire puisqu’elle lui avait déjà présenté ses revendications. Dans un tout autre contexte, et s’il n’était pas Shirō, il aurait pris beaucoup de plaisir à connaître cette femme de manière plus privée.

Une fois finie de s’expliquer, elle apporta une conclusion qui apporta l’apothéose dans l’intérêt que lui portait le scientifique. Ces quelques mots qui terminèrent de faire pencher la balance en sa faveur. Il décroisa les bras pour fourrer ses mains dans les poches, gardant son regard braqué sur son invitée.

- Je ne peux que vous comprendre. Je suis moi-même un passionné de la recherche. Même si des pistes sont inutiles ou ne mènent à rien, je ne me satisfais qu’une fois qu’elles ont été explorées par mes soins. Ce qui peut s’apparenter à une perte de temps me semble essentiel.

Il s’en était retourné vers le bureau où il avait pris le bocal plus tôt. D’un tiroir, il tira deux nouveaux parchemins. Son pas résonna sur le carrelage de la salle. L’écho fut de très courte durée, suivi de très près par la suite de ses propos.

- Je suis persuadé que cette recherche sera fructueuse. Je tiens à y apporter ma modeste contribution. Voici deux cadavres d’animaux retrouvés aux abords du village. Un renard retrouvé il y a de cela une semaine et un taureau ayant succombé à la maladie deux semaines avant. Je les avais gardés pour des études personnelles mais je tiens à ce qu’ils vous reviennent.

Il lui avait tendu les rouleaux avec franchise. Quand elle s’en empara, il repartit de nouveau, cette fois vers le mur qui abritait les nombreux tiroirs redoutés. Sa démarche fut robotique, instinctive, il connaissait chacun de ses « patients ». Il tira une première poignée, s’éloigna pour en tirer une deuxième avant de faire coulisser les plateaux sur lesquels reposaient deux formes dissimulés par des draps. Il resta à côté de l’un d’eux, une main sur la porte du tiroir en question.

- Voici deux anciens brigands, ayant agressé un groupe de Genins en mission. Les jeunes gens s’en sont sortis in extremis grâce à l’intervention de renforts. Ces deux-là furent les premières et seules victimes. On me les a confiés pour un examen de routine mais ils ne risquent pas de retrouver leur foyer. Aussi je vous propose de repasser d’ici un jour ou deux, le temps que je remplisse la paperasse qu’on me réclame. Dès que ce sera fait, ils seront tout à vous.

Chose pouvant paraître encore plus anormale que la parfaite désinvolture avec laquelle il parlait de personnes anciennement vivantes, il adressa un sourire sincère à la Suzuri. Il venait d’accéder à sa requête en l’espace de seulement quelques secondes. Bien sûr, il se devait de réclamer une petite compensation par la suite qu’il jugeait raisonnable.

- En contrepartie, j’aimerais savoir s’il serait possible d’être mis au courant de l’avancée de ses recherches. Pas un rapport complet forcément mais un petit résumé si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

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Jeu 20 Juin 2019 - 12:30

Intéressant : La situation s'était décantée plus rapidement que prévu. Le fond prenait dessus sur la forme, et cela amenait des considérations tout de suite plus pertinentes. La Suzuri savait comment les choses fonctionnaient, les rapports humains tournaient à base d'intérêts. Même lorsqu'ils ne constituaient rien de plus que des sentiments, il y avait un système d'échange, de contrepartie. Aussi plus son interlocuteur consentait à lui présenter de la matière pour ses études, plus elle devinait ses intérêts personnels et ses souhaits immédiats. La conversation avait au moins le mérite d'être claire, et à son tour le légiste lui demandait clairement le juste retour voulu. Elle hochait positivement la tête avant de répondre.

Soit. Votre contribution est appréciable et me donne même de quoi démarrer les tests avant que vous en terminiez avec ces deux brigands. Je n'ai rien contre l'idée de vous transmettre mes travaux, comme je l'ai dit ce n'est pas un secret d'état. Seulement je préfère limiter sa diffusion actuellement. C'est donc un échange équitable du moment que vous le gardez pour vous.

Néanmoins comme annoncé plus tôt elle ignorait encore où la mènerait ce projet. Et surtout si elle irait jusqu'au bout.
Elle avait joué franc jeu et cela payait, mais en incluant le légiste dans ce scénario elle lui offrait également de tirer des conclusions plus poussées sur le véritable but derrière ces modestes recherches. Parmi cela il y avait des perspectives effroyables dont une en particulier : Comment sceller le vivant. Ce n'était pas pour nuire qu'elle se questionnait sur cette possibilité, mais bien pour tâcher de retracer le fonctionnement des sceaux utilisés par l’Éclair Vert. Du moins en partie, car cette possibilité engendrait tout un tas d'autres procédés n'ayant rien à voir de près ou de loin avec l'art de ce dernier.
Avant d'en arriver là, elle devait s'assurer que le scellement ne soit pas nocif de base - Un détail dont on se soucie peu lorsqu'il s'agit d'un objet ou n'importe quel autre élément inerte.

