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La Toison d'or (Solo)

Kaguya Sesshū
Kaguya Sesshū

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Sam 8 Juin 2019 - 14:49
ost : derris kharian
Suite de : Renouveau

Selon les recherches de l’augure, la stèle aux cercles concentriques devait se trouver sur l’île d’Uka au nord-ouest de Mizu. Originaire de l’archipel, et de nature érudite, Sesshū avait en tête la direction que prenait chaque île de l’archipel depuis la création du village de Kiri. L’enfant de l’os n’était certes pas un expert ; mais ses connaissances lui suffisaient amplement pour savoir vers quoi il se dirigeait.

L’île d’Uka était, vraisemblablement, le grenier de l’archipel. Une authentique corne d’abondance où tout poussait en masse grâce à son climat atypique. De nombreuses et violentes pluies frappaient la terre en permanence, sans toutefois épargner les âmes courageuses essayant de vivre sur place. Ainsi, l’île était réputée comme déserte – et elle l’était presque. Seuls des paysans compétents y passaient leurs journées afin de produire des denrées nécessaires à la survie de Mizu no Kuni.

L’enfant de l’os avait réquisitionné le navire de l’un de ces paysans pour rejoindre l’île. Après tout, après chaque récolte, ou pour simplement retrouver leurs familles, ces éleveurs et travailleurs de la terre avaient l’habitude de rentrer à Kiri. Et quoi de mieux que le port Naragasa pour faire le relais entre Uka et Mizu ? Il ne fallut pas grands arguments pour convaincre l’homme de laisser une place au maître du Shikotsumyaku. Le seul fait de traverser les eaux de l’archipel représentait un danger ; ainsi, la présence d’un shinobi de la Brume allégeait ce problème qui pouvait – en de malheureuses mais possibles occasions – condamner le sort du pauvre voyageur.

Après tout, personne n’était à l’abri de l’attaque d’une pieuvre géante.

En guise de bonne foi, l’augure aida le bon samaritain à décharger son matériel, se dédoublant en trois version de lui-même pour réduire la charge de travail du civil. Bien que Sesshū ne faisait que rembourser sa dette, le paysan ne put s’empêcher de courber l’échine pour le remercier. Le comportement de l’homme frappa l’enfant de l’os. Après tout, il ne s’était jamais penché sur la réputation des shinobi aux yeux du peuple. Avaient-ils bonne image ? Ou leurs sinistres faits d’armes, comme l’attaque sur Kiri par le Collectif ou le coup d’état de Kewashiioke, rendaient les manipulateurs de chakra détestés et craints de tous ? L’enfant de l’os préféra ne pas rouvrir les stigmates du passé. Et d’un respect solennel, octroyant à son passeur les pleins droits sur leur traversée, il rejoignit l’île d’Uka afin de poursuivre son épopée.

Après avoir échangé des ultimes salutations, et avoir souhaité bon courage à l’homme pour sa journée de labeur en prévision, Sesshū partit à l’aventure en plein cœur des terres, en direction des minces forêts frappées par la pluie et le vent.

Par chance, sa capuche était là pour le protéger.

* * *

La réputation de l’île d’Uka n’était plus à confirmer. À peine avoir commencé à s’enfoncer dans les terres, la couverture nuageuse s’épaississait déjà au-dessus de l’augure, pour menacer sa longue chevelure d’albâtre d’une violente averse. Le sol était déjà trempé. Des flaques d’eau étaient parsemées ci et là, rendant la traversée du bois plus difficile. Et pour cause, Sesshū essayait d’éviter ces obstacles pour ne pas tremper ses chausses.

Se couvrant sous la cime d’un arbre vénérable, l’augure décala son sac en bandoulière de son épaule, et l’ouvrit pour y récupérer le fameux livre l’ayant conduit jusqu’ici. L’enfant de l’os s’était certes rapproché de son but, mais il n’était pourtant pas avancé dans sa quête. La stèle pouvait bien être tout droit, ou vers l’ouest. Il aurait pu même déjà l’avoir dépassé. Ainsi, il rassembla un maximum de détails qu’il pouvait dénicher entre les lignes de la légende de la stèle, et conçut une stratégie pour la trouver au plus vite.

