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Maître Corbeau & Maître Renard [PV : Nagamasa Shiro]


Mer 26 Juil 2017 - 14:01
- The Order & The Chaos -

Iwa no Kuni, une nation alliant force militaire et coeur commerçant. Une cité bâtie à travers la roche, protégé par les hautes-montagnes entourant le village. Depuis la création des villages cachés, le commerce avait pris un nouvel éclat. Les routes commerçantes étaient désormais sous haute-surveillance et aucune marchandise ne pouvait sortir du pays sans un contrôle minutieux. Tout cela n'était clairement pas en ma faveur. Difficile de continuer à vendre des armes d'argiles explosifs dans la plus grande discrétion, au sein d'une métropole aussi strict qu'Iwa. Overhaul n'avait malheureusement plus sa place ici. Mais pour combien de temps ?

Depuis mon retour au sein du village de la roche, chaque jour se ressemblaient. Un réveil matinal suivis d'entraînement et de missions aussi stupides les unes que les autres. Ma place au sein du clan n'avait jamais été bien haute, à vrai dire en tant que nomade, je n'avais pas eu tant d'occasion de connaître les miens, tant ma vision du monde était opposé à la leurs. Je n'avais des Chôkoku que le sang. Pour cette même raison, il m'était difficile de me faire une place dans la hiérarchie, je n'étais pas considéré comme un grand combattant et nul ne m'accordait confiance... Un regard trop strict, un masque cachant la moitié de mon visage en plus d'être pratiquement un inconnu. Je me fichais pas mal de ma notoriété, bien au contraire, rester dans l'ombre allait plutôt dans mon sens.

Je n'avais aucune ambition pour le village. La paix, la protection des civils, devenir un héros... Tout cela n'était que mensonge, pour chacun d'entre nous. Au final, ceux jurant de vouloir sauver veuves et orphelins n'étaient que des hommes en manque de reconnaissance. Ceux souhaitant apporter la paix ne demandait qu'à obtenir les pleins pouvoirs dans un but purement égoïste. L'homme n'est pas bon. L'homme est avare, il recherche la puissance pour servir ses propres intérêt et ceux incapable de devenir fort, place leurs espoirs en ces soit-disants "héros". Mais bien évidemment, osez avouer vos véritables intentions et vous serez considéré comme un paria, quelqu'un de "mauvais". Alors nous mentons-tous sur ce que nous sommes au fond de nous, dans l'espoir d'obtenir ce que nous recherchons.

Je ne pouvais m'empêcher de ressasser sans cesse ces pensées. A la fois par dégoûts des hypocrites m'entourant et à la fois car je ne me sentais pas à ma place. Soudainement, ma main se crispa, explosant par mégarde une misérable pomme entre mes doigts. Un élan de colère traversant mon esprit, le fruit entreprit une course aérienne jusqu'à atterrir sur un pauvre passant. La foule détourna son regard sur moi, à la fois effrayé et étonné, tandis que ma victime se mirent à hurler au possible. Seul ses beuglements incessants pouvaient se faire entre sur le marché, tandis que mes pas s'en éloignés. Agacés pour toute cette comédie, je ne pus m'empêcher de me retourner. Agrippant avec force le col de mon opposant, je le fis valser en arrière, le laissant tomber avec fracas à même le sol. Mes yeux s'écarquillaient au possible, gorgés de sang, telle une bête prête à étriper sa proie.

"Qu'y a-t-il vieil homme ? Tu n'aboies plus ? Peut-être as-tu compris que tu t'en prenais à la mauvaise personne ? Je ne suis pas d'humeur à jouer avec des chiens de ton acabit, si un seul mot qui ne me plaît pas sort encore de ton affreuse bouche, je m'arrangerais pour que ça n'arrive plus."

Il fallait dire que j'avais le sang chaud. Ce genre de situation faisait bien plus que de m'énerver... Bien au contraire, l'excitation sur le moment était grande. Ce n'était peut-être qu'un vieillard, mais depuis bien trop longtemps je m'étais assagi, devenu presque trop pacifiste, ce n'était pas moi. Le goût de l'adrénaline me manquait, ma place de Genin n'avait malheureusement pas de quoi m'apporter ce frisson.