J'insiste, n'en attendez pas trop. Fructueux ou non, nos projets sont pour la plupart passés en second plan faute à la situation actuelle.

Un mensonge cette fois ci, cependant cohérent. Elle ne voulait simplement pas avouer qu'il y avait peu de chance qu'elle se rende au bout de ses ambitions, sur ce coup là. En raison de ses principes.

Mais ce sera une analyse sérieuse sur laquelle vous devriez pouvoir vous reposer sans crainte, si jamais.
L'art des sceaux vous intéresse t-il vraiment, où est-ce encore de la simple curiosité ?


La collaboration était actée, peu importe pour combien de temps. Voilà pourquoi elle s'intéressait d'un peu plus près à ce dernier. S'il était un néophyte, peut-être ne percevrait-il pas toutes les nuances potentielles que l'on pouvait créer de toutes pièces par l'intermédiaire de sceaux, qui d'un regard lointain se ressemblaient quasiment tous les uns les autres. A l'inverse, même un objet aussi basique et nécessaire comme un costotome ne disait rien à la Suzuri et faisait seulement parti d'un arsenal plus vaste qui finalement, l'intéressait peu. Cela ne signifiait pas qu'elle se moquait éperdument du domaine de la médecine ou toutes autres sciences relatives au corps humain, mais elle n'avait pas les capacités pour mener des recherches concrètes les concernant. Risquait même de soumettre des conclusions soit superflues, soit reproduire des erreurs classiques et bien connues par tout professionnels ou même aspirants de ce secteur.

Loin de se sentir menacée, il était temps de s'enquérir d'avantage de cette personne pour mieux savoir à quoi s'attendre par la suite. Ce qu'elle amorçait donc délicatement, maintenant qu'un terrain d'entente les réunissait.

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Lun 24 Juin 2019 - 19:53
Shirō avait dû surprendre son interlocutrice. Lui qui s’était montré si cinglant, à la limite du désagréable plus tôt, se montrait maintenant si avenant. Elle devait se poser quelques questions, ce qui amusait grandement le légiste. Cette dernière le remercia néanmoins de cette coopération en lui promettant de lui laisser accès aux résultats de ses expérimentations en la matière. Elle tenait juste à s’assurer qu’il s’agirait d’un simple échange entre eux deux et que l’objet de ses recherches ne se retrouve pas placardé en place publique. La Suzuri s’attaquait à un domaine épineux en même temps. Fricoter avec les morts n’améliorait pas la cote sociale, Shirō en savait quelque chose. Il s’était accoutumé aux ragots cependant. La trentenaire devrait en faire de même.

- Je vous assure que cela restera entre nous. Pour moi-même avoir mes sujets d’expérience, je ne tiens pas à ce que s’ébruite mes affaires. Je suis compréhensif sur votre inquiétude mais je vous rassure, elle n’a pas lieu d’être.

Un individu comme Shirō s’avérait avoir des principes ?! Plutôt un code éthique entre scientifiques en roue libre. Il aimait se montrer réciproque le plus possible dans ses rapports avec autrui. Ne fais pas à ton prochain ce que tu n’accepterais pas toi-même. Un précepte qui pouvait passer pour enfantin mais que le légiste semblait respecter. Cette kunoichi s’était présentée à lui sans faire preuve de faux-semblant. Elle s’était déclarée d’entrée, avait expliqué sans échappatoires ce qu’elle désirait et ça le scientifique l’appréciait. Il était donc normal qu’il récompense cette honnêteté à sa juste valeur.

La Suzuri se justifia une fois de plus sur l’éventuel échec de ses recherches, signalant à son interlocuteur qu’il ne devait pas trop en attendre. Ce dernier sourit à cet énième prévention qu’elle tenait à lui distribuer.

- Ne vous en faites pas. Je connais les aléas des expérimentations. Ceux qui ne mènent à rien sont d’ailleurs ceux qui m’intriguent le plus. C’est avec cet esprit qu’on fait progresser le Savoir et qu’on découvre ce qui n’a jamais été envisagé.

Elle s’était ensuite plus intéressée à lui. Son intérêt pour le Fûinjutsu. Comme Shirō lui avait spécifié, il n’était que néophyte. Il connaissait quelques rudiments sans pour autant s’être penché sur la question. C’était un domaine fort intéressant et extrêmement pratique mais il avait encore quelques doutes quant à ses capacités en la matière. Il ignorait s’il devait approfondir ou se concentrer sur d’autres voies du Shinobi. Il ne laissa pas son interlocutrice sans réponse.

- Une simple curiosité à vrai dire. Qui pourrait se muer en une volonté d’apprendre. Au moins je saurais vers qui me tourner si je cherche une enseignante digne de ce nom.

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