Le tumulus était représenté « au centre d’une clairière », non loin d’une aiguille rocheuse « visible depuis les eaux ». Pourtant, il n’avait rien vu de cela en s’approchant tantôt du rivage. Certes, la visibilité était diminuée à cause du climat atypique de l’île, mais il n’y avait pas non plus de brouillard à l’horizon. Selon toute vraisemblance, la stèle ne se trouvait pas dans les parages. Soucieux de se diriger dans la bonne direction, l’augure se munit d’une carte locale acquise au port Naragasa, et longea les côtes de l’île du bout de son index à la recherche d’un bras de mer pénétrant la terre. Deux résultats s’offrirent à son âme d’apprenti cartographe : le nord-ouest, et le sud-ouest de l’île, présentant tous deux un renfoncement de territoire. Il était également possible que l’aiguille rocheuse se trouve à l’extrême opposé, à l’est. Mais l’homme ayant débarqué depuis le sud-est de l’île, il écarta très vite cette solution, et préféra se ranger sur le choix lui confiant la plus grande probabilité de trouver le relief naturel. Accompagné par les trombes, l’enfant de l’os abandonna bien vite son confort pour patauger dans un sol boueux, humide, fangeux – en somme, très peu pratique. Au prix d’une consommation superflue d’énergie physique et spirituelle, il revêtit aussitôt une couche de chakra sur ses semelles, et accéléra son pas pour rejoindre le bout de l’île. Il envoya même des doubles dans des tierces directions pour décupler ses chances de succès ; mais ce fut le Kaguya originel qui tomba finalement sur la clairière décrite par l’auteur de la fable.

Maître, je l’ai trouvée…

Au centre de celle-ci, la stèle – du moins, une roche couverte de mousse ayant assurément traversé les âges – trônant sur son royaume déboisé. Lorsque Sesshū ouvrit son troisième œil afin d’analyser la structure naturelle, un étrange sentiment vint hérisser ses poils. Sa pelle avait heurté le cadre d’un trésor. Pourtant, même en se concentrant sur l’objet, là, devant lui, il ne put discerner ce qui provoquait en lui une sensation aussi… perturbante. Il y avait une sorte de filtre ; de barrière. Un masque indicible dissimulant la véritable nature de la stèle, capable de parler à des âmes endormies à l’autre bout de l’archipel. Sans redouter son futur une seule seconde, l’enfant de l’os s’approcha.

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Dernière édition par Kaguya Sesshū le Sam 8 Juin 2019 - 22:03, édité 1 fois
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Sam 8 Juin 2019 - 15:42
ost : derris kharian

D’un kunaï dégainé de sa poche d’outils shinobi, l’augure retira la surcouche de mousse ayant envahi la stèle. Épousant les contours du rocher du tranchant de sa lame, l’enfant de l’os découvrit très vite ce qui se cachait derrière le rideau naturel : l’étrange symbole rêvé par son maître. La pierre mise à nue ressemblait à deux gouttes à la vision de Kaguya Hiroko, jugea Sesshū en retraçant sa description manuscrite de cette… chose. Très vite, l’homme s’arma d’un matériel d’écriture, et composa une nouvelle page du carnet intime de l’ancienne augure pour y rajouter sa propre pierre à l’édifice. Il redessina ainsi le symbole aux deux branches ; puis les orna des quatre étranges cercles concentriques de runes antiques, obscures, à la signification inconnu. Quelques-unes, toutefois, avaient des traits communs avec les signes de la langue du Yuukan, signe que le temps avait fait son œuvre. Ce proto-dialecte était-il répandu dans le monde entier ?