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Dernière édition par Chôkoku Shinsei le Dim 30 Juil 2017 - 16:23, édité 2 fois
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Ven 28 Juil 2017 - 12:24


❝Maître Corbeau et Maître Renard.❞
Shinsei x Shiro.
Iwa, cette bourgade animée par une multitude d'âmes. Toutes différentes, toutes opposées d'une certaine manière, qui pourtant ensemble réussissaient à s’imbriquer et à créer une nation florissante. La capitale n'avait rien à envier aux autres cités ; son système politique et économique prospérait sous la couronne fraternelle. Les Nagamasa avaient réussi à maintenir le pays de la terre au creux de leurs paumes. Sur le point culminant des architectures de fer, Shiro dominait ces ombres vivantes. Son bandeau maintenait son cou à l'image d'un collier de soie et laissait apparaître deux grandes prunelles au cocktail diapré de bleu et lilas. Ses courtes mèches étaient bercées par le rythme délicat du vent, qui offrait à ses sens le parfum chaleureux des mets nationaux, et nombreuses odeurs qui serpentent tous les rouages d'un centre de vie. « Qu'y a-t-il vieil homme ? Tu n'aboies plus ? Peut-être as-tu compris que tu t'en prenais à la mauvaise personne ? Je ne suis pas d'humeur à jouer avec des chiens de ton acabit, si un seul mot qui ne me plaît pas sort encore de ton affreuse bouche, je m'arrangerais pour que ça n'arrive plus. » La Kunoichi sursauta presque à ces paroles qui remontèrent tel un écho porté par les bourrasques, obliquant promptement en direction de l'auteur des menaces. La fourmilière s'était écartée, figée autour de deux silhouettes. L'une à la renverse, dominée par une ombre primitive. La Jônin envoya sa main à l'arrière de son échine pour récupérer son arc, le glissant à l'avant de son visage pour déposer la flèche métallique contre la corde. Comme la lumière avant l'éclair, le dard ferreux déchira l'air pour écorcher la joue de ce fauve et l'obliger à reculer de sa proie.

Un silence s'étendit comme une vague, noyant les venelles et ses habitants. Shiro relâcha un soupir, dont le souffle vint réchauffer l'atmosphère transie. Le vide lui tendait les bras et aidée d'une impulsion, elle bondit. Son ombre vint se dessiner au-dessus du garçon qui releva son visage. Une chute ainsi, pour un civil, se révélait mortelle. Mais pour une Kunoichi, c'était une routine. Dans le pire des cas, elle s'en sortait avec une timide écorchure. Ses genoux tapèrent les omoplates de cet être qui, par la violence du coup, tomba brutalement en avant pour épouser le sol. Sa nuque brune appelait la demoiselle qui ne mit pas plus de quelques secondes pour refermer ses doigts acérés sur cette dernière. « Que quelqu'un aide ce vieil homme. » Les âmes se ruèrent sur lui pour le relever et dépoussiérer afin de trouver grâce aux yeux de la cadette du Tsuchikage. Shiro se redressa, la main toujours resserrée sur la chair du jeune homme. Elle repoussa au creux d'une ruelle, attrapant une pomme de sa main gauche dans l'étalage adjacent. Un halo bleuté se mit à le nimber, le chargeant du chakra métallique de la Jônin. La Nagamasa lui envoya le végétal en plein visage ; ce dernier ayant pris quelques kilos en ayant été inondé par le Jiton. « Tu n'es pas le seul à bien viser. » Un rictus s'esquissa sur ses lèvres, alimentant l'atmosphère électrique qui vint se créer entre les deux statures.


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NAGAMASA SHIRO
Runnin with all of my brothers, I always wonder how far we could go, If we could break through the ceiling above us.
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Dim 30 Juil 2017 - 17:23
Tel un fauve animé par l'esprit de chasse, je tenais ma proie entre mes griffes. Durant un instant, le temps semblait s'être figé sur nos deux êtres. Seul le bruit du vent était perceptible, balayant les rares murmures de la foule presque apeuré de la situation. La cité prospère venait d'essuyer une récente attaque, il était évident que la moindre altercation serait perçue comme une nouvelle offensive, les évènements récents étant bien trop imprégnés dans le coeur et l'esprit des habitants. Le vieillard ne semblait plus dire un mot, la bouche pâteuse, le corps humide à cause de la pression tant physique que psychologique. J'avais finalement obtenu ce que je souhaitais, le silence et le respect de sa part.

A peine eus-je le temps de commencer à me redresser, qu'une ombre sembla se dessiner sur le sol... Une ombre qui sembla se restreindre à grande vitesse autour de moi, m'encerclant comme si cette fois-ci, j'étais devenu le gibier. Alors que je relevais le visage pour observer la situation plus clairement, je sentis un poids ou plutôt une forte pression s'écraser contre ma colonne vertébrale. Alors que le vieillard en profita pour s'échapper de mes griffes, rampant au sol tel un insecte, je venais épouser de tout mon corps la terre-même.

Une voix féminine qui appela l'aide des civils pour s'occuper du vieil homme retenti dans mes oreilles. Tandis qu'elle me redressa de sa poigne à la fois ferme et chétive, je compris que j'avais à faire à ce qu'ils aiment nommer "l'élite du village". Ce n'était pas un shinobi sortit de nul part, ceux de mon "rang" n'aurais jamais pris les devants d'une telle manière, bien trop apeurés de se retrouver dans une mauvaise passe. Elle était différente, bien plus assuré... Mais ce n'était pas du courage, plutôt une sorte de devoir ou d'assurance... Peut-être était-elle sûre de ses capacités ?

Tandis que nous nous aventurions au coeur d'une ruelle loin de tous civils, je pus enfin prendre connaissance de l'apparence de mon opposant. Une jeune femme... Fille ? Deux yeux bleutés, au regard sévère et emplit de férocité. Bien que d'une apparence enfantine, elle semblait douée d'une grande agilité, c'était sûrement là son atout majeur, difficile de l'imaginer aussi forte qu'un Borukan physiquement. Ce qui vint plutôt m'interloquer était cette chevelure nacrée ainsi que ce katana, maintenu par cette large corde autour de sa taille... Je fis alors un rapprochement dans ma tête, une famille de samouraïs aux cheveux blancs ayant pour charge la sécurité intérieur du village avait fait parlé d'eux récemment, l'un d'entre eux avait d'ailleurs obtenu sa place au sein du Triumvirat, le clan Nagamasa.

Alors que je fus perdu durant quelques secondes dans mon observation, je pus apercevoir bien trop tard une pomme survenue de nul part s'étaler contre mon visage, déstabilisant au passage le masque recouvrant ma bouche. Presque assommé par un vulgaire fruit, je compris que l'agilité n'était finalement pas le seul atout de la jeune kunoichi. Tss, me voilà au sein d'une situation que je souhaitais éviter depuis des mois...

Epoussetant mes affaires des restes de pomme éclatés sur ma veste, il me fallait réfléchir plus posément à la suite des évènements. Je n'avais qu'une poignée de secondes devant moi, sans quoi la tension continuerait de grimper et il serait d'autant plus difficile de rattraper le coup. Je me retrouvais alors partagé entre mon instinct me dictant de ne pas me laisser dominer et d'aller jusqu'au bout de l'affrontement tandis que ma raison préférait une solution pacifiste, comprenant clairement que je n'étais pas à mon avantage...

"Finement joué, jeune fille. Il est évident que les cirques ambulants doivent s'arracher les personnes aussi douées que toi."

Erreur. Je le savais, ce ton arrogant n'allait pas m'apporter de bonnes choses. Levant alors mes deux bras en signe d'abandon, je pus sentir cette aura diablesque entourer la kunoichi me faisant frémir jusqu'au os. Ce frisson était finalement ma récompense... Faire face au danger, risquer sa vie, laisser le chaos avoir carte blanche... En temps normal, je me délecterais d'un tel affrontement, quitte à me retrouver avec des blessures mortelles tant l'instant était savoureux. Mais je n'étais clairement pas de poids et ce ne serait qu'une simple humiliation. Il était alors préférable de faire redescendre la température, à moins que ce ne soit trop tard...

"Pardonne-moi, j'ai une tendance à me montrer agressif pour pas-grand-chose. J'ai le sang chaud, vois-tu, en plus de l'accumulation des évènements récents, j'ai craqué sur ce pauvre homme dont le débit de paroles m'a légèrement agacé."

Venant frapper mes deux paumes l'une contre l'autre en guise de pardon, j'espérais pouvoir ainsi satisfaire la jeune femme et en terminer avec cette histoire sans conséquences désastreuses. Malheureusement, il m'était difficile de garder les lèvres scellées et observant le faciès strict de mon interlocuteur, je ne pus m'empêcher de rajouter une couche.