Lorsque le maître du Shikotsumyaku en eut marre d’examiner la stèle avec les yeux, il rangea lentement son kunaï dans sa poche ; et posa enfin sa main sur le symbole onirique. Mais… rien ne se passa. La surprise frappa l’augure de plein fouet. La stèle avait l’air d’être empreinte de chakra. Et pourtant, celle-ci ne daignait lui offrir aucune réponse après avoir initié le contact avec. Qu’était-il censé supposé faire ? Son maître, à son époque, avait-il tenté la même épopée jusqu’à l’île d’Uka, pour tomber lui aussi dans une impasse ? Sesshū déglutit. Aussi vite que la trouvaille de ces étranges runes lui avait fait pousser des ailes, cet obstacle les lui avait arraché de son impérieux mutisme.

L’augure s’installa en tailleur devant la pierre, les yeux fermés. D’abord, il voulut reprendre son calme, et chercher des armes pour défendre sa patience abîmée de ce contrecoup du sort ; mais – par chance ? – une présence décida de ne pas l’abandonner au néant.

Ouvrir son chakra à ce qui l’entourait lui offrait une piste qu’il n’aurait jamais pu voir ailleurs. À la place de la stèle, une sensation de chaleur imposante se confrontait à ses sens. Il ressentit une quantité astronomique de chakra se libérer depuis la pierre, comme si une entité s’en était extraite pour répondre à sa méditation. Mais rien n’avait pourtant changé. Une paire d’yeux curieuse, présente là où il n’eut fallu pas, aurait pu voir cet homme solitaire, encapuchonné, face à un tumulus gravé, sous la pluie battante d’Uka. Une bien triste vision n’ayant aucune racine commune avec ce que vivait l’enfant de l’os.

La Toison d’or demande offrande.

Sesshū rouvrit brusquement les yeux. Il aurait juré avoir entendu une voix d’outre-tombe résonner dans son esprit. Déconcentré, le fil de sa méditation coupé, plus rien ne le liait à la stèle ; dès lors, afin de pallier ce problème, il s’obligea à plonger dans une transe similaire pour retrouver la mystérieuse présence.

Vous avez autrefois voulu guider mon maître jusqu’ici. Kaguya Hiroko était son nom. De son héritage, je me présente devant vous. Entités celées, entendez mon appel…

La Toison d’or demande offrande.

L’instinct de l’augure réagit au quart de tour. Il saisit de nouveau son kunaï et vint s’entailler le pouce de la pointe de la lame, avant de répandre son sang sur les contours du symbole à deux branches. Alors que l’enfant de l’os retourna dans les méandres de sa méditation, luttant pour se concentrer malgré l’excitation qui s’emparait subrepticement de lui, la stèle commença à s’éveiller.

La Toison d’or accepte cette offrande.

* * *

Le maître du Shikotsumyaku se sentit aspirer, mais n’eut pas la moindre occasion de remarquer ce qu’il venait de se passer autour de lui. Pourtant, des signes cruciaux lui apportait des réponses avant même qu’il ne rouvrît les yeux. Une lumière criarde percutait ses paupières fermées, trahissant le fait que le mauvais temps s’était estompé au profit d’un soleil grandiose. La pluie avait quitté la clairière pour laisser place aux rais chaleureux d’un ciel bleu d’été. Une odeur de lavande enivrait les narines du shinobi en pleine quête existentielle, emportant son corps vers une dimension paradisiaque. Mais quand bien même l’augure ressentait ces détails, il ne put s’empêcher de relâcher un hoquet de surprise en ajoutant sa vue à la salade de ses sens éprouvés.

L’île d’Uka était à des années lumières de cet endroit. Une plaine gigantesque, à perte de vue. Un océan d’améthyste. Un champ de lavande. Des rivières luminescentes serpentaient ci et là, reflétant un astre solaire en parfaite harmonie, qui de sa robe jaune envahissait ce plan d’existence. Et au cœur de ce domaine, régnant en maître de ses deux imposantes cornes nées du soleil, la Toison d’or.

Sesshū dut plisser les yeux pour poser son regard sur la créature. L’astre dans son dos empêchait l’homme de discerner parfaitement la forme de la bête. Toutefois, après un bref temps d’adaptation – et beaucoup de liberté d’interprétation – l’enfant de l’os devina qu’il s’agissait d’un bélier. Un bélier imposant, mystique, nimbé de chakra. Le maître de ce domaine. Le roi-soleil. Cornes et lainage vibraient d’une teinte surnaturelle, faits d’un métal attirant les basses convoitises de Yuukan. Et ce ne fut que lorsque la créature leva la tête qu’il reconnut enfin le symbole rêvé par son maître, et gravé sur la stèle couverte de mousse – car la forme de ses cornes épousait parfaitement celle des deux branches.

— Ton pelage ressemble au sien. Es-tu l’un de ses rejetons ?

L’enfant de l’os eut besoin d’un moment pour comprendre que le bélier mentionnait son maître. Qui d’autre sinon ? Ainsi, Kaguya Hiroko disposait d’une place dans ce domaine, aux côtés de la Toison d’or… mais pourquoi n’avait-il rien dit à son élève depuis tout ce temps ? Était-ce un droit ? Ou un devoir ?

J’ai tout appris de lui. Je suis son élève ; son héritier.
— J’espère qu’il ne t’a pas légué ses cornes. Ton « maître » était un couard ! Un faible. Mais il savait parler – ça, je peux le reconnaître. Alors, rejeton : es-tu venu pour honorer la promesse qu’il était incapable de satisfaire ?

L’augure nageait en plein rêve. Que se passait-il ? Pourquoi ? Tant de secrets inavoués que son maître plaçait sous silence ; mais était-ce pour le bien de Yuukan ?

Une… promesse ?
— Le frisson du combat, pardi ! Libère-moi de cette cage dorée, et ensemble, nous briserons vagues et montagnes ! Je veux sortir. Je dois sortir ! Depuis trop longtemps je n’ai pas foulé le monde de mes pattes. Les élus se succèdent mais n’ont jamais l’étoffe de cavaliers. Tous ont peur. Tous me craignent. Tous désirent préserver le secret pour taire à jamais mon nom dans cet enfer ! Je hais cette lavande. Je hais ce soleil. Je hais ce monde ! Sois à la hauteur de ton héritage, rejeton, et mérite mon allégeance.

La description de son maître par la « Toison d'or » ne tombait pas loin du pommier. Kaguya Hiroko était un pacifiste ; un sage ; un avant-gardiste, même, au vu de sa lignée barbare. Il était l’homme derrière la politique de Kaguya Shyko. La voix de la raison pour toute une génération d’enfants de l’os réfléchis. Un mouton noir pour bien des conservateurs ; la symbiose paradoxale entre un parfait modèle à suivre et une monstruosité à abattre. Par chance, il avait appris à Sesshū à nager pile sur la frontière entre ces deux idéologies.

— Ne te fais pas avoir par ce paysage, rejeton. Il n’y a rien à lui envier. C’est une prison ; un carcan. Soumets tes narines assez longtemps à ce champ de lavandes, et tu y laisseras ton âme ; car tu ne voudras jamais remettre un pied dans cette archipel fangeuse qui te sert de maison.
Je crains ne pas être à la hauteur de vos espérances.
— Encore… ?

Le bélier commença à rire – d’un blatèrement étrangement humanoïde. Son coffre se gonfla, tandis que tout son être se mettait à vibrer, sans relâche, toute valve ouverte face à l’ironie de son destin. Le dix-neuvième l’avait encore déçu.

— Et quelle est ta raison, rejeton ?
J’ai perdu mon pouvoir. Je ne suis plus qu’une coquille vide. Fragile. Tu m’écraserais sans difficulté aucune ; et n’aurais aucun contrôle sur le cataclysme que tu oserais causer, alors libéré de tes fers.

Sesshū n’était pas dupe. Tout prisonnier méritait sa geôle. Mais…

Laisse-moi reprendre mes forces, et je harnacherai ta puissance.

La créature s’avança vers le petit homme. Lentement. Pour finalement le surplomber d’une taille trois fois supérieure, au garrot. Ses cornes gigantesques, dorées, éclipsaient le soleil derrière lui. L’enfant de l’os leva la tête vers la gueule de l’animal, perplexe. Il aurait suffi d’un mouvement brusque à la Toison d’or pour briser le cou de son gardien.