"Tu fais certainement ton travail et je respecte ça. Bravo, que ferions-nous sans la grande protection du village, nous pauvres oisillons égarés. Il est si important de faire respecter l'ordre et de protéger les faibles plutôt que d'admirer la beauté du chaos et de vivre dans un monde où les faibles n'ont pas leur places."

J'en avais déjà trop dis. Exposer ainsi ma façon de penser qui était à l'opposé de l'essence même des villages cachés ne pouvait que m'attirer le mauvais oeil. Cependant, cet air aussi strict et cette aura aussi noble ne me donnaient envie que d'une chose : sortir de cet enfer où les faibles restent faibles, ne survivant que par la protection des plus forts.

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Mar 1 Aoû 2017 - 21:41


❝Maître Corbeau et Maître Renard.❞
Shinsei x Shiro.
Le décor urbain fut nappé des débris végétaux, ces derniers volant en éclats autour des deux silhouettes. Le regard masculin embrasait l'horizon et se déposait à plusieurs endroits distincts ; comme s'il analysait la situation dans l'espoir de la retourner à son avantage. Ses traits olives étaient dissimulés à l'arrière d'un masque animal, rappelant les becs acérés des corbeaux qui drapaient les cieux de leurs plumes couleur pénombres. Quelle étrange créature, pensait-elle en plissant ses sourcils. Il était lassant de gaspiller son temps en de vulgaires querelles quand d'autres missions plus galvanisantes se bousculaient sur les étagères du conseil supérieur. Shiro était grisée par cette effervescence qui s'agitait comme des flots turbulents et incontrôlables. Elle aurait préféré se fondre à l'arrière de son bandeau, mais l'ombre des Nagamasa venait assaillir son échine et forcer ses manœuvres.

Il piaillait, comme un oiseau loquace et cancanier. Ses mots s'entremêlaient dans l'esprit de la jeune femme. Seul son ton l'intéressait et il paraissait aux antipodes de ces paroles. Un timbre vipérin, aussi vicieux que la langue fourchue d'un serpent. Comme s'il choisissait ces adages avec une précision extrême, le garçon dévoila la raison cocasse de ce rixe. Une excuse qui sonnait fausse aux oreilles de la blanche. « Donne-moi ton nom. » Elle n'avait que faire du reste pour l'instant. Son identité était la seule qui valait. Un nom sur ce visage masqué. L'accessoire sombre obscurcissait sa voix, l'étouffant. Curieuse, la demoiselle tendit ses doigts pour empoigner cette gueule métallique et lui ôter. Ses prunelles s'agrandir une seconde en voyant le visage déformé d'un stigmate souriant. Des boursouflures s'esquissaient sur ses commissures pour remonter à des joues creusées. « Tu es apparemment déjà tombé sur plus fort que toi. » Elle renvoya l'ornement entre ces paumes pour qu'il s'en décore.

Son esprit était happé par une tempête de questions et un orage d'interrogations. Elles pleuvaient dans son cerveau, ruisselant sur ses pensées embrumées. Il semblait si jeune pour être marqué de la sorte. Instinctivement, Shiro passa son poignet sur ses propres lèvres roses et indemnes. Elle était issue d'un clan presque barbare, aux antipodes de l'image qu'ils voulaient représenter à Iwa ; mais étant l'unique représentante féminine, elle était passée entre les filets du tyran. Du moins, assez souvent pour ne pas être autant gravée que ses frères. Comme le bois, ils avaient été sculptés par les heurts physiques comme psychologiques. « D'où te viens cela ? » Elle avait osé franchir le pas, mettant de côté l'embarras pour mettre à nu cette créature chimérique.


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NAGAMASA SHIRO
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Jeu 3 Aoû 2017 - 0:18
Aucune de mes rixes verbales n'avait eut l'effet escompté. La forme comme le fond de mes paroles ne semblaient pas atteindre l'imperturbable kunoichi, dont le regard suffisait à me faire comprendre que ce que je racontais ne l'intéressé pas, comme si mes mots n'appartenaient pas à ce monde ou n'étaient qu'un fond sonore sans quelconque intérêt. Étais-ce de l'arrogance ou de la sagesse ? Qu'importe, cela ne me plaisait pas d'être pris de haut de cette manière. Mais d'un certain côté, son flegme venait de piquer ma curiosité... Qui était-elle ? Au vu de sa force, de sa réactivité à la situation et particulièrement de son bandeau attaché à son cou, elle devait appartenir à une caste bien au-dessus de la mienne, parmi cette "élite" méprisante, que je haïssais tant et pourtant, son comportement s'en éloigné par bien des manières. Intrigante.