Mais il préféra jouer un dernier joker de sa main.

— Alors laisse-moi t’entraîner, rejeton.

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Sam 8 Juin 2019 - 21:54
ost : derris kharian

L’emprise du temps semblait absent au sein de ce monde. Le soleil radieux, s’il s’était avéré d’une chaleur salvatrice à l’arrivée de l’augure, devenait davantage une gêne à mesure des passes d’armes qu’il échangeait avec son partenaire. Le souffle haletant, l’enfant de l’os pensait combattre le bélier depuis des heures, mais la réalité en était toute autre : il venait de poser un genou au sol après trente petites minutes d’effort intensif. La Toison d’or le dévisagea, déçu ; et pour cause, son nouvel hôte était loin d’avoir l’étoffe d’un gardien. Avait-il tant perdu à cause de la Résonance ? Ou était-il faible de naissance, à l’instar du défunt maître l’ayant conduit jusqu’à ce domaine ?

— Repose-toi, rejeton.
Je suis désolé…
— Tu n’as pas à l’être. Cette « onde de choc » ne t’a laissé aucun cadeau, semblerait-il. L’important est que tu n’abandonnes pas. C’est le seul moyen afin de progresser, et de se remettre sur ses pattes, pour mieux bondir. Mon gardien doit représenter l’action, l’élan, l’enthousiasme. L’impulsivité, le dynamisme, l’audace. Sinon, il ne pourra jamais me suivre en première ligne du champ de bataille.
C’est tentant.
— J’ai vu que tu avais de la retenue. Tu ressembles bien à ton « maître », là-dessus. Mais tu ne peux mentir à ton corps bien longtemps. Le combat réveille ton instinct guerrier ; celui qui fait de toi le parfait gardien. Retrouve ton souffle, ton pouvoir, ton anima, et cultive ta valeur, que je puisse la cueillir.

Sesshū dodelina de la tête. Assis en tailleur, sa chair ne faisant qu’un avec son esprit, il méditait pour retrouver un précieux chakra dilapidé. Si le temps lui faisait défaut, il outrepassait celui-ci pour remplir au mieux ses réserves, malaxant énergies physique et spirituelle en un mélange miraculeux.

Le bélier le contemplait. Dressé sur ses quatre pattes, la tête haute, il analysait le contrôle du chakra de l’humain d’une minutie hors pair, afin d’examiner au mieux ses compétences. Et il n’était pas déçu de cette prestation. L’enfant de l’os démontrait des bases solides. La théorie de sa soudaine « perte de pouvoir » devenait légitime. Il ne restait plus qu’à rattraper ce retard à force de remise en forme.

— L’onde de choc t’a-t-elle privé de tes muscles ? Tu parais squelettique. Peut-être ne le sais-tu pas encore, mais seul ce domaine t’exempt du besoin de nourriture.
Le deuil a été difficile.
— Relève-toi. Ce gouffre ne se comblera pas sans sacrifice.

L’enfant de l’os abandonna sa transe pour se mettre debout, les poings serrés. Sa brève pause lui avait rendu assez d’énergie pour poursuivre son entraînement pendant une poignée de minutes. Allait-ce être suffisant ? Certainement pas. Mais Sesshū n’avait jamais mis son confort personnel avant la nécessité d’action.

* * *

Le cubitus du maître du Shikotsumyaku fusa droit vers le lainage d’or de la bête. D’un geste quasi-instantané de la tête, le bélier brisa le projectile osseux grâce à l’impressionnant défense imperméable érigée sur son front. Au combat, ces cornes représentaient un danger permanent. L’augure ne pouvait se permettre de les quitter des yeux, ne serait-ce qu’une seule seconde ; car le retour du bâton pouvait très vite briser son squelette, ou empaler sa chair malléable.

— Ce tour de passe-passe ne marchera jamais. Tu le sais, rejeton.
Je dois maintenir la distance. Je ne saurais te vaincre sinon.
— La distance…

D’une vive impulsion, le bélier se précipita en direction de son adversaire. L’enfant de l’os eut tout juste le temps de bondir sur le côté qu’une paire de cornes d’or vînt éviscérer le vide où il se tenait jusqu’alors. Malgré la surprise, Sesshū profita de l’inertie de son esquive pour bondir en l’air, et abattre violemment son tibia renforcé sur l’échine de la bête. Son lainage se rembourra aussitôt pour encaisser le coup. Et d’un coup de patte, le bélier projeta le poids plume humanoïde au loin, qui roula sur de nombreux mètres pour écraser tout un pan de fleurs de lavande. L’augure resta un moment au sol, le souffle coupé. La riposte avait frappé pile son estomac, si bien qu’il avait dû cracher une gerbe de bile pendant son vol plané.

— Oublie ces stratégies de bas niveau. Il n’est pas question de harceler ton adversaire. Domine-le ! Ton don inné te confère toutes les conditions pour régir la mêlée. Dans les mains de ton prédécesseur, ce fut du gâchis ; mais tu n’es pas comme lui. Toi, tu n’as pas peur de foncer à la rencontre du danger. Relève-toi !

L’enfant de l’os s’exécuta, lentement. S’appuyant d’abord à l’aide d’un premier genou, il s’aida d’une main, puis de la seconde, pour redresser son échine, le corps soumis aux spasmes. Depuis des heures, l’humain combattait malgré une réserve critique de chakra, la moindre initiative trop ambitieuse pouvant le condamner à l’inconscience. Une initiative comme celle qu’il venait d’essayer contre la Toison d’or, après son pas de côté miraculeux. Sesshū peinait à rester debout. Si l’effort ne suffisait pas à l’éreinter et le vider de toute énergie, les rayons du soleil achevaient son endurance.

— Est-ce terminé ?

L’augure tendit son bras vers le bélier. Un énième cubitus fusa vers la créature, qui encaissa le trait de la même façon, lasse, ennuyée. Il était inutile de poursuivre cet affrontement. Sesshū ne représentait aucune menace. Comme il l’avait dit plutôt, ce n’était plus qu’une coquille vide. Pourquoi continuer, sinon perdre du temps ?

— Libère-moi, ou pars d’ici. Mais tu ne pourras pas « harnacher ma puissance ».

Le bélier fit demi-tour, se dirigeant vers l’horizon et ses lavandes à pertes de vue.

L’enfant de l’os, inconscient, s’écroula.

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Sam 8 Juin 2019 - 23:58
ost : pegasus ryu sei ken

Soleil et lavande accueillirent l’enfant de l’os lorsqu’il rouvrit les yeux. Inconscient, ou simplement endormi, il avait passé des heures face contre terre, écroulé de fatigue, vidé de toute énergie, incapable de bouger le moindre orteil. Une loque ayant désespérément besoin de repos. Et il avait pu enfin en avoir après des heures de combat éreintant.

Hématomes et courbatures constellaient son corps meurtri. Pourtant, l’augure s’obligea à s’asseoir, émergeant petit à petit d’un sommeil nécessaire, mais dangereux. Il ne connaissait rien de cet endroit. Le bélier le considérait comme une « cage dorée » ; pouvait-il y avoir d’autres prisonniers que lui ?

Sesshū repensa à son combat contre la Toison d’or, comme aux nombreux autres l’ayant mené jusqu’ici. Il était un combattant ; un guerrier-né. Depuis sa naissance au sein du clan Kaguya, il avait été formé à protéger les siens, et se surpasser pour vaincre n’importe quel ennemi. Et il s’évertuait à les vaincre. Alors, pourquoi allait-il changer de modus operandi, après plus de deux décennies d’éducation martiale intensive ? Ça ne lui ressemblait pas. Durant ces dernières semaines, et la perte de son affinité tellurique, il avait baissé les bras, et se morfondait sur son sort qu’il jugeait pitoyable. Il avait… abandonné le combat. Mais que serait devenue Kiri s’il avait fait la même chose face au traître Raonaka Ao ? L’enfant de l’os se releva sur toute sa hauteur. Promenant son regard sur ces innombrables tiges de lavande, il se jura une chose : ne pas quitter ce domaine avant d’avoir réussi à vaincre le maître de ces lieux.