"Donne-moi ton nom "

Un ton toujours aussi ferme et des mots crus. J'aurais aimé l'entendre lever la voix, se laisser aller à la violence et prouver qu'elle n'était pas aussi frigide qu'en apparence. Pourtant, rien ne laissait transparaître une quelconque colère.

"Puisque tu y tiens tant, appelle moi Shinsei. Et si mon jugement est bon, j'imagine avoir à faire avec une certaine Nagamasa... Ais-je tord ?"

Je n'avais pas particulièrement besoin de lui dire mon nom de famille. Mon clan n'était pour moi rien d'autre que du sang coulant dans mes veines. Ils ne m'avaient rien apporté d'autre qu'un peu de pouvoir, je ne leurs étaient reconnaissant pour rien et au fond de moi, je les haïssais. Des artistes sans saveurs, qui ne comprenaient pas le véritable art, je ne voulais pas m'associer avec ces gens aussi étroits d'esprits.

Mais alors que j'achevais ma phrase, je vis ses doigts frêles se rapprocher de mon visage. Bien trop vif pour me donner assez de temps pour réagir, je sentis mon masque se défaire de ses liens, cédant sous la force de la jeune femme, dévoilant alors une partie de mon visage que je ne souhaitais montrer à personne. Les vestiges de mon passé étaient gravés aux coins de mes lèvres... Un passé douloureux que je m'efforçais d'oublier au plus profond de moi. Un rictus se forma sur mes lèvres, agacé de la situation qui commençait à devenir doucement insupportable...

" Tu es apparemment déjà tombé sur plus fort que toi. "


L'espace d'un instant, je vis son regard se transformer pour la première fois. Une surprise inévitable avait finalement suffi à perturber la sereine Nagamasa. Saisissant alors mon masque, je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire vers mon interlocutrice avant de refermer le voile de cuir et d'acier sur l'arrière de ma nuque. Sans lui, je me sentais presque nu, faible, fragile, un oiseau sans ailes. Il me permettait de cacher mes faiblesses passées.

" D'où te viens cela ? "

Voilà une bien belle curiosité. Qu'espérait-elle venant d'un vaurien comme moi, capable de s'attaquer aux vieillards ? Ne pouvait-elle pas simplement imaginer que je sois un bandit de grand chemin dont l'un des braquages à mal tourné ? Évidemment que non. Avait-elle seulement pitié de moi ? Tss, quelle étrange personne...

" Quelle importance ? Nous avons tous des gravures du passé sur notre corps... Certains aiment les exposer, d'autres bien au contraire vois cela comme une honte, un aveu de faiblesse et décide de les dissimuler. Nous n'appartenons pas tous à une noble lignée, le bas peuple doit parfois faire face à des situations qui se terminent dans le sang bien plus souvent que tu ne peux le penser."

Que dire de plus ? Elle ne comprendrait certainement pas et je ne voulais pas de sa pitié. Je n'étais pas le genre de personne à accorder ma confiance facilement... À vrai dire, je n'avais confiance en personne. Alors pourquoi devrais-je lui raconter un détail de ma vie aussi marquant ?

" Nos cicatrices font ceux que nous sommes. C'est dans nos blessures que nous puisons notre force et si je suis l'homme que je suis aujourd'hui, c'est en partie à cause d'elles. J'ai appris que l'homme était loin d'être bon et qu'il ne fallait pas se bercer d'illusions. Bien au contraire... Nous essayons tous de cacher nos démons sans même nous rendre compte que nous sommes nous-même des démons. Même toi. "

Derrière ce visage fermé et sérieux, il se cachait sans aucun doute une part d'ombre chez la jeune femme. Peut-être ne l'avait-elle jamais réalisé ou simplement avait-elle toujours cherché à le cacher, d'où cette attitude flegmatique... Mais elle ne pouvait pas être aussi pure qu'elle semblait l'être. Je voulais voir ce vrai visage. Quel était son plus grand péché ? Qui était-elle réellement, lorsqu'elle laissait place à sa véritable personne ? Je ne pouvais pas croire à celle qui défend les opprimés, il y avait forcément quelque chose derrière cela. Montre moi ton vrai visage, kunoichi.

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Maître Corbeau & Maître Renard [PV : Nagamasa Shiro]

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