Mais pour cela, il allait devoir redoubler d’efforts.

* * *

Dès le quatrième jour, son emploi du temps commençait à ressembler à quelque chose. Malgré l’absence de cycle jour-nuit, et donc d’un signal flagrant pour dicter à son organisme de dormir, Sesshū s’imposa un rythme infernal pour rattraper son retard. Chaque « matin », il enchainait les prouesses physiques, enchainant course fractionnée et travaux d’explosivité ; puis, bercé par le parfum enivrant des lavandes au point d’en détester le relent, il méditait pendant de longues heures, aiguisant son esprit à la consommation abusive de son énergie spirituelle, condamnée à devenir chakra ; enfin, il passait le reste de son après-midi à combattre ses propres clones, usant du conseil offert par la Toison d’or pour se concentrer sur la mêlée, et espérer surprendre la bête.

Perdu dans cet étrange domaine, le maître du Shikotsumyaku ne ressentait pas la faim. Il y avait une aura étrange, émanant de ces fleurs violacées, inhérente au sacro-saint chakra, nourrissant l’organisme de l’augure d’une énergie pure et élémentaire. Cela tombait bien. Il n’y avait pas beaucoup de nourriture, par là-bas, si ce n’est des maigres tiges octroyant aucun apport nutritif, ou de la viande de bélier bien trop difficile à mâcher, et encore plus à chasser.

* * *

Au treizième jour, grâce à un acharnement sans pareille, Sesshū avait regagné sa superbe. Visant les préceptes du bélier, il était revenu à la vie. Enthousiasme, dynamisme, audace ; malgré sa retenue, l’enfant de l’os débordait d’une énergie prête à marcher sur le monde et convaincre les foules. Il ne se sentait plus prisonnier de son enveloppe charnelle, mais contrôlait maintenant ses propres fils de marionnette pour agir comme il l’entendait. Ses exercices physiques accueillaient le triple de répétitions sans incomber la séance de la moindre minute supplémentaire. Ses courses l’envoyaient de plus en plus loin, lui faisant découvrir des combinaisons d’or et de violet jamais vues encore. Ses méditations lui permettaient de transcender sa condition mortelle pour atteindre le septième sens, et connaître pertinemment la position du Minotaure de ce labyrinthe floral. Après tant de persistance, et tant d’effort, il était redevenu digne du gardien du bélier ; et mieux encore, il était redevenu digne de l’héritage de son maître.

Sesshū libéra ses jambes de sa position en tailleur. Comme il l’avait remarqué depuis quelques jours, la Toison d’or, au nom encore inconnu, avait l’habitude de se rapprocher de l’humain en fin de journée, en gardant toutefois ses distances pour ne pas entamer le dialogue. Était-ce de la curiosité ? L’augure n’osait parler à la place de la créature. Il avait déjà fort à penser, tandis qu’il se dirigeait d’un pas lent, mais assuré, vers elle.

Le bélier s’arrêta net sur une sorte de clairière – du moins, l’endroit épargné par la lavande d’où était apparu le maître du Shikotsumyaku, et où les deux entités s’étaient livré leur premier duel. Mais celui qu’allait proposer l’humain n’allait pas avoir la même finalité. Il en était persuadé. Confiant en ses capacités, et en sa volonté de parfaire le futur de son archipel, il allait libérer la Toison d’or.

— Tu n’as pas abandonné.

Le Kaguya se mit en position de combat, sans un mot. Son esprit était fin prêt à plier celui de son adversaire, qu’importe la taille des cornes d’or en travers de sa destinée.

— Voyons à quel point tu as recouvré ton potentiel.

D’une vive charge, la créature apparut presque instantanément devant sa cible immobile, la tête abaissée, prête à être relevée pour asséner un terrible coup de cornes devant elle. Hélas, Sesshū posa brusquement ses mains sur celles-ci, d’une vélocité semblable, et y prit appui pour décoller et atterrir sur l’échine de l’imposant bélier. D’un geste de la paume, dirigé droit vers son lainage doré, des os pointus s’érigèrent à toute vitesse de son épiderme pour venir empaler la résistance de l’animal, impuissant.

Le premier sang avait coulé.

La Toison d’or eut tout juste le temps de renforcer sa défense naturelle, et de se débattre pour chasser son ennemi, que celui-ci était déjà loin, près de lavandes écrasées, en position de combat, attendant une nouvelle ruade endiablée. Son regard avait perdu en fougue ; la surprise ne faisait plus partie de son vocabulaire. Il savait. Il savait qu’il allait remporter cette épreuve. Il savait qu’il allait surpasser son adversaire. Il savait qu’il allait pouvoir « harnacher sa puissance ». Il savait qu’il était digne de feu son maître. Et lors de la seconde charge de l’animal, cela se confirma.

* * *

ost : death of walter

Après une demi-heure de combat, la bête avait chu sur son flanc. Les rôles s’étaient inversés ; l’heureux gagnant surplombait sa victime de haut, sa longue crinière d’albâtre éclipsant le soleil dans son dos, tandis que le bélier essayait tant bien que mal de reprendre son souffle, le corps mis en émoi par les assauts décisifs du maître du Shikotsumyaku. À défaut de respect, la « Toison d’or » ressentait une surprise élémentaire. Comment avait-il pu perdre face à son gardien ? Il ne comprenait pas. Depuis toujours, il était la bête à enfermer. Celle qui offrait son incroyable puissance pour essayer de sortir de sa cage dorée.

Mais Sesshū ne semblait plus avoir besoin d’elle.
Il avait atteint… l’ataraxie.

— Tu es… mon gardien.

L’enfant de l’os fixa son frère d’armes sans broncher. Puis, contemplant la difficulté de la bête pour se relever, il l’aida de ses deux bras pour se remettre sur ses quatre pattes.

Comment te libérer ?
— Il faut…

Hélas, la bête ne savait plus.

— Il y a… un parchemin… dans un coffre… celui… du premier gardien…

L’éveil de ses souvenirs semblait lui être douloureux. La créature luttait contre un maléfice ; une technique. Ce premier gardien avait-il entrepris une manœuvre pour empêcher son prisonnier de défaire lui-même ses entraves ?

Où se trouve ce coffre ?
— Sous terre.

La Toison d’or avança de quelques pas, en direction de la clairière. Puis, hésitant, commença à déblayer le terrain de ses immenses cornes, d’une aisance pourtant innée. La terre accusa la fouille intensive de l’animal, qui accéléra à mesure de ses coups de pioche, dévoilant rapidement le cadre d’un coffre robuste, tout d’or composé. Sesshū, sans se faire attendre, prit le relais et souleva la malle de sa cachette. Adressant un bref regard à son compagnon atypique, comme pour s’assurer de sa décision de le libérer, il ouvrit finalement l’étrange caisse… et tomba nez-à-nez sur deux reliques. Un parchemin à la longueur phénoménale… et une armure d’apparat semblant appartenir à…

— Ça lui appartenait…

L’enfant de l’os saisit le parchemin, et comprit très vite de quoi il en détournait. Il avait entendu de nombreuses fables sur ces animaux mystiques, et ces pactes permettant de se lier à eux. Au vu de la situation du bélier, enfermé seul dans une prison de lumière et de lavande, l’augure avait vite écarté cette théorie. Mais maintenant, devant le fait accompli… l’homme ne pouvait plus faire fausse route.

« Chrysomallos », décrypta le Kaguya du parchemin d’invocation.
— Cela fait longtemps qu’on ne m’a pas appelé ainsi.

Dès lors, il s’arracha le bout de son pouce, et humecta chaque extrémité de ses doigts de son sang, pour finalement imprimer l’empreinte de sa main sur le document occulte.

Ensemble, nous briserons vagues et montagnes.

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